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PARISPERDU

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Paris est-elle devenue une ville de riches ?

23 Juin 2019, 11:54am

Publié par barreteau

Paris est-il devenu une ville de riches ?

Secteur Beaugrenelle Paris 15ème

 

Si l’on observe l’évolution de la population parisienne depuis cinquante ans, l’embourgeoisement est évident. Sur cette période, on constate une montée des professions intermédiaires et supérieures, qui ont doublé de volume pour atteindre à 71 % de la population en 2010, tandis que le pourcentage des employés et des ouvriers de la population active parisienne a - dans le même temps - chuté de 65 % à 28 %. C’est une baisse vertigineuse !

Cette évolution est liée à plusieurs facteurs, dont le premier est la désindustrialisation de la capitale. Paris était en 1962 une ville industrielle avec 576 000 emplois dans ce secteur. On est tombé à 134 000 en 1989, puis à 80 283 en 2009, selon les estimations de l’Insee. Et il est évident que la baisse se poursuit encore aujourd'hui.

A cela s’ajoute une deuxième cause, liée à un changement dans le domaine de la construction, où les bailleurs sociaux ont moins construit de logements bon marché. Aussi à partir des années 1970 une population importante s’est exilée dans des banlieues réputées financièrement plus abordables.

Ce phénomène est mondialisé mais Paris est une capitale très petite en superficie ce qui entraine une spéculation immobilière énorme car un foncier rare majore mécaniquement le coût de l’immobilier. Quelques soient les quartiers, les logements deviennent inaccessibles.

De surcroît il y a, à Paris, un phénomène spectaculaire qui segmente la ville car on a, d’un côté, les beaux quartiers à l’Ouest et, de l’autre, les quartiers les plus populaires à l’Est et au Nord. Et ces populations ne se mélangent pas. Elles vivent entre elles, dans un entre-soi.

Toutefois à l’Est, la population est en train de changer avec l’arrivée d’acteurs investis dans les nouveaux secteurs de l’activité économique, comme le design, l’architecture, les nouvelles technologies, les médias, le monde de la mode… Ces gens, qui gagnent bien leur vie, sont fortement attirés par d’anciens logements ouvriers reconditionnés ou d’anciennes usines réhabilitées et dont maintenant les prix s'envolent.

Alors bienvenue à la gentrification parisienne, bienvenue dans un Paris devenu une ville de riches …


>> La gentrification sur Parisperdu.

 

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Veut-on vraiment un Tribeca à Paris ?

11 Février 2019, 09:29am

Publié par barreteau

Veut-on vraiment un Tribeca à Paris ?

Le Point FMR, au 200 Quai de Valmy, 75010 Paris

 

Paris veut-il singer New-York ? Le secteur du Canal Saint-Martin est-il le miroir de Tribeca ? Ce quartier résidentiel de Big Apple aux allures bobo branchouille, aux nombreux appartements atypiques très prisés … mais où il n'est pas évident d’y habiter tellement les loyers sont élevés.
Est-ce dans les deux cas la proximité d'un canal qui crée cette homothétie ? Car on le sait, Tribeca est un acronyme basé sur l'expression "Triangle Below Canal Street".

A Paris aussi on trouve la plus forte concentration des spots à hispters sur les rives du Canal Saint-Martin, où dès le retour des beaux jours vous trouvez foule de jeunes gens "boboïsant" pique-niquant et buvant bières et autres boissons ... toute la nuit.
Et, si on devait désigner un QG emblématique du Canal St Martin, sans la moindre hésitation ce serait Le Point FMR, au 200 Quai de Valmy, un ancien magasin de stockage transformé en "centre culturel de référence" et accueillant concerts, évènements, expos… et où surtout l’on peut boire des coups et danser toute la nuit !

Alors parisiens, bienvenue à Tribeca.

 

>> Voilà Tribeca !

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Comment un quartier se transforme : l'exemple du 10ème arrondissement.

4 Février 2016, 09:17am

Publié par barreteau

Comment un quartier se transforme : l'exemple du 10ème arrondissement. 

179 Rue Saint-Maur, 75010 Paris

 

Des rues qui se métamorphosent, des commerces qui disparaissent, des prix qui grimpent… A Paris, en quelques années, des quartiers entiers peuvent voir leur identité complètement remise en question.
Exemple dans le 10ème arrondissement de Paris.

Considéré jusque dans les années 1990 comme un quartier "mort", le sud du Xe arrondissement de Paris est en pleine transformation. Décrit comme le nouveau paradis "bobo" de la capitale, les grossistes en prêt-à-porter et les salons de coiffures africains ont peu à peu été remplacés par d'innombrables bars à bières et autres cafés festifs … à la mode du moment.

Seules quelques petites bijouteries fantaisie apportent, avec des enseignes telles "Merveilles & Bagatelles", "Paris Gold" … un peu de diversité à un quartier qui désormais en manque passablement.

 

 

>> Voir aussi "Gentrification".

 

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De la difficulté du "vivre ensemble".

28 Juin 2014, 12:38pm

Publié par barreteau

Graffitis anti-bobos – Paris 19ème arrondissement (2012)

Les sociologues et philosophes de tous bords se sont récemment intéressés au couple antinomique des "petits blancs" et des "bobos".

Alain Finkielkraut a tiré le premier en évoquant le "Français de souche", un terme si controversé que d'autres lui préfèrent celui de "petit blanc".

Le petit blanc est celui qui n'a pas les moyens de quitter les quartiers populaires très métissés et qui souffre de ce métissage alors que le bobo peut vivre dans ces quartiers, même s'il a souvent des stratégies d'évitement face aux situations les plus critiques.

 A la différence du petit blanc, le bobo peut donc choisir où il va habiter. Il aime bien la culture populaire, l'altérité et les mélanges. Les bobos ont inventé le covoiturage, les jardins partagés et ils ont poussé les maires de grandes villes à aménager celles-ci autrement.

Et même s'il n'a pas beaucoup d'argent, il peut aller habiter dans des quartiers où il y a une importante mixité, … mais il n'ira jamais habiter dans une cité du 9.3 !

Dans son livre, "Paris sans le peuple", la sociologue Anne Clerval refuse d'employer le terme bobo qu'elle considère comme un "mot piège" préférant celui de gentrificateurs.

"La mixité sociale souvent lue comme un mélange culturel, est très valorisée par les gentrificateurs même s'ils la pratiquent peu dans les faits" explique-t-elle.
 
Derrière une apparence d'ouverture, la "boboïtude" ne serait-elle pas en fait le nouveau visage de la classe dominante?


>> Autres exemples de graffitis anti-bobos.

>> Guide de survie en pays bobo.

 

 

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Excentré ou excentrique ... ?

11 Mai 2014, 16:03pm

Publié par barreteau

Angle de la rue des Vinaigriers et du passage Dubail _Paris 10ème (2010)

Excentrés, infréquentables? C'est pourtant là que Paris bouge. L'Est parisien prend aujourd'hui sa revanche. Entre atmosphère (encore) populaire et adresses branchées, ces territoires défrichés s'imposent tout d'un coup face au triangle d'or et à la rive gauche.

De Belleville à Ménilmontant, l'art prend de la hauteur et, progressivement rattrapés par la fièvre d'Oberkampf, ces coins populaires deviennent le terrain de jeu de nombreux artistes et de jeunes galeries concentrées dans un triangle logé entre les stations de métro Belleville, Couronnes et Pyrénées.

Un peu plus au nord, le quartier Barbès, autour de la Goutte d'Or, reste celui des populations bigarrées, de Tati et du métro aérien. Avec la restauration du cinéma Louxor et l'arrivée de nouvelles enseignes à la pointe de la mode, il prend aujourd'hui un nouvel essor.

Quand au 10ème arrondissement, il est devenu le fief bobo par excellence.

Le phénomène de mode, allant du canal Saint-Martin vers le Faubourg Saint-Denis a été rapide. Et, en quelques années, la folie bobo s'est déplacée vers le cœur populaire du 10ème où, jusqu'alors, ­ kebabs et épiceries turques ­ tenaient le haut du pavé.

Tout a commencé, le long du canal, puis la rue du Faubourg- Saint-Denis a pris le relais avec l'arrivée en nombre de bars branchés très courus. A tel point que certaines terrasses débordent tant, qu'elles doivent contenir leurs clients dans un périmètre délimité par un bandeau de sécurité.

Entre le boulevard Magenta et le canal Saint-Martin, la rue des Vinaigriers, autrefois tranquille, est l'autre axe majeur de ce 10ème en effervescence. Elle concentre désormais quelques-unes des adresses phares de l'arrondissement: Fabrique à Gâteaux, Cafés, Design Store, magasin de vêtements et de mobilier Design, bars à vins avec ambiance musicale …

Excentrés ces quartiers ? Peut-être. Excentriques … sûrement.

 

>> Guide de survie en pays bobo.

 

 

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Les Parisiens passent le périphérique.

7 Avril 2014, 15:51pm

Publié par barreteau

Les Parisiens passent le périphérique.
A Paris, la pression immobilière est très forte. Aujourd'hui seulement un foyer sur trois a la capacité d'acheter un appartement adapté à ses besoins.

Cette inflation continuelle des prix de l'immobilier a entraîné l'embourgeoisement des quartiers populaires de Paris et de la première couronne, aussi ceux-ci ont vu leur sociodémographie changer profondément. On observe d'ailleurs ce phénomène dans de nombreuses villes mondialisées. A New York, par exemple, même Harlem commence à se "boboïser".

A Paris, ce mouvement centrifuge fait exploser les idées reçues d'un quart nord-est dévitalisé et paupérisé et d'une banlieue ouest aisée et engoncée dans son conservatisme.

Résultat, tout autour de la capitale, services et commerces se développent en parallèle de la boboïsation, et ces nouvelles adresses banlieusardes attirent également les Parisiens, rassurés par les lignes de métro qui s'étirent hors des frontières, et du Vélib' qui essaime ses bornes en proche banlieue.

Et, hors du périph', c'est au sud et à l'ouest que l'on retrouve le plus l'esprit village si cher à nos bobos. Au sud de Paris, les gares de  Versailles sont empruntées chaque année par 4,5 millions de personnes. A l'ouest, à Boulogne, l'on sent que l'on est au commencement de quelque chose, car le Marais et Oberkampf ont démarré exactement ainsi …
En banlieue oui, mais pas n'importe laquelle !


> > De la zone au périph'.

 

 

 

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Bobos, ça se complique.

10 Janvier 2013, 14:09pm

Publié par barreteau

LE BOBO LOUNGE, 3 rue de Budapest 75009 Paris

L'une des caractéristiques du bobo, c’est qu’il se sent socialement supérieur à vous, même s’il ne l’est pas. Et c’est bien un truc de Parisiens, d'urbains car les bobos n’existent pas à la campagne.
Mais qui sont vraiment les bobos ?


Revenons aux sources: le bobo ou bourgeois bohème est d’abord un bourgeois. Urbain donc, et assez friqué. Cela exclut le rural, l’instituteur, le bac moins 2, … même si ces trois-là peuvent aussi être portés sur l’humanitaire, l’équitable et la pratique du vélo.
Le bobo urbain ignore souvent ce qu'est "la nature" mais s'intéresse de près à l'écologie, une orientation politique qui n'est absolument pas dangereuse pour le capital qu'il possède ...

Attention, le bobo n’est pas le fils de l’intellectuel de gauche. Le bobo est quelqu'un qui a trahi tout ses idéaux de gauche révolutionnaire ... Il est le grand gagnant de Mai 68 mais aujourd'hui, le voilà incapable d'assumer ce qu'il est devenu, à savoir un citoyen de gauche en terme de morale, mais de droite en terme de pognon. Aussi faut-il prendre du recul lorsqu'un bobo vous livre son opinion, les instituts de sondage savent que le bobo dit le contraire de ce qu'il  pense.
A coup sûr, diplômé, bien installé, avec famille, s’il court les petits bistrots cradingues (menu complet à 11,50 Euros) il est aussi capable de faire un trekking au Botswana avec "Terre d’aventure" à 4 530 euros par personne pour 13 jours ! Mais là, il devient "boal" (bobo alternatif). 

Ensuite le bobo est bohème, car s'il a des revenus confortables, il ne doit surtout pas le montrer, d’où son style (qu’il croit) décalé, ses fringues (ostensiblement) négligées, ses quartiers (jusqu’à présent) populaires, sa voiture pourrie (ou inexistante).
Le but ultime étant de se différencier autant des prolos (jugés incultes, avec leur bagnole, leur bière et leur football) que des bourgeois non-bohèmes (les coincés ou, pire, les tendances "bling-bling").

Mais se démarquer, devient pour le bobo un problème insoluble: puisqu’il s’affiche, il est imitable, et sans le vouloir il a lancé une mode. Le voila rejoint par une cohorte de prolos et de bourges qui s’habillent comme lui, fréquentent les mêmes bars, ont les mêmes lectures, habitent les mêmes quartiers, prennent les mêmes avions, … le voila donc rejoint par ceux-là même qu’il a mis des années à fuir: les "bo-beaufs". Comme disait Sempé : "Rien n'est simple et ... tout se complique".


>> Les Bobos sur Parisperdu.

>> Le "boal" : encore plus fort que le bobo ... !

 

 

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Belleville de haut en bas.

20 Septembre 2012, 09:39am

Publié par barreteau

Cour du 36 rue de Ménilmontant Paris 20ème


En descendant la colline à partir du Haut-Belleville, cet ancien village paisible et convivial, vous atterrissez au Bas-Belleville, le quartier populaire et animé d’Edith Piaf et de Maurice Chevalier.

Là d'insoupçonnées richesses vous attendent : des cours cachées, des ateliers et des industries reconvertis, des impasses et des ruelles secrètes, habitées par des populations bigarrées et frondeuses.
N'hésitez pas à pousser quelques portes et laissez-vous charmer par les cours, les jardins et les ateliers d’artistes qui semblent n'avoir rien perdu de leur âme éternellement bellevilloise.

Mais cet environnement de charme reste fragile car la rénovation urbaine du Bas Belleville engagée dans les années 90, un temps arrêtée, se poursuit désormais insidieusement par micro-îlots.
Et les "indigènes" chassés par l'envolée des prix doivent se loger loin, très loin de leur lieu de travail. Perte de temps et d'énergie: vous parliez de Grenelle de l'Environnement, puis ... de Conférence environnementale ?


Pire encore, derrière les néons des restaurants, les petites boutiques bruyantes et les tables accueillantes des cafés de la rue de Belleville, où les bobos s'efforcent de retrouver le Paris rêvé de Mistinguett et de Ménilmuche, l'image d'Epinal d'un quartier multiculturel et ouvert commence à se fissurer. Et, quand la nuit tombe sur le Belleville des ruelles et des places désertes, la tension monte brusquement.

Belleville de haut en bas, de bas en haut, sans dessus dessous … ne serait-il pas en train d'aborder la culbute fatale ?


>> Dans la jungle de Belleville.

>> Belleville de la déliquescence à la délinquance.

>> La rénovation du Bas-Belleville.

>> La "Bellevilleuse" se recentre sur le quartier de Belleville …

 

 

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Guide de survie en pays bobo. (3/3)

29 Mars 2012, 08:09am

Publié par barreteau

Carrefour stratégique: 84 rue des Cascades / 43 rue des Envierges _Paris 20ème - Juillet 1997


Le 20ème arrondissement commencera pour vous, au métro Pyrénées où vous trouverez l'insolite cour de la Métairie, n'hésitez pas à vous y enfoncer, elle garde un charme réel même si on y a beaucoup (trop) construit.

Bientôt vous allez atteindre un lieu stratégique du haut Belleville : le carrefour en étoile à six branches qui donne accès aux rues des Envierges, des Couronnes, des Cascades, et de la Mare …
Toutes ces rues ont peu changé et révèlent encore, pour qui sait regarder, de belles pépites.
Rue des Envierges, le bistrot "Au vieux Belleville" est l'une d'elles, avec sa petite salle, son zinc véritable, son sol carrelé encore nettoyé à la sciure de bois, et des tables d'une autre époque que l'on pousse chaque soir pour guincher sur la Java bleue ou sur d'autres airs tout aussi populaires …. : un vrai "rade" parigot.

 

A Ménilmontant, on ne manquera pas le "Piston Pélican", un bar mi-classique, mi-tendance qui a su garder une certaine authenticité car dans la journée, "on peut apporter son manger" et le soir, profiter de la musique. Tout près de là, rue de Buzenval, arrêtez-vous au bistrot "Les Pères Populaires", un bar pour étudiants fauchés dans un décor de brocante avec canapé déglingué, chaises d’écolier, formica et papier peint psychédélique. La moyenne d'âge de la clientèle est vivifiante …

Un petit pèlerinage pour terminer : au 46 de la rue de Lagny, face au square Sarah Bernhardt.
Il y a quelques années encore, c'est là que j'allais, timide comme un jeune écolier, rendre visite à un maître de la photographie : Willy Ronis.

 

>> L'insolite Cour de la Métairie.

>>  Minelle au "Vieux Belleville".

>> Le Piston Pélican, déjà sur Parisperdu.

>> Sur le banc avec Willy Ronis ...

>> Au 46 rue de Lagny, chez Willy Ronis.

>> Guide de survie en pays bobo (2/3).

 

 

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Guide de survie en pays bobo. (2/3)

25 Mars 2012, 09:56am

Publié par barreteau

Sur la Butte Bergeyre: 13-15 rue Edgar Poe _ Paris 19ème - juin  1995


Vous avez pénétré dans le 19ème arrondissement par l'interminable pont qui enjambe les voies ferrées/Est; vous êtes donc rue Riquet. Parcourir cette rue n'est pas vraiment une partie de plaisir. Surtout dans sa partie située après l'avenue de Flandre, où elle est plus étroite et en  pleine restructuration. Mais la récompense est au bout de la rue lorsqu'après une courbe, vous débouchez soudain sur le quai de la Seine, le bassin de la Villette et les entrepôt-jumeaux …

En vous dirigeant  vers la place de Stalingrad, n'hésitez pas à monter à bord de la péniche Antipode, c'est l'occasion unique de boire un verre, tout en profitant d'une belle perspective sur le bassin. Traversez ensuite ce dernier par la passerelle située à la hauteur du passage de Flandre: vous êtes alors: quai de la Loire.

A nouveau en direction de la retonde de Stalingrad, il vous faudra prendre, près du métro Jaurès, l'avenue Secrétant puis l'avenue Simon Bolivar jusqu'à ce que vous atteignez l'avenue Mathurin Moreau que vous emprunterez en direction des Buttes Chaumont. Inutile d'aller jusqu'au Parc des Buttes Chaumont car là, même hors du week-end, le bobo aime roder. Vous avez mieux à faire avec la délicieuse Butte Bergeyre.

Pour y accéder, la rue Georges Lardennois s'offre à vous. Dès son départ vous serez confronté à cette alternative: continuer par la rue ou prendre l'abrupt raccourci d'un escalier.
Je vous conseille de poursuivre par la rue et vous allez comprendre pourquoi : elle grimpe en lacets et c'est donc la meilleure façon de découvrir l'intégralité du village secret de la Butte Bergeyre.


Ici, nous sommes dans l'arrière-cour de Paris, une arrière-cour essentiellement résidentielle. On peut regretter l'absence d'une véritable place de village avec un troquet, des commerces … Mais la tranquillité est à ce prix: pas de commerces donc, à une exception près, l'Utopicerie, un magasin bio d'un autre type.

A l'extrémité de la rue Georges Lardennois, j’ai retrouvé l’escalier que je cherchais. L’escalier immortalisé par Willy Ronis dans son célèbre cliché : "Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin". Cet "escalier Ronis", vous donnera un avant-gout de la fin de notre promenade. Vous découvrirez exactement de quoi il s'agit dans le prochain billet (3/3) …

En bas de l'escalier, il vous faudra reprendre l'avenue Simon Bolivar jusqu'au métro Pyrénées pour atteindre le 20ème arrondissement.


A suivre …

>> Le café Antipode … sur la péniche.

>> Butte Bergeyre, la secrète … (3/3)


>> Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie.

>> N'est pas Willy Ronis qui veut

>> Guide de survie en pays bobo (1/3)

 

 

 

  

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Guide de survie en pays bobo. (1/3)

21 Mars 2012, 08:44am

Publié par barreteau

Cité de la Chapelle Paris 18ème_ juin 1997

A Paris ce n'est pas encore, comme certains le croient, la revanche de l'Est populaire sur les bourgeois de l'Ouest. L'Est aussi s'embourgeoise et le populaire y meurt …  car désormais, à l'Est, le "bobo" est roi.

Dans ces quartiers de partout cernés par les portes à digicodes, les vidéo-interphones, les façades murées, les ateliers reconvertis en lofts, … difficile de trouver l'ouverture, de dénicher les bonnes adresses: celles des bistrots authentiques et des vrais artisans.

Voici donc un circuit balisé pour échapper au pire, flâner au mieux et respirer le vrai Paris.

 

Votre circuit fera un quart de cercle partant du 18ème pour arriver tout près de la place de la Nation, dans le 20ème arrondissement.

Départ donc devant la Gare du Nord, direction plein nord par la rue Marx Dormoy, ignorez  les innombrables bouibouis turcs, et arrêtez-vous plutôt "Au Bon vivant", un bar de quartier sans prétention mais fort agréable.
Sur le côté gauche de la rue, n'hésitez pas à aller jeter un coup d'œil au passage Ruelle, un îlot de calme avec le théâtre de la Reine Blanche et l'Atelier de Tapisserie, où l'on travaille encore à l'ancienne. Le passage butte sur les voies ferrées Nord mais ce n'est pas une impasse car par la Cité de la Chapelle, vous allez retrouver la rue Marx Dormoy.

Continuez alors à nouveau en direction du nord, par la rue de la Chapelle, toujours sur le côté gauche vous allez avoir plusieurs impasses à explorer : l'impasse du Curé qui a conservé quelques ateliers sur son côté pair alors que le côté opposé a été entièrement rénové; puis le hameau de La Chapelle où il vous faudra passer l'épreuve du digicode pour accéder à ce havre de tranquillité, enfin allez jeter un œil à l'ensoleillée impasse de la Chapelle.

Votre cheminement vers le 19ème arrondissement se fera par la paisible rue de Bourcy où un arrêt s'impose au bar "Cap 21". Son imposante patronne n'a besoin de personne pour éloigner les importuns. Vous déboucherez ensuite place Hébert où Robert Doisneau a souvent rôdé. Et, par la rue de l'Evangile, vous allez rejoindre la place de Torcy et son marché qui évoque encore celui d'une sous-préfecture de province, même s'il est désormais de toutes parts cerné par les commerces asiatiques.

Par la minuscule rue de l'Olive, vous rejoignez la rue Riquet où vous pouvez faire une halte à la petite pâtisserie-confiserie du n°92. Cela vous donnera la force d'attaquer l'interminable pont qui enjambe les voies ferrées/Est.
Vous accédez alors au 19ème arrondissement.

A suivre …

 

 

>> Cité de la Chapelle: La belle au bois Dormoy

>> Les filles de Marx Dormoy.

>> Sur les pas de Robert Doisneau

 

 

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Buzenval.

10 Février 2012, 09:29am

Publié par barreteau

Cour du 79 rue des Haies 75020 Paris, (juin 1995)

Buzenval, le nom sonne comme celui d'un général d'empire victorieux, mais c'est plutôt d'une défaite dont il s'agit. Une cuisante défaite contre les Prussiens, en 1871, au hameau de Buzenval, tout près de Saint-Cloud.

 A Paris, près du métro Buzenval, dans le 20ème arrondissement, au cours des années 90, vous étiez dans l'un des derniers no man's land parisien, une friche urbaine alliant souvent le sordide au sublime. Car, en maints endroits, la laideur de la friche urbaine était rattrapée par l'exubérance de mère nature …
Un juste retour en arrière, en quelque sorte, car dans ce secteur, les patronymes des rues: rue des Haies, rue des Maraîchers, … rappellent le caractère champêtre de cet endroit, caractéristique des "villages " qui ceinturaient l'ancien Paris.

La rue des Haies est une longue rue, étroite, très calme. On peut la trouver aujourd'hui bien morne mais autrefois elle était fort animée.
Au tournant des années 70, elle a compté jusqu'à 71 bars, alimentés en grande partie par les travailleurs de l'usine "Létang et Rémy" qui occupait à l'époque plusieurs numéros de la rue.
 
Au 79 de la rue des Haies, il y avait un bar bien mystérieux. Dans ce petit café sympathique d'où souvent s'échappaient les voix d'Oum Khaltoum ou de Farid El Atrach, la patronne a longtemps fait de la résistance face aux promoteurs aux dents longues. Mais la pression foncière était trop forte, les lobbies de la Mairie trop puissants …

Tout cela n'existe plus, le vent a tourné … aujourd'hui les bobos ont envahi Buzenval, il parait même que c'est un nom qui plait à leurs oreilles. Et c'est tout un pan de l'Est Parisien qui s'est vidé de ses anciens habitants.
Oui, à Buzenval, c'est bien d'une défaite dont il s'agit: celle de toute une partie de la population originelle … poussée dehors par de nouveaux arrivants …

 

La Rue des Haies, déjà sur Parisperdu:

>> Un squat, rue des Haies.

>> La fillette aux gants de boxe.

 

 

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Le miracle de Sainte-Marthe.

24 Novembre 2011, 09:56am

Publié par barreteau

25 rue Sainte-Marthe - Paris 10ème

Contrairement à de nombreux autres secteurs de Paris, Sainte-Marthe a miraculeusement échappé à la destruction de ses vieux immeubles, tous pourtant plus ou moins insalubres. Il faut dire qu'ici, la pression des associations a été particulièrement forte et finalement, elle a permis de favoriser une logique de rénovation de l'existant.

Bien sûr, le réaménagement urbain n'aura jamais de fin, c'est l'essence même d'une ville de ne jamais se terminer, … l'idée de la ville, c'est qu'elle se renouvelle constamment. Des immeubles se créent, d'autres se rénovent, d'autres disparaissent.
Mais la restructuration d'un quartier devrait toujours partir de l'existant, partir du vivant et surtout ne pas faire table rase de son passé. En cela, Sainte-Marthe est un bon exemple, tout comme la rue Jean Moinon toute proche qui a su, elle aussi, rester dans son jus.


Alors petit à petit, le quartier s'embellit, la vie revient. Les créateurs qui s'implantent ici se remarquent immédiatement aux couleurs vives qu'ils ont appliquées sur les façades des anciennes échoppes.

De nombreux cafés et restaurants ornent la place, est-ce un début de "gentrification" ? Probablement pas, tant l'étroitesse des rues et l'absence de possibilité de stationnement devrait rebuter les bobos, pourtant toujours à la recherche de nouveaux quartiers branchés.

A Sainte-Marthe, la rénovation n'est pas encore totalement achevée, mais c'est justement ce qui fait son charme, lui donnant parfois de faux airs de Naples, de Palerme ou de Barcelone... avec cette magie si particulière des lieux à cheval entre deux mondes, entre deux époques.



>> Des couleurs vives appliquées sur les façades des échoppes anciennes.

>> Tout près, la rue Jean Moinon.

>> Voir aussi: "Démolition, reconstruction, la ville en chantier".

 

 

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Inaccessible campagne.

20 Novembre 2011, 10:24am

Publié par barreteau

Rue Irénée Blanc  75020 Paris -Juin 2006 -


A la Porte de Bagnolet, on en est pourtant tout près, mais vous ne trouverez aucune pancarte, aucune indication pour la "Campagne à Paris".

Pas facile à atteindre, cette "Campagne" située aux confins du 20ème arrondissement, tant elle se dissimule derrière la ceinture de ses propres immeubles.

Pourtant, une fois gravies quelques marches d'escaliers, c'est vraiment … la campagne à Paris. En quelques mètres, vous passez du tumulte de la ville à la sérénité d'un paisible village fleuri. Le contraste est saisissant.

Cette petite cité, dont la construction remonte aux années 20, était alors réservée aux familles peu favorisées, et … il y a encore seulement trente ans, le secteur n'avait pas grande notoriété. Puis il est devenu très recherché, très branché ... si bien qu'aujourd'hui, en flânant dans l'une ou l'autre des deux rues principales, il est possible de croiser l'une des nombreuses stars qui y résident.

Alors demain, ce coin tranquille pourrait bien se retrouver dans tous les guides touristiques de la capitale ?


>> La campagne à Paris, déjà sur Parisperdu.

>> Des capitaines en Campagne …
 

 

 

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La Mouzaïa: encore un village (1/2).

23 Avril 2011, 08:37am

Publié par barreteau

Villa Amalia, Paris 19ème.

 

Dans le 19e arrondissement de Paris, juste au-dessus du Parc des Buttes-Chaumont, il est une rue au nom exotique: c'est la rue de Mouzaïa. Ce drôle de nom lui vient de la région de Blida en Algérie.

Cette rue particulière dessert de part et d'autre toute une série d'allées en pente, flanquées de maisonnettes toutes d’allure modeste et sagement rangées dans un écrin de verdure. A quelques pas de là, menacent au loin les tours et les barres de l'écrasante Place des Fêtes, qui n'a plus la chance de mériter son nom.

 

Au 32-34 rue de Mouzaïa s'ouvre la villa de Bellevue, c'est l’une des plus homogènes et des plus représentatives du quartier avec ses trente “maisons ouvrières” datant de 1890.

Un peu plus loin, dans des rues parallèles : villa de Fontenay, villa Amalia, … on retrouve les mêmes maisons ouvrières, toutes construite quasiment à l’identique.

 

Ces maisonnettes ont, en effet, une configuration commune : un jardin devant, une cour à l'arrière. Le profil pavillonnaire du lotissement est directement lié à la nature du sous-sol percé de nombreuses galeries et dont l’instabilité interdit la réalisation de grands immeubles … une chance qui en fait aujourd'hui sa singularité, son charme, et son paradoxe car le temps est désormais loin où le secteur était encore destiné aux plus défavorisés !
 

C'est qu'en effet, la Mouzaïa est devenue à la mode et ses maisonnettes rares et très tendance, s'arrachent désormais à pris d'or.

Alors "bobos de toutes" tendances, tous à la Mouzaïa !


A suivre …

 


>> Villa Emile Loubet, sur Parisperdu.

 

>> Aussi sur Parisperdu: Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre.

 

 

 

 

 

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