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PARISPERDU

La photo de Willy Ronis fait débat.

27 Juillet 2009, 11:10am

Publié par barreteau

Image © AFP

 

 

Quand l'AFP va en Arles pour couvrir l'édition 2009 des Rencontres photographiques, elle s'intéresse - quoi de plus normal -  à l'invité d'honneur, le doyen des photographes français Willy Ronis, 98 ans.  

 

Gérard Julien, le photographe de l'Agence fait son métier et prend plusieurs images de Willy Ronis. Mais photographier un maître de la photo n'est pas si aisé. Le respect qu'on lui voue a naturellement quelque chose d'intimidant et forcément, au moment d'appuyer sur le déclic, un petit frisson vous parcourt le corps …

 

L'AFP, proposera donc avec son interview plusieurs portraits du Maître. Mais le vieil homme, ne se déplace plus qu'en fauteuil roulant, et là est la question : plan large, plan serré, fauteuil dans ou hors cadre … le débat est ouvert, que faut-il choisir ?

 

Par respect, je dirais même par amitié pour Willy, ma réponse est celle du plan serré : une image où Willy nous délivre un franc sourire et des yeux pleins de malice, montrant qu'il a gardé toute sa vivacité d'esprit.

Pourtant ce n'est pas le choix que feront la quasi-totalité des journaux qui reprendront l'article de l'AFP. La chasse au sensationnel est leur credo et l'unique photo qui sera bien souvent publiée est celle d'un Willy Ronis dans son fauteuil roulant, la tête renversée et le visage pâle. Un Willy un peu fatigué, accusant bien sûr le poids des ans, mais surtout las d'être traqué par une multitude d'objectifs sous des angles quelque peu indignes. Oui indignes car Willy qui n'a jamais recherché le sensationnel, qui a toujours su montrer l'homme, même le plus miséreux, sous son meilleur jour … oui Willy méritait mieux que cela.

Si d'ici fin Août, vous passez par Arles, vous pourrez facilement vous en rendre compte …
 

 

>> La Photo qui fait débat /  Image © AFP

 

>> Déjà dans Parisperdu : "Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles".

 

 

 

  

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La fille de Quéribus.

23 Juillet 2009, 17:10pm

Publié par barreteau


Hier, ce fut comme une apparition : une jeune fille, seule, un peu perdue au milieu du vieux château, à 728 mètres d'altitude, face à l'immensité de la plaine …

Immédiatement cette image en appelait une autre et, en écho, me revenait l'image de "La fille de Bercy", elle aussi seule sur la terrasse surplombant le fleuve, face à la démesure de la Très Grande Bibliothèque …


>> En écho, dans Parisperdu : "La fille de Bercy".

 

 

 

 

 

 

 

 

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Balade hors des sentiers battus (3/3)

19 Juillet 2009, 09:37am

Publié par barreteau

Square Vaillant / Rue du Japon –Paris 20ème

 

Paris, un jour de juillet.

17 heures, place Gambetta.

 

C'est l'heure idéale pour aborder ce quartier "en bout de piste", coincé entre le verdoyant cimetière du Père Lachaise et de petits tertres urbains.

Dès que vous atteignez la place Gambetta, instantanément,  vous allez vous croire dans le centre ville d'une sous-préfecture de province. Il vous semble même que vous pourriez rencontrer des figures déjà vues ailleurs, tant les gens semblent ici moins pressés, plus abordables que dans le centre historique.

Face à la place Martin Nadeau, la terrasse d'un café est bien attirante. N'hésitez surtout pas à vous y arrêter: vous avez devant vous la monté vers la rue Gasnier-Guy et le nouveau square qui occupe le secteur détruit de la rue de la Cloche. Là vivait, il y a encore peu de temps, tout un quartier populaire qui s'étendait jusqu'à la rue des Partants et à celle des Amandiers …

 

"Quand on questionne le passé, il répond présent !" disait Sacha Guitry. Eh oui … car ici la nostalgie vous guette nécessairement : tant de choses ont changé … Ceux qui sont venu ici, il ya 10 ans, 15 ans ne reconnaitront rien …
 

Pour vous replonger dans la vie d'aujourd'hui, le mieux sera de terminer cette journée de balade au Square Vaillant, derrière la mairie du 20ème. Tout autour de l'élégante serre, des enfants de toutes nationalités s'adonnent à des jeux de leur âge, en toute insouciance … Passer ici quelques instants à les observer est un réel délice.
 

Le soleil commence à décliner, il est temps de rentrer, les pieds bien fatigués, mais le cœur léger et l'esprit enrichi d'images, de rencontres, d'émotions accessibles seulement à ceux qui n'hésitent pas à cheminer dans la capitale, hors des sentiers battus …

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Paris, guide à l'usage du touriste averti".

 


>> Voir aussi sur Parisperdu :Balade hors des sentiers battus ... (2/3)

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Rue de la Cloche".

 

 

 

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Balade hors des sentiers battus (2/3)

15 Juillet 2009, 10:08am

Publié par barreteau

 

 

Paris, un jour de juillet.

Midi, parc de Belleville - Paris 20ème.

 

C'est peu avant midi, que vous allez atteindre le haut de la rue Piat et que vous pourrez découvrir de son belvédère, une grande partie de Paris à vos pieds. Avec le soleil au zénith, la ville, inondée de lumière, semble irréelle tant le calme qui règne ici est profond, aucun écho du vacarme assourdissant de la capitale ne parvient jusqu'à vous.


Descendez alors les allées du parc, en cheminant près des bassins et des cascades qui vous apportent tant de fraîcheur, observez les jeux des enfants sur les toboggans ou près des points d'eau, autoriser-vous un regard furtif vers les langoureuses étreintes des amoureux assis sur les bancs ou à même le gazon …
 

En remontant vers le haut du parc, par l'escalier qui part de la rue des Couronnes, vous allez sans doute commencer à ressentir une petite faim, mais surtout fuyez le café Bobo, même s'il semble dire qu'après tout, ce n'est pas "La Mer à Boire " …
Allez plutôt casser la croûte au vieux Belleville ou, si le temps vous presse, optez pour un sandwich à la boulangerie du coin de la rue du Transvaal.
Le ventre plein, les charmes du haut-Belleville s'offrent à vous : perdez-vous dans les passages, les cités, les ruelles, les rues qui respirent encore l'air d'autrefois: rue des Cascades, rue de l'Ermitage, rue des Soupirs …

Il serait bien étonnant que vous ne rencontriez pas quelques artisans, artistes ou commerçants prêts à vous montrer leurs savoir-faire et à engager avec vous la conversation sur leur quartier, sur ce haut de Belleville qu'ils aiment tant.

 

A suivre …

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Paris ... à dimension humaine".
 

>> Voir aussi sur Parisperdu : Balade hors des sentiers battus ... (1/3)

 

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Balade hors des sentiers battus (1/3)

11 Juillet 2009, 08:53am

Publié par barreteau

Bar "Le Pont tournant", Angle du quai de Jemmapes et de la rue de la Grange aux Belles.
Paris 10ème – 1996


Paris est un réservoir infini d'images et de sensations. Pour vous en abreuver, il vous faudra l'arpenter d'ouest en est, du nord au sud, marcher sans cesse pour espérer, tel Léon-Paul Fargue, devenir un véritable "piéton de Paris", et peut-être alors pouvoir suivre ses fantômes.

Au cours de ces promenades, le marcheur va s'imprégner d'un parfum rare, un peu celui des photos de Doisneau ou de Willy Ronis, celui du promeneur résolu à prendre son temps et à ouvrir grand les yeux.
Voici l'exemple d'une balade parisienne hors des sentiers battus... lors d'une journée bien remplie :

Paris, un jour de juillet.
Départ, 6 heures du matin.

Un plan de Paris en poche, vous éviterez les coins trop fréquentés : Saint- Germain, les Champs, le Trocadéro, ou trop chics, Passy, le Marais ...
Vous foncerez plutôt, face au soleil levant, en direction des hauts quartiers de l'Est parisien.

Dès que vous aurez atteint le canal Saint-Martin, il conviendra de mettre votre esprit en éveil, de guetter le plus humble détail, chaque cillement des paupières lourdes de la ville encore endormie. Là, vous pourrez contempler les couleurs fauves de l'un de mes paysages parisiens de prédilection, cher aussi à Eugène Dabit, peintre et auteur de L'Hôtel du Nord. Vous longerez le canal, vous l'enjamberez par ses passerelles aériennes, vous écouterez le bruit de l'eau s'échappant des écluses et admirerez la majestueuse courbe de cette voie argentée …

N'hésitez pas alors à pénétrer au "Bar du Pont Tournant", un des cafés encore fréquenté par les mariniers. Là, malgré l'heure matinale, les marmites de moules-frites, se vident aussi vite que les ballons de blanc. Un rouquin barbu m'apostrophe dans une langue que je ne comprends pas, en m'adressant un clin d'œil appuyé. Plus loin, vous devez pouvoir assister au même genre de spectacle dans les cafés, les brasseries, les troquets et les bistrots qui se font face de chaque côté du canal, juste avant le bassin de La Villette et sa jonction au canal de l'Ourcq.

A suivre...
 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux"


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Willy Ronis fête ses 99 ans aux Rencontres d'Arles.

7 Juillet 2009, 09:18am

Publié par barreteau


Paris est sans conteste l'un des grands thèmes de Ronis, ses images éclectiques et abondantes, se répondent et se croisent, dans une danse de vie placée sous le signe de la liberté. Le "photographe-polygraphe", comme il se nomme lui-même, fut en effet toujours guidé par le seul souci de s'affranchir des contraintes et des modes. Un artiste autonome, en recherche constante de l'authenticité.

Ronis nous montre simplement les choses et les êtres comme ils sont, comme ils vont, comme ils viennent dans ce Paris, où il va au hasard de la vie, de la ville, "pour provoquer des images", comme il le dit joliment.


"Paris, c'est mon sang!" ajoute-t-il. Dans les quartiers populaires de Belleville, de Ménilmontant, mais dans beaucoup d'autres aussi, il parcourait les ruelles vétustes, les arrière-cours, les squares, les friches urbaines, fixant sur la pellicule les petits métiers, les jeux des enfants, les fêtes foraines et les bals...


Rien de laid ni de vulgaire n'apparaît jamais sur les photos de Ronis. Tout est joie et espièglerie, douceur et volupté, légèreté et humour. Même lorsqu'il traite de sujets difficiles - la pauvreté, par exemple -, il parvient à distiller ce je-ne-sais-quoi de "bonheur malgré tout" et d'humaine tendresse.

Ronis fêtera ses 99 ans aux Rencontres de la Photographie d'Arles, où une rétrospective lui est consacrée. Le doyen des photographes français, a passé trois quarts de siècle à promener son regard bienveillant parmi les hommes, leurs destins, leurs joies et leurs misères. Aujourd'hui qu'il n'exerce plus ses talents, il garde encore cette capacité à s'émerveiller sur le monde, à croire en l'avenir, à ne rien regretter de ce qu'il a vécu.

Mais comment regretter une vie passée à ouvrir grands les yeux, pour faire en sorte que l'ordinaire se révèle extraordinaire ?

 

>> Ecoutez Willy Ronis sur son parcours, sa vision de la photographie, ...

>> Parisperdu et Willy Ronis.


 

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Etrange banalité ...

2 Juillet 2009, 08:22am

Publié par barreteau

Rue Myrha - Paris 18ème

 

A la sortie des bistrots, malgré la nuit, la lumière est à son intensité maximale, elle explose de tous côtés … Elle s'étalera sur toute la surface de la photographie et les plus fins détails percuteront le devant de la scène.

Les hommes, toutes générations confondues, sont ici les plus nombreux. En attente, solitaires ou par petits groupes de deux ou trois, ils sont seuls dans la cité qui les entoure, perdus dans la ville, perdus dans la vie.

Ces individus ponctuent notre parcours dans ce quartier "chaud" de la Goutte d'or. Leurs regards à l’agressivité préventive indiquent qu’ils sont ici chez eux.
Certains "deal", d’autres, moins nombreux ou moins visibles, guettent et surveillent les prostituées. D'autres encore sont là, appuyés au mur qui forme un arrière-plan plus sombre, sans ouverture, rendant possible l’adossement, le contrôle de l’arrière, et donne, malgré la pénombre, un champ de vision longitudinal lointain. Quelques uns sont enveloppés par la lumière artificielle, des ombres marquent leur visage et leur donnent d'affreux rictus.

Ces situations qui ailleurs pourraient sembler bizarres, décalées, paraissent ici normales, naturelles.
Chaque nuit, à la Goutte d'or, règne une étrange banalité …



>> Déjà sur Parisperdu : "Eva yé t'aime".

>> Déjà sur Parisperdu : "Perspective à la Chapelle".



 

 

 

 

 

 

 

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