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PARISPERDU
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177 avenue de Flandre.

29 Septembre 2014, 09:15am

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Publié par barreteau

177 avenue de Flandre Paris 19ème (juin 1997)

Le 177 de l'avenue de Flandre n'est pas une adresse banale. A ce numéro, on trouve un portail accolé au viaduc de La Villette sur lequel s'allonge la Petite Ceinture. Passé le portail, on débouche sur une allée plutôt campagnarde. Et là, chaque arche du viaduc est occupée par de singuliers locataires … On ne peut pas vraiment parler de bureaux même si la majorité des alcôves abritent des petites entreprises qui ont élu domicile dans ce lieu improbable.

L'arche N° 6 du viaduc abrite la "World Lines Transport & Services", une raison sociale que l'on s'attendrait plutôt trouver à New-York, sur la South Street Seaport au 69ème étage de la 180 Maiden Lane Tower ou bien encore à Hong-Kong au 74 ème étage du HarbourSide sur Austin Road …. mais en aucun cas au fond d'une impasse crasseuse du 19ème arrondissement de Paris !

Pour donner le change, la "World Lines Transport & Services", a placé, bien en vue sur l'avenue de Flandre un panneau qui pourrait rassurer l'éventuel client égaré dans le secteur.
Sur ce panneau, on peut lire:

"Afrique Antilles Asie Océan Indien Amérique Exotique"

"Fret Aérien Maritime"

"Transit Douanes"

Voilà qui ferait sérieux si le dessin au centre du panneau, ne venait pas tout gâcher. Jugez plutôt, on y découvre un homme en slip neutralisant du pied un boa (à moins que ce ne soit un python ?). Et de surcroît, ce sauvage n'a pas de tête, car sur son cou se dresse une ramification de 5 branches (les 5 continents peut-être ?). Et pour ajouter au baroque, on a figuré à côté de lui, un outil à l'allure plutôt martiale …

Aujourd'hui, tout ce folklore a disparu, et il n'y a plus rien au 177 avenue de Flandre, sauf … une Sanisette et une Station Vélib.

On n'ira pas bien loin avec ces "engins" alors qu'ici la "World Lines" vous offrait le monde entier !

 

>> Le 177 avenue de Flandre, aujourd'hui ...

>> De l'autre côté du viaduc de La Villette … là aussi ce n'est pas banal !

 

 

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Le Pont national, un pont qui s'élargi sans cesse.

22 Septembre 2014, 14:01pm

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Publié par barreteau

 Pont National, la voie de chemin de fer de la Petite Ceinture se situe désormais en contre bas. (septembre 2013)

Il relie le quai de Bercy au quai Panhard-Levassor, et aussi le douzième au treizième arrondissement.

Dès sa conception, sa fonction est double : assurer à la fois le trafic routier et le trafic ferroviaire. Le pont fait en effet partie intégrante de la ligne de chemin de fer intra-muros (la Petite Ceinture) destinée à relier les différentes gares de Paris. C'est Napoléon III qui l'a voulu ainsi.
Le pont porta d'ailleurs à l'origine le nom du prince-président devenu ensuite empereur. Mais la défaite de 1870 et la chute de l’Empire entraineront le changement de son nom pour celui de "National".

Sur le pont National, voitures et piétons côtoient directement le chemin de fer, au lieu que celui-ci ne s’établisse au-dessus, sur un viaduc, comme on le voit ailleurs dans Paris.

Dès les années 30, la largeur du pont s’avère insuffisante. On projette le doublement de l’ouvrage par une structure d’aspect identique, accolée en amont … mais celle-ci ne verra définitivement le jour qu'en 1953.

Le nouvel ouvrage amarré au pont original, présente un tablier plus haut que celui de son prédécesseur en raison des servitudes qu'il intègre, aussi la voie de chemin de fer de la Petite Ceinture se situe désormais en contre bas.

Le prolongement de la ligne de tramway T3 devant emprunter le pont National, d’importants travaux sont lancés sur le pont, dès avril 2010.
Ces travaux sont destinés à élargir le pont et à construire une passerelle métallique réservée aux piétons et aux cyclistes.

Cette passerelle métallique fixée directement sur l’ouvrage est une véritable prouesse technique, car elle permet de gagner 5 mètres en largeur sans appuis supplémentaires sur le fleuve.

Mais de là-haut, la vue sur la Seine n'a rien de véritablement pittoresque car la partie comprise entre le pont National et le pont de Tolbiac longe le port de Bercy, occupé par des entreprises de travaux publics – sablières, béton, matériaux divers … – qui laissent peu de possibilités à la promenade, aux loisirs … ou même à la rêverie.


>> En savoir plus sur le pont National.

 

 

 

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Pétition pour la défense de la commission du vieux Paris.

17 Septembre 2014, 15:32pm

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Publié par barreteau

Tous les sites affichés sur cette image ont signé la pétition pour la défense de la commission du vieux Paris.

La Mairie de Paris souhaiterait "recadrer" la Commission du Vieux Paris en redéfinissant son fonctionnement et en modifiant sa composition.
Cela reviendrait à se débarrasser d’une commission qui veille sur le patrimoine parisien depuis 1897.

Une pétition a été lancée pour défendre la Commission du Vieux Paris.

Soyez nombreux à exprimez votre opposition à cette décision en signant cette pétition !


 >> Signez ici .

 

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Querelles de zincs.

15 Septembre 2014, 09:38am

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Publié par barreteau

La "Mer à boire", devenu le "O'Paris" au 1 rue des Envièrges Paris 20ème (Juillet 2013)

C'est une querelle à l'ancienne, émaillée d'invectives lancées à la nuit tombée, de vitres brisées et d'échanges de tags vengeurs. Dans le quartier de Belleville-Ménilmontant se joue en effet une drôle de bataille de bistrots, brossant en filigrane les transformations que connaissent la capitale.

Car là-haut, la gentrification ne cesse de gagner du terrain, creusant le fossé entre des populations installées de longue date - qui voient le prix des loyers s'envoler - et les nouveaux arrivants: bobos et autres hipsters.

 

Et les quelques propriétaires de bars historiques du coin ont vu d'un mauvais œil l'arrivée de cafés à la mode, fréquentés par une clientèle jeune et cosmopolite - tel le "La mer à boire",  rue des Envièrges, ouvert en 2009  et devenu depuis le "O'Paris".
Des Cafés-Bars qui répondent aux canons de la mode qui prévalent aujourd'hui à Paris.

Mais les bistrots traditionnels dénoncent la méthode "façon cheval de Troie" des nouveaux arrivants qui se présentent souvent comme de petits entrepreneurs modestes et sans le sou alors qu'ils investissent des sommes énormes dans ces nouveaux établissements.
 

Et, derrière la guérilla des bars, où chaque zinc cherche à dézinguer son voisin, se profile le débat sur le prix de l'immobilier à Paris, car les loyers continuent de flamber. En deux ans, dans certains secteurs de Belleville, ils ont augmenté de 40 % !

Dans les quartiers Est de la capitale, la zizanie dans les zincs est maintenant bien établie … la querelle des anciens et des modernes n'est pas près de cesser.

 

>> Voir aussi : "Balade hors des sentiers battus ..."

 

 

 

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La saga de la Halle Freyssinet.

9 Septembre 2014, 09:45am

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Publié par barreteau

 Halle Freyssinet. "Startups 2 - Nef Centrale" ©Wilmotte et Associes Architectes

Après beaucoup d'incertitudes sur son devenir, l'avenir de la Halle Freyssinet est maintenant enfin assuré.
Les travaux vont pouvoir commencer … et, si tout se déroule normalement, la Halle accueillera, dès 2016, le plus grand incubateur - au monde - d'entreprises du numérique.

Les chiffres de cet incubateur donnent le vertige : 1 000 start-up innovantes, tous secteurs confondus, sur plus de 30 000 mètres carrés restructurés par l'architecte Jean-Michel Wilmotte.

La rénovation de la Halle va concilier la préservation de cet édifice unique pour lequel Freyssinet inventa le béton précontraint et une nouvelle ambition architecturale projetée par Jean-Michel Wilmotte.

L'architecte a en effet imaginé le nouvel ensemble autour d’une architecture de containers rappelant l’histoire ferroviaire du lieu et permettant aussi de favoriser l’échange, l’émulation, le partage. 

Mais ce nouvel espace ne sera pas exclusivement réservé aux entrepreneurs innovants car il accueillera aussi un immense bar restaurant ouvert au public 24h/24, … vivement 2016 !


>> L'avenir de la Halle Freyssinet enfin assuré !

>> En savoir plus sur le projet.

 

 

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Suez à nouveau dans l'impasse !

4 Septembre 2014, 09:06am

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Publié par barreteau

L'impasse Suez vue depuis la rue de Bagnolet. (Paris 20e) Juin 2012.

L'impasse de Suez doit bien sûr son nom au canal mais aussi sans doute à sa proximité avec la rue de Lesseps dont l'ingénieur en avait été le promoteur.

Au départ du 77 de la rue de Bagnolet, une voie a d'abord porté pendant quelque temps le nom de rue de Suez, celle-ci débouchait dans la rue de Lesseps. Puis, cette rue a été transformée en impasse lors de la construction de l’école communale de filles de la rue de Lesseps.

D'où aujourd'hui ce "moignon" de rue d'à peine 15 mètres de long, une impasse … pour tout dire assez moche. Toutefois, le quartier est tranquille, à deux pas du Cimetière du Père Lachaise par la rue du Repos … c'est vous dire si c'est calme … !

 

>> Autres impasses dans le même quartier.

 

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Sur le quai de la gare d'Austerlitz, la naissance d'une idylle.

30 Août 2014, 09:55am

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Publié par barreteau


Elle a l'air d'une jeune fille à qui on donnerait le bon Dieu sans confession; cela tient sans doute à sa blondeur diaphane. Seules les sandales de saison corrigent cette impression de trop grande sagesse. Lui ressemble à ces hipsters qu'on a vu éclore ces derniers temps : lunettes à grosse monture noire, barbe fournie, sweat à capuche, bermuda en Jean et chaussures montantes. Ils appartiennent à deux mondes qui n'ont presque rien en commun, mais l'été, parfois, favorise les rencontres improbables. Car les gestes de tendresse parlent pour eux : ces deux-là sont "ensemble" comme on dit, quand on n'ose pas dire "amoureux".

Ce qui frappe, c'est leur léger tremblement, comme s'ils se sentaient menacés. L'explication arrive au bout de quelques minutes: elle doit le quitter, elle a un train à prendre.

Il voudrait la retenir. La kidnapper peut-être, dans un élan romantique. Lui proposer de ne pas se quitter, pas déjà; ils ont l'âge pour ce genre de "folie". Elle repousse tristement sa tentative : "Tu sais bien que ce n'est pas possible". Elle va rejoindre ses parents, elle n'a que 17 ans. On est très sérieux quand on a 17 ans.

Alors il l'accompagne sur le quai pour l'étreindre une dernière fois. Ils échangent à l'oreille une promesse qu'on n'entend pas, mais qu'on devine. Et puis elle monte, il la salue d'un baiser depuis le quai. Le train part. Quelques secondes plus tard, un SMS arrive. Je ne peux pas lire par-dessus l'épaule du jeune homme, mais là encore on devine l'échange : "Tu me manques déjà". II répondra : "Toi aussi".

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "La photo humaniste a-t-elle un avenir? "

 

 

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Corbère de Dalt.

25 Août 2014, 11:04am

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Publié par barreteau

 Corbère de Dalt_rue principale

Dans sa série de  billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies" , Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris. Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie.
Dans le sud de la France, après Périllos, un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; après Comes un village abandonné suite aux terribles périodes de sécheresse des années 20; après Flassa, un autre village abandonné qui gît, posé sur la pente ... dans un paysage magnifique... après En qui a connu un abandon progressif; et aussi après le village de Roupidère … un village oublié puis récemment redécouvert, Parisperdu a visité Corbère de Dalt, un village ruiné au pied de son château superbement restauré.
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.


 

Sur la colline  abrupte, seul le château a survécu. Il est là superbe, altier … mais il ne protège plus que des fantômes, des pans de murs sombres et fragiles, offerts à la broussaille et aux chênes verts … Ceux-là ont dévoré une grande partie du village déserté par ses habitants. Quel appétit !
Et désormais, il n'y a plus âme qui vive dans le village de Corbère de Dalt (Corbère du haut), l'ancienne rue principale serpente le long de vestiges mais reste définitivement vide.

Une cinquantaine de maisons aux façades en cayroux, aux ouvertures en plein cintre et aux placards ouverts dans les murs…  tiennent pourtant encore plus ou moins debout et parmi elles, quelques hautes  bâtisses ont encore fière allure. Elles sont plus hautes que larges puisque leur largeur se limite souvent à une seule pièce. Ainsi, elles s’étagent mieux sur la forte pente et s’agglutinent plus aisément en bordure de la rue.

Mais partout les ronces et la garrigue forment un épais tapis et les arbres qui ont poussé dans les cuisines et les chambres des habitations ruinées, ont aujourd'hui pris  la place des anciens habitants …

Il aura fallu à peine une centaine d'années pour venir à bout de Corbère de Dalt, encore habité au début du XXème siècle. Car le pays devenu tranquille, à quoi bon rester sur cette colline sévère. Les hommes sont alors descendus vers les "cortals" - les étables - un peu plus bas dans la plaine. Ils se sont rapprochés des bêtes, de l'eau, et des autres hommes … alors là-bas, tout en bas, un nouveau Corbère, sans Dalt, a vu le jour.


>
> Autres vues du village ruiné.

>> Vue de Corbère de Dalt, vers 1900-1905.

 

 

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Eglises parisiennes en péril.

20 Juillet 2014, 09:46am

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Publié par barreteau

L'église Saint-Germain-de-Charonne Paris 20ème (juin 2006)

On ne dénombre pas moins de 96 églises dans la capitale et plus de la moitié d'entre-elles nécessite d'urgence des travaux de restauration de grande ampleur.

Les chantiers les plus urgents concernent des édifices emblématiques de Paris, comme Saint-Augustin (8ème) – œuvre de Victor Baltard, l'architecte des Halles –, qui commence à perdre ses statues surplombant le grand portail. Les églises de la Madeleine, Saint-Eustache, Saint-Sulpice, Notre-Dame de Lorette, Saint-Séverin… souffrent d'un manque d'étanchéité de leur toiture, les peintures sont dégradées, des étais ont été posés comme des filets de protection autour des sculptures qui se délitent.

L'exemple de l'église Saint-Philippe du Roule dans le prestigieux 8ème arrondissement, est éloquent. Un énorme échafaudage avec un toit en bardages a été installé pour empêcher la pluie de tomber à l'intérieur. Une structure temporaire qui a coûté 700.000 euros, sans que soient prévus à ce jour des travaux de toiture. Des rustines, voilà aujourd'hui la politique de protection des édifices cultuels !

Plus grave encore, d'autres souffrent dans leur structure même, comme Saint-Germain-de-Charonne (20e), actuellement fermée pendant les travaux qui viennent de démarrer et qui devraient durer plus de deux ans.

Construite à flanc de colline sur un sol argileux, l'église présente en effet depuis sa construction au XIIe siècle une instabilité chronique. Une série de travaux a déjà été effectuée par le passé : ainsi, au XIXe siècle, des arcs-boutants sont venus renforcer sa façade sud.

Mais ce n'est pas suffisant, aussi aujourd'hui, ce sont de lourds travaux de reprise en sous-œuvre qui vont être entrepris pour consolider l'assise des fondations. Le cimetière et le trottoir qui la longent sont également fermés au public.

La situation des églises de la capitale est pour certaines alarmante, et de nombreux travaux devraient être entrepris avant que les dégâts ne soient irréversibles.
Et pour les associations qui se préoccupent de ce patrimoine, il faudrait aujourd'hui que la Mairie, propriétaire de 80% des églises parisiennes, consacre au moins le double du budget actuel pour empêcher le pire, et le pire c'est une église qui tombe.

Pour la capitale la plus touristique au monde, où les églises, avec leurs trésors et œuvres d'art, tiennent bonne place dans les sites visités, ces dégradations sont parfaitement indignes.

 

 

 

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Autour du "Ballon rouge".

14 Juillet 2014, 09:53am

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Publié par barreteau


Le film d'Albert Lamorisse : "Le Ballon Rouge" a été tourné en 1956, dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant.

Ces photos montrent comment Ronis a inspiré Lamorissse pour certains plans de son film. Et aussi comment Lamorisse - à son tour - inspirera Doisneau.

En effet, on retrouve le vitrier de la rue Laurence Savart (photo de Willy Ronis) dans la rue Piat (pour un plan du film d'Albert Lamorisse). Et l'on est au même endroit de la petite ceinture pour le "Ballon rouge" et pour la "Passerelle à vapeur" de Robert Doisneau !

Mais qu'y a-t-il d'étonnant dans ces similitudes ?  
Rien, car Lamorisse, Doisneau et Ronis se connaissaient tous les trois et chacun connaissait le travail de l'autre.
Lamorisse a en effet commencé comme assistant photographe de François Tuefferd, qui n'est autre que le cofondateur avec André Garban, en 1946, du Groupe des XV auquel appartenaient également Willy Ronis et Robert Doisneau.

Le monde est petit … surtout à Belleville et à fortiori dans les années 50 …


>> Le "Ballon rouge", déjà sur Parisperdu.

>> Le "Groupe des XV"

>> "Qu'est devenu le ballon rouge?", un hommage à Albert Lamorisse.


 

 

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Paris demande à être gracié.

9 Juillet 2014, 12:00pm

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Publié par barreteau

Terrain vague de l'impasse Truillot _ Paris 11ème (2008).

Depuis des siècles Paris a été fait d'enceintes que l'on détruit, d'ajouts, de substitutions … de rues ou d'avenues que l'on perce, de jardins ou de parcs que l'on crée.

Tous ces bouleversements ont toutefois été conduits dans une certaine continuité jusqu'aux années 1960 où l'on a saigné à blanc les quartiers Italie et  place des Fêtes, brisant par là-même le processus qui avait jusque-là permis à la ville de grandir, de rajeunir et de se transformer sans que ses habitants se posent trop de questions.

Par ces opérations, on venait de casser le modèle haussmannien, qui consistait à prolonger la ville en s'alignant sur les gabarits existants. Etait-ce un bien ? Etait-ce un mal ?

Bien sûr on ne demande pas d'arrêter de construire, mais on ne peut que remarquer que désormais deux limites sont atteintes: celle de ce long périphérique qui fige et arrête la ville, mais aussi celle de ces jardins, de ces vignes, de ces champs que Paris a vu disparaître pas à pas, jours après jours, depuis des siècles et dont les dernières cours, les dernières voies ferrées, les rares derniers terrains vagues sont tout ce qu'il nous reste …

Alors aujourd'hui, ce que nous demandons simplement, c'est de gracier ce vide.


>> Voir sur Parisperdu "Pour un urbanisme retardataire".

>> Démolitions, reconstructions, la ville en chantier.

 

 

 

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Les Cours de l'Industrie.

4 Juillet 2014, 09:19am

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Publié par barreteau

Le site avant Réhabilitation, 37 bis de la rue de Montreuil Paris 11ème (juillet 2011)

Dans le 11ème arrondissement, un site exceptionnel vient d'échapper à la voracité des promoteurs. C'était l'un des derniers vestiges parisiens de l’architecture industrielle du faubourg Saint-Antoine : les Cours de l'Industrie.

Au 37 bis de la rue de Montreuil, de lourds travaux de réhabilitation, entrepris dès 2009, vont permettre de livrer, très prochainement, une véritable Cité industrielle et artisanale.

Ces travaux délicats, ont permis de mettre aux normes cet ensemble de trois cours pavées et de huit bâtiments sans faire partir pour autant la quarantaine d'artistes et d'artisans qui y travaillent, et surtout sans saccager des lieux chargés d'histoire.
Car ici, pendant des décennies, ces Cours ont constitué une sorte de village dans la ville, avec ses artisans qui se connaissent tous et qui se retrouvent quotidiennement dans le restaurant de la dernière cour pour le repas de midi.

A partir des années 1970,  alors que la désindustrialisation de Paris se traduit par la disparition de beaucoup d'ateliers, les trois Cours continuent à accueillir des ébénistes, des sculpteurs, des céramistes mais aussi des plasticiens et des musiciens. 
Mais les Cours, de plus en plus délabrées se retrouvent menacées de démolition. Leurs occupants se mobilisent et créent en 1991 une association: les Ateliers Cours de l’Industrie (ACI) qui se battra jusqu'à ce que les parties extérieures des bâtiments soient inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. En 2004, la Ville de Paris achète les lieux au marchand de biens qui les avait récupérés, et démarre des études en vue d'une réhabilitation totale du site.

Le résultat est la cité que nous connaissons actuellement : ces cours de l'Industrie, largement consacrées au travail du bois, l'usine de sièges Moreau et Pérault, qui compte à elle seule 300 ouvriers, celle d'encadrements Duponnois et Cie, les ateliers de transformation des métaux Rougier, … 

Vous avez dit : "Redressement productif" ?


>> Déjà sur Parisperdu : "La cour de l'Industrie".



 

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De la difficulté du "vivre ensemble".

28 Juin 2014, 12:38pm

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Publié par barreteau

Graffitis anti-bobos – Paris 19ème arrondissement (2012)

Les sociologues et philosophes de tous bords se sont récemment intéressés au couple antinomique des "petits blancs" et des "bobos".

Alain Finkielkraut a tiré le premier en évoquant le "Français de souche", un terme si controversé que d'autres lui préfèrent celui de "petit blanc".

Le petit blanc est celui qui n'a pas les moyens de quitter les quartiers populaires très métissés et qui souffre de ce métissage alors que le bobo peut vivre dans ces quartiers, même s'il a souvent des stratégies d'évitement face aux situations les plus critiques.

 A la différence du petit blanc, le bobo peut donc choisir où il va habiter. Il aime bien la culture populaire, l'altérité et les mélanges. Les bobos ont inventé le covoiturage, les jardins partagés et ils ont poussé les maires de grandes villes à aménager celles-ci autrement.

Et même s'il n'a pas beaucoup d'argent, il peut aller habiter dans des quartiers où il y a une importante mixité, … mais il n'ira jamais habiter dans une cité du 9.3 !

Dans son livre, "Paris sans le peuple", la sociologue Anne Clerval refuse d'employer le terme bobo qu'elle considère comme un "mot piège" préférant celui de gentrificateurs.

"La mixité sociale souvent lue comme un mélange culturel, est très valorisée par les gentrificateurs même s'ils la pratiquent peu dans les faits" explique-t-elle.
 
Derrière une apparence d'ouverture, la "boboïtude" ne serait-elle pas en fait le nouveau visage de la classe dominante?


>> Autres exemples de graffitis anti-bobos.

>> Guide de survie en pays bobo.

 

 

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Belleville, le monde en un jardin.

23 Juin 2014, 15:05pm

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Publié par barreteau

Parc de Belleville, juin 2012

En 1992, dix ans après la mort de son ami Georges Perec, le cinéaste Robert Bober réalise "En remontant la Rue Vilin", merveilleux film sur la mémoire et ses failles, sur la perte et la transmission, sur ce qu'est "vivre sur les traces du passé".

A Belleville, à cette époque, il ne reste plus grand chose de cette rue où Perec a vécu avec ses parents, avant guerre, au numéro 24. Déclaré insalubre, le quartier a été démoli, de nouveaux immeubles ont été construits et, en 1988, un parc y a été implanté. Avec ses 45 000 m2, ses pelouses ouvertes au public, sa vigne, ses arbres et ses fleurs, ses jeux pour les enfants, et aussi une vue splendide sur Paris, le parc de Belleville est un des lieux magiques de la capitale, et les habitants du quartier, toutes nationalités, couleurs et religions mélangées, s’y croisent en bonne intelligence.

Aujourd'hui, c'est un autre film sur le quartier qui éveille notre attention: "Le monde en un jardin" de la réalisatrice Frédérique Pressmann.

Cette réalisatrice va passer quatre saisons dans ce jardin où elle filme et enregistre les bruits, les voix, les musiques, les rencontres, dont celle avec Gérard, qui est le jardinier en chef de ce magnifique espace.
Elle nous donne à voir la couleur du ciel, à entendre le passage du vent dans les arbres, et à percer l’âme de ce lieu suspendu où ville et nature coexistent paisiblement.



>> Frédérique Pressmann: "Autour du parc de Belleville et de son jardinier". 

 

>> Le parc de Belleville, déjà sur Parisperdu.

 

 

 

 

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A la poursuite du Ballon rouge.

18 Juin 2014, 14:00pm

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Publié par barreteau


Le film "Le Ballon Rouge" a été tourné en 1956, dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant. On y découvre les aventures d'un jeune garçon (Pascal, joué par le propre fils du réalisateur du film: Albert Lamorisse).

Au début du film, le petit garçon trouve un gros ballon rouge accroché à un réverbère. Commence alors une histoire d'amitié avec ce ballon qui suit de lui-même le petit garçon dans les rues du quartier. La jalousie d'une bande de garçons de son âge, va mener ce film vers une fin à la fois tragique et magique.

Mais, lorsque l'on visionne aujourd'hui "Le Ballon Rouge", on mesure l'étendue des bouleversements qu'ont connus ces quartiers. Le Belleville et le Ménilmontant du film ne coïncide en effet plus guère avec la topographie actuelle.

Essayons toutefois de suivre le parcours du jeune Pascal.
Il semble clair qu'il habite rue du Transvaal et qu'il descend par la rue Vilin pour aller prendre à Ménilmontant-Pyrénées "le 96", un autobus Renault TN6 à plate-forme. Difficile par contre de comprendre où il va à l'école ?

Si l'on reconnaît bien la passerelle-belvédère de la rue Piat où passe le facteur, par contre où situer la poursuite dans le passage ? Se déroule-t-elle Passage Notre Dame de la Croix ? Pas sûr car ce peut aussi être le passage Vilin, le passage Ronce ou bien encore le passage Julien Lacroix ...

La fin du film se passe dans ce terrain vague que l'on appelait la zone, dans le haut de la rue des Couronnes, probablement là où se trouve aujourd'hui le parc de Belleville.

Les lieux ont tellement changé depuis les années 50 que nous avons aujourd'hui beaucoup de difficultés à situer l'endroit exact des tournages sur un territoire qui pourtant n'est pas très étendu.

Seule la boulangerie où le petit Pascal s'achète un gâteau est toujours là, au coin de la rue des Envierges et de la rue du Transvaal.

Vous pouvez essayer de faire vous-même l'exercice qui consiste tout d'abord à visionner le film (le lien YouTube est ci-dessous) puis à essayer de retrouver les lieux de tournage, en vous rendant dans ce secteur du 20ème arrondissement … à la poursuite du Ballon Rouge …

Mais si tout comme moi, vous ne reconnaissez plus grand-chose sur place, alors rendez-vous au second lien ci-dessous … car là, vous avez toutes les réponses !


>> Visionner le "Ballon rouge" d'Albert Lamorisse.

 

>> "Furore", cette revue néerlandaise a réussi à reconstituer tout le parcours du tournage !

 

 

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