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PARISPERDU

cinema

Paris vu par... Jean Douchet (6/7)

7 Février 2024, 11:00am

Publié par barreteau

Paris vu par... Jean Douchet (6/7)

" Saint-Germain des Prés, Paris vu par…" un film de Jean Douchet, (1965)

 

C'est par l’épisode "Saint-Germain-des-Prés" de Jean Douchet que débute le film à sketches "Paris vu par... ".  Et ce choix parait judicieux car Douchet est alors « la » figure marquante de la « nouvelle vague ».

Dès le début du film, Jean Douchet de sa voix très précieuse, nous donne une description de ce quartier souvent dénommé « latin ». Là, il suit le parcours - à travers les nombreuses rues - de deux cinéphiles : Katherine et Jean. Tandis qu'il énumère les noms des rues, une deuxième voix, celle d’une jeune femme, annonce quelle célébrité, quel personnage illustre a vécu dans cette artère.

Enfin, la caméra au bout de deux minutes arrive à bon port. Il filme alors une histoire d'usurpation d’identité où la pauvre Katherine, une étudiante américaine, couche avec Jean qui se prétend étudiant à Science Po et conduit… une Bentley.

Douchet filme, dans ce court-métrage, le corps de son acteur sous toutes les coutures : il le fait traverser en slip l'appartement, puis le fait se vêtir pour enfin le retrouver plus tard totalement nu…

A la fin du film, Katherine se rend compte qu'il s'est joué d'elle.

 

>> Le film (en 5 parties) :

>> Part.1

>> Part.2

>> Part.3

>> Part.4

>> Part.5

 

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Paris vu par... Jean-Daniel Pollet (4/7)

23 Novembre 2023, 09:55am

Publié par barreteau

 Paris vu par... Jean-Daniel Pollet (4/7)

 " Rue Saint-Denis, Paris vu par..." un film de Jean-Daniel Pollet, (1965)

 

Avec "Rue Saint-Denis" Jean-Daniel Pollet signe sans doute le court-métrage le plus singulier du film "Paris vu par… ". Le seul, en tout cas, à ne proposer aucun plan long de la capitale !

Alors que la rue parisienne doit être le terrain de jeu privilégié des réalisateurs de La Nouvelle Vague dans "Paris vu par…", Pollet tord les règles de la commande et se claquemure dans un modeste appartement parisien. La rue Saint-Denis ne sera évoquée que par l’intermédiaire d’une prostituée gouailleuse avec sa voix de Titi parisienne (la très drôle Micheline Dax) qu’a fait monter chez lui Léon, un commis de cuisine timide, effacé et qui va préparer à manger à son "invitée", discuter de la pluie et du beau temps avec elle, repoussant ainsi indéfiniment le moment du passage à l’acte.

Elle a faim. Ils s'installent à table, face à face, ils mangent des spaghettis. Elle veut lire les faits divers : ça tombe bien il a France Soir. Mais il faut bien y aller, il faut aller sur le lit pour coucher. Elle enlève son chemisier. Léon s'installe à son côté sur le lit. Quand c'est le moment : fondu au noir… au spectateur d'imaginer la suite.

Dans "Rue Saint-Denis" Jean-Daniel Pollet observe tendrement ce duo comique : la « professionnelle » bavarde et le client mutique interprété par Claude Melki, clown triste dont la pantomime mélancolique évoque Buster Keaton. Melki est l'acteur fétiche du cinéaste, qui le dirigera plusieurs fois.
Jean-Daniel Pollet ne filme peut-être pas Paris et pourtant on sent le monde alentour vibrer dans ce moment suspendu, cet instant partagé entre deux solitudes, réunies par une misère autant affective que sociale.

 

>> Le film (en 3 parties) :

Part.1

Part.2

Part.3

 

 

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Paris vu par… Jean Rouch (3/7)

5 Novembre 2023, 11:41am

Publié par barreteau

Paris vu par… Jean Rouch (3/7)

"Gare du Nord, Paris vu par…" un film de Jean Rouch, (1965)

 

"Gare du Nord" est un court-métrage du réalisateur Jean Rouch, une fiction en quatre plans dont deux plan-séquence, d’environ 16 min, faisant partie du film "Paris vu par…" 

Le film démarre par un panoramique, pris du haut des immeubles, et montrant les habitations alentours. Mais ce qui est très présent c'est le bruit des pelles mécaniques, des grues, des marteaux-piqueurs qui sature la bande son : Paris en 1964 est en pleine construction.

C'est le matin, à l'heure du petit déjeuner d'Odile (Nadine Ballot) et de Jean-Pierre (Barbet Schroeder) : un jeune couple qui vit modestement dans le quartier de la Gare du Nord (Paris 10e).

En plan séquence, dans la minuscule cuisine du 7ème étage, le couple s'assoit à la table, elle a préparé un œuf qu'il trouve trop cuit, il peste, elle lui reproche de faire des mouillettes comme un gamin. Mais surtout, Odile reproche à Jean-Pierre ce brouhaha, ce bruit intense et incessant dont elle n'en peut plus. Elle craint aussi que l'immeuble en construction cache la vue : la Tour Eiffel à gauche, le Sacré Cœur à droite. La dispute commence, les reproches sont lancés, les insultes fusent.

Odile furieuse quitte alors l'appartement et descend par l'ascenseur. Là commence le deuxième plan séquence qui va se poursuivre jusque dans la rue de Maubeuge, près de la Gare du Nord où elle rencontre par hasard un inconnu (Gilles Quéant) qui abandonne sa voiture et la suit. Il lui propose une autre vie, de tout quitter, de partir vers une vie meilleure, ce dont elle rêve.
Un dernier plan-court montre cet homme : il a sauté du pont et s'est écrasé sur les rails, et le film se termine sur Odile qui hurle de terreur et dont les cris se mêlent au vacarme des locomotives.

 

>> Voir le film.

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Paris vu par... Jean-Luc Godard (2/7)

24 Octobre 2023, 10:05am

Publié par barreteau

 "Montparnasse et Levallois, Paris vu par..."  un film de Jean-Luc Godard, (1965)

 

Monika est amoureuse de deux garçons en même temps, l'un est sculpteur sur métaux à Montparnasse (Paris 14e), l'autre est carrossier à Levallois-Perret (92).

Elle envoie à chacun de ses deux amants un pneumatique pour leur donner rendez-vous, l'un Gare du Nord, et l'autre deux heures après, Porte d'Italie.
 
Elle met les pneumatiques à la Poste mais juste après les avoir mis, elle s'aperçoit qu'elle s'est trompé d'enveloppe : à qui était destinée la lettre d'amour, et qui doit recevoir la lettre de rupture ? La lettre où il y a marqué "Paul mon chéri" n’est-elle pas dans l'enveloppe de Pierre et réciproquement !

Alors, complétement affolée, elle courre chez le premier garçon, le pneumatique n'est pas encore arrivé. Monika lui dit : « Écoute mon chéri, tu vas recevoir un pneumatique, ne crois pas ce qu'il y a dedans ». Mais il lui demande des explications, elle est forcée de tout lui dire, finalement il la met à la porte quand il apprend qu'elle sort aussi avec un autre.

Alors Monika se dit, j'en ai perdu un, je pourrais toujours garder l'autre. Elle traverse tout Paris et courre cette fois-ci chez le deuxième garçon, mais le pneumatique est déjà là !
Le garçon n'a pas du tout l'air fâché, au contraire, alors Monika lui dit, « T'es gentil toi, tu me pardonnes ». Mais comme elle est quand même très étonnée de son attitude, elle lui raconte toute l'histoire. Alors brusquement le deuxième garçon la met aussi à la porte en lui montrant le pneumatique.
La fille découvre alors, qu'elle ne s'était pas du tout trompé d'enveloppe.

 

Ce film reprend l'histoire que raconte Jean-Paul Belmondo à Anna Karina dans le film de Godard « Une femme est une femme ».


>> Voir le film (en 4 parties) :

Part.1/4  : 4:01

Part.2/4  : 3:23

Part.3/4  : 3:46

Part.4/4  : 3:46

 

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Paris vu par… (1/7)

16 Octobre 2023, 12:39pm

Publié par barreteau

Paris vu par…

 

"Paris vu par…" est un film collectif français à sketches, sorti en mai 1965. D'une durée totale de 92 minutes, il réunit les courts-métrages de six réalisateurs de la Nouvelle Vague. Chaque cinéaste y filme une histoire dans un quartier différent de Paris.

Tous les films sont réalisés en 16 mm, format qui permet des tournages légers.
Paradoxalement, ce film qui se voulait un manifeste de la Nouvelle Vague correspond à la fin de celle-ci comme mouvement organisé.

Il était prévu que chacun des réalisateurs réalise ensuite un long métrage basé sur le même thème que celui qu’il avait choisi pour son court métrage.
Ces longs métrages auraient été produit par « Les Films du Losange », la société fondée par Éric Rohmer et dirigée par Barbet Schroeder. Mais ce projet ne verra jamais le jour…

6 billets à suivre pour chacun des courts-métrages.

 

>> Image du générique du film.

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"Deux ou trois choses que je sais d'elle" : la vraie star c'est Paris …

6 Décembre 2020, 15:58pm

Publié par barreteau

Crédit photo : Tamasa Diffusion
 

À première vue, on pourrait penser que la star de ce film de Jean-Luc Godard, sorti en 1967, c’est Marina Vlady alias Juliette Janson, une épouse et mère ordinaire, vivant dans un grand ensemble de banlieue parisienne, récemment construit.

Mais plus que Marina Vlady, la vraie star de "Deux ou trois choses que je sais d’elle", c’est Paris. Ou plutôt sa banlieue qui, en cette période prospère des Trente Glorieuses, est en pleine transformation. Aux portes de la capitale se construisent alors de grandes barres d’immeubles, afin d’accueillir des familles. Jean-Luc Godard observe ce phénomène d’urbanisation de l’Île-de-France avec un regard comparable à celui d’un sociologue. Le tournage du film se fait à la très moderne cité des 4000 à La Courneuve, qui à cette époque, représente une certaine révolution immobilière.

Jean-Luc Godard signe un film où la fiction rencontre le documentaire et inversement. Mais surtout, le film est un condensé des différentes thématiques (idéologiques et esthétiques) de Jean-Luc Godard. Parmi les plus notables, citons celle sur l’impérialisme américain avec le discours sur la guerre du Viêt-Nam ou bien le jeu si particulier de ses comédiens.
Mais c'est la bande annonce du film qui nous révèle ce que Godard entend par "ELLE".

 

>> Voir la bande annonce du film.

>> L'affiche du film.

>> Jean-Luc Godard and Marina Vlady sur le tournage de "Deux ou trois choses que je sais d'elle" (1967) photo: © Giancarlo Botti

 

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Isabelle Huppert, meilleure actrice du siècle !

28 Novembre 2020, 18:11pm

Publié par barreteau

Isabelle Huppert, meilleure actrice du siècle !

Isabelle Huppert, Photo: ©Willy Ronis, 1994

 

Le "New York Times" vient de classer Isabelle Huppert, meilleure actrice du XXIe siècle.
La Française est en effet placée par le journal américain au deuxième rang du classement des 25 plus grands acteurs du siècle en cours. Mais comme c'est un homme qui occupe le premier rang (Samuel L. Jackson), le titre de meilleure actrice revient donc à Isabelle Huppert.

Willy Ronis ne s'était pas trompé en 1994 lorsqu'il accepta de photographier l'actrice, car c'est la seule "star" qu'il aura photographiée.
En effet, Willy qui ne fréquentait guère le monde du cinéma ou du show business, préférait se rendre dans les quartiers populaires pour y photographier de petites gens et ainsi continuer à assoir son rang de n°1  des photographes humanistes (selon mon classement personnel !).

 

>> Willy Ronis et Parisperdu.

 

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"Pourquoi tu mets jamais de soutien-gorge ?"

27 Juillet 2020, 10:17am

Publié par barreteau

"Pourquoi tu mets jamais de soutien-gorge ?"

"A bout de souffle", séquence :"Descente-des-Champs-Elysées" _photo©-Cauchetier

 

Dans "A bout de souffle" le film de Jean-Luc Godard, sorti en 1960, Jean-Paul Belmondo interprète une petite frappe traquée par la police et qui se retrouve à Paris où il tente de convaincre Jean Seberg, une amie américaine, de partir avec lui en Italie.
S'adressant à elle, sur les Champs-Elysées, Belmondo lui dit tout à coup : "Pourquoi tu mets jamais de soutien-gorge ?"

60 ans plus tard, on a peut-être la réponse car pour leur confort ou par féminisme, de plus en plus de femmes décident de se passer de soutien-gorge et adoptent le “no bra”. Et depuis le confinement dû au covid-19, le mot-dièse #nobra fleuri de plus belle sur les réseaux sociaux.


>> La séquence des Champs-Elysées, dans "A bout de souffle" le film de Jean-Luc Godard.

>> #nobra



 

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Le bistrot le plus cinématographique de Paris.

29 Mars 2019, 14:30pm

Publié par barreteau

Le bistrot le plus cinématographique de Paris.

Bistrot La Renaissance 112, rue Championnet 75018


Depuis sa création en 1903 le Bistrot La Renaissance a bien vieilli : murs jaunis et patinés par la fumée de cigarettes, peintures craquelées, vitres embuées… Il sent bon les années 30, avec son style Art Déco, ses colonnades baroques et ses fresques de paysages.

Pas étonnant donc, qu’il ait tapé dans l’œil des plus grands cinéastes pour servir de décor à plus d’une vingtaine de films.
Claude Zidi (Les Ripoux), Quentin Tarantino (Inglorious Basterds) y ont posé leur caméra, tout comme Michel Deville en 1974 pour "le Mouton Enragé", ou Claude Chabrol pour "le Sang des Autres" en 1984. Claude Miller, Alexandre Jardin, Pierre Salvadori… s’ajoutent notamment à la liste des réalisateurs ayant retenu ce bistrot comme cadre pour des scènes de leurs films.
Evidemment, les plus grands acteurs de cinéma ont du coup poussé les portes de La Renaissance : Romy Schneider, Jean-Louis Trintignant, Jane Birkin, Jean-Pierre Cassel, Philippe Noiret, Sophie Marceau, Daniel Auteuil …

Pourtant aujourd'hui c’est une brasserie plutôt discrète et pas grand monde n’est au courant de ses aventures cinématographiques. Le secret est bien gardé derrière les rideaux en dentelle, qui furent d’ailleurs posés pour Inglorious Basterds et qui, depuis, sont restés (rappelez-vous cette fameuse scène où Mélanie Laurent se fait séduire par Daniel Bruhl).
Ici, on reçoit une clientèle de quartier, et on essaye de conserver le côté "frenchy". Vous pourrez donc y déguster les œufs à la coque, les entrecôtes ou la côte de cochon, mais aussi le bœuf bourguignon et la blanquette maison… et çà, c'est pas du cinéma !

 

>> Les bistrots de Parisperdu.

>> Il y a bistrots et bistrots ...

 

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A Belleville, une pellicule de sauvée, ce sont des souvenirs de sauvés.

23 Mai 2017, 08:48am

Publié par barreteau

A Belleville, une pellicule de sauvée, ce sont des souvenirs de sauvés ….

Image extraite de "Rue des Cascades", un film de Maurice Delbez

 

"Rue des Cascades", connu aussi sous le titre ''Un Gosse de la Butte", est un film de Maurice Delbez tourné à Belleville-Ménilmontant en 1964. A sa sortie en salles, le film n'a aucun succès et tombe vite dans l'oubli. Mais, il y a quelques mois, Celluloïd Angels, une plateforme participative, spécialisée dans les films du patrimoine, lance une campagne pour la restauration de la pellicule. Aujourd'hui Celluloïd Angels a réussi son pari, les fonds ont été réunis et le film est en cours de restauration.

N'hésitez pas à aller découvrir ce film, lors de sa prochaine sortie, car il a un triple intérêt.
Tout d'abord Maurice Delbez nous livre une photographie qui flirte souvent avec les clichés de Doisneau ou de Ronis. Les enfants de Belleville qui dévalent la rue des Cascades sont si proches de ceux captés par nos deux grands photographes humanistes.

Ensuite, "Rue des Cascades, est l’un des rares films des années 60 à évoquer la mixité dans un quartier où les vagues migratoires n’ont cessé de se succéder, donnant à Belleville son identité et sa force. Mais ce film était très en avance sur son époque (c'est l'histoire d'une mère blanche qui refait sa vie avec un jeune noir de vingt ans son cadet) et il faut sans doute y voir là une des causes de son insuccès lors de sa sortie en décembre 1964.

Et enfin, ce film dégage une poésie diffuse qui met en relief le charme unique et fragile de ce monde d’avant les coulées de béton, d'avant le tout automobile, d'avant les médias omniprésents ... un monde où les gens de Belleville étaient spontanément solidaires et bien différents de la foule solitaire du Paris de nos jours.


>> Celluloïd Angels, site officiel

>> Extrait du film.

>> Belleville sur Parisperdu

 

 

 

 

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Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (1/2)

7 Mars 2016, 09:16am

Publié par barreteau

Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (1/2)

Le Marché de la Butte 56 Rue des Trois Frères, 75018 Paris

Niché sur le flanc de la Butte, au coin de la rue des Trois-Frères, le marché de la Butte a conservé son enseigne de fiction "Maison Collignon", apposée au-dessus de son vrai nom "Chez Abdel". Il a gardé aussi les paniers en osier, les bocaux de bonbons, les fleurs en plastique et les nains de jardin, imaginés par les décorateurs du film. 

Et les touristes qui s’y arrêtent toutes les dix minutes, s’extasient dans toutes les langues en reconnaissant "l’épicerie d’Amélie" !

En braquant ses caméras sur cette épicerie, située près de chez lui, Jean-Pierre Jeunet ne savait sans doute pas qu’il allait bouleverser la vie de cette famille marocaine, qui avait ouvert ce commerce en 1973. Car Abdel se dit toujours étonné que tant de monde continue à défiler chez lui. Ils prennent une canette, une pomme, des petits bonbons, histoire d’acheter quelque chose ici. D’autres passent en voiture en criant : "Collignon, tête d’oignon".  

Aujourd'hui, cette épicerie montmartroise, devenue célèbre dans le monde entier, assume désormais sa double identité : celle de "l’Arabe du coin", ancré dans le quartier depuis près de quarante ans et qui continue à vendre à une clientèle d’habitués du shampooing ou des cacahuètes. Et celle de l'épicerie imaginaire où travaillait Lucien (Jamel Debbouzze), le protégé d’Amélie.

Finalement, les deux s’emmêlent un peu dans l’esprit d’Abdel, aussi conclut-il avec modestie: "On fait comme dans le film, on continue à avoir des clients fidèles, à livrer à domicile aux personnes âgées ou aux vieux peintres" …

 

>> Où l'on retrouve Amélie Poulain.

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Tati, avenue de France.

14 Décembre 2013, 08:35am

Publié par barreteau

Dans "Playtime", le film de Jacques Tati sorti en 1967, on découvre un Paris futuriste fait d'immeubles de verre et d'acier, froids et impersonnels.

Avenue de France, dans la bien-nommée ZAC(cage) de Paris-Rive Gauche, la fiction de Tati est aujourd'hui devenue réalité.

 Ici, la ville est à la fois touchante et terrifiante. Le long de buildings très graphiques, des sortes de funambules déambulent … perdus dans ces grands espaces. Et cette présence humaine fantomatique a du mal à animer la sinistre avenue.

A l'intérieur des immeubles on s'attend à rencontrer les mêmes "open-space" que ceux vus dans "Playtime", où des employés, jouets de la démesure et du grotesque, sont concentrés sur des plateaux sans âme.

De retour à l'extérieur, on guette une autre silhouette, celle du longiligne Tati …
On ne serait pas surpris en effet de l'apercevoir ici, avec son pas hésitant, sa mimique interloquée, et surtout se demandant pourquoi diable l'on a voulu à tout prix copier le décor de son film …



>> En savoir plus sur Playtime, le film de Jacques Tati.

>> La silhouette longiligne de Tati.

>> J'aurais aimé que ce monde me parle.
 

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Le plus petit trottoir de Paris ?

31 Mai 2012, 09:28am

Publié par barreteau

Photo © Copyright : jobill

Nous sommes vers la fin de "L'Auberge espagnole", le film de Klapisch … et Romain Duris embrasse maladroitement Audrey Tautou. Il faut dire que pour les deux protagonistes, la situation n'est pas très confortable sur cet étroit trottoir.

Duris, en voix off, dit alors: " je ne sais pas pourquoi on avait choisi la rue de Paris qui a le plus petit trottoir …"

La rue en question, c'est la rue d'Orchampt, dans le 18ème, une rue où jamais les parisiens ne vont. Mais a-t-elle vraiment le plus petit trottoir de Paris ?
Pas sûr, car beaucoup de ruelles, de passages … de Paris ont des trottoirs aussi, voire plus étroits ou même … en sont totalement dépourvus.

Mais quoiqu'il en soit, et sans chipoter sur la taille du trottoir, la séquence du film fonctionne bien et il faut bien reconnaître qu'il était très tentant pour Klapisch de tourner dans ce coin perdu du quartier montmartrois.


>> Audrey Tautou & Romain Duris dans l'Auberge Espagnole (2002).

 

 

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Butte Bergeyre, la secrète ... (3/3)

26 Février 2012, 10:45am

Publié par barreteau

Rue Remi de Gourmont - Paris 19ème- juin 1997


Habiter une telle oasis est une chance. Des artistes y ont trouvé un cadre de tranquillité. Patrick Dupond, Jean-Paul Goude, Marc Newson, entre autres exemples, y ont leur point d’attache.

Pourtant, si curieux que cela paraisse, la colline qui nous est chère, en dépit de son pittoresque et de sa situation exceptionnelle au-dessus de Paris, n’a pas alimenté beaucoup l’imaginaire des peintres, des photographes, des cinéastes ou même des romanciers. Il est vrai que, à moins d’y résider, Bergeyre reste discrète, secrète même.

Deux exceptions toutefois : Willy Ronis qui découvre le site au début des années 1950. De ses balades ici, provient l’une des plus belles photos de son œuvre: la descente de l’escalier entre la rue Georges-Lardennois et l’avenue Simon-Bolivar.

Et, plus récemment, Claude Zidi dans “ L’Inspecteur la bavure ”, nous montre Coluche en pétanqueur cocasse sur l’emplacement de l’actuel jardin partagé de la rue Georges-Lardennois, une pente où quelques petits rangs de vigne ont été plantés pour rappeler symboliquement le passé rural et agricole – mais déjà bien lointain – de ce lieu si attachant.



>> Willy Ronis et la butte Bergeyre.

>> Coluche sur la butte Bergeyre, dans "L’Inspecteur la bavure ”.

>> Butte Bergeyre, la secrète ... (2/3)

 

 

 

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Le Louxor, renaissance à Barbès.

24 Septembre 2010, 10:41am

Publié par barreteau

 

Depuis des années sa façade borgne surplombe le carrefour des boulevards Magenta et de La Chapelle; mais d'ici trois ans, le Louxor, joyau architectural des années 20, renouera avec ses premières amours : le cinéma.  Car ce bâtiment de style néo-égyptien fut, de son inauguration dans les années 20 et jusqu'à l'après-guerre, l'une des salles de cinéma les plus prestigieuses et les plus prisées de la capitale.

Depuis sa fermeture en 1987, le Louxor est devenu quasi invisible. L'affichage sauvage a eu raison de ses murs défraîchis et ses mosaïques s'effritent, disparaissent sous les couches successives de papiers.

En 2013, trois salles de cinéma d'art et d'essai ouvriront dans cet ancien Palais du 7ème art. Philippe Pumain, l'architecte, en charge du projet, veut avant tout réaliser la synthèse entre l'évolution d'un quartier en pleine mutation et l'héritage historique du lieu.

Le parti architectural adopté par Philippe Pumain est de réhabiliter la bâtisse "au plus près du bâtiment d'origine", et ainsi de respecter la volonté de l'architecte concepteur du Louxor, André Zipcy.

De grands mâts, tels qu'il en existait devant les temples égyptiens et qui ont figuré sur la façade originelle du Louxor, seront réinstallés. Des vitraux vont aussi être restitués, le décor d'origine va être dégagé, restauré et réinstallé. Car il s'agit avant tout de retrouver la cohérence esthétique entre les façades néo-égyptiennes et les parois intérieures de la salle.

La renaissance du Louxor enchantera tous les cinéphiles et tous les amoureux de Paris, qui apprécient à juste titre l'originalité et le style de cette salle mythique. Car le Louxor représente en effet, avec le Rex, la Cigale, la Pagode, un fragment de l'histoire culturelle de Paris, le souvenir vivant des années 1920, mais aussi une beauté rare, une forme d'exotisme dans le meilleur sens du terme. 

Vivement 2013 !

 

 

>>  Pour tout savoir sur l'histoire du Louxor.

>> Le Louxor sur le site officiel de l'architecte Philippe Pumain.

>>  Les Amis du Louxor.. 


>> ... Mais le Luxor, n'a pas que des amis !  



 

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