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PARISPERDU

Des capitaines en Campagne.

28 Septembre 2011, 09:02am

Publié par barreteau

19 rue du Capitaine-Tarron - Paris 20ème.


A quelques pas du boulevard Mortier et de la porte de Bagnolet, c'est la "La Campagne à Paris", un quartier privilégié autour de quelques rues perchées.

Dans les bucoliques rues Jules Siegfried, Géo-Chavez, Irénée-Blanc...  règnent un calme insoupçonnable, autour de maisons recouvertes de vigne vierge et de glycines …
Ces rues sont circonscrites par deux "Capitaines". Ferber au nord et Tarron au sud, mais ces militaires ne sont pas assez martiaux pour contrer l'humeur champêtre de leurs rues.


La rue du Capitaine-Tarron forme un quart de cercle, elle est à la fois si proche de l'animation de la place de la porte de Bagnolet, et si loin, tant son apaisante courbe croule sous une profusion de verdure et de rosiers en fleurs.

Au dernier étage, les "chiens assis", avec leurs volets mi-clos pour garder la fraîcheur, semblent monter la garde et défendre la quiétude du secteur.
 

Le promeneur qui s'aventure ici, semble être hors de Paris et l'amateur de maisons … fulmine de ne rien trouver à acheter même à bon prix.



>> La Campagne à Paris

 

 

 

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Mourir une dernière fois.

24 Septembre 2011, 09:28am

Publié par barreteau

Rue de la Cloche Paris 20ème - Juin 1994


En descendant l’avenue Gambetta, on débouche sur la place Martin Nadaud. Derrière cette place, entre la rue de la Bidassoa et la rue Sorbier, en haut d’un talus herbeux, se trouve un jardin tout récent.

Ce jardin, c'est le square du Docteur Joseph Grancher appelé plus familièrement "Cloche-Bidassoa". Situé sur le flanc sud de la colline de Belleville, il porte encore les traces de son passé : les allées du jardin reproduisent le tracé des anciennes rues pavées: les rues de la Voulzie, Westermann et la rue de la Cloche.

Cette fameuse rue de la Cloche doit son nom à une ancienne fondrière aussi appelée "cloche à l’eau". Cette fondrière va avoir de lourdes conséquences, lorsque l'on envisage de requalifier un quartier fort décati … Les promoteurs immobiliers sont alors face à terrain bien trop fragile pour y construire de grands immeubles, la rentabilité ne sera pas au rendez-vous … aussi vont-ils abandonner la partie. Ce micro-quartier autour de ces trois rues, habitées par de "petites gens", verra alors ses modestes édifices totalement rasés. Mais n'aurait-on pas pu les réhabiliter ?

C'est du moins ce que pense Anna que je rencontre sur les lieux.
Elle arrive de Tel-Aviv pour revoir l'immeuble où ses parents habitaient, dans les années 40. Elle a en poche une adresse : 7 rue de la Cloche, Paris 20ème.


Sur le petit tertre désert, dans ce jardin où semble avoir été enterré le micro-quartier de la Cloche, Anna est désemparée, son regard cherche un indice, une trace du "7 rue de la Cloche" … mais il ne reste rien … seuls peut-être, au sol,  les pavés des rues anciennes, mais ils semblent si fraîchement assemblés que l'on peut douter qu'ils s'agissent des originaux …

Anna me révèle que ses parents ont été arrêtés là en 1942, alors qu'elle - toute gamine - avait été placée en "zone libre". Elle ne les a jamais revus …
C'est alors que, face à ce quartier disparu, elle me fera cette terrible remarque :

"Maintenant, je sais, qu'ils vont mourir une dernière fois … !"



>> Voir aussi : Trop tard …!

>> "Je reviens d'un lieu qui n'existe plus …"

>> Une rue de Paris qui a été totalement rayée de la carte …

>> Rue de la Cloche.

>> Le secteur Cloche-Bidassoa aujourd'hui: square du Docteur Joseph Grancher.

 

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Paris des femmes célèbres.

19 Septembre 2011, 08:35am

Publié par barreteau

Simone Signoret dans "Casque d'or" -1954- Photo DR: "The Artist ©"

"Paris des femmes célèbres" vient d'être publié aux Editions du Chêne.
L'Editeur m'en fait parvenir un exemplaire et me demande d'en parler sur Parisperdu.
Ce que je fais bien volontiers, d'autant que l'ouvrage est original et de qualité.
Il permet en effet de découvrir Paris autrement, en présentant chaque grand lieu historique de la capitale avec la femme qui y a laissé son empreinte.

L'ouvrage est organisé par arrondissement, aussi je me précipite en fin de volume pour y retrouver mon cher 20ème. Dernière page de l'ouvrage : Simone Signoret et le jardin Casque d'or, je me dis : "pas mal" !

Seulement voilà, petit problème : le jardin n'est pas celui auquel l'on pouvait s'attendre !

Le site, choisi dans l'ouvrage, le jardin Casque d'or, est un endroit qui n'a rien du "grand lieu historique" et de surcroît pas très glamour … Ce jardin, situé rue Michel de Bourges, une rue trop bien rénovée, bordée d'immeubles sans charme … n'a en effet rien à faire avec l'amour impossible, marqué par le destin, que portent à l'écran Signoret et Reggiani …

On est bien loin du jardin de la maison de Leca et de ses apaches … et l'on aurait préféré que la grande comédienne fut associée au 44 rue des Cascades, au cœur du vieux Belleville, exactement là où fut tourné le film de Jacques Becker.

Encore deux petites remarques pour clore mes commentaires sur ce livre au final agréable et instructif.
Tout d'abord, on pourrait souhaiter que chacune des "femmes célèbres" ait eu droit à son portrait-photo, car si l'on n'a pas de mal à visualiser Edith Piaf ou Simone de Beauvoir, … il n'en va pas de même pour Olympe de Gouges, Bertie Albrecht et bien d'autres…

Enfin, il est dommage que la localisation des sites retenus ne figure pas sur les plans qui illustrent chaque arrondissement.

 

>> Paris des femmes célèbres, aux Editions du Chêne.

>> Le "vrai" jardin de Casque d'or, au 44 rue des Cascades.

 

 

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La condition urbaine - La ville à l'heure de la mondialisation.

15 Septembre 2011, 08:15am

Publié par barreteau

16 rue de Nantes - Paris 19ème. (juillet 1997)


Après Maurice Merleau-Ponty, Michel de Certeau, Georges Perec et Italo Calvino, Olivier Mongin s'intéresse à la ville à l'heure de la mondialisation.
Dans son ouvrage: "La condition urbaine", Mongin appelle à la réflexion : l’Urbain définit désormais notre "condition", la ville est devenue notre environnement "naturel" et les enjeux de société possèdent, inévitablement, une forte dimension urbaine.

Aujourd'hui, la "question urbaine" ne définit plus un domaine isolable. Elle n’est pas tout, mais elle est partout. Car avec la mondialisation, nous voilà projetés dans "l'après-ville ", dans le "post-urbain ".

A Paris, nous étions habitués à voir la ville comme un espace circonscrit par l'anneau du périph' et dans lequel se déroule une vie culturelle, sociale et politique rendant possible une intégration civique des individus ... Nous voici maintenant confrontés d'un côté à des métropoles gigantesques et sans limites, et de l'autre au surgissement d'entités globales, en réseau, coupées de leur environnement.

Parallèlement, la dynamique de la ville voit deux processus à l'œuvre: celle des quartiers en difficulté, mais aussi celle des retrouvailles d’une partie des "classes moyennes" avec la ville dense, un processus que l'on peut résumer par le terme, réducteur, de "gentrification".

Et c'est bien ces contradictions en mouvement, qui rendent passionnante l'approche de la ville aujourd’hui.

Mais la reconfiguration en cours suscite l'inquiétude : allons-nous assister au déclin irrémédiable des valeurs urbaines qui ont accompagné l'histoire européenne ?
La fragmentation et l'étalement chaotique vont-ils inéluctablement l'emporter ?
Sommes-nous condamnés à regretter le Paris des Lumières, la grande ville du 19ème siècle ?
A une époque où l'information s'échange immatériellement selon des flux plutôt que dans des lieux : comment, dans ces conditions, refonder un lieu urbain accordé à notre temps ?
Tel est le défi proposé par la mondialisation à Paris comme aux autres grandes métropoles.



>> La Condition urbaine, par Olivier Mongin.

 

 

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Mouss, 21 ans, hitiste ordinaire ...

11 Septembre 2011, 09:43am

Publié par barreteau

Hall de l'immeuble 5C, dans l'un des quartiers Nord de la capitale.
Mouss est au centre de l'image.


On les appelle les "hitistes", littéralement les "teneurs de murs". Leur  nom est dérivé du mot “hit” qui en algérois signifie “mur”.
Est hitiste, un jeune de sexe masculin, chômeur, adossé toute la  journée à un mur parce qu’il n'a pas plus d’espace personnel au domicile familial que d’espérance d’évolution dans la société. Le hitiste revient toujours squatter le mur nourricier qui l'a vu grandir, lui et ses congénères.

En ce matin d'hiver, je pars dans les quartiers Nord de la capitale, à la rencontre de jeunes en galère, collectionneurs au mieux de petits boulots et tous marqués par l’échec scolaire.

Je finis par croiser Mouss, 21 ans, qui cherche la voie qui lui permettrait de couper le cordon ombilical avec "les murs de chez lui" …

Mouss est là, depuis des années, du matin jusqu'au soir, avec ses potes hitistes. Collés au mur toute la journée, ils regardent passer la vie …

Mouss n'a jamais travaillé, n'a connu que l'ennui, le chômage, la petite délinquance aussi un peu… et les problèmes de logements: ils sont 8 dans le petit 3 pièces familial, … alors il est tout le temps dehors. Et il ne peut même pas déménager, "j'habite dans mes vêtements" dit-il, un brin désabusé.

Alors Mouss n'en peut plus, depuis des années et des années il veut partir … ailleurs, n'importe où, mais ailleurs, … là  où il y aurait des activités et des occupations autrement plus épanouissantes …
Mais il est où, cet ailleurs ?


>> "C'est déjà ça …"

 

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Paris, cité fantôme ?

7 Septembre 2011, 08:04am

Publié par barreteau

Rue du Docteur Paul Brousse Paris 17ème - "Boucherie fermée pour cause de santé"


La pénurie de logements à des prix abordables fait fuir le parigot de sa ville. Jadis, on "montait" de sa province à Paris pour y faire carrière. Désormais on y naît, puis on la quitte.

La ville a compté jusqu'à près de 3 millions d'âmes en 1921, record historique. En 2011, la population de Paris dépasse tout juste les 2 millions. Et la décroissance va se poursuivre car il faut s'attendre, dans les prochaines années, à un "double déficit migratoire": celui des "jeunes actifs de 25 à 39 ans" qui vont, de plus en plus quitter Paris, pour élever leurs enfants dans un environnement moins urbain, moins pollué et celui des seniors de 55-64 ans qui vont en partir pour passer leur retraite sous des cieux moins coûteux.

S'il s'avère que l'emploi et le cadre de vie sont les deux motivations déterminantes des Français pour choisir leur lieu de résidence, selon chacun de ces deux critères, la capitale tend à devenir dissuasive. Résider en Ile-de-France est bien plus souvent vécu comme une contrainte que comme un choix.

Désormais qui peuplent les quartiers "populaires" des 18, 19 et 20ème arrondissements, hormis une foule d'immigrés d'Afrique et du Maghreb ? Dans certains secteurs, il ne reste que les seniors peu fortunés qui n'ont pu fuir.
Mais depuis quelques années, de nouveaux contingents arrivent ici: ce sont les écolos-bobos qui trouvent ces quartiers si "authentiques" et tellement "tendance". Grâce à eux (ou à cause d'eux ?), Paris a su créer un contre-ghetto, là où certains quartiers de cette belle ville ressemblent à ceux du 9-3.

Certes le prix de l'immobilier est au firmament, certes trouver un logement en location à un prix décent est impossible, sauf pour les nantis et les fonctionnaires qui bénéficient d'avantages certains, mais il y a beaucoup plus grave: les commerces ferment en masse, l'activité est paralysée, le stationnement impossible et les embouteillages sont légions et gigantesques … tout cela ne va-t-il pas finalement, transformer Paris en cité fantôme ?

 

 >> Paris, n'est pas un musée.

>> Paris a-t-il perdu son âme ?

 

 

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Mémoires d'outre-tombe ... Issoire.

3 Septembre 2011, 08:31am

Publié par barreteau


Du 26 au 30 de la rue de la Tombe-Issoire, les façades des immeubles affichent, depuis déjà bien longtemps, des ouvertures murées de toute part.

Mais derrière ces murs aveugles, il y a pourtant quelque chose d'unique à Paris: la vielle ferme de Montsouris et ses 2700 m2 de terrain, … de quoi aiguiser l'appétit d'un promoteur.

De la ferme de Montsouris qui a fourni du lait frais aux Parisiens jusque dans les années 1930, il ne subsiste aujourd'hui qu'une grande cour avec une grange, et un cellier voûté.

Et sous la ferme,  il y a les carrières de Port-Mahon qui font partie de l'un des tous premiers circuits des catacombes de Paris. Et, c'est bien là "le hic" car le projet d’immeubles que le promoteur compte y construire se heurte jusqu’à présent à cet obstacle de taille : l’existence, sous l’intégralité du terrain, de carrières médiévales classées "Monument Historique".

Alors, défenseurs du patrimoine et promoteurs s’affrontent sur ce dossier immobilier depuis maintenant près d’une décennie. Et le bras de fer n'est pas près d'être terminé …

Le collectif d'associations, qui s'est formé pour défendre ce monument historique "rarissime", dénonce la "pseudo-restauration", proposée par le promoteur, qui servirait surtout à poser les fondations d'immeubles neufs. La juge des référés du tribunal administratif de Paris vient de lui donner raison le 13 juillet dernier, en estimant le projet "susceptible de porter atteinte à l'intégrité du monument".

Pour dénouer l'affaire, plusieurs propositions de rachat du terrain ont été faites au promoteur par diverses parties prenantes, en vue d'une restauration de la ferme Montsouris avec comme but final, celui de créer une ferme bio ou des équipements culturels.

Et maintenant, voilà que les "people" s'en mêlent, et parmi eux: Lorànt Deutsch dont l'amour pour Paris ne peut être mis en doute; mais que penser de son acolyte, chef au Meurice, qui prêche pour une ferme bio avec son bestiaire, le tout associé à un restaurant haut de gamme, … le fumier de l'étable va-t-il côtoyer le fumet des plats gastronomiques … ?

Finalement, le statuquo pourrait durer encore longtemps car le meilleur atout pour la défense du site reste sans doute son sous-sol, trop fragile pour supporter de nouveaux immeubles et dont le classement désormais définitif n'autorisera pas l'édification de fondations souterraines …

Issoire, ce géant de légende, dont la tombe serait située dans le secteur, serait-il en train de se rappeler à notre mémoire, en envoyant d'outre-tombe un message aux promoteurs : celui de passer leur chemin … ?



>> Site du collectif des associations de Sauvegarde du 26 rue de la Tombe-Issoire.

>> Lorànt Deutsch à la ferme …


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