Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU

Lumière sur la rue de Montempoivre.

28 Juin 2009, 09:53am

Publié par barreteau


La rue de Montempoivre
est une petite rue bien calme du 12ème arrondissement. Elle débouche sur la porte du même nom. Cette dernière n'a toutefois pas eu l'honneur de figurer parmi les 34 portes qui rythment le périph, si bien que peu de parisiens en connaissent l'existence. Et, si vous y résidez, vous serez constamment obligé, pour préciser votre adresse, d'indiquer : "c'est entre la porte de Vincennes et la porte Dorée" …

Ici, seule une raie de lumière égaye et réchauffe la petite rue à l'atmosphère plutôt froide.

Cette irruption du soleil est due au seul fait que les immeubles n'ont pas pu s'adosser au pont du chemin de fer de la Petite Ceinture. Mais la nature urbaine ayant, par définition, horreur du vide, ce no-mans' land fait - peu ou prou - office de décharge sauvage : cartons et objets divers sont fréquemment déposés ici, bien en évidence dans le petit puits de lumière, face à l'incongru placard publicitaire.

Un peu plus loin, une enfilade de ponts donne à la rue de Montempoivre un petit air de rue Watt. Ce paysage est toutefois bien différent de celui de la célèbre voie souterraine du 13ème. Car là, s'annonce la coulée verte, et alors, au bout de la rue, enfin libérée de toute entrave, la lumière éclate de toute part …


 

>> "Rue de Montempoivre superstar" sur le blog Belairsud.





Voir les commentaires

Belleville, embarquement immédiat.

24 Juin 2009, 09:59am

Publié par barreteau

Passage de Pékin, 75020 Paris - 1997

 

Pourquoi suis-je tant attaché au quartier de Belleville ?
Ici pourtant point de jolis immeubles, rien que les façades simples d'un quartier populaire ou des constructions sans âme, rebâties à la hâte dans les secteurs qui ont été rasés dans les années 70 …


Mais ce quartier a une âme, … et partout, la vie est bien là… C'est un dépaysement constant, dû sans doute aux effluves d'épices ou de mets exotiques, aux diverses tenues vestimentaires entrevues çà et là, ou encore aux dialectes inconnus entendus dans les rues. Des rues dont les noms évoquent déjà le voyage : passage de Pékin, rue d'Annam, rue du Sénégal, rue de Pali Kao...
Sur les vitrines des points-service "téléphone et internet", une liste sans fin de pays s'égraine. Elle ressemble au tableau d'affichage des "Départs" ou des "Arrivées" d'un aéroport international. Et partout, sur les murs, des petits bouts de papier couverts d'idéogrammes, nous montrent le mode de communication favori de la communauté chinoise.


A Belleville, il existe encore des artisans avec leurs petites boutiques, des "alimentations épiceries", des boucheries hallal ou "cacher, sous contrôle du grand rabbinat de Paris" …
Les gosses jouent aux ballons sur la bande centrale des boulevards de Belleville ou de La Villette, et rêvent de devenir Zizou ou Thierry Henry …

On voit, tout au long des trottoirs, des arabes, assis sur leurs tabourets, et agitant des éventails les jours de chaleur... Des chinois sans papier, fraîchement débarqués, gardent encore leur coutume de s'asseoir, accroupis, recroquevillés … Des sri-lankais, vendeurs de maïs grillés, guettent les flics; des blacks discutent en bandes, et leur groupe est de temps à autre secoué par de grands éclats de rire … Des bananes "jaunes extérieurement, blancs à l'intérieur" sortent des supermarchés asiatiques, les bras et les mains surchargés de sacs … jaunes.

A la sortie du métro de Belleville, les missionnaires de l'église protestante, de la scientologie, les Falunlong cherchent à séduire les passants … avec le sourire. Ils se feront plus instant avec la gente féminine.
Décidément, ce quartier est un lieu saint: mosquées, églises, synagogues cohabitent et assurent les habitants de leurs bénédictions, car ici, rarement le ton monte …

Les kebabs, les traiteurs, les restos asiatiques, les petits bistrots, les cafés-terrasses, les fast-foods animent le quartier de jour comme de nuit.

Au café "Aux Folies", un vieux "rade" dont la déco date des années 30, s'agglutine une faune cosmopolite composée de chinois, de juifs, de maghrébins et de français souvent d'origine provinciale, le tout forme un mélange très représentatif de la diversité ethnique de Belleville. C'est dans un brouhaha provoqué par tous ces clients, dont chacun s'exprime dans sa langue, que l'on prend une bière au bar et là, en se coudoyant avec ses voisins, on comprend alors ce que veut dire l'expression "une fraternité de voisinage ".

C'est sans doute pour toutes ces raisons, pour tout ce vivant fatras, que je suis aussi fortement attaché à ce quartier …



>> Voir aussi sur Parisperdu : "Chinoiseries à Belleville".
 

 

 

Voir les commentaires

Plus belle la ville.

20 Juin 2009, 20:58pm

Publié par barreteau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jardin du 18 passage des Soupirs - Paris 20ème

Paris n’est plus ce qu’il était… et c’est peut-être tant mieux !
En effet, depuis qu’un vent nouveau a dépoussiéré les transports, l’arpenter à pied relèverait presque du romanesque. Enfourcher une "petite reine" pour baguenauder dans Paris n’a plus rien d’exceptionnel, c'est l'effet Vélib’...

Et parfois, que trouve-t-on au hasard d'une rue, au pied des immeubles, sur des terrains en friche ? Des jardins, et même de plus en plus de jardins car, depuis l’an 2000, de nombreux riverains se sont appropriés une cinquantaine de ces terrains communautaires, que l'on appelle "les jardins partagés".

Les Parisiens auraient-ils envie de s’octroyer un nouveau type de loisir dans leurs moments de répit ? Peut-être bien car ici, on se réunit pour grattouiller son lopin de terre, pour pique-niquer ou recevoir les enfants des écoles voisines. C'est aussi un formidable catalyseur pour se connaître, un préalable à la solidarité.


Mais quelle est l’idée finale de ces jardins partagés ?
Vraisemblablement celle de créer une dynamique qui va favoriser l’entraide de proximité.  Des exemples ? Ils sont légion : acheter la baguette de la voisine, qui gardera votre enfant, … prêter sa perceuse au voisin et utiliser son accès Wifi… : mieux vivre, ça ne coûte rien.

Plus ouverte, plus conviviale, et s'il faisait enfin bon vivre dans la capitale ?

 

  • Autres jardins partagés:

 >> "Jardinons ensemble"

>> "Jardins partagés"

>> Aussi sur "Parisperdu": "La belle au Bois Dormoy ..."

 

 

Voir les commentaires

Henri Cartier-Bresson, à vue d'oeil.

16 Juin 2009, 09:12am

Publié par barreteau

Rue Mouffetard, Paris, 1954 © Henri Cartier-Bresson/MAGNUM



Vous avez jusqu'au 30 août pour courir à la Maison Européenne de la Photographie et découvrir cette exposition qui propose de parcourir quelques 320 œuvres d’Henri Cartier-Bresson. Une bonne partie de l'accrochage reprend d'ailleurs les clichés de "Paris à vue d’œil", une exposition présentée en 1984, au musée Carnavalet.

A travers des images apparemment anodines, Henri Cartier-Bresson traque les moments de vie, comme autant d’instants magiques, dans mille et un lieux, mille et un milieux. Il dresse, comme personne, le portrait d’un pays, d'une ville. Et comme toujours, ses images mêlent émotion et regard acéré. Cartier-Bresson nous montre que, même là où ne l'attend pas, la beauté existe … pour qui sait la voir.

Et si au début, ses images montrent surtout des "gueules", le regard s’affine ensuite peu à peu. Ses instantanés affichent alors, une organisation rigoureuse et ultra-soignée : lignes de fuite parfaites, merveilleux travail d’ombres et de lumières, composition impeccable, distance millimétrée, justesse innée du cadre, car il ne recadrait pas.

Bien qu’archi-connues pour la plupart, ces photos éblouissent encore. Récemment, Willy Ronis me confiait que pour lui, "Henri Cartier-Bresson était le plus grand". L'hommage vient de haut …

 
>> Le site web de Maison Européenne de la Photographie.

>> Henri Cartier-Bresson, le site officiel.


 

Voir les commentaires

Village perdu.

12 Juin 2009, 10:01am

Publié par barreteau

Rue Gasnier-Guy, 1997

 

Le secteur de la rue Gasnier-Guy et de la rue des Partants est un territoire en bout de piste, loin de tout, comme égaré dans la cité.

Désormais tout est immobile, déchiré, encombré de détritus, pillé de tout ce qui n'est pas pierre ou minéral.
C'est comme un  village perdu qui dresse encore ses oripeaux au-dessus des pavés usés de la rue en dos d'âne.

Ici, seul un pan de mur témoigne. Ailleurs, on croise un homme solitaire, rescapé de l'exode et du lent abandon qu'a connu le quartier. Le temps n'est plus le même dans ce coin du 20ème arrondissement  et ce qui était hier un village s'est aujourd'hui endormi et semble doucement s'enfoncer dans un linceul de pierres.
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.


Mais il suffit d'un regard, un jour de promenade lorsque s'estompent les bruits du quotidien, pour retrouver les images de ces vies oubliées. Un rien, une poupée, une assiette en porcelaine, abandonnés dans un  rayon de soleil, et les souvenirs se redressent …



>> Voir aussi sur Parisperdu: "Vers l'infini et même au delà" 

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Démolition des murs ... démolition des vies"

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Murs abattus et baignoires rémanentes"

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Chaos debout !"

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Une rage de destruction"

 

 

 

Voir les commentaires

"Italie 13" : La politique de la table rase.

8 Juin 2009, 08:42am

Publié par barreteau

 

Les tours des Olympiades. Au premier plan, le seul bâtiment restant des usines Panhard et quelques rares maisons rescapées.

 

L'opération Italie 13 est la réponse-type au diagnostic souvent formulé, dans les années 50, par les architectes et les politiques pour l'aménagement des arrondissements périphériques de Paris.


Ce diagnostic est le suivant: ces arrondissements comprennent de nombreux îlots jugés insalubres ou simplement "mal construits". Comment améliorer cet existant "bancal" ?
La réponse sera celle-ci: la rénovation de ces îlots doit se faire non par un simple assainissement des immeubles mais par une réorganisation d'ensemble de ces quartiers dans l'esprit de la Charte d'Athènes de Le Corbusier, à savoir: construction en hauteur afin de libérer des espaces au sol et ainsi assurer aux appartements une meilleure luminosité, mais aussi: séparation des voies destinées à la circulation automobile de celles consacrées à la desserte locale et aux trajets piétonniers.
L'opération Italie 13 illustre à merveille ce programme. Mais nombre de principes pourtant essentiels pour Le Corbusier ont été oubliés pour ce quartier, comme celui de vastes parcs entourant les tours ...

 
Autour de l'avenue d'Italie, on pratiqua donc la politique de la table rase afin de pouvoir construire - sur 87 hectares - une cinquantaine de tours. Finalement seulement 34 d'entre elles, seront érigées.
Les tours doivent toutes avoir à peu près la même hauteur : une trentaine d'étages. Les architectes en charge du projet estiment en effet que l'urbanisme de tours, loin d'opérer une rupture traumatique avec le passé, prolonge la vieille tradition parisienne de l'unité de hauteur des bâtiments !?!

Le résultat de l'opération ne sera pas vraiment un succès. A l'origine, dans les années 70, l'opération Italie 13 visait à séduire une population de jeunes cadres, en tablant sur le modernisme du quartier et la présence de nombreux équipements scolaires et sportifs. Or les tours, éloignées du centre de Paris, trop standardisées dans leur architecture, n'ont pas séduit les Parisiens.
Loin de la structure traditionnelle du tissu urbain, le quartier a dérouté les futurs acquéreurs, car certaines rues où vous aurez votre adresse - comme les rues du Javelot et du Disque - sont totalement invisibles, enfouies sous la dalle, elles sont inaccessibles aux piétons et quasiment introuvables.

Les tours sont alors restées inoccupées pendant plusieurs années et l'opération aurait sans doute été un échec cinglant sans l'arrivée des premiers réfugiés vietnamiens vers 1975. Ils vont rapidement occuper les lieux, vivant à plusieurs familles par appartement afin de payer les loyers élevés. Ils seront suivis par d'autres vagues de réfugiés et d'immigrés cambodgiens, laotiens, puis chinois. Beaucoup ont ouvert ou repris de petits commerces faisant ainsi le quartier asiatique que l'on connaît.

De nos jours, le quartier Italie 13, dont la maintenance est complexe et coûteuse, fait l'objet de projets de rénovations lourdes …
Mais cette fois, la politique de la table rase n'est plus à l'ordre du jour … et pourtant … ! 


>> Voir aussi, sur Parisperdu : "Des tours à Paris : pour quoi faire ?"

 

 

Voir les commentaires

Parisperdu, un million de visiteurs !

3 Juin 2009, 09:27am

Publié par barreteau


Qui aurait cru, au lancement de ce blog - exclusivement francophone et spécialement dédié aux amoureux de Paris, d'un certain Paris - que le million de visiteurs serait atteint aussi rapidement.
Et cette barre symbolique vient d'être franchie ce week-end !


A croire qu’il y a, et c’est bon signe, 1 000 000 d'amoureux de Paris ou 1 000 000 d'internautes se demandant pourquoi Paris est-il perdu ou peut-être encore 1 000 000 de personnes cherchant à retrouver un certain Paris ?

Quoiqu’il en soit, les mathématiques n’étant pas une science aussi exacte que cela, la vérité est sûrement un peu différente … et ce million de visiteurs est certainement une combinaison de toutes ces hypothèses.

Aussi, je prends ce chiffre symbolique avec beaucoup de recul et surtout comme une motivation supplémentaire pour continuer à dialoguer avec vous sur cette thématique parisienne qui nous tient tant à cœur.

Merci pour vos visites et pour votre régularité à venir et à revenir sur Parisperdu …


Avec vous, … le voyage continue !

 

 

>> Il y a 2 ans, Parisperdu atteignait tout juste les 100 000 visites

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires