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PARISPERDU

Tourisme ethnique.

27 Septembre 2013, 11:29am

Publié par barreteau

La rue Dejean, dans le quartier de la Goutte-d'Or (Paris-18ème arrondissement)

Le trek "ethnique" en zone urbaine constitue un marché encore embryonnaire mais en pleine expansion. A Paris, des tours-opérateurs spécialisés vendent, depuis déjà une dizaine d'années, des "city-randos". Ils accueillent une clientèle de citadins curieux ou en quête de dépaysement, et même … des comités d'entreprises venus de province pour le week-end.

Le "tour" le plus demandé est le "City trek-Afric'à Paris" qui sillonne la Goutte-d'Or, le quartier africain de Paris. Ses dix à douze promeneurs et leurs deux guides-accompagnateurs pénètrent chez les disquaires, les marchands de légumes … avant de découvrir l'univers des vendeurs de cheveux et ensuite, de déjeuner autour d'un poulet yassa.

Mais, parcourir les rues de sa propre ville, même accompagné d'un guide, l'appareil photo à portée de main, peut poser des problèmes. Car souvent, les Africains du "cru" ressentent comme un malaise face à cette dizaine de touristes blancs observant avec curiosité leurs mœurs. Devant certains commerces, où des femmes blanches se font photographier en tenue quelque peu débraillée, le ton monte parfois et l'on demande vertement à ces groupes de "touristes" d'aller voir ailleurs.
J'ai déjà assisté à des scènes du même genre, quelque part, … mais c'était à Khartoum au Soudan ...



>> Le City Trek - Afric'à Paris.

 

 

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De Paris à Rennes-le-Château.

23 Septembre 2013, 12:45pm

Publié par barreteau

Rennes-Le-Château (Aude): chapelle privée de l'abbé Bérenger Saunière

J'étais récemment à Rennes-le-Château.
Perché sur un oppidum qui domine un paysage grandiose, le lieu ne peut laisser personne indifférent. Dans le petit bourg qui vit au rythme parfois frénétique de visiteurs venant, tous les ans, par centaines de milliers, on sent bien qu'ici, il s'est passé quelque chose.

Mais que vient-on donc voir ici ?

Une église richement décorée, une tour néo-classique, le vieux château de Rennes toujours debout … et ce serait donc tout ? Non, il y a beaucoup plus, il y a quelque chose d'assez indéfinissable : une atmosphère nimbée de mystères … oui de beaucoup de mystères !

Parmi ces mystères, il y a celui-ci : comment a-t-on pu, par exemple, lier Rennes-le-Château et l'Eglise Saint-Sulpice à Paris?
Tout simplement parce que Gérard de Sède, l'auteur de "L'Or de Rennes ou la vie insolite de Bérenger Saunière curé de Rennes-le-Château",  prétend que Bérenger Saunière est venu à Paris, précisément à l'église Saint-Sulpice, pour faire traduire les fameux parchemins qu'il aurait découverts au cours des travaux dans son église.

Or, rien ne permet d'affirmer ou infirmer que le fameux curé de Rennes-le-Château se soit réellement rendu
  ou non à Paris.
On peut donc être circonspect sur cette hypothèse qui ne repose en effet sur aucun fait réel.

Et pourtant ... le "Da Vinci Code", le best seller mondial de Dan Brown enfourche cette idée, … même si l'auteur ne cite pas une seule fois le nom de Rennes-le-Château dans son roman, de nombreux éléments attirent immédiatement l’œil des connaisseurs de l'affaire.

Alors, Dan Brown se serait-il inspiré du mystère de Rennes-le-Château pour écrire son roman ?  Vu les nombreux points de ressemblance entre les deux histoires, le doute n'est plus permis. Toutefois, je vous laisse  juge.

Mais pour cela, après avoir arpenté l'église Saint-Sulpice et ses nobreuses chapelles, il vous faudra, tout comme moi, vous rendre dans ce petit village perdu au cœur de la haute vallée de l'Aude !


>> Voir aussi : " Saint-Sulpice entretien le mystère"

 

 

 

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Passage Rauch.

19 Septembre 2013, 09:15am

Publié par barreteau


Le 11ème arrondissement est riche en passages, en petites rues plus ou moins larges, elles-mêmes débouchant sur d'autres passages … un réseau qui semble sans fin.

Venant de l'interminable passage Charles Dallery et, avant son prolongement vers le passage de la Main d'or, vous pouvez - sur votre gauche - vous engager dans le passage Rauch.


Là, dès l'entrée, c'est toute une ménagerie qui vous accueille. Des animaux surgissent des arcades en trompe-l'œil qui surplombent les portes et fenêtres d'un bâtiment.
C'est un véritable zoo qui est représenté ici : dromadaire, panthère, gorille, ours ... et durant un instant, l'on pourrait penser que les animaux peints au-dessus des ouvertures sont réellement présents derrière les grilles de celles-ci ... ?

Cette façade, a été réalisée en 1990, par Léonor Rieti. Il faut dire que cette artiste ne s'adonne pas au trompe-l’œil par hasard car elle travaille de longue date en collaboration avec son père Fabio Rieti, l'un des pionniers du mur peint et qui a réalisé à Paris, en 1975, le célèbre "Piéton des Halles".

La décoration des murs de la capitale serait donc une affaire de famille …


>> Site officiel des artistes Rieti.

>> Voir aussi : "Piéton de Paris".

 

 

 

 

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Dans un entrelacs de ruelles, de cours et d'arrière-cours ...

15 Septembre 2013, 11:58am

Publié par barreteau

Villa Castel -  Paris 20ème - juin 1994

Entre la rue de Ménilmontant et la rue de Belleville, sur les collines et leurs versants, se déploient tout un entrelacs de ruelles, d'impasses, de cours et d'arrière-cours, de venelles, de jardins, de tonnelles … comme autant d'oasis où une vie simple et rude a affiché, pendant longtemps, sa pauvreté et sa solidarité.

Si de l'esprit des rues arpentées par Willy Ronis, dans les années 50-60, il ne reste plus grand-chose, le promeneur attentif pourra toutefois, dans ces quartiers, retrouver quelques parcelles de ces mythiques "villages".

Ainsi, sur le belvédère de la rue Piat, l'agitation de la capitale haussmannienne semble bien lointaine. Le lieu, conserve une réelle magie même si, en contrebas, le parc a fait disparaître le lacis de petites rues, de passages et d'escaliers : Vilin, Pali-Kao, Julien Lacroix ... et pourtant, le vrai Belleville était là !


Sur le plateau, parcourez les rues des Envierges, du Transvaal, ainsi que le confidentiel passage Plantin et surtout la discrète Villa Castel où rodent encore les fantômes de "Jules et Jim".
De là, gagnez les rues décrivant les courbes de niveaux de la colline : rue de Savies, des Cascades, de l'Ermitage, du Retrait ...

A la belle saison, flâner dans ces rues est un vrai plaisir tant la paix et la sérénité sont ici omniprésentes.

 

>> La Villa Castel, déjà sur Parisperdu.

 

 

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Sur la trace des domiciles parisiens de Willy Ronis.

11 Septembre 2013, 10:09am

Publié par barreteau

Sur la trace des domiciles parisiens de Willy Ronis.


Grâce au formidable travail de biographe effectué par Françoise Denoyelle, dont nous avons déjà parlé ici, il est désormais possible de localiser précisément les différents domiciles parisiens du grand photographe.

C'est au cœur de la cité Condorcet, dans le 9ème arrondissement, que Willy passe sa prime jeunesse et son adolescence. Puis jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale, il réside boulevard Richard Lenoir dans le 11ème.


Ensuite, direction le 15ème arrondissement, passage des Charbonniers, où il vécut jusqu'à la fin des années 50 avec Marie-Anne qu'il avait épousée en 1946.

En 1958, les Ronis achètent une résidence secondaire à Gordes dans le Vaucluse. Et au début des années 60, nouveau déménagement dans le 15ème: au 9, puis au 11 de la rue Brague.

Puis, entre  1972 à 1983, pour des raisons financières, les Ronis quittent Paris pour Gordes puis pour l'Isle-sur-la-Sorgue, avant de revenir à Paris, rue Beccaria dans le 12ème.

Enfin, pour les 20 dernières années de sa vie de 1989 à 2009, le domicile de Willy Ronis sera le 46 de la rue de Lagny, entre Belleville et Ménilmontant, dans ce 20ème arrondissement qu'il a tant photographié …

Willy Ronis nous a "tiré sa révérence" le 12 septembre 2009. Il avait 99 ans.
Ses cendres, en provenance du crématorium du Père Lachaise, seront dispersées dans le parc de la Maison de Retraite des Artistes de Nogent-sur-Marne … pour rejoindre celles de Marie-Anne.



>> Retour rue de Lagny.

 

 

 

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Jardin naturel.

7 Septembre 2013, 09:31am

Publié par barreteau

 "Jardin naturel" de la rue de Lesseps _ Paris 20ème

Le XXe arrondissement est gorgé d'espaces verts et de parcs en tout genre.
L'un d'entre-eux vient d'être labellisé "Espaces verts écologiques". Il s'agit du "Jardin naturel" de la rue de Lesseps. Un espace de 6 300 m2 qui a la particularité d'abriter les plantes les plus communes, les herbes, les arbustes et les arbres de notre région, … une flore indigène donc !

Mais décidément ce jardin parisien n'est pas comme les autres.
Dès l'entrée, vous avez l'impression d'être en pleine forêt. Au centre du site, une large allée ponctuée de fontaines se perd dans un bois ombragé et là, loin du tumulte de la rue, seul le chant des oiseaux est perceptible.

Puis un escalier en pierre conduit à la promenade qu'on appelle "haute" et à une terrasse ensoleillée qui offre une vue panoramique sur le jardin labellisé.
Avec les beaux jours enfin retrouvés, voilà une destination à ne pas manquer.
Détente assurée !



>> Autres jardins sur Parisperdu.

>> En savoir plus sur les "Espaces verts écologiques".

 

 

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Massacre à Austerlitz !

3 Septembre 2013, 09:22am

Publié par barreteau


Le buffet de la gare de Paris-Austerlitz était en sursis depuis vingt ans. Les associations de quartier ont bataillé pour le sauver en tentant de faire échouer le projet de démolition de la Sémapa (Société d'économie mixte d'aménagement de Paris-Rive-Gauche) et de la SNCF.
En vain.

Son arrêt de mort était déjà signé depuis cinq ans, et aujourd'hui, on a démoli un bâtiment qui était un lieu de convivialité, pour créer une esplanade surplombant une cour livrée aux taxis.

Le restaurant Le Grenadier (en hommage à la bataille d'Austerlitz), situé au premier étage a donc été démoli, ainsi que la buvette du rez-de-chaussée. En attendant l'arrivée du TGV (sans doute pas avant 2020), il n'y a plus actuellement aucun vrai restaurant dans la gare !

Bien sûr le maire du 13ème arrondissement, par ailleurs président de la Sémapa, aura beau affirmer que "le buffet de la gare n'avait pas de valeur patrimoniale".
A voir.

Mais pour l'aménageur, le buffet avait surtout l'énorme inconvénient de barrer le débouché de l'avenue Pierre-Mendès-France qui désormais pourra affirmer plus encore son statut de quasi-autoroute urbaine.

Quant à la SNCF, elle démontre ici encore qu'elle n'a aucune vision urbaine. Son seul objectif est de faire circuler les trains et d'installer un centre commercial dans les étages supérieurs de la gare.

Il est en effet regrettable d'avoir choisi un projet qui détruit cette partie de la gare, un lieu fortement chargé d'histoires et d'émotions. Des murs pleins de souvenirs: ceux des séparations, des retrouvailles, de la joie des départs en vacances, de rencontres devant une tasse de café …

Et l'on ne me fera pas croire qu'il n'était pas possible d'élaborer un projet conciliant le neuf et l'ancien ... comme on le fait tout naturellement dans les métropoles anglo-saxonnes.

Mais décidément à Paris, massacrer le néo-classique à la française pour faire du fonctionnel plutôt moche est devenu très tendance !



>> La vaine lutte des associations de quartier.

>> La page Facebook de "La gare d'Austerlitz en mutation".

 

 

 

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Roupidère, un village récemment redécouvert.

30 Août 2013, 09:49am

Publié par barreteau


Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies" , Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris. Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie.
Dans le sud de la France, après Perillos, un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; après Comes un village abandonné suite aux terribles périodes de sécheresse des années 20; après Flassa, un autre village abandonné qui gît, posé sur la pente ... dans un paysage magnifique... et aussi après En qui a connu un abandon progressif … Parisperdu a visité le village de Roupidère… un village oublié puis récemment redécouvert.
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.


C'est au kilomètre 22 que l'on prend la piste qui s'engage sur le plateau granitique. Il faut ensuite trouver cet étroit sentier sur lequel maintenant Georges avance d'un pas décidé.

Nous ne pouvions avoir de meilleur guide que Georges, édile du village d'en-bas. Car là-haut, sur le plateau de Roupidère, en quête du village abandonné, aucune indication ne permet de trouver l'ancien lieu de vie.

Roupidère, dont le nom est dérivé du latin "rupes" (rochers), est également appelé "Ropidère" ou "Les Cases". Le lieu ne comporte que quelques habitations ruinées que l'on ne savait plus précisément situer au sein de l'épaisse garrigue qui couvre le plateau. Jusqu'à ce jour d'août 2005 où un gigantesque incendie a permis de mettre à jour le village.

Au Moyen-âge, les maisons et leur église constituent un village assez important car il existe à Roupidère un village d'amont et un village d'aval, avec donc une rue haute et une rue basse. Roupidère continuera d'exister ainsi jusqu'au XVIe siècle.

Mais, dès les années 1370/1380, le village est menacé par les pillards, issus des Grandes Compagnies de Du Guesclin, qui sèment la terreur dans toute la région.
Avec l'arrivée des pillards, beaucoup d'habitants de Roupidère se refugièrent à Rodès, sous la protection de son imposant château.

Vers 1550 la population de Roupidère n'est plus que d'une dizaine de personnes, la mort du village est proche. La peste noire finira de l'achever quelques années plus tard.
Puis, pendant des siècles, on oubliera même son nom !  On l'appellera de façon très anonyme "Les Cases", signifiant ainsi qu'en ce lieu il y a des maisons.

Aujourd'hui, du village, il nous reste les vestiges de ses habitations détruites depuis bien longtemps. Son église dédiée à Saint Félix (Sant Feliu) est éventrée de toutes parts mais son abside semi-circulaire est encore bien visible. Seuls s'élèvent fièrement, les restes d'une tour de défense accolée à la partie orientale de l'église.

Tout autour, le panorama est somptueux, extraordinaire … avec le Canigou en toile de fond. C'est dans cet environnement grandiose que Georges nous contera la vie de labeur de ses anciens sur cette terre isolée. Et si Georges a tout d'un historien érudit, il est aussi poète à ses heures. L'ode à l'amour du Canigou, qu'il a composée en est un témoignage vibrant. 

Et là, adossé à l'église de Roupidère, face au mythique sommet catalan, nulle part ailleurs qu'en cet endroit, les vers du poème de Georges n'auraient pu sonner aussi juste …


>> Au kilomètre 22, le 22 août 2005 …

>> Église Saint-Félix de Roupidère …

>> Georges, adossé à l'église de Roupidère, lit son ode au Canigou …

 

 

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Feu "Le Marinier".

26 Août 2013, 09:44am

Publié par barreteau

Le Marinier _ 53 quai Panhard & Levassor Paris 13ème (1997) 

Avant la restructuration brutale du quartier Paris Rive Gauche, il y avait sur la totalité de la longueur du quai Panhard & Levassor toute une vie de petits labeurs, coincée entre la Seine et les voies de chemin de fer.

Le populo, les mariniers, les dockers se mêlaient aux livreurs de la Sernam dans les nombreux bistrots qui faisaient face au fleuve. Souvent ils avaient des noms en rapport avec les activités portuaires du lieu: le bar de la Marine, le Marinier, le Navy …

Tous ont disparu quand la spéculation immobilière a décidé d'investir dans le quartier - ou plutôt d'investir le quartier. Tous ont été rasés pour faire place nette aux froids immeubles de verre et de béton qui désormais accueillent de nouvelles enseignes qui ne font plus rêver : Mezzo di Pasta, Sushi Massena, Bio Art …

Le midi, ce n'est pas le populo qui se presse au comptoir de ces modernes bistrots, mis à part quelques rares étudiants de Paris Diderot, ce sont surtout des cadres de Bercy et de la BNP ParisBas. La carte est un brin prétentieuse, les prix plutôt délirants.

Et l'on ne peut qu'être triste en songeant qu'il y avait là des resto-bars "cradingues", mais tout à fait authentiques. Bourguignon le lundi, Parmentier le mardi, Blanquette de veau le mercredi, Couscous le jeudi, Brandade le vendredi … c'était immuable, et à des prix en francs qui n'ont plus cours aujourd'hui (ni les prix, ni les francs !) … pichet de côte du Rhône compris …
Feu "le Mariner " vous souhaite un bon appétit !


>> Voir aussi : "Au bar de la Marine".

>> "The place to see before you die".

 

 

 

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Orfila et Villers de l'Isle d'Adam.

27 Juillet 2013, 11:30am

Publié par barreteau

A la hauteur du 40, rue Orfila Paris 20ème (mai 2009)

Je navigue au hasard entre les rues Orfila et Villers de l'Isle d'Adam. On pourrait croire que ces deux rues rivalisent entre-elles, alors qu'elles coopèrent secrètement dans l'intervalle étroit qui les sépare, où elles complotent à leur aise par un dédale de cours et de jardins cachant des maisonnettes.

Comment le sait-on ? En appuyant à tout hasard sur les boutons de ces digicodes qui ont transformé en coffres-forts jusqu'aux logements les plus déshérités de la capitale. Un oubli, une négligence ou un dysfonctionnement quelconque vous ouvre alors parfois un passage sur l'étendue de toute une arrière-ville.


# Egalement du côté de la rue Villers de l'Isle d'Adam:

 >> Un autre monde.

 >>"On dirait le sud"

 

 

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L'autre bout du monde.

23 Juillet 2013, 09:05am

Publié par barreteau

Rue Westermann Paris 20ème

"Aller au bout du monde …", cela peut sembler être le propre des grands voyageurs, des aventuriers, de ceux qui veulent aller toujours plus loin …

Mais il y a des limites que sont ces pointes de terre ou de roches qui s'avancent en mer, ces caps mythifiés par les marins: le Horn, Bonne-Espérance, Leeuwin … ou plus près de nous le cap Sizun, au pays de la pointe du Raz et de l'île de Sein, dans le bien nommé Finistère, en latin "finibus terræ": la fin de la terre. Au-delà, il n'y aurait plus rien.

Mais est-il nécessaire d'aller si loin pour trouver le bout du monde ?
Tout comme les philosophes du siècle des lumières qui avaient leurs "déserts" tout près de chez eux, j'ai rencontré "un autre bout du monde", ici à Paris, tout près de chez moi …


C'est un endroit retiré, comme un enclos, qui se tient à l’écart de la ville, à l'écart du monde ou plutôt qui se tenait, car aujourd'hui, cet autre "bout du monde" a été rayé de la carte.

Rue de la Cloche, rue de la Voulzie, rue Westermann: voilà les trois rues qui constituaient, à elles seules, mon "bout du monde".


>> "Rue de la Cloche".

>> "Je reviens d'un lieu qui n'existe plus"

>> "Hommage posthume".

>> Rejoigniez le Groupe Facebook : "Paris Hier, aujourd'hui ... demain"

 

 

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Paris Poubelle (1).

19 Juillet 2013, 11:38am

Publié par barreteau

Hotel Industriel Jean-Baptiste Berlier_ 26-34 rue Bruneseau Paris 13ème

A Paris, la rénovation est souvent synonyme de destruction et nombre d'habitations anciennes sont alors remplacées par des immeubles sans âme, sans caractère, d'une banalité désespérante ...

Les destructions des habitats s'opèrent souvent selon un processus en deux temps : si par malheur l'édifice est en bon état, on commence par le déshonorer, il suffit pour cela de ne pas l'entretenir, de laisser pourrir la toiture, et au besoin de laisser y pénétrer quelques squatters.
Quand il est bien déshonoré, on argue de son état de vétusté pour exiger sa démolition, qui est aussitôt accordée. "Et voilà pourquoi votre fille est muette ! "

Comme s'il n'était pas possible de restaurer et de rendre confortables des maisons anciennes, que 50 ans de lois démagogiques ont laissé pourrir dans leur crasse avant de les mettre à la poubelle.
On répète le scénario maison par maison, c'est long mais diablement efficace.

Depuis les années 60, nos urbanistes et nos promoteurs, en raison avant tout de la cherté des terrains, ont préconisé et mis en pratique un urbanisme à immeubles de tours et de barres de 10 à 15 étages, qui pose des problèmes de concentration, de circulation et de stationnement que l'on néglige d'envisager au départ alors qu'il s'agit d'un préalable indispensable.

Partout on a bâti des HLM de type caserne, des constructions qui rendent uniforme dans leur médiocrité le paysage urbain. Peu a peu la physionomie de nos rues a changé, les maisons anciennes disparaissent les unes après les autres, les unes victimes de la spéculation, les autres de l'alignement. Or l'atmosphère d'un quartier est directement fonction de la largeur de ses rues.

Les principes même de l'urbanisme sont remis en cause face à ces démolitions à la petite semaine, effectuées sans aucun plan d'ensemble.
Il est en effet absolument insensé que les pouvoirs publics, sans se soucier de l'opinion de la population, sans vraiment la consulter, et même parfois en tenant leurs intentions dans le secret, jusqu'à la dernière minute, aient refusé de tenir compte des avertissements des urbanistes et des historiens de Paris les plus qualifiés, afin de rassembler à tout prix dans le périmètre des Halles les constructions les plus hétérogènes et les moins indiquées en cet endroit.

Et pourtant ailleurs dans Paris, on continue sur cette voie aberrante, … les leçons de l'histoire sont peu écoutées.

Selon les options qui maintenant seront prises, Paris restera digne de son passé ou deviendra un entassement de bâtiments modernes qu'on aurait pu édifier ailleurs, … dans n'importe quelle ville du monde !

 

> En savoir plus : "Paris poubelle", le livre.

 

 

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Parc de Belleville.

15 Juillet 2013, 15:14pm

Publié par barreteau

Parc de Belleville, de curieuses constructions de bois (Juillet 1996).

Que l'on vienne de la rue du Transvaal ou de celle des Envierges, on débouche invariablement sur l'esplanade de la rue Piat, une terrasse qui domine  presque tout Paris. Quand le soleil commence à disparaître, on découvre alors la ville comme enfouie à la fois par la brume et par le silence. On ne sait plus alors si elle semble venir d'un passé très lointain ou bien alors si elle appartient déjà à un avenir inconnu.

Tout près, comme pour nous rappeler que le présent existe, il y a un enclos où de grands Noirs jouent au basket-ball. Les plus jeunes tourbillonnent un instant sur cette plateforme et d'un coup partent dévaler les parterres et les bosquets étagés du Parc de Belleville où les attendent de curieuses constructions de bois.

Pour descendre encore plus vite, on peut emprunter de gros tuyaux dont les pancartes interdissent l'accès "aux moins de douze ans". Il suffit de savoir lire, ce qui ne doit pas être le cas des tous jeunes bambins que je vois s'engouffrer prestement dans les orifices des tuyaux. Comme pour moi, ce n'est pas défendu ! J'atterris donc tout près du dernier bassin, un des "spots" préférés des amoureux qui ne semblent nullement être dérangés par les mamans ou les nounous en tchadors gris ou en boubous colorés qui surveillent les gosses qui pataugent dans une eau qui me semble pourtant aussi froide que trouble…
Ainsi va la vie, au parc de Belleville, en cette après-midi ordinaire d'une belle journée d'été …


>> Parc de Belleville : "Interdit au moins de 12 ans" / Lire ci-dessous.

 

"Interdit aux moins de douze ans".

De jeunes gamins tourbillonnent un instant sur cette plateforme et d'un coup partent dévaler le long des bosquets, des parterres et des bassins étagés du Parc où les attendent de curieuses constructions de bois.
Pour descendre encore plus vite, on peut emprunter de gros tuyaux dont les pancartes interdisent l'accès "aux moins de douze ans". Il suffit de savoir lire, ce qui ne doit pas être le cas des tout jeunes bambins que je vois s'engouffrer prestement dans les orifices des tuyaux. Comme pour moi ce n'est pas défendu, j'emprunte un des tuyaux et atterris tout près du dernier bassin. C’est l'un des "spots" préférés des amoureux qui ne semblent nullement être dérangés par les mamans ou les nounous en tchadors gris ou en boubous colorés qui surveillent les gosses pataugeant dans une eau qui me semble pourtant aussi froide que trouble…

(Extraits de mon ouvrage "Paris Itinéraire bis, balades urbaines)

https://www.coollibri.com/bibliotheque-en-ligne/pierre-barreteau/paris-itineraires-bis-_225879

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Tolbiac sur Seine.

11 Juillet 2013, 18:07pm

Publié par barreteau

Rue Marguerite Duras - ZAC Tolbiac -  Paris 13ème - décembre 2007
Photo © "Archéologie du futur / Archéologie du quotidien" /Palagret

A cette époque, le campus de Tolbiac venait juste d'être inauguré et seuls les bâtiments rénovés des Grands Moulins et de la Halle aux farines étaient en mesure d'accueillir leurs premiers étudiants. Le reste du campus était un mélange de terrains vagues et de bâtiments universitaires en construction.

Rue Marguerite Duras, sur une palissade vantant le projet  Paris Rive Gauche, des tags rageurs attirent mon attention. On peut lire : "Regardez autour de vous", puis: "Réveillez-vous, avant qu'il ne soit trop tard". Le tout signé du A cerclé, sceau des anarchistes, mais aussi symbole de  l’insoumission, de la rébellion.
Mais justement, n'est-il pas déjà trop tard ?

Tout le vieux Tolbiac, celui des usines Panhard, de la rue Watt et des petites maisons en meulière a disparu depuis déjà bien longtemps.
Même la Seine pourtant toute proche semble avoir déserté le quartier, tant une multitude de nouveaux bâtiments de béton, de verre et d'acier la cache au regard du promeneur …

Puis récemment, on a installé ici une œuvre monumentale de l’artiste américaine Nancy Rubins. Cette sculpture, qui mesure plus de dix mètres de haut, est constituée d’une structure en inox, au sommet de laquelle sont accrochées soixante barques en aluminium, faisant - parait-il - référence à la Seine.

Pourtant ce colossal totem ne nous donne aucune indication sur la direction qui permettrait de trouver "l'absente", tant l'orientation des étraves de ces navires part dans tous les sens, rendant encore plus confuse la recherche du fleuve …

 

>> Des étudiants dans la farine.

>> "Monochrome for Paris, 2013", une œuvre de Nancy Rubins.

 

 

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"Tous les couteaux du monde "

7 Juillet 2013, 08:38am

Publié par barreteau

"Tous les couteaux du monde", la coutellerie de M. Maghira - 78 rue de Belleville Paris 20ème (juin 1996)

Depuis 1951, le magasin n'a pas bougé. Il compte toujours ses quatre vitrines où, comme dans un musée de province à moitié abandonné, s'exposent sous la poussière, les instruments les plus divers de la coutellerie : les "suisses", les Laguiole, les Opinel, les lames fixes, les lames pliantes, les canifs, les rasoirs, les ciseaux, les sécateurs et même … les épées et cannes épées telles que les maniaient quotidiennement nos arrières grands-pères.
Mais qui peut encore se fournir ici ?

En face, on a bâti plusieurs immeubles dans un style qui se voudrait traditionnel - des plaques en pierres reconstituées habillent le ciment des façades, le zinc des toits parait bien bleu -  mais leurs occupants n'ont sûrement pas renouvelé la clientèle de "Tous les couteaux du monde".


>> La boutique aux couteaux de M. Meghira.

 

 

 

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