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PARISPERDU

Les paris de l'industrie: à la découverte du passé industriel de Paris.

9 Décembre 2013, 09:51am

Publié par barreteau

Ancienne usine Méccano, 78-80 rue Rébeval Paris 19ème (juin 2011)

A partir de la fin du 18e siècle et jusqu'aux années 1950-60, Paris a vécu une ère industrielle forte. En 1900, Paris comptait en effet des centaines d'ateliers et usines et quelques 900 000 ouvriers ...

Les enjeux, les formes de cette révolution industrielle et les conséquences parfois conflictuelles de son implantation au cœur du tissu urbain, font l'objet d'une exposition qui vient d'ouvrir ses portes jusqu'au 7 janvier 2014, au Réfectoire des Cordeliers, rue de l'Ecole de Médecine.

Longtemps oublié, (on ne compte pas le nombre d'usines rasées depuis 1950), le Paris industriel a largement regagné le cœur des Parisiens ces dernières années, et de nombreux bâtiments sont aujourd'hui protégés et rénovés.

Ainsi par exemple, au 78-80 rue Rébeval, dans le 19ème arrondissement, se dresse un drôle de bâtiment. Avec ses murs de briques et de pierres de taille, on reconnaît immédiatement le type des immeubles industriels du Nord de la France. Rien d'étonnant à cela car ce bâtiment a été conçu dans les années 1920, par l'architecte belge Arthur Vye-Parminter.

Cette curieuse façade, toute en courbes et en obliques était celle des bâtiments administratifs de Meccano France. Les ateliers se trouvaient juste derrière. C'est là que furent fabriqués, pendant une dizaine d'années, les fameux jeux de construction, avant que la production ne soit délocalisée, dans les années 1930, en banlieue, à Bobigny. Dans l'immeuble de la Rue Rébeval ne restent alors que l'administration et l'expédition.

Mais, en 1951, Meccano abandonne définitivement la rue Rébeval. L'immeuble est vendu.
Diverses administrations occuperont les lieux jusqu'en 1985. Puis, l'immeuble, assez inchangé depuis l'époque Meccano, sera utilisé par l'Ecole d'architecture de Paris-Belleville, qui y demeurera jusqu'à l'été 2009. 
Après d'importants aménagements et travaux d'intérieur, l'immeuble accueille depuis novembre 2012, l'Ecole des ingénieurs de la ville de Paris … et c'est, d'une certaine façon un retour à l'industrie, non pas à celle du passé, mais à celle que bâtiront les élèves ingénieurs de la rue Rébeval.


>> L'expo : Les paris de l'industrie, à la découverte du passé industriel de Paris.

>> L'Ecole des ingénieurs de la ville de Paris.

 

 

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Les deux visages de la ville.

4 Décembre 2013, 10:23am

Publié par barreteau

Villa Poissonnière Paris 18ème, un passage privé arboré, au calme dans un quartier populaire. 

Paris reste une ville magique. Dans certains quartiers, elle bouge, s'agite, grouille de monde. Mais, deux rues plus loin, il est possible de se retrouver dans la ville d'antan et parfois même dans un village de province.


Ainsi dans le 18ème arrondissement, au pied de la  colline du Sacré-Cœur, les avenues sont animées, pleines de badauds, de bus de touristes ... En haut de la butte, sur l'esplanade, là aussi il y a du monde, énormément de monde.

Mais à deux pas de là, vous avez des rues pavées presque vides et, encore un peu plus loin, c'est le calme total: des ruelles, des placettes ignorées de la foule avec des vues imprenables sur l'immensité de la ville.
Ce n'est ni tout à fait la ville, ni vraiment la campagne … Tel Janus, la ville a deux visages.
Ici le calme règne. Pas étonnant alors que ces endroits privilégiés soient des lieux de résidence très recherchés. Ces passages discrets, ces impasses retirées sont désormais tous privatisés et alors les prix des logements s'envolent ...


Mais souvent "Passage privé" signifie "visages fermés", et ici, le promeneur égaré dans la ville, n'est pas franchement le bienvenu. Derrière la grille, on vous dévisage et on vous "tire une drôle de tronche" …

Passant, passe ton chemin … "Tu ne vois pas que tu gênes" !


>> Lire aussi: "Bref entretien, rue Miguel Hidalgo!".

>> Voir aussi : "La Goutte d'or, Babel parisienne".

 

 

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Errances et parcours parisiens de Rutebeuf.

30 Novembre 2013, 09:15am

Publié par barreteau

Plan de Paris au temps de Rutebeuf (1223)

Rutebeuf (ou Rustebeuf en ancien français) est un poète du Moyen Âge, né à une date inconnue et probablement mort vers 1285.

Rutebeuf est un poète "personnel", car il est l'un des premiers à nous parler de ses misères et des difficultés de sa vie.

Parmi ses vers les plus célèbres on trouve ceux issus des Poèmes de l’infortune :

" Que sont mes amis devenus, que j’avais de si près tenus, et tant aimés ... "

Léo Ferré en a fait une chanson qu'il a intitulée "Pauvre Rutebeuf", un titre repris par de nombreux artistes.

Si on ne sait quasiment rien de la vie de Rutebeuf, sauf qu'il était trouvère, un peu jongleur et avait une formation de clerc, on sait par contre avec certitude qu'il a vécu à Paris.

Et, dans "La Pauvreté", il écrit:

"A Paris suis entre tous biens
Et nul n'y a qui y soit mien."

Qui transposé en français moderne donne:

"A Paris, je suis au milieu de toutes sortes de biens, mais aucun ne m'appartient …"

Rutebeuf est donc l'un des premiers témoins de la ville. Il peut même être considéré comme le symbole de la contestation d'un urbanisme inhumain, axé sur le profit, et d'une aberration dénaturant le patrimoine ancien.

Tiens, tiens, … déjà ?


>> En savoir plus : "Errances et parcours parisiens de Rutebeuf à Crevel" par Jeannine Guichardet (aux Editions Presse de la Sorbonne Nouvelle)


>> Evolution de l'urbanisation de Paris entre l'an 1150 et l'an 1300.

 


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Les Patios Parisiens.

25 Novembre 2013, 10:07am

Publié par barreteau

Pont de la rue Arthur Rozier - 75019 Paris (Juillet 1997) 

C'est un lieu comme seul l'Est Parisien sait nous en montrer: un jeu de dénivelés qui donne aux rues une configuration toute particulière, avec ici au niveau inférieur la rue de Crimée et en surplomb, la rue Arthur Rozier.

Vue du pont qui enjambe la rue de Crimée vous pouviez découvrir il y a encore peu de temps, en enfilade, les ateliers des petites industries qui ont fleuri ici jusque dans les années 70.


Le travail du métal était la spécialité du coin: étameurs, zingueurs, décolleteurs … étaient alors ici les métiers les plus répandus.

Aujourd'hui le secteur a été sévèrement restructuré: exit les ateliers … et, à la place on a édifié des immeubles, beaucoup d'immeubles … qui ont complètement anéanti l'ambiance villageoise du quartier.

Il faut dire que l'appétence des bobos pour les abords du Parc des Buttes Chaumont, a fortement stimulé la demande de logements dans ce coin du 19ème.

Ainsi, au 21 de la rue de Crimée, à deux pas des stations de métro Botzaris et Place des Fêtes, "Les Patios Parisiens" forment un ensemble de trois immeubles à l'architecture résolument contemporaine. Ils accueillent une cinquantaine d'appartements organisés autour de patios intérieurs ... c’est l’argument exotique qui fait vendre ! Mais les lois sur l'investissement locatif, y ont dicté leurs règles, … le programme est vendu "à partir de 6800 euro le m2", soit aux alentours de 800.000 € pour un T4.

Les décolleteurs, les zingueurs et autres ouvriers de l'usine d'emporte pièce "Pelletier et Jaminet" ont depuis longtemps quitté les lieux, … de toute façon, à ce "tarif", ils n'auraient pas pu s'y loger!


>> Kaufman et Broad annonce le programme qui occupera le "dernier carré" …

>> Le fabriquant d'emporte pièce PELLETIER & JAMINET s'est délocalisé … dans l'Orne.

 


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" Noir & Blanc" autour du bassin de la Villette.

20 Novembre 2013, 10:48am

Publié par barreteau

A Paris, le bassin de la Villette était l'un des lieux préférés de Jacques Prévert. 
Dès 1932, il y entraine Brassaï qui est toujours à la recherche d'insolites clichés de Paris la nuit.

Brassaï écrit à ce sujet: "Je passai aussi quelques nuits dans les parages du bassin de la Villette avec Jacques Prévert, où nous jouissions de cette "beauté dans le sinistre", comme il aimait appeler le plaisir que suscitaient en nous ces quais désolés, ces rues désertes, ce quartier déshérité, hérissé de grues, parsemé d'entrepôts et de docks".

Quatre ans plus tard, en 1936, Prévert est de nouveau dans les parages, au côté de Carné, pour le tournage du premier film issu de leur collaboration: "Jenny". Plusieurs scènes de ce film sont tournées là, en décor naturel, tout autour du bassin de la Villette et du canal de l’Ourcq.
Plus tard, on retrouvera les mêmes lieux filmés au naturel ou en décors reconstitués par Trauner, dans "Les Portes de la Nuit".
 
Ce secteur de Paris sera toujours très présent dans les films de Carné, et ses héros déambuleront souvent près du pont de la rue de l’Évangile et de son calvaire, au pied des gazomètres, ou sur le pont-levant de la rue de Crimée ou encore le long du canal de l'Ourcq avec sa baraque sur laquelle il est écrit : "Secours aux noyés"!

Toute une époque … que l'on visualise exclusivement en noir et blanc, bien sûr !

 

>> Le bassin de La Villette vu par Brassaï (1932)

>> Jacques Prévert, photographié par Doisneau au Pont de la rue de Crimée (1955)

 


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Le Goût du Paris insolite.

15 Novembre 2013, 08:48am

Publié par barreteau


En 2002, Les Editions du Mercure de France ont lancé la série "Le goût de ", et depuis lors c'est plus de 160 titres qui ont été publiés sous le logo du "Petit Mercure". Il s'agit d'anthologies littéraires consacrées à des villes, à des régions, à des pays …
Et aujourd'hui, un nouvel opus vient de sortir des presses. Il est consacré à Paris, et s'intitule "Le goût du Paris insolite".

Avec Venise, Paris est sans doute la ville du monde qui a inspiré le plus d'auteurs: de François Villon à Marcel Proust … de Jacques Prévert à Ernest Hemingway … mais aussi d'infatigables arpenteurs de cette ville : Léon-Paul Fargue, Jacques Réda … et bien d'autres.

Au travers de courts textes d'auteurs, choisis et présentés par Jean-Claude Perrier, c’est un tout autre Paris que ce petit - mais précieux - volume nous invite à découvrir.

Un Paris inattendu, bizarre, mystérieux, caché – en un mot insolite !

Un regret peut-être, l'absence de Georges Perec qui, lui aussi, n'a pourtant pas son pareil pour nous immerger dans d'insolites secteurs de la capitale …

A découvrir au plus vite …


>>  Le Goût du Paris insolite, sur le site du "Mercure de France".

 

 

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Brassaï, pour l'amour de Paris.

10 Novembre 2013, 09:34am

Publié par barreteau

Avenue du Maine, 1932 - © Brassaï

A l'Hôtel de Ville, l’exposition "Brassai, pour l’amour de Paris" vient d'ouvrir ses portes. C'est une rétrospective de l'œuvre de cet immense photographe qui a entretenu, durant toute sa vie, une relation passionnelle avec Paris.

Ce jeune hongrois est venu dès l'âge de 4 ans à Paris et s'est juré d'y revenir adulte.
En 1924, il revient en effet à Paris. Il a 25 ans, mais il a aussi avec lui des photos du Paris des années 1900, des photos qu'il a collectionnées pour se souvenir de son premier passage à Paris.
Ces photos agissent sur lui comme des images mentales, des images latentes qu'il va plus ou moins consciemment utiliser lorsqu'il va commencer à photographier Paris en 1929.

Il se promène dans la ville, de jour comme de nuit, surtout la nuit, seul ou accompagné, dans des endroits étranges, à la marge …
La nuit, il photographie ces lieux insolites, sans lumière ajoutée, avec la seule lumière de la ville. De ce travail, sortira en 1932, un ouvrage de référence de la prise de vue nocturne: "Paris de nuit". La qualité des lumières, des contrastes, des dégradés de gris font émerger de ces clichés un Paris finalement peu daté, un Paris éternel.
Pour moi, Brassaï, c'est cela : c'est Paris la nuit … et à ce jour personne n'a pu l'égaler sur ce thème.

L'exposition de l'Hôtel de Ville montre bien d'autres facettes de Brassaï : sa relation avec Picasso, le cirque, les Folies-Bergères, et aussi de sublimes photos de nues …

En 1960, Brassaï publie "Graffiti". Ce livre, fruit de trente ans de recherches, d'exploration des murs parisiens, propose le graffiti comme une forme d'art brut, primitif, éphémère.
C'est sans doute la première fois que l'on évoque le graffiti comme un art … D'ailleurs Brassaï disait : " Le mur à Paris, est le plus grand musée du monde"

Ainsi, par quelque côté que l'on examine son œuvre, on y retrouve Paris, toujours Paris.
A voir absolument …


>> L'expo. Brassaï : où et quand ? …

>> Brassaï, déjà sur Parisperdu.

 

 

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Le boulevardier.

5 Novembre 2013, 09:26am

Publié par barreteau

 Boulevard Bonne Nouvelle, 75002 Paris (Avril 2011)

Aujourd'hui, le boulevard Bonne Nouvelle est presque vide aussi c'est une chance d'apercevoir toutefois un boulevardier, une espèce d'homme devenue rare.

Le boulevardier est souvent un rêveur, il préfère les images aux concepts, car pour prendre forme, ces derniers exigent du travail.
Il est seulement occupé à arpenter les boulevards, selon un ancien code culturel du parisianisme qui tend à disparaître tout comme le paseo espagnol, la passeggiata italienne ou les promenades en soirées sur  les corniches marocaines ou égyptiennes …


Mais ici, nous sommes loin de la torpeur des rivages méditerranéens et la vie agitée de Paris, complexe et imprévisible, semble être la caractéristique la plus riche de la capitale et, au fond, la plus naturelle …
On comprend alors que le boulevardier soit une espèce en voie de disparition !


>> J'aime flâner sur les grands boulevards, Y'a tant de choses à voir …

 

 

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Le dernier jambon de Paris fait intra-muros.

31 Octobre 2013, 08:23am

Publié par barreteau

Au 166 rue de Charonne, les Etablissements Le Guel fabriquent le dernier vrai jambon de Paris.

La gastronomie est vraisemblablement née à Paris. Mais on ignore souvent qu’il existe un vrai terroir parisien avec des produits qui, toutefois, sont  pour la plupart en train de disparaître.

Bien sûr tout le monde connaît le "champignon de Paris" cultivé dès l'époque de Napoléon Ier, dans les carrières souterraines de Paris, d'où son nom. Mais aujourd'hui le champignon de Paris vient du Val de Loire … quand ce n'est pas de Chine !

Alors quoi d'autre sur le terroir parisien d'aujourd'hui ? A vrai dire pas grand-chose, tant le vin de Montmartre ou le miel des ruches de l'Opéra tiennent plus du folklore local que d'un terroir véritable.

Finalement, il faut aller rue de Charonne, au fin fond du 11ème arrondissement pour trouver un véritable produit du terroir parisien. Le dernier vrai "Jambon de Paris" fabriqué à l'ancienne, sans colorant ni conservateur. Ici, neuf salariés travaillent à temps complet pour préparer environ 500 jambons par semaine. Dont le nec plus ultra du jambon : "le Prince de Paris" que l'on reconnait à son tampon qui représente la Tour Eiffel.

Vendu entre 21 et 29 euros le kilo – soit environ deux fois plus que son cousin industriel –, ce "vrai jambon de Paris" a le goût de l’authenticité, … et le prix de sa rareté.


>> Où trouver le dernier jambon de Paris ?

>> Le dernier jambon de Paris a-t-il un goût de luxe ?

 

 

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" Omote tu ora "

27 Octobre 2013, 09:09am

Publié par barreteau

Avenue de France Paris 13ème (mai 2000)

Ce milieu urbain et son architecture nouvelle sont, au final, bien décevants.

Ici, les habitants sont noyés dans un maelström de bâtiments sans âme, et où ils finissent par disparaître, … tout un symbole de la déshumanisation de la société.

Pourtant chaque angle de rue se réserve le droit de nous livrer une nouvelle pièce de la mosaïque qui compose ce tentaculaire espace à vivre. Mais la monotonie des façades de verre et de béton se répètent à l'infini et laisse peu de place à l'humain.


Le Japon connaît depuis longtemps cette problématique de l'individu nié par la mégapole, que l'on désigne là-bas par l'expression "Omote tu ora" et que l'on peut traduire approximativement par : "Je ne veux pas que tu partes, ... que tu disparaisses". 

Reste donc sur les clichés, une ville neuve, propre, futuriste, mais une ville presque désertifiée où l'individu, fondu dans une urbanité abstraite, a fini par disparaître, et pourtant "Omote tu ora"


>> "J'aurais aimé que ce monde me parle ..."

 

 

 

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L'une des dernières de Willy Ronis.

22 Octobre 2013, 09:54am

Publié par barreteau

Pont de la Tournelle  © Copyright Willy Ronis/Agence Rapho (1999)

La photo date de 1999, soit deux ans avant que le grand photographe ne range définitivement ses appareils. Mais, quand on sait que dès le début de l'an 2000, Ronis ayant perdu beaucoup de sa mobilité ne sortait plus faire de clichés en extérieur et se consacrait exclusivement aux nus et aux prises de vues en intérieur, alors on comprend que cette image est l'une des dernières prises par Willy Ronis dans les rues de Paris.

Ce jour là, Ronis se balade sur les quais, du côté du pont de la Tournelle, son Pentax à la main. C'est un endroit qui lui a autrefois porté chance, il suffit pour cela de se souvenir de "La péniche aux enfants", un cliché pris quarante ans plus tôt, au Pont d’Arcole, tout près d'ici… et comme l'assassin retourne toujours sur le lieu de "son crime" … Ronis traîne à nouveau par-là!

Comme à son habitude, il a défini son cadre et attend que des personnages viennent se placer dans l'image, aux endroits qu'il a préalablement choisis. L'exercice demande beaucoup de patience et un grand savoir-faire pour appuyer sur le déclic au dixième de seconde juste … un dixième trop tôt ce n'est pas la même image, un dixième trop tard ce n'est pas bon non plus.

Maintenant, il suffit de connaître un peu Ronis et aussi ses "images cultes" pour comprendre pourquoi il a fait celle-ci.

Tout d'abord, il y a cet homme en position quasi centrale, avec un chapeau et un manteau d'un autre âge … bref une tenue qui pourrait faire penser au commissaire Maigret, par exemple. Le regard de Willy a certainement été attiré en premier lieu par ce personnage.

Il parle à une femme, sans doute une bouquiniste comme semble en témoigner la chaise pliante située près d'elle. Elle aussi porte une tenue certes peu commune mais qui dialogue bien avec celle de l'homme au manteau.

Sur la partie gauche de l'image, soulignée par le pavement régulier du trottoir, l'époque de la photo nous est clairement indiquée par le jeune homme au blouson et au casque audio vissé sur la tête. Il forme la pointe d'un triangle dont les deux angles de la base sont occupés par deux femmes en tenues aux valeurs opposées: claire et sombre.


Les autres personnages, à droite, ne parasitent pas l'image car ils sont groupés et de dos, aussi se fondent-ils parfaitement dans des éléments au graphisme vertical: les grilles de protection des arbres et le treillis de la façade de l'Institut du Monde Arabe, en arrière-plan. 

Ronis arrive ainsi à nous montrer la ville, non pas telle qu'elle est : bruissante de passants, bourdonnante de voitures, zébrée de panneaux indicateurs ou publicitaires … mais telle qu'il a toujours aimé la voir : avec des personnages sur les points ou les lignes de force de son cadre, avec peu ou pas d'automobiles ou de mobilier urbain…

L'alignement, à cet endroit, des bouquinistes est plus suggéré que réellement montré, les panneaux indicateurs sont sagement ordonnés sur un même plan … et pour apporter une touche de poésie: deux pigeons sont sur le trottoir … Loi du triangle oblige, je suis à peu près sûr que Ronis devait en avoir un troisième dans son cadre quelques secondes avant qu'il ne déclenche !

Merci pour la leçon Willy, … les photographes de rues apprécieront !

 

>> Willy Ronis: "La péniche aux enfants".

 


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Les Portes du 10ème.

18 Octobre 2013, 12:09pm

Publié par barreteau

La porte Saint-Denis, vue de la rue de Cléry. (Octobre 2010)

Il ne s'agit pas de portes du périph’ parisien … car le 10ème arrondissement est un quartier situé plutôt au cœur de la capitale. Non, il s’agit ici de deux anciennes portes de Paris, matérialisées par deux arcs de triomphe monumentaux: la porte Saint-Denis et la Porte Saint-Martin.

Le site Ouest (Saint-Denis) mélange l’habitat, les petites entreprises et le commerce. Le site Est (Saint-Martin) est plus résidentiel avec des immeubles anciens et des logements sociaux HLM.

Tout ce quartier des Portes est densément peuplé et accueille une grande diversité de nationalités. Et, dans cette forte population immigrée, nombreux sont les candidats à l’asile. De surcroît, on trouve une importante population de "sans abri" dans les squares, aux abords du canal Saint-Martin et de la gare de l’Est.


Certains axes, comme la rue du Faubourg Saint-Denis, connaissent de fortes concentrations de logements sans confort … voire insalubres. Le quartier compte aussi un grand nombre d'immeubles, d'hôtels meublés et d'hôtels de tourisme pratiquant certes l’hébergement social mais souvent inscrits au plan d’éradication de l’habitat indigne.

Décidément, vivre près des anciennes portes de Paris n'est pas un luxe …


>> Le 10ème arrondissement sur Parisperdu.

>> L'habitat indigne est-il vraiment éradiqué à Paris ?


 

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C'était il y a 20 ans ...

14 Octobre 2013, 09:14am

Publié par barreteau

 Pont de Bercy _ Paris 13ème

En ces temps lointains, l'image était argentique et nous n'avions pas d'ordinateurs pour la travailler.

La société produisait beaucoup, les entreprises étaient florissantes et leurs employés - pleins de talent - travaillaient dans la joie, dans la bonne humeur, et dans de bonnes conditions financières.
Bref, c'était un autre temps. Un autre monde. Révolu.

Aujourd'hui, nombre d'entreprises ont disparu, ou ne sont plus que l'ombre de ce qu'elles étaient. Leurs employés ont parfois du mal à vivre ou - pire encore - ont été licenciés ...

Les raisons de cette évolution ? On les connaît. Elles ont été analysées, commentées, discutées, à de très nombreuses reprises.

Tous les secteurs ont été chamboulés. Radicalement. De la production aux circuits de vente, il a fallu reconsidérer chaque maillon de cette chaîne. Tout réinventer.

Dans le monde de l'image, là aussi les mutations ont été radicales. Mais paradoxalement, il n'y a jamais eu autant d'aspirants photographes. Ce métier fait toujours rêver.
Est-ce un bien ? La technique se maîtrise très aisément, faire de bonnes photos est facile, mais pour être un vrai photographe, c'est autre chose... raconter une histoire véritable n'est pas à la portée de tout le monde.

Dans cette jungle de l'information rapide, il est urgent de retrouver certaines bases, ou d'en inventer des nouvelles.
C'est ce que "Parisperdu" et le Groupe Facebook "Paris Hier, aujourd'hui … demain"  s'efforcent de faire.

 

>> Rejoignez le Groupe Facebook "Paris Hier, aujourd'hui … demain".

 

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Sentiers de Paris.

9 Octobre 2013, 08:58am

Publié par barreteau

Sentier de la Lieutenance_ Paris 12ème (juin 1997)

Nous ne parlons pas ici du célèbre quartier du Sentier, temple parisien de la confection textile; ni non plus des quelques 7 sentiers de Grande Randonnée que compte la capitale.
Non, ce que nous voulons ici mettre en avant, est quelque chose de bien plus modeste, de bien plus rare.

Il s'agit des voies de Paris encore actuellement dénommées sentier. Elles sont 8 seulement, pas une de plus … dont 5 situées dans le 12ème arrondissement, principalement dans le quartier Bel-Air.

Est-ce un hasard de retrouver dans cet arrondissement, précisément à cet endroit, la majorité des sentiers encore existants à Paris?

Non car il y a une explication toute simple: ces voies minuscules sont d'anciens sentiers ruraux de la ville de Saint-Mandé; or en 1863, une grande partie de la superficie de cette commune a été rattachée à Paris. Et, depuis cette date, leur appellation n'a pas été modifiée.

C'est le cas : du sentier Briens, du sentier de la Lieutenance, du sentier des Merisiers, du sentier de Montepoivre et du sentier de la Pointe.

Le 20ème arrondissement possédait, lui aussi, plusieurs sentiers, mais aujourd'hui, il n'en conserve plus aucun: le sentier des Vaches est devenu la rue de la Justice, le sentier des Falaises a été incorporé à la rue de la Py.
Quant au sentier des Écuyers, toujours dans le 20ème arrondissement, il a été supprimé en 2001, lorsque l'immeuble construit au 9 rue de la Croix-Saint-Simon a privatisé ce sentier-impasse …
Il en est fini des Ecuyers, pied à terre, tout le monde descend !

Alors si vous voulez voir à quoi ressemble encore un vrai sentier parisien, il vous faudra aller vous balader du côté de la Lieutenance ou des Merisiers !


>> Lumière sur la rue de Montempoivre.

 

 

 

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Le "street-art" entre dans une tour du 13e arrondissement ...

5 Octobre 2013, 09:27am

Publié par barreteau

 La Tour Paris 13, 5 rue Fulton, Paris 13e 

Cette tour des années 60, défraîchie et vide de ses occupants, sera entièrement détruite début novembre 2013. Mais avant cela, et pendant sept mois, elle aura été investie par plus de 100 graffeurs, venus du monde entier et sélectionnés pour réaliser une première dans l'univers du "Street Art": réaliser en intérieur ce qu'ils font généralement en extérieur …

Car de l'extérieur, en dehors d'un immense graffiti orange et noir, de 20 mètres de haut sur la façade, rien ne transparaît de tout ce qui a été réalisé à l'intérieur.

Spécialisée dans le graffiti, la galerie parisienne Itinérance est à l'origine de ce défi artistique aussi fou qu'éphémère.

Tout le mois d'octobre, le public pourra visiter cette œuvre d'art temporaire, avant sa destruction.

Les visites sont gratuites et il n'y a rien à vendre …


>> Le projet "La Tour Paris13".

>> Graffeur, ... est-ce un métier ?

 

 

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