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PARISPERDU

Le Parisien n'est qu'un provincial de passage.

30 Mars 2011, 09:19am

Publié par barreteau


Sticker trouvé dans le métro: "I love rien, I'm parisien"

 

 

C'est bien connu, le Parisien est un être fat, hautain, vaniteux, agressif, méprisant, antipathique, xénophobe et, pas très accueillant … avec son regard en coin et son sourire en berne. Bref, le parisien joue son rôle et s'y tient.

 

Allons, Parisiens : serrons nous  les coudes et faisons la gueule.

C'est comme ça qu'on nous veut, c'est comme ça qu'on nous aime !

On a un rang à tenir, que diable et il faut être à la hauteur de sa légende, car au final, il semble bien que le Parisien soit définitivement d'utilité publique : unanimement détesté, il incarne ce que l'ensemble des Français n'aiment pas chez eux !
Il est la part d'ombre de notre inconscient national. Car n'oublions pas que le Parisien en tant que tel n'existe pas : il n'est qu'un provincial de passage…



>> Voir aussi "Tout le monde déteste les Parisiens".



 

 

 

 

 

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Partez en voyage.

26 Mars 2011, 09:26am

Publié par barreteau

Le Flèche d'or café, rue de Bagnolet Paris 20ème.

 

 

Parisperdu propose un double voyage: dans l'espace et dans le temps.
Ses itinéraires dans le Nord et l'Est parisien entraînent le promeneur dans une ville qui souvent n'est plus : rayée de la carte par endroit, altérée par ailleurs du fait des spéculations administratives et financières ou tout simplement estompée par le passage des ans.

Recomposée sur elle-même, Paris laisse toutefois deviner quelques traits de son visage d'hier et veut bien nous livrer quelques indices, des repères à partir desquels le passé semble renaître, fugitif et miraculeux.

Parisperdu promet de nombreuses découvertes aux amateurs de flâneries urbaines ; les âmes poétiques lui trouveront peut être un attrait supplémentaire: une certaine capacité à ouvrir les portes du rêve.
Bon voyage …

 

 

Les itinéraires de Parisperdu :
 

>> Paris, guide à l'usage du touriste averti.  

>>  Balade "hors des sentiers battus" ... (3/3) 

>> Balade "Des Epinettes aux alentours du canal de l’Ourcq".

>> Balade "Du triangle Mouzaïa-David d’Angers-Compans à la butte Bergeyre". 

>> Balade "Du haut Belleville au bas Ménilmontant".


 

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Les femmes de Marc Riboud.

22 Mars 2011, 10:12am

Publié par barreteau

Photo © Marc Riboud: Paris, 1953

 

 

Il y a longtemps que j'attendais que Marc Riboud, ce grand monsieur de la photo, nous montre son savoir-faire et sa sensibilité dans une grande exposition parisienne.
L'homme sait se faire rare. Mais enfin, la Galerie Polka, nous donne à voir quelque chose de celui qui doit être le dernier des grands photographes, encore vivant, de la génération des Boubat, Cartier-Bresson, Ronis …

L’exposition, intitulée : "Liberté. Egalité. Féminité", nous montre que tout au long de sa carrière, Marc Riboud n’a jamais cessé de photographier la Femme, les femmes, dans toute leur féminité, que ce soit dans sa campagne tourangelle ou à l'autre bout du monde ...

Et, à travers les soixante années de carrière du photographe, les femmes viennent des quatre coins du monde : elles sont africaines, japonaises, chinoises, … parisiennes.

Aussi, dans ce tour du monde des femmes en quinze portraits, icônes ou inconnues, j'ai voulu voir comment Riboud saisissait la "parisienne". Je pensais trouver un hommage à la mode, à la haute couture, bref à l'élégance de la femme de Paris, reconnue comme telle par le monde entier.

Et bien, pas du tout ... !
Dans l’œuvre de Marc Riboud, la parisienne est une nonne, une religieuse dans un cadrage et dans une pose très esthétique …

Encore une fois, Marc Riboud nous surprend.
Souhaitons qu'il continue à nous surprendre encore longtemps 


>> "La Polka Galerie" 75003, Paris.

>> Marc Riboud face à ses photos (interview vidéo)

>> La religieuse, "cadrage original" ...



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A la limite de l'irréel.

18 Mars 2011, 10:01am

Publié par barreteau


Nous sommes en plein cœur de Paris, dans le haut du 11ème arrondissement, juste à coté de "Boboland".

La rue est étroite, sale et peu engageante. Et là, après m'être aventuré dans plusieurs arrière-cours, j'atteins la limite de l'irréel.

Donnant directement sur la courette mal pavée, une porte basse est restée entrouverte. Il s'en échappe le son nasillard d'une radio.

Je m'approche et un gamin vient à ma rencontre.

- "Vous voulez parler à maman me dit-il ?"

Un peu interloqué, je bafouille :

- "Non, enfin … oui … si vous voulez …"

Une grande femme africaine apparaît alors dans l'embrassure de la porte, elle se tient voutée tant sa taille est disproportionnée par rapport à cette toute petite ouverture …

- "Je ne voulais pas vous déranger" lui dis-je.

- "Vous ne me dérangez pas", me rétorque-t-elle.
- "Mais je vois que vous êtes photographe, c'est que vous trouvez le quartier si joli que ça … ?", ironise-t-elle …

Là, je suis un peu gêné mais je le serai encore plus lorsqu'elle me dira :

-"Voyez dans quoi j'habite, moi et mes trois enfants …"
Et là, d'un geste, elle ouvre largement la porte de son "appartement".


En fait d'appartement, il s'agit d'une pièce unique où chacun des quatre murs a sa fonction : à droite lavabo et toilettes, en face gazinière et cuisine, à gauche: des matelas empilés font penser qu'il s'agit … de la (ou des) chambre(s) à coucher et enfin, sur le dernier mur un monceau de vêtements accrochés: le dressing !

Ces personnes vivent dans un taudis, une pièce insalubre, un habitat indigne.

Ils connaissent en permanence l'humidité, les fuites et les infiltrations d'eau, le sol déformé, le système électrique et les sanitaires hors normes, l'absence de chauffage, l'unique et minuscule fenêtre qui ne ferme pas, etc...

Tout cela parait incroyable … en plein Paris, au 21ème siècle !

En France, on évoque sans cesse la crise du logement, mais quand la situation devient aussi dramatique, que font nos responsables politiques ?

Les municipalités de droite ne veulent pas d'HLM chez elles, celles de gauche non plus mais elle l'avoue moins (en même temps on le comprend quand on voit ce que sont devenues les cités) et puis de toute façon, les votes des plus déshérités leur sont déjà acquis, donc pourquoi faire des efforts …

Alors, les mal-logés sont le dernier des soucis de nos politiques, sauf s'ils font trop de bruit ou s'ils sont victimes d'un fait divers tragique qui nuirait à l'image de la ville...

Embellir la ville avec des sculptures, mettre des vélos à disposition des administrés, (l'environnement, par contre, c'est vachement tendance), sponsoriser de l'évènementiel … voilà des façons autrement plus sympa de dépenser les deniers publics.

Là aussi, on atteint les limites de l'irréel !



>> Les marchands de sommeil sur Parisperdu.

>> Voir aussi : "Garnis et meublés ..."

>> Voir aussi : "Une chambre en ville"
 

 

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Est-ce encore la rue Watt ?

14 Mars 2011, 09:10am

Publié par barreteau

 


En 1986, l'érection, dans la cour d’honneur du Palais Royal, des "colonnes de Buren" provoque une levée de boucliers. En sera-t-il de même aujourd'hui pour les nouvelles "colonnes de la rue Watt" ?

Avec leurs "sculptures lumières", les architectes, designers et autres éclairagistes ont, disent-ils: "chercher à restituer l'esprit du lieu". Esprit, es-tu là ?

Hélas, il semble bien que non, car à la vue de ces pseudo-œuvres d'art, on comprend que la rue Watt n'est plus que le fantôme d'elle-même.

L'atmosphère si particulière de la rue Watt serait donc sensée être recréée par ces colonnes en inox, ajourées pour laisser passer la lumière de lampes à la vapeur de mercure et dessiner des entrelacs sur le sol …

Mais enfin, est-ce  bien encore la rue Watt… ?

 

Car il faut rappeler ce qu'était la rue, avant que les tonnes de béton de l'opération "Paris Rive Gauche" se déversent sur elle.

Jadis, la lumière naturelle filtrait au travers des poutrelles à claire-voie et le bruit des rames chantait au dessus de nos têtes … créant une atmosphère unique, hélas maintenant totalement disparue.

Aujourd'hui, dans le silence de son sarcophage de béton, isolée des voies en surplomb,  … la rue Watt de Tardi, de Léo Mallet, de Jean-Pierre Melville et de Boris Vian … est définitivement morte.

Pourtant, comme un infime signe d'espoir, les graffitis commencent à faire leur réapparition dans la nouvelle rue toilettée, aseptisée. Et pour le moment, les services de la Ville de Paris n'ont pas réagi … comme s'ils n'avaient pas encore décidé si la rue Watt devait rester "impeccable" où alors si elle pouvait retrouver un peu de sa noirceur étrange et de sa vie d'antant ?



>> C'était comment avant … ?

>> L'enterrement en couleurs de la rue Watt (mai 1993)

>> La rue Watt sur YouTube.


 

 

 

 

 

 

 

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La violence des démolitions forcées.

10 Mars 2011, 09:22am

Publié par barreteau

"Maison clou" à Chongqing en 2007.


Parisperdu regrette souvent les démolitions sauvages qu'ont connu et que connaissent encore les quartiers Est de la capitale.
Pourtant ces faits peuvent paraître relativement secondaires si l'on compare la situation parisienne avec celle que vivent des chinois de Pékin et d'un peu partout en Chine.

Dans l'empire du milieu, la violence des démolitions forcées a conduit un internaute chinois à dresser "une carte du sang" de l'immobilier chinois ... !
Cette carte répertorie les incidents violents auxquels ont donné lieu des expulsions en Chine.

L'auteur, qui a pris le pseudonyme de Xuefangditu, ou "carte de sang de l'immobilier" , incite les internautes à "refuser d'acheter les logements où le sang a coulé".
Sur Google Map, son
site , consacré "à toutes les existences qui ont pâti de l'ultra-rapide processus d'urbanisation chinoise" (sic), reçoit chaque jour, depuis sa création en octobre dernier, un nombre croissant de visiteurs ...


En cliquant sur chacun des évènements répertoriés, on peut
lire les détails de l'affaire, et des liens renvoient à d'autres sources.

Ainsi, la date du 8 avril 2010, renvoie à la mort du directeur de la commission de construction, au sein d'un district de la ville Fushun, dans le Liaoning. Le fonctionnaire, chargé de la démolition, a été assassiné à l'arme blanche par Yang Yi, le propriétaire d'une "maison clou", appelée ainsi car il refusait de bouger.
Quatre ans auparavant, les démolisseurs avaient battu à mort le fils du voisin de Yang Yi, âgé de 24 ans.

Le 20 août 2010, à Kunming, dans le Yunnan, He Yuqiong, une femme qui résistait aux démolisseurs, avec mère et enfants, dans leur "maison clou" de Kunming, une résidence de 6 étages que la famille avait construite, a fait exploser une bouteille de gaz. Une dizaine de personnes ont été blessés. He Yuqiong est décédée des suites de ses blessures. La famille avait accroché aux fenêtres une grande banderole, sur laquelle était écrit : "nous vivrons avec notre maison, ou nous mourrons avec elle" !

Bien souvent désormais, la politique et l'économie procèdent d'une même logique où l'humain n'existe plus.
Ici comme ailleurs, les puissants décident avec pour conséquence : du sang et des larmes …




>> Le site de Xuefangditu, ou "carte de sang de l'immobilier".

>> Lire aussi sur Parisperdu : "Démolition des murs ... démolition des vies"

 



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Dans la "jungle" des panneaux publicitaires.

6 Mars 2011, 09:25am

Publié par barreteau

© Photo : Nicolas Hervé

 

 

Les pouvoirs publics entendent "réformer" l'affichage publicitaire. Il s'agit là d'un engagement phare du Grenelle de l'environnement.

Le texte a été mis en consultation publique jusqu'au 11 mars 2011 sur le site du ministère du développement durable.

Ainsi, dans Paris intra-muros, on devrait avoir une moindre densité de publicité, avec des formats plus restreints et moins d'éclairage. La "jungle" des panneaux publicitaires serait alors moins oppressante …

Mais pour le "Collectif des Déboulonneurs", le texte est bien trop timide et ménage trop les professionnels de l'affichage.

En fonction de ce qui ressortira de cette consultation publique, il y a fort à parier que nous reverrons bientôt les "Déboulonneurs", pour des actions coup de poing dans les rues de Paris.


>> Le site des Déboulonneurs.



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Au cimetière des ambitions.

2 Mars 2011, 10:40am

Publié par barreteau

 

6 - 10,  Rue Watt, 75013-  Paris (juillet  1996)

 

C'était au temps où la rue Watt avait encore une certaine aura auprès de ceux qui venaient respirer ici un peu de poésie urbaine, mais aussi auprès de ceux qui quotidiennement venaient y travailler.

Dès le début des années 70, un grossiste asiatique de l'alimentaire avait implanté ici un entrepôt où il stockait des produits importés, en groupage, de Chine et du Vietnam.
Il s'agissait de produits de premières nécessités comme des vermicelles ou des galettes de riz, de la sauce de poisson ... autant de denrées destinées à approvisionner la communauté asiatique de Paris.

Avec l'arrivée des premiers réfugiés de l'Asie du Sud-est en 1975, la société se développe vite, et la petite entreprise familiale, qui à l'origine ne disposait que d'un minuscule magasin à la place Maubert, va rapidement s’agrandir et ouvrir plusieurs boutiques de détail dans Paris, puis elle passera aux supérettes et à la vente en gros.


Un tel succès fera forcement des envieux, des jaloux non dénués parfois d'un certain relent de racisme. Pas étonnant alors que, rue Watt, sous l'enseigne de la société, un tag rageur proclamait : "la France aux français" !

Depuis cette époque, tout a bien changé rue Watt où la poésie urbaine est désormais au cimetière des ambitions …



>> Ne cherchez plus la société THANH BINH, rue Watt ….

>> La rue Watt sur Parisperdu.

 

 

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