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PARISPERDU

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L'énigmatique Marthe de Méligny.

20 Juillet 2026, 08:15am

Publié par Pierre Barreteau

Marthe au miroir _Détails d'une Peinture (1912) et d'une Photographie (1916) : les 2 sont de Pierre Bonnard.

 

Dans le film du réalisateur Martin Provost "Bonnard, Pierre et Marthe" un plan furtif m'a intrigué. On y aperçoit, de façon très brève, une plaque bleue et verte, caractéristique de celles des rues de Paris, où l'on peut lire : "Passage Méligny".

Mais où se trouve donc ce passage dans Paris ?
Eh bien on ne le trouve nulle part : ni sur les divers plans de la capitale ni sur Google Maps... et si l'on questionne l'IA, Chat GPT nous dit :

" Non, il n’existe pas de « Passage Méligny » connu ou répertorié à Paris, ni parmi les passages historiques couverts ou non, ni dans la toponymie actuelle de la ville". Et Chat GPT ajoute : " Il est possible qu’il y ait confusion avec le nom de Marthe de Méligny qui était en réalité le pseudonyme de Maria Boursin, compagne du peintre Pierre Bonnard".

Alors le film voudrait-il nous faire croire que Maria Boursin avait choisi son pseudonyme parce qu'elle passait quotidiennement dans cet hypothétique Passage parisien ?

Françoise Cloarec, l'auteur de "L'Indolente ou le mystère Marthe Bonnard" donne une explication plus plausible du choix du patronyme "de Méligny" par Maria Boursin : "Méligny est un mot qui sonne bien, c'est un petit village de Lorraine où la maison Trousselier (qui emploie alors Maria) a envoyé des fleurs hier". Maria avait donc bien connaissance du nom d'un village nommé Méligny, (Méligny-le-Grand ou Méligny-le-Petit, situés en région Grand Est).

Et ce nom « de Méligny » avait une élégante tonalité aristocratique et correspondait à l’image que Maria souhaitait se donner. Ce nom n'est donc pas lié à un irréel passage parisien.
Mais le choix de ce nom d'emprunt va par la suite avoir des conséquences inimaginables sur le parcours du peintre Pierre Bonnard.

Revenons sur leur rencontre puis sur leur vie commune : un jour de l'hiver 1893 Pierre Bonnard fait la connaissance de Maria, alors âgée de 24 ans, elle devient son modèle favori ; il vient de l'aborder dans les rues de Paris. « Je m'appelle Marthe de Méligny, je travaille dans les fleurs. Je suis orpheline. [...] J'ai 16 ans. Et vous ? ». Il a 26 ans...

En 1925, après trente ans de vie commune, Pierre Bonnard et Marthe se marient le 13 août. Et là, Marthe de Méligny qui se disait descendre d'une vieille lignée italienne est bien contrainte de reconnaitre qu'elle s'appelle en réalité Maria Boursin et qu'elle est la fille d'un charpentier de Bourges. Bonnard, lui, s'en moque…

L'œuvre peinte de Bonnard est habitée de la présence de Marthe : une silhouette à l’arrière-plan, un corps nu dans la baignoire, un visage à la fenêtre ou dans un miroir… Entre 1889 et 1901 le peintre est un adepte du Kodak portatif : en plus de peindre il prend aussi de nombreux clichés de Marthe en noir et blanc, où il fixe l’instant.

Ce couple sans enfant vit une relation complexe, s'y ajoutent les maladies de Marthe – sa langueur, ses dépressions, son asthme - et sa misanthropie de plus en plus marquée au fil du temps, jusqu'à écarter les amis de Pierre Bonnard : Vuillard, Matisse, Signac... 

Elle jurera toujours qu'elle est orpheline et seule au monde. Ce qui, à la recherche de sa succession, s’avérera faux… et déclenchera une affaire judiciaire retentissante pour régler - cinq ans plus tard - la succession de Pierre Bonnard. Car Marthe/Maria avait des sœurs qui ont eu des enfants et ces derniers entendent bien avoir une part de la fortune constituée par la grande valeur des toiles du maître.

Marthe, Maria mais aussi Solange (voir ci-dessous) qui était donc mademoiselle Boursin ou madame Bonnard ?

 

>> Marthe Bonnard s'était aussi lancée dans la peinture : "Les pastels de Marthe Bonnard alias Marthe Solange".

>> "Le Dessert", de Pierre Bonnard,1928 (Marthe Bonnard est en corsage rouge)

 

 

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Le Pont-Neuf de nouveau emballé !

5 Juin 2026, 08:57am

Publié par Pierre Barreteau

La Caverne du Pont Neuf© JR.

40 ans après le Pont-Neuf empaqueté sublime évènement réalisé par Christo et son épouse Jeanne-Claude, en 1985, le plus vieux pont de Paris est l'objet d'une nouvelle expérience artistique.

En effet, l'artiste plasticien JR va célébrer ce 40ème anniversaire, en présentant du 6 au 28 juin 2026 (*) un monumental trompe-l’œil intitulé La Caverne du Pont Neuf. Et comme pour le Pont Neuf empaqueté, la Caverne de JR est un projet financé exclusivement par du mécénat privé.

A ne louper sous aucun prétexte…

(*) Attention : En raison de dommages causés à l'œuvre par des intempéries – et des travaux nécessaires à sa réparation –, l'ouverture au public de La Caverne du Pont Neuf a été repoussée au lundi 15 juin, à 18 heures.

> Pourquoi les Christo avaient-ils choisi le Pont-Neuf ?

> La Caverne du Pont Neuf, site officiel.

 

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Hors Saison.

20 Mars 2026, 09:14am

Publié par Pierre Barreteau

 Impasse près de la Poterne des Peupliers Paris 13ème (2023) / L'album "Hors Saison" de Françis Cabrel /Label Columbia

Quand je suis entré dans cette venelle du 13ème arrondissement, sa configuration, son ambiance d'un calme absolu m'ont immédiatement fait penser à la chanson de Francis Cabrel intitulée Hors saison.

Je vous en livre les paroles, légèrement modifiées pour ce contexte parisien :

"C'est le silence
Qui se remarque le plus
Les volets tous descendus
De l'herbe ancienne
Dans les bacs à fleurs
Sur les balcons
On doit être hors-saison
Le périph' quand même
Dans ses roulements continue
Son même thème
Sa chanson vide et têtue
Pour quelques ombres perdues
Sous des capuchons
On doit être hors-saison
Le vent transperce
Ces courtes venelles
Quelqu'un cherche une adresse irréelle
Et le courrier déborde
Au seuil des pavillons
On doit être hors-saison
Une ville se fane
Dans les brouillards ventés
La colère du boulevard est trop près
Les tourments la condamnent
Aux écrans de fumée
Personne ne s'éloigne
On pourrait tout prendre
Les murs, les jardins, les rues
On pourrait mettre
Aux boîtes aux lettres nos prénoms dessus
Ou bien, peut-être un jour
Les gens reviendront ".


Cette mélancolie d'une beauté troublante nous met "hors saison" dans nos âmes et nos cœurs...

>> Ecouter la chanson de Francis Cabrel (clip officiel)

 

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Rue Sarasate : "J'habite seul avec maman..."

3 Avril 2025, 10:28am

Publié par pierre barreteau

 

"J'habite seul avec maman, dans un très vieil appartement, rue Sarasate..." : voici le début de "Comme ils disent", l'une des chansons les plus connues de Charles Aznavour.

En 1972, dans une France où les tabous sont encore tenaces, dans une société où les seuls homos visibles sont chez Michou, Aznavour pense à son décorateur à l'air efféminé. Ce décorateur est bien homosexuel, et s'il ne vit pas chez maman, il a bien une chatte qu'il a confiée à sa sœur. Alors voilà, Aznavour tient l'idée d'une nouvelle chanson, un hymne à la tolérance… et un succès mondial.

Mais pourquoi Aznavour a-t-il domicilié son personnage rue Sarasate, une rue perdue au fin fond du XVe arrondissement de Paris ? Au départ, il voulait faire habiter son héros rue Socrate, mais l'un de ses amis lui a fait remarquer que cette rue n'existait pas à Paris. Alors, un plan de Paris sous les yeux, Aznavour a cherché des heures durant un nom de rue en quatre syllabes finissant en -ate (la rime avec "chatte" oblige), jusqu'à ce qu'il tombe sur "Sarasate".

Une rue discrète, peu visitée, même par les fans du chanteur mais dont la notoriété est aujourd'hui totalement due à Charles Aznavour.

 

>> Lyrics, les paroles de la chanson.

>> Vidéo de la chanson "Comme ils disent".

>> Mieux connaître Charles Aznavour.

 

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Il est cinq heures Paris se lève.

5 Février 2025, 11:36am

Publié par pierre barreteau

Pont Notre-Dame Paris 4ème

Paris été 1972 : la nuit a été blanche. Avec mon petit groupe d'amis nous avons discuté toute la nuit, mangé un peu mais bu sans trop de modération. Passées quatre heures, la fatigue commence à faire son effet : les conversations sont moins enflammées, les bouteilles sont presque vides... Certains parlent maintenant de rentrer. Ceux qui habitent le quartier vont rentrer à pied. Pour les autres, impossible de prendre le métro, il n'est pas encore en service à cette heure très matinale. Pour ceux-là un ami qui a une voiture propose de les conduire chez eux… Conduire, est-ce bien raisonnable après cette longue soirée ? Mais l'insouciance inhérente à la vingtaine de nos années fait que personne ne se pose la question.

La voiture est une sportive rouge vif, une Alfa Romeo. De surcroît elle est décapotable : on retire donc sa toile pour voir la nuit étoilée et nous montons à cinq dans le bolide.
Sur la route, dès les premiers mètres, c'est une sensation incroyable, inédite et très forte : Paris est à nous, à nous tout seul car les avenues sont vides… complètement vides : pas d'autres voitures, même pas d'autres humains. Avec l'air qui nous fouette le visage nous avons l'impression de nous engouffrer dans la ville, une ville complètement déserte… et à allure folle car dans Paris à cette heure, rien ne vient nous ralentir.
Mais justement quelle heure est-il ? L'un de mes amis regardant sa montre nous crie : "Il est cinq heures" et il enchaine en s'adressant au chauffeur : "Mets la K7, mets la K7…"
Le pilote s'exécute et, poussant le volume à fond, la voix de Jacques Dutronc retentit : "Il est cinq heures Paris se lève".
C'est un émerveillement car la chanson est en parfaite adéquation avec ce que nous vivons : c'est la bande-son idéale pour le film qui se déroule à grande vitesse sous nos yeux, où toutes ces avenues, tous ces monuments se ruent vers nous !

Et l'air aigrelet de la flûte traversière qui se fait entendre en arrière-plan de la voix de Dutronc vient magnifier le panorama qui file devant mes yeux quelque peu ébahis, le panorama d'un Paris vierge, vide de tout et qui se donne à nous… à nous seuls.
Maintenant le jour peut bien se lever car je sais que j'ai vécu jusqu'au point du jour une expérience extraordinaire...inoubliable.
Merci la nuit, merci Paris.

 

 

>> Il est cinq heures Paris se lève, une chanson de Jacques Lanzemann interprétée par Jacques Dutronc.

 

>> L'Alfa Romeo Spider de cette folle équipée.
(Photo : courtoisie de Marcel Barteau/concessionnaire Alfa Romeo)

Il est cinq heures Paris se lève.

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Les seins de Dalida.

17 Octobre 2024, 18:25pm

Publié par barreteau

Les seins de Dalida.

Place Dalida. 1 rue de l'Abreuvoir. 75018 Paris

 

A Montmartre, un buste - réalisé par le sculpteur français Aslan - rend hommage à la chanteuse Dalida. La sculpture, inaugurée en avril 1997 a été érigée sur une place qui a alors pris le nom de la chanteuse populaire. Et l'endroit est vite devenu un lieu de retrouvaille pour les nombreux admirateurs de Dalida.

Mais depuis sa mise en place, le buste de Dalida connait pas mal de vicissitudes.
Tout d'abord en 2010, on a tenté de le voler et si le système d’accroche a résisté, il a été fortement détérioré, aussi il a fallu des mois de restauration avant que la sculpture puisse enfin retrouver son support.
Puis en 2017, à la suite d’une manifestation, le buste est entièrement recouvert de graffitis et là encore la remise en état a pris du temps.

Aujourd'hui on constate qu’une tradition quelque peu douteuse a progressivement usé les contours des seins de la sculpture : la patine du bronze a en effet disparu à ces endroits précis.
Mais pourquoi donc ? Parce qu'une croyance idiote dit qu’une caresse sur les seins de la sculpture de Dalida promettrait des années de bonheur et d'amour parfait !

Désormais un bon nombre de riverains sont vigilants et mobilisés pour préserver la sculpture… mais compte tenu de la haute fréquentation touristique sur la butte Montmartre la tâche va être ardue.

 

>> Dalida, site officiel

 

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Arles 2024, les Rencontres Internationales de la Photographie (2/2)

18 Juillet 2024, 18:46pm

Publié par barreteau

Vues de l'exposition "Finir en beauté" de Sophie Calle aux Rencontres d'Arles 2024.  (©SOPHIE CALLE)

 

A Arles, sous la mairie de la ville, il existe un réseau de galeries datant du Ier siècle avant J.-C. Ce sont les Cryptoportiques ; et c'est le lieu choisi par la photographe-plasticienne Sophie Calle pour présenter - dans le cadre des Rencontres Internationales de la photographie - son exposition "Finir en beauté".

Aux Cryptoportiques, dans ces couloirs suintants d'humidité, au milieu des flaques de boue, des gouttes à gouttes venant du plafond, contre ces vieilles pierres moisies, elle a accroché ou déposé à terre ses images et transformé ainsi le lieu en sanctuaire.

Ces photographies proviennent de la série "Les Aveugles". Un projet qui date de 1986 et qu'elle n'a cessé d'actualiser. Le thème : comment des non-voyants peuvent nous raconter la beauté, la couleur ou la dernière image qu'ils ont vue ?

L'idée de cette expo pour Arles lui est venu après une inondation dans le lieu de stockage parisien de ses œuvres et où les tirages des "Aveugles" ont pourri, attaqués par la moisissure. Alors afin d'éviter tout risque de contamination, il était préférable de détruire les œuvres. Mais comment les détruire alors que "Les Aveugles" sont une série qui a beaucoup compté pour elle ? Elle ne peut se résoudre à emmener ces images à la décharge : ce serait une fin trop sinistre. Alors elle s'est dit qu'ici à Arles, elles termineraient leur vie, en beauté...

En 2023, les Cryptoportiques s'ouvraient pour la première fois, aux Rencontres de la photographie et accueillaient une exposition. Et, alors que l'humidité suintait de partout, Sophie Calle a tout de suite pensé que si elle exposait ses photos des "Aveugles" dans ce lieu, elles ne survivraient pas car les champignons les attaqueraient de partout.

Quand on demande à Sophie Calle :"Et après l'expo que deviendront les images" ?
Elle répond : "Ce sera la poubelle où la crémation… car ces objets sont maintenant si nocifs pour l'environnement qu'aucun conservateur de musée n'en voudra jamais plus, la moisissure étant très contagieuse. Aussi aujourd'hui à l'entrée des Cryptoportiques, il y a un petit écriteau qui dit : "S''il vous venait l'idée de voler une œuvre, sachez qu'elle détruira votre intérieur". Pour ces œuvres, c'est donc là à Arles leur dernière demeure. Et alors l'expo devient un rituel, une cérémonie et comme les photographies sont foutues, elle a intitulé l'exposition "Finir en beauté", car c'est une fin plus gaie que prévu.

Mais n'exagérons rien, Sophie Calle a quand même les négatifs... et eux sont en lieu sûr !


 

>> "Finir en beauté" est l'un des rendez-vous des Rencontres de la photographie d'Arles, à voir jusqu'au 29 septembre 2024.

>> "Finir en beauté" de Sophie Calle. Du 1er juillet au 29 septembre 2024 aux Cryptoportiques
Hôtel de ville d'Arles
, Place de la République F-13200 Arles

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Dubuffet/Villeglé : une affiche dans la ville

6 Septembre 2021, 10:37am

Publié par barreteau

Dubuffet/Villeglé : une affiche dans la ville

Affiche lacérée par Jacques Villeglé, Rue du Grenier-Saint-Lazare, 18 février 1975
(© 2021, ADAGP, Paris / Frac Bretagne (photographie Hervé Beurel))

 

La Fondation Dubuffet revient sur un aspect relativement méconnu du travail de l’artiste : Dubuffet affichiste. Cette exposition révèle également comment l'une des affiches de l'artiste va, en particulier, intervenir dans une série à part entière de Jacques Villeglé.
De 1944 à son décès en 1985, Dubuffet a imaginé une centaine d’affiches pour accompagner ses expositions personnelles tant en Europe qu’aux États-Unis. L'exposition montre combien elles reflètent fidèlement les préoccupations du moment, les différentes transformations survenues dans la chronologie de cette œuvre prolifique et dense où apparaissent des temps forts, tel le cycle de L’Hourloupe qui s’étend sur près de douze ans (1962-1974).

En 1975, Jacques Villeglé découvre les affiches de Dubuffet. Il en arrache une première pour l’incorporer dans ses travaux de « peinture dans la non-peinture ». Le bonhomme de Dubuffet devient alors le nouveau personnage d’une suite d’une quarantaine d’affiches lacérées réalisées entre février et décembre 1975 que Villeglé exposera dix ans plus tard, en 1985, à la Maison de la Culture de Rennes sous le titre Le Retour de L’Hourloupe.

 

 

>> Fondation Dubuffet
137 rue de Sèvres - 75006 Paris 6e
Du 7 septembre 2021 au 7 janvier 2022

 

>> L'affiche de Dubuffet, non-lacérée

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"Deux ou trois choses que je sais d'elle" : la vraie star c'est Paris …

6 Décembre 2020, 15:58pm

Publié par barreteau

Crédit photo : Tamasa Diffusion
 

À première vue, on pourrait penser que la star de ce film de Jean-Luc Godard, sorti en 1967, c’est Marina Vlady alias Juliette Janson, une épouse et mère ordinaire, vivant dans un grand ensemble de banlieue parisienne, récemment construit.

Mais plus que Marina Vlady, la vraie star de "Deux ou trois choses que je sais d’elle", c’est Paris. Ou plutôt sa banlieue qui, en cette période prospère des Trente Glorieuses, est en pleine transformation. Aux portes de la capitale se construisent alors de grandes barres d’immeubles, afin d’accueillir des familles. Jean-Luc Godard observe ce phénomène d’urbanisation de l’Île-de-France avec un regard comparable à celui d’un sociologue. Le tournage du film se fait à la très moderne cité des 4000 à La Courneuve, qui à cette époque, représente une certaine révolution immobilière.

Jean-Luc Godard signe un film où la fiction rencontre le documentaire et inversement. Mais surtout, le film est un condensé des différentes thématiques (idéologiques et esthétiques) de Jean-Luc Godard. Parmi les plus notables, citons celle sur l’impérialisme américain avec le discours sur la guerre du Viêt-Nam ou bien le jeu si particulier de ses comédiens.
Mais c'est la bande annonce du film qui nous révèle ce que Godard entend par "ELLE".

 

>> Voir la bande annonce du film.

>> L'affiche du film.

>> Jean-Luc Godard and Marina Vlady sur le tournage de "Deux ou trois choses que je sais d'elle" (1967) photo: © Giancarlo Botti

 

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Isabelle Huppert, meilleure actrice du siècle !

28 Novembre 2020, 18:11pm

Publié par barreteau

Isabelle Huppert, meilleure actrice du siècle !

Isabelle Huppert, Photo: ©Willy Ronis, 1994

 

Le "New York Times" vient de classer Isabelle Huppert, meilleure actrice du XXIe siècle.
La Française est en effet placée par le journal américain au deuxième rang du classement des 25 plus grands acteurs du siècle en cours. Mais comme c'est un homme qui occupe le premier rang (Samuel L. Jackson), le titre de meilleure actrice revient donc à Isabelle Huppert.

Willy Ronis ne s'était pas trompé en 1994 lorsqu'il accepta de photographier l'actrice, car c'est la seule "star" qu'il aura photographiée.
En effet, Willy qui ne fréquentait guère le monde du cinéma ou du show business, préférait se rendre dans les quartiers populaires pour y photographier de petites gens et ainsi continuer à assoir son rang de n°1  des photographes humanistes (selon mon classement personnel !).

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

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L'attente fût longue ….

13 Novembre 2020, 18:40pm

Publié par barreteau

L'attente fût longue ….

 Place de l'Obélisque PORT-VENDRES 66660 : Mise en place de la nouvelle Statue, le 9 novembre 2020

 

Il y a exactement 15 ans, le 14 novembre 2005, j'écrivais ici : "Depuis quatre ans, j'alerte - sans succès - les maires successifs de Port-Vendres sur l'état de dégradation de plus en plus dramatique du monument aux Morts de leur ville, une œuvre originale de grande valeur, sculptée par Aristide Maillol en 1922.

Cet abandon n'est acceptable d'aucun point de vue : artistique, culte du souvenir, patrimoine local et national. Si personne n'y prend garde, l'œuvre originale, sculptée par Maillol, déjà fortement dégradée et mutilée, tombera définitivement en ruines ! Il est urgent d'intervenir".

L'urgence fut toute relative car ce n'est que depuis une semaine qu'une solution a enfin été trouvée. En effet, le 9 novembre 2020 a été mis en place un tirage d'après les moules de l'original de la statue d'Aristide Maillol et cela grâce à l'action de l'Association "Aimons Port-Vendres" et la réalisation de la Fondation Maillol/Galerie Dina Vierny à Paris.

La nouvelle sculpture en résine chargée de poudre de pierre s’harmonise fort bien avec l’appareillage de pierres blondes de l’escalier monumental de la place Louis XVI et aussi avec l’obélisque en marbre clair ; le tout baigné par la merveilleuse lumière de la Côte Vermeille.

Que l'attente fût longue, très longue … mais aujourd'hui, le projet de remplacement de la statue, enfin arrivé à son terme, est une réussite totale.

 

>> En savoir plus sur la genèse et la réalisation du projet.

>> La nouvelle statue vue de face.

>> La nouvelle statue vue de dos.

 

 

 

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Pourquoi les Christo avaient-ils choisi le Pont-Neuf ?

1 Juin 2020, 11:22am

Publié par barreteau

Pourquoi les Christo avaient-il choisi le Pont-Neuf ?

Empaquetage du Pont Neuf (du 22 septembre au 7 octobre 1985) par Christo et Jeanne-Claude.
Le Pont Neuf de Paris, le plus vieux des ponts de la capitale française, est emballé dans une toile en polyester ocre-jaune que les Christo nomment "Pierre de Paris".

 

Oui, il faut dire "Les Christo" car Christo et son épouse Jeanne-Claude ont formé un couple d’artistes indissociable où Christo est plutôt l'artiste, et Jeanne-Claude l'organisatrice. Leurs réalisations, principalement associées à l’idée d’empaquetage, sont signées par Christo et Jeanne-Claude, les dessins par Christo.

Christo, de son vrai nom Christo Vladimiroff Javacheff est d'origine bulgare. Fuyant le régime communiste de son pays natal, il s'installe à Paris en 1958. Pour vivre il fait des portraits à l'huile qu'il signe de son nom « Javacheff » et c'est en livrant le portrait de l'épouse du général Jacques de Guillebon, directeur de l'École polytechnique, qu'il rencontre leur fille Jeanne-Claude, une « rousse flamboyante comme empaquetée d'un film plastique » dira-t-il.

Tous deux sont nés le même jour (le 13 juin 1935) et la légende dira à la même heure ...

Paris est donc la ville où Christo et Jeanne-Claude se sont rencontrés et le Pont Neuf était leur lieu de rendez-vous. Il fallait donc que ce pont devienne, aussi un jour, leur œuvre d'art …

Les installations de Christo et Jeanne-Claude ont largement contribué à faire sortir l’art des musées. Par nature, elles sont éphémères : ainsi, les seules traces qui demeurent sont les livres, les photos, les dessins, les collages ou les maquettes, conservées aujourd’hui dans les musées du monde entier et les collections privées.

Christo et Jeanne-Claude ont travaillé 51 ans ensemble, jusqu'à ce jour de novembre 2009 où Jeanne-Claude est décédée à New York. Elle avait 74 ans.
Depuis cette date, Christo a continué à travailler sur d'autres projets. Son dernier projet en préparation, l’empaquetage de l’Arc de triomphe à Paris, s’annonçait comme l’un des évènements les plus spectaculaires de la rentrée de septembre 2020. Mais il a été reporté d’un an en raison des incertitudes liées à la pandémie de Covid-19.
Malheureusement, hier dimanche 31 mai, Christo est décédé, à l’âge de 84 ans.

La réalisation de l’empaquetage de l’Arc de triomphe à Paris reste « sur les rails » pour la période du 18 septembre au 3 octobre 2021, précise aujourd'hui l’entourage de Christo sur Facebook.


>> Christo and Jeanne-Claude, site officiel.


>> Christo et Jeanne-Claude.

>> Une « rousse flamboyante comme empaquetée d'un film plastique »

 

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Le voyage aurait-il déjà commencé ?

20 Octobre 2019, 19:19pm

Publié par barreteau

Le voyage aurait-il déjà commencé ...

Figures du Japon, à l'Espace Densan, Maison Wa_Paris 1er.

 

A quelques jours de mon départ pour le Japon (Parisperdu va donc fermer ses portes pour une quinzaine de jours), il m'a semblé pertinent de faire un tour à l'Espace Densan, à l’intérieur de la Maison Wa, où se tient, jusqu'à fin octobre une exposition dédiée à la culture japonaise

Dès l'entrée, on est tout de suite frappé par le calme, la quiétude du lieu et l'harmonie qui se dégage de cet espace dépouillé, épuré. On est alors illico transporté au pays du soleil levant ...

L'exposition est dédiée aux objets d’artisanat qui, dans la culture japonaise, portent bonheur. Car au Japon, il existe de nombreux porte-bonheur ou "engimono", terme constitué de deux idéogrammes : engi ("présage") et mono ("objet").
Les Japonais considèrent que les bons présages leur portent chance et les aident à réaliser leurs souhaits.
Alors depuis des siècles, ils confient leurs désirs aux "engimono", surtout à de moments spéciaux de la vie, par exemple pour un mariage, le jour d’un examen … où pour un voyage dont vous attendez beaucoup !

A la sortie, près de la porte, un écriteau dit :  いてえらすはい Itterasuhai, c'est-à-dire "prenez soin de vous", alors pas de doute, mon voyage a déjà commencé … et sous les meilleurs hospices.

>> L'EXPO Figures du Japon, du 2 au 30 octobre 2019 au 8 Rue Villedo, 75001 Paris (Espace Densan, Maison Wa)

 

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Le Cirque Tzigane Romanès est-il menacé de disparition ?

9 Juin 2019, 08:58am

Publié par barreteau

Le Cirque Tzigane Romanès est-il menacé de disparition ?

Délia Romanes et sa fille Alexandra _ Photo : © Cirque Romanès

 

La tribu du cirque Romanès, qui vient d'achever son spectacle parisien "La trapéziste des anges" ne partira pas, comme chaque année, en tournée en régions pour présenter son spectacle intimiste et poétique. Et cela, faute de villes d'accueil …

Pourtant, cela fait 22 ans que le Cirque Romanès, unique en Europe, est implanté à Paris avec le soutien de la Ville et cela fait 22 ans que ce Cirque atypique fait rayonner et connaître la culture Tzigane et Gitane en France et même dans le monde !
Durant toutes ces années, les Romanès ont été, régulièrement, déplacés de terrains vagues en site temporairement vacants … et finalement aujourd'hui, ils sont installés Square Parodi dans le 16ème arrondissement de Paris.


Mais les Romanès se sentent visés par un racisme acharné qui régulièrement vient les menacer, les cambrioler, les vandaliser … aussi désormais, par mesure préventive de sécurité, les grandes villes des régions leur ferment les portes.
Alors, restant à Paris, la famille Romanès accueillera le 14 juin prochain le danseur gitan sévillan de flamenco Amador Rojas, accompagné de Karime Amaya, petite nièce de la grande Carmen Amaya.
Ne manquez pas cette occasion unique de retrouver ou de découvrir les Romanès … avant que, et peut-être bientôt, leur chapiteau soit définitivement démonté … ?



>> Le cirque Romanès, page officielle.

>> Alexandre et Délia … sous leur chapiteau.

>> Alexandre Romanès et son cirque tzigane …

>> Voir aussi : La famille Romanès, de nouveau à Paris.

 

 

 

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Rue Pierre Dac … mort de rire !

20 Mars 2018, 11:20am

Publié par barreteau

Rue Pierre Dac … mort de rire !

La rue Pierre Dac vue des escaliers entourant la station de métro Lamarck – Caulaincourt. 75018_Paris (2017)

 

Voici ce qui pourrait s'apparenter à un canular mais que l'on peut néanmoins certifier être exact : la rue Pierre-Dac, existe bel et bien.  Elle est située dans le 18ème arrondissement de Paris, à la hauteur du 101 de la rue Caulaincourt.

La voie a ainsi été nommée en 1995 en hommage au comédien, humoriste et membre de la Résistance, Pierre Dac, qui avait un domicile 49, avenue Junot, à deux pas de cette rue.

On pourra se souvenir que, non loin de là, la Cité Véron fut, pour une courte période durant l'année 1994, nommée "rue Pierre-Dac" puis rebaptisée de son nom initial.

L’actuelle rue Pierre Dac, très courte, est constituée de deux escaliers typiques de la colline de Montmartre, qui entourent l'entrée de la station de métro Lamarck - Caulaincourt. Elle permet une échappée visuelle vers la colline, avec un certain "esprit d’escaliers" que n'aurait pas renié l'humoriste !

Qu’on nous permettre ici de soumettre un exemple des nombreuses maximes du sieur Dac :

"Un concerné n'est pas forcément un imbécile en état de siège pas plus qu'un concubin n'est obligatoirement un abruti de nationalité cubaine".

Rappelons également que Pierre Dac est l'inventeur du Schmilblick, un objet rigoureusement intégral puisqu'il ne sert absolument à rien et peut donc servir à tout !
Avec Pierre Dac et sa rue, c'est certain, on est … mort de rire !!!

 

>> Fernand Raynaud a lui aussi sa rue …

 

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