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PARISPERDU

Parisperdu pour les nuls (2/5) : " Du haut Belleville au bas Ménilmontant "

30 Juin 2010, 10:05am

Publié par barreteau

A Belleville : Villa Castel ; A Ménilmontant: Places Gambetta et Martin Nadeau
  

Belleville et Ménilmontant sont les quartiers les plus emblématiques du Paris populaire.

De l'esprit des rues arpentées par Willy Ronis, dans les années 50-60, il ne reste plus grand-chose. Toutefois, dans ces quartiers, le promeneur attentif pourra encore retrouver quelques parcelles de ces mythiques "villages".

Dans le haut Belleville, le belvédère de la rue Piat conserve une réelle magie même si, en contrebas, le parc a fait disparaître le lacis de petites rues, de passages et d'escaliers : Vilin, Pali-Kao, Julien Lacroix ... et pourtant, le vrai Belleville était là.
Sur le plateau, parcourez les rues des Envierges, du Transvaal ainsi que le confidentiel passage Plantin et surtout la discrète Villa Castel où rodent encore les fantômes de "Jules et Jim".

Delà, gagnez les rues décrivant les courbes de niveaux de la colline : rue de Savies, des Cascades, de l'Ermitage, du Retrait ... A la belle saison, flâner dans ces rues est un vrai plaisir tant la paix, la sérénité sont ici omniprésentes.


Le passage vers Ménilmontant se fera par la rue de la Mare et ... sa passerelle métallique sur l'ancienne voie ferrée de la petite-ceinture, en sera l'aérien symbole. Ménilmontant a beaucoup souffert de la folie de la spéculation immobilière et les stigmates du changement sont ici beaucoup plus visibles que dans le haut Belleville. C'est pourquoi vos pas devront vous conduire directement vers le sud, vers le bas de Ménilmontant.

Pour moi, le centre stratégique en est la place Martin Nadeau, idéalement coincée entre le Père Lachaise, la place Gambetta et la coulée des rues Sorbier, Annam et de la Bidassoa. 
Au fond de la place, le dos d'âne de la rue Gasnier-Guy devra être escaladé. Avec ses 17%, c'est la rampe la plus raide de Paris. En contrebas, on distingue un square, celui-ci a été bâti sur les ruines du micro-quartier de la rue de la Cloche. Ici s'élevait, il y a encore une dizaine d'années ... un lieu hors du monde, une ville en miniature malheureusement rayée de la carte.


Belleville, Ménilmontant deux villages, mais un même cœur. 
Pour vous, lecteurs du "Parisperdu pour les nuls", sans aucun doute votre première visite est à faire ici. Mais il y a urgence car ces quartiers éminemment populaires connaissent une "gentryfication" galopante ... qui va changer définitivement l'atmosphère de ces lieux.


>> Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (1/5)


Belleville et Ménilmontant (sélection de billets sur Parisperdu) :

>> A la découverte de Belleville et de Ménilmontant ...

>> Rue de la Cloche.

>> La parole à ... Clément Lépidis.

>> Vilin, Couronnes et Pali-Kao ...

>> Le petit miracle de Belleville.

>> Belleville, la belle ville des bobos.

>> Une rage de destruction ...

>> Mélange de couleurs.  

>> En redescendant des hauts de Ménilmontant ...



 

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La rue Laurence Savart, si chère à Willy.

26 Juin 2010, 09:01am

Publié par barreteau

 

La rue Laurence Savart- Paris 20ème - Juin 2004


Maintes fois Willy Ronis m'a parlé de la rue Laurence Savart, l'une de ses favorites dans le secteur de Belleville-Ménilmontant.

Il m'a raconté comment, un petit matin de 1948, il avait failli "louper" sa célèbre photo de cette rue. En passant dans la rue du Retrait, un bref éclat de lumière attira son attention, c'était le vitrier qui remontait la rue Laurence Savart. Sans  ce "flash" produit par les vitres de l'artisan, "j'aurais vraisemblablement continué tout droit mon chemin" me disait-il.

Quand je lui fais remarquer que la rue, encore aujourd'hui, a peu changé, qu'on y retrouve les mêmes façades, la même lumière qu'a son époque ... il fait la moue et me dit: "Oui mais cet immeuble qui barre la rue dans sa partie basse, quel dommage ...".

Il faut bien reconnaître que la perspective n'est plus la même. Et que cette trouée, qui était comme un appel vers un ailleurs incertain, fait terriblement défaut.

La rue Laurence Savart était si chère à Willy, qu'il a accepté de donner son nom à une association qui luttait pour conserver le caractère original de la rue. Je ne suis pas sûr que Willy adhérait complètement au but poursuivit par cette association, mais il n'a pas su dire non à des gens qui comme lui chérissait ce lieu. Ainsi naquit fin 2006, "L'Association Willy Ronis  - Pour le cadre de vie de la rue Laurence Savart", ... la seule association qui aujourd'hui porte le nom de l'illustre photographe.


>> "La rue Laurence Savart", Photo: ©Willy Ronis 

>>
J'ai retrouvé le Paris perdu ...


>> Association Willy Ronis "Pour le cadre de vie de la rue Laurence Savart ". 

>> Les hauts quartiers de l'Est parisien font de la résistance.
 

 

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Parisperdu pour les nuls (1/5).

22 Juin 2010, 09:13am

Publié par barreteau


La collection "Pour les nuls" vulgarise tous les sujets… et Paris n'a pas été oublié: il existe un "Paris pour les nuls" par Danielle Chadych et Dominique Leborgne, deux historiennes de Paris.

 Le propos de Parisperdu n'est pas de rédiger un nouvel opus sur cette approche, mais peut-être d'en écrire un chapitre complémentaire, celui des quartiers Est de la capitale, en quelque sorte: un "Parisperdu pour les nuls" !

Toutefois, il ne s'agit pas non plus de proposer un guide exhaustif de l'Est parisien.
Nous nous contenterons de vous indiquer nos itinéraires préférés, les coups de cœurs de nos vagabondages …

Alors, pour celles et ceux qui auraient peur de ne pas être à la hauteur pour affronter ce Paris particulier, voici notre petit guide "Pour les nuls".

Pour les quartiers Est de la capitale, 8 sites nous paraissent mériter d'être mentionnés.
Mais pour les visiter, il faudra vous dépêcher … car tous sont en cours de mutations plus ou moins profondes … et pourraient bien dans un avenir proche s'ajouter à la longue liste du Paris disparu … Bien sûr, géographiquement parlant, ces quartiers ne vont pas être rayés de la carte, mais les transformations qu'ils connaissent ou vont connaître en changeront dramatiquement le visage et, selon nous, leur intérêt.


Voici donc notre sélection:

1.   Le haut Belleville
2.   Le bas Ménilmontant
3.   Le triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans
4.   La butte Bergeyre
5.   Vignoles–Planchat
6.   La place de Rungis
7.   Les Epinettes
8.   Autour du canal de l'Ourcq


Dans les prochains billets, nous vous dévoilerons les charmes, souvent cachés, de ces "hot spots" de notre "Paris pour les nuls".

A suivre donc …


> Voir aussi sur Parisperdu : "Balade hors des sentiers battus".

 

 

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Bettina Rheims voit Paris en Rose.

18 Juin 2010, 07:41am

Publié par barreteau


"Paris diadème, 2009"-Bettina Rheim ©- Courtesy: Galerie Jérôme de Noirmont.

 

Avec l'exposition "Rose, c’est Paris" , la Bibliothèque Nationale de France (BNF) rend hommage à une grande artiste, la photographe Bettina Rheims, et à son complice, écrivain, Serge Bramly.

"Rose, c'est Paris"  nous invite  à une traversée de notre capitale qui emprunte, tour à tour, à la flânerie baudelairienne et à l'errance surréaliste. Dans un Paris fantasmé du début du XXème siècle, dans un Paris insolite ou méconnu, volontairement atemporel, l'érotisme se mêle au mystère à travers une série de photographies en noir et blanc, peuplées de figures féminines énigmatiques.Le titre du projet s’inspire du pseudonyme que s’était choisi l’artiste. "Rose Sélavy"= "Rose séparée"=  "Rose, c’est Paris".

L’intrigue est la suivante : une jeune femme, B. cherche Rose, sa sœur jumelle, qu’elle prétend disparue. Tel est le point de départ d’une quête initiatique dans un Paris intime. Une centaine d’images et un film retracent le parcours de l’héroïne au cœur de la ville, pour une rêverie moderne inspirée du Paris de l’entre-deux-guerres.

"Rose, c’est Paris" se divise en treize épisodes dont le dernier verra B. faire le deuil de son double, devenant finalement Rose, … si elle ne l’a pas toujours été.


>> Le livre de l'Expo à la BNF Richelieu.

>> Bettina Rheims présente son exposition "Rose c'est la vie".

>> Mieux connaître la photographe Bettina Rheims.

 

 

 

 

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La Halle Freyssinet devient très tendance.

14 Juin 2010, 09:22am

Publié par barreteau

La Halle Freyssinet en fin d'exploitation par le SENAM, Juin  2005
 

Depuis le transfert du SERNAM, le service national des messageries de la SNCF, à Valenton dans le Val-de-Marne, en 2007, la halle Freyssinet était déserte et livrée aux tagueurs.

La halle, un des plus beaux exemples d'architecture industrielle de Paris, avait réussi malgré tout à échapper à divers projets plus ou moins heureux de reconversion.

Ainsi, le maire du 13ème et président de la SEMAPA, aménageur de la ZAC, était favorable à la découpe de la halle dans le sens de la largeur en rasant l'une des trois nefs, celle côté voies ferrées, au risque de fragiliser l'ensemble de la structure du bâtiment ce qui lui aurait été fatal.
A l'Hôtel-de-ville, on était plutôt partisan de l'amputation dans l'autre sens, celui de la longueur, sans préciser par quel bout on trancherait (côté rue du Chevaleret ou côté boulevard Vincent Auriol) ?

En réalité, ni l'un ni l'autre de ces décideurs n'avait de projet bien précis sur l'aménagement futur de la halle.
Il faut dire que le site est difficile à aménager car la complexité du faisceau ferroviaire entre la passerelle Charcot et le boulevard Vincent Auriol, avec ses deux niveaux de voies (aérien et souterrain), ainsi que la présence d'aiguillages interdit la construction de files d'appuis continus.
C'est d'ailleurs cette impossibilité qui a eu raison d'un autre projet, celui de l'implantation d'un Tribunal de Grande Instance. L'initiative du ministère de la justice verra finalement le jour sur le site des Batignolles ...

Pour la halle, la "solution" retenue a consisté  … à laisser les lieux en l'état.
La SNCF a donc sagement renvoyé, dos à dos, les maires de Paris et du 13ème, en louant la halle Freyssinet pour 5 ans à une entreprise spécialisée dans l'événementiel. Après des travaux de sécurisation et de mise aux normes, la halle accueille depuis quelques temps déjà: shows, défilés de mode, soirées privées, expositions, et autres réunions politiques ou commerciales ... avec un cachet mi-industriel, mi-underground. Très tendance donc !


Mais la halle Freyssinet continuera toutefois à se lézarder, sans avenir réel et aussi sans garantie quant à sa pérennité … Pourtant, la halle de l'ingénieur Freyssinet  mérite d'être préservée. 

Alors, rendez-vous dans cinq ans pour voir si un véritable projet de reconversion pourra enfin être adopté et savoir finalement si l'hypothèque de la démolition est définitivement levée   …



>> La Halle Freyssinet en 1999, 2005 et 2008.

>> La Halle Freyssinet, déjà sur Parisperdu.

>> La Halle Freyssinet, encore sur Parisperdu.


 

 

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Désertiques dorsales.

10 Juin 2010, 09:50am

Publié par barreteau

Avenue de France - Paris 13ème


Dès le début de l'opération Paris Rive Gauche, les architectes chargés d'aménager la ZAC se sont trouvés face à la configuration bancale du site dont les deux pieds ne sont pas au même niveau. L'un est perché sur de nouvelles avenues et l'autre sur le tapis ancien des voies ferrées.

L'aménagement d'un site ne pouvant se concevoir sans celui de son environnement, il aurait pu sembler nécessaire de couvrir les voies ferrées. Mais cette couverture est particulièrement hasardeuse dans ce secteur de Paris-Rive Gauche, puisqu'il faudrait "charcuter" sous les voies ferrées pour fonder les appuis d'une dalle. Mais là, en-dessous, il y a trois tunnels: deux pour le RER C et un autre qui permet de faire transiter les trains grandes lignes de la gare d'Austerlitz.  Comme les plafonds de ces trois tunnels ne sont pas en mesure de supporter le poids de la "dalle funéraire" de Paris Rive Gauche et de ses plantations rabougries et comme ils ne peuvent pas non plus être traversés par des piliers, vu la multitude des aiguillages à cet endroit: la "solution" a donc consisté … à laisser les lieux en l'état !

Ce qui nous vaut ces sinistres avenues, démesurées, longues comme un jour sans pain, surchargée sur un côté de bureaux aux dimensions brutales et bordées sur l'autre côté par le vide, avec en contrebas un univers où le rail est omniprésent, sale, bruyant, odorant …

Le "clou" de cet urbanisme bancal, ce sont les avenues de France et Mendès-France, deux désertiques dorsales. Avec leurs grilles et leurs lampadaires d'autoroute, elles longent les quatre équerres de la BNF et son esplanade des courants d'air … triste programme !

Au secours, rendez-moi mon vieux 13ème, celui de Tardi et de Léo-Mallet.



>> Une configuration bancale du site dont les deux pieds ne sont pas au même niveau.

>> La mémoire de la Nouveauté.

>>"Brouillard au pont de Tolbiac"  de  Léo Mallet et Jacques Tardi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Impossible retour.

6 Juin 2010, 09:04am

Publié par barreteau


J'ai voulu retourner au 30 de l'avenue du Docteur-Arnold-Netter, dans le 12ème arrondissement. Je voulais retrouver le charme de ce long passage qui borde l'hôpital Trousseau, respirer à nouveau l'air de ce lieu caché, insolite, hors du temps …

Mais cette fois, je me suis heurté au lourd portail métallique, maintenant définitivement fermé alors qu’autrefois, il était constamment grand’ ouvert.
Pourtant ce portail ne masque plus rien car, en 2006, la ville a exercé son droit de préemption sur ce lieu, au motif de la "création d'un équipement d’intérêt général". Un nouvel accès aux extensions de l'hôpital Trousseau, a alors été créé à la place du bucolique passage qui jusqu’alors abritait de petits ateliers et de modestes logements.


Le modernisme ambiant du nouvel espace a totalement défiguré l’endroit et tout espoir de retour vers les sensations que véhiculait l'ancien passage est définitivement impossible.

Ce brutal changement fut pour moi comme un choc, et une totale surprise tant je n’avais pas prévu une telle métamorphose … et pourtant, le nom du café mitoyen aurait pu m'alerter !
Sur son enseigne, il est écrit : "L'imprévu".




>> Voir aussi : 30, Avenue du Docteur-Arnold-Netter.

>> Le passage du 30, Avenue du Docteur-Arnold-Netter, aujourd'hui.


 

 

 

 

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" La nuit n'est pas le négatif du jour ... "

2 Juin 2010, 09:25am

Publié par barreteau

Place de la Bastille – Paris, mars 2005, "Hommage à Brassaï".

 

Il a fixé à jamais l'image d'un Paris nocturne. Il a utilisé comme personne l'objectif pour capter l'atmosphère fascinante des nuits parisiennes. Il nous a livré de poignants paysages nocturnes, témoignages de ses longs vagabondages dans le Paris excentrique de la nuit, loin des sites connus. La plupart du temps, il sillonnait les rues seuls, mais parfois, il était accompagné d'amis noctambules comme Henry Miller, Raymond Queneau ou Léon-Paul Fargue …

En 1932, il écrit: "C'est pour saisir la beauté des rues, dans la pluie et le brouillard, c'est pour saisir la nuit de Paris, que je suis devenu photographe."

Et quel photographe ! Un homme sans cesse à la recherche d'images toujours plus insolites, plus inquiétantes, traçant des silhouettes interlopes du pavé parisien sous la lumière incertaine d'un réverbère.

Avec Brassaï, puisse que vous aviez compris que c'était de lui qu'il s'agissait, ce Paris arpenté nuitamment, devient la capitale mondiale du rêve et de la poésie. Amoureux de cette ville, on comprend qu'il veuille la protéger lorsqu'il écrit, la même année: " On est en train de tuer l'âme de Paris; sous prétexte de supprimer des îlots insalubres, on abat ce qui faisait le charme de la capitale; sous prétexte de dégager des monuments, on démolit les rues qui leur donnent un sens. A tout prendre, j'aimerais qu'on démolisse les monuments et qu'on respecte les rues. Il n'y a pas de musées pour les rues."

Presque quatre-vingt ans plus tard, ces mots restent d'une brûlante actualité, et c'est pourquoi Parisperdu veut s'associer à cette démarche, à ce regard, à cette pertinente acuité …. Merci Monsieur Brassaï !


>> Gyula Halàsz, dit Brassai : "Paris, Avenue de l'Observatoire" 1934.

>> "Paris la nuit" de Brassaï, 1932 - Préface de Paul Morand: "La nuit n'est pas le négatif du jour".

 

 

 

 

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