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PARISPERDU

Rue des Partants.

12 Janvier 2016, 12:36pm

Publié par barreteau

 Rue des Partants. 

Angle de la rue des Partants et de la rue des Muriers_Paris 20ème  (mars 2012)

 

Rue des Partants, ce nom un peu étrange lui vient de l'époque où des habitants du village de Belleville partaient pour Paris.
Ici, nous sommes dans le quartier des Amandiers, un quartier qui s'est complètement transformé en l'espace d'une cinquantaine d'années.
Dès 1953 c'est d'abord l'Etat puis une société d'économie mixte qui vont successivement modeler la ZAC des Amandiers, située entre le métro Père Lachaise, Gambetta, la rue de Ménilmontant et la rue Sorbier.

 

Cette très grande opération de rénovation a conduit à la destruction de la plupart des anciens immeubles, remplacés par près de 2000 logements neufs.
 

D'après le projet initial, ces nouveaux logements sociaux étaient censés reloger les anciens habitants. Mais l'opération traîne en longueur car à maintes reprises, des manifestations ont abouti à retarder la destruction contestée de certains immeubles. Et, en 1994, le tribunal d'instance ordonne même le relogement de 35 familles considérées à tort comme des locataires sans titre et expulsées de la rue des Partants.

Pour sensibiliser les habitants aux problèmes d'urbanisme, une association se créée alors : "Archi XXème", au 49 de la rue des Partants. Elle lutte pour que l’esprit chaleureux et populaire de l’ancien "Ménilmuche" perdure dans un quartier oscillant entre démolition, expulsion et reconstruction. "Archi XXème" fait le constat à la fois révolté et désabusé d’un immense gâchis urbanistique et humain.

 

Car il y avait là une architecture en espalier, notamment rue des Partants et rue Gasnier-Guy. Une architecture remarquable à plus d’un titre avec ces collines surplombant la ville et qui rappellent un peu celles de San Francisco. Beaucoup de photographes et de cinéastes ont pris ces rues comme décor ou s’en sont inspirés car c’était alors un endroit extrêmement attirant.
 

Aujourd'hui, le quartier est essentiellement composé d'immeubles neufs, assez hétéroclites car datant de plusieurs époques et diversement réussis.
Et, encore une fois, la population d'origine a dû partir, … la rue porte donc définitivement bien son nom.



>> Mehdi et Henri, rue des Partants.

>> Une rage de destruction ...

>> Vers l'infini et même au-delà ...


>> La vaine lutte du luthier.

>> La rue des Partants vue par Willy Ronis(1948). © Willy Ronis/Rapho

 

 

 

 

 

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Quand Henri Calet traînait dans les quartiers pourris de Paris.

6 Janvier 2016, 15:18pm

Publié par barreteau

Quand Henri Calet traînait dans les quartiers pourris de Paris.

 

Avec Huit quartiers de roture, Henri Calet nous  propose une longue flânerie dans les rues, ruelles, impasses et cours… de ces quartiers populaires de Paris que sont : La Villette, Pont-de-Flandre, Amérique et Combat pour le 19ème arrondissement; et Saint-Fargeau, Belleville, Père-Lachaise et Charonne pour le 20ème arrondissement. Des quartiers sans noblesse, d'où le mot de "roture" qu'il utilise pour ces quartiers tout juste roturiers.

Calet nous entraine dans un voyage dans le Paris populaire d’autrefois, au lendemain de la seconde guerre mondiale, une vingtaine d’années avant la destruction de l’Est parisien. C'est aussi à un jeu de piste sans trésor et un pèlerinage aux sources de sa mémoire parisienne qu'il nous convie :  Ville à part sans Seine ni rivière, que les étrangers ne vont pas voir, où il n’y a rien à voir, ville sans palais ni cathédrales, sans monuments et presque sans souvenirs, ville sans parure, ville usinière, populacière, où l’on peut tout juste exister, dans le sens de ne pas mourir. Des faubourgs où il lit la banalité douce-amère de lieux qui n’ont rien pour plaire et qui, justement nous plaisent à cause de cela …

Alors Calet nous emmène là où sont ses racines : Mon père y est né, mon grand-père y est mort. J’y ai vécu. Et je viens d’en faire le tour. J’ai respiré son air et son parfum ; ses couleurs sont les miennes. Avec lui, on s’égare dans des rues infortunées, on pousse des portes sans lendemain, on fouille la mémoire des façades, on monte et on descend l’échelle du temps pour décrocher des souvenirs où comme il l'écrit: " rien ne porte à la joie ni au lyrisme. L’Histoire, elle-même, ne parle que de défaites, de saccages, de capitulations". Mais on sent dans son texte une réelle nostalgie pour ces quartiers et pour leurs habitants, une certaine tendresse à leur endroit …

Le promeneur contemporain qui fait aujourd'hui la même déambulation aura du mal à reconnaître les quartiers dépeints par Henri Calet qui nous communique des chiffres concernant la population de ces deux arrondissements en précisant le nombre de résidents étrangers. Mais la couleur de ces quartiers a encore certainement beaucoup changé depuis un peu plus d'un demi-siècle … 

Tous les livres d’Henri Calet sont des trésors. Et on se demande pourquoi, dans les années 50, aucun éditeur n'a voulu des "Huit Quartiers de roture". Faute de pouvoir publier cette promenade de son vivant, Henri Calet en a tiré une série radiophonique qu’il a lue de sa belle voix, en 1952, sur le Programme parisien. On retrouve aujourd'hui cette lecture sur le CD qui est joint au livre. A découvrir absolument.

 

 >> En savoir plus : "Huit quartiers de roture", par Henri Calet (Le Dilettante, 224 p., 20 euros). (©Le Dilettante)

>> La rue des Partants à Paris (20ème) dans les années 1950.

 

 

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Bonne Année ... !

1 Janvier 2016, 11:46am

Publié par barreteau

  

Pour cette année 2016, Parisperdu vous souhaite de réaliser tous vos rêves … les plus doux … comme les plus fous.

Merci à tous pour votre fidélité.

 

 

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Rue des Mûriers.

27 Décembre 2015, 15:11pm

Publié par barreteau

Rue des Mûriers.

10 rue des Mûriers_Paris 20ème (juin 1997)

Je déambule dans Ménilmontant: rue des Amandiers, rue des Partants, rue Gasnier-Guy … et je ne retrouve plus rien de ce qui m'attirait ici il y a une vingtaine d'années. Les petits commerces, les artisans, les immeubles à taille humaine un peu brinquebalants sur ces rues pentues … tout cela a disparu pour laisser place nette à des bâtiments standardisés qui ne dégagent rien qui puisse vous apporter la moindre émotion, le moindre rêve …

Aussi, quel ne fut pas mon étonnement lorsque j'arrive à hauteur du 10 rue des Mûriers ?

Un détail attire mon attention, un simple détail qui aux yeux de beaucoup passerait même inaperçu. Ce sont deux petits cabanons, des appentis faits de bois et de briques légères. L'un est accolé à un immeuble récemment rafraichit, l'autre est accolé à un nouvel immeuble qui est venu s'ériger là, tout contre lui.

Il peut sembler incroyable que l'un et autre de ces deux cabanons aient été préservés, car comment imaginer que ces petits édifices, sans grande valeur immobilière, n'aient pas subi la dure loi de la restructuration-destruction du quartier.

Ce n'étaient alors que de modestes ateliers de serrurerie, d'étamage, de décolletage, de petite mécanique … comme on en trouvait beaucoup dans ce secteur de l'Est parisien. Ils étaient le plus souvent situés dans des passages, dans des impasses … et voilà sans doute pourquoi, au 10 de la rue des Mûriers, ils sont encore là car l'espace entre ces deux petits bâtiments donne accès à un immeuble en fond de cour qui lui aussi est resté dans son jus.

Mais aujourd'hui plus aucun bruit n'émane de ces deux appentis, aucune activité à l'intérieur … ils ont été reconvertis, air du temps oblige … en remises à vélos !


>> Le 10 rue des Mûriers_Paris 20ème, aujourd'hui.

>> On retrouve la même histoire, non loin d'ici, Villa des Lyanes.

>> Lieux retrouvés 023_Villa des Lyanes

 

 

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Ravalement.

20 Décembre 2015, 09:48am

Publié par barreteau

Ravalement.

Philharmonie de Paris/Cité de la Musique _221 avenue Jean-Jaurès_75019 Paris

 

A l'image de la Philharmonie de Paris, le quartier du nord-19ème se modernise rapidement. Quai de la Seine, rue de Nantes et aux alentours, c'est la folie hypster: les bars et cafés DJ fleurissent, des magasins de produits vaguement alternatifs ouvrent leurs portes, de même que des cabinets d'architecture et des galeries qui donnent dans le néo-créatif, l'atypique ou l'arty. Tous et toutes remplacent partout les vielles boutiques. Bref, tout un nouveau quartier "très tendance" se dessine aujourd'hui, juxtaposé à un univers de logements crasseux, aux couleurs ternes, aux ruelles assassines et parfois plongées dans une pénombre moite … C'est la rencontre, dans un même espace de deux styles, de deux mondes: celui de la précarité et celui du progrès galopant.

 

>> Voir aussi: "Guide de survie en pays bobo".

 

 

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Willy Ronis : "Marie-Anne, Vincent et moi".

15 Décembre 2015, 10:20am

Publié par barreteau

 

Willy Ronis : "Marie-Anne, Vincent et moi".
Marie-Anne, Vincent … et le chat _ Gordes, 1947 © Willy Ronis

Sous ce titre tout simple, vous allez découvrir un ouvrage constitué d'un ensemble de 24 photographies en noir & blanc. Toutes dévoilent des facettes de la vie intime et familiale de Willy Ronis avec sa femme Marie-Anne et son fils Vincent.

Y a-t-il une différence d'attitude entre l'amateur et le professionnel lorsqu'ils photographient leurs proches ou prennent leur propre portrait ? Je ne le crois pas. Dans les deux cas, en effet, il s'agit d'une activité foncièrement sentimentale et ludique, puisqu'elle se manifeste, soit chez soi dans un moment de détente, soit en week-end, soit en vacances. Se trouvent par là-même associés, quel que soit celui qui photographie, le désir de conserver, au fil du temps, et la mémoire des lieux et celle des êtres qui leurs sont chers.
En bref, c'est une photographie du bonheur.

 

>> A Gordes, les photos du bonheur familial.(1)

>> A Gordes, les photos du bonheur familial.(2)

>> A Gordes, photo de famille.

>> "Marie-Anne, Vincent et moi", la première de couverture.

>> Marie-Anne, Vincent et moi: un livre secret de Willy Ronis _Ed. Filigranes 1999.

 

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En visite au Café de France … la place juste.

10 Décembre 2015, 09:23am

Publié par barreteau

 

En visite au Café de France … la place juste.

Café de France - Isle Sur La Sorgue - 1979 © Willy RONIS

En 1972, Ronis s'installe à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse) dans une maison avec un petit jardin, une demeure plus confortable que ses maisons de Gordes. Dernièrement, j'ai retrouvé - grâce à Monsieur André Pharel que je remercie ici vivement - cette habitation, au 8 de la rue Ledru-Rollin, tout près de la place de la Collégiale. Et là, sur cette place, se trouve encore aujourd'hui, dans son jus car rien n'a changé, le "Café de France" dont il fera une photo devenue célèbre.

A L'Isle-sur-la-Sorgue, il va consacrer beaucoup de temps à l’enseignement : à l’École des Beaux-arts d’Avignon, puis aux facultés d’Aix-en-Provence et de Marseille et ce, jusqu'à son retour à Paris en 1983.

La petite ville de l'Isle-sur-la-Sorgue sera le cadre de nombreuses scènes de rues, de places, de marchés qu'il capturera avec soin et avec cette technique qui lui est propre et qu'il décrit mieux que personne: "En général, je ne change rien à ce qui se passe, je regarde, j’attends. Simplement, à chaque photo, je suis impressionné par une situation, et j’essaie de trouver la bonne place où pouvoir placer mon instantané, pour que le réel se révèle dans sa vérité la plus vive. Il y a un vrai plaisir à trouver la place juste, cela fait partie de la joie de la prise de vue, et c’est quelquefois aussi un tourment, parce qu’on espère des choses qui ne se passent pas où qui arriveront quand vous ne serez plus là."

La photo du "Café de France à Isle Sur La Sorgue" est une merveilleuse illustration de sa technique car là, il a trouvé la place juste,  juché sur un escabeau face à son sujet, il attend patiemment que tout s'organise harmonieusement dans son cadre. Splendide et tellement… humain.


>> Le 8 de la rue Ledru-Rollin à L'Isle-sur-la-Sorgue.

>> Aujourd'hui à L'Isle-sur-la-Sorgue, n'est pas Willy Ronis qui veut ©Photo Pierre Barreteau.

>> A Paris aussi, "n'est pas Willy Ronis qui veut" 

>> Autre scène de rue captée par Willy Ronis à l'Isle-sur-la-Sorgue.

 

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Chez Willy Ronis à Gordes.

5 Décembre 2015, 10:13am

Publié par barreteau

Chez Willy Ronis à Gordes.

 

En 1948, Ronis avait acheté une maison en ruine à Gordes ("la Maison-Vieille"),  rue de la Calade, puis une autre maison en 1958 (le "Moulin"), toute proche la première, rue de la Fontaine-Basse.

Au début, Gordes sera le village de la résidence secondaire, utilisée seulement à la belle saison, entre deux allers-retours vers Paris.

Mais à Paris, les commandes se font rares car, durant toute cette période, Ronis n'est pas reconnu, et sombre dans l’oubli. Il dira d'ailleurs: "Les rédactions pensaient que j'avais tout plaqué, elles ne m'appelaient plus. J'ai alors sérieusement songé à quitter le métier. J'étais une espèce de maniaque inadapté." Alors il s'installe à plein temps à Gordes, dans sa maison de la rue de la Fontaine-Basse, un ancien moulin avec sa roue, qu'il avait d'abord acquis pour servir de garage à la "Maison-Vieille". Il va alors restaurer de fond en comble le "Moulin" et, en 1969, "Maison-Vieille" sera vendue.
Pour se régénérer, Ronis va se lancer dans l’enseignement à temps partiel avec des cours hebdomadaires aux Beaux-arts d'Avignon, à la Faculté des Lettres d'Aix en Provence, à la Faculté des Sciences Saint-Charles à Marseille, il prendra aussi la direction d'un stage à la Maison des Jeunes à Arles. Mais Gordes, éloigné des grands axes de circulation, ne rend pas facile tous ces déplacements alors, en 1972, il s’installe à L'Isle-sur-la-Sorgue. Il y restera 10 ans. Puis en 1982, il retourne à Paris, car vivre loin de la capitale pour un photographe est suicidaire, surtout pour quelqu’un qui travaille sur le réel immédiat, et de surcroît Marie-Anne est frappée par la maladie d'Alzheimer.

Dans le Vaucluse, comme à Paris, Ronis savait s’émerveiller des "cadeaux du hasard", des petites choses que d’autres auraient négligées et avec lesquelles il tirera de magnifiques images.  Car pour Ronis tous ces petits évènements ont une étincelle de vie : "Dans une vie, tout se ramène à une petite constellation de chose", nous dira-t-il. Même si dans ces évènements il y a souvent une accumulation de douleurs: la mort, en 1987, dans un accident de deltaplane de son fils aimé Vincent, puis la mort de Marie-Anne sa femme en 1991, et de tant d’amis proches … devenus des visages enfuis.


>> Le village de Gordes (Vaucluse), la première maison de Ronis ("la Maison-Vieille"),  se situe au centre du premier cercle des maisons du bas du village. Elle a les volets verts.

>> La première maison de Ronis à Gordes, ("la Maison-Vieille"), rue de la Calade, achetée à l'état de ruines en 1947.

>> La seconde maison de Ronis à Gordes, (le
"Moulin"), rue de la Fontaine-Basse, achetée en 1958.

 

 

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Suite et fin du voyage à Gordes : "Et le chat aussi …"

29 Novembre 2015, 09:47am

Publié par barreteau

Suite et fin du voyage à Gordes : "Et le chat aussi …"

Chat derrière la vitre, Gordes, 1957_© Willy Ronis

 

La maison que Willy Ronis occupe à Gordes entre 1947 et 1958 ("Maison-Vieille") est le lieu où ont été prises deux de ses photos majeures : "Le nu provençal" et "Vincent aéromodéliste".

Mais à Gordes, il va surtout écrire une chronique intimiste et secrète car sa femme Marie-Anne, son fils Vincent et  … son chat seront alors ses uniques modèles.

Pour son animal domestique, c'est le fenestron de l'entrée de la maison de Gordes qui va servir de cadre. Et si le "Chat derrière la vitre, Gordes, 1957" ne fait pas partie de ses plus célèbres photos, il est incontestable que Ronis a toujours été attiré par les chats, à tel point qu'il ira jusqu'à publier - en 2007 - un ouvrage entier sur eux.
Et les chats de Willy Ronis sont magnifiques, mais il est difficile de comprendre comment il a su réussir à les saisir ainsi au vol, à traquer leur vérité intime, à les faire exister dans leur plus haute simplicité.

Et comme toujours chez Ronis, c'est la vie qu'il nous montre, cette fois-ci à travers le regard de ses chats, toujours noirs pour magnifier les tonalités et les nuances du noir et blanc argentique.

Il faut être un immense artiste pour laisser ainsi parler les chats, sans les trahir, sans exagérer, sans vouloir les enjoliver. Avoir été juste là, toujours à la bonne place, avec le geste prompt. C'est sans doute là que réside le secret de l'art de Willy Ronis.

 

>> Les chats de Willy Ronis.

>> Le fenestron de la "Maison Vieille" à Gordes.

>> Voir aussi: En visite chez "le nu provençal" …

>> Voir aussi: Suite du voyage à Gordes: "Vincent aéromodéliste".

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"Fluctuat nec mergitur"

24 Novembre 2015, 09:27am

Publié par barreteau

"Fluctuat nec mergitur"

Lavatronic, 3 Rue de la Fontaine au Roi Paris 11ème _novembre 2015

 

En face de "Casa Nostra", le restaurant de la rue de la Fontaine au Roi qui fut l'une des cibles des attentats du 13 novembre à Paris, la laverie Lavatronic a reçu cette balle perdue ...
"Fluctuat nec mergitur" ?… Oui Paris est battu par les flots, mais ne sombre pas.


>> La laverie Lavatronic, par temps de paix …

>> Rue de la Fontaine au Roi, déjà sur Parisperdu

 

 

 

 

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"Une amitié argentique", regards croisés de deux maîtres du noir et blanc.

19 Novembre 2015, 12:24pm

Publié par barreteau

" Une amitié argentique", regards croisés de deux maîtres du noir et blanc.

"C'est ça Paris" 1954 © Gianni Berengo Gardin - Courtesy Fondazione Forma per la Fotografia

" Une amitié argentique", regards croisés de deux maîtres du noir et blanc.

"Les Communiantes de la rue de l'Evangile" Paris 18ème 1978 © Elliott Erwitt - Magnum Photos

 

"Une amitié argentique" rassemble 120 tirages noir et blanc de Gianni Berengo Gardin et d'Elliott Erwitt, réalisés entre 1950 et 2014 et présentés, la semaine dernière, au Salon de la Photo 2015 à Paris.

D'un côté, Elliott Erwitt. Né à Neuilly en 1928 et fils d'immigrés russes, il sera remarqué par Robert Capa qui l'introduira à Magnum. Il finira d'ailleurs par diriger la prestigieuse agence. Il a traversé la deuxième partie du XXe siècle en posant les jalons de la photographie moderne, laissant à la postérité les images les plus fameuses de Marylin Monroe, tout comme de nombreux portraits de chiens croisés dans la rue.

De l'autre, Gianni Berengo Gardin. Né en 1930 près de Gênes, il débute la photographie à 14 ans comme un acte de rébellion: en 1944, l'armée italienne sous le joug de l'Allemagne nazie confisquait à la population armes et appareils photos. Il s'est dit que la photo devait être bien intéressante pour occuper autant les esprits des soldats. Moins connu du grand public qu'Erwitt, il demeure l'un des plus grands photographes du XXe siècle, qu'il a documenté dans 250 livres.

Quels sont les points qui rassemblent ces deux photographes et qui justifient de leur consacrer une grande exposition commune?

Il y a d'abord le noir et blanc comme réponse évidente. Si Gianni Berengo Gardin ne pratique pas la couleur, Elliott Erwitt ne le fait qu'à contrecœur. Il y a aussi l'argentique, comme l'indique le sous-titre de l'exposition: "Une amitié argentique". Comme pour la couleur, l'un ne le pratique pas (et voudrait même interdire Photoshop), quand l'autre ne le fait que pour les commandes. Mais ce qui les rassemble est beaucoup plus intime.

Ce n'est pas parce que leurs approches se complètent l'une l'autre qu'ils vont si bien ensemble. Au contraire, Gianni Berengo Gardin résume les choses en deux mots: "Nos deux regards sont très semblables. Ils ne sont pas complémentaires, mais similaires." Une façon de photographier qu'Elliott Erwitt précise: "Cette approche est très simple, elle est en fait une manière d'être. Je me lève le matin, je prends mon appareil photo, et je fais des photos." Pour Gianni Berengo Gardin, cette attitude est la marque d'une époque: "C'est un geste naturel, je crois que c'est propre à notre génération de photographes."

L'amitié qui lie les deux photographes depuis plus de trente ans a un même creuset: la photographie humaniste. Quand, en 1954, Gianni Berengo Gardin emménage à Paris, c'est en partie pour rencontrer le grand photographe Willy Ronis: "J'avais chez moi un petit livre de reportages de Willy que l'on m'avait offert. Je voulais absolument le rencontrer. Nous sommes devenus très amis, nous sommes allés photographier Ménilmontant ensemble. Il est mon véritable maître."

Ils adoptent tous deux la posture du témoin: "Ce sont les sujets qui s'imposent, ce sont eux qui me suggèrent la photo que je dois faire", explique Gianni Berengo Gardin. "Qu'est-ce que je cherche quand je prends une photo? Je ne le sais pas jusqu'à ce que je le trouve...". Une spontanéité reconnaissable aussi bien dans le travail de l'un comme de l'autre. Dans la fascination qu'Elliott Erwitt entretien pour les chiens, par exemple, et qui a donné de nombreuses scènes cocasses. Elle dure depuis les années 40, mais ce n'est que des années plus tard, en examinant des planches contacts, qu'Erwitt réalise la place de ces animaux de compagnie dans son travail.

Les arts graphiques ont aussi leur part de responsabilité dans l'esthétique d'Elliott Erwitt: "Je m'inspire aussi de la peinture, mais encore plus du dessin." Pourquoi le dessin en particulier? "Parce que le dessin est plus direct." C'est là que se rejoignent Elliott Erwitt et Gianni Berengo Gardin dans leur pratique artistique: comme le noir et blanc, le dessin "est une synthèse". Il ne garde que l'essentiel sans s'encombrer de ces couleurs qui distraient le regard. Quand on fait du noir et blanc, il n'est plus question que de lumière.
Et l'exposition du salon de la Photo 2015 le démontre parfaitement.

 

>> En savoir plus sur l'exposition.

 

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10 ans … déjà !

14 Novembre 2015, 09:30am

Publié par barreteau

10 ans … déjà !
Le premier billet de Parisperdu intitulé "Villa du Danube" était posté le 14 Novembre 2005. Le blog fête donc aujourd'hui ses 10 ans !

En 10 ans, Parisperdu a posté 750 billets et, si mes compteurs sont exacts, a reçu la bagatelle de 10 525 204 visiteurs pour près de 60 millions de pages vues. Sur cette décade, le blog m'a permis de tisser de nombreux liens avec des journalistes, des photographes et avec un nombre incalculable de bloggeurs et de lecteurs. Cela prend du temps mais donne aussi beaucoup de satisfactions.

Et, après 10 ans d'existence, après l'apparition de Facebook et Twitter... si Parisperdu est toujours là, c'est bien sûr grâce à vous, qui êtes devenus au fil du temps, au fil des modes "mes followers" …

Merci à tous, ensemble la route continue …


>> 14 novembre 2005, le premier billet de Parisperdu …

 

 

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"On s'est bien marré au cimetière …"

9 Novembre 2015, 10:08am

Publié par barreteau



Samedi dernier, le beau temps est de la partie aussi me vient l'idée d'aller faire un tour au Père Lachaise … mais je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée car nous étions une soixantaine au rendez-vous donné par Bertrand Beyern à la sortie du métro !

Et voilà que Bertrand, notre guide-conférencier, amène sa troupe pour une longue tournée dans les allées du cimetière.
Le thème du jour était "l'humour noir" et il est vrai que l'on s'est bien marré au cimetière ! Car Bertrand est un "maître es-humour noir" et, au fil des allées et des tombes, les histoires petites et grandes défilent … toutes véridiques mêmes si parfois elles semblent peu vraisemblables. Alors à chaque fois, Bertrand sort de sa sacoche les documents qui accréditent son discours, car oui nous avons bien affaire à un professionnel de la nécrologie, à un expert du funéraire, à un "nécrosophe" comme il se définit lui-même… Non Bertrand n'est pas un débutant, d'ailleurs le lieu s'y prête-t-il ?

Le "show" - car c'en est bien un auquel nous assistons - est lancé avec le Président Félix Faure et Marguerite Steinheil, sa "pompe funèbre", puis arrive Pierre Desproges et sa concession de deux mètres carrés, ou encore le monument funéraire d'une femme atteinte de gangrène qui a fait enterrer sa jambe un mois avant de passer de vie à trépas... puis c'est Jean-Louis Fournier qui nous parle de lui - il est encore bien vivant mais veuf de sa femme Sylvie - avec cette épitaphe improbable : "Finalement, nous ne regrettons pas d'être venus" , ou encore Jean-Louis Sacchet un pharmacien qui se construit actuellement son sépulcre égypto-parisien, et aussi la tombe de l'anonyme qui tient dans ses mains le visage de sa femme, avec pour seule inscription : "Ils furent émerveillés du beau voyage qui les mena jusqu'au bout de la vie", et pour laquelle Bertrand Beyern fit de longues recherches qui lui permettront de percer le mystère et de pouvoir enfin mettre un nom sur cette tombe qui n'en a pas …

Mais, bien au-delà des informations qu'il nous donne, du rire ou des sourires qu'il nous arrache, Bertrand Beyern nous permet de voir différemment ce lieu, et surtout d'y capter une poésie certaine, de vives émotions et une philosophie de la vie dans un endroit pourtant peuplé uniquement de défunts …

Vous l'avez compris, je vous recommande vivement cette balade parisienne, vous passerez un moment inoubliable !


>> Bertrand Beyern, site officiel.

>> Le cimetière du Père Lachaise sur Parisperdu.

 

 

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Suite du voyage à Gordes: "Vincent aéromodéliste".

3 Novembre 2015, 09:25am

Publié par barreteau

 Suite du voyage à Gordes: "Vincent aéromodéliste".

"Vincent aéromodéliste" Gordes, 1952 © Willy Ronis

 

Lors de mon récent voyage à Gordes, j'ai pu tout à loisir déambuler au plus près et tout autour de la maison de Willy Ronis (la "Maison Vieille"), aux endroits où précisément, entre 1948 et 1958, il a réalisé quelques uns de ses clichés mythiques.

Et soudain, je me rends compte que je marche sur la terrasse où Willy avait demandé à son fils Vincent de lancer son modèle réduit d'avion afin que, de la fenêtre de la cuisine, il puisse saisir, en pleine lumière, son garçon dans l'action … c'était en 1952, Vincent avait 12 ans.

Dans cette image intitulée "Vincent aéromodéliste", l’importance des ombres est primordiale. Willy Ronis disait d'ailleurs : " Ce n'est pas la lumière qui m'a inspiré, c'est ce qu'elle éclaire". Et en effet ici, Vincent émerge du clair-obscur de la terrasse, laissant au sol son ombre portée.

Cette photo est tellement emblématique de l'œuvre de Willy Ronis qu'elle figure en couverture du Photo Poche n° 46. Dans cette prestigieuse collection, c'est le numéro qui lui est consacré.

Impossible toutefois de ne pas saisir le caractère prémonitoire de cette photo, car Vincent son fils aimé, ou plutôt comme il le précisait: le fils de Marie-Anne, décédera en 1987, à 47 ans, dans un accident … de deltaplane.

Marqué à jamais par la disparition de Vincent dans ces brutales circonstances, Ronis décide en 1994, (il a alors 84 ans !) - peut-être comme pour conjurer le sort - de faire son premier saut en parachute. Pour l'occasion, il n'omettra pas d'immortaliser la scène avec son Minox. Mais Willy, le perfectionniste, n'est pas pleinement satisfait du cliché, il recommencera début septembre 1995 et pour ce second saut, cette fois-là il avait emmené son "Horizon à balayage" afin d'élargir le champ couvert. Le résultat vous est donné ci-dessous ...

 

A suivre, la fin du voyage à Gordes : "Et le chat aussi … "

 

>> La terrasse de "Vincent aéromodéliste".

>> La fenêtre de la cuisine de la "Maison Vieille" à Gordes.

>> Couverture du Photo Poche n° 46 consacré à Willy Ronis.

>> Willy Ronis parachutiste, autoportrait pris avec un "Horizon" à balayage (1995).

>> Lire aussi : "En visite chez Le Nu Provençal".

 

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En visite chez "le nu provençal".

29 Octobre 2015, 10:02am

Publié par barreteau

En visite chez "le nu provençal" …

Le Nu Provencal, Gordes, 1949 © Willy Ronis

On connaît ici mon admiration pour Willy Ronis et mon attachement à ses photos qui savent si bien décrire le Paris que j'aime, celui des petites gens et des quartiers populaires de Belleville et de Ménilmontant.

Mais il est une autre partie de son œuvre que je méconnaissais et que je souhaitais explorer plus avant, il s'agit de ses photos réalisées en Provence et plus particulièrement dans les deux villages du Vaucluse où il résida successivement, à Gordes puis à l'Isle sur la Sorgue.

A ce propos, Willy nous dit :"En juillet 1947, j'emmène à moto ma femme dans le Vaucluse. Le village de Gordes nous fascine et nous y trouverons l'année suivante une ruine, sans eau ni électricité, pour les vacances futures".

Et, le mois dernier, je me suis rendu dans le Vaucluse et j'y ai retrouvé cette maison, en partie grâce à l'aide de la Mairie de Gordes que je remercie vivement. La ruine dont nous parle Ronis, justement appelée "Maison-Vieille", est aujourd'hui devenue une résidence secondaire de charme, appartenant depuis près de 30 ans à une famille étrangère qui … et ç'en est presque comique, … ne connait rien de Ronis, ni de l'histoire de cette maison … ! Comique mais un peu décevant tout de même …

Mais qu'importe, car pour moi l'émotion est bien là lorsque que je découvre le lieu exact où Willy Ronis réalisa plusieurs de ses images cultes. Ainsi, sur la façade principale, j'ai en face de moi la fenêtre de la chambre du premier étage qui est celle du "Nu Provençal". Puis, au rez-de-chaussée, la fenêtre de la cuisine-séjour qui servie de cadre au cliché intitulé "Vincent Aéromodéliste" et je retrouve même la petite fenêtre de l'entrée, avec sa barre de défense, qui est celle du "Chat derrière la vitre". C'est donc là, dans cette haute maison aux volets verts et aux pierres blanchies par la chaleur du midi, qu'ont été pris successivement dans les années 1949, 52 et 57, ces trois mythiques clichés.

Voyons tout d'abord "Le Nu provençal". Incontestablement c'est la photo fétiche de Ronis, une photo mondialement connue, au sujet de laquelle il avait coutume de dire : "Le miracle existe. Je l'ai rencontré". Et c'est Philippe Sollers, dans l'ouvrage "Nues", qui en parle le mieux: "La composition est magistrale, elle dit la vraie joie de vivre dont notre époque est si tragiquement et piteusement dépourvue. Le miroir, la cuvette, le petit tapis, les craquelures du sol, voilà des cercles qui ne demandaient qu'à dialoguer. La fenêtre ouverte, le volet, le mortier, le pichet, la chaise se répondent dans la verticale (cette photo aurait ravi Cézanne). Tout vit, tout vibre doucement et veut être vu. Le corps nu est la résultante de cette magie matérielle. La lumière est là pour dire l'harmonie indestructible de l'ensemble (soleil sur les épaules, bénédiction du temps). On est tellement loin de l'imagerie exhibitionniste et grimaçante d'aujourd'hui qu'on se demande si ce conte de fées a pu exister.

Ronis parle de miracle. Il a raison, ç'en est un que seul celui qui en a vécu un semblable peut comprendre".

 

A suivre, dans un prochain billet sur ce voyage à Gordes, un autre cliché culte: "Vincent aéromodéliste".

 

>> Le Nu Provençal (les 3 autres prises sur la planche contact), Gordes, 1949

>> La Maison de Willy Ronis à Gordes (1948-1958) dont trois fenêtres ont servi de cadre à trois photos mythiques.

>> A lire aussi : "Sur la traces des domiciles parisiens de Willy Ronis".

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