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PARISPERDU

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Le petit triangle rouge.

25 Août 2025, 09:10am

Publié par pierre barreteau

Carrer dels Mercaders, Girona Espagne (août 2025)

 

En ce mois d'août il fait chaud, très chaud dans le centre-ville de cette cité catalane.
La Carrer dels Mercaders est une large rue piétonne bordée sur toute sa longueur de cafés, de restaurants et de commerces divers… Le centre de cette artère piétonne est ponctué çà et là, de confortables bans mixant harmonieusement le bois et le métal.  

Sur la partie ombragée de la "Carrer" ces bans affichent souvent complet alors que sur la partie ensoleillée ils ne sont que rarement occupés, à l’exception de quelques ados qui osent braver un soleil de plomb !
Et c’est justement là que j’aperçois ce petit triangle rouge…

>> String

ou

>> Queue de baleine.

 

 

 

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Commémoration des 150 ans de la Commune à Port-Vendres

7 Septembre 2021, 08:20am

Publié par barreteau

 Commémoration des 150 ans de la Commune à Port Vendres

 

La Commune de Paris est réprimée et écrasée durant la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871, pendant laquelle près de 20 000 Communards trouvent la mort. Les survivants sont souvent déportés. A la suite d’une campagne menée notamment par Victor Hugo, en mars 1879 des mesures d’amnistie très partielles sont prises et près de 1500 communards, de retour de déportation de Nouvelle Calédonie débarqueront à Port-Vendres en septembre de cette même année par différents bateaux.

Les 72 jours de la Commune de Paris et ses mesures ont profondément marqué l’histoire et la réalisation des conquêtes sociales dont ils ont été un précurseur, en témoigne l’accueil que la population de Port-Vendres fera aux déportés arrivés par les différents bateaux.

Pour commémorer les 150 ans de la Commune et l’arrivée des communards à Port-Vendres et l’association Port-Vendres des Paquebots organisent une exposition, gratuite, pendant une semaine du 11 au 18 septembre2021, dans la salle d’exposition du Fer à Cheval.

 

 

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L'attente fût longue ….

13 Novembre 2020, 18:40pm

Publié par barreteau

L'attente fût longue ….

 Place de l'Obélisque PORT-VENDRES 66660 : Mise en place de la nouvelle Statue, le 9 novembre 2020

 

Il y a exactement 15 ans, le 14 novembre 2005, j'écrivais ici : "Depuis quatre ans, j'alerte - sans succès - les maires successifs de Port-Vendres sur l'état de dégradation de plus en plus dramatique du monument aux Morts de leur ville, une œuvre originale de grande valeur, sculptée par Aristide Maillol en 1922.

Cet abandon n'est acceptable d'aucun point de vue : artistique, culte du souvenir, patrimoine local et national. Si personne n'y prend garde, l'œuvre originale, sculptée par Maillol, déjà fortement dégradée et mutilée, tombera définitivement en ruines ! Il est urgent d'intervenir".

L'urgence fut toute relative car ce n'est que depuis une semaine qu'une solution a enfin été trouvée. En effet, le 9 novembre 2020 a été mis en place un tirage d'après les moules de l'original de la statue d'Aristide Maillol et cela grâce à l'action de l'Association "Aimons Port-Vendres" et la réalisation de la Fondation Maillol/Galerie Dina Vierny à Paris.

La nouvelle sculpture en résine chargée de poudre de pierre s’harmonise fort bien avec l’appareillage de pierres blondes de l’escalier monumental de la place Louis XVI et aussi avec l’obélisque en marbre clair ; le tout baigné par la merveilleuse lumière de la Côte Vermeille.

Que l'attente fût longue, très longue … mais aujourd'hui, le projet de remplacement de la statue, enfin arrivé à son terme, est une réussite totale.

 

>> En savoir plus sur la genèse et la réalisation du projet.

>> La nouvelle statue vue de face.

>> La nouvelle statue vue de dos.

 

 

 

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Corbère de Dalt.

25 Août 2014, 11:04am

Publié par barreteau

 Corbère de Dalt_rue principale

Dans sa série de  billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies" , Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris. Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie.
Dans le sud de la France, après Périllos, un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; après Comes un village abandonné suite aux terribles périodes de sécheresse des années 20; après Flassa, un autre village abandonné qui gît, posé sur la pente ... dans un paysage magnifique... après En qui a connu un abandon progressif; et aussi après le village de Roupidère … un village oublié puis récemment redécouvert, Parisperdu a visité Corbère de Dalt, un village ruiné au pied de son château superbement restauré.
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.


 

Sur la colline  abrupte, seul le château a survécu. Il est là superbe, altier … mais il ne protège plus que des fantômes, des pans de murs sombres et fragiles, offerts à la broussaille et aux chênes verts … Ceux-là ont dévoré une grande partie du village déserté par ses habitants. Quel appétit !
Et désormais, il n'y a plus âme qui vive dans le village de Corbère de Dalt (Corbère du haut), l'ancienne rue principale serpente le long de vestiges mais reste définitivement vide.

Une cinquantaine de maisons aux façades en cayroux, aux ouvertures en plein cintre et aux placards ouverts dans les murs…  tiennent pourtant encore plus ou moins debout et parmi elles, quelques hautes  bâtisses ont encore fière allure. Elles sont plus hautes que larges puisque leur largeur se limite souvent à une seule pièce. Ainsi, elles s’étagent mieux sur la forte pente et s’agglutinent plus aisément en bordure de la rue.

Mais partout les ronces et la garrigue forment un épais tapis et les arbres qui ont poussé dans les cuisines et les chambres des habitations ruinées, ont aujourd'hui pris  la place des anciens habitants …

Il aura fallu à peine une centaine d'années pour venir à bout de Corbère de Dalt, encore habité au début du XXème siècle. Car le pays devenu tranquille, à quoi bon rester sur cette colline sévère. Les hommes sont alors descendus vers les "cortals" - les étables - un peu plus bas dans la plaine. Ils se sont rapprochés des bêtes, de l'eau, et des autres hommes … alors là-bas, tout en bas, un nouveau Corbère, sans Dalt, a vu le jour.


>
> Autres vues du village ruiné.

>> Vue de Corbère de Dalt, vers 1900-1905.

 

 

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De Paris à Rennes-le-Château.

23 Septembre 2013, 12:45pm

Publié par barreteau

Rennes-Le-Château (Aude): chapelle privée de l'abbé Bérenger Saunière

J'étais récemment à Rennes-le-Château.
Perché sur un oppidum qui domine un paysage grandiose, le lieu ne peut laisser personne indifférent. Dans le petit bourg qui vit au rythme parfois frénétique de visiteurs venant, tous les ans, par centaines de milliers, on sent bien qu'ici, il s'est passé quelque chose.

Mais que vient-on donc voir ici ?

Une église richement décorée, une tour néo-classique, le vieux château de Rennes toujours debout … et ce serait donc tout ? Non, il y a beaucoup plus, il y a quelque chose d'assez indéfinissable : une atmosphère nimbée de mystères … oui de beaucoup de mystères !

Parmi ces mystères, il y a celui-ci : comment a-t-on pu, par exemple, lier Rennes-le-Château et l'Eglise Saint-Sulpice à Paris?
Tout simplement parce que Gérard de Sède, l'auteur de "L'Or de Rennes ou la vie insolite de Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château",  prétend que Bérenger Saunière est venu à Paris, précisément à l'église Saint-Sulpice, pour faire traduire les fameux parchemins qu'il aurait découverts au cours des travaux dans son église.

Or, rien ne permet d'affirmer ou infirmer que le fameux curé de Rennes-le-Château se soit réellement rendu
  ou non à Paris.
On peut donc être circonspect sur cette hypothèse qui ne repose en effet sur aucun fait réel.

Et pourtant ... le "Da Vinci Code", le best seller mondial de Dan Brown enfourche cette idée, … même si l'auteur ne cite pas une seule fois le nom de Rennes-le-Château dans son roman, de nombreux éléments attirent immédiatement l’œil des connaisseurs de l'affaire.

Alors, Dan Brown se serait-il inspiré du mystère de Rennes-le-Château pour écrire son roman ?  Vu les nombreux points de ressemblance entre les deux histoires, le doute n'est plus permis. Toutefois, je vous laisse  juge.

Mais pour cela, après avoir arpenté l'église Saint-Sulpice et ses nobreuses chapelles, il vous faudra, tout comme moi, vous rendre dans ce petit village perdu au cœur de la haute vallée de l'Aude !


>> Voir aussi : " Saint-Sulpice entretien le mystère"

 

 

 

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Roupidère, un village récemment redécouvert.

30 Août 2013, 09:49am

Publié par barreteau


Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies" , Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris. Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie.
Dans le sud de la France, après Perillos, un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; après Comes un village abandonné suite aux terribles périodes de sécheresse des années 20; après Flassa, un autre village abandonné qui gît, posé sur la pente ... dans un paysage magnifique... et aussi après En qui a connu un abandon progressif … Parisperdu a visité le village de Roupidère… un village oublié puis récemment redécouvert.
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.


C'est au kilomètre 22 que l'on prend la piste qui s'engage sur le plateau granitique. Il faut ensuite trouver cet étroit sentier sur lequel maintenant Georges avance d'un pas décidé.

Nous ne pouvions avoir de meilleur guide que Georges, édile du village d'en-bas. Car là-haut, sur le plateau de Roupidère, en quête du village abandonné, aucune indication ne permet de trouver l'ancien lieu de vie.

Roupidère, dont le nom est dérivé du latin "rupes" (rochers), est également appelé "Ropidère" ou "Les Cases". Le lieu ne comporte que quelques habitations ruinées que l'on ne savait plus précisément situer au sein de l'épaisse garrigue qui couvre le plateau. Jusqu'à ce jour d'août 2005 où un gigantesque incendie a permis de mettre à jour le village.

Au Moyen-âge, les maisons et leur église constituent un village assez important car il existe à Roupidère un village d'amont et un village d'aval, avec donc une rue haute et une rue basse. Roupidère continuera d'exister ainsi jusqu'au XVIe siècle.

Mais, dès les années 1370/1380, le village est menacé par les pillards, issus des Grandes Compagnies de Du Guesclin, qui sèment la terreur dans toute la région.
Avec l'arrivée des pillards, beaucoup d'habitants de Roupidère se refugièrent à Rodès, sous la protection de son imposant château.

Vers 1550 la population de Roupidère n'est plus que d'une dizaine de personnes, la mort du village est proche. La peste noire finira de l'achever quelques années plus tard.
Puis, pendant des siècles, on oubliera même son nom !  On l'appellera de façon très anonyme "Les Cases", signifiant ainsi qu'en ce lieu il y a des maisons.

Aujourd'hui, du village, il nous reste les vestiges de ses habitations détruites depuis bien longtemps. Son église dédiée à Saint Félix (Sant Feliu) est éventrée de toutes parts mais son abside semi-circulaire est encore bien visible. Seuls s'élèvent fièrement, les restes d'une tour de défense accolée à la partie orientale de l'église.

Tout autour, le panorama est somptueux, extraordinaire … avec le Canigou en toile de fond. C'est dans cet environnement grandiose que Georges nous contera la vie de labeur de ses anciens sur cette terre isolée. Et si Georges a tout d'un historien érudit, il est aussi poète à ses heures. L'ode à l'amour du Canigou, qu'il a composée en est un témoignage vibrant. 

Et là, adossé à l'église de Roupidère, face au mythique sommet catalan, nulle part ailleurs qu'en cet endroit, les vers du poème de Georges n'auraient pu sonner aussi juste …


>> Au kilomètre 22, le 22 août 2005 …

>> Église Saint-Félix de Roupidère …

>> Georges, adossé à l'église de Roupidère, lit son ode au Canigou …

 

 

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Aller-retour de Montmartre à Gruissan ...

20 Octobre 2012, 11:11am

Publié par barreteau

 


En balade dernièrement dans le joli village audois de Gruissan, je découvre, dans une niche face à l'église, ce buste du chevalier Jean-François de La Barre.
Un peu comme à Montmartre donc, où une statue en pied du dit Chevalier jouxte la basilique du Sacré Cœur.

Rappelons-nous qui était le chevalier de La Barre ?

Le 1er juillet 1766, ce jeune aristocrate de 19 ans a le poing coupé et la langue arrachée avant d'être décapité et finalement jeté au bûcher.
Vous allez me demander quels crimes odieux avait-il donc commis ?

Eh bien, il n'aurait pas retiré son chapeau au passage d'une procession, et aurait aussi vandalisé un crucifix… On comprend alors que ce personnage soit devenu, pour les tenants de la laïcité, un symbole de l’intolérance religieuse.

A Gruissan, c'est en 1931 qu'un comité de libres penseurs place, en l'honneur de Jean-François de La Barre, face à l'église, ce buste que je viens de découvrir.
Si le monument de Gruissan ne manque pas de rappeler celui de Paris, il en existe un troisième, érigé en 1907 à Abbeville, sur la place-même où  le jeune homme fût supplicié.


>> En savoir plus sur le chevalier de La Barre.

>> ... aller encore plus loin.

>> Le Chevalier de la Barre à Montmartre.

 

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En, Pyrénées-Orientales: un hameau abandonné.

27 Août 2012, 10:04am

Publié par barreteau

Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies" , Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris. Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie.
Dans le sud de la France, après Perillos, un village perdu des Corbières, après Celles
un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; après Comes un village abandonné suite aux terribles périodes de sécheresse des années 20; après Flassa, un autre village abandonné qui gît, posé sur la pente ... dans un paysage magnifique...
Parisperdu a visité le village d'En. (Prononcer "N").

Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.



Au départ de Nyer, le sentier pierreux est abrupt, direct, sans concession pour le marcheur. Un panneau en bois indique: "En : 30 minutes". Il en faudra bien plus pour apercevoir les premières maisons ruinées de ce village perdu.

En (Prononcer "N") s'est peu à peu désertifié, un abandon progressif: d'abord par manque d'eau, puis par l'attrait de la riche plaine, vue comme un remède à la pauvreté qui régnait ici depuis la fermeture des mines de fer d'Escaro qui assuraient un salaire aux familles de la région.

A son apogée, au début du XIXème, 65 habitants vivaient au hameau. Mais entre les deux guerres, En ne comptait plus que 3 familles, dont les enfants allaient à l'école à Nyer, à pied.

Puis, en 1955, le village est définitivement abandonné, les derniers habitants descendent habiter Nyer. Les herbes envahissent alors rapidement les anciennes cultures, et beaucoup de maisons vont s'écrouler. Une communauté de hippies squattera les lieux dans les années 70, laissant après son départ, un champ de ruines et de détritus. 


Deux natifs du village de Nyer ont entrepris de restaurer des maisons, l'un a terminé son ouvrage, l'autre en a encore pour deux ans. La grande bergerie aussi devrait être reconstruite.

Mais pour autant, le village n'est pas prêt à reprendre vie car, depuis le départ des derniers habitants, les conditions de vie se sont durcies à En.
Plus d'électricité, la ligne en 110 volts a été coupée il y a bien longtemps. Plus d'eau non plus, car la source qui approvisionnait chichement le village a été détournée, plus haut vers un réservoir anti-incendie. Aussi le lavoir, pourtant parfaitement restauré, reste aujourd'hui désespérément à sec.
Seuls des troupeaux de bovins font une étape dans les rues du hameau et les prés alentours, avant et après la période estivale, laissant derrière eux une multitude de bouses qui finissent par sécher au soleil …


Mais, légèrement à l'écart, seule, isolée dans un grand pré jauni, perchée sur son promontoire, reste le joyau du village: l’église romane Saint Just et Saint Pasteur du XIIe siècle, avec sa nef unique, son abside semi-circulaire et son mur clocher.

Ici, près du sanctuaire, comme dans le village abandonné, les dernières traces humaines se font rares: seuls les restes de trois tombes anonymes émergent du terre-plein du petit cimetière …



>> L’église Saint Just et Saint Pasteur d'En, le joyau du village.

>> Balade dans le village d'En.

 

 

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Flassa : si loin de tout.

26 Août 2011, 08:41am

Publié par barreteau

Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies" , Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris. Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie.
Dans le sud de la France, après
Perillos, un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; après Comes un village abandonné après de terribles années, entre 1921 et 1926, quand la sécheresse eût raison, saison après saison, de chaque récolte; Parisperdu a visité Flassa, un autre village abandonné qui gît là, posé sur la pente ... dans un paysage magnifique...
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.



Il faut marcher longtemps, grimper surtout et, bien après que le souffle soit devenu court, … dans un ultime lacet, apparaît soudain la récompense: l'église Saint-Maurice de Flassa, aux avant-postes du village.

Si loin du tout, posé sur la pente, sans même un panneau pour signaler son existence, Flassa se baigne, en ce matin, dans un soleil d'été.

C'est d'abord le silence qui vous accueille ici, celui de l'abandon, du vide.
Pas un être humain, pas un animal, rien de vivant, … à Flassa, même les arbres sont morts !

Dans les années 60, la fermeture des mines de fer et des marbrières, le déclin du pastoralisme, l'attrait des villes … ont été les facteurs du dépeuplement de ce territoire. A Flassa, la poignée d'irréductibles, partisans de la vie en montagne va alors se réduire progressivement, jusqu'au tournant de l'année 2000. Cette année-là, Flassa avait encore un dernier habitant, un berger, vieux, tenace, fidèle à sa maison musée alors que le reste du hameau continuait à se rider, à se creuser. Il est allé jusqu'au bout, avec ses quelques moutons et tout cet espace où le regard plonge et se perd.

Dans sa maison, dorénavant elle aussi abandonnée, la seule encore habitable, un cantonnier de la commune voisine a pris le relai.
Il y loge de temps à autre, surtout pendant la période des foins, où il est chargé de couper les herbages et de les stocker au rez-de-chaussée de l'habitation. Le fourrage nourrira les troupeaux de passage, jusqu'à l'approche de l'hiver.

Pour lui rendre la vie un peu plus facile, on lui a installé une dizaine de m2 de panneaux photovoltaïques : seul signe de modernité dans le vieux village abandonné.
Alors, timidement Flassa se dénoue de son abandon, les quelques salades et tomates cultivées par ce nouveau résident, en sont les témoins.

Face au Canigou omniprésent, la montagne sacrée des catalans, Flassa garde une certaine noblesse. Et, lorsque Jean Giono écrit: "Comme les hommes, les pays ont une noblesse qu'on ne peut connaître que par l'approche et la fréquentation amicale. Et il n'y a pas de plus puissant outil d'approche et de fréquentation que la marche à pied.", on peut penser qu'il est venu un jour jusqu'à Flassa !

Alors nous aussi, nous vous invitons à marcher, à suer, à peiner pour atteindre ce village perdu …
Et, tout comme Aladin qui frotte sa manche à la lampe magique, en frottant vos chaussures à la terre, à la roche, vous réveillerez l'esprit des lieux, l'esprit de ce village abandonné … au moins pendant le court temps de votre visite.


>>  L'église Saint-Maurice de Flassa, aux avant-postes du village.

>> Balade dans le village de Flassa.

 

 

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Le petit Paris.

22 Août 2011, 09:17am

Publié par barreteau


Dans mon village de vacances, on me dit qu'il existe un "petit Paris".
Un petit Paris ?
Je me fais, bien sûr, un devoir d'aller voir ça de plus près.

Sur la presqu'ile qui referme le port sur lui-même, sur une hauteur qui domine même le clocher du village, il y a là, une petite dizaine de maisons, le long de deux rues minuscules : c'est le petit Paris.

Mais rien ne semble justifier une telle appellation, ici rien de capital, tout respire la modestie … dans une torpeur bien méditerranéenne. Point d'agitation dans les rues où seuls quelques chats se prélassent au soleil et quelques résidents âgés se reposent à l'ombre du figuier.
Alors pourquoi le petit Paris … ?

Il faut aller chercher la réponse, dans la déformation du vocable catalan du lieu, le petit Paris serait en fait … le petit Barri, le petit quartier !
Et, là on comprend mieux, car ce petit quartier est bien en fait une annexe du village … et ce "barri" a un charme fou … un peu comme Paris finalement !


>> Le Petit barri de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales)


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Comes, village perdu.

27 Août 2010, 10:10am

Publié par barreteau

 

Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies", Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.

Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie. 

Dans le sud de la France, après Perillos , un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; Parisperdu a visité Comes, un village abandonné qui gît au milieu d'un champ de ruines ... dans un paysage magnifique, face au Canigou ... 

Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.

 

Sans même un panneau pour signaler son existence, Comes est au bout de la piste, immobile, déchiré. C'est un village perdu qui dresse ses oripeaux au-dessus des prés usés. C'est un champ de pierres, une nudité balayée par les vents ...prosterné face au Canigou.

Il aura fallu être attentif pour trouver le point de départ de la piste, au ras d'une borne sur laquelle a été griffonnée l'inscription "Comes Aplec", par ceux qui chaque année se réunissent ici pour un pèlerinage.

De loin l'on distingue, en dessous de l'église, quelques voitures qui pourraient faire penser que le village a encore quelques habitants ou pour le moins quelques visiteurs ...
Mais c'est un leurre, les "4L" ont été abandonnées-là depuis bien longtemps par des bergers repartis à pied avec leur troupeau, et laissant au village ces véhicules sans roues, aux capots bloqués par de grosses pierres. Encombrées de bidons et de matériels divers ... les "4L" servent de remises aux bergers qui reviendront plus tard ... Sur le chemin, gît aussi un antique camion chargé de sacs de laine, la dernière tonte qui n'en finit pas de pourrir ...

Aujourd'hui, Comes repose définitivement sur sa butte, au milieu des prairies. Elles n'ont pas perdu le souvenir de la main de l'homme. L'herbe repousse à chaque printemps pour le plaisir des moutons. Un berger y réside, de temps à autre, dans la seule maison encore debout. Toutes les autres semblent porter les déchirements de ces années terribles, entre 1921 et 1926, quand la sécheresse eût raison, saison après saison, de chaque récolte.
Il ne restait plus que l'abandon pour survivre encore ... Ailleurs.

 

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Belleville ... sud.

23 Août 2010, 10:07am

Publié par barreteau


A 700 kilomètres de Paris, j'ai retrouvé Belleville.

Plus exactement le "Belleville café", un établissement au cœur de cette petite ville, un peu au milieu de nulle part ... comme dans le film "Bagdad café" ...

Mais où sommes-nous exactement ... ?

Cette photo donne la réponse !

 

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A Port-Vendres, la "belle endormie", la vie tourne au ralenti.

29 Juillet 2010, 23:09pm

Publié par barreteau

Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), le hameau et la plage du Fourat.

 

Les touristes viennent ici pour la "tranquillité", le "calme", l'arrière-pays vallonné et les plages. Sur la Côte Vermeille, cette petite bande de terre, qui doit son nom à la couleur de sa roche au soleil, vous pouvez passer de 1000 mètres d'altitude en montagne à 1000 mètres de profondeur sous la mer … et ici, on sait calculer exactement ce genre de dénivellations car c'est à Port-Vendres, grâce au savant local François Arago, que se situe le "point zéro" de la France, le point de référence pour le calcul de toutes les altitudes.


A l'extérieur de la ville se trouve la baie de Paulilles, sur le site d'une ancienne usine de dynamite Nobel. Les baraquements et l'ancienne cheminée témoignent de son activité passée. Les lieux ont été transformés en musée et le site aménagé par le Conservatoire du Littoral est un véritable Eden. 
Pourtant les Port-Vendrais aiment aller ailleurs. Les initiés vont jusqu'à la plage du Fourat. "Un lieu qui ne devrait pas exister",  dixit Jean Barrere, alias Ninou, "maire" autoproclamé du hameau qui s'y est construit. "La commune libre du Fourat", avec sa dizaine de maisons face à la méditerranée a un charme fou.


Mais les habitants de Port-Vendres n'ont, en réalité, même pas à sortir de leur ville. En poussant leur chemin derrière la gare maritime, sur la route de la jetée, en face du port, ils connaissent l'emplacement de quelques plages secrètes, après l'anse des Tamarins, au pied de la redoute Béar qui surplombe la baie.
À cause de l'activité maritime, il est interdit de s'y baigner. Mais ceux qui font le chemin, discrètement, bravent l'interdit, en toute tranquillité.


En effet, ici l'on reste discret et l'on conserve l'esprit d'un village à l'abri du tourisme de masse, préservé du béton avec ses maisons couleur ocre.

Ici, la vie tourne au ralenti …et comme le dit un proverbe catalan :
"Si Axio es guerre, que may vuigui pau."
"Si c'est ça, c'est la guerre, que jamais ne vienne la paix" …



>>Port-Vendres, déjà sur Parisperdu (1) 

>>Port-Vendres, déjà sur Parisperdu (2) 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Walter Benjamin, à la recherche d'un Paris perdu.

24 Août 2009, 10:02am

Publié par barreteau

"Passatges" - Port-Bou,  Juillet 2009



En 1935, le philosophe allemand Walter Benjamin entreprend un ouvrage qu'il intitule: "Le Livre des passages" et où il tente d'analyser l'entrée dans la modernité à travers les vestiges du Paris du 19e siècle. Resté inachevé, l'ouvrage constitue la matrice intellectuelle des derniers écrits du philosophe allemand et inscrit sa pensée aux confluents de l’esthétique, de l’histoire, des études urbaines et de la sociologie de la culture.

 

Dans cet ouvrage, l’apport principal de Walter Benjamin est sans doute d’avoir conçu la ville comme l’espace d’intelligibilité de la modernité. "Le Livre des passages" représente, en effet, une tentative sans précédent pour déchiffrer dans l’architecture parisienne du 19e siècle la préhistoire de la modernité. Walter Benjamin y développe une conception sémiotique de la ville. Celle-ci se donne à lire, un peu comme un livre. On trouve un héritage direct de cette approche dans l’ouvrage de Karlheinz Stierle, "La Capitale des signes", qui place la question de la lisibilité au cœur de l’expérience moderne de Paris.

 

Loin de Paris, c'est dans la petite ville catalane de Port-Bou, là où Walter Benjamin, tentant d’échapper au nazisme, s’est donné la mort le 26 septembre 1940, que s’élève, depuis 1994, une œuvre spatiale de Dani Karavan, en mémoire du grand penseur juif allemand. Cet hommage à Walter Benjamin, nommé du nom catalan "Passatges", fait directement référence à son ouvrage inachevé, "Le Livre des passages".

Si vous le visitez, il ne faudra surtout pas vous arrêter au premier aspect, plutôt abrupt, du monument, car ce mémorial est avant tout une formidable machine à émouvoir et à penser.

Tout comme l'est aussi l'œuvre littéraire de Walter Benjamin.


>> Karlheinz Stierle, "La Capitale des signes".



 

 

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La fille de Quéribus.

23 Juillet 2009, 17:10pm

Publié par barreteau


Hier, ce fut comme une apparition : une jeune fille, seule, un peu perdue au milieu du vieux château, à 728 mètres d'altitude, face à l'immensité de la plaine …

Immédiatement cette image en appelait une autre et, en écho, me revenait l'image de "La fille de Bercy", elle aussi seule sur la terrasse surplombant le fleuve, face à la démesure de la Très Grande Bibliothèque …


>> En écho, dans Parisperdu : "La fille de Bercy".

 

 

 

 

 

 

 

 

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