Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU

artistes

…

La place Goudeau, les Hydropathes et le Bateau-Lavoir.

10 Octobre 2017, 08:40am

| 

Publié par barreteau



Place Émile-Goudeau, un matin de février 2017 (Paris 18ème)

 

Depuis 2010, un collectif d'artistes originaires de Montmartre ou de ses alentours fait revivre la tradition "hydropathesque" associant l'amour du vin et des lettres, autour d'évènements et de créations musicales, cinématographique, photographique, etc. …

Auto-défini comme un "collectif artistique et festif", c'est en se réunissant régulièrement Place Émile-Goudeau qu'ils firent la connaissance de leurs défunts prédécesseurs et décidèrent de porter à leur tour ce flambeau éteint depuis le XIXème siècle. 

Quand on leur demande "Pourquoi votre société a-t-elle pris le nom d'Hydropathe ?
On apprend qu'il s'agit d'un jeu de mot sur le nom du fondateur : Goudeau, c'est-à-dire "goût d'eau" et, pour des gens qui n'aiment pas beaucoup l'eau… cela donne "hydropathes". Et de surcroit, toujours dans la même veine, la société tient ses séances à l'hôtel Boileau … ! 

De l'autre côté de la place, il est un lieu mythique de la vie artistique parisienne : le Bateau Lavoir.

Dès le début des années 1900, l'endroit devient rapidement un lieu de rencontre, où l'on remarque la présence de Paul Gauguin, Pablo Picasso, Kees van Dongen, Juan Gris, Constantin Brancusi, Amedeo Modigliani, Pierre Mac Orlan, Max Jacob, le Douanier Rousseau et de bien d'autres artistes moins célèbres.

La maison est compartimentée en petits logements d'une pièce, répartis de chaque côté d'un couloir rappelant les coursives d'un bateau, ce serait l'origine du nom de "Bateau". Pour "Lavoir", ce nom lui aurait été donné par Max Jacob car au Bateau Lavoir les conditions de vies sont précaires : on y crève de chaud en été et de froid en hiver, tout comme dans les Lavoirs publics de l'époque.

Malraux fera inscrire le Bateau Lavoir aux monuments historiques en 1969. Manque de chance, cinq mois plus tard, le bâtiment est détruit par un incendie.
Il ne reste aujourd'hui qu’une petite partie du bâtiment original.


>> Léon, gribouilleur place du Tertre.

 

 

 

Voir les commentaires

…

Place des Abbesses

24 Juin 2017, 11:07am

| 

Publié par barreteau

Place des Abbesses

 Place des Abbesses _ Paris 18ème (mars 2017)

 

Lorsque vous quittez le quai de la station de Métro Abbesses, prenez l'ascenseur … si par chance il n'est pas hors service. Car si vous empruntez l'escalier, vous avez intérêt à être persévérant et en forme tant celui-ci vous semblera interminable …
Abbesses est en effet la station la plus profonde de Paris, 36 mètres en dessous le niveau du sol, et son escalier en colimaçon compte pas moins de 140 marches … Epuisant !

Mais une fois à l'air libre, vous serez récompensés car la place des Abbesses est d'un calme provincial et son sol en devers accueille souvent des musiciens ou des artistes de rue.
Ce matin un accordéoniste solitaire jouait du Yan Tiersen …
Normal, on est à deux pas du secteur d'Amélie Poulain !


>> L'escalier en colimaçon de la station Abbesses

>> Ce que jouait l'accordéoniste …

 

 

 

Voir les commentaires

…

Henriette Ragon ... dite Pata­chou.

7 Juin 2017, 09:50am

| 

Publié par barreteau

 

Pata­chou…


Henriette Ragon a grandi dans la capitale. Elle y exerce divers métiers : dactylo employée dans une usine pendant la guerre, puis marchande de chaussures, antiquaire, pâtissière …
En 1948, elle ouvre à Montmartre, au 13, rue du Mont-Cenis,  un salon de thé qu'elle nomme "Chez Patachou",  puis elle y installe un restaurant où elle engage un accordéoniste pour faire de l'animation. Des clients trouvent qu'elle a une jolie voix et elle s'essaye avec succès à la chanson. Les journalistes parisiens la rebaptisent du nom de son cabaret : Patachou.

Le cabaret devient rapidement un haut lieu de la nuit parisienne avec ces nombreuses cravates coupées qui décoraient l'établissement. Car en effet, Patachou coupait les cravates de ceux qui ne se tenaient pas bien !

Jacques Brel chante pendant trois ans dans ce cabaret, Georges Brassens y débute, en janvier 1952. De nombreux autres artistes se sont produits chez Patachou, dont Édith Piaf, Charles Aznavour, Hugues Aufray, Michel Sardou, ainsi que Claude Nougaro.

Au milieu des années 50, elle commence des tournées en France, puis dans le monde entier : au Palladium de Londres, au Waldorf Astoria et au Carnegie Hall de New York, dans toutes les grandes villes des États-Unis, ainsi qu'à Montréal mais aussi au Moyen-Orient et à Hong Kong. Au début des années 1970, elle parcourt le Japon et la Suède, où son registre "parigot gouailleur" fait merveille.

Le cinéma et le théâtre font appel à elle, notamment Jean Renoir pour "French Cancan", en 1954, et Sacha Guitry. À partir des années 1980, Patachou se fait plus présente sur le petit écran, avec, la série "Orages d'été", ou dans le téléfilm "Pris au piège".

Elle meurt le 30 avril 2015, à l'âge de 96 ans. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise


>> Chez Patachou

Voir les commentaires

…

La SNCF prête ses friches aux artistes (3/3)

18 Mai 2017, 09:06am

| 

Publié par barreteau

 

 Chapelle Charbon _ Porte de la Chapelle (Paris 18ème)

A la Porte de la Chapelle, entre les immeubles flambant neufs du quartier Rosa-Parks et les terrains vagues de la porte d’Aubervilliers, dans un quartier en pleine reconversion, l'ancien bâtiment Chapelle Charbon de la SNCF est une friche d'un autre âge, du temps où les locomotives à vapeur avaient ici leur stock de "carburant solide".

Le minerai noir a déserté le lieu depuis longtemps … et ce dernier est désormais occupé par … les petits trains touristiques de Montmartre qui stationnent ici, constamment bichonnés par leurs conducteurs.

Tout autour, le contraste est saisissant tant la modernité règne désormais dans le secteur: le siège de Veolia affiche ses grandes baies vitrées et le centre commercial Le Millénaire longe l'allée Guy Debord ... Décidément, ici c'est un peu la "Société du spectacle" comme l'a décrit le célèbre situationniste. Les nouveaux habitants cherchent de vieux troquets qui se font de plus en plus rares, seul le Relai d’Aubrac est encore debout avec ses entrecôtes d’un autre-temps.

Les Roms se déplacent de trottoir en terre-plein au gré des expulsions et d’improbables promenades se dessinent, tel ce sentier qui parcourt une forêt de troncs coupés !

Mais "Chapelle Charbon" revit de nouveau depuis que le Collectif MU, locataire de l’ancienne Gare des Mines a investi les lieux. Avec le soutien de la réalisatrice sonore Jeanne Robet et de l’artiste Rodolphe Alexis, MU a installé ici un parcours audio, une déambulation sonore de part et d’autre du périphérique avec une trentaine de capsules sonores géo localisées: une expérience originale. A voir et aussi à entendre … avec en bande son arrière le vacarme du périph' qui inonde tout le secteur de ses décibels !


>> La SNCF prête ses friches aux artistes (2/3)

> La SNCF prête ses friches aux artistes (1/3)

 

Voir les commentaires

…

La SNCF prête ses friches aux artistes (2/3)

13 Mai 2017, 10:28am

| 

Publié par barreteau

La SNCF prête ses friches aux artistes (2/3)

Station – Gare des Mines (Paris 18e)

 

En lisière du périphérique, la gare des Mines est une ancienne gare à charbon devenue … discothèque Africaine dans les années 2000 ! Mais aujourd'hui, ce bâtiment désaffecté de 400 m2, près de la porte d'Aubervilliers et coincé entre le périphérique et des studios de cinéma, connaît  une nouvelle vie. En effet, dans le cadre des "Sites Artistiques Temporaires", une démarche initiée par SNCF Immobilier, l'ancienne gare est devenue un lieu laboratoire du Collectif MU consacré aux scènes artistiques émergentes.

L'ancienne gare rebaptisée "Station-Gare des Mines" a déjà ouvert 6 mois l'an dernier et une deuxième saison va débuter très prochainement autour de la musique, d'un jardin et de la mémoire retrouvée. Avec "La Station", lauréat pour 6 nouveaux mois de l'ancienne gare des Mines, le collectif parisien "Garage Mu" d'Olivier Le Gal, installé depuis 10 ans dans le XVIIIe, va de nouveau pouvoir donner libre cours à ses idées.

Avec ses artistes "multiformes", la friche ferroviaire sera un lieu ouvert à tous les types de publics. En journée il y aura des ateliers de cuisine créative, de jardinage, de création d'instruments, de recyclage design. Et surtout "un projet sur la mémoire des quartiers environnants". Aux Mines, le Garage Mu compte enfin développer "des parcours sonores, avec des outils technologiques innovants", et pour cela va nouer un partenariat avec la radio associative étudiante Radio Campus Paris.

A suivre …


>> Concert à la "Station-Gare des Mines"

>> Le collectif parisien "Garage Mu".

> La SNCF prête ses friches aux artistes (1/3)

 

Voir les commentaires

…

La SNCF prête ses friches aux artistes (1/3)

8 Mai 2017, 15:09pm

| 

Publié par barreteau

HALLE DUBOIS 72 boulevard Ney, Paris 18ème arrondissement

 

Ce sont des lieux parisiens en friches que la filiale "Immobilier" de la SNCF, chargée de valoriser les biens du groupe, prête à des artistes, pour quelques heures ou quelques mois. Les candidats retenus peuvent alors laisser libre cours à leurs projets de création, en faisant vivre des sites jusqu'alors délaissés.

La récente expérience de "Ground Control" — un ancien atelier de maintenance de la rue Ordener, transformé durant 4 mois en bar éphémère, en lieu d'art et de concerts — a convaincu "SNCF Immobilier" qu'il y avait un sillon à creuser, et une manière très innovante d'optimiser d'anciens sites ferroviaires qui, pour certains, feront l'objet de projets urbains à l'horizon de 5, voire 10 ans… Alors, en attendant cette échéance autant en faire des lieux culturels temporaires et ainsi les faire vivre durant cette longue période d'attente.

L'appel à projets a d'ailleurs suscité un engouement hors du commun, avec 81 dossiers déposés et au final, 14 projets retenus. Ce sont des projets de spectacles vivants, de performances à thèmes, de la restauration, des expos d'arts plastiques, des expérimentations sonores … et souvent tout cela mélangé ...

Mais n'y a-t-il pas une sorte de contrat léonin de la part de la SNCF ? Car oui elle prête ses sites aux artistes mais c'est à eux de remettre en état ces lieux abandonnés. Pas d'électricité et, la plupart du temps, tout à refaire aux frais des artistes, et si la SNCF a soudain besoin de ces ateliers, alors oust… tout le monde dehors.

 

A suivre …

 

>> Ground Control

>> SNCF: Les Sites Artistiques Temporaires.

 

 

Voir les commentaires

…

Où est-il donc mon Paris ?

25 Février 2016, 10:56am

| 

Publié par barreteau

Montmartre, 1936

Avant Piaf il y eut  Fréhel… Symbole française de la chanson réaliste du début du 20ème siècle, Fréhel est une interprète renommée pour son talent et sa personnalité … autant que pour ses excès.

Mais la chanson réaliste, c'est quoi ? C'est un genre musical popularisé pendant l’entre-deux guerres et ses interprètes seront presque essentiellement des femmes. Il est caractérisé par des chansons à texte traitant de sujets dramatiques et empreints d’une noirceur certaine, souvent inspirés par le quotidien des quartiers populaires de Paris. Ces chansons avaient le grand mérite de s’intéresser de près à la misère et au quotidien des petites gens.

Chanson nostalgique s’il en est une, "Où est-il donc ?" nous parle déjà des transformations des quartiers populaires de Paris.

Mais Montmartre semble disparaître,

Car déjà de saison en saison,

Des Abbesses à la Place du Tertre,

On démolit nos vieilles maisons.

Sur les terrains vagues de la butte,

De grandes banques naîtront bientôt,

Où ferez-vous alors vos culbutes,

Vous, les pauvres gosses à Poulbot ?

En regrettant le temps jadis,

Nous chanterons, pensant à Salis,

Montmartre ton " De Profundis ! "

 

Dans "Où est-il donc ?", c’est toute l’histoire de la chanson française – et pas seulement celle de Montmartre – qui défile devant nos yeux, comme dans un vieux film en noir et blanc.

Et, lorsqu'on entend la voix de Fréhel, au timbre chaud et puissant, on ressent comme un frisson tellement elle est présente … et unique.


>> Ecouter Fréhel.

 

Voir les commentaires

…

Faut-il idéaliser le passé ? (1/3)

21 Avril 2015, 19:02pm

| 

Publié par barreteau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le peintre Daniel Pipard à Belleville © Willy Ronis (1948)

"C’était mieux avant, beaucoup plus décadent", chante Miossec. Lui aussi s’est mis à la rengaine nostalgique. Ce refrain veut nous dire que les choses allaient forcément mieux autrefois. Mais autrefois, c'est quand ? Chacun, en fonction de son âge et de son vécu, est libre de déplacer la frontière entre l’avant et l’après. Une ligne qui semble délimiter un passé heureux d’un quotidien gris et déprimant. Et si les personnes âgées sont particulièrement touchées, le "c’était mieux avant" n’épargne pas les plus jeunes.

Alors, était-ce vraiment mieux avant ?

S'il s'agit d'un questionnement qui paraît simple, … la réalité est néanmoins complexe.

Car nos sociétés évoluent à une vitesse considérable, et cette évolution entraine une forte difficulté identitaire. Et cette même évolution a rompu le lien avec d'anciens principes, des habitudes de vie et de pensée, qui me semble-t-il, aurait dû être conservé.

Je n'affirme pas que cette évolution soit purement négative mais elle n'est pas nécessairement bénéfique, et j’échangerai parfois volontiers l’utopie d’hier contre la nostalgie d’aujourd’hui !

Je ne suis pourtant pas passéiste, et si bien sûr, je dis oui au  progrès,  il faut néanmoins savoir raison garder car le jour où le fric arrêtera de guider le monde par le bout du nez, je saluerai alors sans retenu le progrès….

Je me suis toujours méfié de la nostalgie comme de la peste car elle favorise une totale paresse de l'esprit et n'encourage ni le dialogue, ni le sens critique. 

Toutefois mes goûts semblent plutôt se cristalliser vers une période située entre 1966 et 1975, pour la musique, le cinéma, et aussi la littérature …quoiqu'un peu moins exclusivement.

L'esprit d'une époque je pense, une époque d’expérimentations et de luttes, où l'espoir semblait encore possible. Il me semble aussi que le temps accordé alors aux choses et aux gens était complètement différent, voire plus authentique, plus sincère ... moins égocentré.

Les conditions de vie depuis cette période, semblent s'être considérablement dégradées, hormis  le confort immédiat apporté par nos "machines"... Mais tout cela est une question d'appréciation personnelle.

Alors était-ce vraiment mieux avant ? Nous tenterons de répondre à cette question dans nos prochains billets …

(A suivre)

 

>> Pour une nostalgie d'avenir

>> La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur du passé.

 

Voir les commentaires

…

A Belleville, La Forge n'est plus ce qu'elle était ...

13 Juin 2014, 09:03am

| 

Publié par barreteau

La Forge, 23 rue Ramponeau Paris 20ème

Cette ancienne usine de clefs, de plus de 1000 m2, était désaffectée depuis longtemps, quand, un matin d'octobre 91, en l'absence de permis de démolir, des ouvriers ont commencé à démonter la toiture... En moins d'une heure, une dizaine d'artistes ont occupé le lieu et ont ainsi stoppé sa démolition.
Très vite, le squat de la Forge s'y est installé.

Les artistes, groupés en une association: "La Forge de Belleville" - soutenus par la Bellevilleuse (sans qui 70 % du Bas-Belleville serait aujourd'hui démoli) - ont obtenu en 1997 que la Ville de Paris officialise et contractualise cette occupation par une convention temporaire de mise à disposition.
C'est bien la première fois qu'un squat d'artistes obtient un bail!

En contrepartie de loyers aux conditions très avantageuses, l'association s'engageait à développer un projet artistique et culturel cohérent, totalement ouvert sur le quartier, et à assurer une rotation régulière des artistes accueillis dans l'usine.

Mais au printemps 2005, la Ville décide de résilier la convention concernant l'occupation de l'usine, et lance un appel à projets pour désigner le nouvel occupant du site.
Il s'en suivra une longue bataille juridique entre l'association "la Forge de Belleville" et la Mairie de Paris. 

Régulièrement de nouveaux appels d'offre sont lancés mais n'aboutissent pas suite aux contestations et recours des diverses parties, si bien qu'en 2008,  la "Forge de Belleville" occupe toujours les lieux.

Une énième bataille juridique va finir par chasser le collectif d'artistes pour confier le site à l'association "Traces" qui ne restera en place que peu de temps.
Et, en 2012, la Ville intronise une nouvelle association gestionnaire: "Caserne Ephémère".

"Caserne Éphémère" émane du "Point éphémère", le gestionnaire du lieu du même nom sur le Canal Saint-Martin, dans le 19e arrondissement. C'est un acteur historique de la culture underground parisienne des années 1980-90, élevé depuis au rang d’acteur quasi-institutionnel, de professionnel de la Culture et d'opérateur privé du marché de l’art.

Et c'est bien là où le bât blesse car l'ambition de "Caserne Ephémère" pour la Forge est bel et bien d’en faire une résidence d’artistes exclusivement tournée vers la professionnalisation et le marché de l'art dans le nouveau monde de Belleville … celui des galeries d’arts et des concept-stores … à la mode.
Finie donc  l’ouverture du lieu au public et finie l’animation culturelle entre les habitants de Belleville, les associations et les artistes du quartier.

Depuis 1997, La Ville de Paris n’aura finalement jamais réussi mettre en valeur ce lieu, sauvé de la destruction par l’action collective des artistes et des habitants du quartier. Elle se sera montrée incapable de maintenir en vie le souffle créatif de cet espace unique et hautement emblématique de Belleville.

Car une question de fond reste sans réponse : que veut-on finalement faire de ces lieux symboles, arrachés par des batailles d’habitants et d’artistes contre les promoteurs, une fois que la Mairie les rachète, consacrant ainsi leur valeur d’intérêt général ?
Si le but est d’attirer par une programmation choisie une population plus aisée, ils deviennent alors le premier outil, avant même le logement, pour embourgeoiser le quartier.

Et c'est ainsi que Belleville est progressivement mis aux normes de l’embourgeoisement parisien. Reste à voir si les Bellevillois qui se sont battus dans les années 90 pour sauver la vieille Forge ouvrière contre un promoteur et son projet de supermarché-parking, adhèreront au projet de la Ville qui va à l'encontre d'une certaine idée de la fraternité qui permet encore ce "vivre ensemble typiquement Bellevillois".


>> Le site web du Collectif de "La Forge de Belleville" n'est plus en ligne … reste sa page Facebook, pour combien de temps ?

>> Point éphémère/ Usines éphémères, site officiel.


 

Voir les commentaires

…

Tolbiac sur Seine.

11 Juillet 2013, 18:07pm

| 

Publié par barreteau

Rue Marguerite Duras - ZAC Tolbiac -  Paris 13ème - décembre 2007
Photo © "Archéologie du futur / Archéologie du quotidien" /Palagret

A cette époque, le campus de Tolbiac venait juste d'être inauguré et seuls les bâtiments rénovés des Grands Moulins et de la Halle aux farines étaient en mesure d'accueillir leurs premiers étudiants. Le reste du campus était un mélange de terrains vagues et de bâtiments universitaires en construction.

Rue Marguerite Duras, sur une palissade vantant le projet  Paris Rive Gauche, des tags rageurs attirent mon attention. On peut lire : "Regardez autour de vous", puis: "Réveillez-vous, avant qu'il ne soit trop tard". Le tout signé du A cerclé, sceau des anarchistes, mais aussi symbole de  l’insoumission, de la rébellion.
Mais justement, n'est-il pas déjà trop tard ?

Tout le vieux Tolbiac, celui des usines Panhard, de la rue Watt et des petites maisons en meulière a disparu depuis déjà bien longtemps.
Même la Seine pourtant toute proche semble avoir déserté le quartier, tant une multitude de nouveaux bâtiments de béton, de verre et d'acier la cache au regard du promeneur …

Puis récemment, on a installé ici une œuvre monumentale de l’artiste américaine Nancy Rubins. Cette sculpture, qui mesure plus de dix mètres de haut, est constituée d’une structure en inox, au sommet de laquelle sont accrochées soixante barques en aluminium, faisant - parait-il - référence à la Seine.

Pourtant ce colossal totem ne nous donne aucune indication sur la direction qui permettrait de trouver "l'absente", tant l'orientation des étraves de ces navires part dans tous les sens, rendant encore plus confuse la recherche du fleuve …

 

>> Des étudiants dans la farine.

>> "Monochrome for Paris, 2013", une œuvre de Nancy Rubins.

 

 

Voir les commentaires

…

Rétrospective Roy Lichtenstein.

2 Juillet 2013, 14:37pm

| 

Publié par barreteau

"Oh-Jeff" ©Roy Lichtenstein Foundation

Dès demain, Roy Lichtenstein sera à l'honneur au Centre Pompidou, avec une rétrospective particulière. Une centaine d'œuvres emblématiques de l'icône de la pop, connu pour ses peintures montrant la société de consommation au travers de "comics", souvent de grands formats, seront présentées à Beaubourg.

Mais l'œuvre de Roy Lichtenstein ne se résume pas à ses tableaux pop, et le Centre Pompidou entend bien le démontrer en présentant des choses moins connues comme des nus, des paysages, des natures mortes … que Lichtenstein aborde avec recul et cynisme dans des œuvres mêlant peinture, sculpture, céramique ou bien estampes,  expérimentant et inventant de nouveaux codes picturaux.

A Paris, c'est donc un regard différent sur Roy Lichtenstein qui nous est proposé ! Vous avez jusqu'au 4 novembre pour vous y rendre.


>> Catalogue de l'exposition Roy Lichtenstein au Centre Pompidou.

 

 

 

Voir les commentaires

…

La musique par un chemin détourné ...

24 Octobre 2012, 12:43pm

| 

Publié par barreteau

Sous le pont de chemin de fer de la petite ceinture, vers la rue du Docteur Paul Brousse -Paris 17ème (Juin 1996)


John est contrebassiste de jazz. C'est un musicien de talent, membre de l'ABCDF, l'Association des Bassistes et Contrebassistes De France.
Il s'est déjà produit avec de grands artistes comme Daniel Humair, Enrico Rava, Angelo Debarre, Thomas Enhco ou encore Perrine Mansuy…

Lorsqu'il n'est pas en tournée pour des concerts, il va presque tous les jours rue de la Jonquière, au Conservatoire Claude Debussy, répéter avec d'autres musiciens, parfois même sur des répertoires éloignés de son univers Jazzy. Mozart, Strauss, Tchaïkovski sont alors ses favoris.

Puis il rentre chez lui à pied, son instrument sur le dos, invariablement par le même chemin. Il passe alors sous le pont de chemin de fer de la petite ceinture, et s'engouffre dans la rue du Docteur Paul Brousse pour attendre son domicile, cité Marie.

La cité Marie est une impasse isolée, ses petits pavillons sont coincés entre des rangées de hauts immeubles. Si vous passez par là un soir, ne soyez pas étonné si vous entendez quelques sonorités en basses fréquences. C'est John qui répète ses gammes ou plus vraisemblablement qui s'est lancé dans une longue "impro". Et, je ne serais pas surpris que vous restiez là un bon moment tant la musique de John couvre harmonieusement le fond sonore des boulevards des Maréchaux pourtant tout proches … 
Alors, tout comme moi, vous aurez approché la musique de John par un chemin détourné !


>> Cité Marie - Paris 17ème.

 

Voir les commentaires

…

"J'aime plus Paris".

20 Juin 2012, 09:37am

| 

Publié par barreteau

C'est une chanson interprétée par Thomas Dutronc et cela va plaire aux désabusés de la capitale, ils sont si nombreux …


"Je fais la gueule, et ne suis pas le seul
le ciel est gris, les gens aigris
je suis pressé, je suis stressé.

J'aime plus Paris.

On court partout ça m'ennuie, je vois trop de gens,
je me fous de leur vie, j'ai pas le temps, (
…)

Même plaqué or, Paris est mort, il est 5 hors, Paris s'endort
j
e sens qu'j'étouffe, je manque de souffle
je suis tout pale, sur un petit pouf

J'aime plus Paris, (…)

Passé le périph, les pauvres n'ont pas le bon goût d'être millionnaire,
pour ces parias, la ville lumière, c'est tout au bout du RER
y a plus de titi, mais des minets

Paris sous cloche, ça me gavroche
il est fini, le Paris d'Audiard
Mais aujourd'hui, voir celui d'Hédiar

J'aime plus Paris, (…)

pourtant Paris, c'est toute ma vie
c'est la plus belle, j'en fais le pari
il n'y a qu'elle, c'est bien l'ennui"



>> Thomas Dutronc: "J'aime plus Paris" - Extrait de son album "Comme un manouche sans guitare"

>> "Au pays du matin calme" sur Parisperdu

>> "I'm parisien, I love rien" sur Parisperdu

 

 

Voir les commentaires

…

L'exemplaire "Maison Rouge".

1 Mars 2012, 18:01pm

| 

Publié par barreteau


Au 10 du boulevard de la Bastille, se tenait jusqu'en 2003 une ancienne usine. Abandonnés depuis déjà longtemps, les ateliers de cette usine s'articulaient en 6 ou 7 bâtiments qui, curieusement, enserraient un pavillon d’habitation.

Une friche industrielle de plus de 2000 m², en plein Paris, voilà un endroit tout désigné pour une jolie promotion immobilière !

Eh bien non car le site, aujourd'hui réhabilité en une Fondation d'art contemporain (Fondation Antoine de Galbert), est un exemple de réutilisation intelligente du patrimoine industriel parisien, trop souvent démoli, trop souvent rasé pour faire place nette aux promoteurs immobiliers avides de fortes plus-values financières …
La rénovation et la conception muséographique de ce vaste espace ont été confiées à l'architecte Jean-Yves Clément qui s’est attaché à conserver les traces de l’architecture industrielle, telles les verrières et les proportions initiales des lieux. L'architecte a parfaitement su garder la spécificité du lieu, préserver le charme des volumes hétérogènes et la sensation hors du temps des constructions, tout en créant un ensemble lisible et cohérent.

L’aménagement des espaces d’accueil a été confié à l’artiste Jean-Michel Alberola qui, en intervenant sur les murs, en a fait une œuvre.

Aujourd’hui répartis en quatre salles d’exposition d’une superficie de 1 300 m2, les espaces s’organisent autour du  pavillon originel, baptisé "La Maison Rouge".

A découvrir absolument …


>> "La Maison Rouge", site officiel.

>> La Maison rouge fermera ses portes fin 2018 !

>> Jean-Michel Alberola, un artiste apparenté à la "figuration libre".

>> Les néons illuminent la Maison Rouge ...

 

 

Voir les commentaires

…

Le Regard du Cygne.

15 Janvier 2012, 09:54am

| 

Publié par barreteau


Rue de Belleville, au carrefour des rues Compans et Pixérécourt, on trouve un drôle de bâtiment avec, sur la porte en fer, une indication insolite: "Studio Le Regard Du Cygne".

Après avoir poussé la porte de ce qui semble être une banale boutique, au bout d'un couloir, on débouche sur un lieu improbable, totalement inattendu.

Avec  ses pavés anciens, ses murs en pierres apparentes, ses poutres en bois d'un autre temps, l'endroit a su garder l'authenticité de l'ancien relais de poste implanté là, à la fin du XVIIe siècle.

Au début des années 80, c'est une équipe d'artistes et de professionnels, qui va créer en ce lieu un véritable conservatoire de la danse contemporaine et de l'écriture du mouvement, dans tous les styles …

En septembre 1984, le studio s'ouvre au public et la première programmation de danse contemporaine est organisée par Amy Swanson, aussi le nom du studio va s'inspirer définitivement de son patronyme et de son regard si particulier sur l'univers de la danse…

Depuis lors, beaucoup d'artistes, de chorégraphes, de danseurs … vont fréquenter le Studio, en lien étroit, quasi physique, avec un fidèle public.

Le studio "Le Regard du Cygne" installé en ce lieu atypique des hauts de Belleville est désormais devenu un lieu culturel incontournable, reconnu dans le paysage artistique parisien, … et même bien au-delà.

 

>> En savoir plus.


 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 > >>