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PARISPERDU

Mélange de couleurs …

3 Mai 2007, 08:44am

Publié par barreteau


A Belleville, Paris est multiculturel. Des asiatiques, des africains, des européens y côtoient juifs et autres arméniens ... Et il en est ainsi depuis des décennies dans une cohabitation plutôt harmonieuse.

Ici, une classe de maternelle ou d'école primaire a fréquemment plus des deux tiers de ses élèves d'origine non-francophone ; mais en récréation - ou comme ici -  lors d'une fête dans la rue, ce n'est pas un problème ... car pour ces enfants de Belleville, la mixité crée beaucoup de valeurs positives : la rencontre, la découverte, le mouvement, la tolérance ...

Dans la capitale, un tel mélange de couleurs et de valeurs ne peut être observé nulle part ailleurs ...



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Rue Watt.

28 Avril 2007, 08:41am

Publié par barreteau


Pour la publication de son 100ème billet, Parisperdu rend hommage à un lieu hautement symbolique d'un Paris révolu : la mythique Rue Watt.

 Comme l'a écrit et chanté Boris Vian, c'est :

"Une rue bordée de colonnes

où il n'y a jamais personne ...

Il y a simplement en l'air

des voies de chemin de fer ..."


>> La rue Watt, dans Parisperdu (1)
 

>> La rue Watt, dans Parisperdu (2)
 

>>
La rue Watt, dans Parisperdu (3)

 

 

 

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Jours tranquilles à Belleville.

23 Avril 2007, 09:56am

Publié par barreteau

Des enfants du quartier devant l'ancien atelier de chaussures de Maurice Sevan, au 18 rue de Tourtille.
Cette image, porte en elle-même l'histoire de Belleville : son passé et son avenir...

Pour ceux qui aiment Paris et ses quartiers et ... celui de Belleville en particulier, "Jours tranquilles à Belleville" est un bouquin incontournable.
L'auteur, Thierry Jonquet décrit avec précision l'évolution d'un quartier qu'il connait bien car il y vit depuis longtemps. Venu à Belleville un peu par hasard, guidé par les petites annonces immobilières, le narrateur du roman de Thierry Jonquet  raconte la lente décrépitude de son quartier. L'école cosmopolite fréquentée par son fils où règnent les inégalités. Les seringues qui traînent partout et qu'on commence à craindre. Le fossé entre les immeubles luxueux de la rue de la Villette et les HLM minables. Les tags, les clodos, les trafics petits et grands ... toutes ces réalités quotidiennes auxquelles les riverains s'habituent, mais qui les mènent à une méfiance réductrice ...
Jonquet raconte son quartier tel qu'il est, explosif et violent, à mille lieues de l'exotisme poétique en noir et blanc à la Carné  ou de la folklorique tribu Malaussène de Daniel Pennac.
Composé de tableaux vivants, ce récit dur et beau nous livre la réalité d'un quartier qui, par-delà la criminalité, est menacé par la peur et le repli sur soi. Il interroge aussi sur la société toute entière et ses évolutions possibles... Il donne des pistes de réflexion sur les autres et sur nous mêmes... tout est là, sous nos yeux, dans ce quartier de Paris à la fois si connu et si méconnu ...


>> Jours tranquilles à Belleville, de Thierry Jonquet.

>> Mieux connaître Thierry Jonquet.

 

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Une rage de destruction.

18 Avril 2007, 09:10am

Publié par barreteau


C'est surtout dans le 20ème, à l'est de Paris  - dans les quartiers de  Belleville, de Ménilmontant, et de Charonne, pour ne citer que ceux-là - que s'en prennent les sociétés d'économies mixtes gérées avec une grande opacité par les maires d'arrondissements. Là, certaines rues ou certains îlots donnent l'impression de sortir de la guerre : ce sont des blocs entiers qui ont été rasés, comme s'ils avaient été bombardés!

Comment expliquer cette rage de destruction, ce mépris des architectes d'aujourd'hui pour l'architecture du siècle passé ?
En France, la "loi Malraux" sur les secteurs sauvegardés institutionnalise la protection des quartiers historiques. Mais cette loi a ses effets pervers: elle protège les "quartiers-musées" - le Marais, à Paris en est un exemple-type - et autorise la destruction des quartiers moins anciens, moins historiques, moins monumentaux.

Un certain passé est protégé, mais ce passé s'arrête autour de 1850, et la France officielle manifeste un désintérêt total pour ce qui a été construit après : la Gare d'Orsay n'a été sauvée que de justesse, et les Halles de Baltard ont été détruites.

Entre la stratégie de la "table rase" comme Paris l'a appliquée dans ces quartiers de l'Est parisien, et la politique de "sauvegarde historique", il n'y a rien... et les deux types d'action aboutissent au même résultat: on enlève les habitants qui habitaient là auparavant, et ceux qui viennent vivre dans les immeubles neufs ou restaurés ne sont pas les mêmes ...

Pour contester une politique d'urbanisme destructeur, il faudrait un mouvement massif de gens qui s'engagent... Or le plus souvent, les gens ne réagissent que lorsqu'ils sont personnellement lésés mais alors ... ils sont peu nombreux et leur voix ne porte pas bien haut ...



>>
Démolition des îlots : rue des Partants / rue Gasnier-Guy (1)

>> Démolition des îlots : rue des Partants / rue Gasnier-Guy (2)

>> Démolition des îlots : rue des Partants / rue Gasnier-Guy (3)

>>
Démolition des îlots : rue des Partants / rue Gasnier-Guy (4)

>> Démolition des îlots : rue des Partants / rue Gasnier-Guy (5)




 

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Cité du Labyrinthe.

13 Avril 2007, 09:12am

Publié par barreteau


La Cité du labyrinthe a longtemps été une succession de cours et, cette voie bien nommée, permettait alors -  effectivement après de nombreux détours - de passer de la rue de Ménilmontant à la rue des Panoyaux.

 Le quartier a connu une lourde rénovation, parfois puissamment contestée. De nouveaux immeubles ont été édifiés en remplacement de l'ancien habitat ouvrier. Aujourd'hui amputée, en partie détruite, élargie pour y faire accéder des voitures, la Cité du labyrinthe est devenue une vaste impasse sans grand caractère et surtout ... elle a perdu son insolite poésie urbaine.

Car avant sa restructuration, l'étrangeté du lieu, le calme de ce long dédale ... attirait ici beaucoup d'artistes plasticiens. Des musiciens, des écrivains aussi ... y résidaient. Aujourd'hui, s
eul "un noyau dur" subsiste encore, au N°19 : Les Ateliers de Ménilmontant, qui tentent de perpétuer l'identité originelle du quartier et restent la cheville ouvrière des journées Portes Ouvertes qui se déroulent ici, chaque année en octobre.

A Paris, le promeneur qui prend parfois plaisir à se perdre dans le labyrinthe de la cité ne pouvait qu'être comblé dans ... la Cité du Labyrinthe.


>> La cité aujourd'hui, en partie reconstruite ...
 

>>
Les Ateliers de Ménilmontant.
 

>> Némo dans le Labyrinthe ...
 

>> "Cité du Labyrinthe" par le musicien Laurent Coq 
 

 

 

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Jean Ro. jeune biographe de Fernand Raynaud

9 Avril 2007, 09:21am

Publié par barreteau


Souvenez-vous : Jean Ro. a déjà rencontré ce « clown triste » dans le métro.
Aujourd'hui, il poursuit la narration de la vie de son proche voisin.

"Un copain de classe m'apprit que son frère connaissait bien Fernand Reynaud. Il allait régulièrement chez le fantaisiste qui ainsi testait de nouveaux sketchs. C'est par ce canal que j'ai su que Fernand Reynaud, mort de trac, ne pouvait entrer sur scène quand étant légèrement pompette...

Cela n'avait pas d'incidence fâcheuse jusqu'au jour où il s'acheta sa première voiture. Car Fernand, devenu une vedette, ne prenait plus le métro ... il avait une voiture !

Pour en finir avec les  explications - qu'il devait fournir à son entourage - sur les bosses qui apparaissaient fréquemment sur son automobile, Fernand décida d'en acheter une deuxième : identique à la première, sa sœur-jumelle ... Ainsi, quand l'une était au garage en réparation, il roulait avec l'autre.

Une seule fois j'ai vu les deux voitures garées l'une derrière l'autre dans la rue Piat... Deux superbes Chevrolet  "Bel Air" blanches dont peu de gens savait à qui elles appartenaient. Car, bien qu'ayant débuté à la télévision dans l'émission "36 Chandelles" de Jean Nohain, Fernand n'était guère connu des gens de notre quartier, dont la majorité ne possédait pas encore de téléviseurs ...seuls quelques gens aisés, et certains commerçants avaient accès à cette innovation.

Fernand vivra dans ce quartier du haut-Belleville jusqu'a son mariage, et il ne serait pas étonnant que ce soit chez "Pompom", le crémier du coin qu'il eut l'idée de son célèbre sketch " Les œufs cassés et les pas cassés" ...

 

 

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Rue Lasson, en bord de mer

4 Avril 2007, 18:27pm

Publié par barreteau

 

 


La rue Lasson est une rue perdue du 12ème arrondissement, une rue en pente douce, située à l'écart de l'agitation de la ville. Elle ne dégageait rien de particulier, sauf un réel climat de quiétude ... un endroit plutôt agréable ... mais, ne sommes-nous pas, déjà ici, dans le quartier Bel- Air ?

Soudain, au N°14, la porte d'un garage désaffecté affiche "Et toi comme une algue ...", une phrase extraite d'un poème de Prévert . Le poème s'intitule « Sables mouvants » ... C'est dire si, rue Lasson, l'apostrophe a quelque chose de complètement décalée, ... même si Prévert nous prévient : "Au loin déjà, la mer s'est retirée ...".

Aujourd'hui, c'est tout ce côté pair de la rue qui s'est définitivement retiré ... ! Il a été rasé pour faire place nette à un gigantesque ensemble hospitalier pédiatrique.

Gageons que les nouveaux nés de la toute nouvelle maternité des Bluets s'intéresseront plus tard à Jacques Prévert... même s'il y a peu de chance qu'ils apprennent un jour que la rue de leur naissance renvoyait jadis en écho : "Et toi comme une algue ...".
Et pourtant, une maternité n'est-elle pas toujours située quelque part en "bord de mères" ?


>> Sables Mouvants, Extrait de « Paroles » de Jacques Prévert.
 

>> Le nouvel ensemble hospitalier de la rue Lasson : Maternité des Bluets et Hôpital « Pierre Rouquès ».

 

 

 

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La Villa des Tulipes, il y a 50 ans …

31 Mars 2007, 10:32am

Publié par barreteau


C'est Aimé Speleers  qui nous envoie d'Anvers - où il vit aujourd'hui - cette photo montrant la Villa des Tulipes en 1953. Son père, Marcel, est né ici, dans cette impasse déjà visitée par Parisperdu.

La famille Giraud, à l'époque propriétaire du Café Hôtel Restaurant que l'on voit ici, prend la pose devant son établissement car, en 1953, on ne voit pas encore beaucoup de photographes ... Aussi ne faut-il pas manquer cette occasion de se « faire tirer le portrait » ...

 

>> Même endroit aujourd'hui :

 

 

 

>> La Villa des Tulipes ... déjà sur Parisperdu

 

 

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Jean Ro. rencontre un clown triste

26 Mars 2007, 10:17am

Publié par barreteau


Quand je l'ai vu pour la première fois, c'était près d'un café, à l'heure de l'apéro.

Il sortait du 30 de la rue Piat, bizarrement coiffé, et vêtu d'un pardessus trop grand, couleur noisette, qui n'arrivait pas à dissimuler le bas d'un pyjama à larges bandes grises et blanches. Il était chaussé de charentaises usagées et, dans cet accoutrement, portait à la main une boite à lait en aluminium.
Il allait chercher son breuvage matinal chez " Pompom" un diminutif donné, par les gens du coin, au crémier italien du quartier. Tout comme son voisin Letourneau qui vendait son vin à la tireuse, "Pompom" vendait son lait à la louche.

La seconde fois que je l'ai vu, c'était un soir, très tard, dans le couloir de la station de métro Pyrénées où j'étais venu raccompagner ma copine du moment. Il m'est apparu à l'instant précis où j'embrassais une dernière fois ma dulcinée, avant qu'elle n'attrape le dernier métro.

Il avait encore son même manteau noisette et sur la tête un drôle de "galure", un chapeau ridicule, genre madrilène. Nous nous sommes regardés. Son visage portait encore des traces de maquillage et avait quelque chose de pathétique... un clown triste!
 

Je regardai s'éloigner un homme fourbu par sa soirée de travail au cabaret, un artiste au début de sa carrière ... Je regardais rentrer chez lui, dans ses habits de scène, ... Fernand Raynaud.



>> Cet anonyme emprunte un escalier également ... anonyme. L'escalier qui relie la rue de l'Ermitage à la rue des Cascades était à l'époque seulement répertorié "voie U/20",  jusqu'à ce qu'il prenne, en 1994, le nom de ... Rue Fernand Raynaud.
 

 

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Sur les pas de Willy Ronis (4/4)

21 Mars 2007, 21:31pm

Publié par barreteau


A Montmartre, la place du Calvaire est un lieu singulier : pas de calvaire mais des murets, un seul banc et ... un point de vue unique sur la capitale.

Cette place minuscule est certainement la plus typique de la butte. Elle serait même presque intemporelle, s'il n'y avait aujourd'hui ... quelques tags.

C'est ici, loin du tumulte effréné de la Place du Tertre, que vous pouvez retrouver ce qu'était Montmartre, avant qu'il ne soit définitivement envahi par les touristes.
Assis en ce lieu secret, vous n'aurez plus envie de le quitter. C'est un endroit quasi magique, plein d'une douceur ouatée ... où l'on voudrait prolonger l'instant ... et lorsque vous devrez partir, ce sera en vous promettant de bientôt y revenir.

A Paris, ne cherchez plus l'introuvable... il est là !


>> Le regard de Willy Ronis © sur cette place, en 1960 ...
 

>> Les calvaires de Montmartre vus par Aget ©...
 

>> Place du calvaire ...la nuit,
 par Hervé Roulben ©

 

 

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Juliette la "Cani-citoyenne".

17 Mars 2007, 09:18am

Publié par barreteau


Juliette habite dans le 19ème, et aujourd'hui, elle se rend à la journée d'information, à destination des chiens, organisée pour la première fois à Paris. L'opération s'intitule assez justement "Ma cité a du chien" ...
 

Bien sûr, ses deux caniches Belle et Bianca l'accompagnent. Il faut dire que les deux toutous de Juliette ont des progrès à faire du "côté du caniveau" ...
Mais qui est le premier responsable : le chien ou son maître ? Les chiens guides d'aveugle sont dressés à faire leurs besoins dans le caniveau alors, pourquoi pas Belle et Bianca? Il s'agit donc bien, pour Juliette, d'une question d'éducation...


Cet après-midi, des éducateurs canins vont expliquer à Juliette comment devenir une vraie "Cani-citoyenne". Belle et Bianca, sous l'autorité de leur maîtresse, devront apprendre à respecter l'environnement. Et cela passe par la responsabilisation de Juliette qui sera dorénavant informée donc prévenue, et ... éventuellement sanctionnée.

Mais, pour cette dernière extrémité, jusqu'où devra-t-on aller ? Jusqu'à demander le contrôle de l'ADN des crottes de chien ?
La question est sérieusement étudiée en Allemagne, par la ville de Dresde !


>> L'Adn contre les crottes de chiens
 

 
 

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Jean Ro. est dans le journal !

13 Mars 2007, 19:40pm

Publié par barreteau


Ce devait être en 1946. Ce jour-là, je jouais, avec deux camarades, dans les terrains vagues, derrière le passage Botha dans le 20ème, quand un homme est arrivé un appareil photo au cou.


Nous avions fabriqué une cabane avec un vieux lit -cage et divers objets et matériaux qui jonchaient le sol de ce terrain devenu - après la libération - une véritable décharge publique.

"Elle est superbe votre cabane les enfants. Ce serait bien aussi, que vous allumiez un feu !... "Nous dit cet homme. Il nous aida et proposa ensuite de faire une photo... et même ... qu'elle serait, le lendemain, dans un journal nommé "CE SOIR". "Faites semblant de souffler sur le feu ... Oui ! Comme ça...". Clic-clac ... encore une ... Clic-clac.

Nous allâmes conter l'histoire à nos parents...On allait être dans le journal !... Nos parents, poussés par une petite pointe d'orgueil, crurent bon d'en parler autour d'eux  ... la nouvelle se répandit dans toute la rue des Envierges et chacun de vouloir - le lendemain -  acheter le fameux journal.

En effet, la photo était bien là! ... mais ... un article l'accompagnait ! Il y était question des petits miséreux de Belleville que leurs parents ne pouvaient pas envoyer en vacances ... à la campagne ou à la mer !
Trop pauvres pour cela, ils nous laissaient jouer dans les détritus tout l'été !...

Nos parents furent un peu la risée du "village" mais se consolèrent assez vite en déclarant : "Bof ! ... heureusement on ne vous reconnait pas trop sur la photo" !

 

 


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Murs abattus et baignoires rémanentes (2/2)

10 Mars 2007, 11:25am

Publié par barreteau

Retour sur les installations d'artistes pour la sauvegarde de la rue Gasnier Guy.
Suite du Billet du 1er mars 2007

Les lavabos, les pommes de douche et les baignoires rémanentes sont bien ici ... tracés à leur emplacement d'origine. Ces dessins en aplat sont comme une tentative dérisoire pour remplir le grand vide créé par la destruction des appartements. C'est un cri désespéré, poussé par les artistes-peintres du quartier.

Némo, le célèbre illustrateur des rues de Paris, viendra à la rescousse avec ses pochoirs, dont le poignant : "Ne cassez-pas nos maisons ! ".

Tout cela sera sans effet ... la rue Gasnier-Guy sera totalement rasée.



>>  Le grand cri de Némo ...

>> Némo, porté disparu ...

>> La dernière fois que j'ai fait du ménage, chez moi aussi la maison s'est écroulée (Némo).
 

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Jean Ro. , un gamin de Paris

8 Mars 2007, 20:07pm

Publié par barreteau

Jean Ro. , un gamin de Paris

 


Je m'appelle Jean Ro. Je suis né au 19 de la rue des Envierges dans le 20ème arrondissement. A 6 ans, sous l'occupation allemande, je suis allé à l'école de la rue Levert et j'y suis resté jusqu'au CEP à 14 ans.

A l'époque, mon passe temps favori était le dessin et la peinture, et je souhaitais en faire mon métier. Ma mère qui me voyait déjà en baver sur la place du Tertre, en décida autrement, et à contre cœur, elle m'envoya dans une école de dessin industriel !

Je m'y suis ennuyé pendant 6 mois ... Juste le temps de sauver les apparences ... avant d'être renvoyé pour avoir - durant la classe - dessiné des femmes nues ...

Après de multiples péripéties, je suis devenu décorateur, j'étais alors marié et avais 23 ans. J'en ai aujourd'hui 71, et passe maintenant ma retraite dans l'ouest de la France. Je pense aller finir mes jours près de mes enfants, à Regensbourg en Bavière.

Voila un raccourci de ma vie.

 

>> Aujourd'hui, j'ai choisi le PhotoBlog Parisperdu pour pouvoir vous en dire plus sur l'histoire de mes 20 premières années de gamin de Paris. 

Retrouvez-moi régulièrement ici ...

 

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" T'arrêtes avec ta tour Eiffel ... "

5 Mars 2007, 19:28pm

Publié par barreteau


Le 140 rue de Ménilmontant est une cité dans la ville, un bloc d'habitations bâti en 1925, une imposante forteresse avec son portail unique ouvrant sur une cour centrale distribuant les accès aux logements.

Le site a longtemps été qualifié de "zone sensible" ou de "quartier difficile". La délinquance y est alors endémique, fondée sur des trafics locaux de stupéfiants, d'objets ou de véhicules volés ou recelés : toute une économie souterraine. Les trafiquants y agissent en bandes et suscitent - dans tout le quartier - un réel climat de peur. Les gens ne peuvent plus circuler tranquillement dans les cours ouvertes de ces immeubles, car certains caïds se comportent en propriétaires du territoire.

Les passants qui osent s'attarder ici - surtout si de surcroît, ils photographient ou filment les lieux - sont immédiatement suspectés de vouloir nuire au « business » et sont éloignés par intimidation verbale. J'en ai personnellement fait l'expérience.

Dès mon arrivée, des adolescents me demandent de quitter les lieux et de ne pas prendre de photos. J'argumente sur le fait que je souhaite seulement photographier la tour Eiffel qui se dessine au loin dans la longue perspective de la rue de Ménilmontant. On me laisse préparer mon cadrage, mais le réglage de la prise de vue est sans doute un peu trop long au goût de mes interlocuteurs ... car tout à coup retentit un cinglant : "Eh ... toi là-bas, t'arrêtes avec ta tour Eiffel ... ". Instantanément, je prends conscience que la situation peut dégénérer très vite et qu'une violence extrême peut frapper à tout instant. Je quitte rapidement les lieux, après avoir pris un seul cliché.

En octobre 2005, Jean-Claude Irvoas aura eu moins de chance ... Il a été lynché à mort, devant sa femme et sa fille, alors qu'il photographiait du mobilier urbain ... en banlieue parisienne.

Quant au 140 rue de Ménilmontant, il a maintenant fait l'objet d'un vigoureux programme de réhabilitation et de réaménagement. Aujourd'hui, la cité a été désenclavée : l'unique entrée a été complétée par le percement de nouveaux accès et 8 bâtiments, sur les 30 existants, ont été
détruits pour créer un jardin et aménager une voie publique coupant, en son centre, la vielle cité.

Après ces transformations radicales, le quartier retrouva un peu de calme. Mais aujourd'hui encore, les photographes n'y sont pas les bienvenus ...



>> La tour Eiffel se dessine au loin dans la longue perspective de la rue de Ménilmontant. 

>> Jean-Claude Irvoas : la mort en 24 secondes ...

 

 

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