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PARISPERDU

Les Frigos en "perspectives".

30 Mars 2008, 14:35pm

Publié par barreteau

 

 


Lorsque, tous les matins, les étudiants descendent la rue des Frigos qui les mène à l'Université, combien sont-ils à voir le vieux bâtiment entièrement recouvert de graffitis qui leur fait face ?

Quel regard portent-ils sur cet ancien paysage industriel qui peuple leur quotidien et qui aujourd'hui s'efface devant les grandes barres d'immeubles du treizième arrondissement parisien ?

C'est en partant d'un constat d'indifférence partagée entre les artistes des Frigos et leurs voisins-étudiants de l'Université Paris 7 Diderot - pourtant réunis par une même histoire, celle de leur patrimoine architectural et historique - que l'exposition "Perspectives" a été pensée.

"Perspectives" est une Exposition couvrant deux lieux distincts:
> Celui des Frigos, un ancien bâtiment frigorifique investi et réhabilité par des artistes et artisans depuis les années 1980. C'est aujourd'hui un lieu de création dynamique situé au 91 quai de la Gare, dans le 13ème, au cœur d'un quartier en pleine modernisation. Les palissades entourant temporairement le lieu, semblent délimiter une sorte d'îlot dont la visibilité s'en trouve réduite.
> Celui des Grands Moulins, autre élément du patrimoine industriel du quartier, qui a connu récemment une seconde naissance avec l'implantation de l'Université Paris 7. Celle-ci, ainsi que l'ensemble des activités voisines, occupent des bâtiments neufs, qui contrastent fortement avec les Frigos, dernier témoignage du passé industriel du quartier.
La singularité des Frigos et leur vitalité créatrice ont amené les organisateurs de l'exposition à des questionnements à la fois artistiques et sociologiques ayant comme point de départ la notion de perspective, et jouant sur la polysémie de cette notion pour concevoir l'exposition. Le visiteur pourra ainsi réfléchir au lien créé entre la perspective dans l'art, la perspective géographique, la perspective sociologique et la perspective des regards par rapport aux Frigos.

L'exposition "Perspectives" se déroulera du 31 mars au 12 avril 2008 dans le hall des Grands Moulins, grande salle entièrement construite en béton et agrémentée de colonnes, dont l'apparence rappelle l'architecture des Frigos. L'exposition en elle-même constitue un trait d'union entre les deux espaces.

Alors courrez vite au 91 quai de la Gare et aux 9-15 Esplanade des Grands Moulins ... pour une bonne visite en ... "perspective" ! 

>> Le site des Frigos.

>> L'Université Paris 7 Diderot.

>> Sur Parisperdu : "Les Frigos vont-ils être démolis ?"

>> Toujours sur Parisperdu : "Manu et ses copains "graffeurs" en action sur le site des Frigos".

>> Encore sur Parisperdu : "Des étudiants dans la farine ?"

 

 

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Garnis et meublés ... "Une chambre en ville" (3/3)

26 Mars 2008, 09:57am

Publié par barreteau


Grand Hôtel de Lyon, rue Jouye Rouve Paris 20e

Vu de la rue, le Grand Hôtel de Lyon fait "bien propre sur lui". A l'entrée, une plaque indique: " Chambres avec cabinet, confort moderne, prix modérés" ... De surcroît la marquise vitrée qui couronne, de son fer forgé, le hall d'entré apporte une note de bon standing.
Mais à l'intérieur, c'est une toute autre histoire ... les chambres sont dans un état déplorable, la modernité du confort laisse beaucoup à désirer et les prix n'ont rien de modérés ...

 
Finalement, une grande majorité des 889 hôtels meublés recensés dans la capitale sont dans la même situation, voire pire, que celle du Grand Hôtel de Lyon.
Alors, ces meublés douteux doivent-ils être fermés et remplacés par des résidences sociales ? Ou doivent-ils recevoir un coup de pouce financier pour se rénover ? La mairie de Paris a finalement choisi la deuxième option, en soulignant que la facilité d'accès est bien plus grande dans un hôtel privé que dans un hôtel social.

La Ville et l'Agence nationale de l'amélioration de l'habitat (Anah) vont donc subventionner (à hauteur de 1 million d'euros) quelque 80 hôteliers volontaires pour réhabiliter leurs établissements.
En contrepartie, l'hôtelier s'engage à plafonner le tarif de la moitié de ses chambres à 510 euros par mois, et à en réserver une partie pour une clientèle suivie par les services sociaux.

A Paris, "Garnis et meublés" vont-ils enfin se refaire une image honorable ?


>> Voir aussi : Garnis et meublés ... "Une chambre en ville". (2/3)

>> A lire aussi: "Une chambre en ville" par la sociologue Claire Lévy-Vroelant, éditions Créaphis.

>> Localisation des hôtels meublés parisiens. (PDF)

 

 

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Léa, Léo et le p'tit Lu.

22 Mars 2008, 08:41am

Publié par barreteau


Villa de l'Adour - Paris 19e

Il ne faut pas hésiter à pousser la grille qui isole la villa de l'Adour du reste de la ville, car ... vous allez alors accéder à un monde totalement suranné.
De petits immeubles des années 50 se font face, de part et d'autre de cette rue privée, et enserrent une longue cour pavée, coupée en son centre par un caniveau.


Pour les enfants de la villa, c'est là, un terrain de jeu idéal ... à l'abri des regards, en toute sécurité, loin de l'agitation du quartier.

Et en cette fin d'après-midi, seule, au centre de la cour ... Léa est là !
Elle pousse son landau miniature dans lequel se trouve Léo, son baigneur en celluloïd qui lui, doit bien avoir ... 30 ou 35 ans, c'est-à-dire 5 à 6 fois l'âge de Léa !

C'est l'heure du "quatre heures" aussi Léa grignote-t-elle avec appétit, un p'tit Lu ... en commençant, comme il se doit par les quatre "oreilles" du célébrissime biscuit nantais ...

Léa, Léo et le p'tit Lu, ce soir l'harmonie semble parfaite villa de l'Adour ... car ici, en modifiant à peine son appellation, on pourrait se croire: villa de l'Amour ...
 

>> Les quatre oreilles du petit LU.

 

 

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Garnis et meublés ... "Une chambre en ville" (2/3)

20 Mars 2008, 10:14am

Publié par barreteau


Hôtel de la Poste, 15 rue Julien Lacroix Paris 20e

A Paris, la panne actuelle des filières de logement social, aggravée par l'absence d'un secteur privé à bas prix, accessible aux familles à faibles revenus, fait "les choux gras" d'hôteliers aux méthodes peu scrupuleuses qui font monter les enchères vis-à-vis des associations humanitaires ou des pouvoirs publics ayant recours à leurs services ... faute de mieux !

On peut s'indigner, à juste effet, des sommes versées à des logeurs, parfois qualifiés de "marchands de sommeil", par des services sociaux, contraints aujourd'hui à se rabattre sur ce secteur délabré pour abriter des familles sans toit.
Certains drames, dont le plus terrible fut l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra qui fit 25 morts en avril 2005, ont attiré l'attention sur ces hôtels meublés souvent vétustes et surpeuplés, signe de la pénurie de logements pour les plus démunis.
Va-t-on enfin prendre des mesures pour améliorer la situation de ce secteur locatif objet de tant d'abus ... ?

A suivre sur Parisperdu ...

 
>> Voir aussi : Garnis et meublés ... "Une chambre en ville". (1/3)

>> Déjà dans Parisperdu:  "Marchand de sommeil".     

>> Déjà dans Parisperdu: "Le Grand Hôtel des Vosges, Passage Goix" 

 

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Les "Lieux retrouvés" de Parisperdu.

17 Mars 2008, 12:15pm

Publié par barreteau


Rue Gasnier-Guy, "Lieux retrouvés 001"

Un nouveau thème apparaît aujourd'hui sur Parisperdu, il est intitulé "Lieux retrouvés".
Ce thème qui pourra désormais être consulté en rubrique "Album' (en colonne de droite), montre des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc.

Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire.
En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles.

C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.


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Garnis et meublés ... "Une chambre en ville" (1/3)

15 Mars 2008, 09:37am

Publié par barreteau


Grand Hôtel du Lion d'or, rue Houdart Paris 20e
 

A Paris, les "garnis", à savoir les hôtels et les maisons meublées destinés à l'origine aux salariés modestes et aux ouvriers débarquant dans la capitale, sont devenus au fil du temps de véritables "bidonvilles en dur". Pourquoi une telle déchéance ?

Ce secteur des "meublés" a toujours dit la misère, mais il disait aussi l'hospitalité urbaine. C'était un moyen de trouver sa place dans la ville, avec la souplesse du gré à gré, la possibilité d'avoir la clé de sa chambre en cinq minutes.

Mais aujourd'hui, sous l'effet de la crise du logement, les "meublés" sont occupés par des personnes ou des familles en situation de grandes difficultés: femmes avec enfants en situation de rupture familiale, grandes familles immigrées pas toujours en situation régulière ...
Bloquées dans une vie au jour le jour, toutes ces personnes ont pour point commun leur précarité sociale et économique, à laquelle s'ajoute celle de leur logement.


Bref, une voie sans issue, ... mais un parcours à suivre sur Parisperdu.


>>
Le pôle national de lutte contre l'habitat indigne.
 

 

 

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Où sont passés les vrais gens ... ?

11 Mars 2008, 09:27am

Publié par barreteau


Le Piston Pélican - 15, Rue de Bagnolet, Paris 20ème :
Un
bar mi-tendance mi-classique.

Vingt ans après New-York, et dans le sillage de Londres, Paris n'en finit plus de redistribuer son espace, sa beauté ...
Pour voir de vrais gens, il faut maintenant aller rue Riquet, dans le 19ème ou dans quelques arrières cours, devenues rares, du 20ème.

A Paris, trouver de vrais gens est quelque chose de plus en plus difficile ...
Car le défaut majeur des empires et de leurs capitales est de rejeter toujours plus loin leurs forces vives. Elles sont finalement bannies des lieux, mises à l'écart ...
Les librairies, les bistrots n'en finissent plus d'être dévorées par les cafés high-tech et les boutiques de fast-food. Les ateliers d'artisans, les petits commerces ferment ... et leurs immeubles sont découpés en morceaux pour y installer des banques ou des lofts pour les néo-bobos.
Les jeunes bobos en kaki ont besoin de tranquillité. Pantalons troués et scooter certes, mais bonnes écoles et hauteur sous plafond pour mieux vivre.

Que de quartiers perdus, on étouffe dans cette nouvelle cité. Alors, on peut toujours envoyer les enfants à la campagne. Mais la campagne recule. De ce Paris perdu, qu'il nous est parfois possible de retrouver sur les images de Willy Ronis ou de Robert Doisneau ... il ne reste presque plus rien.
On pouvait pourtant y rencontrer de vrais gens qui vivaient petitement mais qui avait un cœur énorme. Pour eux pas de "méga-teuf" où il "faut être vu" pour pouvoir croire exister encore un peu  ... mais des fêtes bon enfant, des bals dans la rue, comme aux soirs des 14 juillet ...


Mais c'était au temps d'avant la victoire des marchands.


>> Sur Parisperdu : "Belleville, la belle ville de bobos".


>> Sur Parisperdu : "Bienvenue à Boboland".



  

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Boubat, la rétrospective.

7 Mars 2008, 10:11am

Publié par barreteau


Quai de l'Hôtel de Ville, Paris, 1947. ©Edouard Boubat

Je reviens de  la Maison Européenne de la Photographie de la ville de Paris, où j'ai passé une bonne partie de la journée à voir et à revoir la rétrospective d'Edouard Boubat. Un régal !
 
Grand voyageur, Prévert le qualifiait d'ailleurs de "correspondant de paix ", Boubat a aussi beaucoup photographié Paris dans les années 50. Un Paris perdu donc, mais vu par un maître de la photo, car Boubat n'avait pas son pareil pour capter de purs moments de poésie.

Dans les salles de la M.E.P, il faut dépasser le stade de la simple contemplation. Il faut surtout observer la maîtrise du cadrage et remarquer la lumière, ... la véritable signature d'Edouard Boubat.

La photo choisie ici, illustre parfaitement le Paris vu par Boubat : une vision qui au premier abord semble proche de celles d'un Doisneau, d'un Ronis ou d'autres photographes humanistes, mais en observant le cliché avec attention, on découvre le vrai regard de Boubat : un regard passionné pour le genre humain, mêlant simplicité et onirisme.

Un seul regret: le catalogue de l'exposition, un ouvrage de référence certes ... mais facturé 75 Euros.
Mais le vrai cadeau reste de pouvoir approcher toutes les composantes de l'œuvre de Boubat, de sa première photo en 1946 à ses dernières, peu avant sa disparition. C'était en 1999.

Alors, courez vite à la Maison Européenne de la Photographie ... avant le 30 mars 2008, date de clôture.

 


>> Edouard Boubat, "Révélations".

>> En savoir plus sur Edouard Boubat.

>> Boubat: première photo en 1946.

>> Boubat : portofolio.

 

 

 

 

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Le regard sur la ville.

3 Mars 2008, 09:06am

Publié par barreteau


Charonne, Paris 20ème : L'église et son cimetière.
 

Le regard de Parisperdu sur la ville est fait de déambulations, de flânerie et d'arrêts, de mouvement et de fixité, et surtout d'attention aux détails et aux changements.

La photo de ville dit que quelque chose, que quelque part "a été".  Car la photographie a à voir avec la mémoire, avec la perte, avec la disparition.
Photographier la ville, en étant contraint par les possibilités de recul en fonction de l'architecture, de l'urbanisme et des circulations, c'est d'abord choisir la "bonne distance" pour obtenir le cadrage souhaité mais aussi, le point de vue désiré.


Espaces à découvrir, espaces à conquérir, à construire aussi, lieux de l'évidence et du doute, lieux fragiles qu'évoque Georges Perec avec une pertinence rare dans les dernières pages d'Espèces d'espaces ou quand il aborde la notion de mémoire avec ses "Lieux stables".


Certains textes ouvrent une correspondance entre photographie et littérature. Des pages de Georges Perec bien sûr, mais aussi de Marcel Proust, et de bien d'autres auteurs ... dialoguent pleinement avec elle.
Des auteurs contemporains comme Annie Ernaux, Anne-Marie Garat, ou François Maspero, à la suite d'André Breton, composent certaines de leurs œuvres comme un dialogue entre la photographie et le texte.

Sans nécessairement publier de photographies dans le texte, d'autres auteurs lui donnent une place importante. C'est le cas pour plusieurs textes de Georges Perec - à nouveau. Car pour Perec, le texte et l'image se nourrissent réciproquement l'un de l'autre. Il construit des récits ou des protocoles à plusieurs voix qui se croisent, se mêlent, s'opposent pour produire du sens constamment renouvelé. On peut  sur ce thème, lire les extraits de "Je me souviens" et de "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien" qui montrent, qu'à quelques décennies de distance, les textes de Perec font pleinement écho aux photographies d'Eugène Atget.

De tous temps, des philosophes, des peintres, des auteurs, des cinéastes et des photographes, bien sûr, ont fait de l'image de Paris, de la promenade, de l'errance, de l'itinéraire urbain, de la curiosité pour les rues parisiennes et les endroits insolites, du souvenir pour des lieux disparus ou appelés à disparaître, la matrice de leur œuvre.


Parisperdu veut se reconnaître de cette filiation.


>> Même endroit, vu par Eugène Atget...

>> "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien" un film de
Jean-Christian Riff, d'après le texte de Georges Perec.


>> Démolition, reconstruction, la ville en chantier ...

 

 

 

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