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PARISPERDU

bistrots

Malaise à Belleville (1/2)

4 Décembre 2007, 09:43am

Publié par barreteau

 

Angle des rues Ramponeau et Dénoyez, Paris 20ème


Menaces, intrusions, jets de pierres... à Belleville, un malaise profond s’établit entre nouveaux arrivés et anciens habitants. Avec d'un côté, une masse de républicains bon teint. De l'autre, quelques jeunes blacks ou beurs, et une triste situation, qui révèle le méchant climat d'insécurité régnant dans le quartier et l'exaspération qu'il suscite chez les nouveaux installés: commerces et artistes branchés en tête.

Au centre de tout cela, un océan de fantasmes dont la principale chimère s'appelle le "bourgeois-bohème" !

Le fameux bobo, les jeunes le voient partout, ils en parlent tout le temps, et ils ne l'aiment guère. Ecoutons Sélassié, un ado de Belleville: "Ici, on se mélange, on se supporte. Mais les bobos, eux, ils nous prennent de haut. Ils viennent avec leurs soi-disant Lumières, mais leur arrivée annonce des choses. Leur but, en fait, c'est de nettoyer le quartier et de nous envoyer en banlieue."

Cette haine un peu confuse du bourgeois étonne. Mais elle s'appuie sur une sourde réalité. Belleville est en effet, un territoire à part dans la métropole parisienne. On y retrouve des populations situées aux deux extrêmes de la pyramide sociale. D'un côté donc, les fameux bourgeois-bohèmes, qui investissent les anciens immeubles ouvriers remis à neuf. De l'autre, des familles maghrébines ou noires-africaines, regroupées dans les grands ensembles HLM. D'un côté, la constellation des bars «tendance» et des lofts pour bienheureux. De l'autre, des isolats comme la cité "Piat-Faucheur-Envierges", où se concentrent tous les stigmates de la précarité sociale : 17% de chômage, 22% de familles bénéficiaires d'aides sociales et une petite délinquance suffisamment ancrée pour que le quotidien des habitants soit rythmé par les descentes musclées de la police.

Entre ces deux mondes, les passerelles se sont peu à peu effondrées et on voit le quartier se «refermer» année après année. L'espace est devenu à la fois plus cher et plus restrictif. Auparavant, les logements étaient insalubres et la rue servait de salon. Maintenant, les nouveaux venus imposent leurs mœurs et leur argent. On ferme les passages, on pose des digicodes, on «protège» ses enfants en les envoyant à l'école privée.


Les petits délinquants ne cassent pas par hasard, même si leur révolte n'est pas formulée, ils sentent très bien qu'ils sont "persona non grata" et que la logique économique ne tardera pas à les chasser. Car, si les bourgeois-bohèmes sont souvent les premiers à se réjouir de la mixité colorée du quartier, leur arrivée massive se solde paradoxalement par l'éviction des classes populaires.

A suivre...

 

 

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Jean Ro. figurant de cinéma ... à Belleville

4 Septembre 2007, 16:16pm

Publié par barreteau


A Belleville, le haut de la rue des Envierges - avec son panorama unique sur Paris - a de tout temps attiré les réalisateurs de films.

En 1950, j'y ai vu tourné plusieurs scènes du  "Château de verre", un film de René Clément avec Jean Marais et Michelle Morgan. J'ai aussi assisté au tournage d'une séquence d'un film dont je me souviens plus du titre ... Kirk Douglas y jouait un soldat de l'armée américaine libérant Paris.

Dans le passage Botha, j'ai été époustouflé par des ouvriers du "septième art" qui ont transformé, en moins d'une heure, une cordonnerie en menuiserie : rien n'y manquait, établi, outils, copeaux, ... le décor de la devanture fut posé d'un seul morceau.

C'est là aussi, que j'ai pu voir, de très près, Serge Reggiani et Simone Signoret "en costume 1900" pour une scène de "Casque d'or". Pour ce film mythique, nous, les gamins du quartier, avons joué "à chat" et ... nous étions même ... payés pour cela !

Et c'est dans cet immeuble d'angle, au dernier étage, que fut tourné - 1959 - une séquence du  film d'Henri Verneuil "Le Grand Chef", avec Fernandel et Gino Cervi en kidnappeurs d'un petit diable. Tout en haut de ce longiligne immeuble, depuis la toute dernière fenêtre, on voyait, dans l'immeuble d'en face, la boutique du marchand de vin Letourneau chez qui on allait chercher le gros rouge  "à la tireuse", en se servant soi-même ...

Mr Letourneau faisait également "bar", et c'est-là qu'un jour, Raymond Pellegrin offrit un café au jeune homme que j'étais alors...

 

>> "Château de verre", un film de René Clément

>> "Le Grand Chef", un film d'Henri Verneuil 
 

>> Raymond Pellegrin : un acteur français qui effectua une grande partie de sa carrière en Italie.

 

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Belleville, la belle ville des bobos.

19 Août 2007, 16:24pm

Publié par barreteau

 

 


Vivre en ville va devenir un privilège.

A Belleville, à Ménilmontant, l'inflation des prix de l'immobilier chasse les anciens habitants. Ce sont maintenant des bobos qui ont jeté leur dévolu sur ces quartiers de l'Est parisien. Des peintres, des photographes, des architectes ou des designers s'installent dans des usines désaffectées ou dans des ateliers miteux qu'ils réhabilitent à prix d'or. Certaines agences immobilières se sont même spécialisées dans ces futurs lofts tant recherchés par ces nouveaux habitants pour qui le paraître est essentiel. Un bobo pensera fréquemment : "J'ai acheté un lieu atypique ... donc je suis atypique" !

Dans 10 ans, il n'y aura plus l'ombre de catégories populaires dans l'Est parisien. Le marché, mais aussi les pouvoirs publics, les mairies ... tout pousse à la requalification de ces quartiers ... même s'il y a parfois des résistances de quelques groupes d'habitants qui veulent conserver leur cadre et leurs modes de vie.

Car certains préfèrent continuer à vivre ici - en quasi communauté -  dans des immeubles, à la limite de l'insalubrité, que des promoteurs cherchent à raser pour faire de nouveaux programmes. Mais les gens de Belleville qui aiment depuis toujours leur quartier, "leur village" comme ils disent, ne veulent pas de ces nouveaux programmes ... avec restaurants à sushi, galeries d'art contemporain ou d'avant garde et "concept-stores" ... Tout un monde dans lequel ils ne se reconnaissent pas.
Et pourtant, s'ils sont chassés, ils devront partir à 20, 30, 40 km ... là où les prix sont moins élevés...


Ainsi, la ville se transforme, car... bien sûr la ville n'est pas une entité figée, ... ainsi va la ville, ainsi va la vie ...dans la belle ville de Belleville.


>> La politique de la ville, en savoir plus ...

>> Bienvenue à "Boboland" !

 

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La Villa des Tulipes, il y a 50 ans …

31 Mars 2007, 10:32am

Publié par barreteau


C'est Aimé Speleers  qui nous envoie d'Anvers - où il vit aujourd'hui - cette photo montrant la Villa des Tulipes en 1953. Son père, Marcel, est né ici, dans cette impasse déjà visitée par Parisperdu.

La famille Giraud, à l'époque propriétaire du Café Hôtel Restaurant que l'on voit ici, prend la pose devant son établissement car, en 1953, on ne voit pas encore beaucoup de photographes ... Aussi ne faut-il pas manquer cette occasion de se « faire tirer le portrait » ...

 

>> Même endroit aujourd'hui :

 

 

 

>> La Villa des Tulipes ... déjà sur Parisperdu

 

 

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Chez Fanfan.

14 Février 2007, 10:59am

Publié par barreteau

 
Au 35 de la rue de Tourtille, dans l'épicerie-buvette de Françoise Lajoy (dit-Fanfan), on se croirait encore en province dans les années cinquante.

Au mur, ce sont, pêle-mêle, des bouteilles, des boîtes de conserve, des paquets de sucre ou de biscuits, ... Quelques frusques d'un autre âge sont suspendues dans un coin. Au fond, il y a une seule table avec des chaises de cuisine et surtout ce comptoir qui a vu défiler tant d'habitués ... depuis des décennies.

Fanfan joue ici, dans le bas-Belleville, un rôle social très important : elle vous dépanne le soir lorsqu'il vous manque quoique ce soit en cuisine et toute la journée elle écoute, console ou conseille les gens du coin venus au comptoir lui conter leurs difficultés... Elle pourra même vous garder le courrier, vos clés, voire vos enfants ... tant sa générosité est sans borne.

D'un tempérament d'une grande gaité, elle a toutefois les larmes aux yeux, lorsqu'elle évoque toutes ces années passées, ici, depuis que sa mère a ouvert l'épicerie dans ce local acheté par sa grand-mère en 1932 et qu'elle a reprise après son CAP...

Car maintenant, dehors, la restructuration du quartier a commencé, et dans la rue où tous les autres commerces ont déjà fermé, l'ambiance n'est pas gaie. Une grande partie des habitants a déjà quitté le quartier ... les plus âgés sont morts. Qu'est devenu Jeannot qui, avec son accordéon, faisait danser les gens sur le trottoir les soirs de 14 juillet ?

Mais Fanfan se résigne mal à un avenir ailleurs. Aussi, elle fait de la résistance et ses amis sont solidaires : leur dernière pétition (Collectif "Y'a D'la Joie") 
a recueilli des milliers de signatures pour essayer d'obtenir un dernier sursis à cet ultime bistrot de quartier menacé de disparition.

Pourtant, Fanfan devra fatalement, tôt ou tard, laisser la place à l'agrandissement de l'école maternelle mitoyenne ... qu'elle a fréquentée, petite. C'est un crève-cœur, mais elle se résout à accepter la situation car "si c'est pour les gosses alors ça va ..., dit-elle, ... au moins je ne pars pas à cause d'un promoteur".


Finalement l'épicerie-buvette sera rasée, l'école maternelle agrandie et Fanfan quittera sa chère rue de Tourtille. Des opportunistes lui rachèteront "son nom, sa marque", et une nouvelle enseigne "Fanfan Lajoy" ouvrira tout près d'ici, rue Jouye-Rouve. Mais il s'agit d'un café-galerie de la "néo-branchitude". Rien à voir donc avec l'épicerie-buvette authentique de Fanfan qui pourtant, elle aussi faisait galerie - à son corps défendant toutefois.
En effet, n'y avait-il pas au fond du bistrot, parmi les boîtes de conserves, une photographie originale d'Izis ?
Comment un tirage de ce grand photographe avait-il pu atterrir ici ?
Fanfan était plus que discrète sur le sujet ...

 



>> La photo d'Izis chez Fanfan (« Dans une cour, Paris 1948 ») :

 


 



 

 

 

 

 

 

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Flèche d'Or Café.

11 Août 2006, 10:01am

Publié par barreteau


La Flèche d'Or, rue de Bagnolet dans le 20e arrondissement, est un lieu culturel dont la riche programmation et la convivialité en fait le centre "off" de l'étrange, de l'insolite, de l'Underground, de l'art alternatif...

Créée  il y a dix ans, dans une ancienne gare de la Petite Ceinture, la Flèche d'Or Café (qui tient son nom du rapide Paris-Calais) est loin de l'approche marketing d'un café classique.
A ses débuts, l'ancienne gare de Charonne accueillait dreadlocks cradingues et scènes ouvertes calamiteuses, ... aujourd'hui la Flèche d'Or est une adresse où la faune branchée de la capitale aime à se montrer.

La Flèche d'Or  (la "Flèche" pour les initiés) accueille régulièrement des débats, des rencontres, des happenings de vidéastes... De jeunes groupes de musiciens y trouvent un espace pour s'y produire en concert. Bref, la Flèche d'Or fait partie de ces rares lieux dans Paris qui permettent une expression culturelle, sociale et politique totalement débridée.

Allez boire un verre ou mieux prendre un brunch au Flèche d'Or Café, un endroit frais au climat chaud et festif ... vous ne serez pas déçu tant son ambiance est unique.

Une adresse immanquable dans ce quartier de Charonne qui a su conserver son caractère populaire.


>> L'ancienne gare de Charonne.
 

>> La Flèche d'or café
 

>> Video Show à la Flèche d'or : Testarossa autodrive/Kavinsky©

 

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Villa des Tulipes.

31 Mai 2006, 11:13am

Publié par barreteau


C'est un coin perdu du 18ème ... la rue du Ruisseau enjambe le chemin de fer de ceinture et conduit à la villa des Tulipes, nommée jadis impasse Malassis.

Des becs de gaz à l'ancienne éclairent cette voie protégée, bordée de pavillons individuels sans grand standing.

Au numéro 8, on trouvait un bar des plus ordinaires.

Mehdi, le patron passait le plus clair de son temps à lire le journal dans l'attente d'hypothétiques clients. Son établissement possédait pourtant une particularité que lui auraient enviée des établissements bien plus prestigieux dans Paris : une double entrée ...  Le bar de Mehdi s'ouvrait en effet sur la villa des Tulipes et sur une autre villa parallèle : la villa Lécuyer ...

C'est tout près d'ici, à deux pas  de la porte de Clignancourt que Joseph Joffo passa son enfance.

 

>> Retrouvez l'auteur d' « Un sac de billes ».

 

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19, rue de Bellièvre.

22 Mars 2006, 09:25am

Publié par barreteau


Le Bar de la Poste au 19 de la rue Bellièvre a définitivement tiré ses rideaux ... ils ne s'ouvriront plus.

 


>> En savoir plus sur le bar de La Poste ...

 

 

 

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Rue de Bellièvre et Rue Edmond Flamand

21 Mars 2006, 19:37pm

Publié par barreteau

 


A l'angle des rues de Bellièvre et Edmond Flamand une large esplanade pavée s'ouvrait.
Sur le pan coupé de l'angle des deux rues, se situait le "Bar de la Poste". Ce bistrot était surtout fréquenté par les "manipulants" du centre de tri manuel d'Austerlitz, situé juste en face.

En 1998, lors de la longue grève du centre de tri Paris Gare Austerlitz, la cinquantaine d'agents, les "Auster", qui refusaient la fermeture avaient fait du "Bar de la Poste" leur quartier général.

Maintenant, tout est terminé. Le centre de tri manuel a été automatisé. Le bar de la poste a perdu sa raison d'être. Et ce lieu, à la fois paisible et vivant, a été pris dans le maelström de l'opération Paris Rive Gauche.
Forte de ses 2,5 km : l'Avenue de France et son prolongement : l'avenue Pierre Mendès-France sont venues engloutir la petite esplanade.

Seule concession au passé ouvrier du site : on construira des logements sociaux à l'angle de la rue Edmond Flamand et de la rue de Bellièvre.

  

>> En savoir plus sur l'opération Paris Rive Gauche.

>> Le nouveau bâti de la rue de Bellièvre

 

 

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Cour Saint-Emilion.

15 Mars 2006, 17:09pm

Publié par barreteau



C'est sans doute Georges Simenon (Maigret s'amuse, 1957) qui a le mieux décrit l'atmosphère de ce lieu :
"C'était Quai de Bercy ... le banc tournait le dos à la Seine et les Maigret avaient devant eux une étrange ville soigneusement gardée et entourée de grilles, où les maisons n'étaient pas des maisons mais des entrepôts de vin et où les noms sur les panneaux, étaient les noms familiers qu'on voit sur les bouteilles. Il y avait des rues comme dans une vraie ville, des carrefours, des places, des avenues, et, au lieu d'autos, c'étaient des barriques de tout calibre qui les encombraient ... "


Bercy était autrefois le premier port fluvial de vin en France. Les tonneaux arrivaient de Bordeaux, de la Loire ou de Bourgogne par des péniches à fonds plats qui pouvaient utiliser indifféremment les canaux ou les rivières. Transitant par le port de Bercy, le vin était emmagasiné-là dans des chais, des entrepôts.

Depuis une dizaine d'années, des travaux importants ont rasé, transformé et réaffecté les anciens entrepôts à vin de Bercy. Seuls quelques uns ont subsisté.
Les anciens chais de la cour Saint-Émilion ont été rénovés en 1995 et abritent désormais boutiques et restaurants.

Les architectes ont su toutefois conserver l'esprit du site, et le « très branché » Bercy-Village conserve un charme certain avec sa cour piétonne pavée et éloignée des bruits de la ville.



>> 
Le très tendance Bercy Village.com

 

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