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PARISPERDU

Les 3 Magenta de Paris et l'impasse Pierre-Guérin.

24 Octobre 2025, 08:01am

Publié par pierre barreteau

1_Boulevard de Magenta (10e arrondissement) // 2_rue Magenta (19e arrondissement) // 3_rue de Magenta (16e arrondissement) alias rue Pierre-Guérin.

 

A Paris si vous dites "Magenta" pour localiser un lieu il faudra être plus précis car il y a "trois Magenta" dans la capitale :
Le Boulevard de Magenta dans le 10e arrondissement [1] ; la rue Magenta dans le 19e arrondissement [2] et enfin la rue de Magenta dans le 16e arrondissement [3].

Mais quelle est donc cette rue de Magenta que l'on ne trouve ni sur les plans de Paris ni sur nos GPS ?
C'est l'ancienne « sente des Vignes », qui deviendra en 1859 «
rue de Magenta» et qui aujourd'hui correspond au rétrécissement de la rue Pierre-Guérin lorsqu'au niveau de la rue de la Source, elle finit en impasse.

Et ces derniers jours ce rétrécissement, cette petite et discrète impasse, a connu une exceptionnelle notoriété, filmée par les caméras des médias du monde entier. Mais pourquoi donc ?

C'est parce qu'au n° 44 de cette impasse la chanteuse Carla Bruni y est depuis longtemps locataire d'une maison des années 1930 et c'est à ce numéro qu'elle réside avec son époux, l'ex-président de la République française Nicolas Sarkozy. Et c'est de ce lieu qu'au matin du 21octobre 2025 l'ex-président est parti pour une résidence beaucoup moins enviable : la prison de la Santé !

 

>> La résidence du 44 rue Pierre-Guérin.

 

 

 

>> Carla Bruni chez elle.

 

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Les Maisons closes… rouvrent. (5/7) : Le Chabanais

19 Octobre 2025, 08:48am

Publié par pierre barreteau

12, rue Chabanais, Paris IIe

A Paris, non loin du jardin du Palais-Royal, le 12 de la rue Chabanais est un immeuble de huit étages à la façade très discrète... et coincé entre deux restaurants asiatiques rien ne laisse aujourd'hui deviner qu'ici un véritable Temple de la luxure a fonctionné entre 1878 et 1946. Soixante-dix ans de fêtes et de parties fines dont il ne reste maintenant qu'une rampe d’escalier et deux portes en fer forgé. Car contrairement "Aux Belles Poules", à la Maison Souquet ou au "10 bis" dont nous avons parlé ici récemment, Le Chabannais lui… ne rouvre pas.

A la tête de cette célèbre maison close, la tenancière a longtemps été Mademoiselle Kelly, mystérieux pseudonyme d’Alexandrine Jouannet. Puis Mme Darcourt assura la suite jusqu'à la fermeture des "Maisons" en 1946.

A la Belle époque, le Chabanais est alors mondialement réputé. Dans de somptueux décors, Albert prince de Galles, fils aîné de la reine Victoria, et futur roi du Royaume-Uni au nom d'Edouard VII mais surnommé Bertie par ses favorites y avait sa baignoire à champagne en cuivre rouge et son fauteuil d’amour à trois places !

Le Chabanais est alors une telle institution qu’il est inscrit au programme des réjouissances d’État. La République laisse ainsi à ses prestigieux visiteurs le choix entre une soirée à l’Opéra, la visite privée d’un musée, ou une nuit inoubliable chez Mademoiselle Kelly.
Ainsi, inscrite au programme officiel du protocole, la visite au Chabanais devient même sur le cahier de réservation de "l’Établissement" : la « visite offerte par le Président du Sénat ».
Les passes sont chères, en moyenne l’équivalent de deux mille euros pour une nuit entière. Et même jusqu'à 3 000 ou 4 000 euros en fonction des "extras". Mais les prestations sont de qualité car les demoiselles Margot, Marthe, Irma, Camille, Nadia ou Mimi… et les 18 autres filles qui travaillent-là sont régulièrement soignées (avec une visite obligatoire hebdomadaire chez un médecin) et joliment apprêtées : on les emmène deux fois par an chez le tailleur Krebs pour recevoir guêpières et robes affriolantes.

S'il est aujourd'hui un lieu oublié : le 12, rue Chabanais a longtemps été "La" maison close d'une élite mondialisée.

 

>> L’entrée du Chabanais, dans les années 1920, photographie anonyme (courtoisie Galerie Au Bonheur du Jour, Paris).

 

>> Vue de l’exposition « Splendeurs et misères. Images de la prostitution. 1850-1910 » au Musée d’Orsay en 2016. Au premier plan, le fauteuil d’amour à trois places d’Edouard VII au Chabanais. Les tableaux montent aussi (à gauche), Valtesse de la Bigne, une célèbre horizontale et (à droite), Mademoiselle de Lancey.

 

>> La fameuse baignoire en cuivre d’Edouard VII au Chabanais, vendue aux enchères en 1951 par Maurice Rheims à la fermeture du bordel, (photographie anonyme).

 

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Les Maisons closes… rouvrent. (4/7) : Le 10 bis.

12 Octobre 2025, 08:34am

Publié par pierre barreteau

10 bis, rue du Débarcadère, Paris XVIIe

 

Au 10 bis de la rue du Débarcadère, près de la porte Maillot, on pouvait trouver jusqu'en 2014, caché dans cette petite rue, une Maison galante communément appelée "Le 10bis".

La tenancière du lieu est Lucienne Goldfarb ou Lucienne Tell alias Katia la Rouquine, un personnage haut en couleurs et plutôt sulfureux car mêlé à moult scandales : dénonciations sous l’Occupation allemande, l'affaire Ben Barka, la célèbre affaire Elf… Elle a aussi côtoyé les plus grands (Roland Dumas, Placido Domingo...), et a régné en Dame sur les nuits parisiennes pendant 50 ans, sans jamais négliger son rôle d'indic n°1 auprès de la brigade des stupéfiants. 

La loi Marthe Richard ne bouleversa pas beaucoup la vie de la tenancière car, une fois la Maison close fermée, Katia transforma -dès les années 50- son bordel en un hôtel de rendez-vous puis en un club échangiste. Et Katia la Rouquine pilotera ce lieu de galanterie jusqu'en 2014… elle a alors 88 ans !

Mais à l’été 2016 Karim Massoud, multi-entrepreneur dans l’univers du voyage, désireux de diversifier ses activités et d’investir dans l’hôtellerie traditionnelle rachete le "10bis".

Massoud va investi 9 millions d'euros pour transformer le lieu en un luxueux hôtel 4 étoiles de 25 chambres et suites.
Et, après onze mois de travaux, même si la page Katia est alors tournée pour cibler une clientèle d’affaires et de tourisme, bien des objets marquants de l'hôtel de Rendez-vous sont conservés : ainsi les luminaires à trois ampoules, qui servaient auparavant à indiquer aux clients s'ils pouvaient rentrer, ont été réinstallés ; d'anciens miroirs ont été récupérés, nettoyés, tout comme les fauteuils qui ont été retapissés.


Jusqu'en 2014 Katia la Rouquine continua de vivre modestement das sa "Maison", recluse au dernier étage dans son deux-pièces cuisine qui sera transformé dans le nouvel hôtel en une suite de 30 m2.

Aujourd'hui définitivement retirée des affaires, elle vit dans une maison de retraite. Née le 30 octobre 1924, elle est âgée de 101 ans !

>> Le 10 bis, site officiel.

>> L'hôtel de Monaco, alias "Le 10bis" : Coupure de presse à l'époque Katia

>> Katia la Rouquine, une vie de balance.

>> Avant/après : une maison close mythique se mue en hôtel chic.

 

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