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PARISPERDU

Parisperdu à nouveau élu Site-du-Jour

2 Mars 2007, 10:33am

Publié par barreteau



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 2 mars 2007, Parisperdu est le blog du jour, sélectionné par Site-du-Jour. Quotidiennement, ce site web découvre et fait partager à ses lecteurs un site de la blogosphère .
Merci à Nathalie Michallon et à la rédaction du Site-du-Jour

 

>> Déjà en 2006.

>> En savoir plus sur "Le Site du Jour" ...

 

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Murs abattus et baignoires rémanentes (1/2)

1 Mars 2007, 09:09am

Publié par barreteau


En 1997, rue Gasnier Guy,  la ZAC des Amandiers pose de difficiles problèmes de relogement ... aussi, progresse-t-elle avec beaucoup de difficultés. L'emprise de la ZAC est pourtant en mutation incessante - avec des immeubles rasés, d'autres murés et partout des terrains en friche.

Tout cela crée de lourds inconvénients pour le paysage et la vie du quartier. Cette situation suscite aussi de vives critiques contre le projet et favorise l'éclosion de diverses interventions.

Ici,  ce sont des artistes-peintres du quartier qui ont reproduit, sur les murs mis à nus, le mobilier présent il y a encore peu de temps dans les appartements maintenant détruits : baignoires, cheminées, tables ... réapparaissent alors comme pour témoigner de leur volonté de ne pas voir le quartier disparaître.

Presqu'en même temps, une action intitulée « La mémoire des habitants, 1997 » réunissant plusieurs intervenants du groupe JLNDRR, a eu lieu ici même. Par l'installation au cœur de "l'îlot insalubre n°11" d'une photographie géante de la façade d'une maison récemment démolie, il s'agissait de signifier, de manière physique, la persistance sensorielle des maisons rasées, dans un quartier où les démolitions n'ont pas cessé depuis 1953.

 

>> Les actions et installations du groupe JLNDRR

>> Persistance sensorielle d'une maison rasée (© JLNDRR)


>> Rue Gasnier Guy, la rue-symbole de Parisperdu (1)

>> Rue Gasnier Guy, la rue-symbole de Parisperdu (2)

>> Rue Gasnier Guy, la rue-symbole de Parisperdu (3)

 

 

 


 

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Je reviens d'une rue qui n'existe pas.

24 Février 2007, 11:30am

Publié par barreteau



Pourtant, la palissade qui surmonte le muret en pente est toujours là ... Mais, signe des temps, les graffitis ont radicalement changé d'esprit. Au lieu du doux message tracé à la craie : "Gérard aime Lucette"... c'est, aujourd'hui, un bombage rageur qui crie : "Nique la police".

Mais surtout, ce qui frappe, c'est que les enfants ne sont plus là. Ils ont déserté la rue et sans eux, aucun son, aucun écho ne s'en échappe ...  elle semble inhabitée.

Aujourd'hui la rue n'est plus un terrain de jeu naturel pour les enfants. Ils préfèrent maintenant rester confinés dans leur appartement, rivés à leurs consoles de jeux ou à leurs ordinateurs, happés par un monde virtuel ... et surtout loin de la convivialité et de la fraternité de la rue.

Et cette "Impasse Trainée", où Izis photographiait les gamins de Paris des années 50, n'existe plus ! ... Elle a pris le nom de "Rue Poulbot", mais ... l'ironie de l'histoire est qu'aujourd'hui, les poulbots n'existent plus ...

   

 >> Impasse Traînée, Paris 1950 © Izis

>> Montmartre, Paris 1949 © Izis

 

 

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Montmartre, rue Poulbot.

19 Février 2007, 14:22pm

Publié par barreteau


En remontant la rue Poulbot, on entend tout d'abord, un air de musique ... un air tzigane plutôt joyeux et entrainant, ... quelque chose qui rappelle la musique de « Gadjo Dilo »... Mais on ne voit rien.

Puis en continuant, la rue marque un coude à droite, et au fond le mur rouge sombre du restaurant « Le Consulat » barre alors totalement la perspective. La musique se fait de plus en plus présente ... mais on ne voit toujours rien ...

Pourtant, maintenant aucun doute, c'est bien un air d'accordéon et parfois aussi une voie féminine que l'on perçoit de plus en plus sûrement. Mais d'où cela vient-il ? ... Qui joue et ... qui chante ... ?

Finalement elle est là, mais on la devine à peine, minuscule, assise au ras du pavé, avec son accordéon miniature sur les genoux ... Une petite rom de 5 ou 6 ans, pas plus, s'applique à jouer les airs qu'elle a toujours entendus. Pas de sébile, pas de main demandant la moindre pièce ... Juste une présence s'imposant plus par sa musique que par sa frêle silhouette ...

Ariana, la petite rom, jouera à cet endroit une bonne partie de l'après-midi ... Aujourd'hui, la rue Poulbot portait bien son nom !


>>
Francisque Poulbot, dessinateur humoriste, représentait les enfants des rues de Paris.

>> Roms, Gitans, Tziganes, Manouches, Sintés, Kalés, ... les exclus de l'Europe.

>> Ce que jouait Ariana, rappelait la musique de « Gadjo Dilo » ...

 

 

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Chez Fanfan.

14 Février 2007, 10:59am

Publié par barreteau

 
Au 35 de la rue de Tourtille, dans l'épicerie-buvette de Françoise Lajoy (dit-Fanfan), on se croirait encore en province dans les années cinquante.

Au mur, ce sont, pêle-mêle, des bouteilles, des boîtes de conserve, des paquets de sucre ou de biscuits, ... Quelques frusques d'un autre âge sont suspendues dans un coin. Au fond, il y a une seule table avec des chaises de cuisine et surtout ce comptoir qui a vu défiler tant d'habitués ... depuis des décennies.

Fanfan joue ici, dans le bas-Belleville, un rôle social très important : elle vous dépanne le soir lorsqu'il vous manque quoique ce soit en cuisine et toute la journée elle écoute, console ou conseille les gens du coin venus au comptoir lui conter leurs difficultés... Elle pourra même vous garder le courrier, vos clés, voire vos enfants ... tant sa générosité est sans borne.

D'un tempérament d'une grande gaité, elle a toutefois les larmes aux yeux, lorsqu'elle évoque toutes ces années passées, ici, depuis que sa mère a ouvert l'épicerie dans ce local acheté par sa grand-mère en 1932 et qu'elle a reprise après son CAP...

Car maintenant, dehors, la restructuration du quartier a commencé, et dans la rue où tous les autres commerces ont déjà fermé, l'ambiance n'est pas gaie. Une grande partie des habitants a déjà quitté le quartier ... les plus âgés sont morts. Qu'est devenu Jeannot qui, avec son accordéon, faisait danser les gens sur le trottoir les soirs de 14 juillet ?

Mais Fanfan se résigne mal à un avenir ailleurs. Aussi, elle fait de la résistance et ses amis sont solidaires : leur dernière pétition (Collectif "Y'a D'la Joie") 
a recueilli des milliers de signatures pour essayer d'obtenir un dernier sursis à cet ultime bistrot de quartier menacé de disparition.

Pourtant, Fanfan devra fatalement, tôt ou tard, laisser la place à l'agrandissement de l'école maternelle mitoyenne ... qu'elle a fréquentée, petite. C'est un crève-cœur, mais elle se résout à accepter la situation car "si c'est pour les gosses alors ça va ..., dit-elle, ... au moins je ne pars pas à cause d'un promoteur".


Finalement l'épicerie-buvette sera rasée, l'école maternelle agrandie et Fanfan quittera sa chère rue de Tourtille. Des opportunistes lui rachèteront "son nom, sa marque", et une nouvelle enseigne "Fanfan Lajoy" ouvrira tout près d'ici, rue Jouye-Rouve. Mais il s'agit d'un café-galerie de la "néo-branchitude". Rien à voir donc avec l'épicerie-buvette authentique de Fanfan qui pourtant, elle aussi faisait galerie - à son corps défendant toutefois.
En effet, n'y avait-il pas au fond du bistrot, parmi les boîtes de conserves, une photographie originale d'Izis ?
Comment un tirage de ce grand photographe avait-il pu atterrir ici ?
Fanfan était plus que discrète sur le sujet ...

 



>> La photo d'Izis chez Fanfan (« Dans une cour, Paris 1948 ») :

 


 



 

 

 

 

 

 

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Usine à gaz !

9 Février 2007, 14:27pm

Publié par barreteau


Les dernières traces de l'usine à gaz de l'Evangile, encore visibles ici, viennent de disparaître.

L'usine de l'Evangile avait été idéalement située : à proximité du réseau ferré qui acheminait les trains de houille en provenance des mines du Nord et en périphérie immédiate de la ville dont elle couvre alors les besoins en gaz pour l'éclairage et le chauffage.

Au sortir des fours, le gaz manufacturé (gaz de ville) est stocké dans des gazomètres qui s'élèvent et s'abaissent en fonction du volume de gaz qu'ils contiennent. Ces "énormes cloches en fer boulonné" - dont les plus grosses, mesurent 65 m de diamètre et autant de haut -ont fortement marqué durant plusieurs décennies le paysage de la Banlieue Nord de Paris.

L'usine employait alors plusieurs centaines d'ouvriers qui effectuaient ici un travail difficile et peu qualifié. Mais en 1976, l'alimentation en gaz naturel s'étant généralisée en Ile-de-France, la production de gaz de ville est définitivement arrêtée.

Aujourd'hui, seuls quelques bâtiments annexes du "Centre de Recherche Gaz de France" témoignent encore de l'histoire de ce lieu ...


>> Voir aussi sur ParisPerdu : Carrefour de l'Evangile   

 

 

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Rue Watt : petits ateliers et grands desseins

4 Février 2007, 10:20am

Publié par barreteau


Ces ateliers bordaient le prolongement de la célèbre voie sous terraine. Des imprimeurs, des menuisiers, des serruriers ....  s'activaient ici dans ces locaux, puis des traiteurs asiatiques y ont stocké des produits alimentaires ...

Pour réaliser le grand projet de la zone Paris Rive
Gauche, on a beaucoup détruit ici, notamment tous ces petits bâtiments qui, sans avoir un intérêt architectural de premier plan, avaient une présence, une épaisseur historique qui permettait à la rue Watt - tant célébrée par Henry Miller - de s'ancrer dans une continuité temporelle.

Le quartier est alors devenu une sorte de zone, un désert peu engageant où la Seine, pourtant toute proche, est bizarrement absente et où l'environnement de la Bibliothèque Nationale de France est pour le moins "glacial". De trop rares édifices, préservés à grand-peine -  tels les Grands Moulins de Paris, les Frigos, et la Sudac, cette ancienne usine d'air comprimée -  jouent encore ce rôle de repères, de passeurs de mémoire.

Finalement, l'université de Paris-VII a débarqué en force dans le secteur. Une bonne partie de ses unités de physique et de chimie sont déjà installées ici.

Ce no man's land encore trop informe réussira-t-il à se transformer, en quelques décennies, en un carrefour de tous les savoirs ? Pas sûr car on sait, hélas, qu'une telle mutation relève d'une alchimie largement imprévisible.


>> Le nouvel environnement de la rue Watt :



>> Rue What ? :

 



>> Rue Watt, ailleurs dans Paris perdu (1)

>> Rue Watt, ailleurs dans Paris perdu (2)

 

 

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Chaos debout !

29 Janvier 2007, 09:59am

Publié par barreteau


La technique de la dent creuse appliquée par la ville de Paris à la rue Gasnier Guy a parfaitement réussie. La rue nous délivre ici une vision de ville sinistrée par la guerre. Attaquée de toute part, elle est  "chaos debout" ...

Bientôt vont s'élever ici des immeubles "biens propres sur eux" mais d'une triste banalité.
Le programme initial prévoyait de  reloger sur place les anciens résidents mais en fait, ils seront poussés hors du quartier par l'inflation du coût des nouveaux appartements ...

En 30 ans, le quartier des Amandiers aura perdu tout son habitat populaire qui en faisait un lieu si particulier, comme à l'écart de la ville, ... un grand village entre Belleville et Ménilmontant.


>> La technique de la dent creuse 

>> La rue Gasnier Guy en 1997 ...

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Mauvaises nouvelles pour la rue Watt

24 Janvier 2007, 10:09am

Publié par barreteau


Derniers reflets dans la mythique rue Watt, juste avant "l'enterrement de première classe" que nous préparent des architectes épris de futurisme et préférant plutôt faire table rase du passé que de conserver la moindre parcelle de l'âme de ce lieu ....


 

 

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"La voiture, ça pue, ça pollue, ça rend con !"

19 Janvier 2007, 11:33am

Publié par barreteau


Ce Break DS, stationné ici sur un trottoir de la rue Piat, était - en 1974 - la cible symbolique favorite de  René Dumont, premier candidat écologiste à la présidentielle.

 Il fustige en effet "la dictature de l'automobile" et va même jusqu'à  réclamer l'interdiction des autoroutes qui "sont en train de défigurer toute la France".
Entre deux meetings champêtres, René Dumont fait invariablement une promenade à bicyclette et répète inlassablement une formule restée fameuse: "La voiture, ça pue, ça pollue, ça rend con".

Aux présidentielle de 1974, il obtiendra 1.32% des voix. 

>> Voir la campagne électorale pour les élections présidentielles du candidat écologiste René DUMONT,  ... [Vidéo : source INA©]
 

 

 

 

 

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HLM libre à louer

14 Janvier 2007, 15:20pm

Publié par barreteau


Le logement constitue une des premières préoccupations des Parisiens aux revenus modestes.
Le problème est complexe : hausse des loyers, suppression des logements type "Loi de 1948" et ventes à la découpe, offre sociale très inférieure à la demande sont autant de mécanismes qui excluent de plus en plus de Parisiens d'un habitat décent et bon marché. A ces difficultés s'ajoute un déséquilibre criant entre les revenus des demandeurs et le prix ou les loyers des logements disponibles.

 

Une solution existe pourtant depuis longtemps : les HLM, habitations à loyers modérés.
Mais l'attribution d'un HLM est souvent un véritable parcours du combattant, au long duquel chacun des acteurs institutionnels intervient successivement en ajoutant ses propres critères de sélection des demandeurs. Si bien que la transparence pour l'attribution d'un logement social n'est pas garantie : le processus est pour le moins opaque.

C'est ce que dénonçait   - il y a dix ans - cette affichette collée dans les rues du 19ème arrondissement.

L'affichette serait-elle encore d'actualité ? Bien sûr que non : ... le franc n'existe plus !


>> OPAC, vous avez-dit opaque ... ?

 

 

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Duo Kõsk : c'est pas du pipeau !

9 Janvier 2007, 09:52am

Publié par barreteau



Rencontre insolite à Collioure avec le Duo Kõsk qui se produit régulièrement dans le sud de la France ; tout aussi à l'aise, au coin d'une rue que dans une salle de concert...

Le duo - en fait ils sont 3, avec Caroline ! - pourrait "monter à Paris" pour toucher un plus large  public. Alors, Parisperdu  ... ou pari à gagner ? Affaire à  suivre ...



>> Ecouter Kõsk : "Bei Mir Bist du Schon".

>> Ecouter Kõsk : "Dedek's Cibuli" 

 

 

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C'est quoi ce cirque !

4 Janvier 2007, 10:22am

Publié par barreteau

Il est un peu plus de 8 heures et ... ce matin Manuel s'accorde un peu de repos. Le cirque qui l'emploi est arrivé ici, au Square de l'Amiral Bruix, cette nuit vers 3 heures.
 

Manuel est-il artiste ? Il aurait aimé l'être. Mais malgré son prénom vaguement tzigane, Manuel est gadjé et un gadjé doit être disponible pour tout faire ... Ainsi, dans quelques minutes le montage du chapiteau va commencer ... et on l'attend déjà pour « donner la main ».

Manuel travaille maintenant depuis près d'un an pour Joseph Bouglione. Il est « homme de peine » comme on dit dans le milieu du cirque. Car s'il y a des « filles de joie », il y a aussi ... des « hommes de peine ». Manuel sera, dans cette même journée tout à la fois garçon de piste, aide à la ménagerie pour nourrir les bêtes et changer leurs litières, vendeur de cacahuètes à l'entr'acte, préparateur des repas à la cantine pour la caravane... Il devra aussi monter le chapiteau, passer le balai, démonter le chapiteau, conduire le camion, placarder les affichettes... et bien d'autres menus travaux qui l'occuperont à temps plein.

Toute la journée, Manuel va trimer : un véritable homme-orchestre, mais en dehors de la lumière des projecteurs. Manuel c'est le cirque sans les paillettes, l'envers du spectacle ... aussi ces quelques minutes de repos et de rêverie, seul sur ce banc, dans la fraîcheur et la lumière du matin, sont un véritable délice...


>> Le Cirque Joseph Bouglione : la sixième génération ...

>> Izis, un maître de la photographie amoureux du Cirque ... 
Fasciné par le monde du cirque et des fêtes foraines, Izis publiera en 1965 : « Le Cirque d'Izis », un ouvrage préfacé par Jacques Prévert.


>> Autre cirque sur Parisperdu ...
 

 

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C'est écrit dans l'Evangile.

22 Décembre 2006, 09:21am

Publié par barreteau


Nous sommes en 1994, mais les murs de la rue de l'Evangile portent encore la preuve du rude combat que se livrèrent - deux ans plus tôt - les centrales syndicales pour la victoire aux élections prud'homales. Pour la première fois, la CGT jusqu'alors majoritaire, risquait de voir sa suprématie contestée par la CFDT, sa grande rivale.

Dans ce bastion ouvrier du 18ème arrondissement, près des ateliers de la SNCF, il s'agit alors de convaincre les derniers hésitants et de rameuter les abstentionnistes potentiels. Et, rue de l'Evangile, le premier en action fut la CFDT qui badigeonna le mur d'un large slogan : "CFDT : 9. déc. Votez.". Dans la nuit précédant le scrutin, la fresque fut détournée en : "9. déc. Votez. CGT.". On peut deviner les traces du début original de la phrase sur la gauche de la photo ...!

Finalement, malgré un recul de 3%, la CGT confirma sa place de première organisation syndicale en France. La disposition des forces resta stable en dépit d'un taux d'abstention record. Louis Viannet - alors secrétaire général de la CGT - lança un appel à "l'unité d'action" pour "un vaste et puissant mouvement revendicatif" ... et pendant ce temps, Pierre Bérégovoy - ce premier ministre au nom à consonance vaguement soviétique -était confronté aux tensions internationales sur le franc ...
Allions-nous vers une dévaluation ?



>> Les élections prud'homales du 9 décembre 1992.



 

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Marchand de sommeil.

15 Décembre 2006, 16:57pm

Publié par barreteau


La définition du Larousse est brève et sans équivoque: "un marchand de sommeil est un logeur qui exploite ses clients". Par extension, on pense à un propriétaire qui loge ses locataires dans des conditions indignes, tout en leur réclamant un loyer important, voire exorbitant, en totale disproportion avec la qualité de l'habitat.

Mohamed habite ici au dernier étage de cet immeuble de la rue de la Mare, dans le 20ème. Il paye l'équivalent de 1 100 euros, soit l'essentiel de son salaire de balayeur pour vivre dans 12 mètres carrés - avec sa femme et ses deux enfants - dans des conditions de confort d'un autre âge. Pas d'eau chaude, des carreaux cassés, un seul lit dans la chambre. "C'est pire qu'en prison, raconte-t-il. Dans une cellule, on n'a pas davantage de place, mais on la partage seulement à deux."

Dans ce même immeuble, les services d'hygiène de la ville ont découvert des familles entières entassées dans des lieux humides, dépourvus de tout confort et souvent sans eau courante. La faillite de la copropriété, la démission du syndic ont en effet entraîné la coupure de l'alimentation en eau. La ville a même dû ouvrir un point d'eau sur le trottoir pour les dizaines de personnes qui habitent l'immeuble.

Contraint et forcé, le propriétaire a retapé le toit, la rampe d'escalier et les huisseries. Les raccordements sauvages à l'antenne TV de l'immeuble voisin ont disparus. Pour le reste, il impute les dégradations aux locataires et n'envisage pas d'autres travaux car la maison n'est plus déclarée insalubre.

Aujourd'hui, Mohamed et les siens ont au moins des fenêtres neuves et il ne pleut plus par le toit.
La famille n'envisage pas de déménager car ... ailleurs c'est peut-être mieux mais c'est surtout beaucoup trop cher ... 

Le marchand de sommeil de la rue de la Mare peut dormir tranquille ...



>> L'immeuble aujourd'hui après les travaux d'urgence ... (© Photo : François Legendre)

 

 

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