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PARISPERDU
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Paris du temps perdu.

14 Février 2016, 10:11am

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Publié par barreteau

Paris du temps perdu.

Marcel Proust et Eugène Atget bien que contemporains ne se connaissaient pas.

Leurs œuvres monumentales témoignent de cette même volonté patiente et méticuleuse de restituer la vie de leur temps, ce Paris légendaire de la Belle époque. 

Tandis que Proust s'attachait à décrire la complexité de l'âme humaine, Atget, lui, photographiait les rues, les places, les jardins, les échoppes qui servaient alors de décor au peuple parisien.

Dans l'ouvrage "Paris du temps perdu" que les Editions Hoëbeke viennent de publier, les photographies de l'un font subtilement écho aux mots de l'autre. Et c'est Odette ou encore Albertine que l'on croit reconnaître derrière de furtives passantes, et c’est l'hôtel de la duchesse de Guermantes que dissimulent les lourdes portes cochères photographiées par Atget.
Ces deux regards croisés sur un Paris irrémédiablement perdu suscitent une vive émotion teintée d'une douce mélancolie.

 

 

>> Atget sur Parisperdu

 

 

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Le grand bouleversement du quartier des Amandiers.

9 Février 2016, 09:47am

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Publié par barreteau

Le grand bouleversement du quartier des Amandiers.
Rue des Amandiers et rue de Tlemcen_ Paris 20ème

 

J'ai souvent parlé, ici, du grand bouleversement qu'a connu le quartier des Amandiers au cours des 40 ou 50 dernières années.

Depuis les années 60, cette partie de Ménilmontant a en effet été presque entièrement détruite puis rebâtie. Théâtre de toutes les politiques urbaines, sa démolition a parfois été facilitée par des opérations quelque peu "border-line", car murages illégaux, détériorations volontaires du bâti et incendies criminels furent des faits courants aux Amandiers.

Pourtant aujourd'hui, une promenade dans le quartier, permet de constater que tout n'a pas été rasé. Les associations de riverains qui ont beaucoup lutté - "La Bellevilleuse" en tête - pour conserver l'âme du secteur, ont réussi à sauver, ça et là, quelques rares constructions.

Ainsi, toute la rive paire de la rue Robineau n'a pas été touchée alors qu'ailleurs ce n'est plus que ponctuellement que l'on retrouve les bâtiments d'avant le grand chambardement.

Rue Désirée, seuls les numéros 6 à 10 et aussi le 13 ont été conservés en raison de leur bon état.

Mais, rue des Mûriers, le mitage est patent car seuls restent aujourd'hui: les 6 et 8 (sur rue); le 12 (sur rue et cour); le 18 (sur rue); le 26 (sur rue et cour); le 28 (sur rue et cour).

Rue des Partants, on n'a pas finassé avec le bulldozer aussi retrouve-t-on seulement le numéro 30 dans sont état d'origine.

Les habitants de Ménilmontant qui ont connu le quartier avant ces multiples et récentes transformations font des récits bien nostalgiques de la démolition, des expulsions et de la reconstruction qu'ils ont vécues ici. Tous témoignent de l'esprit chaleureux et populaire de l'ancien "Ménilmuche", d'un esprit de village et d'un mode de vie aujourd'hui presque oublié. Et tout cela contraste tristement avec les images actuelles d'un quartier aseptisé et sans âme.

Aussi c'est bien un constat à la fois révolté et désabusé d'un immense gâchis urbanistique et humain, qu'il faut désormais dresser.


>> "Les Amandiers", déjà sur Parisperdu

>> "Les Amandiers". Projet de l'architecte Antoine Grumbach: "Quartiers anciens, approches nouvelles" 1998

 

 

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Comment un quartier se transforme : l'exemple du 10ème arrondissement.

4 Février 2016, 09:17am

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Publié par barreteau

Comment un quartier se transforme : l'exemple du 10ème arrondissement. 

179 Rue Saint-Maur, 75010 Paris

 

Des rues qui se métamorphosent, des commerces qui disparaissent, des prix qui grimpent… A Paris, en quelques années, des quartiers entiers peuvent voir leur identité complètement remise en question.
Exemple dans le 10ème arrondissement de Paris.

Considéré jusque dans les années 1990 comme un quartier "mort", le sud du Xe arrondissement de Paris est en pleine transformation. Décrit comme le nouveau paradis "bobo" de la capitale, les grossistes en prêt-à-porter et les salons de coiffures africains ont peu à peu été remplacés par d'innombrables bars à bières et autres cafés festifs … à la mode du moment.

Seules quelques petites bijouteries fantaisie apportent, avec des enseignes telles "Merveilles & Bagatelles", "Paris Gold" … un peu de diversité à un quartier qui désormais en manque passablement.

 

 

>> Voir aussi "Gentrification".

 

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La petite fille de Venise.

22 Janvier 2016, 20:57pm

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Publié par barreteau

 

 La petite fille de Venise.

Fondamente Nuove _Venise 1959 © Willy Ronis

 

Pour moi, il n'est pas question d'aller à Venise sans aller faire un tour au Fondamente Nuove. Et lorsque je suis sur ce quai, invariablement je pense à cette petite fille que Willy Ronis a photographiée ici. C'était en 1959.

Plus aucun enfant ne joue désormais là, ni au bord de la lagune ou le long des canaux de Venise... La cité des Doges est devenue bien trop touristique, bien trop encombrée pour laisser le moindre terrain de jeux aux enfants ….

Pourtant de nouveau, le mois dernier, je suis allé vérifier si, au Fondamente Nuove, la magie révélée par l'image de Ronis, opérait encore … ?

Aujourd'hui le quai n'est plus qu'une accumulation de pontons (les "zattere"), de mâts affublés de caméras de surveillance, de cabines et d'installations diverses … si bien que, si par le plus grand des hasards, une petite fille s'aventurait sur la lagune, on ne la verrait même pas …

Pourtant il nous reste le cadre de l'image, tel que Ronis l'a choisi. Il a peu changé avec son palais en toile de fond comme pour nous dire que malgré le temps qui passe, nous sommes bien encore et toujours à Venise … Une cité unique au monde, incomparable et … espérons-le … éternelle.

Alors une fois encore, merci Willy …

 

>> Le quai "Fondamente Nuove" aujourd'hui (2015) et hier (1959).

>> Analyse d'une photographie d'enfant.

 

 

 

 

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Belleville entend défendre son territoire.​

22 Janvier 2016, 20:51pm

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Publié par barreteau

 Belleville entend défendre son territoire.​
Au
48 rue Ramponeau_Paris 20ème: le fond de la cour et la porte de la métallerie Grésillon

 

Comme chaque décennie depuis les années 70, Belleville doit faire face à une nouvelle vague de rénovation urbaine qui, ici comme dans d’autres quartiers du Nord-Est de Paris, conduit à repousser toujours davantage aux marges de la ville ceux qui, hier encore, parvenaient tant bien que mal à s’y loger et aussi à y mener leurs activités.

Toutefois, aujourd'hui enfin, Paris entend lutter contre la désindustrialisation en constatant qu'elle ne peut pas tout sacrifier sur l’autel du tourisme. 

Nous avons déjà parlé ici du cas de la cour du 48-50 rue Ramponeau où l'atelier de métallerie Grésillon et d'autres ateliers mitoyens sont menacés par la spéculation immobilière. Face à cette tendance lourde, observable à Paris comme dans toutes les capitales où les scintillements de la ville touristique et de la rentabilité à court terme aiguisent les appétits, il conviendra de suivre avec attention les conclusions que la mission "Fabriquer à Paris" a récemment rendues.

Il faut rester confiant car Belleville a déjà su, dans le passé, faire entendre la voix de ses habitants et faire revenir à la raison ceux qui envisageaient de construire le quartier sans sa population.


>> Conclusions et préconisations du rapport de la Mission d’Information et d’Evaluation "Fabriquer à Paris" 

>> Le 48 rue Ramponeau ne veut pas mourir …


>> Cour de la métallerie Grésillon.

 

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Une association, empêcheuse de bétonner en rond !

18 Janvier 2016, 09:42am

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Publié par barreteau

 Une association, empêcheuse de bétonner en rond !
3 villa de l'Ermitage_Paris 20ème (juin 1997)

 

Dans les années 90, la Villa de l’Ermitage n'était encore qu'une suite de bicoques branlantes et d'ateliers d’artisans où régnait une atmosphère de quiétude heureuse. Puis le progrès en marche passa au bulldozer la plupart des villages du 20ème arrondissement, bétonnant allègrement le secteur. Village champêtre au cœur du tissu urbain, la survivance de la Villa de l’Ermitage n’a pourtant pas été évidente face à l'avidité des promoteurs.

Mais l’association de préservation "Viva Villa" de la Villa de l’Ermitage veillait au grain et fut ici l'empêcheur de bétonner en rond.

Alors, aujourd'hui, les petites maisons de ville, les pavillons, les ateliers d’artistes bordés de jardinets et de courettes, et d'autres constructions hétéroclites pleines de charme sont encore là … et c'est un petit miracle.

La Villa de l’Ermitage reste donc un confetti verdoyant, mémoire d’un quartier disparu célébré depuis longtemps par les photographes amoureux de Paris.


>> La villa de l'Ermitage déjà sur Parisperdu

>> L’association "Viva Villa"(statut)

 

 

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Rue des Partants.

12 Janvier 2016, 12:36pm

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Publié par barreteau

 Rue des Partants. 

Angle de la rue des Partants et de la rue des Muriers_Paris 20ème  (mars 2012)

 

Rue des Partants, ce nom un peu étrange lui vient de l'époque où des habitants du village de Belleville partaient pour Paris.
Ici, nous sommes dans le quartier des Amandiers, un quartier qui s'est complètement transformé en l'espace d'une cinquantaine d'années.
Dès 1953 c'est d'abord l'Etat puis une société d'économie mixte qui vont successivement modeler la ZAC des Amandiers, située entre le métro Père Lachaise, Gambetta, la rue de Ménilmontant et la rue Sorbier.

 

Cette très grande opération de rénovation a conduit à la destruction de la plupart des anciens immeubles, remplacés par près de 2000 logements neufs.
 

D'après le projet initial, ces nouveaux logements sociaux étaient censés reloger les anciens habitants. Mais l'opération traîne en longueur car à maintes reprises, des manifestations ont abouti à retarder la destruction contestée de certains immeubles. Et, en 1994, le tribunal d'instance ordonne même le relogement de 35 familles considérées à tort comme des locataires sans titre et expulsées de la rue des Partants.

Pour sensibiliser les habitants aux problèmes d'urbanisme, une association se créée alors : "Archi XXème", au 49 de la rue des Partants. Elle lutte pour que l’esprit chaleureux et populaire de l’ancien "Ménilmuche" perdure dans un quartier oscillant entre démolition, expulsion et reconstruction. "Archi XXème" fait le constat à la fois révolté et désabusé d’un immense gâchis urbanistique et humain.

 

Car il y avait là une architecture en espalier, notamment rue des Partants et rue Gasnier-Guy. Une architecture remarquable à plus d’un titre avec ces collines surplombant la ville et qui rappellent un peu celles de San Francisco. Beaucoup de photographes et de cinéastes ont pris ces rues comme décor ou s’en sont inspirés car c’était alors un endroit extrêmement attirant.
 

Aujourd'hui, le quartier est essentiellement composé d'immeubles neufs, assez hétéroclites car datant de plusieurs époques et diversement réussis.
Et, encore une fois, la population d'origine a dû partir, … la rue porte donc définitivement bien son nom.



>> Mehdi et Henri, rue des Partants.

>> Une rage de destruction ...

>> Vers l'infini et même au-delà ...


>> La vaine lutte du luthier.

>> La rue des Partants vue par Willy Ronis(1948). © Willy Ronis/Rapho

 

 

 

 

 

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Quand Henri Calet traînait dans les quartiers pourris de Paris.

6 Janvier 2016, 15:18pm

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Publié par barreteau

Quand Henri Calet traînait dans les quartiers pourris de Paris.

 

Avec Huit quartiers de roture, Henri Calet nous  propose une longue flânerie dans les rues, ruelles, impasses et cours… de ces quartiers populaires de Paris que sont : La Villette, Pont-de-Flandre, Amérique et Combat pour le 19ème arrondissement; et Saint-Fargeau, Belleville, Père-Lachaise et Charonne pour le 20ème arrondissement. Des quartiers sans noblesse, d'où le mot de "roture" qu'il utilise pour ces quartiers tout juste roturiers.

Calet nous entraine dans un voyage dans le Paris populaire d’autrefois, au lendemain de la seconde guerre mondiale, une vingtaine d’années avant la destruction de l’Est parisien. C'est aussi à un jeu de piste sans trésor et un pèlerinage aux sources de sa mémoire parisienne qu'il nous convie :  Ville à part sans Seine ni rivière, que les étrangers ne vont pas voir, où il n’y a rien à voir, ville sans palais ni cathédrales, sans monuments et presque sans souvenirs, ville sans parure, ville usinière, populacière, où l’on peut tout juste exister, dans le sens de ne pas mourir. Des faubourgs où il lit la banalité douce-amère de lieux qui n’ont rien pour plaire et qui, justement nous plaisent à cause de cela …

Alors Calet nous emmène là où sont ses racines : Mon père y est né, mon grand-père y est mort. J’y ai vécu. Et je viens d’en faire le tour. J’ai respiré son air et son parfum ; ses couleurs sont les miennes. Avec lui, on s’égare dans des rues infortunées, on pousse des portes sans lendemain, on fouille la mémoire des façades, on monte et on descend l’échelle du temps pour décrocher des souvenirs où comme il l'écrit: " rien ne porte à la joie ni au lyrisme. L’Histoire, elle-même, ne parle que de défaites, de saccages, de capitulations". Mais on sent dans son texte une réelle nostalgie pour ces quartiers et pour leurs habitants, une certaine tendresse à leur endroit …

Le promeneur contemporain qui fait aujourd'hui la même déambulation aura du mal à reconnaître les quartiers dépeints par Henri Calet qui nous communique des chiffres concernant la population de ces deux arrondissements en précisant le nombre de résidents étrangers. Mais la couleur de ces quartiers a encore certainement beaucoup changé depuis un peu plus d'un demi-siècle … 

Tous les livres d’Henri Calet sont des trésors. Et on se demande pourquoi, dans les années 50, aucun éditeur n'a voulu des "Huit Quartiers de roture". Faute de pouvoir publier cette promenade de son vivant, Henri Calet en a tiré une série radiophonique qu’il a lue de sa belle voix, en 1952, sur le Programme parisien. On retrouve aujourd'hui cette lecture sur le CD qui est joint au livre. A découvrir absolument.

 

 >> En savoir plus : "Huit quartiers de roture", par Henri Calet (Le Dilettante, 224 p., 20 euros). (©Le Dilettante)

>> La rue des Partants à Paris (20ème) dans les années 1950.

 

 

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Bonne Année ... !

1 Janvier 2016, 11:46am

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Publié par barreteau

  

Pour cette année 2016, Parisperdu vous souhaite de réaliser tous vos rêves … les plus doux … comme les plus fous.

Merci à tous pour votre fidélité.

 

 

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Rue des Mûriers.

27 Décembre 2015, 15:11pm

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Publié par barreteau

Rue des Mûriers.

10 rue des Mûriers_Paris 20ème (juin 1997)

Je déambule dans Ménilmontant: rue des Amandiers, rue des Partants, rue Gasnier-Guy … et je ne retrouve plus rien de ce qui m'attirait ici il y a une vingtaine d'années. Les petits commerces, les artisans, les immeubles à taille humaine un peu brinquebalants sur ces rues pentues … tout cela a disparu pour laisser place nette à des bâtiments standardisés qui ne dégagent rien qui puisse vous apporter la moindre émotion, le moindre rêve …

Aussi, quel ne fut pas mon étonnement lorsque j'arrive à hauteur du 10 rue des Mûriers ?

Un détail attire mon attention, un simple détail qui aux yeux de beaucoup passerait même inaperçu. Ce sont deux petits cabanons, des appentis faits de bois et de briques légères. L'un est accolé à un immeuble récemment rafraichit, l'autre est accolé à un nouvel immeuble qui est venu s'ériger là, tout contre lui.

Il peut sembler incroyable que l'un et autre de ces deux cabanons aient été préservés, car comment imaginer que ces petits édifices, sans grande valeur immobilière, n'aient pas subi la dure loi de la restructuration-destruction du quartier.

Ce n'étaient alors que de modestes ateliers de serrurerie, d'étamage, de décolletage, de petite mécanique … comme on en trouvait beaucoup dans ce secteur de l'Est parisien. Ils étaient le plus souvent situés dans des passages, dans des impasses … et voilà sans doute pourquoi, au 10 de la rue des Mûriers, ils sont encore là car l'espace entre ces deux petits bâtiments donne accès à un immeuble en fond de cour qui lui aussi est resté dans son jus.

Mais aujourd'hui plus aucun bruit n'émane de ces deux appentis, aucune activité à l'intérieur … ils ont été reconvertis, air du temps oblige … en remises à vélos !


>> Le 10 rue des Mûriers_Paris 20ème, aujourd'hui.

>> On retrouve la même histoire, non loin d'ici, Villa des Lyanes.

>> Lieux retrouvés 023_Villa des Lyanes

 

 

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Ravalement.

20 Décembre 2015, 09:48am

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Publié par barreteau

Ravalement.

Philharmonie de Paris/Cité de la Musique _221 avenue Jean-Jaurès_75019 Paris

 

A l'image de la Philharmonie de Paris, le quartier du nord-19ème se modernise rapidement. Quai de la Seine, rue de Nantes et aux alentours, c'est la folie hypster: les bars et cafés DJ fleurissent, des magasins de produits vaguement alternatifs ouvrent leurs portes, de même que des cabinets d'architecture et des galeries qui donnent dans le néo-créatif, l'atypique ou l'arty. Tous et toutes remplacent partout les vielles boutiques. Bref, tout un nouveau quartier "très tendance" se dessine aujourd'hui, juxtaposé à un univers de logements crasseux, aux couleurs ternes, aux ruelles assassines et parfois plongées dans une pénombre moite … C'est la rencontre, dans un même espace de deux styles, de deux mondes: celui de la précarité et celui du progrès galopant.

 

>> Voir aussi: "Guide de survie en pays bobo".

 

 

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Willy Ronis : "Marie-Anne, Vincent et moi".

15 Décembre 2015, 10:20am

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Publié par barreteau

 

Willy Ronis : "Marie-Anne, Vincent et moi".
Marie-Anne, Vincent … et le chat _ Gordes, 1947 © Willy Ronis

Sous ce titre tout simple, vous allez découvrir un ouvrage constitué d'un ensemble de 24 photographies en noir & blanc. Toutes dévoilent des facettes de la vie intime et familiale de Willy Ronis avec sa femme Marie-Anne et son fils Vincent.

Y a-t-il une différence d'attitude entre l'amateur et le professionnel lorsqu'ils photographient leurs proches ou prennent leur propre portrait ? Je ne le crois pas. Dans les deux cas, en effet, il s'agit d'une activité foncièrement sentimentale et ludique, puisqu'elle se manifeste, soit chez soi dans un moment de détente, soit en week-end, soit en vacances. Se trouvent par là-même associés, quel que soit celui qui photographie, le désir de conserver, au fil du temps, et la mémoire des lieux et celle des êtres qui leurs sont chers.
En bref, c'est une photographie du bonheur.

 

>> A Gordes, les photos du bonheur familial.(1)

>> A Gordes, les photos du bonheur familial.(2)

>> A Gordes, photo de famille.

>> "Marie-Anne, Vincent et moi", la première de couverture.

>> Marie-Anne, Vincent et moi: un livre secret de Willy Ronis _Ed. Filigranes 1999.

 

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En visite au Café de France … la place juste.

10 Décembre 2015, 09:23am

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Publié par barreteau

 

En visite au Café de France … la place juste.

Café de France - Isle Sur La Sorgue - 1979 © Willy RONIS

En 1972, Ronis s'installe à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) dans une maison avec un petit jardin, une demeure plus confortable que ses maisons de Gordes. Dernièrement, j'ai retrouvé - grâce à Monsieur André Pharel que je remercie ici vivement - cette habitation, au 8 de la rue Ledru-Rollin, tout près de la place de la Collégiale. Et là, sur cette place, se trouve encore aujourd'hui, dans son jus car rien n'a changé, le "Café de France" dont il fera une photo devenue célèbre.

A L'Isle-sur-la-Sorgue, il va consacrer beaucoup de temps à l’enseignement : à l’École des Beaux-arts d’Avignon, puis aux facultés d’Aix-en-Provence et de Marseille et ce, jusqu'à son retour à Paris en 1983.

La petite ville de l'Isle-sur-la-Sorgue sera le cadre de nombreuses scènes de rues, de places, de marchés qu'il capturera avec soin et avec cette technique qui lui est propre et qu'il décrit mieux que personne: "En général, je ne change rien à ce qui se passe, je regarde, j’attends. Simplement, à chaque photo, je suis impressionné par une situation, et j’essaie de trouver la bonne place où pouvoir placer mon instantané, pour que le réel se révèle dans sa vérité la plus vive. Il y a un vrai plaisir à trouver la place juste, cela fait partie de la joie de la prise de vue, et c’est quelquefois aussi un tourment, parce qu’on espère des choses qui ne se passent pas où qui arriveront quand vous ne serez plus là."

La photo du "Café de France à Isle Sur La Sorgue" est une merveilleuse illustration de sa technique car là, il a trouvé la place juste,  juché sur un escabeau face à son sujet, il attend patiemment que tout s'organise harmonieusement dans son cadre. Splendide et tellement… humain.


>> Le 8 de la rue Ledru-Rollin à L'Isle-sur-la-Sorgue.

>> Aujourd'hui à L'Isle-sur-la-Sorgue, n'est pas Willy Ronis qui veut ©Photo Pierre Barreteau.

>> A Paris aussi, "n'est pas Willy Ronis qui veut" 

>> Autre scène de rue captée par Willy Ronis à l'Isle-sur-la-Sorgue.

 

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Chez Willy Ronis à Gordes.

5 Décembre 2015, 10:13am

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Publié par barreteau

Chez Willy Ronis à Gordes.

 

En 1948, Ronis avait acheté une maison en ruine à Gordes ("la Maison-Vieille"),  rue de la Calade, puis une autre maison en 1958 (le "Moulin"), toute proche la première, rue de la Fontaine-Basse.

Au début, Gordes sera le village de la résidence secondaire, utilisée seulement à la belle saison, entre deux allers-retours vers Paris.

Mais à Paris, les commandes se font rares car, durant toute cette période, Ronis n'est pas reconnu, et sombre dans l’oubli. Il dira d'ailleurs: "Les rédactions pensaient que j'avais tout plaqué, elles ne m'appelaient plus. J'ai alors sérieusement songé à quitter le métier. J'étais une espèce de maniaque inadapté." Alors il s'installe à plein temps à Gordes, dans sa maison de la rue de la Fontaine-Basse, un ancien moulin avec sa roue, qu'il avait d'abord acquis pour servir de garage à la "Maison-Vieille". Il va alors restaurer de fond en comble le "Moulin" et, en 1969, "Maison-Vieille" sera vendue.
Pour se régénérer, Ronis va se lancer dans l’enseignement à temps partiel avec des cours hebdomadaires aux Beaux-arts d'Avignon, à la Faculté des Lettres d'Aix en Provence, à la Faculté des Sciences Saint-Charles à Marseille, il prendra aussi la direction d'un stage à la Maison des Jeunes à Arles. Mais Gordes, éloigné des grands axes de circulation, ne rend pas facile tous ces déplacements alors, en 1972, il s’installe à L'Isle-sur-la-Sorgue. Il y restera 10 ans. Puis en 1982, il retourne à Paris, car vivre loin de la capitale pour un photographe est suicidaire, surtout pour quelqu’un qui travaille sur le réel immédiat, et de surcroît Marie-Anne est frappée par la maladie d'Alzheimer.

Dans le Vaucluse, comme à Paris, Ronis savait s’émerveiller des "cadeaux du hasard", des petites choses que d’autres auraient négligées et avec lesquelles il tirera de magnifiques images.  Car pour Ronis tous ces petits évènements ont une étincelle de vie : "Dans une vie, tout se ramène à une petite constellation de chose", nous dira-t-il. Même si dans ces évènements il y a souvent une accumulation de douleurs: la mort, en 1987, dans un accident de deltaplane de son fils aimé Vincent, puis la mort de Marie-Anne sa femme en 1991, et de tant d’amis proches … devenus des visages enfuis.


>> Le village de Gordes (Vaucluse), la première maison de Ronis ("la Maison-Vieille"),  se situe au centre du premier cercle des maisons du bas du village. Elle a les volets verts.

>> La première maison de Ronis à Gordes, ("la Maison-Vieille"), rue de la Calade, achetée à l'état de ruines en 1947.

>> La seconde maison de Ronis à Gordes, (le
"Moulin"), rue de la Fontaine-Basse, achetée en 1958.

 

 

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Suite et fin du voyage à Gordes : "Et le chat aussi …"

29 Novembre 2015, 09:47am

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Publié par barreteau

Suite et fin du voyage à Gordes : "Et le chat aussi …"

Chat derrière la vitre, Gordes, 1957_© Willy Ronis

 

La maison que Willy Ronis occupe à Gordes entre 1947 et 1958 ("Maison-Vieille") est le lieu où ont été prises deux de ses photos majeures : "Le nu provençal" et "Vincent aéromodéliste".

Mais à Gordes, il va surtout écrire une chronique intimiste et secrète car sa femme Marie-Anne, son fils Vincent et  … son chat seront alors ses uniques modèles.

Pour son animal domestique, c'est le fenestron de l'entrée de la maison de Gordes qui va servir de cadre. Et si le "Chat derrière la vitre, Gordes, 1957" ne fait pas partie de ses plus célèbres photos, il est incontestable que Ronis a toujours été attiré par les chats, à tel point qu'il ira jusqu'à publier - en 2007 - un ouvrage entier sur eux.
Et les chats de Willy Ronis sont magnifiques, mais il est difficile de comprendre comment il a su réussir à les saisir ainsi au vol, à traquer leur vérité intime, à les faire exister dans leur plus haute simplicité.

Et comme toujours chez Ronis, c'est la vie qu'il nous montre, cette fois-ci à travers le regard de ses chats, toujours noirs pour magnifier les tonalités et les nuances du noir et blanc argentique.

Il faut être un immense artiste pour laisser ainsi parler les chats, sans les trahir, sans exagérer, sans vouloir les enjoliver. Avoir été juste là, toujours à la bonne place, avec le geste prompt. C'est sans doute là que réside le secret de l'art de Willy Ronis.

 

>> Les chats de Willy Ronis.

>> Le fenestron de la "Maison Vieille" à Gordes.

>> Voir aussi: En visite chez "le nu provençal" …

>> Voir aussi: Suite du voyage à Gordes: "Vincent aéromodéliste".

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