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PARISPERDU

bistrots

Vieux Bistrots à Paris.

17 Février 2014, 09:50am

Publié par barreteau

A l'ami Pierre, 5 Rue de la Main d'Or, 75011 Paris 

A Paris, le 11ème arrondissement aurait la densité la plus importante de bistrots.
Mais attention, il y a bistrots et bistrots … il y a les authentiques et ceux qui donnent dans le concept marketing. Pourtant, faire le tri n'est pas trop difficile car chaque quartier présente des facettes bien différentes.

Dans les hauts lieux de la" branchitude", entre Oberkampf et la rue Saint Maur, n'espérez pas trouver d'authentiques rades parigots, tous ont disparu et, même si la devanture a été conservé dans son jus, leur décor intérieur dans le style "authen-toc", ne me dit rien qui vaille …

Ici, c'est tendance "bobos et créatifs de tous poils" dérivant, le soir venu, de bars branchés en bars branchés souvent surpeuplés et bruyants…

Pour être dans le "vrai" et être plus au calme il faudra aller du côté de la Bastille ou mieux encore vers Charonne et Ledru Rollin.

Là on trouve encore d'authentiques "bistrots" qui sont souvent le cœur vivant d'un quartier, des lieux d'excellence pour se rencontrer, tisser des liens ou bien seulement … rêver devant un verre.
Voici quelques adresses :

  • Mélac: L'un des bistrots à vins les plus sympathiques de Paris. Mélac fait partie de cette génération d'Aveyronnais qui ont choisi de sortir des sentiers battus de la limonade pour redonner ses lettres de noblesses au bistro à vin. Entre amis et sans chichis !
  • Le Bistrot du peintre : Un bistrot carte postale datée 1900. Fresques, grands miroirs, luminaires, pâtes de verre ... Ici, tous les ingrédients de l'Art Nouveau sont intacts. On y met la viande Salers à l'honneur mais aussi tous les classiques du bistrot : bourguignon de bœuf, lapin rôti ... pour une clientèle hétéroclite de tous âges et de toute classe sociale.
  • A l'ami Pierre : Un typique bistrot à vins de quartier qui a su garder son charme avec une atmosphère détendue et des tronches au comptoir. Ce n'est pas Pierre mais Marcel qui est en cuisine et qui mitonne de classiques plats bistrotiers : œuf mayonnaise, saucisson lyonnais lentilles, andouillette 5A …
  • Loulou de Bastille: "Ici tout est fait maison y compris l'addition faite à la main" peut-on lire sur la devanture. Tout un programme pour ce vrai bistro de quartier aux peintures jaunies et plafonniers boule d'époque.
  • Carbonne 14 : En lieu et place du dernier café charbon bougnat de Paris, le Carbone 14 a su garder le décor historique avec son beau comptoir en formica rouge et ses chaises bistrot. Sauf que les fûts de bière ont remplacé le "chantier” de charbon. On y vient pour boire un verre ou pour grignoter sur le pouce. Parfois il y a des soirées platine, on emmène alors ses vieux 45 tours ...
     

Soumis à des contraintes diverses, peu de bistrots peuvent rester dans leur "jus" aussi, dans ce quartier comme ailleurs, beaucoup ont rendu les armes à la branchitude ambiante (Chez Paul, Chez Mamy … et d'autres ne présentent aujourd'hui plus d'intérêt). Le métier est difficile car la clientèle est exigeante, elle veut du vieux tout neuf, de l'authentique au goût du jour, du passé recomposé. Et le pire, c'est qu'on lui en donne...

Ainsi, dans cet arrondissement ont été créé de toutes pièces un certain nombre de néo-vieux-bistrots - que beaucoup de sites internet consacrés au tourisme et à la restauration présentent comme de vieux bistrots parisiens.
Comme disait Guy Debord "Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux."


>> Qu'est-ce qu'un bistrot authentique ?

>> Déjà dans Parisperdu: CARBONE 14.

>> Autres quartiers parisiens … autres bistrots (toujours sur Parisperdu).

 

 

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Les barreaux verts ont disparu ...

24 Décembre 2013, 10:10am

Publié par barreteau

A l'angle de la rue de la Marne et de la rue de Thionville, la chaufferie de la CPCU est mise à terre.
En arrière-plan, le bar des Barreaux verts attend d'être fixé sur son sort … (Septembre 2011 _75019 Paris)


Dans le quartier de l'Ourcq, au 13 de la rue de Thionville exactement, il y avait un endroit que j'adorais ... un petit bar bien sympathique, niché à la pointe d'un triangle d'immeubles bas.

Les fenêtres de l'établissement étaient pourvues de grilles de défense peintes en vert, aussi le propriétaire n'aura pas eu à chercher longtemps un nom pour son bar : ce sera les "Barreaux Verts".

Mais dernièrement, le quartier du canal de l'Ourcq a connu de profonds réaménagements aussi lorsque je m'y suis rendu récemment, je n'ai plus reconnu grand-chose: la chaufferie de la CPCU-Villette a été rasée, les petits immeubles ont été remplacés par un bâti beaucoup plus conséquent … aussi, plus je m'approche de la rue de Thionville, plus je crains de ne plus retrouver mon petit bar de quartier.

Lorsque je débouche sur la rue de l'Ourcq,  je peux esquisser un sourire, car de loin … je reconnais la façade de briques du bar des Barreaux verts.
Mais, ma joie sera de courte durée car en m'approchant je lis: "Café Mama Kin" …


Mama Kin … ? Cet établissement n'a plus rien à voir avec le petit rade que j'ai connu.
Ici, on donne maintenant dans le pub atypique avec masques africains, peintures ethniques sur les murs... bières belges et cocktails péruviens … ! Le soir c'est concert, DJ à gogo, et beaucoup de bruit dans la rue.
On a compris que ce n'est pas ma tasse de thé …

Dans le quartier de l'Ourcq, les souvenirs - tout comme les feuilles mortes - disparaissent à la pelle … mécanique !

Des miens, il ne reste plus rien.
Aux fenêtres du bar, même "le vert" des barreaux a disparu …
Ils ont été repeints en bleu … !


>> Lire aussi sur Parisperdu: "La chaufferie de La Villette et sa grande cheminée".


 

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Feu "Le Marinier".

26 Août 2013, 09:44am

Publié par barreteau

Le Marinier _ 53 quai Panhard & Levassor Paris 13ème (1997) 

Avant la restructuration brutale du quartier Paris Rive Gauche, il y avait sur la totalité de la longueur du quai Panhard & Levassor toute une vie de petits labeurs, coincée entre la Seine et les voies de chemin de fer.

Le populo, les mariniers, les dockers se mêlaient aux livreurs de la Sernam dans les nombreux bistrots qui faisaient face au fleuve. Souvent ils avaient des noms en rapport avec les activités portuaires du lieu: le bar de la Marine, le Marinier, le Navy …

Tous ont disparu quand la spéculation immobilière a décidé d'investir dans le quartier - ou plutôt d'investir le quartier. Tous ont été rasés pour faire place nette aux froids immeubles de verre et de béton qui désormais accueillent de nouvelles enseignes qui ne font plus rêver : Mezzo di Pasta, Sushi Massena, Bio Art …

Le midi, ce n'est pas le populo qui se presse au comptoir de ces modernes bistrots, mis à part quelques rares étudiants de Paris Diderot, ce sont surtout des cadres de Bercy et de la BNP ParisBas. La carte est un brin prétentieuse, les prix plutôt délirants.

Et l'on ne peut qu'être triste en songeant qu'il y avait là des resto-bars "cradingues", mais tout à fait authentiques. Bourguignon le lundi, Parmentier le mardi, Blanquette de veau le mercredi, Couscous le jeudi, Brandade le vendredi … c'était immuable, et à des prix en francs qui n'ont plus cours aujourd'hui (ni les prix, ni les francs !) … pichet de côte du Rhône compris …
Feu "le Mariner " vous souhaite un bon appétit !


>> Voir aussi : "Au bar de la Marine".

>> "The place to see before you die".

 

 

 

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" The place to see before you die "

4 Mars 2013, 09:58am

Publié par barreteau

Bar de la Poste (près du Centre de Tri d'Austerlitz) - rue Bellièvre _Paris 13ème

Je regrette de ne pouvoir boire un verre au bar de la Poste: il est à présent fermé de telle manière qu'il ne rouvrira certainement jamais.

Dans ce quartier, les bars traditionnels ont d'ailleurs tous fermé, les uns après les autres. Puis les petits immeubles où étaient logés ces bistrots ont été rasés pour faire place, dans ce secteur de la ZAC Paris Rive Gauche, à l'édification d'énormes parallélépipèdes de verre et de béton.

Au rez-de-chaussée de ces horreurs, on trouve parfois un établissement censé remplacer le bar disparu. Mais ce ne sont que Fast-food, Lounge-bar avec ou sans DJ, Café chicha ou narghilé, Buddha-bar, Bar à Cocktails, After Work,  Happy Hours et Tapas …

Bref, c'est la course à l'ultime mode, le surf sur la dernière vague. Tout cela certes dans une atmosphère festive mais aussi très superficielle … et bien loin des vieux rades du quartier où le coudoiement au zinc créait du lien social bien réel.

Aujourd'hui, le Lounge bar: "The place to see before you die" te fait penser que tu es dans un lieu important, tout comme Twitter te fait croire que tu es une personnalité, Instagram que tu es un photographe et Facebook que tu as des amis …
Le réveil va être difficile !

 

>> Voir aussi : 19 rue de Bellièvre

 

 

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Qu'est-ce qu'un bistrot authentique ?

27 Décembre 2012, 10:10am

Publié par barreteau

Mélac - Bistrot à vins, Paris 11ème -  Copyright : © Atelier Robert Doisneau

"Tu viens boire un verre au bistrot du coin ?"
"Bistrot", le mot magique est lâché, mais son origine exacte est incertaine. Beaucoup ont opté pour une explication exotique, en affirmant que le mot provient du russe "bistro" qui signifie "vite". Lors de l’occupation russe de Paris (1814-1818), les soldats russes, qui n’avaient pas le droit de boire, criaient "bistro, bistro!" afin d’être servi avant que leur supérieur n’arrive.

Cependant les linguistes ont vite écarté cette hypothèse et ce pour des raisons chronologiques. Il semblerait en effet que ce mot soit un régionalisme importé au 19ème siècle à Paris, pour ensuite être diffusé dans le reste de la France. "Bistrot"  proviendrait donc du poitevin "bistraud", signifiant à l’origine un domestique, puis le domestique du marchand de vin, puis le marchand de vin lui-même et finalement, l'établissement où l’on servait du vin.


Un bistrot est donc à l’origine un petit établissement où l’on va boire un verre, entre amis. Mais le bistrot peut également faire office de petit restaurant. On y mange alors une nourriture maison, à bon prix, dans un cadre simple et convivial.

Mais aujourd’hui le mot et le concept "bistrot" sont à la mode et les prix et les menus affichés par certains bistrots parisiens n’ont plus rien à voir avec ceux du petit commerce traditionnel et encore, je ne parle pas des cafés internationaux comme les Havana ou les Starbucks … qui pour moi, ne sont que de vulgaires cafétérias …
Alors existe-t-il encore, à Paris, des bistrots authentiques ? C'est-à-dire des bistrots qui ne sont pas de simples concepts marketing surfant sur la mode d'un moment, sur un concept à rentabilité optimale, mais des établissements qui sont plutôt l'œuvre d'une vie, celle du patron, d'un homme (ou plus rarement d'une femme), d'un personnage souvent attachant en diable…

Bref, un lieu où vous recevez un accueil chaleureux du maître ou de la maitresse de maison, où vous allez passer un moment agréable et que vous aurez du mal à quitter ; un lieu où, sans qu'on y prenne garde, on se sent vite chez soi …

Alors me direz-vous: "Quels sont ces bistrots authentiques, donnez-nous des noms, des adresses … ?"

Eh bien, voici nos adresses préférées d'authentiques "bistrots" qui sont souvent le cœur vivant d'un quartier, des lieux d'excellence pour se rencontrer, tisser des liens ou bien seulement … rêver devant un verre : 

  • "Chez Mamy", une cantine historique, près de la Bastille,
  • "A l'ami Pierre", un bistrot authentique tenu par Robin Greiner,
  • "Mélac", rue Léon Frot,
  • "Chez Paul",  rue de Charonne,
  • "Le Mesturet", rue Richelieu
  • "Le Jean Bart", rue du Faubourg du Temple.

J'en oublie sûrement d'autres, beaucoup d'autres, pouvant entrer dans ce classement, aussi n'hésitez pas à nous en faire part … ici.


>> Les 200 meilleurs bistrots de Paris.

>> Les bistrots, déjà sur Parisperdu.

 

 

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C'est un tout autre cirque.

20 Décembre 2012, 10:55am

Publié par barreteau

Cirque d'hiver - rue Amelot Paris 11ème


Je n'ai pas retrouvé le café "Au rendez-vous des clowns" qui se situait au début de la rue Oberkampf, à deux pas du cirque d'hiver. Aussi, ne saurai-je jamais si les clowns fréquentaient réellement cet établissement ? Quoiqu'il en soit, j'ai toujours trouvé son intitulé drôle et diablement pertinent en termes de marketing, tant il exerçait un fort pouvoir d'attraction sur la clientèle de passage. On avait vraiment envie de rentrer dans ce café pour vérifier si quelques personnages à gros nez rouge n'étaient pas accoudés au bar …

Mais il faut dire que maintenant les choses ont bien changé ici. Les DJ's ont délogé les clowns et autres enfants de la balle … et désormais l'atmosphère des bobos-bars de ce coin du 11ème, n'est pas toujours à la franche rigolade. Comme aurait dit Pépé le clown: " Le rire c'est encore plus casse-gueule que le trapèze".

Tout près de là pourtant, dans la rue Amelot, il y a bien un "Bar du Cirque" et même un "Clown Bar". Mais ces deux bistrots finalement assez éloignés de l'univers des saltimbanques, se contentent de surfer sur la vague de "l'authen-toc", à grand renfort d'éléments décoratifs en céramiques de Sarreguemines voire pire, de pseudo-vieilles réclames sur des plaques émaillées "made in China".
Et çà, c'est un tout autre cirque …



>> Au "Clown Bar", 114 rue Amelot, Paris XIe

>> Le cirque, le vrai … sur Parisperdu.

 

 

 

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Paris' new style.

1 Novembre 2012, 17:43pm

Publié par barreteau

Baresto Sans Gêne, 122 Rue Oberkampf - 75011 Paris

De l'emblématique Cirque d'Hiver jusqu'aux boulevards de Belleville et de Ménilmontant, c'est Oberkampf.
L'ancien quartier ouvrier, autrefois peu fréquentable, est devenu le repaire des artistes et des noctambules. Si bien qu'aujourd'hui, la rue Oberkampf et ses deux voisines: Saint-Maur, et Jean-Pierre Timbaud, forment le triangle d'or des nuits parisiennes.


Partout, les cafés-restaurants branchés et les galeries "arty" ont remplacé, peu à peu, les ateliers d'artisans et les bistrots traditionnels.
Ainsi dans la rue Oberkampf, jusqu'aux hauteurs de Ménilmontant, on enfile les cafés comme les perles: le Mécano, le Bric à Brac, le Nouveau Casino, le Café Charbon, la Cithéa Nova, la Locandiera, le Café de Paris, … et bien d'autres encore. Surannés à l'extérieur et contemporains à l'intérieur: voilà le "mix" intangible d'un lieu bien "tendance".

C'est un peu le Soho parisien, un quartier qui incarne la fête et les sorties nocturnes, et où se mêlent lounges-bars et spots à la mode pour une faune branchée et cosmopolite.
Celle-ci se doit d’aller et venir de bar en bistrot, de bal en concert, … pour toujours être en accord avec la frénésie ambiante qui, dans ces lieux festifs, surprendra ses oreilles lors de nuits musicales jusqu’à plus d’heures.

Au 122, de la rue Oberkampf, c'est le "Sans Gêne", un baresto ("sic") qui se décrit par des mots-clés aisément compréhensibles par les initiés : "tête à tête" · "petit resto" · "la formule" · "gay friendly" · "bouteille" …
On peut bien sûr y payer des tournées de boissons avec son mobile sur "Drinkon.me"  …
C'est le Paris' new style, et ce n'est pas le mien …



>> Déjà sur Parisperdu: "Tendance Oberkampf".

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Ni pub, ni soumise …"

 

 

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Vagabondage autour du Canal.

6 Octobre 2012, 11:44am

Publié par barreteau

171 quai de Valmy - Paris 10ème (1997)


Arrivé sur le quai de Valmy, ce sont les façades colorées d'Antoine et Lili qui interpellent. Elles annoncent d'autres boutiques très "trendy", signe de la "branchisation" accélérée de cette partie du canal Saint-Martin.

Mais en poussant un peu plus loin, plus au nord, on tombe sur la face cachée du canal Saint-Martin: des quais déserts, peu ou pas aménagés, où seuls quelques pêcheurs viennent taquiner le gougeon … Depuis la création du canal, les pêcheurs ont toujours été là. Il semble que ce soit les mêmes, … les canotiers en moins!

Puis, en naviguant dans les rues tortueuses du 10ème arrondissement, à deux pas du canal, vous découvrirez un bon nombre de petits bars chaleureux.
"Chez Adel", rue de la Grange aux Belles, est l'un d'eux. C'est un rade à l'ancienne, fréquenté par des jeunes et des moins jeunes, un établissement pas cher, où certains soirs, des groupes de "musicos" aux qualités très variables se produisent …


Et, là encore, le charme du quartier opère … il fait si bon de vagabonder autour du canal.


>> United Colors of Paris-Canal.

>> Lieux Retrouvés n°036 : 171 quai de Valmy

 

 

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Ni pub, ni soumise.

16 Septembre 2012, 11:27am

Publié par barreteau


La rue Oberkampf est une rue-faubourg de l’Est parisien, c'est-à-dire une voie qui va du centre vers l'une des portes de la ville. Autrefois simple rue commerçante, la rue Oberkampf est devenue - dans les années 1990 - un haut lieu de la "branchitude" parisienne.

L'artère a connu un grand chambardement à la fois dans la typologie des lieux et dans la sociologie des gens habitant ou fréquentant le quartier. De nombreux cafés et restaurants, des bars, des boîtes de nuit et des salles de concert ont été ouverts dans cette rue, et … les anciens ateliers ont été reconvertis en galeries d’art ou en bureaux accueillant architectes, artistes ou designers.

Au 109, on trouve le "Nouveau Casino", installé dans un ancien "rade" parisien, il propose du "concert-clubing", un concept qui fait recette dans le secteur. Temple du rock et antre de l'électro depuis son ouverture en 2001, le "Nouveau Casino" fait la part belle aux nouveautés, à la découverte, et aussi à la marginalité, qualité essentielle de ce terrain de jeux pour créatifs de toutes sortes … qu'est devenu le 11ème arrondissement.

Sur le pignon ouest de l'établissement s'étalait, il y a encore peu, un immense panneau publicitaire. Au rythme des campagnes promotionnelles, ce sont les produits de beauté "Eclair de Clarins", les soutiens-gorge "Aubade" ou le saucisson "Cochonou" … qui s'affichaient ici. Bref, pas forcement de quoi plaire à la direction du "concert-clubing" mitoyen qui, un jour n'en pouvant plus … a adopté une attitude "ni pub, ni soumise" et a placardé son propre message … Enfin "propre" si l'on peut dire … car un grapheur a jugé utile de compléter le message par : "Oui, c'est vrai, on sent la mer … d'ici" !!!!


>> Dans la "jungle" des panneaux publicitaires.

>> Chez Justine.

 

 

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Café Charbon Mazout ...

16 Avril 2012, 13:30pm

Publié par barreteau


L'un des derniers bougnats de Paris aura sans douté été ce café-charbon-mazout du 6 rue Emile Lepeu, dans le 11e arrondissement. Il resta en activité jusqu'en 2004 et, même si à cette date peu de gens utilisaient encore le charbon, il disposait pourtant de son ''chantier'', c'est-à-dire de son tas de charbon dans l'arrière boutique et servait en salle aussi biens des tasses de petit noir que des ballons de petits blancs …

Aujourd'hui, l'âme du vieux bougnat  a été partiellement préservée. Et même s'il a été quelque peu remis au goût du jour, l'établissement a conservé un certain charme, avec son comptoir en formica rouge des années 60. Mais on est passé du charbon naturel à l'un de ses radio-isotopes car la façade affiche désormais : "Carbone 14" !

Dans le quartier, outre ce bougnat, on trouve encore quelques rares bistrots "d'époque" qui reflètent un Paris convivial et authentique.
C'est un Paris ni tout à fait d'hier, ni tout à fait d'aujourd'hui, qui continue à exister… un Paris presqu'éternel.

 

 >> Le café-charbon, au temps d'Odette Escalier.

>> "Le Carbone 14".

>> ... avec son comptoir en formica rouge des années 60.

 

 

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Contrefaçon à Bercy !

2 Avril 2012, 09:34am

Publié par barreteau

Le pont de Bercy, vu du métro "Quai de la Gare" Paris 13ème.


Au métro "Quai de la Gare", tout au début du quai d'Austerlitz, il est un bar-brasserie qui cherche à reproduire une époque passée, c'est: "Chez Lili et Marcel".

Mais je dois dire que ce "bistro reconstitué", avec sa fausse devanture, et tous ces petits détails de déco pour "faire d'époque", ne me fait guère rêver…
L'âme bistrotière de Bercy est,  il est vrai,  morte depuis bien longtemps.

Ici, l'on se croit plutôt dans un décor de film, tant l'accessoiriste a bien fait son métier. Et les serveurs en pantalons à bretelles et à casquette gavroche, sur-jouent, à l'évidence, leur rôle.

Au comptoir, on aimerait voir Lilli ou Marcel, pouvoir discuter "le bout de gras" avec "Marcel", rendre un sourire à "Lilli". Mais c'est impossible: "Lilli et Marcel" sont des personnages virtuels, de simples "accroches marketing".

Riton la Manivelle, lui qui est bien réel, descend parfois du haut de son 20ème, pour essayer de créer "l'atmosphère" mais je le trouve plus convainquant "Au Vieux Belleville" car là-bas, il est dans son élément naturel.

A Paris, à Bercy comme ailleurs, en matière de bistrot, méfiez-vous des contrefaçons !

 

>> L'accessoiriste a bien fait son métier.

>> Ecouter Riton la Manivelle

 

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Belleville Café.

7 Janvier 2012, 10:05am

Publié par barreteau

Chez Freddy (aujourd'hui fermé), un des derniers cafés de la rue de Tourtille Paris 20ème_ Photo: © Sylvaine Conord


Une ville en recouvre toujours une autre. A Belleville, avec les destructions d'îlots anciens remplacés par des constructions plus ou moins anarchiques, les frontières des migrants se sont déplacées au fil des années. Les Chinois dans le bas-Belleville ont déplacés les juifs séfarades qui eux-mêmes ont poussés les arméniens hors de Belleville.

Pour comprendre, pour sentir ces évolutions, le mieux est de pousser la porte d'un café de Belleville.
Une fois à l'intérieur, il faut choisir sa table, idéalement dans un angle de la salle, mais assez près du zinc afin de pouvoir écouter et observer les figures locales qui se relayent ici pour prendre leur quart sous des néons d'une autre époque. A l'opposé du comptoir, aux tables du fond de la salle, de vieux clients impassibles ont leurs habitudes: rêvasser là, sans un mot, dans un décor baroque.

Mais ces dernières années, le quartier est devenu un genre de Brooklyn parisien sans qu'on sache très bien de quel côté il va dériver. Vers un riche melting-pot à la new-yorkaise, produit de l'incessant métissage et de la boboïsation. Ou vers un quartier où la haine entre les communautés est explosive?

Dans tous les cas, on aurait bien besoin des bistrots de quartier où il fait bon se coudoyer… Mais en restera-t-il encore ? Alors que tous ferment les uns après les autres.


>> "Belleville Cafés" par Anne Steiner et Sylvaine Conord, aux Editions L’Échappée.

>> Tout proche de "Chez Freddy", il y avait aussi "Chez Fanfan".

>> Malaise à Belleville.

 

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Chez Ammad.

14 Décembre 2011, 10:05am

Publié par barreteau

Chez Ammad.

18 rue  Véron Paris 18ème (Mai 2008)


Aujourd'hui les bistrots se meurent et, triste réalité, sont remplacés par des banques.
Mais dans le nord de Paris, certains troquets font encore de la résistance, et c'est tant mieux !
"Chez Ammad", est l'un de ceux-là et reste un "rade" parigot pur jus …

Contigu au Grand Hôtel de Clermont, dont vous ne devez pas craindre le nom pompeux, tant l'établissement est modeste, au bout de la rue Véron, n'hésitez donc pas à pousser la porte d'Ammad.

Vous pénétrez alors dans un lieu unique à Paris: un bistrot authentique qui nous vient de la fin du 19eme siècle. Un bistrot où Marcel Cerdan et Edith Piaf avaient leurs habitudes …Et le grand Bernard Dimey pensait peut-être à ce "rade" quand il écrivait:

" Quand on n'a rien à dire et du mal à se taire,
On peut toujours aller gueuler dans un bistrot."

Aujourd'hui, Chez Ammad est un bar où les bobos côtoient les classes modestes et moyennes, et où le touriste aventurier racontera, lorsqu'il sera de retour dans son pays: "qu'il est allé dans un vrai café typiquement français" …

Allez faire un tour là-bas en soirée, à l'heure où les curieux viennent se mélanger aux piliers de comptoir, vous trouverez alors une ambiance qui vous comblera, vous ne serez pas déçu !



>> Chez Ammad (page Facebook non-officielle)

>> Bernard Dimay, c'est qui… ?

 

 

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La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur du passé.

3 Juillet 2011, 09:10am

Publié par barreteau

 
Ce café est une institution, et dans un tel lieu, l'ambiance ne peut être que feutrée.
Plusieurs clients sont là, comme absents, plongés dans leur livre, griffonnant sur un papier ou rêvant tout simplement, dans une langueur que tout vient aider, que tout vient nourrir : la sérénité du serveur, la lumière, la patine des boiseries, l'odeur de cire et enfin le respect qu'on semble avoir ici pour les choses du passé.


Bien que beaucoup moins luxueux, je retrouve ce bien-être dans certains bars ordinaires de quartiers … eux tout aussi ordinaires.
Ces troquets s'appellent La Galoche d’Aurillac, l’Ébauchoir, le Paul Bert ou Chez Paul, … des bistrots à la fois populaires et sophistiqués, parfois décorés de carrelages Art Nouveau, de zincs majestueux, de verrerie ancienne mais aussi d'objets simples et usuels.
Ce n'est pas qu'ils soient vieux, ils ont l'air d'avoir toujours été là.


Ils sont tout le contraire des bars à la mode des quartiers bobos …
Mais, la mode n'est-ce pas ce qui se démode le plus vite ?
Alors gageons que ces "lounge-bars", ces "concept-bars" et autres "cafés-authen-tocs"… auront une vie bien éphémère.

Quand le présent n'est pas à la hauteur de passé, alors la nostalgie refait surface …
Oui décidément, la nostalgie à de l'avenir.




>> La nostalgie de (ou sur) Parisperdu.

>> Un passé idyllique ?

 

 

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À la Vierge de la Réunion.

11 Mai 2011, 09:40am

Publié par barreteau

Angle de la rue de la Réunion et de la rue des Vignoles Paris 20ème - Juillet 1996

 

A Ménilmontant, cette maison de village devait être rasée.
Vouée à la destruction, "la Vierge " est  une miraculée de la pelleteuse, sauvée grâce à la résistance des associations du quartier Réunion.
Elle abrite désormais un bistrot à vins… et, à l'angle de la rue des Vignoles, quoi de plus normal car, pour la petite histoire, rappelons-nous que ce nom évoque la culture de la vigne, jadis principale activité de cet endroit, sur le coteau de Charonne.

 

"À la Vierge de la Réunion" voit le jour en 1958, et accueille alors les artisans du quartier qui viennent s’y restaurer autour de sa spécialité : le couscous.

Mais depuis le sauvetage de l’établissement, "la Vierge" a été réhabilitée, modernisée et a "monté en gamme". Aujourd'hui, Mourad en salle et Leila aux fourneaux, vous proposent désormais une cuisine de qualité, simple, faite "comme à la maison", avec un très bon choix de vins.


Ici, l'hospitalité reste "à l'ancienne" et, dans une ambiance décontractée et conviviale, on retrouve l’âme du quartier.
"À la Vierge de la Réunion" est assurément une adresse à connaître …

 


>> Leila Houari, une femme pas ordinaire, aux fourneaux de "La Vierge de la Réunion".

>> "Vous voulez voir la carte ?"

 

 

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