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PARISPERDU
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Meilleurs Voeux pour 2015 !

1 Janvier 2015, 09:17am

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Publié par barreteau

"Bonne année ! ",

"Happy new year ! ",

"Ein gutes neues Jahr ! ",

"Migliori auguri ! "

"Feliz año nuevo !" …

Parisperdu vous présente ses meilleurs vœux pour 2015.

Gardons le contact toute l’année en nous retrouvant régulièrement sur Parisperdu, sur Twitter et aussi en rejoignant le Groupe Facebook :"Paris Hier, aujourd'hui … demain", la page des amoureux de Paris animée par Parisperdu.

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Bas-Belleville ou Babelville ?

26 Décembre 2014, 18:18pm

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Publié par barreteau

Ecole primaire 37-39 rue de Tourtille - Paris 20e arrondissement

Le Bas-Belleville est l'un des derniers quartiers populaires de Paris. C'est aussi l'un des quartiers de Paris aux communautés les plus mélangées. Depuis toujours, Belleville a en effet été un lieu d’arrivée privilégié pour différentes couches d’immigration: les juifs russes et polonais fuyant les pogromes au début du 20e siècle, les Arméniens fuyant le génocide, les Espagnols arrivés pendant le régime de Franco, puis les pieds noirs tunisiens après l’indépendance, les travailleurs algériens et maghrébins quittant les bidonvilles, les Africains souvent logés dans des foyers et pour finir, est arrivée une forte vague d’immigration Chinoise et asiatique.

Plus récemment, petit à petit, est arrivée la gentrification du quartier, le "populo" quitte Belleville, cédant la place au "bobo", à la classe moyenne voire moyenn e-supérieure.

Mais comment vivent ensemble toutes ces communautés ?
Comment cohabitent tous ces habitants d’origines si diverses que boulevard de Belleville, les jours de marchés, c'est la Tour de Babel: pas moins d'une cinquantaine de langues et de dialectes peuvent y être entendus …

Eh bien, sur les collines de Belleville et de Ménilmontant, la cohabitation ne se passe pas si mal et, malgré de nombreuses transformations urbaines et sociales, ces quartiers ont su conserver leur âme. Il se dégage un charme particulier de ces hauteurs. Elles sont à la fois closes et aérées, faites de grandes artères et de petits chemins de traverse qu'il faut savoir observer en prenant tout son temps pour parcourir ce coin de Paris.

Les habitants de Belleville, pour reprendre l'expression de Georges Perec, "habitent leur quartier",  entretiennent et perpétuent l'histoire et le mythe d'un village singulier, ouvrant ainsi pour l'avenir tout le champ des possibles ...


>> Lire aussi sur Parisperdu: "Belleville de haut en bas".

 

 

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Il ne faut pas se fier aux apparences.

20 Décembre 2014, 09:58am

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Publié par barreteau

Villa Emile Loubet_Paris 19ème.

Il ne faut pas se fier aux apparences. Certes, les 19ème et 20ème arrondissements ont largement souffert de l'appétit des promoteurs dans les années 1970/80. Mais heureusement, une fois que l'on a franchi les barres de béton de la place des Fêtes, monte du fond de la ville une vague généreuse de villas des temps anciens, petits chefs-d'œuvre d'architecture éclectique.

Paris a su en effet préserver, en cet endroit, un habitat que couronne un environnement de rues étroites, de placettes calmes et d'impasses noyées dans la verdure.

Ce sont les quartiers de la Mouzaïa, de la Campagne à Paris, du Hameau du Danube et aussi de quelques autres secteurs qui ont toujours fait de la résistance, repliés sur leurs bastions de villas et de maisonnettes où désormais se fondent néo-bobos et parigots de tout temps.

Et, sur la place circulaire du "Rhin et Danube", occupant l'endroit stratégique d'un ancien octroi, se trouve le bien nommé "Café Parisien" où se donnent rendez-vous à toutes heures du jour, jeunes et anciens du quartier.
Ainsi va la vie dans ce coin du 19ème. Ce quartier bossu à l'urbanisme imparfait et aux rues étroites possède donc des habitants qui tiennent fermement la barre face aux bouleversements de leur patrimoine immobilier.
On les retrouve dans les ruelles, à l'abri du flot des automobiles, sûrs d'être ailleurs, … dans une autre époque.
Décidemment, il ne faut pas se fier aux apparences …


>> Voir aussi : "Chère Mouzaïa".

>> Voir aussi : "La Mouzaïa : encore un village".

>> Voir aussi : "Pour un urbanisme retardataire".

>> Voir aussi : "On comprend que j'adore cette petite cacophonie, et je voudrais dire pourquoi".

 

 

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Retour à l'escalier de l'avenue Simon-Bolivar.

15 Décembre 2014, 11:16am

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Publié par barreteau

Avenue Simon-Bolivar. Juillet 2012

La Butte Bergeyre est un village parisien isolé, méconnu et peu fréquenté. A l'écart du tumulte de la ville, la butte est seulement desservie par une unique rue et par trois escaliers plutôt abrupts. Depuis l'avenue Simon Bolivar c'est une volée de 75 marches qui mène à ce village haut perché, si haut que certains habitants du quartier surnomment cet escalier "la pyramide aztèque".

En 1950, Willy Ronis a capturé ici, l'une de ses images cultes.
L'écouter raconter ses prises de vue a toujours été pour moi un délice.
Voilà ce qu'il nous dit à propos du fameux cliché "Avenue Simon Bolivar" :

"Cette photo, je l'ai faite en 1950. J'étais là, dans cet escalier, j'attendais quelque chose, parce que je voulais qu'il y ait un peu de monde qui passe. À un moment donné, j'entends une voix de femme derrière moi, qui parlait à son enfant, qu'elle tenait dans ses bras. J'ai attendu qu'elle me dépasse, et miracle, miracle qui arrive quelquefois dans la photographie : quand elle est arrivée en bas, est passé cet attelage étonnant - car même en 1950 il n'y avait plus tellement d'attelages avec des chevaux. Et ce qui est amusant, c'est qu'il y a en même temps cet ouvrier municipal, qui est en train de réparer ses feux tricolores, et des femmes qui promènent leurs enfants dans des poussettes derrière. Et puis le petit cordonnier qui parle avec le client. Et le petit chat noir, en bas de l'escalier. C'est une photo pleine d'histoires !"

Alors, aujourd'hui, une fois encore,  je suis retourné sur les lieux. Bien sûr la prise de vue s'imposait et sous un angle voisin de celui du Maître … mais le résultat est loin, très loin d'être à la hauteur du sien …


>> Avenue Simon-Bolivar, 1950 ©Willy Ronis/ Agence Rapho

 
>> Voir aussi : "N'est pas Willy Ronis qui veut ?"

 

 

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Le voyage raté du Moaï à Paris.

9 Décembre 2014, 13:40pm

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Publié par barreteau


En 2008, deux chefs rapanuis viennent visiter Paris.  Ils représentent la communauté de 4 900 habitants qui vit sur l’île de Pâques, située à 4 000 kilomètres de toute autre terre. Selon ces chefs, un Moai aurait exprimé son désir d’aller à Paris pour "apporter une énergie spirituelle qui changerait la conscience de l’humanité" !?!

Le projet de transfert d’un Moaï à Paris prend réellement corps quand les fondations italienne "Mare Nostrum" et française "Louis-Vuitton" acceptent de financer l'opération. Leur but avoué était de faire connaître la culture de l’île de Pâques, en échange d’une contribution à la préservation de son patrimoine.

En 2009, Le Conseil des monuments nationaux du Chili approuve le projet. Un Moaï de l’île de Pâques devrait donc être exposé à Paris, dans le Jardin des Tuileries, du 26 avril au 9 mai 2010.

Mais ce "voyage" du Moaï commence à agiter la communauté pascuane et de nombreuses voix opposées au transfert s'élèvent dans la petite île. Le Conseil des monuments nationaux du Chili (CMN) conditionne désormais son accord à un référendum local.
La consultation se déroule début mars 2010, mais depuis quelques jours déjà, le Chili doit faire face à des évènements autrement plus urgents: le 27 février 2010, un séisme d'une magnitude de 8,8 suivi d'un tsunami ravageant 350 kilomètres de côtes dans la partie centre-sud du pays, fait 525 morts, 2 millions de sinistrés et 20 milliards de dollars de dégâts. Même la lointaine île de Pâques a dû procéder à une évacuation partielle de sa population en raison du risque de tsunami.

Dans ces conditions, on comprend que le déplacement du Moaï à Paris ne soit plus une priorité. Et, le 8 avril, les résultats du "référendum local sur le Moaï" tombent: 89 % des habitants de l’îlot du Pacifique sud se sont opposés au voyage de la statue. Les autorités chiliennes donnent officiellement leur décision finale le 14 avril 2010 : le Moaï n'ira pas à Paris.

Il faut dire qu'au long de leur histoire, les Pascuans (plus exactement les Rapa Nui) ont vu disparaître une bonne partie de leur patrimoine. Ils peuvent aussi soupçonner que ce qui s'en va ... ne revient pas. Et qu'ont-ils vraiment à gagner dans l'affaire, vu le rayonnement déjà énorme de l'île ?

Il faudra donc aller à l'île de Pâques pour découvrir ces géants.
Pour moi, depuis la semaine dernière, … c'est chose faite !

 

>> En savoir plus sur le voyage raté du Moaï à Paris.

>> En avril 1997, un moaï un peu spécial, nommé "Moaï de la Paix" avait fait un bref séjour à Paris.

>> Montage de photos personnelles de mon carnet de voyage à l'île de Pâques (©Pierre Barreteau)

 

 

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Pâques à Paris ?

21 Novembre 2014, 08:41am

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Publié par barreteau

Tête de Moaï dans le hall d'entrée du Musée du quai Branly – Paris 7ème

Récemment un ami m'a dit : "Si tu veux voir les Moaï, pas besoin d'aller jusqu'à la lointaine île de Pâques, vas tout simplement au musée du quai Branly et là, tu pourras en voir trois !".

Alors je me suis rendu dans ce musée flambant neuf et, effectivement, dès le hall d’entrée, impossible de manquer, haut perchée, la tête d'un Moaï.
Mais hélas, … il ne s'agit que d'une tête, et la sombre console d'acier censée remplacer le corps de la statue, ne me fait pas rêver. Pour moi … "ça le fait pas" !

Je découvrirai une deuxième tête, bien plus petite, au Pavillon des Sessions, et une troisième tête de Moaï sur le plateau des collections permanentes de ce même musée.
Mais voilà, 3 têtes n'ont jamais fait un Moaï entier !

Alors c'est décidé, je pars très bientôt pour l'île de Pâques.
Là-bas, à 15 000 kilomètres de Paris, 980 géants de pierre m'attendent …
Je reviendrai vous en parler ici ….

 

>> Visiter le musée du quai Branly.

>> Déplacement exceptionnel d’une tête de Moaï au musée du quai Branly.

>> En 2010, un Moaï entier vient à Paris …?

 


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Voyage à Belleville (6/6): Et si on sortait ce soir.

15 Novembre 2014, 10:02am

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Publié par barreteau

Entre les deux bistrots cultes: "Aux Folies" et "Au vieux Saumur" s'ouvre la rue Dénoyez, le "paradis du graff"_ Paris 20ème (juin 2012)


Belleville n'est pas Oberkampf, aussi ne trouve-t-on ici que très peu de bars branchés ou décalés. Quelques bars à vins dans la mouvance "bobo-chicos" ont bien essayé de s’implanter mais le quartier demeure encore largement orienté vers le demi de bière pas cher et la faune alternative "qui va avec". 

L'adresse incontournable de Belleville : "Aux Folies" est située au coin des rues de Belleville et Dénoyez, ce café attire une énorme clientèle, venue de tous horizons, qui s’agglutine ici dans le bruit et l'agitation.

Mais Belleville reste avant tout le quartier des petits restaurants pas chers qui vous permettront de faire le tour du monde en parcourant seulement quelques rues. L'Asie est largement représentée avec: "Au Poivre de Szechuan" (chinois), "Krung Thep" (thaï) et d'innombrables restaurants vietnamiens servant leur soupe pho, très insolite mais non moins addictive !

On trouve aussi des bars à tapas espagnol (Chez Ramona), des restaurants argentins (Chez Valentin), des "épiceries- sandwichs" aux prix imbattables (Chez les polonaises Adriana et Margot) …

Toutefois on peut aussi rester dans la tradition culturelle et culinaire française en fréquentant "Le Baratin", une vénérable maison à la cuisine de bistrot ou mieux encore "Au Vieux Belleville" un repaire d’un autre temps, avec bal musette et vin rouge … ambiance garantie !

Le soir venu, pour danser ou écouter un concert, on peut se rendre à "La Bellevilloise", une ancienne coopérative parisienne, un lieu chargé d’histoire; mais on peut aussi lui préférer "La Java", une salle de concert insoupçonnée située dans le bas-Belleville, au fond d’une galerie marchande des années vingt.

A Belleville, de jour comme de nuit, le monde est à vous  …

(merci de nous avoir suivi au cours des 6 étapes de ce "Voyage" ...)


 

>> "La Java", une salle de concert située dans le bas-Belleville.

>> Belleville, embarquement immédiat.

 

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Voyage à Belleville (5/6) : Dans les parcs et les jardins.

9 Novembre 2014, 10:23am

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Publié par barreteau

 Parc des Buttes-Chaumont _ Paris 19ème.

Le quartier de Belleville possède plusieurs parcs publics à l’identité très différente.

Au Nord, le parc des Buttes-Chaumont est le plus beau parc à l’anglaise de Paris. Ses pelouses en pente, son lac, ses grottes, le belvédère néo-classique fiché au sommet d’un éperon rocheux et le pont suspendu donnent à l’endroit une allure très pittoresque. Ses 24 hectares, sont les bienvenus au milieu de la forte densité urbaine environnante. Aux beaux jours, son aspect vallonné se prête bien à la mode actuelle des pique-niques et des apéritifs dînatoires.

Au Sud, à la limite de Ménilmontant, le parc de Belleville ouvert en 1988, a remplacé un îlot du Paris populaire souvent photographié par Willy Ronis et par ses compères du courant des photographes humanistes. La présence ici de ce parc est très appréciée tant les espaces verts font défaut dans cette partie de la ville. Dessiné à flanc de colline, il possède outre l'une des plus longues fontaine-cascades de la capitale, une vigne qui rappelle la tradition viticole de Belleville et surtout, le long de la rue Piat, en haut du Parc, un beau panorama, avec une vue imprenable sur Paris étendu à vos pieds.

Mais, Belleville possède aussi le plus grand jardin de Paris intra-muros. On n'y pense pas spontanément car il s'agit d'un jardin un peu particulier : c'est …le cimetière du Père Lachaise !

Eh oui, le plus prestigieux des cimetières parisiens est aussi le plus vaste des espaces verts de la capitale !

Sur ses 44 hectares, on dénombre 5300 arbres, essentiellement des érables, des frênes, des marronniers, auxquels s'ajoutent quelques platanes, robiniers, hêtres, tilleuls, acacias, sophoras, noyers… Excusez du peu !

Mais les visiteurs ne viennent pas seulement ici pour s'oxygéner et profiter de l'hyper-calme du lieu, … la promenade au Père Lachaise permet aussi de rencontrer de très nombreuses personnalités … ou plus exactement leurs sépultures !

Au fil du temps, le Père-Lachaise est en effet devenu un lieu d'exposition à ciel ouvert de l'art funéraire. Chaque année, le cimetière est visité par plus de deux millions de personnes, ce qui en fait l'un des lieux les plus visités de Paris, après la Tour Eiffel, le Louvre et Notre-Dame.

(A suivre …)

 

>> Le Père-Lachaise, l'un des lieux les plus visités de Paris.

 


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Voyage à Belleville (4/6) : Venez donc faire un tour dans le village.

4 Novembre 2014, 10:03am

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Publié par barreteau

 

 Cour du 48 rue Ramponeau_Paris 20ème (juin 2012)

Dans le bas-Belleville, la rue grouille de monde et, ce bourdonnement, cette agitation pourraient bien quelque peu vous étourdir. Mais en remontant vers le haut-Belleville vous entrez dans un autre univers et, derrière les façades des vieux immeubles ouvriers règne souvent une grande quiétude.
Si l'on peut avoir un accès aisé à ces endroits cachés à l'occasion des "Journées portes ouvertes des Ateliers de Belleville", chaque année en mai, le reste du temps il vous faudra "jouer du digicode" pour pénétrer dans les impasses privées et les cours intérieures qui nous rappellent le passé à la fois campagnard et ouvrier de Belleville.

Un peu plus loin, des ruelles soignées, bordées de maisonnettes colorées, sont habitées par des bellevillois heureux de perpétuer l’esprit d'un village, à la fois convivial et solidaire. Comme à la Cité du Palais-Royal par exemple, ainsi surnommée parce que la Comédie Française (située au Palais-Royal) y entreposait autrefois décors et costumes.

Mais tout le vieux Belleville n’a pas été sauvegardé … loin de là !
Les hauts immeubles de béton qui ponctuent et enlaidissent le quartier en témoignent. Toutefois, la nostalgie pour ce Paris disparu reste tenace. Et, pour retrouver ce passé proche, on peut regarder "Le ballon rouge", ce merveilleux film tourné en 1956 par Albert Lamorisse à Belleville et à Ménilmontant. On peut également relire "W ou le souvenir d'Enfance" de Georges Perec, un ouvrage paru en 1975. L’écrivain y raconte ses jeunes années, rue Vilin, une artère aujourd’hui aux trois-quarts détruite mais que l'on retrouve rayonnante, dans les photographies de Willy Ronis.

Cependant l’œil curieux se rend vite compte que tout n’a pas été rasé à Belleville. Ainsi, entre la  rue des Cascades et la rue de la Mare, la placette Henri Krazucki est un lieu hors du temps et loin du tumulte. C’est donc l'endroit idéal pour prendre un café en terrasse, au calme.

Forte d'une identité singulière, Belleville suscite un attachement, voire un véritable amour, à tel point que ses habitants s’engagent fréquemment pour défendre leur territoire, et souvent ils résistent plus … et mieux qu'ailleurs.

Belleville n’a pas de monuments, pas de lieux célèbres à visiter, rien de pittoresque ou de particulier.
On ne vient pas se promener ici pour voir le Paris des circuits touristiques … mais pour faire un tour dans un village vivant, attachant, à l'écart des flux urbains … et ça, … ça vaut vraiment le détour !

(A suivre ...)


>> Le Ballon Rouge, 1956 - Albert Lamorisse : Regardez le film.

>> Place Henri Krazucki, le carrefour stratégique du 84 rue des Cascades / 43 rue des Envierges. 

 

 

 

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Voyage à Belleville (3/6) : Visite chez les artistes et les militants ...

29 Octobre 2014, 11:35am

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Publié par barreteau

Rue Dénoyez _75020 Paris (juin2012)

Il suffit d’arpenter le pavé bellevillois pour se rendre compte à quel point l’art est partout, … même dans la rue.

Dans les années 80, de nombreux artistes ont investi les arrières-cours pour y occuper les ateliers désertés par les artisans. Et, en continuant à faire vivre ce patrimoine ouvrier, typique des faubourgs parisiens, ils l’ont mis en valeur.

C’est justement ce que l’on découvre chaque année au mois de mai à l’occasion des Portes ouvertes des "Ateliers d’Artistes de Belleville" : une concentration insoupçonnée d’artistes et de créateurs, invisibles habituellement car installés en retrait du tumulte de la rue.
Le plan distribué gratuitement à l'occasion de cet évènement est indispensable pour dénicher - et pas toujours facilement - ces espaces cachés. L'an dernier, ce sont plus de 250 artistes qui ont ainsi ouvert au public les portes de leurs ateliers. 

Dès sa création en 1989, l’association des AAB (Ateliers d’Artistes de Belleville) s’est inscrite dans une démarche non seulement artistique mais aussi militante. Constituée pour préserver le bas-Belleville alors menacé par un projet de ZAC (une vaste opération de destruction très contestée), l’association a su médiatiser sa cause et faire de l’ouverture des ateliers un rendez-vous original et incontournable. Et, ces mêmes artistes de Belleville ont aussi beaucoup œuvré au sein d'une autre une association "la Bellevilleuse". Ensemble, ces deux associations ont  sauvé le quartier du bas-Belleville des bulldozers.

Mais à Belleville, s’il est un lieu qui porte en lui tout "l’ADN artiste" du quartier, c’est bien "la Forge". Située au 23-25, rue Ramponeau, cette ancienne usine de clés est blottie au fond d’un terrain vague improbable, avec tout autour des murs recouverts de tags colorés et de dessins gigantesques. Sauvée de la démolition par des artistes-squatteurs, cette friche industrielle est aujourd’hui gérée par … la Mairie de Paris… aussi peut-on se demander si l’esprit purement autonome Bellevillois n'est pas en train de disparaître ?

Dans le bas-Belleville, impossible de manquer la singulière, l'incroyable, la foisonnante rue Desnoyez. Investie, chargée et surchargée depuis des années par les graffeurs et autres virtuoses du "street-art", cette rue, baptisée par certains "Le paradis du graff" est en effet l’un des rares endroits de Paris où ce mode d'expression est toléré, voire mis en valeur.
Dans cette drôle de rue, n'hésitez pas à pousser la porte de la "Maison de la Plage" ou de la galerie "Frichez nous la paix" : dépaysement et surprises garantis.  

Belleville attire aussi désormais de nouvelles galeries qui quittent le centre pour s’installer ici. Cependant il faut bien dire que certaines d’entre elles, peu ouvertes sur l’extérieur et sur les habitants du quartier, attisent les critiques de la communauté artistique locale.

Enfin, à Belleville, il faut aussi "visiter" les nombreux murs peints du quartier : Némo et ses pochoirs poétiques, Kouka et ses guerriers ou encore Jérôme Mesnager qui, avec ses corps blancs, a marqué de son empreinte de nombreuses rues du coin.

Au niveau du 50 rue de Belleville et au coin de la rue Julien Lacroix, deux grands murs impressionnants se font face sur la place Fréhel : l’un est signé Ben et l’autre Jean Le Gac. Deux "spots arty" incontournables comme diraient les bobos du quartier ....

(A suivre …)


>> Déjà sur Parisperdu : "A Belleville, La Forge n'est plus ce qu'elle était"

>> Les murs peints de Belleville.

 

 

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Voyage à Belleville (2/6) : Balade dans la mosaïque culturelle ...

24 Octobre 2014, 10:10am

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Publié par barreteau

Marché du boulevard de Belleville_ Paris 20ème

Quand vous sortez du métro Belleville, dans le bas du quartier, la dimension multiethnique vous saute immédiatement aux yeux.

Ici tout n'est que mélange, car à Belleville il n'y a pas de secteurs exclusivement dédiés à telle ou telle autre communauté. Chinois, juifs, maghrébins ou africains, tous vivent ensemble, installés ici et là au gré de leurs arrivées, au fil du temps. Ils partagent l’espace avec de vieux prolétaires français, avec des artistes venus de tous horizons mais aussi, plus récemment, avec de jeunes bourgeois-bohèmes, les fameux "bobos".

Et c’est surtout le long du boulevard de Belleville, puis de celui de Ménilmontant, à l’occasion du marché qui se tient chaque mardi et vendredi, que le visage multiculturel et populaire de Belleville se révèle avec toute sa force.

Le dimanche, les chinois se rassemblent sur le boulevard de Belleville, autour de la station de métro, pour s'échanger les nouvelles de leur lointain pays. Les vieux "chibanis" (ces immigrés maghrébins qui partagent leur temps entre leur pays d’origine et la France) discutent de façon quasi-permanente, assis sur les rares bancs du quartier. Un peu plus loin, nonchalamment assis aux terrasses des cafés populaires du bas Belleville, les juifs tunisiens partagent à longueur de journée le thé à la menthe.

Et, si la rue de Belleville, colonne vertébrale du quartier, offre surtout un visage chinois jusqu’à la rue des Pyrénées, il faut savoir se perdre sur les flancs de la colline pour découvrir ici une synagogue, là une échoppe tenue par des maghrébins, ailleurs un traiteur polonais, puis un supermarché asiatique, ou un coiffeur indien, ou encore un restaurant africain.

Mais les enseignes du monde entier ou les habits traditionnels vus ici, ne sont que la partie émergée de Belleville. Les Portugais, les Yougoslaves, les juifs ashkénazes et bien d'autres encore sont également bien présents même s'ils sont visuellement plus discrets.

Après avoir dépassé la synagogue au 118 boulevard de Belleville, et en continuant vers le métro Couronnes, on se retrouve au cœur d’un quartier musulman, entre les librairies islamiques et les magasins de hijab concentrés autour de la mosquée Omar-ibn-el-khattab. Mais Couronnes n’est pas pour autant devenu un ghetto musulman car, au cœur de cet îlot, se trouve la mémoire ouvrière et populaire de Belleville : la Maison des Métallos, un haut-lieu du syndicalisme des années 30, reconverti aujourd'hui en un établissement culturel.

(A suivre ...)

 

>> La Maison des Métallos, au  94 Rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris

>> Terrasses des cafés "Aux folies" et "Au vieux Saumur"- 10 rue de Belleville

 

 

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Voyage à Belleville (1/6)

19 Octobre 2014, 18:08pm

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Publié par barreteau

 La partie haute de la rue de Belleville et la vue sur la Tour Eiffel (Mars 2014)

Voyager est un art pluriel. Chacun conçoit le voyage avec ses propres attentes, ses propres rêves, ses propres images. Mais voyager ne veut pas forcement dire aller au bout du monde. La découverte, le partage, les rencontres peuvent se trouver à deux pas de chez vous, pour peu que vous soyez curieux, sans à priori et avide de découvrir un monde qui vous change de votre quotidien.

Si vous êtes de ceux-là, alors le voyage à Belleville est fait pour vous.

Mais ce n'est pas à un "voyage organisé" que nous vous convions, car pour bien capter les multiples visages de ce coin de Paris, une longue pérégrination en solitaire vous sera nécessaire. Aussi, votre voyage va explorer 5 différentes facettes de ce quartier singulier de la capitale.

Alors, bienvenue à Belleville.

Dans un premier temps, avant de partir "sur le terrain" quelques mots sur l'Histoire du quartier seront utiles pour mieux le connaître et donc mieux le comprendre.

Accroché au flanc d’une colline qui domine Paris, Belleville n’a jamais perdu son identité populaire. Commune indépendante jusqu’en 1860, elle attire alors les parisiens sous les treilles et entre les vignes de ses guinguettes.

Les grands travaux d'Haussmann qui, sous le Second-Empire, transforment le centre de Paris, ne l'atteignent pas et bon nombre d’artisans et d’ouvriers, chassés du cœur de la capitale, s’installent alors à Belleville.

A cheval sur les 10è, 11è, 19è et 20è arrondissements, le quartier connaît alors une très forte urbanisation. Elle se prolongera jusqu'au début de la première guerre mondiale.

Dès les années vingt, Belleville accueille différentes vagues d’immigration qui viennent trouver refuge en France. Ces arrivées de populations diverses n'ont depuis lors jamais réellement cessé et ont donné au quartier ce visage cosmopolite qui le caractérise aujourd’hui.

Les richesses ethnique et culturelle de Belleville se découvrent certes au fil des trottoirs mais le quartier préserve encore bien des secrets derrière les portes des immeubles aussi, ne faut-il pas hésiter à les pousser … si les digicodes le veulent bien … !.

Belleville est un patchwork à forte identité et étonnamment vivant. Ici, tout et tous se mélangent : les histoires des hommes comme les décors du quartier.
C'est un Paris dépaysant, populaire et chamarré qui bouillonne ici.

Et, aujourd'hui encore, faire le voyage à Belleville reste une expérience à la hauteur de celle qu'entreprenaient dans les années 50, des photographes humanistes comme Doisneau, Izis ou Willy Ronis … Tous venaient immortaliser le Paris populaire du 20ème siècle qui s’exprimait alors pleinement ici.

Nous vous souhaitons "bonne route et bon voyage" …


(A suivre …)


>> Voir aussi : le Petit miracle de Belleville.

 

 

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Paris se barricade.

15 Octobre 2014, 09:29am

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Publié par barreteau

 Une impasse sécurisée de la villa Faucheur - Paris 20ème - octobre 2005

Grilles, clôtures, portails automatiques... dans les vingt dernières années, les "communautés emmurées", comme disent les Québécois, sont devenues un élément constitutif de l'habitat parisien. Ces résidences clôturées laminent l'image d'une ville qui se veut "championne  du vivre ensemble", un label que nous servent régulièrement les politiques locaux.

Si le phénomène touche toute la France, la capitale arrive en seconde position juste derrière Marseille qui détient le record national de l'habitat barricadé. Mais Paris progresse et la tendance au cloisonnement en enclaves résidentielles fermées, est massive. Elle touche tous les types de logements - ancien, récent, individuel, collectif, luxueux ou très modeste - et tous les arrondissements de la ville. D'ailleurs aucun promoteur immobilier ne s'aventure, désormais, à proposer aux acheteurs un projet neuf sans l'étiquette "sécurisée", un euphémisme car en fait il s'agit d'accès totalement contrôlés et de frontières solidement bouclées.

Et pourquoi croyez-vous que les copropriétaires demandent la fermeture de leurs résidences, de leurs villas, de leurs impasses … ? Pour la sécurité, bien sûr car avec des portails automatiques, il est plus difficile de voler une voiture ou de cambrioler une maison. Mais le sentiment d'insécurité, réel ou supposé, est le déclencheur de bien d'autres demandes. Et les causes de fermeture dépassent largement la problématique de la sécurité. Car au final, ce qui est aussi recherché, c'est la volonté d'entre-soi ...

Et, plus on se rapproche des grandes cités HLM, notamment dans les quartiers nord, plus le malaise est patent … et plus on se renferme sur soi-même.
Vous avez dit mixité sociale … ?


>> Voir aussi : "La villa Faucheur".

>> Digicode, tu n'es pas mon ami …

>> Bref entretien, rue Miguel Hidalgo.

 

 

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Errance dans un Paris intemporel.

10 Octobre 2014, 11:34am

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Publié par barreteau

Cité Durmar, 154 rue Oberkampf, Paris 11(Juillet 2012)

Certains de mes fidèles lecteurs me demandent: "Faut-il avoir connu ce Paris perdu pour bien vous lire" ?
Certes non, mais ceux qui partagent les mêmes souvenirs et la même expérience du temps perdu retrouveront plus aisément certains itinéraires et mots de passe, même si souvent le Paris que j'évoque est devenu intemporel voire totalement imaginaire …


Mêlant passé et présent, la ville m'apparaît comme un espace horizontal où les strates temporelles se superposent. Ainsi, les références à l’Histoire sont brouillées, car elles se mélangent aux impressions que la ville exerce sur moi.

Car la ville représente en effet pour moi  un espace un peu irréel où je pars en quête de "je ne sais quoi", traversant les rues, les avenues ou les arrondissements, ou rêvant dans un parc, un square, un café. Arpentant la ville, dans ses dédales, dans ses moindres interstices, je cherche alors à dégager le passé de l’oubli.

Cette errance, cette promenade à travers la ville et dans ma mémoire est un prétexte, souvent mince, pour reconstituer un certain passé et les fragiles fragments qui le composent.

Comme Patrick Modiano, je peux dire que le Paris où j'ai vécu et que j'arpente dans ce blog n'existe plus. Et je suis en parfaite résonnance avec Modiano lorsqu'il dit: "Je n'écris que pour retrouver ce Paris. Ce n'est pas de la nostalgie, je ne regrette pas du tout ce qui était avant. C'est simplement que j'ai fait de Paris ma ville intérieure, une cité onirique, intemporelle où les époques se superposent et où s'incarne ce que Nietzsche appelait «l'éternel retour.» Il m'est très difficile maintenant de la quitter. C'est ce qui me donne si souvent l'impression, que je n'aime pas, de me répéter, de tourner en rond".

Et puis, s'échapper de son quotidien pour déambuler dans la ville comme le ferait un fugueur ne serait-elle pas la seule manière de bien connaître une ville, ses frontières et ses détails, invisibles à l'œil nu?
C'est comme ça, du moins, que j'ai découvert ce Paris perdu. Prenant sur mon temps de travail, le volant en quelque sorte à mon employeur, j'avais l'impression de dériver au fil de promenades interdites, de vivre de grandes aventures qui n'étaient pas "autorisées", d'être confronté au contexte social de certains quartiers qui m'effrayaient, c'était même parfois un choc violent.

C'est tout cela que j'exprime dans ce blog et, peut-être ne m'en suis-je jamais remis de cette errance-là et de cette aventure-là …

 

>> Patrick Modiano vient de recevoir le Prix Nobel de Littérature… une récompense pour son "art de la mémoire".

>> Paris, de Paul Valéry à Patrick Modiano.

 

 

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Robert Giraud, prince de la nuit d'un Paris disparu.

5 Octobre 2014, 15:51pm

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Publié par barreteau

Dans un bistrot de la rue Mouffetard, Robert Giraud (à gauche) en  discussion avec le clochard Pierrot la lune. © Olivier Bailly.

Est-ce que Parisperdu pouvait ignorer l'homme que fut Robert Giraud: écrivain, journaliste, poète, lexicologue … et, à sa façon, expert d'un Paris disparu ?

En parcourant le formidable blog d’Olivier Bailly, la réponse fut claire et nette : je me devais d'en parler.

Robert Giraud, disparu en 1997 fut un drôle de passager de la nuit, fréquentant assidûment les meilleurs bistrots de la capitale, pas forcément les plus rutilants, mais sûrement les plus chaleureux. Des enseignes aujourd'hui disparues ou pire, dévoyées par la "branchitude" …
Seul le bar "le Vin des rues", baptisé ainsi en hommage à son livre le plus fameux, est encore là pour entretenir sa mémoire.

Robert (Bob) Giraud a toujours vécu librement parmi le peuple parisien. Il arpentait ce Paris d'hier, un Paris "fragile", un monde en train de mourir dont il poursuivait les fantômes : clochards, filles de joie ou petites gens au grand cœur… mais il entrainait aussi avec lui les "monuments" que sont Jacques Prévert et Robert Doisneau pour lesquels il a été un peu comme les "traffichini" de Naples, ceux qui vous ouvrent les portes... Il les conduisait auprès du petit peuple des nuits de Paris qu'il connaissait, mieux que quiconque et qu'il comprenait mieux que beaucoup car Robert Giraud avait, lui aussi, connu la misère.

Dans ce Paris méconnu, ce Paris à la marge, il mène des enquêtes pour "Détective" ou "L’Intransigeant". Il en sortira aussi un livre, "Le Peuple des berges", qui prend aujourd’hui une valeur particulière tant il raconte un monde qui n'existe plus. Un monde que l’on qualifiait alors de pittoresque, que l’on photographiait comme si la misère pouvait être décorative. Les portraits qu’il en ramène sont ceux d’un autre temps et d’une autre société, celle des bas-fonds où règnent les verres de gros rouge … le vin, sérum de vérité, qui délie bien des langues.
Il nous raconte alors les histoires d’un Paris perdu, d’un Paris insolite sur le ton d’une simple conversation et avec le langage des rues mal éclairées.

Merci Monsieur Bob et merci aussi à Olivier Bailly de nous faire revivre ces tableaux uniques de la Grande comédie humaine.


>> Pour en savoir plus, voir l'ouvrage d’Olivier Bailly consacré à Robert Giraud, alias l'ami Bob, alias le copain de Doisneau, alias le camarade de Prévert …

>> Le bistrot "Au vin des rues" 21, rue Boulard _75014 Paris.

 

 

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