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PARISPERDU

bobos

A Paris, les bourgeois sont à l'Ouest, les bobos sont à l'Est.

19 Avril 2011, 08:30am

Publié par barreteau

Paris, vue vers le Nord-Est (depuis le haut de la tour-Montparnasse).



Pour qualifier l’arrivée de catégories intellectuelles plus ou moins fortunées dans les espaces populaires des centres villes, les Américains parlent de "gentryfication".
En français, il est difficile de parler d'embourgeoisement : ces habitants ne sont pas des bourgeois au sens traditionnel. Du coup, ce terme de bobo (pour bourgeois bohème) qui arrive aussi des Etats-Unis, décrit de manière assez juste la spécificité de ces habitants : de jeunes adultes en phase avec le libéralisme économique, mais qui affichent des modes de vie très différents de ceux de la bourgeoisie traditionnelle.

On est dans la famille recomposée, les droits de l'homme, l'écologie, la liberté culturelle et le vote socialiste. Et surtout, c'est essentiel, ils se reconnaissent dans les cours pavées de la Bastille, dans les lofts et les ateliers de la rue Oberkampf et, de Belleville à Ménilmontant, ils investissent les quartiers populaires de l'Est parisien.

Que faut-il comprendre de leurs motivations ?

Les bobos ont à la fois un désir de cohabiter avec ce qui reste des classes populaires, un désir d'identification avec le Paris rebelle de 1936 et de 1968. Et peut-être ont-ils aussi une culpabilité d'occuper les logements dont ont été expulsés les "prolos", les gens avec qui ils disent vouloir cohabiter.

 

Depuis la fin du XIXème siècle, les grands bourgeois vont vers l'ouest, mais ils restent toujours groupés, dans l'entre-soi. Les bobos aussi sont dans l'entre-soi, mais à l'est.

 

Un des traits des bobos, c'est le refus de l'aspect perçu comme "guindé" des quartiers de l'ouest. Le 7ème, le 16ème, Neuilly... ne conviennent pas à leur mode de vie.

Un autre trait, c'est l'affichage d'une volonté de mixité sociale. Mais c'est compliqué. Les bobos créent la mixité sociale en même temps qu'ils la font émerger comme un problème. Il y a chez eux un désir de cohabitation, d'un "résidentiellement correct" tout à fait spécifique... mais qui a ses limites. Ainsi pour s'assurer de la transmission du capital scolaire qui n'est pas garantie dans les écoles des quartiers populaires où ils résident, ils ont recours à l'enseignement privé, aux fausses adresses, ou aux dérogations …


Et même si Bertrand Delanoë, comme d'autres, met en avant la mixité sociale à travers une politique ferme de logement social, on a très envie de conclure que lorsque l'être humain peut choisir, c'est son semblable qu'il choisit.

 

Et cette mixité n'est peut-être pas gérable dans la limite des 87 km2 de la capitale ? Peut-être doit-elle s'appuyer sur un Paris plus grand ?
Vous avez dit "Grand Paris" … ?

 



>> Les bobos, sur Parisperdu.

 

>> Le Grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !


 

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Demain : tous bobos ?

7 Avril 2011, 08:53am

Publié par barreteau

En cyclo-pousse dans le Sud-est… parisien.

 

 

Paris n'est plus Paris.
Où est passée sa gouaille, celle des ouvriers, des artisans, des crieurs sur les marchés, des piliers de bar dans les petits bistrots de quartier ...?  Où sont les bus chargés de populo qui, le dimanche, allaient à la campagne, loin, très loin de Paris ... là-bas ... sur les bords de Marne ?

 

Qu'en reste-il aujourd'hui ?

Une grande partie de l'Est parisien s'est embourgeoisé pour laisser peu à peu place à des rues propres certes, mais sans âme et où il manque souvent la vie.

Il suffit de regarder les devantures, à chaque carrefour: banques, compagnies d'assurance, bureaux d'agences immobilières … ont pris la place des bistrots, des épiceries, des échoppes d'artisans … tout un monde disparu pour toujours.
 

Aujourd'hui, Paris m'exaspère et m'oppresse.

Dans le 20ème, il faut voir les boutiques "standardisées" de Jourdain et de Télégraphe, elles sont devenues identiques à celles du 16ème. Le dimanche,  les bobos et leurs poussettes "high-tech" envahissent, au plus près de chez eux …"leur" campagne et sa pseudo-Guinguette des Buttes Chaumont.

 

Ne serions nous pas tous devenus un peu "bobo sur les bords", lorsque nous nous adonnons aux us et coutumes de ce petit monde qui confond souvent "buzz" et culture ?
Alors demain … tous bobos ?




>> Le blog qui vous raconte tout sur la tribu des bobos.

 

 

 

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Avis de décès.

25 Janvier 2011, 08:57am

Publié par barreteau

 "Au Bon coin", à l'angle de la rue de la Duée et de la rue Pixérécourt, Paris 20ème


A Paris, des petits bistrots et des restaus à l'enseigne du "Bon coin", il y a en presqu'un par arrondissement.

A la jonction de la rue de la Duée et de la rue Pixérécourt, celui-ci avait beaucoup de charme car il occupait l'une de ces maisons d'angle, si caractéristiques de l'ancien village de Ménilmontant.

Jusque dans les années 90, ce "Bon coin" était un havre de paix et de convivialité. La cuisine servie ici, était familiale et copieuse, et pour quelque 7 ou 8 euros vous pouviez vraiment vous régaler. En été, prendre un verre là, sur sa mini-terrasse en légère pente, était une expérience unique. Certes l'établissement n'était pas luxueux, loin de là, mais les deux vases en fonte qui surplombaient la façade lui donnaient une petite touche "versaillaise", un supplément de grandeur ...

Puis les clients se sont fait rares dans ce coin reculé du 20ème arrondissement et un jour, le bistrot ferma définitivement ... Une pizzeria vint s'installer là quelque temps, le gérant repeignit la façade d'un rouge criard qui n'avait pas sa place ici. On se doutait bien que la Pizzeria Virginia ne ferait pas long feu ... et effectivement, elle baissa le rideau assez rapidement.

Aujourd'hui, le "Bon coin" est mort, l'avis de décès a été publié et, depuis longtemps déjà, il a abandonné ses fonctions commerciale et sociale.

Des bobos à l'affût de ce type de local ... "si authentique, si tendance", ont transformé le bistrot en une habitation atypique, le genre de logement qu'ils aiment entre tout.
Et aujourd'hui, quand je repasse dans le "coin", je ne retrouve plus rien de "bon" ...

 

>> L'éphémère Pizzeria Virginia

 

 

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Le "boal" : plus fort encore que le "bobo" !

21 Janvier 2011, 09:04am

Publié par barreteau

Le" trendy" Mama Shelter, Paris 20ème,  repaire de bobos ou de boals ?

Le "boal" ou bourgeois alternatif va-t-il supplanter le bobo ? Ce nouvel acronyme, inventé récemment par Le Figaro semble bien prendre et pourrait, à terme, éliminer le Bobo devenu trop mainstream …

Le (ou la) boal est par exemple énarque, mais écoute du punk ; a décroché tous ses tableaux pour leur substituer des photos ; interne ses enfants dans des boîtes privées élitistes, mais leur fait faire de la sophro… Bref, s'il est ultra-bourgeois, il cherche surtout à brouiller les pistes.


Pour se nourrir, le boal ne va pas manger n'importe quoi, finies les tomates excentriques, du genre Noire de Crimée ou Cornue des Andes, ressuscitées par les maraîchers branchés, il en a soupé ! Sa nouvelle tocade, ce sont les fraises anciennes dont la lignée remonte au moins à un siècle comme la Vicomtesse-Héricart-de-Tury, la grosse Madame-Moutot ou la jolie Capron-Royal, tellement goûteuses et non roturières comme ces vulgaires gariguettes que l'on trouve partout …

Pour se vêtir, le boal ne portera pas n'importe quoi, par exemple pour les chaussures, il  adoptera, le Kanken, modèle fétiche des écoliers suédois parfaitement "tradi-moderne" et totalement "hype", comme tout ce qui vient de là-bas ! Dans un registre proche, et pour faire un "total thème", il partira à la quête d’une paire de Rivieras, "revival" par une petite marque française de la chaussure à trou-trou de pépé bouliste. Elle aussi est un incontournable.A rechercher pourquoi pas chez Colette, le concept-store bien connu de la rue St Honoré …

Le (et la) boal n'ont pas les vacances de "Monsieur tout le monde"… Pour un week-end en amoureux, ils fileront à Metz, car depuis l’ouverture de la spectaculaire annexe de Beaubourg en mai dernier, c’est devenu notre Bilbao à nous, et "the place to be" en France ! On n’invente rien, c’est le New York Times qui le proclame et qui classe cette ex-ville de garnison "plan-plan" parmi les 44 destinations de l’année (juste entre Madagascar et la Tasmanie, c’est vous dire…).
Ou encore, le boal adorera découvrir les villes "autrement", à petites foulées, quand tout le monde dort encore. La tendance "jogging visite" a le vent en poupe, y compris à Paris, de préférence vers 5 heures du mat' (
www.parisrunningtour.com).

Mais le top des vacances pour le boal sera de se faire inviter à Pantelleria par des amis qui louent là-bas depuis cinq ans une petite maison néanmoins très chère ! Cette île volcanique située entre la Sicile et la Tunisie, venteuse mais sublime, est en effet le dernier refuge bohème où vivre de câpres et d’olives, loin des foules déchaînées. Évidemment, d’aucuns diront que c’est déjà trop tard… et que si l’on cherche une île perdue, celle de Teshima, dans la mer intérieure de Seto, au Japon, est mille fois plus tendance. Car c’est là que se retrouvent tous les acteurs de l’art contemporain, émoustillés par les multiples projets de musées et de festivals en cours dans l’archipel. C’est un peu loin : à quatre heures de Kyoto, mais tellement conceptuel !

Le week-end, le boal adoptera la "jardinière attitude" urbaine et totalement "ressourçante". Ainsi, il balancera des graines sur les mornes terre-pleins ou les tristes pourtours d’arbres des villes ! Celles-ci sont censées éclore en poétique plate-bande aléatoire. On en trouvera la recette sur guerilla-gardening-france.fr, le site français de ce mouvement "eco-warrior", né à Londres et qui germe maintenant à Paris, et ailleurs…

Ainsi, le "bourgeois­ bohème", né en 2000 dans la famille des nouvelles "upper classes", qui a les problèmes du bourgeois mais joue l'insouciant éhonté pourrait bien laisser la place, dans les années 2010 au "bourgeois alternatif" qui assume son étiquette de "bourge" mais s'applique à casser les codes et à brouiller les pistes … un "concept" bien plus subtil.
Décidément, le "boal", est encore plus fort que le "bobo" … !

 

 

>> Êtes-vous bobo ou boal ?

>> Les bobos, déjà sur Parisperdu…

 

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Y-a-t-il plusieurs Ménilmontant ?

6 Octobre 2010, 08:23am

Publié par barreteau

 

Ce graff découvert dans le métro, nous pousse à nous interroger.
Existerait-il plusieurs Ménilmontant(s) ?

Il y a encore peu de temps, grimper sur la colline - ainsi nommée en référence à sa situation pentue - permettait de découvrir un village unique, à l'ambiance populaire: "Ménilmuche". Mais ce Ménilmontant est en voie de raréfaction alors qu'un autre Ménilmontant connaît une extension galopante: le Ménilmontant "bourgeois-bohème".
Oui décidément, Ménilmontant(s) est pluriel!

Sur les hauts de Ménilmontant des bastions bobos se développent, comme à la cité de l’Ermitage où le fric est partout, la boboïsation omniprésente et dans la rue, les profils que l'on croise … tous uniformes.
Au cœur du XXème arrondissement, les bourgeois-bohème qui côtoient une population allogène, font semblant de trouver ça génial, mais les sourires sont crispés. Et quand le bobo est en contact forcé avec la diversité, alors comme par hasard, ses convictions humanistes s’évaporent.

J’ai un couple d’amis "super ouverts" qui vit là. En primaire leurs enfants s'ennuyaient ferme dans des classes de "sous-doués" et, … il y avait aussi quelques problèmes de violence. En 6ème, les gamins ont été placés directement dans une "école catho", et la mère, sans fioritures, de mettre en cause "les petits blacks".

Mais Ménilmontant n’est pas que bobo et, dans son ensemble, le quartier reste encore très mélangé, avec certes de plus en plus de riches mais aussi … beaucoup de pauvres ! Pour trouver les secteurs populaires, il faut aller rue de Ménilmontant, près du métro St Fargeau. Là, on voit plus de boubous que de bobos …

 Et ça …, c'est "Ménilmuche" !
 

 

>> Voir aussi dans Parisperdu : "En descendant des hauts de Ménilmontant ..."

 

 

 

 

 

 

 

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On ferme.

20 Septembre 2010, 07:07am

Publié par barreteau

 23 rue Henri Chevreau - Paris 20ème.

 
Une ville évolue au gré de l'activité économique qui s'y développe.  A Paris, comme partout ailleurs, l'activité économique connaît des fluctuations. Mais pour les commerces de quartier, si la baisse d'activité est une plaie, la non-activité est un mal encore plus profond.


Quand je vois à quoi ressemble aujourd'hui le haut de Belleville - entre Couronnes et Pyrénées - ce ne sont que commerces moribonds ou définitivement morts. Que reste-t-il ? Quelques bars plutôt sales, une ou deux boucheries qui ne marchent pas bien, des boulangeries ou plus souvent de simples dépôts de pain, une librairie-papeterie qui se meurt, quelques petits épiciers, un affreux Leader Price et des "micro-restaus" turcs qui doivent "faire" 4  ou 5 clients par jour...


Tous les quartiers de Paris ne peuvent pourtant pas ressembler au Marais, avec leurs "bobos bios" et leurs "gays branchés". On ne peut pas faire de Paris exclusivement un Musée pour bobos écolos à "poussettes 3 roues" ou "gay-ultra tendance"- sillonnant la place des Vosges et ses alentours pour consommer du "media-art-contemp".


Il faut aussi autre chose, de moins sexy peut-être, mais qui a le mérite d'exister, de créer de l'activité économique, du service, des emplois ! Il nous faut garder un tissu de petits commerçants de quartier quitte à sacrifier un peu de notre joli décor sur l'autel de l'activité économique !


Il doit y avoir une place pour tout dans une ville vivante. Sinon, c'est le formol.




>> Voir aussi sur Parisperdu: "Où sont passés les vrais gens ..."

 

 

 

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Dans la jungle de Belleville.

31 Août 2010, 10:06am

Publié par barreteau

Rue  Piat, Paris 20ème.


Chaque jour, Belleville devient un peu plus "bobo", les commerces de proximité ferment et laissent place à des cafés ou à des restaurants branchés qui, loin d'avoir une histoire, se donnent une image.

Les rues du bas-Belleville ont perdu leurs charmes, les cafés et les bars que j'aimais fréquenter sont envahis par de jeunes bourgeois qui essaient de se donner un semblant de fibre populaire mais manifestent leur étonnement à la moindre bizarrerie, pourtant tout a fait banal pour un habitant originel.


Les galeries d'art aussi envahissent le quartier, il paraît que Belleville est maintenant "à la pointe" de l'art contemporain. Les néo-galeristes viennent chercher ici "un décor" et, par pur snobisme intellectuel, pensent que s'entourer de pauvres,  de "vrais gens" comme ils disent, ça fait chic...
Bourgeois et galeristes, cherchent à faire croire qu'ils viennent ici non pas parce que les loyers sont moins chers que dans le centre de Paris et parce que le quartier devient branché, mais parce que de "vraies gens" y vivent.
Mais quels vrais gens ? Les gens du foyer Sonacotra de la rue de la Fontaine au Roi par exemple ont certainement les moyens de s'acheter de l'art contemporain... Quelle absurdité!
Moi, je déteste cette expression "les vrais gens", ou alors les bobos sont de "faux gens"?


Tous les quartiers populaires de Paris ont peu à peu disparu de la même manière, aidé par la politique de la ville qui envoie les pauvres en banlieue... où leur déportation crée les problèmes que l'on connait...
Non Belleville n'est pas un décor, c'est un quartier qui a une histoire magnifique et qui vous apprend beaucoup  de choses pour peu que vous vous montriez un peu humble....
Belleville est une ville qui a un charme incroyable pour celui qui connaît son Histoire faite de migrations, de résistance, de fierté ... autant de valeurs  qu'il ne faudrait pas perdre.

Belleville est une jungle que bobos, galeristes et consorts veulent transformer en zoo.

S'ils réussissent dans leur entreprise, il en sera fini de Belleville ... en tout cas, du Belleville que j'aime.

 

>> Déjà sur Parisperdu : "Belleville, la belle ville des bobos"

 

 

 

 

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Tendance Oberkampf.

14 Avril 2010, 08:34am

Publié par barreteau

96 rue Oberkampf - 75011 Paris

 

Dans la journée, avec son décor dans le style "authen-toc", "Chez Justine" pourrait vaguement faire penser à une paisible auberge, non loin de la quasi-campagne du Père Lachaise. Mais lorsque commence la soirée, l'établissement prend un tout autre visage : la musique devient alors omniprésente, propulsée par 16 enceintes et pilotée par un DJ, fidèle à son poste ... tous les soirs.


En fait, "Chez Justine" est un bar comme il en existe des dizaines dans ce quartier jeune, branché où vous avez l'embarras du choix entre les endroits surpeuplés, tendance artistes et bobos, les bars branchés techno ou jungle avec décor en matériaux de récup' et tout un panel d'établissements aux ambiances dites "lounge", … et j'en passe.

 

Pour les riverains, dire qu'il y a des nuisances nocturnes à Oberkampf, est un doux euphémisme ! Ces riverains qui prétendent vouloir dormir la nuit, refuseraient donc le pittoresque parisien... ? 

 

Pour vous faire un avis objectif, allez donc faire un tour, la nuit, dans le quartier Oberkampf.
Tout d'abord, vous constatez que cette multitude de cafés sont si petits que la moitié des consommateurs sont sur le trottoir. Pire, à croire qu'il n'y a pas de toilettes dans ces établissements, tant il faut voir nos jeunes, accroupies pour les unes, debout pour les autres en train de se soulager entre les voitures  !!

Et, que penser aussi de ces "binge drinking", ces bitures express parfois au bord du coma éthylique, qui sont couramment pratiquées ici ?
Pas pittoresque non plus les altercations, les beugleries, les cris dans la nuit, … ?

 

A croire que les riverains, qui de plus en plus s'associent pour se défendre, trouvent tout cela plus pathétique que pittoresque !

 

 

 

>> Voir aussi "Paris by-night" ou Paris est-elle la capitale de l'ennui?

 

 

 

 

 

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La villa Faucheur.

30 Septembre 2009, 09:26am

Publié par barreteau

Une impasse sécurisée de la villa Faucheur – Paris 20ème – octobre 2005

 

C'est un lieu un peu spécial, car ici, de tout temps, une certaine agitation a toujours régné.


Historiquement, la villa Faucheur était une villa de petits artisans, avec son atelier-vedette, celui du céramiste Le Tallec. Créé en 1905, il y resta jusqu'en 1978. Il y avait également là beaucoup de logements modestes, comme dans tous les quartiers ouvriers de l’est parisien.

En 1978, la villa Faucheur est restructurée et réaménagée afin d'implanter des foyers de la Sonacotra pour les travailleurs migrants. Une école primaire y sera également ouverte.


Dans les années 80, plusieurs squats, d’une trentaine d’habitants chacun, s'établissent Villa Faucheur. Tous sont "gérés" par le Mouvement Autonome qui se définit comme un organe en lutte pour l’autonomie du prolétariat, un mouvement classé à gauche de l'extrême gauche. On assiste alors, quotidiennement, à de violents affrontements entre résidents et squatters. Finalement, les squats seront purgés et les Autonomes quitteront le quartier.


Le secteur va par la suite abriter une population immigrée de plus en plus importante, surtout d'origine africaine, ainsi qu'une forte proportion de ménages en situation précaire. Les conditions de logements dans la Villa restent inégales : une moitié du bâti est relativement récent alors que l’autre moitié, datant d’avant 1948, est souvent fortement dégradé.

Un esprit de cité, de territoire s'installe ici, comme dans les banlieues. La cité "Piat-Faucheur-Envierges" est ce qu'on appelle "un quartier difficile". Elle héberge environ 3000 habitants et l'essentiel des 82 nationalités recensées sur le quartier de Belleville. La cité a même été pendant quelque temps classée en zone urbaine sensible (ZUS). Elle n'a pas bonne réputation dans le "quart Est" de Paris. On déconseille aux nouveaux arrivants de s'y installer. C'est une cité stigmatisée et "stigmatisante". Des trafics en tous genres se déroulent, en permanence, sous le haut porche de la Villa, ils sont souvent suivis de bagarres et de règlements de comptes.

Nouveaux migrants des années 2000, les "bobos" investissent à leur tour ce quartier du 20ème arrondissement. Aussi, retrouve-t-on aujourd'hui nombre de bourgeois-bohèmes, dans ce labyrinthe de rues tortueuses qu'est la Villa Faucheur. Là, enfermés à l'abri des regards, barricadés derrière des grilles, les bobos goutent au charme "un peu spécial" de ce quartier "ultra-tendance" …



>> L'Atelier du céramiste Le Tallec.

>> Le Mouvement Autonome.

>> Némo à la Villa Faucheur.


Voir aussi sur Parisperdu :

>> "Malaise à Belleville".

>> "Belleville : de la déliquescence à la délinquance ... "

>> "C'est déjà ça …"

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le garage de l'Equerre.

22 Janvier 2009, 09:44am

Publié par barreteau


A Paris, dans le 19ème arrondissement, la destinée du garage de l'Equerre est tout à fait révélatrice de l'évolution du quartier.
Suivons donc son parcours.

En 1930, au 7-9 de la rue de l'Equerre, s'implante un garage. Avec son fier fronton gravé, il se présente alors comme un temple de la "modernité automobile".

Dans les années 1980, les asiatiques sont de plus en plus présents à Belleville et s'impliquent fortement dans l'économie locale aussi, il ne faut pas être étonné de voir le mécanicien vietnamien Nguyen Van
Trieu, fraichement arrivé à Paris, reprendre l'activité du garage de l'Equerre.

Mais dès la fin des années 90, les promoteurs immobiliers sont - partout à Paris - à la recherche de bonnes affaires et, les vieux garages de quartier sont des cibles de choix car ils offrent de grandes surfaces et de beaux volumes.

Un projet immobilier est alors conçu par l'Agence XLGD et Associés, pour l'édification de logements au-dessus du garage, sur quatre niveaux. Le permis de construire ne sera finalement pas accordé.

Puis, au début des années 2000, les bobos arrivent en nombre dans les quartiers Est de la capitale. On le sait, le bobo est friand de culture; il va donc falloir lui en fournir dans un secteur qui en manque cruellement ... La Cosmic Galerie va définitivement remplacer le Garage de l'Equerre ... on conservera, bien sûr, son fier fronton gravé, car cela fait "authentique" et "l'authentique" plait aux bobos.


Ainsi, à Paris comme ailleurs en France, les garages comme bien d'autres bâtiments industriels sont souvent recyclés "culturellement". Cela nous montre bien que nous ne fabriquons et ne produisons plus grand-chose ... et avec tous ces bâtiments vides d'activités, c'est sûr que l'on va avoir le temps de se cultiver ... au chômage.


>> Cosmic Galerie

>> Le projet immobilier de l'Agence XLGD et Associés.

>> "Bobo Attitude" ou "Les Bobos sur Parisperdu". 




 

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Bobo attitude.

4 Novembre 2008, 14:28pm

Publié par barreteau




Dans certains quartiers de l'Est de la capitale, nous sommes désormais à "Boboland", et là, on ne manque pas d'argent: on a de l'argent, beaucoup d'argent ... Mais finalement, on s'y ennuie aussi beaucoup car c'est bien connu, si l'argent ne fait pas le bonheur, il ne réussi surtout pas à remplir le vide laissé par une certaine perte des valeurs, des idéaux, voire des utopies ...

A Boboland, on recherche avant tout "l'Authenticité", mais c'est une authenticité souvent frelatée, un peu comme la réalité lorsqu'elle est vue par un créatif de pub ! De surcroît, les bobos oublient que leur quête éperdue d'authenticité les conduisent souvent à détruire "la vraie" authenticité.
C'est le cas, lorsqu'ils essaient de se créer leurs endroits, leurs coins agréables, ... comme ces genres de cafés dits "bios" ou ces restaurants où l'on fait du "fooding" en substitution à la cuisine traditionnelle ... qui elle est authentique. A Boboland, on essaye de vivre sainement, ... mais finalement là encore ... ce n'est qu'une attitude!

Ah, l'attitude, c'est l'essentiel pour le "bobo", c'est elle ... encore et toujours qui compte le plus, ... la vérité des opinions ou la sincérité sont souvent secondaires. De toute façon peu importe, car pour la tribu des "bourgeois bohèmes": le bobo c'est toujours l'autre ...

Un passage de la Bande Dessinée "Bienvenue à Boboland" de Dupuy et Berberian est - à ce titre - révélateur de la vision qu'ont les bobos de la "vraie vie".
Je vous résume la chose: une écervelée laisse traîner sur un banc un livre d'Anna Gavalda (parfaite auteur bobo, qui parle "de ces petites choses qui sonnent tellement vrai"), ... pour faire du "book-crossing", de l'échange gratuit de livres, mais elle est stupéfaite quand elle voit un éboueur ramasser le bouquin et le flanquer à la poubelle ... au lieu de s'en extasier.
N'est-ce pas là une parfaite illustration de la "bobo attitude" ?


>> Vous avez dit "book-crossing" ?

>> La bande dessinée "Bienvenue à Boboland" © Dupuy / Berbérian ; Editeur Fluide Glacial-Audie - mai 2008.


° Déjà parus dans Parisperdu :

>> "Où sont passés les vrais gens ?"

>> Belleville, la belle ville des bobos.

>> Malaise à Belleville. 

>> Bienvenue à Boboland.




 

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Paris ... à dimension humaine.

15 Juin 2008, 09:14am

Publié par barreteau


Passage des Deux portes - Paris 20ème.

Paris peut paraître écrasant ... mais il existe tout un pan de la capitale plus léger, moins solennel ...
Il s'agit de toute la partie Est, un territoire qui courre de la place de la Bastille jusqu'à la Villette. Ici, d'anciens quartiers populaires sont devenus des quartiers jeunes, conviviaux ... où maintenant, gens branchés et néo-bourgeois résident ...


Il faut s'essayer à se perdre dans ses rues, dans ses ruelles ... et ne pas craindre de tenter cette expérience toujours enrichissante : prendre le métro, en sortir au hasard et retrouver son chemin parmi les zones piétonnes, les petits cafés, les jardins collectifs où poussent tomates et patates... ici, effet, on est bien loin des quartiers de prestige, on est souvent loin de tout ...

Vous allez alors parcourir un Paris à dimension humaine, et vous serez un peu comme dans une ville tranquille de province. Vous pourrez aussi découvrir le plus grand espace vert de Paris, un "site touristique" original : le cimetière du Père Lachaise .... Puis, près du canal St Martin ou près du bassin de la Villette, vous pourrez vous asseoir, un verre à la main, et même y pique-niquer aux beaux jours ...

C'est là un Paris très vivant, beaucoup plus accessible que celui des "beaux quartiers" des bords de Seine; plus romantique aussi, et trop souvent ignoré des touristes ... et là, tout le monde peut trouver sa place.


>>  La dimension humaine : Humanité, conscience, et complexité de la société. Deux journées avec Edgar Morin.

 

 

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Des villages dans la ville

23 Avril 2008, 10:11am

Publié par barreteau


Villa de l'Ermitage - Paris 20ème

Dans les années 20, les voies privées (dénommées villa) - souvent en impasse et bordées de petites maisons individuelles - se généralisent dans Paris ... et aujourd'hui, ces villas parisiennes sont comme des "villages dans la ville".

Bien au calme dans ces havres de paix, leurs habitants sont à la fois "dans la ville" et "hors de la ville". Loin de l'agitation d'un "monde motorisé", ils peuvent ainsi accéder à quelque chose qui n'a plus de prix dans nos métropoles modernes : le silence.

Mais ne soyons pas sont dupes, toutes les villas ne se valent pas.
Passer d'une villa du 16ème arrondissement à une villa du 19ème ou du 20ème, ce serait comme quitter un grand banquier pour aller à la rencontre d'un cadre sans fortune ...

Car, en effet, les cadres moyens et les professions intellectuelles n'ont que les moyens d'une résidence dans les quartiers populaires de Paris ... Et s'ils veulent gouter à ces fameuses villas, ils devront "faire de nécessité vertu" et trouver un charme secret à une cohabitation inévitable au sein de ces arrondissements populaires.

Pas étonnant que les bobos, grands chantres de la mixité sociale, se ruent sur les villas de l'Est parisien ...



D'autres villas parisiennes dans Parisperdu:

>> Villa Hardy - Paris 20ème

>> Villa Riberolle - Paris 20ème

>> Villa de l'Adour - Paris 19ème

>> Villa du Danube - Paris 19ème

>> Villa des Tulipes - Paris 18ème
 
 
 

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Où sont passés les vrais gens ... ?

11 Mars 2008, 09:27am

Publié par barreteau


Le Piston Pélican - 15, Rue de Bagnolet, Paris 20ème :
Un
bar mi-tendance mi-classique.

Vingt ans après New-York, et dans le sillage de Londres, Paris n'en finit plus de redistribuer son espace, sa beauté ...
Pour voir de vrais gens, il faut maintenant aller rue Riquet, dans le 19ème ou dans quelques arrières cours, devenues rares, du 20ème.

A Paris, trouver de vrais gens est quelque chose de plus en plus difficile ...
Car le défaut majeur des empires et de leurs capitales est de rejeter toujours plus loin leurs forces vives. Elles sont finalement bannies des lieux, mises à l'écart ...
Les librairies, les bistrots n'en finissent plus d'être dévorées par les cafés high-tech et les boutiques de fast-food. Les ateliers d'artisans, les petits commerces ferment ... et leurs immeubles sont découpés en morceaux pour y installer des banques ou des lofts pour les néo-bobos.
Les jeunes bobos en kaki ont besoin de tranquillité. Pantalons troués et scooter certes, mais bonnes écoles et hauteur sous plafond pour mieux vivre.

Que de quartiers perdus, on étouffe dans cette nouvelle cité. Alors, on peut toujours envoyer les enfants à la campagne. Mais la campagne recule. De ce Paris perdu, qu'il nous est parfois possible de retrouver sur les images de Willy Ronis ou de Robert Doisneau ... il ne reste presque plus rien.
On pouvait pourtant y rencontrer de vrais gens qui vivaient petitement mais qui avait un cœur énorme. Pour eux pas de "méga-teuf" où il "faut être vu" pour pouvoir croire exister encore un peu  ... mais des fêtes bon enfant, des bals dans la rue, comme aux soirs des 14 juillet ...


Mais c'était au temps d'avant la victoire des marchands.


>> Sur Parisperdu : "Belleville, la belle ville de bobos".


>> Sur Parisperdu : "Bienvenue à Boboland".



  

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Malaise à Belleville (2/2)

12 Décembre 2007, 09:55am

Publié par barreteau

Villa Hardy - Paris 20ème.

Dans le haut-Belleville, maisonnettes et petites épiceries ne sont pas rares, il y a aussi des ateliers d'artistes et un restaurant-musette qui figure dans les guides japonais ... ici, c'est encore le vieux Paris.

Depuis quelques années, les bobos arrivent en masse, vers les sources foncières de l'Est de la capitale où
l'immobilier est encore (un peu) moins cher. Ils chassent ainsi, un peu plus chaque jour, ouvriers, petits employés, vieux et jeunes sans le sou et autres artistes ... vers la première, la seconde, la troisième couronne... et la substitution des populations s'opère à un rythme soutenu.

Mais ici, il y a aussi une cité en béton, une grande, une vraie de 650 logements, dénommée "Piat-Faucheur-Envierges", enfermée derrière des grilles, dans un labyrinthe de rues tortueuses, à l'abri du regard.

Alors, c'est chacun sur sa planète, avec sa bonne foi, ses dogmes et ses langues...
Au conseil de quartier, beaucoup regrettent que les bobos n'aient pas fait un «petit effort» pour s'adapter aux «réalités» du cru.
S'adapter ou ne pas s'adapter, c'est la question qui tue. Qu'on le déplore ou non, les jeunes du haut Belleville n'ont pas le même décodeur mental que les nouveaux arrivants.


La pression foncière est une réalité qui s'impose ici avec brutalité. Rue des Envierges, la «mauvaise réputation» n'empêche pas les prix d'atteindre 6 à 7 000 euros le mètre carré ! Résultat : un titi du quartier ne peut pas se loger sur place, sauf à rester habiter à perpétuité chez ses parents, dans le HLM familial.

Reste que le conflit de classes n'explique pas tout. Lorsqu'en été des bandes de gamins - hauts comme trois pommes - caillassent les promeneurs du parc de Belleville, la rancœur sociale cède la place à une hostilité beaucoup plus primaire.

C'est bien plus qu'une confrontation "bobos-prolos" qui se joue. Ce sont deux mondes qui se superposent sur le même espace avec des règles parfaitement antagoniques. L'univers de la ville, où l'anonymat garantit la liberté de chacun, côtoie le monde de la cité, avec son omerta, son système d'entraides entre "frères", et où tout le monde se connaît. Pour avoir la paix ici, il faut connaître tout les gens du quartier, ... même ceux qui sont morts ou ... qui sont en prison !
Gare en revanche aux nouveaux venus, surtout quand ils se confrontent frontalement aux valeurs du quartier. Ainsi, des patrons de bars branchés sont arrivés la fleur au fusil ! Savent-ils vraiment où ils sont ...  ? "On n'a pas pensé qu'on pouvait avoir des ennuis." avouent-ils.

Alors, rupture ?

Pas forcément. Des passerelles et des échappatoires existent. Parler de relégation sociale n'a pas grand sens quand on est à cinq minutes du métro et au cœur d'un marché de l'emploi gigantesque. Vivre à Belleville n'est pas une punition. Et tous les enfants de la cité, loin s'en faut, ne sont pas dans la conflictualité. Certains tirent même partie des évolutions en cours. De jeunes patrons de bars kabyles ont su ainsi métamorphoser les vieux tripots communautaires de leurs pères pour les adapter au goût des branchés. De l'autre côté, tous les bobos ne vivent pas nécessairement en parias et certains sont très ouverts sur les diverses communautés de Belleville.
La persistance du malaise n'est donc pas si sûre ...


>> Voir aussi : Malaise à Belleville (1/2)

 

>> L'affaire des caricatures de Belleville.

 

 

 

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