Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU

bistrots

Avis de décès.

25 Janvier 2011, 08:57am

Publié par barreteau

 "Au Bon coin", à l'angle de la rue de la Duée et de la rue Pixérécourt, Paris 20ème


A Paris, des petits bistrots et des restaus à l'enseigne du "Bon coin", il y a en presqu'un par arrondissement.

A la jonction de la rue de la Duée et de la rue Pixérécourt, celui-ci avait beaucoup de charme car il occupait l'une de ces maisons d'angle, si caractéristiques de l'ancien village de Ménilmontant.

Jusque dans les années 90, ce "Bon coin" était un havre de paix et de convivialité. La cuisine servie ici, était familiale et copieuse, et pour quelque 7 ou 8 euros vous pouviez vraiment vous régaler. En été, prendre un verre là, sur sa mini-terrasse en légère pente, était une expérience unique. Certes l'établissement n'était pas luxueux, loin de là, mais les deux vases en fonte qui surplombaient la façade lui donnaient une petite touche "versaillaise", un supplément de grandeur ...

Puis les clients se sont fait rares dans ce coin reculé du 20ème arrondissement et un jour, le bistrot ferma définitivement ... Une pizzeria vint s'installer là quelque temps, le gérant repeignit la façade d'un rouge criard qui n'avait pas sa place ici. On se doutait bien que la Pizzeria Virginia ne ferait pas long feu ... et effectivement, elle baissa le rideau assez rapidement.

Aujourd'hui, le "Bon coin" est mort, l'avis de décès a été publié et, depuis longtemps déjà, il a abandonné ses fonctions commerciale et sociale.

Des bobos à l'affût de ce type de local ... "si authentique, si tendance", ont transformé le bistrot en une habitation atypique, le genre de logement qu'ils aiment entre tout.
Et aujourd'hui, quand je repasse dans le "coin", je ne retrouve plus rien de "bon" ...

 

>> L'éphémère Pizzeria Virginia

 

 

Voir les commentaires

A la découverte de Belleville et de Ménilmontant.

19 Avril 2010, 08:50am

Publié par barreteau

Le café Lou Pascalou, 14 rue des Panoyaux 75020 PARIS

 

Hors des sentiers battus, il existe un Paris méconnu, bien loin de la Tour Eiffel et du Quartier Latin … A Belleville, à Ménilmontant, c'est une vision différente de Paris que je vous propose de découvrir.

 

Belleville et Ménilmontant étaient autrefois des villages, de vrais coins de campagne. La rue des Panoyaux par exemple, tire son nom de son ancienne activité viticole, on y cultivait des raisins sans pépins.
A la fin des années 70, les émigrés chinois s’installent progressivement à Belleville, un  quartier qui possède alors une très mauvaise réputation. On y laisse en effet s’abîmer le bâti  pour pouvoir tout raser et reconstruire. On y trouve alors de nombreux logements vides, une multitude de magasins et d'ateliers fermés.

 

Aujourd'hui, ces quartiers populaires sont parmi les plus cosmopolites de la ville, et une balade urbaine dans ces anciens villages met en valeur toute leur diversité  ethnique, culturelle ... Ainsi à Belleville, on a  récemment recensées plus de 80 ethnies dans une seule et même école ! Au détour d’une rue, on peut découvrir un berbère qui vend de la viande hallal à côté d'une épicerie dédiée aux produits d’Europe de l’Est… car nord-africains et  ex-yougoslaves étant maintenant nombreux, les commerces s’adaptent naturellement aux besoins du quartier.

 

Diverses cultures donc, mais pas forcément de mélanges car les communautés vivent souvent côte à côte dans un respect mutuel réel , mais sans pour autant se fréquenter.

Pourtant, certaines initiatives voient le jour pour apaiser de potentielles tensions intercommunautaires. Ainsi, le café Lou Pascalou qui trône sur une petite place aux allures d’arrière-cour, œuvre pour la cohabitation pacifique des cultures et des religions du quartier. Après le "11 septembre 2001", le patron kabyle, sentant la tension monter, s’est mis à organiser des repas entre les différentes communautés afin de favoriser le dialogue.

 

Mais c’est surtout l’énorme Eglise Notre-Dame de la Croix, entre Ménilmontant et Belleville, qui impressionne. Pendant la période des fêtes, un marché de Noël coloré s’installe sur le parvis. En haut des marches brûle un feu de bois et des musiciens noirs jouent des airs venus d’Afrique, ajoutant une touche de chaleur à l’air frais de cette fin de mois de décembre.

 

Belleville est à elle seule une invitation au voyage. Ici, les noms parlent d’eux-mêmes. On se promène à travers le quartier de la "petite Tunisie", et la rue du Sénégal et son foyer, qui accueille les immigrés africains, se trouve non loin de la synagogue de la rue Bisson.

Aujourd'hui, nous sommes samedi et, sur le boulevard de Belleville, les commerçants juifs sont absents comme tous les jours de shabbat. Mais sur le trottoir d’en face, le côté musulman bouillonne, de même que, un peu plus haut, le quartier chinois, tenu par ceux que l’on appelle les "bananes", les immigrés asiatiques de la deuxième génération, réputés pour être jaunes à l’extérieur et blancs à l’intérieur.

 

Au cours de cette enrichissante balade, c’est donc un Belleville multicolore que vous apprendrez à regarder, à sentir vivre, un quartier où souvent beaucoup n'osent pourtant pas s'aventurer. Alors n'hésitez plus à cheminer dans ce Paris dépaysant, hors des sentiers battus, par les rues et les ruelles de Belleville ou de Ménilmontant …



>> "Belleville embarquement immédiat".

>> "Le Petit miracle de Belleville".

>> "Les hauts quartiers de l'Est parisien font de la résistance.

>> "En redescendant des hauts de Ménilmontant."

 

Voir les commentaires

Tendance Oberkampf.

14 Avril 2010, 08:34am

Publié par barreteau

96 rue Oberkampf - 75011 Paris

 

Dans la journée, avec son décor dans le style "authen-toc", "Chez Justine" pourrait vaguement faire penser à une paisible auberge, non loin de la quasi-campagne du Père Lachaise. Mais lorsque commence la soirée, l'établissement prend un tout autre visage : la musique devient alors omniprésente, propulsée par 16 enceintes et pilotée par un DJ, fidèle à son poste ... tous les soirs.


En fait, "Chez Justine" est un bar comme il en existe des dizaines dans ce quartier jeune, branché où vous avez l'embarras du choix entre les endroits surpeuplés, tendance artistes et bobos, les bars branchés techno ou jungle avec décor en matériaux de récup' et tout un panel d'établissements aux ambiances dites "lounge", … et j'en passe.

 

Pour les riverains, dire qu'il y a des nuisances nocturnes à Oberkampf, est un doux euphémisme ! Ces riverains qui prétendent vouloir dormir la nuit, refuseraient donc le pittoresque parisien... ? 

 

Pour vous faire un avis objectif, allez donc faire un tour, la nuit, dans le quartier Oberkampf.
Tout d'abord, vous constatez que cette multitude de cafés sont si petits que la moitié des consommateurs sont sur le trottoir. Pire, à croire qu'il n'y a pas de toilettes dans ces établissements, tant il faut voir nos jeunes, accroupies pour les unes, debout pour les autres en train de se soulager entre les voitures  !!

Et, que penser aussi de ces "binge drinking", ces bitures express parfois au bord du coma éthylique, qui sont couramment pratiquées ici ?
Pas pittoresque non plus les altercations, les beugleries, les cris dans la nuit, … ?

 

A croire que les riverains, qui de plus en plus s'associent pour se défendre, trouvent tout cela plus pathétique que pittoresque !

 

 

 

>> Voir aussi "Paris by-night" ou Paris est-elle la capitale de l'ennui?

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Tout le monde déteste les parisiens.

21 Mars 2010, 09:31am

Publié par barreteau

Quartier de Belleville. Paris 20ème

 

Aujourd'hui il y a autant de catégories de parisiens que d'arrondissements: bohèmes ou populaires, plus ou moins chics, plus ou moins colorés …

Pour ma part, je suis très attaché à Belleville dont j'apprécie les bars, les petits restos sympas et les salles de concert sans chichis.

 

Mais l'âme de Paris est morte depuis que la couche populaire a été mise à la porte. Et je me demande parfois si Paris n'est pas devenu une boutique de luxe fréquentée par des bobos snobinards, ou d’ex-provinciaux oisifs ou surbookés mais qui trouvent tout de même le temps et l'argent pour courir les cantines de luxe et les spas "de rêve"….
Quand, je vois tout ça, je finis par croire que nous ne parlons pas de la même ville.

 

Fini le titi parisien, finies les concierges parigotes, finis les voisins qui spontanément vous donnent un coup de main, finis les coiffeurs de quartier et les "bistrotiers" qui s'intéressent à vous et peuvent vous "tenir le crachoir" pendant des heures …

Pas étonnant qu'ensuite, tout le monde déteste les parisiens...


"Parigots, têtes de veaux; parisiens têtes de chiens" … peut-être … mais, pour les néo-bobos de Paris une chose est sûre: la ringardise est l'avenir inéluctable de leur "branchitude".

 

 

 

 

>> "Bobo attitude", les bobos sur Parisperdu.

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Au bar de la Marine .

1 Mars 2010, 09:45am

Publié par barreteau

A l'angle de la  rue Fulton et du quai d'Austerlitz - Paris 13ème– octobre 1995.

 

 

Jusqu'en juin 2000, se tenait-là, le bar de la Marine, un bistrot fréquenté autrefois par les "Mariniers". Son comptoir, en véritable zinc, était décoré d'une guirlande de raisins et la même frise courait sur l'immense glace du fond de la salle. Dans un aquarium encastré au mur, nageaient de petits poissons de Seine, un don de mariniers et d'agents de la fluviale.

 

Ce bistrot de Paris, rebaptisé un temps "Bar de la NEVY" (sic), a survécu jusqu'à l'arrivée de l'opération "Paris Rive Gauche", car nous sommes-ici dans le secteur Austerlitz-Nord de la célèbre ZAC. Là a surgi, il y a une dizaine d'années, un nouveau front de Seine composé essentiellement d'immeubles de bureaux, des bâtiments à l'architecture soignée mais sans beaucoup d'âme.

 

La nouvelle avenue Pierre-Mendès-France, une triste rocade qui prolonge la colossale avenue de France, surplombe d'une dizaine de mètres le quai d'Austerlitz et tourne le dos à la Seine pourtant toute proche. Aussi, pour les piétons qui auraient l'idée saugrenue de vouloir s'aventurer jusqu'au fleuve, il a bien fallu réserver quelques ouvertures à travers la muraille d'immeubles. On les a équipées d'escalators, d'ascenseurs et de deux escaliers baptisés Edmond Flamand et Fulton. Bonjour la poésie des bords de Seine …

Le Bar de la Marine, qui avait encore des allures de guinguette, une clientèle populaire, gouailleuse et "qui faisait époque",  n'avait donc plus rien à faire ici.
Il fut rasé sans autre forme de procès !


 

>> Voir aussi dans Parisperdu, un autre bistrot de Mariniers, le Bar "Le Pont tournant".


>> Panorama d’aujourd’hui, à l'angle de la  rue Fulton et du quai d'Austerlitz.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Paris by-night.

13 Février 2010, 10:41am

Publié par barreteau


Les fêtards de la nuit se plaignent. La vie nocturne serait en train de mourir à Paris. Technopol, une association de "clubbers" cherche à mobiliser le monde de la nuit autour d'une pétition en forme de cri d'alerte. Son slogan: "La nuit meurt en silence", agrémenté d'une affichette tendant à montrer que la vie nocturne européenne est maintenant à rechercher à Londres, à Barcelone, à Prague ou à Berlin …. mais en aucun cas à Paris.

Le fait n'est pas nouveau. Déjà dans les années 90, Manu Chao et la Mano Negra, dans une chanson intitulée "Ronde de nuit", nous ne nous disaient-ils pas : "Au cœur de la ville endormie reposent des millions de gens soumis, sans personne pour hurler la nuit …"?

Ah, il est loin le bon temps des boites à Pigalle (le Bus Palladium, en tête), avec tout le monde mélangé : noirs, arabes, juifs, gays, et tous les autres … Maintenant, chaque communauté a ses endroits ghettos et … t'as pas intérêt à te tromper d'adresse !
Au lieu du vivre ensemble, nous choisissons l'entre soi.

Mais aujourd'hui, la situation s'est compliquée et les exploitants des "boites de nuit" disent ne plus pouvoir supporter les pressions qu'ils subissent dans la gestion des problèmes de nuisances sonores. Car comment concilier, en ville, la tranquillité des uns avec l'activité des autres ?

Plus récemment encore, la situation s'est à nouveau dégradée avec la mise en œuvre de la loi anti-tabac qui a poussé une partie du public à passer beaucoup de temps à l'extérieur des établissements, cette occupation des trottoirs troublant encore plus le voisinage.

Des fermetures administratives, provisoires ou définitives, en ont résulté et les pertes de licence ou d'autorisation de nuit (au-delà de 2h) sont nombreuses, sans parler des amendes parfois très lourdes.

Ce n'est donc pas la première fois qu'on annonce la mort imminente de la nuit parisienne.
Mais la fête n'est pas la seule façon de se divertir, et il y a une vie nocturne parisienne hors des clubs et autres boîtes.  "Paris capitale de l'ennui", ne serait-il pas le sentiment de professionnels en mal de recettes, et de "clubers" blasés qui ne vivent que dans le monde illusoire et superficiel des fêtes où avant tout, il faut être vu ?

Il y a tant d'autres choses à faire à Paris, d'autres lieux à fréquenter, de jour comme de nuit : des restos, des troquets, des concerts, des théâtres et des cinémas ou plus simplement des balades urbaines où l'on peut savourer la blancheur de la nuit parisienne.

Celui qui n'est jamais rentré au petit matin, lorsque les premières lueurs du jour commencent à se  mélanger à celle des réverbères, assis à l'arrière d'un taxi fonçant dans des avenues désertes, avec en fond sonore Jacques Dutronc et les notes aigrelettes de la flûte traversière jouant "Il est 5 heures Paris s'éveille", celui-là ne peut pas comprendre la magie de l'instant, … la magie d'une nuit à Paris.



>> Manu Chao et la Mano Negra : "Ronde de nuit".

>> Paris Nightlife , le nouveau portail Internet la Mairie de Paris.

>> Jacques Dutronc : "Il est 5 heures Paris s'éveille".



 

Voir les commentaires

Balade hors des sentiers battus (1/3)

11 Juillet 2009, 08:53am

Publié par barreteau

Bar "Le Pont tournant", Angle du quai de Jemmapes et de la rue de la Grange aux Belles.
Paris 10ème – 1996


Paris est un réservoir infini d'images et de sensations. Pour vous en abreuver, il vous faudra l'arpenter d'ouest en est, du nord au sud, marcher sans cesse pour espérer, tel Léon-Paul Fargue, devenir un véritable "piéton de Paris", et peut-être alors pouvoir suivre ses fantômes.

Au cours de ces promenades, le marcheur va s'imprégner d'un parfum rare, un peu celui des photos de Doisneau ou de Willy Ronis, celui du promeneur résolu à prendre son temps et à ouvrir grand les yeux.
Voici l'exemple d'une balade parisienne hors des sentiers battus... lors d'une journée bien remplie :

Paris, un jour de juillet.
Départ, 6 heures du matin.

Un plan de Paris en poche, vous éviterez les coins trop fréquentés : Saint- Germain, les Champs, le Trocadéro, ou trop chics, Passy, le Marais ...
Vous foncerez plutôt, face au soleil levant, en direction des hauts quartiers de l'Est parisien.

Dès que vous aurez atteint le canal Saint-Martin, il conviendra de mettre votre esprit en éveil, de guetter le plus humble détail, chaque cillement des paupières lourdes de la ville encore endormie. Là, vous pourrez contempler les couleurs fauves de l'un de mes paysages parisiens de prédilection, cher aussi à Eugène Dabit, peintre et auteur de L'Hôtel du Nord. Vous longerez le canal, vous l'enjamberez par ses passerelles aériennes, vous écouterez le bruit de l'eau s'échappant des écluses et admirerez la majestueuse courbe de cette voie argentée …

N'hésitez pas alors à pénétrer au "Bar du Pont Tournant", un des cafés encore fréquenté par les mariniers. Là, malgré l'heure matinale, les marmites de moules-frites, se vident aussi vite que les ballons de blanc. Un rouquin barbu m'apostrophe dans une langue que je ne comprends pas, en m'adressant un clin d'œil appuyé. Plus loin, vous devez pouvoir assister au même genre de spectacle dans les cafés, les brasseries, les troquets et les bistrots qui se font face de chaque côté du canal, juste avant le bassin de La Villette et sa jonction au canal de l'Ourcq.

A suivre...
 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux"


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Etrange banalité ...

2 Juillet 2009, 08:22am

Publié par barreteau

Rue Myrha - Paris 18ème

 

A la sortie des bistrots, malgré la nuit, la lumière est à son intensité maximale, elle explose de tous côtés … Elle s'étalera sur toute la surface de la photographie et les plus fins détails percuteront le devant de la scène.

Les hommes, toutes générations confondues, sont ici les plus nombreux. En attente, solitaires ou par petits groupes de deux ou trois, ils sont seuls dans la cité qui les entoure, perdus dans la ville, perdus dans la vie.

Ces individus ponctuent notre parcours dans ce quartier "chaud" de la Goutte d'or. Leurs regards à l’agressivité préventive indiquent qu’ils sont ici chez eux.
Certains "deal", d’autres, moins nombreux ou moins visibles, guettent et surveillent les prostituées. D'autres encore sont là, appuyés au mur qui forme un arrière-plan plus sombre, sans ouverture, rendant possible l’adossement, le contrôle de l’arrière, et donne, malgré la pénombre, un champ de vision longitudinal lointain. Quelques uns sont enveloppés par la lumière artificielle, des ombres marquent leur visage et leur donnent d'affreux rictus.

Ces situations qui ailleurs pourraient sembler bizarres, décalées, paraissent ici normales, naturelles.
Chaque nuit, à la Goutte d'or, règne une étrange banalité …



>> Déjà sur Parisperdu : "Eva yé t'aime".

>> Déjà sur Parisperdu : "Perspective à la Chapelle".



 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Belleville, embarquement immédiat.

24 Juin 2009, 09:59am

Publié par barreteau

Passage de Pékin, 75020 Paris - 1997

 

Pourquoi suis-je tant attaché au quartier de Belleville ?
Ici pourtant point de jolis immeubles, rien que les façades simples d'un quartier populaire ou des constructions sans âme, rebâties à la hâte dans les secteurs qui ont été rasés dans les années 70 …


Mais ce quartier a une âme, … et partout, la vie est bien là… C'est un dépaysement constant, dû sans doute aux effluves d'épices ou de mets exotiques, aux diverses tenues vestimentaires entrevues çà et là, ou encore aux dialectes inconnus entendus dans les rues. Des rues dont les noms évoquent déjà le voyage : passage de Pékin, rue d'Annam, rue du Sénégal, rue de Pali Kao...
Sur les vitrines des points-service "téléphone et internet", une liste sans fin de pays s'égraine. Elle ressemble au tableau d'affichage des "Départs" ou des "Arrivées" d'un aéroport international. Et partout, sur les murs, des petits bouts de papier couverts d'idéogrammes, nous montrent le mode de communication favori de la communauté chinoise.


A Belleville, il existe encore des artisans avec leurs petites boutiques, des "alimentations épiceries", des boucheries hallal ou "cacher, sous contrôle du grand rabbinat de Paris" …
Les gosses jouent aux ballons sur la bande centrale des boulevards de Belleville ou de La Villette, et rêvent de devenir Zizou ou Thierry Henry …

On voit, tout au long des trottoirs, des arabes, assis sur leurs tabourets, et agitant des éventails les jours de chaleur... Des chinois sans papier, fraîchement débarqués, gardent encore leur coutume de s'asseoir, accroupis, recroquevillés … Des sri-lankais, vendeurs de maïs grillés, guettent les flics; des blacks discutent en bandes, et leur groupe est de temps à autre secoué par de grands éclats de rire … Des bananes "jaunes extérieurement, blancs à l'intérieur" sortent des supermarchés asiatiques, les bras et les mains surchargés de sacs … jaunes.

A la sortie du métro de Belleville, les missionnaires de l'église protestante, de la scientologie, les Falunlong cherchent à séduire les passants … avec le sourire. Ils se feront plus instant avec la gente féminine.
Décidément, ce quartier est un lieu saint: mosquées, églises, synagogues cohabitent et assurent les habitants de leurs bénédictions, car ici, rarement le ton monte …

Les kebabs, les traiteurs, les restos asiatiques, les petits bistrots, les cafés-terrasses, les fast-foods animent le quartier de jour comme de nuit.

Au café "Aux Folies", un vieux "rade" dont la déco date des années 30, s'agglutine une faune cosmopolite composée de chinois, de juifs, de maghrébins et de français souvent d'origine provinciale, le tout forme un mélange très représentatif de la diversité ethnique de Belleville. C'est dans un brouhaha provoqué par tous ces clients, dont chacun s'exprime dans sa langue, que l'on prend une bière au bar et là, en se coudoyant avec ses voisins, on comprend alors ce que veut dire l'expression "une fraternité de voisinage ".

C'est sans doute pour toutes ces raisons, pour tout ce vivant fatras, que je suis aussi fortement attaché à ce quartier …



>> Voir aussi sur Parisperdu : "Chinoiseries à Belleville".
 

 

 

Voir les commentaires

Chez Victor, impasse Compans.

15 Février 2009, 09:29am

Publié par barreteau

Chez Victor, impasse Compans.


Il faut monter la rue Compans, monter toujours et encore, s'égarer du côté de la rue de Bellevue, revenir sur ses pas et chercher à nouveau l'impasse Compans. Cette impasse est décidément une énigme, même sur les plans de Paris, on ne l'a trouve pas...
Pourtant elle doit bien être quelque part ...

Une cité de béton se dresse-là, sur le point le plus haut de la rue, juste avant qu'elle ne redescende vers la place des Fêtes. Etait-ce là, le lieu, l'impasse où Willy Ronis a photographié le bistrot guinguette "Chez Victor" ? Prenait-elle le tracé de la rue Eugénie Cotton qui justement contourne les cinq énormes barres du monstre de béton ? Ou bien alors est-ce le monstre lui-même qui a tout englouti dans ses entrailles : l'impasse, la guinguette avec son zinc, ses jeux de boules et ses tables sous la tonnelle ...?

Willy nous dit que "de chez Victor, on avait une vision à 180 degrés: du canal Saint-Denis aux pistes du Bourget...". Par chance, il est aujourd'hui possible de grimper sur l'immense dalle sur laquelle reposent les barres tentaculaires du monstre froid de béton. Ainsi pourrons-nous peut-être retrouver le point de vue de la guinguette ?

Et effectivement, le bistrot guinguette devait bien se situer là, car sous nos pieds, s'étale le quartier de la Mouzaïa avec ses villas en impasse, puis à l'horizon, de l'ouest à l'est: la butte Montmartre, le canal Saint-Denis, les immeubles du Pré-Saint-Gervais ... Mais de nouveau, il est encore là..., notre regard butte sur l'énorme store vénitien que constituent les barres de béton ... et, plus à l'Est nous ne sommes plus autorisés à accéder à la ligne d'horizon.

Les instants de grâce et d'insouciance que Ronis a connus ici, en haut de la rue Compans, sont désormais bien loin ... Heureusement, il nous reste les clichés du maître. Ils nous permettent aisément d'imaginer ce lieu d'une quiétude alors toute campagnarde, dominant une ville qui n'en n'était pas encore vraiment une ...



>> Chez Victor, bistrot guinguette, impasse Compans à Belleville, Paris, 1955 :"Les jeux de boules et les tables sous la tonnelle" ©Photo Willy Ronis


>> Chez Victor, bistrot guinguette, impasse Compans à Belleville, Paris, 1955: " La guinguette et son zinc" ©Photo Willy Ronis

 

>> Pour retrouver l'impasse Compans (Extrait d'un plan du 19ème - 1967/68)
 

 

 

 

Voir les commentaires

Boubat, fenêtre à Collioure.

17 Juillet 2008, 09:42am

Publié par barreteau

"Collioure 1954".  © Edouard Boubat
 

Dans les années 50, Edouard Boubat photographie beaucoup Paris, surtout ses parcs, ses jardins... Puis il se met à voyager à travers le monde et, lorsqu'il traverse le Roussillon, pour lui - comme pour beaucoup - une halte à Collioure lui semble indispensable.Boubat tient alors absolument à voir les lieux précis où Matisse et Derain ont, quelques 50 ans auparavant, inventé le "fauvisme". Il ira même jusqu'à rechercher, avec minutie, tous les angles de vue choisis par les deux "fauves" pour croquer le petit port catalan.

Il accédera ainsi au premier étage de la maison Soulier. Et c'est de ce balcon où Matisse et Derain peignaient, que Boubat prendra cette image sobrement intitulée : "Collioure 1954".

Aujourd'hui,  la maison Soulier est devenue le Café "Chez Simone", et ses balcons ont été totalement remaniés.
Toutefois, en déambulant dans le village, il est possible de retrouver certaines fenêtres dont les balcons arborent un délicat ouvrage de fer forgé ... le même que celui qui n'avait pas manqué d'attirer l'œil d'Edouard Boubat, tant il dialoguait parfaitement avec l'imprimé de la jolie robe de Sophie, sa compagne ...

 

>> Détail de "Fenêtre à Collioure" d'Henri Matisse. (1905)

>> Collioure aujourd'hui: "fenêtre et balcon à l'identique".

>> Edouard Boubat, récemment à la Maison Européenne de la Photographie.
 

>> Boubat, la rétrospective ... sur Parisperdu

 

 

Voir les commentaires

Une petite ville pinardière.

3 Juin 2008, 09:02am

Publié par barreteau



Léo Malet, dans "Casse-pipe à la Nation" trace un portrait haut en couleur de la petite ville de Bercy:
"Je m'engage - écrit-il - dans le dédale de la petite ville pinardière, défendue par des grilles contre les assauts possibles des assoiffés."
Eh oui, car à l'époque, les Entrepôts de Bercy ne sont pas un lieu public. Pour y accéder, il faut être viticulteur ou négociant. Et ce sont ces derniers qui, derrière des grilles, dans le secret des chais, pratiquent les assemblages de vins de différentes provenances.

Jusque dans les années 60, les consommateurs se satisfont de ces produits à la qualité souvent douteuse.
Puis le monde vinicole va faire sa révolution. Le bordelais invente la "mise en bouteilles au château", garantie de qualité, elle se généralise rapidement. Le produit qui arrive chez le consommateur est le même que celui qui est parti du vignoble. Les consommateurs deviennent aussi plus exigeants quant à la qualité : plus question de "gonfler" du Bourgogne avec des "Côtes du Rhône", voire avec du vin d'Algérie.

Aussi, dès 1964, dans le cadre du rééquilibrage de l'Est parisien, la Ville de Paris décide de ne plus renouveler les contrats de location aux négociants de Bercy. Ces derniers quittent progressivement ce lieu mythique pour aller s'installer en banlieue.
Peu à peu, les Entrepôts ferment, laissant à l'Est de Paris un vaste domaine aménageable. Il s'agit alors d'y créer un nouveau quartier mêlant logements, bureaux et commerces, dans un parc de 13 hectares.

En 1979, l'ouverture du Palais Omnisports de Paris Bercy marque le début du renouveau du quartier. Suivra bientôt l'implantation du ministère de l'Economie et des Finances.
Et la greffe a réussi : dans l'imaginaire, Bercy est maintenant plus synonyme d'impôts que... d'un pot !

Aujourd'hui, plus de 15.000 personnes travaillent ici. L'aménagement du Parc, l'ouverture prochaine de la Maison du Cinéma assurent la vie d'un quartier qui a toujours eu un fort caractère.
Non, décidément, même sans les pinardiers, Bercy n'est pas mort !


>> Léo Malet, Tardi et Nestor Burma hantent toujours les lieux.

>> Voir aussi sur Parisperdu :" Dans les chais de Bercy"

>>  Voir aussi sur Parisperdu : " Cour St Emilion"

>> Les entrepôts de Bercy, en images, au siècle dernier.  


 

Voir les commentaires

Où sont passés les vrais gens ... ?

11 Mars 2008, 09:27am

Publié par barreteau


Le Piston Pélican - 15, Rue de Bagnolet, Paris 20ème :
Un
bar mi-tendance mi-classique.

Vingt ans après New-York, et dans le sillage de Londres, Paris n'en finit plus de redistribuer son espace, sa beauté ...
Pour voir de vrais gens, il faut maintenant aller rue Riquet, dans le 19ème ou dans quelques arrières cours, devenues rares, du 20ème.

A Paris, trouver de vrais gens est quelque chose de plus en plus difficile ...
Car le défaut majeur des empires et de leurs capitales est de rejeter toujours plus loin leurs forces vives. Elles sont finalement bannies des lieux, mises à l'écart ...
Les librairies, les bistrots n'en finissent plus d'être dévorées par les cafés high-tech et les boutiques de fast-food. Les ateliers d'artisans, les petits commerces ferment ... et leurs immeubles sont découpés en morceaux pour y installer des banques ou des lofts pour les néo-bobos.
Les jeunes bobos en kaki ont besoin de tranquillité. Pantalons troués et scooter certes, mais bonnes écoles et hauteur sous plafond pour mieux vivre.

Que de quartiers perdus, on étouffe dans cette nouvelle cité. Alors, on peut toujours envoyer les enfants à la campagne. Mais la campagne recule. De ce Paris perdu, qu'il nous est parfois possible de retrouver sur les images de Willy Ronis ou de Robert Doisneau ... il ne reste presque plus rien.
On pouvait pourtant y rencontrer de vrais gens qui vivaient petitement mais qui avait un cœur énorme. Pour eux pas de "méga-teuf" où il "faut être vu" pour pouvoir croire exister encore un peu  ... mais des fêtes bon enfant, des bals dans la rue, comme aux soirs des 14 juillet ...


Mais c'était au temps d'avant la victoire des marchands.


>> Sur Parisperdu : "Belleville, la belle ville de bobos".


>> Sur Parisperdu : "Bienvenue à Boboland".



  

Voir les commentaires

Vilin, Couronnes et Pali-Kao ...

6 Janvier 2008, 17:51pm

Publié par barreteau

La rue Vilin, planche-contact par Pierre Getzler©, juin 1970

Nous sommes au début des années 70 et la rue Vilin, si chère à Georges Perec et à Willy Ronis est encore pleine de vie.
Mais, dès les années 80, des quartiers entiers de Belleville sont définitivement voués à la démolition. Ils se vident alors peu à peu de leurs occupants dont les baux arrivent à expiration, ... parfois même, leurs occupants seront expulsés sans délais.

Puis le secteur - désormais désert - attend la venue des bulldozers et autres pelles mécaniques, souvent plusieurs années durant ...
Longtemps la rue Vilin continuera à panser ses blessures de guerre car ... elle a été amputée de moitié et son animation a été réduite à néant !

Non loin de là, rue de Pali-Kao, des immeubles aux façades aseptisées côtoient encore quelques constructions vétustes dont la plupart des issues sont murées. En haut de la rue, sur un terrain vague du passage de Pékin, des engins mécaniques s'affairent à une nouvelle tâche ... Des pans de murs où s'accrochent encore des lambeaux de tapisserie semblent nous inviter à la résignation.
D'ici peu, Belleville sera tout à fait propre.

Certes, aujourd'hui, le nouveau parc de Belleville, avec sa vue surplombant Paris, peut se concevoir comme un lieu touristique qui "vaut le détour". En effet, il offre au regard la quasi-totalité des attractions urbanistiques parisiennes et, d'ouest en est, la Tour Eiffel, Beaubourg, la Tour Montparnasse, l'Opéra Bastille... zèbrent l'horizon.
Mais toutes les rues du quartier Couronnes forment maintenant un territoire sauvagement outragé par l'agression immobilière, par les "Plans de réhabilitation", les "Plans de restructuration" et autres projets de "Zone d'Aménagement concerté" dont on se demande qui prend part à la concertation et à qui doit profiter l'aménagement ?

Un vrai massacre qui a changé radicalement la physionomie et l'esprit de ce quartier.
Vilin, Couronnes, Pali-Kao... un village est mort.



>> La rue Vilin vue par Willy Ronis : "Au Repos de la Montagne" 1957- ©Photo Willy  Ronis

>> La rue Vilin vue par Willy Ronis : "L'escalier de la rue Vilin à l'angle de la rue Piat" 1959 - ©Photo Willy  Ronis 

>> Georges Perec dans la rue Vilin. 

>> Voir aussi : "Démolition des murs, démolition des vies"
.

 

 

Voir les commentaires

A Georges et à Léon-Paul

22 Décembre 2007, 09:45am

Publié par barreteau

Bar de la rue des Cascades, 1994

"J'aimerais qu'il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables...". C'est Georges Perec qui parle.

"Mais mes espaces sont fragiles : le temps va les user, va les détruire : rien ne ressemblera plus à ce qui était, mes souvenirs me trahiront, l'oubli s'infiltrera dans ma mémoire...", poursuit-il.

Pour garder en mémoire ce Paris au bord de la disparition, Parisperdu sillonne inlassablement la capitale, et ce, jusqu'à devenir un véritable ... "piéton de Paris" pour reprendre le titre du livre de Léon-Paul Fargue, un autre grand amoureux de Paris.
Dans son ouvrage, Léon-Paul dresse une suite de croquis, d'instantanés, de chroniques, de choses vues, d'images concrètes et vibrantes, accrochées au pouls de la métropole française.

Aujourd'hui Parisperdu rend hommage à ces deux écrivains, ô combien représentatifs d'une certaine vision, d'un certain regard sur la ville qu'ils aiment tant ... sur un Paris qui disparaît chaque jour un peu plus sous leurs yeux, sous nos yeux ...


>> En savoir plus sur Georges Perec.

>> En savoir plus sur Léon-Paul Fargue.

 

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 > >>