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PARISPERDU

Frank Horvat… toujours à la mode !

21 Février 2023, 09:06am

Publié par barreteau

Frank Horvat… toujours à la mode !

Boîte d'archive du reportage-shooting "Paris, shoe and Eiffel Tower" (1974) © Frank Horvat

 

Né en 1928 en Italie de parents juifs originaires d’Europe Centrale, Frank Horvat s’installe en France à la fin des années 1950, année où il rencontre Henri Cartier-Bresson, qui le détermine à adopter le Leica.

À partir de 1957 et jusqu'en 1975, il applique son expérience de reporter à la photographie de mode, avec un style plus réaliste et moins guindé que celui des magazines de l’époque. Ses publications dans Elle, Vogue et Harper’s Bazaar, en Europe comme aux États-Unis, influenceront durablement le genre — tout en lui attirant les foudres de Cartier-Bresson, pour qui sa façon de photographier relève "du pastiche".

Après des essais photographiques entrepris sans commande : "Portraits d’arbres", "Vraies Semblances" et "New York" sont trois projets presque simultanés, à la fois divergents et complémentaires. Par rapport à l’orthodoxie "cartier-bressonienne", ils représentent cependant une nouvelle transgression — puisque les trois sont en couleur.

Puis, souffrant d’une affection des yeux, il passe temporairement de la photographie à l’écriture.

Les années 1990 le conduisent à une rupture encore plus radicale, par l’utilisation de l’ordinateur et des manipulations qu’il permet. Horvat explore alors un territoire entre la photographie et la peinture – une recherche qui suscite autant d’objections que d’acclamations, et que lui-même abandonne par la suite, pour se limiter à des interventions plus subtiles, que seul l’ordinateur permet, mais qui restent dans le registre de l’"instant décisif". Quoi qu’il en soit, ces expériences sont en avance sur leur temps et aussi innovatrices que l’avait été l’utilisation de sa technique du reportage pour la mode.

Durant ses dernières années, Frank Horvat, appareil en poche, continuait de documenter son quotidien et regroupe grâce à l'édition de ses Livres Blancs les différentes périodes de sa vie photographique.

Frank Horvat nous a quitté le 21 octobre 2020.

 

>> En écho à cette image de Frank Horvat, découvrez une photo de Lily Franey, photographe humaniste, sur le thème du poème "Tout dire" de Paul Eluard, Lily Franey nous montre cette image : "Cité du Val de Marne" (1991).

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Belote à Belleville et Manille à Marseille !

2 Février 2023, 14:08pm

Publié par barreteau

Belotte à Belleville et Manille à Marseille !

En haut : "Partie de cartes en plein air, rue Botzaris", Paris 1952 ©Willy Ronis

En bas : Image extraite du film "Marius" de Marcel Pagnol- Séquence de la "Partie de cartes"-1931

 
Ronis connaissait-il les œuvres où Cézanne met en scène quatre, puis trois et finalement seulement deux joueurs de cartes sur sa dernière toile ?
Oui vraisemblablement car Ronis avait au moins connaissance de certaines reproductions de ces toiles. Pour autant, avait-il en mémoire les tableaux de Cézanne au moment d'appuyer sur le déclic ? Là, cela est moins sûr…

Ce qui est sûr par contre c'est qu'il a souvent cherché à photographier des joueurs de cartes car ils entrent pleinement dans les scènes populaires qu'il affectionne tant.

Dans sa moisson de photos récoltées dans les quartiers populaires, j'ai identifié cinq photos de Ronis montrant des joueurs de cartes :
- "Café, rue des Cascades, Ménilmontant" - Paris, 1948
- "Café, place d'Aligre", Paris, 1952  
- "Partie de cartes en plein air, rue Botzaris", Paris 1952
- "La belote", Paris, 1954
- "La partie de Tarot, Joinville le Pont ", 1991.

A Marseille, il est neuf heures du soir. Dans un petit café, Escartefigue, Panisse, César et M. Brun sont assis autour d'une table. Ils jouent à la manille.
Escartefigue regarde son jeu intensément, et, perplexe, se gratte la tête. Tous attendent sa décision. Panisse précise alors : "C'est ce coup-ci que la partie se gagne ou se perd".
Escartefigue renchéri : "C'est pour ça que je me demande si Panisse coupe à cœur ? Moi, je connais très bien le jeu de manille, et je n'hésiterais pas une seconde si j'avais la certitude que Panisse coupe à cœur".
Panisse : "Eh bien ! Réfléchis en silence... Et ils se font encore des signes ! Monsieur Brun, surveillez Escartefigue, moi, je surveille César."
César : "Tu me surveilles moi, comme un tricheur. Je ne dis pas que je vais pleurer, non, mais moralement, tu me fends le cœur". Et s'adressant à Escartefigue : "Alors, à moi, il me fend le cœur. Et à toi, il ne te fait rien ?
Escartefigue pousse un cri de triomphe. Il vient enfin de comprendre, et il jette une carte sur le tapis. Panisse le regarde, regarde César, puis se lève brusquement, plein de fureur. "Est-ce que tu me prends pour un imbécile ? Tu as dit :  Il me fend le cœur pour faire comprendre que je coupe à cœur. Et alors, il joue cœur, parbleu" !

 

>> Les joueurs de cartes, tableaux de Paul Cézanne.

 

 

 

 

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