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PARISPERDU

cinema

Pierre Etaix est de retour.

4 Juillet 2010, 10:45am

Publié par barreteau

Affiche de l'intégrale des films de Pierre Etaix en version restaurée, © CARLOTTA FILMS

 

Après vingt ans d'imbroglio juridique, Pierre Etaix retrouve ses droits et voit l'intégrale de ses films ressortir en salles - en version restaurée -  à partir du 7 juillet 2010.

Aujourd'hui, Pierre Etaix, 81 ans, qui revendique l'héritage de Max Linder, de Charlie Chaplin, de Buster Keaton et de Jacques Tati, est un homme à l'enthousiasme intact. Chaplin était narquois, Keaton imperturbable, Tati candide. Il y a chez Etaix la trace infime d'un éternel sourire intérieur, ce quelque chose d'enjoué et d'ironique sur le visage qui laisse entrevoir qu'il n'en pense pas moins...

Alors n'hésitez pas à entrer dans les salles obscures, de surcroît climatisées - ce qui est appréciable par les températures actuelles - et vous passerez, c'est garanti, de bons moments ... en revoyant (ou en découvrant) les films de ce Pierrot mélancolique ...

 

>> En savoir plus sur Pierre Etaix et sur son œuvre.

 

>>  L'Intégrale Pierre Etaix restaurée. 
 Cinq longs-métrages : Le Soupirant (1963), Yoyo (1965), Tant qu'on a la santé (1966), Le Grand Amour (1969) et Pays de cocagne (1971).
Trois courts-métrages : Rupture, Heureux anniversaire et En pleine forme (inédit).

 

 

 

 

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La passerelle du Samouraï.

29 Mai 2010, 08:28am

Publié par barreteau

Passerelle de la gare du Boulevard Masséna- Paris 13ème - Juin 1996.

 

Au bout de la passerelle, la gare du Boulevard Masséna, une ancienne gare de la ligne de la Petite Ceinture, a encore fière allure. A l'époque, le RER C la dessert encore et cette passerelle est quotidiennement empruntée. La gare sera fermée en décembre 2000 lors de l'ouverture de la toute proche station "Bibliothèque François Mitterrand". Mais le site n'a pas été définitivement condamné et les quais sont maintenus en l'état, … au cas où une réouverture se justifierait.

Le cinéma a largement exploité le lieu. En 1967, Jean-Pierre Melville, y tourne une scène de son film "Le Samouraï", dont Alain Delon tient le rôle principal de Jef Costello. La scène où Jef vient toucher son argent pour le meurtre qui lui a été commandé, se passe sur cette passerelle métallique, surplombant les voies ferrées.

Mais là aussi, la monstrueuse avenue de France est venue bouleverser ce paysage de marge urbaine qui n'en demandait pas tant.
La gare Masséna, qui a été abondamment squattée, est aujourd'hui en piteux état. La passerelle est maintenant inaccessible … et, dans cet environnement de friches, tout cela sent la fin d'un monde, comme un ultime combat, … un combat perdu d'avance par le Samouraï.



>> La gare Masséna, une friche urbaine.

>> Le Samouraï, un film réalisé par Jean-Pierre Melville, en 1967.


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N'a-t-il pas perdu le nord ... ?

31 Mars 2009, 09:51am

Publié par barreteau

Hôtel du Nord, Quai de Jemmapes, Paris 10ème, mai 1996

 


Dans les années 90, le mythique "Hôtel du Nord", celui d'Eugène Dabit, puis de Maurice Carné, faillit être rasé. Sous la pression de parisiens amoureux des bords du canal Saint-Martin, la façade fut classée et un "café-restaurant traditionnel", ouvrit ses portes en 1993.

Pendant une douzaine d'années, le bistrot restera "dans son jus" et les ombres de Monsieur Edmond (Louis Jouvet) et de Raymonde (Arletty) continueront à hanter paisiblement les lieux.

Mais en 2005, "patatras !", de nouveaux propriétaires vont jouer la carte de la "branchitude", dans un lieu où pourtant, il eût été de bon ton qu'elle s'abstienne …
L'intérieur fut rénové, aménagé, et décoré pour plaire aux nouveaux occupants du quartier car, entre temps, le canal Saint-Martin - à la fois "chic et popu" - était devenu l'un des secteurs de prédilection des bobos de Paris.

Au restaurant de l'Hôtel du Nord, la carte s'est adaptée aux goûts, aux produits, aux codes de ces nouveaux clients. Et, l'on est bien loin de l'esprit casse-croûte, plat du jour et serveuse qui "essuie les verres, au fond du café" …

Aujourd'hui, on peut lire sur la carte: "des produits simples préparés avec une touche de fantaisie discrète"(sic). Jugez plutôt: "Millefeuille de thon cru à la japonaise, Artichauts marinés et pétales de tomate séchée; Buisson de gambas en kadaïf, sauce aigre douce et chou rouge" … et pour arroser tout ça, sans trop faire monter l'addition, il faudra vous contenter d'un banal Côtes du Rhône … dont le premier-prix est à 22€ !

Mais il faut dire que l'Hôtel du Nord "new look" possède désormais toutes les "qualités" de son époque : air conditionné, wifi, voiturier, grande terrasse, musique new-age …

"Atmosphère, atmosphère" … ?
Ici l'atmosphère a bien changé et les repères sont en voie d'effacement.

L'Hôtel du Nord, ne l'aurait-il pas définitivement perdu ?


>> Pour ceux qui voudraient toutefois tenter l'aventure

 

 

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Rue de la Cloche.

13 Juillet 2008, 09:19am

Publié par barreteau



Cette rue discrète, juchée sur un petit tertre du secteur Martin Nadeau, dans le  20ème arrondissement, porte le drôle de nom de "rue de la cloche"; mais pourquoi ce nom ?
Tout simplement parce que ce quartier est construit sur une cloche, aussi appelé fontis: une cavité creusée par l'écoulement sous-terrain de l'eau. D'ailleurs, de nombreuses rues du 20ème témoignent de ce sous-sol gorgé d'eau, et cela a donné leur nom aux rues ... du Ruisseau, des Cascades, des Rigoles, de la Mare...

Mais ici, tout a changé ... ne cherchez pas la rue de la Cloche, elle n'existe plus. Sur le petit tertre, toutes les constructions ont été rasées pour faire place nette à un square ... baptisé du nom du Docteur Joseph Grancher, un ami et collaborateur de Pasteur.

Ce nouveau "square-jardin", situé sur le flanc sud de la colline de Belleville, porte encore quelques traces de son passé : des rues pavées, des moignons de murs en meulière, des escaliers. Le square tente ainsi de conserver l'esprit du lieu, d'en rappeler son histoire.

Car dans ce quartier, où la vie s'organisait autour de trois rues aujourd'hui disparues ... (et dont la large promenade sur le sommet du square, reproduit le tracé des  ... anciennes rues de la Voulzie, Westermann et de la Cloche); il y avait des maisons, des habitants, des artisans, mais aussi ... des résistants, des enfants juifs raflés en 1942, et dont l'école de la Bidassoa - toute proche - nous rappelle le triste destin. 
Nous ne sommes pas ici, en effet, dans un simple square, mais dans un lieu pétri de symboles, de souvenirs, et où chacun peut trouver sa place pour rêver, respirer, se rencontrer, jouer, ou méditer...

De surcroît, la position en éminence du square, fait qu'ici, il nous semble facile de pouvoir nous élever à la fois au dessus des morts du Père Lachaise - tout proche - et aussi de nous détacher de la vie terrestre qui sans cesse, grouille en contrebas.


>> Déjà dans Parisperdu: "Je reviens d'un lieu qui n'existe plus ..."


>> Lieux de tournage : "Paris", un film de Cédric Klapisch. 

 

 

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Carné Nocturne.

7 Avril 2008, 09:22am

Publié par barreteau


Nous sommes tout près de "L'Hôtel du Nord", mais l'on pourrait se croire aussi "Quai des Brumes".

Demain "Le jour se lève" et "Les enfants du paradis" vont respirer "L'air de Paris" ... C'est dire si, ici près du canal St Martin, là où "Les portes de la nuit" sont si noires et épaisses ... on peut s'attendre - à tout instant - à croiser de mythiques "Visiteurs du soir", tels Gabin, ou Jouvet, voire à entendre la non moins extraordinaire voix d'Arletty ...

 

Toute une question d'atmosphère ...


>> En savoir plus sur Marcel Carné

>> La filmographie de Marcel Carné

>> Carrefour de l'Evangile: "Les portes de la nuit" déjà sur Parisperdu

 

 

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"Paris", le film.

24 Février 2008, 10:20am

Publié par barreteau

Juliette Binoche et Romain Duris  dans "Paris", un film de Cédric Klapisch (2008).
Photo officielle du film, © Mars Distribution

Pour son récent film, intitulé simplement "Paris", le réalisateur Cédric Klapisch a beaucoup tourné dans le quartier de Ménilmontant. On ne va pas, ici, faire la critique d'un film que certains trouveront génial et d'autres superficiel ...

Parisperdu s'intéressera plutôt à la topographie du lieu où vit Pierre, le personnage principal, joué par Romain Duris. Pierre habite dans un immeuble qui donne sur la place Martin Nadaud, avec une vue sur la vie, sur la ville et une autre sur la mort, sur le cimetière du Père-Lachaise.
Dans l'attente d'une transplantation cardiaque, Pierre ne peut plus exercer son métier et dans l'angoisse d'un pronostic vital incertain, il passe ses journées sur le balcon de son appartement. Jetant un œil nouveau sur le ballet humain qui se joue là, en contrebas. Il assiste, passif, au manège de la vie, à l'écoute du cœur de Paris alors qu'il est en train de perdre le sien.

Cela nous vaut, des vues rapprochées sur les rues qui se trouvent dans la ligne de fuite du balcon : la rue Gasnier-Guy (tant visitée par Parisperdu) et la rue Robineau. Mais les rues en pente de Ménilmontant et la position de sentinelle du héros sur son balcon offrent aussi de larges perspectives sur toute la ville, des vues magnifiques faites de vastes panoramas sur le Père Lachaise et sur l'ouest parisien, avec l'inévitable tour Eiffel, ... qui semble si loin ...

Mais Paris, c'est tout à la fois: l'Est et l'Ouest, les petites rues ordinaires et les ensembles monumentaux, les gens simples et les nantis ...
Tout cela est dans le film, ... et dans un grand tourbillon, Paris est en perpétuel devenir, car comme le dit un professeur d'Histoire spécialisé sur Paris, et interprété dans le film par Fabrice Luchini : " ça toujours été comme ça dans Paris, c'est qu'elle fabrique en permanence de la modernité sur ce conflit entre le vieux et le moderne."

Le réalisateur Cédric Klapisch signe avec son film "Paris" le portrait éphémère d'une ville éternelle.

  

 

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" Quelque part quelqu'un" (2/2)

18 Janvier 2008, 09:02am

Publié par barreteau

 

Paris, monstrueuse métropole où "le Nouveau" :de gigantesques buildings de métal et de verre, gagne inexorablement sur "l'Ancien", sur ses rues et ses immeubles traditionnels où ne survivent plus que des pauvres ou des vieux, comme ce couple, Germaine et Albert, que la rénovation de leur quartier va chasser vers la banlieue.

Paris, où débarquent chaque jour comme sur une planète étrangère, des provinciaux et des émigrés en quête d'un emploi, d'un rêve, d'une adresse introuvable. Bousculée, affolée, Christine trouvera-t-elle enfin la rue où son avenir, croit-elle, l'attend ?

Paris, ruche bourdonnante où beaucoup s'affairent, telle Raphaëlle, architecte revenue de l'illusion d'œuvrer pour le bien-être de ses semblables mais qui s'acharne à sortir du désespoir et de l'alcoolisme celui qu'elle aime, Vincent, écrivain à la recherche d'une identité perdue dans l'anonymat de la grande cité.

Paris, où l'on découvre encore des amoureux, Anne et Emmanuel par exemple, êtres jeunes, intacts et pleins d'enthousiasme, capables d'ignorer la froide cruauté qui les baigne tant leurs yeux sont emplis du visage de l'être aimé. Paris, qu'il faut sans doute fuir pour vivre enfin, même si, pour cela, Emmanuel doit quitter Anne.

Paris, inhumaine fourmilière où chacun, dans la foule bruissante et - pourquoi pas - chaleureuse, espère que "quelque part, quelqu'un"...

Ce film est une peinture du monde, surtout celui des grandes villes, telle Paris ; c'est aussi un regard résolument intemporel sur la solitude et la condition de l'être humain face à l'absurdité de l'existence.

Le film n'est cependant pas pessimiste. L'espoir demeure - à la fois dans le "quelque part" et dans le "quelqu'un".
Dans le "quelque part" car la ville peut être autre chose que l'amoncellement rentable de coquilles fonctionnelles. Et, dans ce Paris, il y a des "quelqu'uns" résolus à ne pas se laisser façonner en ... n'importe qui.


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Quelque part quelqu'un"  (1/2)


>> "Quelque part quelqu'un": l'affiche du film, par Michel Folon.

 

 

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"Quelque part quelqu'un" (1/2).

10 Janvier 2008, 12:32pm

Publié par barreteau

Démolitions dans le quartier de la Réunion- Paris 20ème.

"Quelque part quelqu'un", derrière ce titre emprunté à Henri Michaux se tient le premier long métrage de Yannick Bellon, réalisé en 1972. Une histoire qui mêle la fiction et le reportage. Une histoire lyrique. Une déchirante plongée dans les plis sinueux d'une ville, Paris.

 

La rue, les vieux immeubles que l'on détruit, les nouveaux qui se dressent fièrement, "immobilièrement". Et puis la foule. Le mouvement de la foule. La houle. Le ressac. Marée humaine. Le chant de la foule. Un opéra, porté par la musique unique, "expérimentale" de Georges Delerue, tout concourt à donner à cette fable sur la déshumanisation de la société contemporaine un aspect fantastique et étrange.

Paris se démolit, Paris se reconstruit. Entre les ruines des immeubles anciens et les constructions "flambant-neuf" se presse une foule partout présente, dans les gares, la rue, les magasins. A toutes les heures du jour et de la nuit.

 

Quelques personnages isolés dans cette ville de Paris, représentant chacun une génération, se croisent mais jamais ne se rencontrent. Pas d'histoires, pas de stars, ici, le thème de la ville revient comme un leitmotiv.

Si vous appréciez Parisperdu, vous aimez sûrement "Quelque part quelqu'un".

A suivre ...


>> La musique unique, "expérimentale" de Georges Delerue.

>> La photographe Denise Bellon, mère de Yannick (cinéaste) et de Loleh (comédienne). 


   

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Jean Ro. figurant de cinéma ... à Belleville

4 Septembre 2007, 16:16pm

Publié par barreteau


A Belleville, le haut de la rue des Envierges - avec son panorama unique sur Paris - a de tout temps attiré les réalisateurs de films.

En 1950, j'y ai vu tourné plusieurs scènes du  "Château de verre", un film de René Clément avec Jean Marais et Michelle Morgan. J'ai aussi assisté au tournage d'une séquence d'un film dont je me souviens plus du titre ... Kirk Douglas y jouait un soldat de l'armée américaine libérant Paris.

Dans le passage Botha, j'ai été époustouflé par des ouvriers du "septième art" qui ont transformé, en moins d'une heure, une cordonnerie en menuiserie : rien n'y manquait, établi, outils, copeaux, ... le décor de la devanture fut posé d'un seul morceau.

C'est là aussi, que j'ai pu voir, de très près, Serge Reggiani et Simone Signoret "en costume 1900" pour une scène de "Casque d'or". Pour ce film mythique, nous, les gamins du quartier, avons joué "à chat" et ... nous étions même ... payés pour cela !

Et c'est dans cet immeuble d'angle, au dernier étage, que fut tourné - 1959 - une séquence du  film d'Henri Verneuil "Le Grand Chef", avec Fernandel et Gino Cervi en kidnappeurs d'un petit diable. Tout en haut de ce longiligne immeuble, depuis la toute dernière fenêtre, on voyait, dans l'immeuble d'en face, la boutique du marchand de vin Letourneau chez qui on allait chercher le gros rouge  "à la tireuse", en se servant soi-même ...

Mr Letourneau faisait également "bar", et c'est-là qu'un jour, Raymond Pellegrin offrit un café au jeune homme que j'étais alors...

 

>> "Château de verre", un film de René Clément

>> "Le Grand Chef", un film d'Henri Verneuil 
 

>> Raymond Pellegrin : un acteur français qui effectua une grande partie de sa carrière en Italie.

 

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Rue des Prairies.

5 Septembre 2006, 09:20am

Publié par barreteau

 

 


Il règne, ici,  une impression de lenteur, d'éloignement et d'étrangeté au monde moderne ...

C'est tout le charme du quartier Charonne.

Car, Charonne c'est la rue des Prairies, mais aussi : la rue des Haies; la rue des Maraîchers; la rue du Clos... Tous ces noms témoignent, s'il en est besoin, de l'ancienne vocation agreste de Charonne qui se distinguait alors de Belleville ou de Ménilmontant dont la vocation était plus artisanale, voire plus industrielle.

Cet héritage du passé survit encore aujourd'hui : la rue des Prairies reste un havre de paix.

 

>> Cette Photo est publiée en hommage à Pierre Sansot, auteur « Du bon usage de la lenteur » (Editions PAYOT)


>> Voir aussi : "Rue des Prairies" : le film ... 
Contrairement à ce que le titre de ce film pourrait laisser penser, il n'a pas été tourné dans la partie du 20e où se trouve la rue des Prairies, mais dans une grande friche des hauts de Belleville, entre l'actuelle Place des Fêtes et l'actuel Parc de Belleville.

 

 

 

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Rue des Cascades.

25 Juin 2006, 08:54am

Publié par barreteau


Le vingtième arrondissement de Paris possède, plus que d'autres, des lieux privilégiés où le regard peut encore capter ces images poétiques qui échappent à notre époque de pubs et de bagnoles.
 

Belleville et Ménilmontant nous montrent des "signes intérieurs de richesses" inconnus ailleurs dans Paris.

Malheureusement, ce qu'on appelle : "urbanisme" , (philosophie dont l'exécutant est le Promoteur), ne connaît pas de pire ennemi que l'inconnu et, faute de pouvoir le comprendre, il le détruit, afin de le remplacer par du trop-connu qui n'encourage plus que l'indifférence.

Je dédie ces quelques lignes au souvenir de ce que fut cette partie modeste et mystérieuse de la rue des Cascades.



>> Casque d'Or, le film de Jacques Becker tourné en décors naturels au 44, rue des Cascades. 

>> La rue des Cascades dans l'univers musical de Yann Tiersen 

 

 

 

 

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Carrefour de l'Évangile .

15 Juin 2006, 09:27am

Publié par barreteau


La croix de l'Évangile est la dernière des nombreuses croix de carrefour qui furent posées à Paris à l'intersection des chemins.

La rue de l'Évangile fascina les romanciers par son étrangeté.
Jules Romain la décrivit dans « Les Hommes de bonne volonté » et Alexandre Arnoux dans « Rue de l'Évangile ».

Mais c'est Marcel Aymé (Derrière Martin, 1938) qui dépeint le mieux ce lieu étrange : « Fiché sur le trottoir ... , il regardait, par delà le carrefour, un endroit souvent désert, la rue de l'Évangile qui fuyait entre deux hauts murs aveugles bordant, à droite la tranchée des chemins de fer de l'Est et, à gauche, le vaste quartier des gazomètres dont les hauts et monstrueux caissons semblaient surplomber et écraser la chaussée ... à quelque cents mètres ... elle s'infléchissait un peu ... et semblait se poursuivre sans fin entre ses deux murs unis et se perdre en elle-même. Dans la lumière grise et fumeuse du matin, elle apparaissait comme un chemin abstrait, comme le départ d'un infini maussade ou d'un couloir désolé aboutissant à d'autres paradis ».

Depuis beaucoup de changements ont modifié radicalement l'aspect de cette rue. Le gaz naturel a rendu caduques les gazomètres - qui stockaient du gaz de houille - et ils furent détruits en 1978, puis remplacés par la zone d'activités et d'entreprises CAP18. Demain, le projet de la future gare « RER Évangile » et de son interconnexion avec le tramway des Maréchaux devraient changer encore plus profondément le secteur.

Les jours du dernier calvaire de Paris sont sans doute comptés ... 


 


>> Ce calvaire - reconstruit en studio - a servi de cadre au film de Marcel Carné " Les portes de la nuit". Voir le décor du film créé par le génial Alexandre Trauner.

 

 

 

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30, Avenue du Docteur-Arnold-Netter

17 Janvier 2006, 18:33pm

Publié par barreteau

L'endroit est très retiré : un passage s'ouvre au 30 de l'Avenue et débouche sur la rue des Marguettes, que l'on aperçoit au fond.
Ce lieu est encore occupé par de petits ateliers d'artisans en proximité immédiate de l'hôpital Trousseau.

Tout près d'ici habitait, en 1933, Violette Nozière qui défraya la chronique judiciaire dans les années trente ...


>> Violette Nozière (1916-1966)

>> Violette Nozière, le film de Claude Chabrol (1978)



 

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