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PARISPERDU
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Jardin infernal.

12 Janvier 2014, 09:58am

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Publié par barreteau


L'échangeur de la Porte de Bagnolet est sans aucun doute l'un des plus vastes échangeurs autoroutiers d'Europe.

Le projet a été conçu comme un "complexe d'échanges" qui imbrique étroitement différentes bretelles d'autoroute et de raccordements au périphérique, mais aussi un parking semi enterré de 2200 places, une station de métro et une gare routière de 22 quais.
Le projet initial prévoit aussi l'implantation, au cœur de cet ensemble, d'un centre commercial, d'une salle de spectacles de type Zénith et d'un jardin public. Bref ce projet gigantesque est conçu comme un pôle d'échanges où la voiture bien sûr mais aussi l'homme doivent trouver leur place.

Lorsqu'il ouvre à la circulation, en 1969, le complexe d'échanges comporte au total 19 ponts et viaducs entremêlés, des tabliers jumeaux, des viaducs courbes enjambant d'autres bretelles … un terrible carrefour autoroutier hostile à toute présence humaine.

Du projet de départ qui voulait en faire un lieu de rencontre, qu'en reste-t-il aujourd’hui ?
Pas grand-chose car, la salle de spectacles n'a jamais vu le jour, le centre commercial a été implanté hors du périmètre de l'échangeur et la dalle de 26 000 m2 couvrant le parking et la gare routière va rester désespérément vide, car le jardin public qu'il était prévu d'aménager sur celle-ci ne sera jamais réalisé.
Le vaste espace au pied des viaducs de l'autoroute A3 reste alors dans un état de quasi abandon.

Et c'est sans doute mieux ainsi car ce jardin aurait été un enfer.
Pour s'en convaincre, le piéton doit (et ce n'est pas facile) s'introduire dans le ventre de ce monstre de béton, au centre de ce gigantesque manège.

Les quelques 300.000 véhicules qui transitent chaque jour par cet échangeur tourbillonnent alors au-dessus de votre tête dans un vacarme incessant. Pire encore, le niveau de la pollution atmosphérique dépasse ici largement les moyennes et cela se sent, très vite les yeux vous piquent … et l'impact de l'échangeur, en termes de gaz nocifs, se fait sentir jusqu'à 400 mètres à la ronde.

Si vous voulez vous rendre compte par vous-même de l'irréalité de ce lieu improbable, une opportunité se présente prochainement à vous. La 3ème édition de "Paris face cachée", créée à l'initiative de la ville de Paris visitera l'échangeur de la porte de Bagnolet, dimanche 2 février 2014.

Pour profiter de ce voyage original, vous devez accepter la règle du jeu: le lieu de rendez-vous est tenu secret et n’est dévoilé que sur le billet, après inscription !
Les réservations se font exclusivement en ligne sur www.parisfacecachee.fr

Si vous avez raté le rendez-vous, il vous faudra alors tenter seul l'aventure et pour cela, commencer par trouver l'accès de cette descente aux enfers …


Déjà dans Parisperdu:

>> De la zone au périph'

>> L'envers de la ville, la ville à l'envers ...

 

 

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Les leçons d'Italie 13.

7 Janvier 2014, 12:27pm

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Publié par barreteau

Dalle des Olympiades (axe nord-sud): quelques unes des trente tours d'une centaine de mètres de hauteur. Paris 13ème (octobre 2010)

Dans le projet initial de l'opération Italie 13, l'avenue d'Italie devait être élargie aux dimensions des Champs-Elysées et transformée en voie rapide. Les piétons et la desserte locale devaient traverser l'avenue par des passerelles ou des tunnels, et de chaque côté de l'avenue, des tours de grande hauteur devaient s'élever, presque toutes sur le même modèle du parallélépipède strict … la folie des grandeurs !

Le point le plus ambitieux de cette opération devait être la tour Apogée : d'une hauteur comparable à celle de la tour Montparnasse: 210 mètres … encore la folie des grandeurs !

Mais au cours des années 1970, la hauteur projetée de cette tour "signal" a progressivement diminué avant l'annulation définitive de son projet.

Et en 1980, cerise sur le gâteau, l'État français a dû payer 470 millions de francs au promoteur pour être revenu sur le permis de construire qu'il lui avait délivré.

Cet évènement marque le point d'arrêt des grandes opérations d'urbanisme de tours à Paris. Le projet Italie 13 n'aura donc été que très partiellement mis en œuvre et au final, peut donc être considéré comme un semi-échec.

Partant de ce constat amer, l'urbanisme parisien s'est alors lancé dans une direction beaucoup plus modeste. Ainsi, l'opération Paris Rive Gauche, à quelques centaines de mètres d'Italie 13, seule opération urbaine de grande envergure menée à Paris depuis lors, marque sur l'avenue Pierre-Mendès-France l'abandon de la construction sur dalle et le retour à l'alignement sur rue, au gabarit uniforme : la pierre de taille de l'époque haussmannienne a simplement laissé la place à la paroi de verre.

Et le patrimoine urbain, que l'on croyait pouvoir négliger en dehors du "périmètre sacré" des six premiers arrondissements, fait désormais l'objet de toutes les attentions : alors que les architectes des années 1960 prévoyaient de détruire une gare d'Orsay devenue inutile, leurs successeurs des années 2000 intègrent la plupart des derniers vestiges du passé industriel: Grands Moulins de Paris, SUDAC, Frigos … dans les nouveaux quartiers du 21e siècle.

Et c'est tant mieux !


>> "Italie 13" : La politique de la table rase.

 

 

 

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Scène quotidienne de "la Cloche" à Belleville.

2 Janvier 2014, 11:31am

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Publié par barreteau

Deux "frères de la cloche". Paris 2001

C'est avec tristesse que je viens d'apprendre le décès de Jean Ro. survenu en Allemagne où, depuis quelques années, il s'était installé en famille.

Je veux lui rendre un dernier hommage en publiant ce huitième et dernier billet du gamin de Paname que nous suivons depuis déjà longtemps ici.

Aujourd'hui, il nous narre une scène de "la Cloche" comme il en a si souvent vu, au cours de sa jeunesse, à Belleville.

 

Paris a toujours eu ses clochards. Dans les beaux quartiers, ils étaient souvent polis et courtois et pratiquaient avec allégresse une sorte de philosophie désabusée.
Quant à ceux de Belleville, c'était tout autre chose !


Poussant de vieux landaus, les "clodos" de Belleville "travaillaient" principalement à ramasser des chiffons. Souvent, armés d'un crochet, ils s'affairaient à chercher dans les poubelles tout objet encore utile et jeté par ceux qu'ils appelaient les bourgeois … Ces derniers se voyaient gratifiés d'un "Vous êtes trop bon, mon prince" lorsqu'ils leur avaient donné quelque chose.

A Belleville, si la plupart des gens faisaient semblant de ne pas les remarquer, il était toutefois difficile de ne pas les voir tant ils étaient souvent ivres. Ces clochards-pochards, avaient en effet une propension appuyée pour la dive bouteille.

Je me souviens d'une scène qui dans sa conclusion déclencha l'hilarité générale des gens de ma rue.

 Remontant la rue des Envierges, un clochard s'accrochait à son "collègue".

- " J'te jure Robert, j'le f'rai plus !..."

Mais, d'un grand coup de coude, le "Robert " le renvoyait valdinguer jusqu'au milieu de la chaussée. 

-"Fout moi l'camp fumier!...Tu m'as laissé tout seul…pour aller r'trouvé ce salaud de Georges...pff tiens ! J'te crache dessus ! Vas l'retrouver ton Georges !....Bon vent et bon débarras !.... Monsieur s'en va!...et maint' nant y'rvient...et faudrait que j'le r'prenne... ordure...

Tu t'es barré, mais maintenant que j'ai une voiture, tu r'viens !!"

La voiture dont parlait le pauvre homme n'était autre que son landau aux roues voilées!

Soudain interpelés par des rires leur indiquant qu'ils n'étaient pas seuls dans la rue, comme ils avaient eu l'air de le croire jusqu'à cet instant, en demi-ton, l'homme jeta à l'autre:

-" Allez viens!... ! Amènes toi mon Paulo !" ..."

Et l'un contre l'autre, ils s'éloignèrent à pas chaloupés.

 

>> Retrouvez Jean Ro, un gamin de Paris, sur Parisperdu.

 

 

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Meilleurs voeux à tous ...

31 Décembre 2013, 15:18pm

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Publié par barreteau


A tous les fidèles de "Parisperdu", et aussi à ceux qui passent ici par hasard ... :

"Bonne année 2014", qu'elle vous soit douce et vous apporte bonheur et succès dans vos entreprises.

 


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Les barreaux verts ont disparu ...

24 Décembre 2013, 10:10am

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Publié par barreteau

A l'angle de la rue de la Marne et de la rue de Thionville, la chaufferie de la CPCU est mise à terre.
En arrière-plan, le bar des Barreaux verts attend d'être fixé sur son sort … (Septembre 2011 _75019 Paris)


Dans le quartier de l'Ourcq, au 13 de la rue de Thionville exactement, il y avait un endroit que j'adorais ... un petit bar bien sympathique, niché à la pointe d'un triangle d'immeubles bas.

Les fenêtres de l'établissement étaient pourvues de grilles de défense peintes en vert, aussi le propriétaire n'aura pas eu à chercher longtemps un nom pour son bar : ce sera les "Barreaux Verts".

Mais dernièrement, le quartier du canal de l'Ourcq a connu de profonds réaménagements aussi lorsque je m'y suis rendu récemment, je n'ai plus reconnu grand-chose: la chaufferie de la CPCU-Villette a été rasée, les petits immeubles ont été remplacés par un bâti beaucoup plus conséquent … aussi, plus je m'approche de la rue de Thionville, plus je crains de ne plus retrouver mon petit bar de quartier.

Lorsque je débouche sur la rue de l'Ourcq,  je peux esquisser un sourire, car de loin … je reconnais la façade de briques du bar des Barreaux verts.
Mais, ma joie sera de courte durée car en m'approchant je lis: "Café Mama Kin" …


Mama Kin … ? Cet établissement n'a plus rien à voir avec le petit rade que j'ai connu.
Ici, on donne maintenant dans le pub atypique avec masques africains, peintures ethniques sur les murs... bières belges et cocktails péruviens … ! Le soir c'est concert, DJ à gogo, et beaucoup de bruit dans la rue.
On a compris que ce n'est pas ma tasse de thé …

Dans le quartier de l'Ourcq, les souvenirs - tout comme les feuilles mortes - disparaissent à la pelle … mécanique !

Des miens, il ne reste plus rien.
Aux fenêtres du bar, même "le vert" des barreaux a disparu …
Ils ont été repeints en bleu … !


>> Lire aussi sur Parisperdu: "La chaufferie de La Villette et sa grande cheminée".


 

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Et Zoo ... !

19 Décembre 2013, 08:31am

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Publié par barreteau

Le zoo de Vincennes, en travaux (printemps 2012)

Malgré son appellation, le bois de Vincennes ne fait pas partie du territoire vincennois. Il est en effet rattaché au XIIe arrondissement de Paris. D'une superficie de 995 hectares, le bois de Vincennes accueille de nombreuses structures dont le Parc floral, l'Hippodrome, et aussi … le Zoo.

Le zoo a été installé ici dès 1934 mais, depuis l’hiver 2008, il est fermé pour une rénovation complète. Bien que de tout temps connu sous le vocable "Zoo de Vincennes", il pourrait prochainement prendre l'appellation "Parc zoologique de Paris".

Mais ce changement de nom n'est pas du goût de tous, et les élus de Vincennes ont lancé une pétition pour que le Zoo de Vincennes continue à porter officiellement ce nom.

Car pour eux, débaptiser "leur" zoo est une injure faite à leur ville, pire au patrimoine national …  Après tout, argumentent-ils "on dit le lac du bois de Boulogne, et pas le lac du bois de Paris"!

Un compromis pourrait être trouvé autour d'un nouveau nom : "le Parc zoologique de Paris-Vincennes".

Alors, Parc zoologique … de quoi ?
La réponse ne sera connue que peu de temps avant la réouverture du zoo entièrement rénové.
Elle est prévue au printemps 2014 … et zoo !



>> En savoir plus sur la rénovation du zoo …

 

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Tati, avenue de France.

14 Décembre 2013, 08:35am

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Publié par barreteau

Dans "Playtime", le film de Jacques Tati sorti en 1967, on découvre un Paris futuriste fait d'immeubles de verre et d'acier, froids et impersonnels.

Avenue de France, dans la bien-nommée ZAC(cage) de Paris-Rive Gauche, la fiction de Tati est aujourd'hui devenue réalité.

 Ici, la ville est à la fois touchante et terrifiante. Le long de buildings très graphiques, des sortes de funambules déambulent … perdus dans ces grands espaces. Et cette présence humaine fantomatique a du mal à animer la sinistre avenue.

A l'intérieur des immeubles on s'attend à rencontrer les mêmes "open-space" que ceux vus dans "Playtime", où des employés, jouets de la démesure et du grotesque, sont concentrés sur des plateaux sans âme.

De retour à l'extérieur, on guette une autre silhouette, celle du longiligne Tati …
On ne serait pas surpris en effet de l'apercevoir ici, avec son pas hésitant, sa mimique interloquée, et surtout se demandant pourquoi diable l'on a voulu à tout prix copier le décor de son film …



>> En savoir plus sur Playtime, le film de Jacques Tati.

>> La silhouette longiligne de Tati.

>> J'aurais aimé que ce monde me parle.
 

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Les paris de l'industrie: à la découverte du passé industriel de Paris.

9 Décembre 2013, 09:51am

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Publié par barreteau

Ancienne usine Méccano, 78-80 rue Rébeval Paris 19ème (juin 2011)

A partir de la fin du 18e siècle et jusqu'aux années 1950-60, Paris a vécu une ère industrielle forte. En 1900, Paris comptait en effet des centaines d'ateliers et usines et quelques 900 000 ouvriers ...

Les enjeux, les formes de cette révolution industrielle et les conséquences parfois conflictuelles de son implantation au cœur du tissu urbain, font l'objet d'une exposition qui vient d'ouvrir ses portes jusqu'au 7 janvier 2014, au Réfectoire des Cordeliers, rue de l'Ecole de Médecine.

Longtemps oublié, (on ne compte pas le nombre d'usines rasées depuis 1950), le Paris industriel a largement regagné le cœur des Parisiens ces dernières années, et de nombreux bâtiments sont aujourd'hui protégés et rénovés.

Ainsi par exemple, au 78-80 rue Rébeval, dans le 19ème arrondissement, se dresse un drôle de bâtiment. Avec ses murs de briques et de pierres de taille, on reconnaît immédiatement le type des immeubles industriels du Nord de la France. Rien d'étonnant à cela car ce bâtiment a été conçu dans les années 1920, par l'architecte belge Arthur Vye-Parminter.

Cette curieuse façade, toute en courbes et en obliques était celle des bâtiments administratifs de Meccano France. Les ateliers se trouvaient juste derrière. C'est là que furent fabriqués, pendant une dizaine d'années, les fameux jeux de construction, avant que la production ne soit délocalisée, dans les années 1930, en banlieue, à Bobigny. Dans l'immeuble de la Rue Rébeval ne restent alors que l'administration et l'expédition.

Mais, en 1951, Meccano abandonne définitivement la rue Rébeval. L'immeuble est vendu.
Diverses administrations occuperont les lieux jusqu'en 1985. Puis, l'immeuble, assez inchangé depuis l'époque Meccano, sera utilisé par l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville, qui y demeurera jusqu'à l'été 2009. 
Après d'importants aménagements et travaux d'intérieur, l'immeuble accueille depuis novembre 2012, l'Ecole des ingénieurs de la ville de Paris … et c'est, d'une certaine façon un retour à l'industrie, non pas à celle du passé, mais à celle que bâtiront les élèves ingénieurs de la rue Rébeval.


>> L'expo : Les paris de l'industrie, à la découverte du passé industriel de Paris.

>> L'Ecole des ingénieurs de la ville de Paris.

 

 

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Les deux visages de la ville.

4 Décembre 2013, 10:23am

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Publié par barreteau

Villa Poissonnière Paris 18ème, un passage privé arboré, au calme dans un quartier populaire. 

Paris reste une ville magique. Dans certains quartiers, elle bouge, s'agite, grouille de monde. Mais, deux rues plus loin, il est possible de se retrouver dans la ville d'antan et parfois même dans un village de province.


Ainsi dans le 18ème arrondissement, au pied de la  colline du Sacré-Cœur, les avenues sont animées, pleines de badauds, de bus de touristes ... En haut de la butte, sur l'esplanade, là aussi il y a du monde, énormément de monde.

Mais à deux pas de là, vous avez des rues pavées presque vides et, encore un peu plus loin, c'est le calme total: des ruelles, des placettes ignorées de la foule avec des vues imprenables sur l'immensité de la ville.
Ce n'est ni tout à fait la ville, ni vraiment la campagne … Tel Janus, la ville a deux visages.
Ici le calme règne. Pas étonnant alors que ces endroits privilégiés soient des lieux de résidence très recherchés. Ces passages discrets, ces impasses retirées sont désormais tous privatisés et alors les prix des logements s'envolent ...


Mais souvent "Passage privé" signifie "visages fermés", et ici, le promeneur égaré dans la ville, n'est pas franchement le bienvenu. Derrière la grille, on vous dévisage et on vous "tire une drôle de tronche" …

Passant, passe ton chemin … "Tu ne vois pas que tu gênes" !


>> Lire aussi: "Bref entretien, rue Miguel Hidalgo!".

>> Voir aussi : "La Goutte d'or, Babel parisienne".

 

 

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Errances et parcours parisiens de Rutebeuf.

30 Novembre 2013, 09:15am

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Publié par barreteau

Plan de Paris au temps de Rutebeuf (1223)

Rutebeuf (ou Rustebeuf en ancien français) est un poète du Moyen Âge, né à une date inconnue et probablement mort vers 1285.

Rutebeuf est un poète "personnel", car il est l'un des premiers à nous parler de ses misères et des difficultés de sa vie.

Parmi ses vers les plus célèbres on trouve ceux issus des Poèmes de l’infortune :

" Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus, et tant aimés ... "

Léo Ferré en a fait une chanson qu'il a intitulée "Pauvre Rutebeuf", un titre repris par de nombreux artistes.

Si on ne sait quasiment rien de la vie de Rutebeuf, sauf qu'il était trouvère, un peu jongleur et avait une formation de clerc, on sait par contre avec certitude qu'il a vécu à Paris.

Et, dans "La Pauvreté", il écrit:

"A Paris suis entre tous biens
Et nul n'y a qui y soit mien."

Qui transposé en français moderne donne:

"A Paris, je suis au milieu de toutes sortes de biens, mais aucun ne m'appartient …"

Rutebeuf est donc l'un des premiers témoins de la ville. Il peut même être considéré comme le symbole de la contestation d'un urbanisme inhumain, axé sur le profit, et d'une aberration dénaturant le patrimoine ancien.

Tiens, tiens, … déjà ?


>> En savoir plus : "Errances et parcours parisiens de Rutebeuf à Crevel" par Jeannine Guichardet (aux Editions Presse de la Sorbonne Nouvelle)


>> Evolution de l'urbanisation de Paris entre l'an 1150 et l'an 1300.

 


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Les Patios Parisiens.

25 Novembre 2013, 10:07am

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Publié par barreteau

Pont de la rue Arthur Rozier - 75019 Paris (Juillet 1997) 

C'est un lieu comme seul l'Est Parisien sait nous en montrer: un jeu de dénivelés qui donne aux rues une configuration toute particulière, avec ici au niveau inférieur la rue de Crimée et en surplomb, la rue Arthur Rozier.

Vue du pont qui enjambe la rue de Crimée vous pouviez découvrir il y a encore peu de temps, en enfilade, les ateliers des petites industries qui ont fleuri ici jusque dans les années 70.


Le travail du métal était la spécialité du coin: étameurs, zingueurs, décolleteurs … étaient alors ici les métiers les plus répandus.

Aujourd'hui le secteur a été sévèrement restructuré: exit les ateliers … et, à la place on a édifié des immeubles, beaucoup d'immeubles … qui ont complètement anéanti l'ambiance villageoise du quartier.

Il faut dire que l'appétence des bobos pour les abords du Parc des Buttes Chaumont, a fortement stimulé la demande de logements dans ce coin du 19ème.

Ainsi, au 21 de la rue de Crimée, à deux pas des stations de métro Botzaris et Place des Fêtes, "Les Patios Parisiens" forment un ensemble de trois immeubles à l'architecture résolument contemporaine. Ils accueillent une cinquantaine d'appartements organisés autour de patios intérieurs ... c’est l’argument exotique qui fait vendre ! Mais les lois sur l'investissement locatif, y ont dicté leurs règles, … le programme est vendu "à partir de 6800 euro le m2", soit aux alentours de 800.000 € pour un T4.

Les décolleteurs, les zingueurs et autres ouvriers de l'usine d'emporte pièce "Pelletier et Jaminet" ont depuis longtemps quitté les lieux, … de toute façon, à ce "tarif", ils n'auraient pas pu s'y loger!


>> Kaufman et Broad annonce le programme qui occupera le "dernier carré" …

>> Le fabriquant d'emporte pièce PELLETIER & JAMINET s'est délocalisé … dans l'Orne.

 


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" Noir & Blanc" autour du bassin de la Villette.

20 Novembre 2013, 10:48am

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Publié par barreteau

A Paris, le bassin de la Villette était l'un des lieux préférés de Jacques Prévert. 
Dès 1932, il y entraine Brassaï qui est toujours à la recherche d'insolites clichés de Paris la nuit.

Brassaï écrit à ce sujet: "Je passai aussi quelques nuits dans les parages du bassin de la Villette avec Jacques Prévert, où nous jouissions de cette "beauté dans le sinistre", comme il aimait appeler le plaisir que suscitaient en nous ces quais désolés, ces rues désertes, ce quartier déshérité, hérissé de grues, parsemé d'entrepôts et de docks".

Quatre ans plus tard, en 1936, Prévert est de nouveau dans les parages, au côté de Carné, pour le tournage du premier film issu de leur collaboration: "Jenny". Plusieurs scènes de ce film sont tournées là, en décor naturel, tout autour du bassin de la Villette et du canal de l’Ourcq.
Plus tard, on retrouvera les mêmes lieux filmés au naturel ou en décors reconstitués par Trauner, dans "Les Portes de la Nuit".
 
Ce secteur de Paris sera toujours très présent dans les films de Carné, et ses héros déambuleront souvent près du pont de la rue de l’Évangile et de son calvaire, au pied des gazomètres, ou sur le pont-levant de la rue de Crimée ou encore le long du canal de l'Ourcq avec sa baraque sur laquelle il est écrit : "Secours aux noyés"!

Toute une époque … que l'on visualise exclusivement en noir et blanc, bien sûr !

 

>> Le bassin de La Villette vu par Brassaï (1932)

>> Jacques Prévert, photographié par Doisneau au Pont de la rue de Crimée (1955)

 


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Le Goût du Paris insolite.

15 Novembre 2013, 08:48am

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Publié par barreteau


En 2002, Les Editions du Mercure de France ont lancé la série "Le goût de …", et depuis lors c'est plus de 160 titres qui ont été publiés sous le logo du "Petit Mercure". Il s'agit d'anthologies littéraires consacrées à des villes, à des régions, à des pays …
Et aujourd'hui, un nouvel opus vient de sortir des presses. Il est consacré à Paris, et s'intitule "Le goût du Paris insolite".

Avec Venise, Paris est sans doute la ville du monde qui a inspiré le plus d'auteurs: de François Villon à Marcel Proust … de Jacques Prévert à Ernest Hemingway … mais aussi d'infatigables arpenteurs de cette ville : Léon-Paul Fargue, Jacques Réda … et bien d'autres.

Au travers de courts textes d'auteurs, choisis et présentés par Jean-Claude Perrier, c’est un tout autre Paris que ce petit - mais précieux - volume nous invite à découvrir.

Un Paris inattendu, bizarre, mystérieux, caché – en un mot insolite !

Un regret peut-être, l'absence de Georges Perec qui, lui aussi, n'a pourtant pas son pareil pour nous immerger dans d'insolites secteurs de la capitale …

A découvrir au plus vite …


>>  Le Goût du Paris insolite, sur le site du "Mercure de France".

 

 

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Brassaï, pour l'amour de Paris.

10 Novembre 2013, 09:34am

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Publié par barreteau

Avenue du Maine, 1932 - © Brassaï

A l'Hôtel de Ville, l’exposition "Brassai, pour l’amour de Paris" vient d'ouvrir ses portes. C'est une rétrospective de l'œuvre de cet immense photographe qui a entretenu, durant toute sa vie, une relation passionnelle avec Paris.

Ce jeune hongrois est venu dès l'âge de 4 ans à Paris et s'est juré d'y revenir adulte.
En 1924, il revient en effet à Paris. Il a 25 ans, mais il a aussi avec lui des photos du Paris des années 1900, des photos qu'il a collectionnées pour se souvenir de son premier passage à Paris.
Ces photos agissent sur lui comme des images mentales, des images latentes qu'il va plus ou moins consciemment utiliser lorsqu'il va commencer à photographier Paris en 1929.

Il se promène dans la ville, de jour comme de nuit, surtout la nuit, seul ou accompagné, dans des endroits étranges, à la marge …
La nuit, il photographie ces lieux insolites, sans lumière ajoutée, avec la seule lumière de la ville. De ce travail, sortira en 1932, un ouvrage de référence de la prise de vue nocturne: "Paris de nuit". La qualité des lumières, des contrastes, des dégradés de gris font émerger de ces clichés un Paris finalement peu daté, un Paris éternel.
Pour moi, Brassaï, c'est cela : c'est Paris la nuit … et à ce jour personne n'a pu l'égaler sur ce thème.

L'exposition de l'Hôtel de Ville montre bien d'autres facettes de Brassaï : sa relation avec Picasso, le cirque, les Folies-Bergères, et aussi de sublimes photos de nues …

En 1960, Brassaï publie "Graffiti". Ce livre, fruit de trente ans de recherches, d'exploration des murs parisiens, propose le graffiti comme une forme d'art brut, primitif, éphémère.
C'est sans doute la première fois que l'on évoque le graffiti comme un art … D'ailleurs Brassaï disait : " Le mur à Paris, est le plus grand musée du monde"

Ainsi, par quelque côté que l'on examine son œuvre, on y retrouve Paris, toujours Paris.
A voir absolument …


>> L'expo. Brassaï : où et quand ? …

>> Brassaï, déjà sur Parisperdu.

 

 

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Le boulevardier.

5 Novembre 2013, 09:26am

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Publié par barreteau

 Boulevard Bonne Nouvelle, 75002 Paris (Avril 2011)

Aujourd'hui, le boulevard Bonne Nouvelle est presque vide aussi c'est une chance d'apercevoir toutefois un boulevardier, une espèce d'homme devenue rare.

Le boulevardier est souvent un rêveur, il préfère les images aux concepts, car pour prendre forme, ces derniers exigent du travail.
Il est seulement occupé à arpenter les boulevards, selon un ancien code culturel du parisianisme qui tend à disparaître tout comme le paseo espagnol, la passeggiata italienne ou les promenades en soirées sur  les corniches marocaines ou égyptiennes …


Mais ici, nous sommes loin de la torpeur des rivages méditerranéens et la vie agitée de Paris, complexe et imprévisible, semble être la caractéristique la plus riche de la capitale et, au fond, la plus naturelle …
On comprend alors que le boulevardier soit une espèce en voie de disparition !


>> J'aime flâner sur les grands boulevards, Y'a tant de choses à voir …

 

 

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