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PARISPERDU

bistrots

Au Vieux Belleville.

4 Mai 2026, 08:23am

Publié par Pierre Barreteau

Le Vieux Belleville, 12 rue des Envierges 75020 Paris _ Photo© Bourgault (2022)

Tout là-haut sur la Butte de Belleville, Minelle prend chaque fin de semaine son accordéon. Et cela depuis 30 ans. Elle n'a pas son pareil pour faire chanter et danser les clients de cet authentique bistrot parisien qu'est le Vieux Belleville. Le dernier des bistrots-chantant de Paris. On y mange une cuisine classique, on boit des vins de pays, on fraternise avec ses voisins de table, on vibre au son de l'accordéon et on chante à tue-tête…

Vous ne connaissez pas les paroles des chansons ? Ce n'est pas un problème… on vous distribue des feuillets. C'est chaleureux et convivial, avec un brin de nostalgie. C'est aussi bruyant bien sûr, mais "Bella Ciao" ou "Sous les ponts de Paris" chantés par une salle entière accompagnée par Minelle à l'accordéon, c'est magique ! Immuable et indémodable. Il faut y aller au moins une fois dans sa vie. On en sort la voix cassée pour admirer le splendide panorama sur Paris du haut du parc de Belleville.

 

>> Minelle était déjà sur Parisperdu il y a 20 ans.

>> Minelle, Bella ciao, Restaurant Le Vieux Belleville, Paris 20ème

>> Le Vieux Belleville Restaurant Musette, site officiel.

 

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L'âme des bistrots.

9 Avril 2026, 08:34am

Publié par Pierre Barreteau

ZORBA, un bar emblématique de Belleville, 137 rue du Faubourg du Temple, Paris 10e

C'est un fait les bistrots parisiens se meurent. Alors que l’on comptait plus de 200 000 troquets en France dans les années 1960, le nombre de licences IV a depuis vertigineusement chuté pour difficilement atteindre les 40 000 actuellement.

Car ici, je parle des vrais bistrots, des troquets, des rades… évidemment pas des Starbucks ou autres "néo-cafétérias" tenues par des esclaves qui rêvent de l'American way of life.

Toutefois certains vrais bistrots résistent… surtout dans le nord de Paris, mais pas seulement. Hors du périph' la Seine-Saint-Denis est, pour les troquets, un haut lieu de la Résistance
Là-bas, il y a encore une foule de bistrots dans lesquels on peut rencontrer des gens de tous les peuples, de toutes les couleurs et de toutes les religions qui se foutent bien de tout ce qu'on dit sur eux et sur leur identité. Ils fraternisent jusqu'à ce que la bière ou le vin les fasse dérailler. Les patrons et les patronnes, parfois bourrus, y sont beaucoup plus attachants, que les belles filles et les beaux garçons des bars "branchés", qui viennent vous demander toutes les trente secondes si tout va bien.
Dans les bistrots, on sait vivre ; on ne sait que s'ennuyer dans les néo-cafés !

 

Voir aussi sur Parisperdu :

>> Les Rades.

>> Les Bistrots.

>>  L’âme des bistrots révélée par le photographe Guillaume Blot.

- LeZorba, mémoire des bistrots parisiens.

 

 

 

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Reste-t-il des bistrots à Paris ?

11 Janvier 2023, 16:07pm

Publié par barreteau

Le Vaudésir, 41 Rue Dareau, 75014 Paris

 

C'est un fait les bistrots parisiens se meurent. Car ici, je parle des vrais bistrots, des troquets, des rades… évidemment pas des Starbucks ou autres "néo-cafétérias" tenues par des esclaves qui rêvent de l'American way of life.

Toutefois certains résistent… surtout dans le nord de Paris, mais pas seulement.
Récemment, j'en ai découvert un dans le 13e arrondissement, qui a enchanté l'une de mes journées. Malheureusement, je ne pourrai vous en donner l'adresse car ce jour-là j'errai dans Paris sans prêter attention aux noms des rues.

Hors du périph' la Seine-Saint-Denis est, pour les troquets, un haut lieu de la Résistance comme l'était le plateau des Glières, en 1944.
Là-bas, il y a encore une foule de bistrots dans lesquels on peut rencontrer des "aristocrates des biberons", comme disait Huysmans. Et les paroles de ces Hercules de la bouteille pourraient figurer dans un film d'Audiard ou dans un bouquin de René Fallet. Ces gens de tous les peuples, de toutes les couleurs et de toutes les religions se foutent bien de tout ce qu'on dit sur eux et sur leur identité. Ils fraternisent jusqu'à ce que la bière ou le vin les fasse dérailler. Les patrons et les patronnes, parfois bourrus, y sont beaucoup plus attachants, que les belles filles et les beaux garçons des bars "branchés", qui viennent vous demander toutes les trente secondes si tout va bien.
Dans les bistrots, on sait vivre ; on ne sait que s'ennuyer dans les cafés !

 

>> Les bistrots sur Parisperdu.

 

 

 

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"Chez Victor", un dimanche à la campagne.

13 Novembre 2022, 18:37pm

Publié par barreteau

"Chez Victor", un dimanche à la campagne.

Bistrot-Guinguette "Chez Victor", Impasse Compans Paris 19e (1956) © Photo Willy Ronis

 

En partant de la place des Fêtes j'arrive au point le plus haut de la rue Compans. Était-ce là, le lieu ? Était-ce là l'impasse où Willy Ronis a photographié en 1955-56 le bistrot guinguette "Chez Victor" ?
Cette impasse aujourd'hui disparue, engloutie sous cinq énormes gratte-ciels, prenait-elle le tracé de la rue Eugénie Cotton qui justement contourne ces monstrueuses barres de béton surnommées dans le quartier : "Les Paquebots" ? Ou bien alors est-ce le monstre lui-même qui a tout englouti dans ses entrailles : l'impasse, la guinguette avec son zinc, ses jeux de boules et ses tables sous la tonnelle… ?

Willy nous dit que "de chez Victor, on avait une vision à 180 degrés : du canal Saint-Denis aux pistes du Bourget...". Par chance, il m'est aujourd'hui possible de grimper sur l'immense dalle sur laquelle reposent les barres tentaculaires du monstre froid de béton. Ainsi pourrais-je peut-être retrouver le point de vue de la guinguette ?

Et effectivement, le bistrot-guinguette devait bien se situer là, car sous mes pieds, s'étale le quartier de la Mouzaïa avec ses villas en impasse, puis à l'horizon, de l'ouest à l'est : la butte Montmartre, le canal Saint-Denis, les immeubles du Pré Saint Gervais... et, en me retournant, peut-être même verrais-je les pistes du Bourget ? Mais non car de nouveau, il est encore là..., mon regard butte sur l'énorme store vénitien que constituent les barres de béton... et je ne suis plus autorisé à accéder à la ligne d'horizon.

Les instants de grâce et d'insouciance que Ronis a connus ici, en haut de la rue Compans, sont désormais bien loin... Heureusement, il nous reste les clichés du maître : en noir et blanc et aussi en couleur. Ils nous permettent aisément d'imaginer ce lieu d'une quiétude alors toute campagnarde, dominant une ville qui n'en n'était pas encore vraiment une...

 


>> Le même lieu photographié en noir et blanc par Willy Ronis en 1955.

>> Ronis aime retourner sur les lieux de ses plus fortes émotions photographiques :
"Rue Eugénie Cotton, entre les immeubles neufs du haut de Belleville, Paris (1980) © Willy Ronis

>> "Chez Victor" déjà sur Parisperdu.

>> On a retrouvé Victor !

 

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Bistrot-bougnat hier, café-branché aujourd'hui.

1 Novembre 2020, 09:51am

Publié par barreteau

Bistrot-bougnat hier, café-branché d'aujourd'hui.

 104 rue de Bagnolet 75020 Paris

 

Aussi loin que l'on remonte dans la mémoire d'anciens parisiens encore vivants, il y a toujours eu un café-bistrot au 104 de la rue de Bagnolet.  A cette adresse, on a donc connu, de tout temps, un vrai bistrot, un café authentique, dans ce 20ème profond, loin de tout …

Le photographe Pierre Jahan qui dans les années 50 faisait partie du Groupe des XV, nous montre ici l'établissement en 1947. A l'époque le café faisait aussi hôtel et avait de surcroît une activité de bougnat puisqu'il vendait du bois et du charbon. Les bières de Neufchâteau, une brasserie vosgienne aujourd'hui disparue, avait alors fourni le store-banne à cet établissement.

Le bistrot-bougnat du 104 rue de Bagnolet est maintenant devenu "Le Gambetta". Il est toujours accolé à l'ancienne gare de la Petite Ceinture qui elle ne voit plus les trains, mais accueille désormais le café de "La Flèche d’Or".
Aussi ces deux établissements contigus se font maintenant concurrence à coups de programmes de concerts et de platines de DJ. Un autre monde dans un coin de la capitale, pourtant toujours aussi reculé …


>> Pierre Jahan dans le Groupe des XV en 1950 aux côtés de Robert Doisneau et de Willy Ronis, …

 >> Qu'est-ce qu'un bistrot authentique ?



 

 

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Avant / Après

25 Avril 2020, 11:37am

Publié par barreteau

Avant / Après

rue Bellièvre _Paris 13ème: Le Bar de la Poste (1996) et au même emplacement :  l'immeuble actuel.



Dans ce quartier, de petits immeubles ont longtemps accueilli bistrots et bars traditionnels. Tout cela a été rasé pour faire place nette à la ZAC Paris Rive Gauche et permettre l'édification d'énormes parallélépipèdes de verre et de béton.

Au rez-de-chaussée de ces horreurs, on trouve parfois un établissement censé remplacer le bar disparu. Mais ce ne sont que fast-food, lounge-bar, bar à Cocktails, after work, happy hours et tapas …

Bref, c'est la course à l'ultime mode, le surf sur la dernière vague. Tout cela certes dans une atmosphère festive mais aussi très superficielle … et bien loin des vieux rades du quartier où le coudoiement au zinc créait du lien social bien réel.

Ces établissements "ultimate fashionable" connaissent un "turn-over" important pour toujours faire croire que le client est bien dans le dernier lieu où il faut être, tout comme Twitter te fait croire que tu es une personnalité, Instagram que tu es un photographe et Facebook que tu as des amis …
Le réveil va être difficile !

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Rue du Chemin-de-Fer.

17 Novembre 2018, 09:14am

Publié par barreteau

 

Rue du Chemin-de-Fer.

Rue du Chemin-de-Fer _ Paris 19e arrondissement.

 

Lorsque vous arrivez à la marge de la marge, à l'extrême extrémité de Paris, dans cette bande de territoire, parfois appelée "la zone", vous êtes entre routes et habitations, entre Paris et banlieues, entre circulations et stations … Au regard s’offre alors un espace interlope à l'activité plus ou moins développée, à la fois séduisante et dangereuse, calme et violente, sublime et immonde …

Il en va ainsi de la rue du Chemin-de-Fer, une voie située dans le 19e arrondissement de Paris. Elle débute place Auguste-Baron, rencontre immédiatement l'avenue de la Porte-de-la-Villette, puis passe sous le périph' et se termine également rue du Chemin-de-Fer … mais à Pantin, car ces deux rues, qui portent le même nom, sont dans un exact alignement.

Côté 19ème arrondissement, le bar-restaurant au "Rendez-vous des Routiers" fait l'angle avec la rue Pasteur de Pantin, mais vu sa façade décrépie et lourdement taguée, on devine qu'il a accueilli son dernier routier il y a déjà fort longtemps ….

 

>> Environnement de la Rue du Chemin-de-Fer _ Paris 19e arrondissement.

>> Non loin de là, dans un environnement similaire : la rue de la Clôture.

 

 

 

 

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On a retrouvé Victor … !

12 Octobre 2018, 08:32am

Publié par barreteau

On a retrouvé Victor … !

"Chez Victor, bistrot guinguette, impasse Compans à Belleville, Paris, 1955 " ©Photo Willy Ronis

 

C'est grâce à Gilles LE PENGLAOU, éminent généalogiste (qui nous a malheureusement quitté l'an dernier), que nous en savons un peu plus sur la célèbre photo de Willy Ronis, intitulée "Chez Victor, impasse Compans".

Ses recherches généalogiques sur sa famille l'ont amené à Yvonne-Charlotte MULTINIER. Celle-ci se marie le 15 mai 1926 à Paris 19e avec Victor CARLI.
Elle est alors domiciliée 18, impasse Compans. Aussi, il y a tout lieu de penser que ce Victor CARLI est le patron de la guinguette "Chez Victor" située également au 18 de l'impasse et que Yvonne-Charlotte dite "Nenette", son épouse serait selon toute vraisemblance la dame que l'on voit derrière le comptoir (*), sur la photo de Willy Ronis.

Le généalogiste nous apprend aussi que Yvonne-Charlotte, née en 1903, est la cousine germaine de sa mère. Mais que cette dernière ignorait son existence.
Mais pour nous, les amoureux de Willy Ronis, on a retrouvé Victor … !

 

(*) J'ai appris récemment que la dame figurant sur la photo de Willy Ronis ne serait pas Nenette/Madame Victor mais serait plutôt Madame Pierre Matti, la patronne de la guinguette avant Madame Victor.

 

>> Chez Victor, déjà sur Parisperdu.

 

 

 

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Chez Charlette.

23 Avril 2018, 11:33am

Publié par barreteau

Chez Charlette.

11 rue d'Aligre, 75012 Paris, France 

Bien en vue dans l'un des angles dans la place du marché d'Aligre, "Chez Charlette" est sûrement le meilleur troquet du quartier. Si vous avez piétiné et arpenté le marché de long en large et sur une longue durée, c'est l'endroit idéal pour vous reposer. Et, si la météo le permet, la terrasse sera alors un délice pour vous.
Le dimanche midi, lorsque la journée est belle, en plein soleil, face à l'agitation des stands des maraîchers et grâce aux musiciens de rue, l'ambiance est garantie ! Après l'apéro, vous pourrez enchaîner avec l'un des deux plats du jour élaborés avec des produits en provenance directe des étals de la Place.
Bon et pas cher, c'est le slogan gagnant de "Chez Charlette".

 

>> Autres bistrots de Paris.

>> Il y a bistrots et bistrots ...

 

 
 
 
 

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Il y a bistrots et bistrots ...

12 Septembre 2016, 08:51am

Publié par barreteau

 

Le Café du Commerce, 13 rue de Clignancourt Paris 18ème

Lorsqu'on parle de bistrots, on est toujours un peu nostalgique. On a toujours ce curieux sentiment qui rend toute nouveauté suspecte. On se méfie du "concept", on craint le "toc", on subodore l'arnaque, et on a raison. Il y a peu de vrais bistrots car aujourd'hui, en ouvrir un ce n'est plus entrer dans le métier, mais faire un investissement. Et, avec la hausse du prix de l'immobilier, il est devenu impossible de vivre convenablement de la limonade si l'on n'a pas de gros capitaux ou un vieux tonton millionnaire.

Aussi désormais, la plupart des patrons de cafés sont des gérants ou des employés et se soucient de la clientèle comme d'une guigne. Ils ne parlent pas, ne paient le coup à personne et considèrent que le client est roi aussi longtemps qu'il casque et qu'il la ferme. Et surtout, ne me parlez pas des enseignes maudites, des "néo-cafétérias", qui sont tenues par des esclaves qui rêvent de l'American way of life. Mais où sont les neiges d'antan ?

Et pourtant, comme disait Antoine Blondin : "Le zinc est le seul métal conducteur d'amitié".




>> Les bistrots parisiens sur Parisperdu.

>> Qu'est-ce qu'un bistrot authentique ?

 

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Ils ne savaient pas pourquoi ils l’aimaient leur quartier.

8 Juillet 2016, 17:53pm

Publié par barreteau

Ils ne savaient pas pourquoi ils l’aimaient leur quartier … 
20, rue de Crussol Paris 11ème (juin 2015)

 

Ici, dans les années 70, rue de Crussol ou rue du Grand Prieuré, non loin du marché Popincourt et à deux pas de République, c'est encore comme un coin de province endormi.

Ce jour-là il fait gris sur le boulevard Voltaire et il commence à pleuvoir. Au métro Oberkampf se dégage l’odeur indéfinissable du pavé brillant sous la pluie.

Chez Marinette, un bar sans prétention, les clients se connaissent tous un peu. Au petit matin, sous le regard déjà vif de la patronne, les tuyaux chromés de la grosse machine à expresso crachent le café brûlant aux lève-tôt du boulot. Et parfois, le calva est caché dans la tasse chaude… Un peu avant treize heures, les artisans, les commerçants, les filles du salon de coiffure, les jeunes "arpètes" provinciaux hébergés dans les meublés du quartier… tous viennent ici manger les œufs durs-salade et le hachis Parmentier de Marinette.

A la fin du repas, les rires débordent dans la petite rue… Ils ne savaient pas pourquoi ils l’aimaient leur quartier puisqu’ils n’avaient même pas fait philo… On ne leur a rien demandé, ils n'ont rien vu venir mais maintenant, il a bien changé leur quartier. Désormais, de l'autre côté du carrefour, boulevard Voltaire, à la place du bar de Marinette, Planet Sushi étale ses scooters bleus et ses néons roses…

 

 

>> Oberkamp est aujourd'hui le paradis des Cafés bobo …

 

 

 

 

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"Ground Control", du rêve à la réalité.

14 Septembre 2015, 11:17am

Publié par barreteau

"Ground Control", du rêve à la réalité …

Le Ground Control a pris ses quartiers à La Chapelle (Paris XVIIIe) jusqu'au 15 octobre 2015.

 

L'an dernier le bar éphémère "Ground Control" avait ouvert sous la Cité de la mode et du design dans le 13ème. Cette année, c'est le 26 ter rue Ordener dans le 18ème qui accueille ce concept hybride où se donne rendez-vous un public dit "décalé", underground, hypster et bobo en version postindustrielle.

Le mur de la rue Ordener totalement "graffé" et dont on ne voit pas la fin débouche sur une palissade grillagée et un portail surmonté de l'inscription Ground Control. Il vous faudra descendre un escalier pour avoir accès à un autre monde : l'ancien dépôt SNCF de la Chapelle, traversé de rails dans tous les sens. Ici, dans un passé pas si lointain, les trains et les locomotives venaient se faire réparer dans des ateliers centenaires aux volumes vertigineux.

Les anciennes voies de chemin de fer sont maintenant encombrées de sièges et de transats où l'on sirote des pintes. Aussi improbable que cela puisse paraître, on joue à la pétanque et au mölkky (jeu de quilles finlandais) entre les rails. La musique est forte mais curieusement n'incite pas à danser.

Un préau - aménagé avec du mobilier d'école rétro et de lampions de fête foraine - propose un atelier où l'on fabrique des bijoux, un "nail truck", des tatouages éphémères, un brocanteur où l'on chine des vinyles et une boutique de vêtements. Il y a aussi un coin restauration, où l'on peut manger des burgers, des hot-dogs ou encore des pizzas et des pâtes. On y sert aussi des planches de charcuterie.

Plus loin, c'est un simili-coin de campagne qui a été aménagé avec un poulailler et un potager d'agriculture urbaine, bio évidemment !

Mais, avec en point de mire une forêt de caténaires et de pylônes de lignes à haute tension, au bout d'un moment, à cette adresse tout de même très excentrée, on ne sait plus très bien où l'on est. Et c'est là que l'intitulé du lieu nous revient en écho: Ground Control ne se réfère-t-il pas à Ground Control to Major Tom, de David Bowie? Où l'on apprend que "Major Tom" est un surnom pour la cocaïne qui permet de perdre le contrôle de son corps et de ses sens …

Mais, en fixant l'arrière plan du site, vous êtes subitement ramené au monde réel lorsque passent RER, Thalys et autres TER …

 

 >> L'entrée du "Ground Control" au 26 ter rue Ordener Paris 18ème.

>> Ground Control, Site officiel.

>> "Ground control to Major Tom" de David Bowie.

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Le génie populaire en action …

22 Juillet 2015, 08:39am

Publié par barreteau

Le génie populaire en action …

Christian Pereira et Didier Bénureau dans le film "Brèves de comptoir" de Jean-Michel Ribes (2014)

Dans les bistrots, les troquets, les rades … enfin, dans les vrais établissements, les "piliers de bar" ont de tout temps délivré des conversations pour le moins imagées. Ils ont même créé un certain genre de comédie à mi-chemin entre le théâtre de rue et la farce "pathelinesque", ce sont: les brèves de comptoir. C'est un drôle d’opéra parlé fait de pensées frappées au coin du bon sens et du plaisir d’être ensemble, … le génie populaire est en action.

Si vous voulez participer au spectacle, une fois à l'intérieur du bistrot, il faut choisir sa table, idéalement dans un angle de la salle, mais assez près du zinc afin de pouvoir écouter et observer les figures locales qui se relayent ici pour prendre leur quart …

Jean-Marie Gourio s'est fait un devoir de collectionner ces "brèves", pour qu'elles restent à jamais dans le Grand Livre de la Littérature française. Jean-Michel Ribes en a même fait un film …

Pourtant aujourd'hui, soumis à des contraintes diverses, peu de bistrots peuvent rester dans leur "jus" et beaucoup ont rendu les armes à la branchitude ambiante et là, les brèves de comptoir se font plutôt rares ….

Alors pour ceux qui ne peuvent plus se coudoyer avec la clientèle "experte es Brèves de comptoir", on vous en livre quelques unes, parmi nos préférées:

- "Tu sors du ventre de ta mère, après, c'est toute une vie à te reloger".

- "Le problème du cadre de vie, c'est qu'il n'y a pas de toile de vie à mettre dans le cadre".

- "On a beaucoup moins de voisins dans une ville que dans un village".

- " Le naturisme, sur le dépliant c'est des jeunes filles à poil sur la plage mais quand tu y es, c'est que des retraités de la SNCF".

- "Y faudrait un distributeur d'apéros dans le mur pour quand ça ferme, pareil que les banques".

- "Les Arabes ne boivent pas de vin, résultat, ils ne s'intègrent pas".

- "Au pôle Nord, au pôle Sud, à l'équateur, l'homme s'acclimate partout, il n'y a qu'en banlieue qu'il ne s'acclimate pas". 

… et un petit dernier pour la route :

- "Obama, le pauvre il a déjà des cheveux blanc, Bah y sera pas resté noir longtemps celui-là".


>> Les bistrots de parisperdu …

>> Qu'est-ce qu'un bistrot authentique ?

>> Brèves de comptoir, le film.

 

 

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Robert Giraud, prince de la nuit d'un Paris disparu.

5 Octobre 2014, 15:51pm

Publié par barreteau

Dans un bistrot de la rue Mouffetard, Robert Giraud (à gauche) en  discussion avec le clochard Pierrot la lune. © Olivier Bailly.

Est-ce que Parisperdu pouvait ignorer l'homme que fut Robert Giraud: écrivain, journaliste, poète, lexicologue … et, à sa façon, expert d'un Paris disparu ?

En parcourant le formidable blog d’Olivier Bailly, la réponse fut claire et nette : je me devais d'en parler.

Robert Giraud, disparu en 1997 fut un drôle de passager de la nuit, fréquentant assidûment les meilleurs bistrots de la capitale, pas forcément les plus rutilants, mais sûrement les plus chaleureux. Des enseignes aujourd'hui disparues ou pire, dévoyées par la "branchitude" …
Seul le bar "le Vin des rues", baptisé ainsi en hommage à son livre le plus fameux, est encore là pour entretenir sa mémoire.

Robert (Bob) Giraud a toujours vécu librement parmi le peuple parisien. Il arpentait ce Paris d'hier, un Paris "fragile", un monde en train de mourir dont il poursuivait les fantômes : clochards, filles de joie ou petites gens au grand cœur… mais il entrainait aussi avec lui les "monuments" que sont Jacques Prévert et Robert Doisneau pour lesquels il a été un peu comme les "traffichini" de Naples, ceux qui vous ouvrent les portes... Il les conduisait auprès du petit peuple des nuits de Paris qu'il connaissait, mieux que quiconque et qu'il comprenait mieux que beaucoup car Robert Giraud avait, lui aussi, connu la misère.

Dans ce Paris méconnu, ce Paris à la marge, il mène des enquêtes pour "Détective" ou "L’Intransigeant". Il en sortira aussi un livre, "Le Peuple des berges", qui prend aujourd’hui une valeur particulière tant il raconte un monde qui n'existe plus. Un monde que l’on qualifiait alors de pittoresque, que l’on photographiait comme si la misère pouvait être décorative. Les portraits qu’il en ramène sont ceux d’un autre temps et d’une autre société, celle des bas-fonds où règnent les verres de gros rouge … le vin, sérum de vérité, qui délie bien des langues.
Il nous raconte alors les histoires d’un Paris perdu, d’un Paris insolite sur le ton d’une simple conversation et avec le langage des rues mal éclairées.

Merci Monsieur Bob et merci aussi à Olivier Bailly de nous faire revivre ces tableaux uniques de la Grande comédie humaine.


>> Pour en savoir plus, voir l'ouvrage d’Olivier Bailly consacré à Robert Giraud, alias l'ami Bob, alias le copain de Doisneau, alias le camarade de Prévert …

>> Le bistrot "Au vin des rues" 21, rue Boulard _75014 Paris.

 

 

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Querelles de zincs.

15 Septembre 2014, 09:38am

Publié par barreteau

La "Mer à boire", devenu le "O'Paris" au 1 rue des Envièrges Paris 20ème (Juillet 2013)

C'est une querelle à l'ancienne, émaillée d'invectives lancées à la nuit tombée, de vitres brisées et d'échanges de tags vengeurs. Dans le quartier de Belleville-Ménilmontant se joue en effet une drôle de bataille de bistrots, brossant en filigrane les transformations que connaissent la capitale.

Car là-haut, la gentrification ne cesse de gagner du terrain, creusant le fossé entre des populations installées de longue date - qui voient le prix des loyers s'envoler - et les nouveaux arrivants: bobos et autres hipsters.

 

Et les quelques propriétaires de bars historiques du coin ont vu d'un mauvais œil l'arrivée de cafés à la mode, fréquentés par une clientèle jeune et cosmopolite - tel le "La mer à boire",  rue des Envièrges, ouvert en 2009  et devenu depuis le "O'Paris".
Des Cafés-Bars qui répondent aux canons de la mode qui prévalent aujourd'hui à Paris.

Mais les bistrots traditionnels dénoncent la méthode "façon cheval de Troie" des nouveaux arrivants qui se présentent souvent comme de petits entrepreneurs modestes et sans le sou alors qu'ils investissent des sommes énormes dans ces nouveaux établissements.
 

Et, derrière la guérilla des bars, où chaque zinc cherche à dézinguer son voisin, se profile le débat sur le prix de l'immobilier à Paris, car les loyers continuent de flamber. En deux ans, dans certains secteurs de Belleville, ils ont augmenté de 40 % !

Dans les quartiers Est de la capitale, la zizanie dans les zincs est maintenant bien établie … la querelle des anciens et des modernes n'est pas près de cesser.

 

>> Voir aussi : "Balade hors des sentiers battus ..."

 

 

 

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