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PARISPERDU

Château Rouge : le marché à l'africaine.

30 Septembre 2019, 18:32pm

Publié par barreteau

Château Rouge : le marché à l'africaine.

Boutiques d'alimentation africaine : Rue Dejean, Rue de Panama, Rue Doudeauville Paris 18ème arrondissement_ Photos © : Boui-boui


C'est une balade ensoleillée à laquelle je vous convie dans le quartier de Château-Rouge, un périmètre délimité par le boulevard Barbès, les rues Doudeauville, Léon et Myrha.

C'est un "quartier chaud" au sens où on l'entend généralement, mais cela ne doit pas vous arrêter, nous ne sommes tout de même pas dans une "No go zone".

Et très vite vous vous trouvez immergé dans un environnement digne des marchés à l'africaine, un peu comme si vous étiez au marché Tilène à Dakar ou au Grand Marché de Bamako au Mali.

Il est bien connu que la visite des marchés est sans doute le meilleur moyen de s’imprégner de l’ambiance d’une ville … même si cette ville est Paris !

C’est donc là, dans ce secteur du 18ème arrondissement, que vous trouverez le plus grand nombre d’épiceries vendant la quasi-totalité des produits alimentaires du continent africain.

Si vous êtes en quête de bananes plantain, de patates douces, de gombos, de manioc, de piment, de fruits tropicaux et d’épices, vous trouverez tout cela et bien d'autres produits encore moins courants,  dans la Rue Dejean où le marché est considéré comme le "Rungis des produits africains".

Pour le poisson, qu'il soit frais, congelé, fumé, salé ou séché … c'est dans les rues des Poissonniers (bien sûr !) qu'il vous faudra aller. Et pour les bouchers, c'est rue Poulet (évidemment !).

Tous vos sens seront vivement sollicités : la couleur des fruits exotiques, les odeurs des épices, les bruits de la rue avec le mélange des paroles en Wolof, en Lingala et dans une moindre mesure … en français.

Si tout cela vous a aiguisé l'appétit, pas de problème vous avez tout sur place avec une pléthore de restaurants proposant des plats plus dépaysant les uns que les autres.

Vous pourrez déguster les délicieux mafé, thieboudieun, tchou ou autres allocos accompagnés d'un jus de bouye par exemple. Vous ne visualisez pas du tout ces plats, peu importe il suffit de vous installer dans l'un des nombreux restaurants de ce quartier et vous vous retrouvez vite dans un environnement quasi familial et très chaleureux où les échanges vont bon train, sans préalable, ni présentation … et toujours avec les grands sourires propres à la gente africaine. Bienvenue à Château Rouge, "Welcome in Africa" !

 

>> En savoir plus avec Boui-Boui ...

>> Déjà sur Parisperdu / Château Rouge.

 

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Willy Ronis raconte Belleville Ménilmontant.

24 Septembre 2019, 08:48am

Publié par barreteau

Willy Ronis raconte Belleville Ménilmontant.

"Rue de la Cloche, Ménilmontant, Paris, 1948" ©Willy Ronis.

 

C'est Willy Ronis qui parle :

"Il n'y a pas d'années où je ne passe pas au moins 6 ou 8 fois dans ce quartier de Belleville Ménilmontant, parce que j'y suis resté très attaché. Je n'y suis venu, pour la première fois, que vraiment très tard : fin 47, donc j'avais 37 ans, et c'est un ami peintre qui habitant rue de Ménilmontant qui m'a dit : " Mais viens voir mon quartier, tu verras c'est formidable".
Il y avait certainement des rapports beaucoup plus faciles entre les gens, beaucoup de petites rues étroites qui faisaient que les gens se connaissaient tous et descendaient aux beaux jours avec leurs chaises sur le trottoir, pour faire des veillées sur le trottoir et les gosses pouvaient jouer là, sans crainte aucune.
Non c'était vraiment … c'était une période extraordinaire".

Voilà donc un fil de l'histoire et c'est en tirant d'autres fils que l'on tisse la toile de la mémoire …


>> Willy Ronis raconte comment il a découvert Belleville.


>> Le Paris de Willy Ronis.

>> Belleville-Ménilmontant de Willy Ronis.

>> Rue de la Cloche_ Paris 20ème_ juin 1994

>> Parisperdu et Willy Ronis.

 

 

 

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Pouvaient-ils se connaître ?

19 Septembre 2019, 09:00am

Publié par barreteau

Pouvaient-ils se connaître ?

 Photos © Robert Franck et Willy Ronis


Robert Frank est à Paris en 1950 et prend ce cliché près de Montmartre où Mary qu'il épousera en 1954, apparait plein cadre, tenant dans ses bras leur fils Pablo, prénommé ainsi en hommage à Pablo Casals.

Le cadrage en plongée dans un escalier me fait invariablement penser à une autre photo d'un autre grand photographe : Willy Ronis. Un cliché pris dans l'escalier de l'avenue Simon Bolivar, dans le 19ème arrondissement. Où là aussi une femme tient un enfant dans ses bras.

Toutes deux prises en plongée, ces deux photos ont incontestablement un "air de famille". Et, lorsqu'on découvre que les deux clichés sont de la même année : 1950, on en vient à se demander si l'un n'a pas été inspiré par l'autre ?
Mais cette année-là Franck et Ronis pouvaient-ils se connaître ?
Vraisemblablement pas, et pourtant …


>> N 'est pas Willy Ronis qui veut ... !

>> Robert Frank, un géant de la photographie.



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Robert Frank, un géant de la photographie.

11 Septembre 2019, 10:08am

Publié par barreteau

 Disparition de Robert Frank, un géant de la photographie  

Rue de la Sablière Paris 14ème, 1949_©Robert Frank

Robert Franck est décédé lundi dernier, le 9 septembre, à l'âge de 94 ans. Quand je vous disais que la pratique de la photographie conserve …

Né en Suisse, Robert Frank arrive à New York en 1947 où il commence à faire des reportages pour des revues. Puis il obtient une bourse de la Fondation Guggenheim qui lui permet de photographier, en toute liberté, les États-Unis. La célébrité arrive avec la publication, en 1958, de son fameux album "Les Américains", préfacé par Jack Kerouac.

Mais avant de publier "Les Américains", Robert Frank s'était aussi frotté à Paris, réalisant une série de clichés, déjà marqués par son style subjectif et ce regard détaché que l'on retrouvera ensuite dans "Les Américain"s. C'est la rue qui est alors au centre de son travail, proposant son regard sur la capitale, ses rues, ses autobus à plateforme, ses habitants…

Robert Franck a notamment été marqué par le travail du photographe Henri Cartier-Bresson ou les tableaux d'Edward Hopper. Il a travaillé pour des magazines comme Harper's Bazaar, Fortune, Life, Look, Vogue, voyageant un peu partout sur la planète.

Ses œuvres sont conservées dans les musées du monde entier, de l’Art Institute de Chicago, au Victoria and Albert Museum à Londres, en passant par la Maison européenne de la photographie à Paris ou encore au Metropolitan Museum of Art à New York.
En 1974, le Kunsthaus de Zurich a monté sa première rétrospective. En 2009, le Jeu de Paume lui a consacré une exposition, en partenariat avec le Folkwang Museum d’Essen, intitulée "Robert Frank, Paris/Les Américains". Les Rencontres d'Arles avaient exposé une partie de son travail en 2018.
Un grand Monsieur vient de nous quitter.

 


>> Les grands photographes vivent vieux …

>> Mieux connaître Robert Frank.

 

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Le Passage National, un rescapé du bétonnage.

7 Septembre 2019, 10:28am

Publié par barreteau

Le Passage National, un rescapé du bétonnage.

Passage National vu depuis la rue du Château-des-Rentiers. Paris 13ème
Photo : ©Mbzt's Gallery

 

Je suis récemment retourné rue Nationale dans le 13ème arrondissement, et, après la rue de Tolbiac, je suis tombé sur une série d'impasses et de passages : d'abord l'Impasse Nationale, puis le passage Bourgoin et enfin le passage National. Ce dernier est bien le plus curieux puisqu'il déploie ses maisonnettes sur un fond d'immenses tours, celles du quartier Italie 13.
Mais comment en est-on arrivé là ?

Tout part de la politique de la ville des années 60, dont on a souvent parlé ici, une politique qui pratique la table rase des quartiers les plus vétustes de Paris … Là, dans ce secteur du 13ème, c'est tout l'îlot des "Deux Moulins" qui va être détruit pour y construire un colossal ensemble de tours et d'immeubles de grande hauteur. Et c'est ainsi qu'est créé, en 1975, le quartier des Olympiades, avec sa fameuse dalle, bientôt devenu un véritable dédale ….

Alors pourquoi nos petits passages de la rue Nationale ont-ils pu dans ce contexte échapper au bétonnage général du quartier ? Leur préservation est dû au fait que ces passages avaient été classés depuis fort longtemps en "voie publique" donc légalement indestructibles.
Et ils vont aussi, grâce à l'activité déployée par l'association "Inter-Nationale Bourgoin", de nouveau résister, au début des années 90, à un deuxième et même un troisième assaut lors des opérations "Paris Rive Gauche" puis de celles de la ZAC "Château des Rentiers".
Ah les fameuses ZAC, ces "Zones d'Aménagement Concerté" dont on se demande bien qui prend part à la Concertation et à qui doit profiter l'Aménagement ?

Et, voilà pourquoi on peut, aujourd'hui encore, profiter de cet ilot de tranquillité qu'est le Passage National, véritable rescapé du bétonnage de ce secteur du 13ème arrondissement.


>> "Italie 13" : La politique de la table rase.

>> Dalle ou dédale des Olympiades ?

>> Petit lexique d'urbanisme de A comme Aménagement Urbain à Z comme ZAC (ou ZACage)

 

 

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Y aura-t-il encore demain des Parisiens à Paris ?

2 Septembre 2019, 09:49am

Publié par barreteau

Y aura-t-il encore demain des Parisiens à Paris ?

Illustration des géolocalisations Airbnb.

 

Y aura-t-il encore demain des Parisiens à Paris ? Depuis que l'Insee a publié ses derniers chiffres sur la démographie parisienne, la question n'est plus si saugrenue qu'il n'y paraît.
Car après avoir augmenté de manière continue depuis 1999, la population parisienne enregistre un recul inédit qui se concentre très nettement dans les arrondissements centraux :
- 4% en moyenne entre 2000 et 2017, soit -14 000 habitants sur la période.
Paris, donc, se dépeuple dans son cœur, mais à qui la faute ? A Airbnb, bien sûr ! Déjà accusé d'exercer une concurrence déloyale envers les hôtels, de se soustraire aux obligations fiscales dans les pays où il engrange des bénéfices colossaux, le réseau de location de logements "entre particuliers" est à nouveau pointé du doigt.

En effet si les communes situées dans la première couronne regagnent de la population c'est à cause de la cherté du logement dans le centre de Paris, et cette cherté s'explique par la raréfaction du nombre de logements destinés à devenir des résidences principales.

A Paris, là où la population baisse, le nombre de résidences secondaires et de meublés touristiques augmente : + 3% en moyenne par rapport à 2008. Autant de surfaces réservées à des occupants de passage qui se retrouvent confisquées aux Parisiens, et qui ne font qu'aggraver la crise du logement.

Depuis que le phénomène Airbnb a explosé à Paris, un véritable business s'est développé chez les particuliers qui achètent des meublés pour les louer à l'année sur la plateforme et en faire des machines à cash. De 4 000 en 2013, le nombre d'annonces répertoriées est passé à plus de 45 000, ce qui fait de Paris la première destination mondiale du site !

Ainsi, de 20 000 à 30 000 appartements auraient disparu du marché locatif traditionnel parisien depuis qu'Airbnb existe et ne serviraient plus qu'à la location touristique. 

Face à l'offensive, la Mairie de Paris a contre-attaqué en multipliant les contrôles avec aujourd'hui 25 inspecteurs chargés de cette tâche, en portant de 20% à 60% la surtaxe d'habitation sur les résidences secondaires et en obligeant la firme de San Francisco à collecter la taxe de séjour sur chaque nuitée vendue sur son site. La Ville a également imposé un plafond maximum de 120 jours annuels pour ce type de location. 
L'arsenal sera-t-il dissuasif ? Il est permis d'en douter car Paris n'a pas attendu Airbnb pour se transformer en vitrine touristique. De l'île Saint-Louis au Trocadéro en passant par le Marais, les commerces qui se succèdent le long des trottoirs, boutiques de luxe et cafés franchisés pour excursionnistes en goguette, ne correspondent plus, depuis bien longtemps, aux besoins de la clientèle autochtone.

Paris n'est donc plus à l'abri du syndrome Vénitien – où le tourisme a chassé en 40 ans la moitié des habitants des "sestieri" historiques. Toutes les grandes métropoles sont confrontées au même phénomène, et les plateformes de type Airbnb ne font que l'accélérer. Sachant qu'en plus d'Airbnb, il existe d'autres plateformes, comme Squarebreak ou Onefinestay, du groupe Accor, spécialisées dans les résidences de standing.
Nous voilà engagés dans un rapport de forces et une course de vitesse pour éviter que nos centres-villes deviennent des ghettos pour riches.

 

>> Paris est-elle devenue une ville de riches ?

>> Cartographie du nombre d'annonces Airbnb à Paris (tous les points orangé sur cette carte).

 

 

 

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