"Parisperdu" porte un "autre regard" sur Paris. En arpentant la ville depuis 30 ans, il nous montre que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit... et comme tout être vivant elle fait parfois des erreurs. Ainsi va la ville, ainsi va la vie...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant." Pier Paolo Pasolini
Installation des statues de deux des « dix femmes illustres » des Jeux olympiques,
rue de la Chapelle (Paris 18e).
C'est aujourd'hui que 10 statues dorées et recyclées des Jeux Olympiques sont inaugurées rue de la Chapelle, dans le 18e arrondissement. Les statues, qui mesurent près de quatre mètres de hauteur, ont finalement trouvé leur place définitive dans la capitale.
Pour rappel, ces statues représentent « dix françaises illustres » : Christine de Pizan, Jeanne Barret, Olympe de Gouges, Louise Michel, Alice Guy, Alice Milliat, Paulette Nardal, Simone de Beauvoir, Simone Veil et Gisèle Halimi.
Mais il faudrait en finir avec tout ce bazar ! Installer ces statues de pacotille à La Chapelle est au moins la garantie qu'elles ne passeront pas l'hiver... nous n'en pouvons plus de ces jeux qui servent à cacher la misère de la ville. Les parisiens veulent des perspectives d’avenir pas un retour en arrière.
Et étant donnée la situation désastreuse du pays qui peut croire que les français vont encore se contenter longtemps de symboles ?
Le passage des Fours-à-Chaux, Paris 19e arrondissement.
(Photo du haut : en 1913 ; Photo du bas : en juillet 2021)
Au 117, avenue Simon-Bolivar, dans le 19ème arrondissement débute le passage des Fours-à-Chaux qui va se se terminer en impasse.
Mais d'où lui vient ce nom étrange ? C'est tout simplement parce que cette voie conduisait, il y a fort longtemps, à des fours à chaux.
En effet dès le 13ème siècle débute l'exploitation à ciel ouvert de la pierre de plâtre, le gypse, dans ce secteur de Paris. Puis elle se développe et se transforme en carrières souterraines sur les flancs des collines des Buttes-Chaumont et de Beauregard (appelées alors "Les carrières d'Amérique").
Pourquoi "Carrières d'Amérique" ? Il a souvent été dit que ce nom était dû à l'exportation du plâtre de Paris vers l'Amérique mais il s’agirait en vérité du fait que le propriétaire des lieux, un Irlandais nommé Fitz-Merald, avait fait fortune en Amérique.
Dans ces excavations, ou à leur proximité immédiate, les fours à plâtre se multiplient. On en comptera jusqu'à 200.
Là, les chaufourniers surveillent la cuisson du gypse, et tirent des fours des blocs de plâtre que les batteurs sont chargés d'écraser et de réduire en poussière.
Les fours à chaux ont disparu en 1875 avec la fermeture des carrières d'Amérique.
Un siècle plus tard - en 1972 - le tronçon nord de la rue qui débouchait rue de Meaux a été supprimé lors de la reconstruction de l'îlot "Fours-à-Chaux". La rue des Fours-à-Chaux est alors devenue le passage des Fours-à-Chaux que l'on connait aujourd'hui.
Parmi la multitude d'expositions que nous offre chaque année "Les Rencontres Internationales de la Photographie" à Arles, la Mecque de la photographie, il en est toujours une qui rend hommage à un "grand" de l'image.
Ainsi après Lee Miller en 2022, Diane Arbus en 2023, Sophie Calle en 2024, pour cette année 2025 c'est Louis Stettner qui a été choisi. Et l'on pourra admirer ses clichés dès l'ouverture des "Rencontres" le 7 juillet et jusqu'à la fermeture, le 5 octobre 2025.
Louis Stettnerest l’auteur d’une œuvre majeure réalisée des deux côtés de l’Atlantique. Véritable trait d'union entre la "Street photography" américaine et la "photographie humaniste" française.
Presque dix ans après son décès, cette exposition présente quelque 150 photographies d’époque et modernes tirées par le photographe lui-même, dont certaines inédites, et de nombreux documents originaux reflétant la complexité d’une personnalité hors norme.
Né à Brooklyn en 1922, Louis Stettner se forme auprès de la Photo League puis sur le front du Pacifique où il photographie notamment les ruines d’Hiroshima.
Sa série dans le métro de New York de 1946, lui vaut d’intégrer l’école de la Photo League, où il est mis en relation avec Willy Ronis en vue d’organiser une exposition de photographie française à New York.
Devenu proche d’Édouard Boubat et de Brassaï, il s’installe à Paris de 1947 à 1952 : une période qu’il dépeint comme l’une des plus heureuses de sa vie et qui le conduira à s’y installer définitivement en 1990. Mais c’est à New York, dans les années 1950, qu’il réalise deux de ses plus magistrales séries : Penn Station et Nancy.
Très engagé politiquement dans les années 1970, il participe aux combats pour le féminisme, contre le racisme et la pauvreté, ce qui lui vaut d’être surveillé par le FBI.
Jusqu’aux années 2000, il poursuit ses explorations urbaines à New York et Paris.
Enfin, réalisée à plus de 90 ans, sa dernière série sur les arbres des Alpilles résonne comme le point d’orgue d’un parcours guidé par la soif de liberté, la résistance aux vents contraires et l’émerveillement d’être en vie.
L'album des Lieux retrouvésmontre des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc.
Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire.
En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs). C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.