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PARISPERDU

artistes

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Les Frigos en "perspectives".

30 Mars 2008, 14:35pm

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Publié par barreteau

 

 


Lorsque, tous les matins, les étudiants descendent la rue des Frigos qui les mène à l'Université, combien sont-ils à voir le vieux bâtiment entièrement recouvert de graffitis qui leur fait face ?

Quel regard portent-ils sur cet ancien paysage industriel qui peuple leur quotidien et qui aujourd'hui s'efface devant les grandes barres d'immeubles du treizième arrondissement parisien ?

C'est en partant d'un constat d'indifférence partagée entre les artistes des Frigos et leurs voisins-étudiants de l'Université Paris 7 Diderot - pourtant réunis par une même histoire, celle de leur patrimoine architectural et historique - que l'exposition "Perspectives" a été pensée.

"Perspectives" est une Exposition couvrant deux lieux distincts:
> Celui des Frigos, un ancien bâtiment frigorifique investi et réhabilité par des artistes et artisans depuis les années 1980. C'est aujourd'hui un lieu de création dynamique situé au 91 quai de la Gare, dans le 13ème, au cœur d'un quartier en pleine modernisation. Les palissades entourant temporairement le lieu, semblent délimiter une sorte d'îlot dont la visibilité s'en trouve réduite.
> Celui des Grands Moulins, autre élément du patrimoine industriel du quartier, qui a connu récemment une seconde naissance avec l'implantation de l'Université Paris 7. Celle-ci, ainsi que l'ensemble des activités voisines, occupent des bâtiments neufs, qui contrastent fortement avec les Frigos, dernier témoignage du passé industriel du quartier.
La singularité des Frigos et leur vitalité créatrice ont amené les organisateurs de l'exposition à des questionnements à la fois artistiques et sociologiques ayant comme point de départ la notion de perspective, et jouant sur la polysémie de cette notion pour concevoir l'exposition. Le visiteur pourra ainsi réfléchir au lien créé entre la perspective dans l'art, la perspective géographique, la perspective sociologique et la perspective des regards par rapport aux Frigos.

L'exposition "Perspectives" se déroulera du 31 mars au 12 avril 2008 dans le hall des Grands Moulins, grande salle entièrement construite en béton et agrémentée de colonnes, dont l'apparence rappelle l'architecture des Frigos. L'exposition en elle-même constitue un trait d'union entre les deux espaces.

Alors courrez vite au 91 quai de la Gare et aux 9-15 Esplanade des Grands Moulins ... pour une bonne visite en ... "perspective" ! 

>> Le site des Frigos.

>> L'Université Paris 7 Diderot.

>> Sur Parisperdu : "Les Frigos vont-ils être démolis ?"

>> Toujours sur Parisperdu : "Manu et ses copains "graffeurs" en action sur le site des Frigos".

>> Encore sur Parisperdu : "Des étudiants dans la farine ?"

 

 

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"Paris", le film.

24 Février 2008, 10:20am

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Publié par barreteau

Juliette Binoche et Romain Duris  dans "Paris", un film de Cédric Klapisch (2008).
Photo officielle du film, © Mars Distribution

Pour son récent film, intitulé simplement "Paris", le réalisateur Cédric Klapisch a beaucoup tourné dans le quartier de Ménilmontant. On ne va pas, ici, faire la critique d'un film que certains trouveront génial et d'autres superficiel ...

Parisperdu s'intéressera plutôt à la topographie du lieu où vit Pierre, le personnage principal, joué par Romain Duris. Pierre habite dans un immeuble qui donne sur la place Martin Nadaud, avec une vue sur la vie, sur la ville et une autre sur la mort, sur le cimetière du Père-Lachaise.
Dans l'attente d'une transplantation cardiaque, Pierre ne peut plus exercer son métier et dans l'angoisse d'un pronostic vital incertain, il passe ses journées sur le balcon de son appartement. Jetant un œil nouveau sur le ballet humain qui se joue là, en contrebas. Il assiste, passif, au manège de la vie, à l'écoute du cœur de Paris alors qu'il est en train de perdre le sien.

Cela nous vaut, des vues rapprochées sur les rues qui se trouvent dans la ligne de fuite du balcon : la rue Gasnier-Guy (tant visitée par Parisperdu) et la rue Robineau. Mais les rues en pente de Ménilmontant et la position de sentinelle du héros sur son balcon offrent aussi de larges perspectives sur toute la ville, des vues magnifiques faites de vastes panoramas sur le Père Lachaise et sur l'ouest parisien, avec l'inévitable tour Eiffel, ... qui semble si loin ...

Mais Paris, c'est tout à la fois: l'Est et l'Ouest, les petites rues ordinaires et les ensembles monumentaux, les gens simples et les nantis ...
Tout cela est dans le film, ... et dans un grand tourbillon, Paris est en perpétuel devenir, car comme le dit un professeur d'Histoire spécialisé sur Paris, et interprété dans le film par Fabrice Luchini : " ça toujours été comme ça dans Paris, c'est qu'elle fabrique en permanence de la modernité sur ce conflit entre le vieux et le moderne."

Le réalisateur Cédric Klapisch signe avec son film "Paris" le portrait éphémère d'une ville éternelle.

  

 

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" Quelque part quelqu'un" (2/2)

18 Janvier 2008, 09:02am

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Publié par barreteau

 

Paris, monstrueuse métropole où "le Nouveau" :de gigantesques buildings de métal et de verre, gagne inexorablement sur "l'Ancien", sur ses rues et ses immeubles traditionnels où ne survivent plus que des pauvres ou des vieux, comme ce couple, Germaine et Albert, que la rénovation de leur quartier va chasser vers la banlieue.

Paris, où débarquent chaque jour comme sur une planète étrangère, des provinciaux et des émigrés en quête d'un emploi, d'un rêve, d'une adresse introuvable. Bousculée, affolée, Christine trouvera-t-elle enfin la rue où son avenir, croit-elle, l'attend ?

Paris, ruche bourdonnante où beaucoup s'affairent, telle Raphaëlle, architecte revenue de l'illusion d'œuvrer pour le bien-être de ses semblables mais qui s'acharne à sortir du désespoir et de l'alcoolisme celui qu'elle aime, Vincent, écrivain à la recherche d'une identité perdue dans l'anonymat de la grande cité.

Paris, où l'on découvre encore des amoureux, Anne et Emmanuel par exemple, êtres jeunes, intacts et pleins d'enthousiasme, capables d'ignorer la froide cruauté qui les baigne tant leurs yeux sont emplis du visage de l'être aimé. Paris, qu'il faut sans doute fuir pour vivre enfin, même si, pour cela, Emmanuel doit quitter Anne.

Paris, inhumaine fourmilière où chacun, dans la foule bruissante et - pourquoi pas - chaleureuse, espère que "quelque part, quelqu'un"...

Ce film est une peinture du monde, surtout celui des grandes villes, telle Paris ; c'est aussi un regard résolument intemporel sur la solitude et la condition de l'être humain face à l'absurdité de l'existence.

Le film n'est cependant pas pessimiste. L'espoir demeure - à la fois dans le "quelque part" et dans le "quelqu'un".
Dans le "quelque part" car la ville peut être autre chose que l'amoncellement rentable de coquilles fonctionnelles. Et, dans ce Paris, il y a des "quelqu'uns" résolus à ne pas se laisser façonner en ... n'importe qui.


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Quelque part quelqu'un"  (1/2)


>> "Quelque part quelqu'un": l'affiche du film, par Michel Folon.

 

 

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"Quelque part quelqu'un" (1/2).

10 Janvier 2008, 12:32pm

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Publié par barreteau

Démolitions dans le quartier de la Réunion- Paris 20ème.

"Quelque part quelqu'un", derrière ce titre emprunté à Henri Michaux se tient le premier long métrage de Yannick Bellon, réalisé en 1972. Une histoire qui mêle la fiction et le reportage. Une histoire lyrique. Une déchirante plongée dans les plis sinueux d'une ville, Paris.

 

La rue, les vieux immeubles que l'on détruit, les nouveaux qui se dressent fièrement, "immobilièrement". Et puis la foule. Le mouvement de la foule. La houle. Le ressac. Marée humaine. Le chant de la foule. Un opéra, porté par la musique unique, "expérimentale" de Georges Delerue, tout concourt à donner à cette fable sur la déshumanisation de la société contemporaine un aspect fantastique et étrange.

Paris se démolit, Paris se reconstruit. Entre les ruines des immeubles anciens et les constructions "flambant-neuf" se presse une foule partout présente, dans les gares, la rue, les magasins. A toutes les heures du jour et de la nuit.

 

Quelques personnages isolés dans cette ville de Paris, représentant chacun une génération, se croisent mais jamais ne se rencontrent. Pas d'histoires, pas de stars, ici, le thème de la ville revient comme un leitmotiv.

Si vous appréciez Parisperdu, vous aimez sûrement "Quelque part quelqu'un".

A suivre ...


>> La musique unique, "expérimentale" de Georges Delerue.

>> La photographe Denise Bellon, mère de Yannick (cinéaste) et de Loleh (comédienne). 


   

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Les Frigos vont-ils être démolis ?

24 Octobre 2007, 19:24pm

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Publié par barreteau

Les Frigos en octobre 1995, vus du viaduc de Tolbiac

Tout autour, c'est le Paris impersonnel, celui des voies express, des immeubles nés de la spéculation immobilière et de l'écrasante Très Grande Bibliothèque avec son esplanade immense, coupée de la ville et de la Seine ... pourtant si proches... un lieu abstrait, hostile... Et au milieu de tout cela, un ilot de vie, de résistance, au "look" détonnant : Les Frigos.

Depuis les années 80, des artistes ce sont légalement installés ici - ce n'est pas un squat - créant une incroyable cité, un antre bouillonnant de créativité.

Dès l'entrée, dans un couloir sombre, couvert de graffitis... une pancarte appelle malicieusement à ne pas couvrir les murs de tags... Les nombreuses tuyauteries, rongées par la rouille, qui courent le long des couloirs, témoignent qu'à l'origine, l'on se trouvait ici, au cœur d'un réfrigérateur géant.

A la fin des années soixante, la disparition des Halles de Paris et l'ouverture du marché de Rungis entraînent l'arrêt de l'activité de ces entrepôts frigorifiques qui, dès lors, sont laissés à l'abandon. Ne bénéficiant d'aucun classement architectural, considérés comme une friche industrielle, ils ont vocation à être détruits car ils sont situés au cœur du périmètre de la ZAC Paris Rive Gauche. Au fur et à mesure de l'édification de nouveaux immeubles sans âme, les Frigos vont perdre à la fois leur vue sur la Seine et la lumière qui baignait les ateliers des artistes. Et maintenant qu'ils sont encerclés par ces bâtiments aux façades vitrées, lisses, ... glaciales et aseptisées; on voit bien que les Frigos sont totalement atypiques et donc pour certains ... plus que dérangeants.
Alors, les Frigos vont-ils être démolis ?

Pas si sûr, car grâce à la forte mobilisation au sein des Associations de défense, et en coordination avec les habitants du quartier, les aménageurs qui bétonnent tout autour, ont récemment déclaré aux artistes-locataires : "Vous êtes le germe de vie du futur quartier ".

Les Frigos, officiellement devenus le pôle artistique du schéma d'aménagement de Paris Rive Gauche, vont-ils pouvoir enfin respirer librement dans un quartier si peu poétique... ?
En tous cas, pour le "germe de vie", ... cela risque d'être dur, très dur ... !


>> Les Frigos : histoire complète, visite virtuelle, calendrier des expositions ...

>> Deux mondes s'opposent, séparés par une ligne de démarcation ... ©Photo :Photigule 

>> Dans les entrailles des Frigos (1)

 >> Dans les entrailles des Frigos (2)

>> Dans les entrailles des Frigos (3)

 >> Dans les entrailles des Frigos (4)

 

 

 

 

 

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Jean Ro. figurant de cinéma ... à Belleville

4 Septembre 2007, 16:16pm

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Publié par barreteau


A Belleville, le haut de la rue des Envierges - avec son panorama unique sur Paris - a de tout temps attiré les réalisateurs de films.

En 1950, j'y ai vu tourné plusieurs scènes du  "Château de verre", un film de René Clément avec Jean Marais et Michelle Morgan. J'ai aussi assisté au tournage d'une séquence d'un film dont je me souviens plus du titre ... Kirk Douglas y jouait un soldat de l'armée américaine libérant Paris.

Dans le passage Botha, j'ai été époustouflé par des ouvriers du "septième art" qui ont transformé, en moins d'une heure, une cordonnerie en menuiserie : rien n'y manquait, établi, outils, copeaux, ... le décor de la devanture fut posé d'un seul morceau.

C'est là aussi, que j'ai pu voir, de très près, Serge Reggiani et Simone Signoret "en costume 1900" pour une scène de "Casque d'or". Pour ce film mythique, nous, les gamins du quartier, avons joué "à chat" et ... nous étions même ... payés pour cela !

Et c'est dans cet immeuble d'angle, au dernier étage, que fut tourné - 1959 - une séquence du  film d'Henri Verneuil "Le Grand Chef", avec Fernandel et Gino Cervi en kidnappeurs d'un petit diable. Tout en haut de ce longiligne immeuble, depuis la toute dernière fenêtre, on voyait, dans l'immeuble d'en face, la boutique du marchand de vin Letourneau chez qui on allait chercher le gros rouge  "à la tireuse", en se servant soi-même ...

Mr Letourneau faisait également "bar", et c'est-là qu'un jour, Raymond Pellegrin offrit un café au jeune homme que j'étais alors...

 

>> "Château de verre", un film de René Clément

>> "Le Grand Chef", un film d'Henri Verneuil 
 

>> Raymond Pellegrin : un acteur français qui effectua une grande partie de sa carrière en Italie.

 

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Art-mur.

1 Septembre 2007, 09:19am

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Publié par barreteau

Pochoir et aphorisme de Miss-Tic : "C'est la vie, ça va passer ..."

Avec l'art-urbain, on est loin des concours de tags et autres graffitis qui salissent nos murs, vandalisent les devantures des commerces, les véhicules, les pilles de ponts ...

Ici, il s'agit d'une culture urbaine authentique... qui a désormais ses maîtres, ses disciples ... et aussi ses électrons libres.

Tous ces artistes urbains ont quelque chose en commun, ils veulent le beau, la surprise, le dérangement, la poésie accessibles à tous ...

Par leur travail sur les murs, ils incitent les citadins à la flânerie, à la promenade, à la découverte. L'observateur est donc quelque peu dérouté, le public l'est moins et souvent s'arrête spontanément quelques secondes pour admirer une œuvre sur un mur lépreux devenu à nouveau digne d'intérêt.

Alors, levez les yeux, scrutez les recoins, les palissades, les immeubles en attente de démolition : insolents, ironiques, amicaux, agressifs, les pochoirs et les graffs vous interpellent.

Les artistes de l'art-urbain sont ceux qui ornent les vilains murs de la ville pour nous la rende supportable ...


>> Voir aussi Street-Art ...


>> Miss-Tic : 20 ans d'aphorismes dans la rue !  

                          * Les aphorismes : 2006

                          * Les aphorismes : 2005-2001

                          * Les aphorismes : 2000-1995

                          * Les aphorismes : 1994-1990

                          * Les aphorismes : 1989-1985

>> Miss-Tic, ailleurs dans Parisperdu.   
 

 

 

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Gilbert, rue Azaïs

28 Juillet 2007, 22:01pm

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Publié par barreteau


Presque tous les jours, Gilbert est là, à ce même endroit de la rue Azaïs, à deux pas du Sacré-Cœur, et il y joue de l'harmonica. Son répertoire est tourné vers les airs du Paris populaire, ceux de Francis Lemarque, de Mouloudji, ... mais son morceau préféré reste: "La vie en rose".

Et pourtant la vie de Gilbert n'a pas toujours été rose ... Ancien régisseur d'un grand cabaret parisien dont il ne veut pas révéler le nom, il gagnait alors confortablement sa vie et habitait les beaux quartiers. Au tournant des années 80, une succession de désastres s'abat sur lui : il perd son emploi, sa femme le quitte et son fil unique se tue dans un accident de moto ... Gilbert essaiera de surmonter tout cela avec l'aide ... des alcools forts. Ils le rendront encore plus fragile ...

Aujourd'hui, il survit tant bien que mal d'une maigre pension qu'il essaye d'améliorer ici, dans la rue Azaïs, avec son petit harmonica ...

Les passants qui lui donnent une pièce sont sans doute plus sensibles à son physique dramatiquement, déformé par l'alcool, qu'aux notes un peu mièvres qu'il tire maladroitement de son modeste instrument.

 

 

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L'accordéoniste yougoslave.

18 Juillet 2007, 08:47am

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Publié par barreteau


Accordéoniste, Rue du Cardinal Guibert   75018- Paris  - Juin 1997

Texte de Jacques Réda; Chronique: "Le Citadin" (1998)

 

"Je fuis l'accordéoniste yougoslave ... mais l'accordéoniste yougoslave me poursuit ... Je l'abomine, il m'abolit. Je suis indigné par ce genre de m'imposer des sons, alors que je voudrais m'absorber dans une idée, un projet, un souvenir ... ou rien. Et nous n'avons d'ailleurs parfois en commun que ce rien dont il me prive et qui le talonne, qu'il juge normal de combler avec son propre déficit musical.

L'accordéon n'est pas en cause. J'ai la plus grande estime pour Buster Moten, Ernie Felice ou Gus Viseur. Mais personne ne devrait en user comme on exhibe une tare, pour tâcher d'attendrir un public surpris et désarmé. Il me prend en otage, exerce le chantage comme un droit.

Probablement capable de s'adonner à une activité plus lucrative, pourquoi préfère-t-il la pratique d'un instrument qu'il n'a même pas appris ? Par ressentiment, je suppose. Pour punir à l'avance les gens que sa nullité refroidit. Réglé d'une autre manière, cet automate pourrait vendre agréablement des ananas ou des colifichets ...mais les Yougoslaves cherchent peut-être à contrôler un secteur musique. Plus ou moins folklorique, bien sûr.

Puis après tout  ... je ne sais pas s'il est yougoslave, ou roumain, ou gitan, et ce qu'on identifie tant bien que mal dans ce qu'il exécute n'appartient à aucun répertoire précis. Un vrai Gitan aurait plus de classe, plus d'orgueil.

Il y a l'habillement pour tout indice, un style qu'en dépit de la diversité occasionnée par les siècles et les frontières, on rencontre également chez les nomades nés natifs de Montreuil ... On s'étonne d'être soi-même sensible à des nuances, souvent infimes, dans ces humbles variations sur le thème veston-pantalon de la lyrique vestimentaire occidentale. Il faudrait être exact, mais au prix de combien d'enquêtes, de quel abus de subtilités. En l'occurrence, je me suis laissé guider par un pantalon ... de teintes bitumineuses, et par un pull ... aussi décousu que la musique.

La langue, évidemment, résoudrait à souhait la question.
Mais l'accordéoniste ne parle ni ne chante  ... Dieu merci !"
 

 

 >> Mieux connaître Jacques Réda...

 

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Némo et le bonhomme noir

9 Juillet 2007, 09:55am

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Publié par barreteau

Fresque de Némo rue des Plâtrières, vue de la rue Sorbier - Paris 20ème.

Quand il y a près de 25 ans, NEMO commençait à bomber ses pochoirs dans Paris, il disait alors pour définir son action: "Une ville sans graffitis serait comme une rivière sans poissons".

Ses personnages : un homme en noir, jouant avec une canne à pêche, un ballon ou un parapluie, et le petit NEMO (du "Little Nemo" de Winsor McCay), hantent alors les murs du 20ème. Ils apparaissent soudainement au détour d'une rue, sur un mur lépreux, sur une porte condamnée ou une fenêtre murée, créant une étonnante atmosphère de poésie et de rêve dans cet arrondissement continuellement massacré.

Bourré de talent, NEMO a un œil extraordinaire et détecte immédiatement le profit qu'il peut tirer d'un pan de mur, aussi la silhouette de son Homme Noir se répand rapidement partout sur Belleville et Ménilmontant, signalant toujours des immeubles condamnés. Némo a aussi travaillé avec Mesnager : son Homme Noir a alors rencontré le petit bonhomme blanc, une rencontre qui a provoqué de superbes créations !

Parmi tous les artistes travaillant sur les murs de Paris, il est le plus pur: il ne gagne pas d'argent avec ses œuvres, et il sait qu'elles disparaîtront irrémédiablement quand le dernier vieux mur tombera sous les coups des bulldozers...

Les réactions des passants sont parfois mitigées: un jour, NEMO faisait un pochoir dans une cour intérieure de la rue de Belleville quand une vieille femme l'a apostrophé en lui disant: "Vivement qu'ils rasent tout ça! J'en ai marre... et vous, avec vos dessins, vous allez nous faire durer les choses".

 

>> Némo réalisant la fresque de la rue des Plâtrières.

>> En savoir plus sur Némo ...

>> Némo et Mesnager : l'Homme Noir et le bonhomme blanc. 

 

 

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Enfin une femme présidente ... !

7 Mai 2007, 08:20am

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Publié par barreteau

 


Les murs l'ont largement plébiscité ... et nous avons enfin une femme présidente !

Avec la présidente Miss-Tic, nous allons maintenant pouvoir nous poser les questions essentielles: « Où suis-je ? Où vais-je ? Dans quelle étagère ? ».

  


>> Miss-Tic déjà dans Parisperdu

  

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Rue Watt.

28 Avril 2007, 08:41am

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Publié par barreteau


Pour la publication de son 100ème billet, Parisperdu rend hommage à un lieu hautement symbolique d'un Paris révolu : la mythique Rue Watt.

 Comme l'a écrit et chanté Boris Vian, c'est :

"Une rue bordée de colonnes

où il n'y a jamais personne ...

Il y a simplement en l'air

des voies de chemin de fer ..."


>> La rue Watt, dans Parisperdu (1)
 

>> La rue Watt, dans Parisperdu (2)
 

>>
La rue Watt, dans Parisperdu (3)

 

 

 

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Cité du Labyrinthe.

13 Avril 2007, 09:12am

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Publié par barreteau


La Cité du labyrinthe a longtemps été une succession de cours et, cette voie bien nommée, permettait alors -  effectivement après de nombreux détours - de passer de la rue de Ménilmontant à la rue des Panoyaux.

 Le quartier a connu une lourde rénovation, parfois puissamment contestée. De nouveaux immeubles ont été édifiés en remplacement de l'ancien habitat ouvrier. Aujourd'hui amputée, en partie détruite, élargie pour y faire accéder des voitures, la Cité du labyrinthe est devenue une vaste impasse sans grand caractère et surtout ... elle a perdu son insolite poésie urbaine.

Car avant sa restructuration, l'étrangeté du lieu, le calme de ce long dédale ... attirait ici beaucoup d'artistes plasticiens. Des musiciens, des écrivains aussi ... y résidaient. Aujourd'hui, s
eul "un noyau dur" subsiste encore, au N°19 : Les Ateliers de Ménilmontant, qui tentent de perpétuer l'identité originelle du quartier et restent la cheville ouvrière des journées Portes Ouvertes qui se déroulent ici, chaque année en octobre.

A Paris, le promeneur qui prend parfois plaisir à se perdre dans le labyrinthe de la cité ne pouvait qu'être comblé dans ... la Cité du Labyrinthe.


>> La cité aujourd'hui, en partie reconstruite ...
 

>>
Les Ateliers de Ménilmontant.
 

>> Némo dans le Labyrinthe ...
 

>> "Cité du Labyrinthe" par le musicien Laurent Coq 
 

 

 

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Jean Ro. jeune biographe de Fernand Raynaud

9 Avril 2007, 09:21am

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Publié par barreteau


Souvenez-vous : Jean Ro. a déjà rencontré ce « clown triste » dans le métro.
Aujourd'hui, il poursuit la narration de la vie de son proche voisin.

"Un copain de classe m'apprit que son frère connaissait bien Fernand Reynaud. Il allait régulièrement chez le fantaisiste qui ainsi testait de nouveaux sketchs. C'est par ce canal que j'ai su que Fernand Reynaud, mort de trac, ne pouvait entrer sur scène quand étant légèrement pompette...

Cela n'avait pas d'incidence fâcheuse jusqu'au jour où il s'acheta sa première voiture. Car Fernand, devenu une vedette, ne prenait plus le métro ... il avait une voiture !

Pour en finir avec les  explications - qu'il devait fournir à son entourage - sur les bosses qui apparaissaient fréquemment sur son automobile, Fernand décida d'en acheter une deuxième : identique à la première, sa sœur-jumelle ... Ainsi, quand l'une était au garage en réparation, il roulait avec l'autre.

Une seule fois j'ai vu les deux voitures garées l'une derrière l'autre dans la rue Piat... Deux superbes Chevrolet  "Bel Air" blanches dont peu de gens savait à qui elles appartenaient. Car, bien qu'ayant débuté à la télévision dans l'émission "36 Chandelles" de Jean Nohain, Fernand n'était guère connu des gens de notre quartier, dont la majorité ne possédait pas encore de téléviseurs ...seuls quelques gens aisés, et certains commerçants avaient accès à cette innovation.

Fernand vivra dans ce quartier du haut-Belleville jusqu'a son mariage, et il ne serait pas étonnant que ce soit chez "Pompom", le crémier du coin qu'il eut l'idée de son célèbre sketch " Les œufs cassés et les pas cassés" ...

 

 

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Jean Ro. rencontre un clown triste

26 Mars 2007, 10:17am

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Publié par barreteau


Quand je l'ai vu pour la première fois, c'était près d'un café, à l'heure de l'apéro.

Il sortait du 30 de la rue Piat, bizarrement coiffé, et vêtu d'un pardessus trop grand, couleur noisette, qui n'arrivait pas à dissimuler le bas d'un pyjama à larges bandes grises et blanches. Il était chaussé de charentaises usagées et, dans cet accoutrement, portait à la main une boite à lait en aluminium.
Il allait chercher son breuvage matinal chez " Pompom" un diminutif donné, par les gens du coin, au crémier italien du quartier. Tout comme son voisin Letourneau qui vendait son vin à la tireuse, "Pompom" vendait son lait à la louche.

La seconde fois que je l'ai vu, c'était un soir, très tard, dans le couloir de la station de métro Pyrénées où j'étais venu raccompagner ma copine du moment. Il m'est apparu à l'instant précis où j'embrassais une dernière fois ma dulcinée, avant qu'elle n'attrape le dernier métro.

Il avait encore son même manteau noisette et sur la tête un drôle de "galure", un chapeau ridicule, genre madrilène. Nous nous sommes regardés. Son visage portait encore des traces de maquillage et avait quelque chose de pathétique... un clown triste!
 

Je regardai s'éloigner un homme fourbu par sa soirée de travail au cabaret, un artiste au début de sa carrière ... Je regardais rentrer chez lui, dans ses habits de scène, ... Fernand Raynaud.



>> Cet anonyme emprunte un escalier également ... anonyme. L'escalier qui relie la rue de l'Ermitage à la rue des Cascades était à l'époque seulement répertorié "voie U/20",  jusqu'à ce qu'il prenne, en 1994, le nom de ... Rue Fernand Raynaud.
 

 

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