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PARISPERDU

Corbère de Dalt.

25 Août 2014, 11:04am

Publié par barreteau

 Corbère de Dalt_rue principale

Dans sa série de  billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies" , Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris. Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie.
Dans le sud de la France, après Périllos, un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; après Comes un village abandonné suite aux terribles périodes de sécheresse des années 20; après Flassa, un autre village abandonné qui gît, posé sur la pente ... dans un paysage magnifique... après En qui a connu un abandon progressif; et aussi après le village de Roupidère … un village oublié puis récemment redécouvert, Parisperdu a visité Corbère de Dalt, un village ruiné au pied de son château superbement restauré.
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.


 

Sur la colline  abrupte, seul le château a survécu. Il est là superbe, altier … mais il ne protège plus que des fantômes, des pans de murs sombres et fragiles, offerts à la broussaille et aux chênes verts … Ceux-là ont dévoré une grande partie du village déserté par ses habitants. Quel appétit !
Et désormais, il n'y a plus âme qui vive dans le village de Corbère de Dalt (Corbère du haut), l'ancienne rue principale serpente le long de vestiges mais reste définitivement vide.

Une cinquantaine de maisons aux façades en cayroux, aux ouvertures en plein cintre et aux placards ouverts dans les murs…  tiennent pourtant encore plus ou moins debout et parmi elles, quelques hautes  bâtisses ont encore fière allure. Elles sont plus hautes que larges puisque leur largeur se limite souvent à une seule pièce. Ainsi, elles s’étagent mieux sur la forte pente et s’agglutinent plus aisément en bordure de la rue.

Mais partout les ronces et la garrigue forment un épais tapis et les arbres qui ont poussé dans les cuisines et les chambres des habitations ruinées, ont aujourd'hui pris  la place des anciens habitants …

Il aura fallu à peine une centaine d'années pour venir à bout de Corbère de Dalt, encore habité au début du XXème siècle. Car le pays devenu tranquille, à quoi bon rester sur cette colline sévère. Les hommes sont alors descendus vers les "cortals" - les étables - un peu plus bas dans la plaine. Ils se sont rapprochés des bêtes, de l'eau, et des autres hommes … alors là-bas, tout en bas, un nouveau Corbère, sans Dalt, a vu le jour.


>
> Autres vues du village ruiné.

>> Vue de Corbère de Dalt, vers 1900-1905.

 

 

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Eglises parisiennes en péril.

20 Juillet 2014, 09:46am

Publié par barreteau

L'église Saint-Germain-de-Charonne Paris 20ème (juin 2006)

On ne dénombre pas moins de 96 églises dans la capitale et plus de la moitié d'entre-elles nécessite d'urgence des travaux de restauration de grande ampleur.

Les chantiers les plus urgents concernent des édifices emblématiques de Paris, comme Saint-Augustin (8ème) – œuvre de Victor Baltard, l'architecte des Halles –, qui commence à perdre ses statues surplombant le grand portail. Les églises de la Madeleine, Saint-Eustache, Saint-Sulpice, Notre-Dame de Lorette, Saint-Séverin… souffrent d'un manque d'étanchéité de leur toiture, les peintures sont dégradées, des étais ont été posés comme des filets de protection autour des sculptures qui se délitent.

L'exemple de l'église Saint-Philippe du Roule dans le prestigieux 8ème arrondissement, est éloquent. Un énorme échafaudage avec un toit en bardages a été installé pour empêcher la pluie de tomber à l'intérieur. Une structure temporaire qui a coûté 700.000 euros, sans que soient prévus à ce jour des travaux de toiture. Des rustines, voilà aujourd'hui la politique de protection des édifices cultuels !

Plus grave encore, d'autres souffrent dans leur structure même, comme Saint-Germain-de-Charonne (20e), actuellement fermée pendant les travaux qui viennent de démarrer et qui devraient durer plus de deux ans.

Construite à flanc de colline sur un sol argileux, l'église présente en effet depuis sa construction au XIIe siècle une instabilité chronique. Une série de travaux a déjà été effectuée par le passé : ainsi, au XIXe siècle, des arcs-boutants sont venus renforcer sa façade sud.

Mais ce n'est pas suffisant, aussi aujourd'hui, ce sont de lourds travaux de reprise en sous-œuvre qui vont être entrepris pour consolider l'assise des fondations. Le cimetière et le trottoir qui la longent sont également fermés au public.

La situation des églises de la capitale est pour certaines alarmante, et de nombreux travaux devraient être entrepris avant que les dégâts ne soient irréversibles.
Et pour les associations qui se préoccupent de ce patrimoine, il faudrait aujourd'hui que la Mairie, propriétaire de 80% des églises parisiennes, consacre au moins le double du budget actuel pour empêcher le pire, et le pire c'est une église qui tombe.

Pour la capitale la plus touristique au monde, où les églises, avec leurs trésors et œuvres d'art, tiennent bonne place dans les sites visités, ces dégradations sont parfaitement indignes.

 

 

 

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Autour du "Ballon rouge".

14 Juillet 2014, 09:53am

Publié par barreteau


Le film d'Albert Lamorisse : "Le Ballon Rouge" a été tourné en 1956, dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant.

Ces photos montrent comment Ronis a inspiré Lamorissse pour certains plans de son film. Et aussi comment Lamorisse - à son tour - inspirera Doisneau.

En effet, on retrouve le vitrier de la rue Laurence Savart (photo de Willy Ronis) dans la rue Piat (pour un plan du film d'Albert Lamorisse). Et l'on est au même endroit de la petite ceinture pour le "Ballon rouge" et pour la "Passerelle à vapeur" de Robert Doisneau !

Mais qu'y a-t-il d'étonnant dans ces similitudes ?  
Rien, car Lamorisse, Doisneau et Ronis se connaissaient tous les trois et chacun connaissait le travail de l'autre.
Lamorisse a en effet commencé comme assistant photographe de François Tuefferd, qui n'est autre que le cofondateur avec André Garban, en 1946, du Groupe des XV auquel appartenaient également Willy Ronis et Robert Doisneau.

Le monde est petit … surtout à Belleville et à fortiori dans les années 50 …


>> Le "Ballon rouge", déjà sur Parisperdu.

>> Le "Groupe des XV"

>> "Qu'est devenu le ballon rouge?", un hommage à Albert Lamorisse.


 

 

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Paris demande à être gracié.

9 Juillet 2014, 12:00pm

Publié par barreteau

Terrain vague de l'impasse Truillot _ Paris 11ème (2008).

Depuis des siècles Paris a été fait d'enceintes que l'on détruit, d'ajouts, de substitutions … de rues ou d'avenues que l'on perce, de jardins ou de parcs que l'on crée.

Tous ces bouleversements ont toutefois été conduits dans une certaine continuité jusqu'aux années 1960 où l'on a saigné à blanc les quartiers Italie et  place des Fêtes, brisant par là-même le processus qui avait jusque-là permis à la ville de grandir, de rajeunir et de se transformer sans que ses habitants se posent trop de questions.

Par ces opérations, on venait de casser le modèle haussmannien, qui consistait à prolonger la ville en s'alignant sur les gabarits existants. Etait-ce un bien ? Etait-ce un mal ?

Bien sûr on ne demande pas d'arrêter de construire, mais on ne peut que remarquer que désormais deux limites sont atteintes: celle de ce long périphérique qui fige et arrête la ville, mais aussi celle de ces jardins, de ces vignes, de ces champs que Paris a vu disparaître pas à pas, jours après jours, depuis des siècles et dont les dernières cours, les dernières voies ferrées, les rares derniers terrains vagues sont tout ce qu'il nous reste …

Alors aujourd'hui, ce que nous demandons simplement, c'est de gracier ce vide.


>> Voir sur Parisperdu "Pour un urbanisme retardataire".

>> Démolitions, reconstructions, la ville en chantier.

 

 

 

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Les Cours de l'Industrie.

4 Juillet 2014, 09:19am

Publié par barreteau

Le site avant Réhabilitation, 37 bis de la rue de Montreuil Paris 11ème (juillet 2011)

Dans le 11ème arrondissement, un site exceptionnel vient d'échapper à la voracité des promoteurs. C'était l'un des derniers vestiges parisiens de l’architecture industrielle du faubourg Saint-Antoine : les Cours de l'Industrie.

Au 37 bis de la rue de Montreuil, de lourds travaux de réhabilitation, entrepris dès 2009, vont permettre de livrer, très prochainement, une véritable Cité industrielle et artisanale.

Ces travaux délicats, ont permis de mettre aux normes cet ensemble de trois cours pavées et de huit bâtiments sans faire partir pour autant la quarantaine d'artistes et d'artisans qui y travaillent, et surtout sans saccager des lieux chargés d'histoire.
Car ici, pendant des décennies, ces Cours ont constitué une sorte de village dans la ville, avec ses artisans qui se connaissent tous et qui se retrouvent quotidiennement dans le restaurant de la dernière cour pour le repas de midi.

A partir des années 1970,  alors que la désindustrialisation de Paris se traduit par la disparition de beaucoup d'ateliers, les trois Cours continuent à accueillir des ébénistes, des sculpteurs, des céramistes mais aussi des plasticiens et des musiciens. 
Mais les Cours, de plus en plus délabrées se retrouvent menacées de démolition. Leurs occupants se mobilisent et créent en 1991 une association: les Ateliers Cours de l’Industrie (ACI) qui se battra jusqu'à ce que les parties extérieures des bâtiments soient inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. En 2004, la Ville de Paris achète les lieux au marchand de biens qui les avait récupérés, et démarre des études en vue d'une réhabilitation totale du site.

Le résultat est la cité que nous connaissons actuellement : ces cours de l'Industrie, largement consacrées au travail du bois, l'usine de sièges Moreau et Pérault, qui compte à elle seule 300 ouvriers, celle d'encadrements Duponnois et Cie, les ateliers de transformation des métaux Rougier, … 

Vous avez dit : "Redressement productif" ?


>> Déjà sur Parisperdu : "La cour de l'Industrie".



 

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De la difficulté du "vivre ensemble".

28 Juin 2014, 12:38pm

Publié par barreteau

Graffitis anti-bobos – Paris 19ème arrondissement (2012)

Les sociologues et philosophes de tous bords se sont récemment intéressés au couple antinomique des "petits blancs" et des "bobos".

Alain Finkielkraut a tiré le premier en évoquant le "Français de souche", un terme si controversé que d'autres lui préfèrent celui de "petit blanc".

Le petit blanc est celui qui n'a pas les moyens de quitter les quartiers populaires très métissés et qui souffre de ce métissage alors que le bobo peut vivre dans ces quartiers, même s'il a souvent des stratégies d'évitement face aux situations les plus critiques.

 A la différence du petit blanc, le bobo peut donc choisir où il va habiter. Il aime bien la culture populaire, l'altérité et les mélanges. Les bobos ont inventé le covoiturage, les jardins partagés et ils ont poussé les maires de grandes villes à aménager celles-ci autrement.

Et même s'il n'a pas beaucoup d'argent, il peut aller habiter dans des quartiers où il y a une importante mixité, … mais il n'ira jamais habiter dans une cité du 9.3 !

Dans son livre, "Paris sans le peuple", la sociologue Anne Clerval refuse d'employer le terme bobo qu'elle considère comme un "mot piège" préférant celui de gentrificateurs.

"La mixité sociale souvent lue comme un mélange culturel, est très valorisée par les gentrificateurs même s'ils la pratiquent peu dans les faits" explique-t-elle.
 
Derrière une apparence d'ouverture, la "boboïtude" ne serait-elle pas en fait le nouveau visage de la classe dominante?


>> Autres exemples de graffitis anti-bobos.

>> Guide de survie en pays bobo.

 

 

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Belleville, le monde en un jardin.

23 Juin 2014, 15:05pm

Publié par barreteau

Parc de Belleville, juin 2012

En 1992, dix ans après la mort de son ami Georges Perec, le cinéaste Robert Bober réalise "En remontant la Rue Vilin", merveilleux film sur la mémoire et ses failles, sur la perte et la transmission, sur ce qu'est "vivre sur les traces du passé".

A Belleville, à cette époque, il ne reste plus grand chose de cette rue où Perec a vécu avec ses parents, avant guerre, au numéro 24. Déclaré insalubre, le quartier a été démoli, de nouveaux immeubles ont été construits et, en 1988, un parc y a été implanté. Avec ses 45 000 m2, ses pelouses ouvertes au public, sa vigne, ses arbres et ses fleurs, ses jeux pour les enfants, et aussi une vue splendide sur Paris, le parc de Belleville est un des lieux magiques de la capitale, et les habitants du quartier, toutes nationalités, couleurs et religions mélangées, s’y croisent en bonne intelligence.

Aujourd'hui, c'est un autre film sur le quartier qui éveille notre attention: "Le monde en un jardin" de la réalisatrice Frédérique Pressmann.

Cette réalisatrice va passer quatre saisons dans ce jardin où elle filme et enregistre les bruits, les voix, les musiques, les rencontres, dont celle avec Gérard, qui est le jardinier en chef de ce magnifique espace.
Elle nous donne à voir la couleur du ciel, à entendre le passage du vent dans les arbres, et à percer l’âme de ce lieu suspendu où ville et nature coexistent paisiblement.



>> Frédérique Pressmann: "Autour du parc de Belleville et de son jardinier". 

 

>> Le parc de Belleville, déjà sur Parisperdu.

 

 

 

 

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A la poursuite du Ballon rouge.

18 Juin 2014, 14:00pm

Publié par barreteau


Le film "Le Ballon Rouge" a été tourné en 1956, dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant. On y découvre les aventures d'un jeune garçon (Pascal, joué par le propre fils du réalisateur du film: Albert Lamorisse).

Au début du film, le petit garçon trouve un gros ballon rouge accroché à un réverbère. Commence alors une histoire d'amitié avec ce ballon qui suit de lui-même le petit garçon dans les rues du quartier. La jalousie d'une bande de garçons de son âge, va mener ce film vers une fin à la fois tragique et magique.

Mais, lorsque l'on visionne aujourd'hui "Le Ballon Rouge", on mesure l'étendue des bouleversements qu'ont connus ces quartiers. Le Belleville et le Ménilmontant du film ne coïncide en effet plus guère avec la topographie actuelle.

Essayons toutefois de suivre le parcours du jeune Pascal.
Il semble clair qu'il habite rue du Transvaal et qu'il descend par la rue Vilin pour aller prendre à Ménilmontant-Pyrénées "le 96", un autobus Renault TN6 à plate-forme. Difficile par contre de comprendre où il va à l'école ?

Si l'on reconnaît bien la passerelle-belvédère de la rue Piat où passe le facteur, par contre où situer la poursuite dans le passage ? Se déroule-t-elle Passage Notre Dame de la Croix ? Pas sûr car ce peut aussi être le passage Vilin, le passage Ronce ou bien encore le passage Julien Lacroix ...

La fin du film se passe dans ce terrain vague que l'on appelait la zone, dans le haut de la rue des Couronnes, probablement là où se trouve aujourd'hui le parc de Belleville.

Les lieux ont tellement changé depuis les années 50 que nous avons aujourd'hui beaucoup de difficultés à situer l'endroit exact des tournages sur un territoire qui pourtant n'est pas très étendu.

Seule la boulangerie où le petit Pascal s'achète un gâteau est toujours là, au coin de la rue des Envierges et de la rue du Transvaal.

Vous pouvez essayer de faire vous-même l'exercice qui consiste tout d'abord à visionner le film (le lien YouTube est ci-dessous) puis à essayer de retrouver les lieux de tournage, en vous rendant dans ce secteur du 20ème arrondissement … à la poursuite du Ballon Rouge …

Mais si tout comme moi, vous ne reconnaissez plus grand-chose sur place, alors rendez-vous au second lien ci-dessous … car là, vous avez toutes les réponses !


>> Visionner le "Ballon rouge" d'Albert Lamorisse.

 

>> "Furore", cette revue néerlandaise a réussi à reconstituer tout le parcours du tournage !

 

 

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A Belleville, La Forge n'est plus ce qu'elle était ...

13 Juin 2014, 09:03am

Publié par barreteau

La Forge, 23 rue Ramponeau Paris 20ème

Cette ancienne usine de clefs, de plus de 1000 m2, était désaffectée depuis longtemps, quand, un matin d'octobre 91, en l'absence de permis de démolir, des ouvriers ont commencé à démonter la toiture... En moins d'une heure, une dizaine d'artistes ont occupé le lieu et ont ainsi stoppé sa démolition.
Très vite, le squat de la Forge s'y est installé.

Les artistes, groupés en une association: "La Forge de Belleville" - soutenus par la Bellevilleuse (sans qui 70 % du Bas-Belleville serait aujourd'hui démoli) - ont obtenu en 1997 que la Ville de Paris officialise et contractualise cette occupation par une convention temporaire de mise à disposition.
C'est bien la première fois qu'un squat d'artistes obtient un bail!

En contrepartie de loyers aux conditions très avantageuses, l'association s'engageait à développer un projet artistique et culturel cohérent, totalement ouvert sur le quartier, et à assurer une rotation régulière des artistes accueillis dans l'usine.

Mais au printemps 2005, la Ville décide de résilier la convention concernant l'occupation de l'usine, et lance un appel à projets pour désigner le nouvel occupant du site.
Il s'en suivra une longue bataille juridique entre l'association "la Forge de Belleville" et la Mairie de Paris. 

Régulièrement de nouveaux appels d'offre sont lancés mais n'aboutissent pas suite aux contestations et recours des diverses parties, si bien qu'en 2008,  la "Forge de Belleville" occupe toujours les lieux.

Une énième bataille juridique va finir par chasser le collectif d'artistes pour confier le site à l'association "Traces" qui ne restera en place que peu de temps.
Et, en 2012, la Ville intronise une nouvelle association gestionnaire: "Caserne Ephémère".

"Caserne Éphémère" émane du "Point éphémère", le gestionnaire du lieu du même nom sur le Canal Saint-Martin, dans le 19e arrondissement. C'est un acteur historique de la culture underground parisienne des années 1980-90, élevé depuis au rang d’acteur quasi-institutionnel, de professionnel de la Culture et d'opérateur privé du marché de l’art.

Et c'est bien là où le bât blesse car l'ambition de "Caserne Ephémère" pour la Forge est bel et bien d’en faire une résidence d’artistes exclusivement tournée vers la professionnalisation et le marché de l'art dans le nouveau monde de Belleville … celui des galeries d’arts et des concept-stores … à la mode.
Finie donc  l’ouverture du lieu au public et finie l’animation culturelle entre les habitants de Belleville, les associations et les artistes du quartier.

Depuis 1997, La Ville de Paris n’aura finalement jamais réussi mettre en valeur ce lieu, sauvé de la destruction par l’action collective des artistes et des habitants du quartier. Elle se sera montrée incapable de maintenir en vie le souffle créatif de cet espace unique et hautement emblématique de Belleville.

Car une question de fond reste sans réponse : que veut-on finalement faire de ces lieux symboles, arrachés par des batailles d’habitants et d’artistes contre les promoteurs, une fois que la Mairie les rachète, consacrant ainsi leur valeur d’intérêt général ?
Si le but est d’attirer par une programmation choisie une population plus aisée, ils deviennent alors le premier outil, avant même le logement, pour embourgeoiser le quartier.

Et c'est ainsi que Belleville est progressivement mis aux normes de l’embourgeoisement parisien. Reste à voir si les Bellevillois qui se sont battus dans les années 90 pour sauver la vieille Forge ouvrière contre un promoteur et son projet de supermarché-parking, adhèreront au projet de la Ville qui va à l'encontre d'une certaine idée de la fraternité qui permet encore ce "vivre ensemble typiquement Bellevillois".


>> Le site web du Collectif de "La Forge de Belleville" n'est plus en ligne … reste sa page Facebook, pour combien de temps ?

>> Point éphémère/ Usines éphémères, site officiel.


 

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La plus petite maison de Paris.

6 Juin 2014, 08:45am

Publié par barreteau

39 rue du Château-d'Eau _ Paris 10ème.

Dans le 10ème arrondissement, à proximité de la mairie, exactement au n°39 de la rue du Château-d'Eau, se trouve la plus petite maison de Paris.

Un peu plus d'un mètre de large pour 5 mètres de haut, une boutique au rez-de-chaussée et une pièce pour vivre à l'étage, … voilà une bien étrange résidence !

Autrefois, à cet emplacement, il y aurait eu un passage entre la rue du Château-d'Eau et la rue du Faubourg-Saint-Martin. Des querelles d'héritage au sujet de ce passage auraient conduit les propriétaires à le boucher par cette maison miniature …

On ne sait pas si ces faits sont exacts, mais quoiqu'il en soit, le 39 de la rue du Château-d'Eau est désormais répertorié comme "la plus petite maison de Paris".

A ce titre, elle est en compétition avec le 88 de la rue René Boulanger, également dans le 10ème arrondissement et aussi avec le 13 quai Voltaire où l’on signale "la plus étroite façade d’immeuble de Paris".

Toutefois, en comparaison du 39 de la rue du Château-d'Eau, ces deux autres adresses semblent avoir d'immenses façades car chacune d'elles atteignent allègrement … les 2,50 m de large !

 

>>  Le 88 de la rue René Boulanger _ Paris 10ème.

>> Le 13 quai Voltaire _ Paris 7ème


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Les étranges dalles de la rue de la Croix Faubin.

1 Juin 2014, 08:31am

Publié par barreteau

L'une des cinq dalles, face au n°16 de la rue de la Croix-Faubin – Paris 11ème (juin 2010)

 

Dans le 11ème arrondissement, à l'angle de la rue de la Croix-Faubin et de la rue de la Roquette, vous pourrez découvrir - en étant quelque peu perspicace - cinq dalles de granit, incrustées à même le sol.
Ces pierres marquent l'endroit exact où la guillotine était dressée, à l'entrée même de la prison de la Grande-Roquette qui jadis se tenait ici.
En sortant de la prison, les condamnés à mort n’avaient donc que quelques pas à faire pour aller se faire couper la tête …

Ces blocs avaient une fonction essentielle, ils permettaient de caler précisément l'échafaud, de façon à ce que la lame effectue avec la plus grande précision son macabre ouvrage.
On comprend mieux ainsi, pourquoi cette prison fut longtemps surnommée "l'Abbaye des Cinq-Pierres".

Ces dalles, aujourd'hui oubliées, furent un temps si célèbres qu'elles ont été chantées par Aristide Bruant ou mieux encore par l'assassin et poète Pierre François Lacenaire :
"Oh, je vous connais bien, Dalles qui faites place,
Aux quatre pieds de l'échafaud"
.


>> Les 5 dalles, face au N° 16 de la rue de la Croix Faubin.

>> Et c’est deux rues plus loin, au 60 rue de la Folie Regnault, que la guillotine était entreposée. (Voir "En marge d'Atget" sur Parisperdu)

 

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Cirque Électrique.

26 Mai 2014, 10:37am

Publié par barreteau

Place du Maquis du Vercors - 75020 Paris

A Paris, les cirques ont toujours dû s'installer dans des endroits pour le moins … spéciaux.
On a vu "Les Romanès", baladés de terrain vague en terrain vague, se produirent dans des lieux insolites, au fil de terrains laissés en friches : passage Lathuile dans le 18ème, rue Paul-Bert dans le 11ème

Il en va de même pour le "Cirque électrique", un cirque pas comme les autres, qui finalement s'est installé Place du Maquis du Vercors, dans le 20e arrondissement, un coin perdu, près de la Porte des Lilas.

Dans ce lieu qui ne fait pas vraiment rêver, à proximité d’un dépôt de bus, entre le périph' et les ventilateurs d'une piscine, la mairie de Paris a créé "La Dalle des Cirques". Un terrain d'expérience pour un cirque à la programmation éclatée, folle et ambitieuse.
Plusieurs chapiteaux proposent divers programmes: nouvelles créations, traditions du cirque, bals du dimanche, spectacles pour les enfants, concerts, débats, rencontres et vernissage …

Le Cirque Électrique est un havre créatif duquel émane immédiatement une impression de cordialité et, depuis maintenant près de vingt ans, incontestablement, le Cirque Électrique donne dans l'éclectique …
A découvrir.



>> Le Cirque électrique : Site officiel.

 

 

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Des rues de Paris en bois !

21 Mai 2014, 10:59am

Publié par barreteau

Pavés de bois du passage Saint-Maur (Paris 11ème)

En 1912, Paris est considéré comme la ville ayant la circulation automobile la plus dense du monde : plus de 30 000 voitures passent en effet, chaque jour, dans la rue de Rivoli ou la place de l’Opéra. Berlin suit, loin derrière avec 14 000 véhicules/jour sur la Postdamer Platz et en Amérique, la 5ème avenue de New York ne fait alors pas mieux que 8 000 voitures par jour !

Mais ces rues, pavées en pierres, répercutent le bruit des voitures de manière insupportable pour les riverains. Des essais de pavage avec des pavés en bois sont entrepris et l'on constate que dans ces rues, le tumulte sonore est bien moindre : le revêtement en bois est alors considéré comme le mieux adapté à une circulation intense de l'automobile.

Et, à la veille de la première guerre mondiale, le quart des chaussées parisiennes est pavé de bois …

En 1925, près d'un million et demi de mètres carrés de rues de la capitale sont ainsi couverts en sapin du Nord, pin des Landes et bois exotiques. Mais à la longue, ces pavés en bois se révèlent coûteux, glissants et difficiles à entretenir. Ils sont progressivement remplacés et au final définitivement abandonnés peu après 1930. 

Pourtant aujourd'hui encore, en cherchant bien, on en trouve quelques rares exemplaires sur le sol parisien. Pour aller à leur rencontre, il faudra vous rendre Passage Saint-Maur, dans le 11ème, exactement au 81 de la rue Saint-Maur, ou dans le 3ème, au 38 de la rue Notre-Dame de Nazareth …

Sur place, n'espérez pas revivre les souvenirs de mai 68 et le fameux slogan "sous les pavés, la plage !" car le pavé en bois - lui - est posé directement à même le sol originel !


>> Le  passage Saint Maur - Paris 11ème (juin 2006)

 


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De l'abribus à l'abri voyageur.

16 Mai 2014, 16:29pm

Publié par barreteau


50 ans après la naissance des premiers abribus à Paris (en 1964), leur concept est réinventé pour offrir aux voyageurs un nouveau mobilier moderne et intelligent.

En effet, l’ensemble des 1920 abribus parisiens vont être remplacés par un nouveau modèle qui sera installé à partir du 2ème semestre 2014. 80 unités seront même ajoutées portant le nombre total d'abribus parisiens à 2000.

La commission d’appel d’offres de la Ville a attribué le 19 novembre dernier, à l’unanimité, ce nouveau marché à la société SOPACT, une filiale de JC Decaux.

Les anciens abris seront donc intégralement déposés et remplacés, et le nouveau contrat prévoit la fourniture, la pose, mais aussi l’entretien, la maintenance et l’exploitation publicitaire des nouveaux abris sur une période de 15 ans.

Le renouvellement des abribus est donc l'occasion de choisir un nouveau mobilier qui donnera aux rues de Paris une image moderne, dynamique.

On passera de l'"abri-bus" à l'"abri-voyageur". Car, les nouveaux abris proposeront de nouveaux services : chargeur universel de portable, informations des passages en temps réel ... Ils seront aussi plus confortables, en permettant en particulier de s’asseoir devant et derrière l’abri-voyageur, sous un toit protégeant mieux des intempéries.

Mais le principal intérêt pour la Ville de Paris, sera économique car le niveau de la redevance perçue par la Ville qui était de 3,9M€ en 2013 va passer avec ce nouveau marché à 8,3M€ par an.
La rentabilité de l'affaire sera bien … à l'abri.

 

Le mobilier urbain sur Parisperdu:


>> Les Vespasiennes ou Sanisettes.

>> Les cabines téléphoniques.

>> Les colonnes Morris.

>> Les fontaines Wallace.

>> Les kiosques à journaux.

 

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Excentré ou excentrique ... ?

11 Mai 2014, 16:03pm

Publié par barreteau

Angle de la rue des Vinaigriers et du passage Dubail _Paris 10ème (2010)

Excentrés, infréquentables? C'est pourtant là que Paris bouge. L'Est parisien prend aujourd'hui sa revanche. Entre atmosphère (encore) populaire et adresses branchées, ces territoires défrichés s'imposent tout d'un coup face au triangle d'or et à la rive gauche.

De Belleville à Ménilmontant, l'art prend de la hauteur et, progressivement rattrapés par la fièvre d'Oberkampf, ces coins populaires deviennent le terrain de jeu de nombreux artistes et de jeunes galeries concentrées dans un triangle logé entre les stations de métro Belleville, Couronnes et Pyrénées.

Un peu plus au nord, le quartier Barbès, autour de la Goutte d'Or, reste celui des populations bigarrées, de Tati et du métro aérien. Avec la restauration du cinéma Louxor et l'arrivée de nouvelles enseignes à la pointe de la mode, il prend aujourd'hui un nouvel essor.

Quand au 10ème arrondissement, il est devenu le fief bobo par excellence.

Le phénomène de mode, allant du canal Saint-Martin vers le Faubourg Saint-Denis a été rapide. Et, en quelques années, la folie bobo s'est déplacée vers le cœur populaire du 10ème où, jusqu'alors, ­ kebabs et épiceries turques ­ tenaient le haut du pavé.

Tout a commencé, le long du canal, puis la rue du Faubourg- Saint-Denis a pris le relais avec l'arrivée en nombre de bars branchés très courus. A tel point que certaines terrasses débordent tant, qu'elles doivent contenir leurs clients dans un périmètre délimité par un bandeau de sécurité.

Entre le boulevard Magenta et le canal Saint-Martin, la rue des Vinaigriers, autrefois tranquille, est l'autre axe majeur de ce 10ème en effervescence. Elle concentre désormais quelques-unes des adresses phares de l'arrondissement: Fabrique à Gâteaux, Cafés, Design Store, magasin de vêtements et de mobilier Design, bars à vins avec ambiance musicale …

Excentrés ces quartiers ? Peut-être. Excentriques … sûrement.

 

>> Guide de survie en pays bobo.

 

 

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