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PARISPERDU
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Visa pour l'image 2015

9 Septembre 2015, 11:19am

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Publié par barreteau

Visa pour l'image 2015

27 février 2015. Cette opération de démolition à Madrid a entraîné l'arrestation de 11 militants pour le droit au logement qui avaient aspergé d'essence les forces de police. (Photo© ANDRES KUDACKI/AP/SIPA)

Depuis 1989, "Visa pour l'Image" réunit à Perpignan le meilleur du photojournalisme mondial. Chaque année j'y fais une visite pour découvrir ce que les photoreporters les plus talentueux ont dernièrement ramené de leurs périples, parfois hélas au péril de leur vie. Bien souvent il s'agit surtout d'images des guerres qui continuellement ensanglantent la planète. On en ressort invariablement secoué, bouleversé, révolté …

Mais cette année, j'ai fait la découverte d'un thème différent … mais tout aussi poignant.
Il s'agit d'un sujet souvent abordé dans ce blog, celui des expulsions et des démolitions urbaines. Et les recoupements entre les images exposées dans l'église des Dominicains et certains billets de Parisperdu sont manifestes.

C'est le photographe argentin Andres Kudacki qui présente ce reportage, réalisé au cours des trois dernières années, en Espagne.

Durant cette période, l'Espagne est sans doute le pays où la crise immobilière a été la plus rude: avec la précarité - un taux de chômage à 26 % et des baisses de salaires généralisées - des milliers de personnes n’arrivent plus à payer leur loyer ou leur crédit immobilier et sont menacées d’expulsion. D’autres sont victimes d’expropriation à la suite de spéculations immobilières entre les pouvoirs publics et des sociétés privées qui, une fois l'immeuble vidé, vont souvent procéder à sa démolition pour faire "du neuf" plus rentable.

"Je souhaitais parler de l’intimité de ces familles pour montrer leur attachement à leur maison et la gravité de la perte de leur logement" nous dit Kudacki qui a travaillé sur la détresse de nombreuses familles madrilènes et nous en délivre des images bouleversantes.

A voir absolument, jusqu'au 13 septembre 2015 à Visa pour l'Image à Perpignan.


>> Le photographe Andres Kudacki - site officiel

>> L'une des images les plus poignantes: Carmen Martinez Ayudo, expulsée à 85 ans !

>> Démolitions des murs, démolitions des vies.

 

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Au col de la Chapelle

5 Septembre 2015, 10:13am

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Publié par barreteau

Au col de la Chapelle
Ateliers ferroviaires de la rue Pajol, 75018_Paris (juin 1994)

 

Géographiquement parlant, un col est un passage étroit entre deux montagnes, et il permet la communication entre deux versants.

A Paris, entre le mont Martre et les Buttes Chaumont, se trouve le col de la Chapelle. Depuis toujours, ce passage a été une voie de communication majeure entre le Nord et la capitale. Dans cette coulée, on fit passer les tranchées des trains des Gares du Nord et de l'Est, les débouchés des routes Nationales 1, 2 et 3 … et aussi le Canal St Martin.

"Au col de la Chapelle" est également le nom de l'essai que Joël Cornuault vient de publier. Il nous y relate son enfance et son adolescence dans le dix-huitième arrondissement de Paris et plus particulièrement ses errances dans ce quartier de La Chapelle.

Je ne résiste pas à vous livrer un des extraits parmi les nombreux passages qui bien souvent se trouvent en parfaite résonance avec Parisperdu :
" La vie sociale n'étant plus en mesure de se régénérer de son propre mouvement, le capital familial n'étant plus à la hauteur des investissements nécessaires, toujours plus élevés, le conseil municipal du dix-huitième se promet d'entrer en action à l'emplacement des anciennes rotondes à locomotives et des secteurs de triage. Un de ses énormes combinats culturels, dont le Centre Beaubourg a fourni la matrice et qui la voit se reproduire en divers endroits où des "restructurations" sont déclarées nécessaires, va se dresser en lieu et place des ateliers et des quais de transbordement de la rue Pajol. Cet implant sera géré par la mairie de Paris depuis ses bureaux des bords de Seine - depuis la lune, autant dire."

Avec Joël Cornuault, au-delà de l'évocation d'un Paris populaire et ouvrier, aujourd'hui disparu, nous sommes invités à la flânerie urbaine, à l'errance quotidienne, à atteindre ce qu'il appelle le "sentiment des rues". Désormais aux côtés de Follain, de Fargue, d'Hardellet, de Réda et d'Aragon … il faudra ajouter un autre piéton de Paris: Joël Cornuault.


>> "Au col de la Chapelle" de Joël Cornuault, aux Editions Isolato.

>> La ZAC Pajol, sur Parisperdu.

>> La halle Pajol aujourd'hui …

 

 

 

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Le jardin interdit.

30 Août 2015, 10:07am

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Publié par barreteau

 

 Le jardin interdit.

Pour contempler dans les meilleures conditions la Grande Bibliothèque, il  faut venir de préférence au petit matin, la lumière rasante sur l'esplanade déserte produit alors un effet assez impressionnant.

Déambuler sur les planches en bois exotique qui couvrent ce vaste espace n'est pas désagréable mais au bout d'un moment le regard cherche autre chose que … du bois mort. Ici le vert, la végétation, la vie quoi … manquent cruellement ! Non décidément rien ne vient égayer les tristes abords de la Grande Bibliothèque.

Il y a pourtant là un jardin, de surcroit central, … mais il est interdit au public. Son inaccessibilité serait motivée par des questions de sécurité … Pourtant on aimerait se promener dans ses 12 000 m2, toucher les pins récupérés adultes en forêt de Louviers et haubanés pour aider leur délicat ré-enracinement, humer l'odeur de leur résine, regarder le soleil filtrer à travers leurs bouquets d'aiguilles …. Mais il faudra se contenter de les observer de loin,  derrière les vitres du déambulatoire du rez-de-jardin, sans savoir qui des arbres, ou bien des observateurs, sont les vrais prisonniers du gigantesque édifice de Dominique Perrault.

Et comme toujours,  la démesure génère la polémique.
A ce sujet, on pourra lire les essais de l'universitaire Jean-Marc Mandosio : "L’Effondrement de la Très Grande Bibliothèque Nationale de France" et "Après l'effondrement" aux éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, dans lesquels il fustige ce projet et sa réalisation.

Mais n'imaginez pas pouvoir lire tranquillement ces ouvrages, confortablement installé à l'ombre des pins du jardin interdit …


>> Les ouvrages de Jean-Marc Mandosio aux éditions de l'Encyclopédie des Nuisances.

>> La fille de Bercy.

>> Voir aussi : "Le jardin infernal"

 

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Chamarrée et charmante rue Crémieux !

24 Août 2015, 09:57am

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Publié par barreteau

 Chamarrée et charmante rue Crémieux !
Rue Crémieux Paris 12
ème (2010)

Avec ses façades de toutes les couleurs, la rue Crémieux est comme un décor d'opérette ou une rue fictive du monde enchanté de Disneyland… Et pourtant non, car nous sommes bien à Paris, dans le 12ème arrondissement, à seulement quelques pas de la gare de Lyon ….

La rue est interdite à la circulation, alors ici les piétons sont rois … et ils sont dans l'obligation de cheminer sur la rue pavée car les trottoirs sont entièrement occupés par d'innombrables bacs à arbustes et une multitude de pots de fleurs.

Et voilà que la rue déroule devant vos yeux ses trente-cinq pavillons à deux étages, tous différents, avec des couleurs chatoyantes : rose, vert, bleu, violet, … cette rue ne passe pas inaperçue dans ce secteur plutôt maussade du 12ème arrondissement où domine le gris …

 
 



>>
Le quartier Ste Marthe … aussi

 

 

 

 

 

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Fermeture estivale: quand la tour Eiffel se reflète dans la mer …

29 Juillet 2015, 09:51am

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Publié par barreteau

Comme chaque année, à l'occasion des vacances d'été, Parisperdu fait une pause.

Nous vous donnons rendez-vous, ici même, le 24 août 2015.

D'ici-là, Parisperdu vous souhaite de très bonnes vacances

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Le génie populaire en action …

22 Juillet 2015, 08:39am

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Publié par barreteau

Le génie populaire en action …

Christian Pereira et Didier Bénureau dans le film "Brèves de comptoir" de Jean-Michel Ribes (2014)

Dans les bistrots, les troquets, les rades … enfin, dans les vrais établissements, les "piliers de bar" ont de tout temps délivré des conversations pour le moins imagées. Ils ont même créé un certain genre de comédie à mi-chemin entre le théâtre de rue et la farce "pathelinesque", ce sont: les brèves de comptoir. C'est un drôle d’opéra parlé fait de pensées frappées au coin du bon sens et du plaisir d’être ensemble, … le génie populaire est en action.

Si vous voulez participer au spectacle, une fois à l'intérieur du bistrot, il faut choisir sa table, idéalement dans un angle de la salle, mais assez près du zinc afin de pouvoir écouter et observer les figures locales qui se relayent ici pour prendre leur quart …

Jean-Marie Gourio s'est fait un devoir de collectionner ces "brèves", pour qu'elles restent à jamais dans le Grand Livre de la Littérature française. Jean-Michel Ribes en a même fait un film …

Pourtant aujourd'hui, soumis à des contraintes diverses, peu de bistrots peuvent rester dans leur "jus" et beaucoup ont rendu les armes à la branchitude ambiante et là, les brèves de comptoir se font plutôt rares ….

Alors pour ceux qui ne peuvent plus se coudoyer avec la clientèle "experte es Brèves de comptoir", on vous en livre quelques unes, parmi nos préférées:

- "Tu sors du ventre de ta mère, après, c'est toute une vie à te reloger".

- "Le problème du cadre de vie, c'est qu'il n'y a pas de toile de vie à mettre dans le cadre".

- "On a beaucoup moins de voisins dans une ville que dans un village".

- " Le naturisme, sur le dépliant c'est des jeunes filles à poil sur la plage mais quand tu y es, c'est que des retraités de la SNCF".

- "Y faudrait un distributeur d'apéros dans le mur pour quand ça ferme, pareil que les banques".

- "Les Arabes ne boivent pas de vin, résultat, ils ne s'intègrent pas".

- "Au pôle Nord, au pôle Sud, à l'équateur, l'homme s'acclimate partout, il n'y a qu'en banlieue qu'il ne s'acclimate pas". 

… et un petit dernier pour la route :

- "Obama, le pauvre il a déjà des cheveux blanc, Bah y sera pas resté noir longtemps celui-là".


>> Les bistrots de parisperdu …

>> Qu'est-ce qu'un bistrot authentique ?

>> Brèves de comptoir, le film.

 

 

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Le soleil de la rue de Bagnolet.

17 Juillet 2015, 09:10am

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Publié par barreteau

      Le soleil de la rue de Bagnolet.             
La Flèche d'Or _ 102 bis rue de Bagnolet 75020 Paris

 

Robert Desnos évoque la rue de Bagnolet, poétiquement et comme nul autre:         

"Le soleil de la rue de Bagnolet

N'est pas un soleil comme les autres.

Il se baigne dans le ruisseau,

Il se coiffe avec un seau,

Tout comme les autres,

Mais, quand il caresse mes épaules,

C'est bien lui et pas un autre,

Le soleil de la rue de Bagnolet

Qui conduit son cabriolet

Ailleurs qu'aux portes des palais.

Soleil ni beau ni laid,

Soleil tout drôle et tout content,

Soleil d'hiver et de printemps,

Soleil de la rue de Bagnolet,

Pas comme les autres."

 

 

>> Le Flèche d'Or Café sur Parisperdu.

 

 

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Paris par les plus petits des chemins.

11 Juillet 2015, 21:02pm

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Publié par barreteau

 

Paris par les plus petits des chemins …

Au 158 rue de Charenton, s'ouvre la ruelle Bidault, Paris 12e (juin 2011)

 

Qu'on les appelle sentes, sentiers, impasses, passages, villas ... ou parfois encore ruelles, toutes sont des voies de Paris souvent méconnues et situées dans des endroits reculés ou peu fréquentés.

Mais aujourd'hui, les ruelles parisiennes ne sont plus ce qu'elles étaient et souvent dans les restructurations de quartiers entiers, elles ont tendance à disparaître….  si bien qu'aujourd'hui, Paris ne compte plus que six  ruelles.

Mise à part la ruelle du Soleil-d'Or, dans le 15ème et la ruelle Sourdis, dans le 3ème, la ruelle est une "spécialité" du 12ème arrondissement, où toutes débouchent, via le viaduc des arts, sur l'avenue Daumesnil.

Dans le 12ème, elles ont pour nom : Ruelle Bidault, Ruelle Fraisier, Ruelle des Hébrard, Ruelle de la Planchette. En outre, la rue de la Brèche-aux-Loups (toujours dans le 12e arrondissement) a porté autrefois le nom de ruelle de la Brèche-aux-Loups.

Dans le 18e arrondissement on trouve également une voie nommée passage Ruelle, mais ce lieu reculé, collé aux voies ferrées de la gare du Nord, n'a  rien d'une ruelle …

 

>> La ruelle Bidault, il y a 100 ans …

>> Sentiers de Paris.

>> Le passage Ruelle, déjà sur Parisperdu …

 

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Le plan Voisin: une catastrophe à laquelle on a échappé.

7 Juillet 2015, 10:17am

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Publié par barreteau

 

Le plan Voisin: une catastrophe à laquelle on a échappé …

L'impact du Plan voisin, vu du pont du Carrousel

 

Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier, est à l’honneur au Centre Pompidou, dans le cadre de l’exposition "Mesures de l’homme". Mais, cinquante ans après sa mort, l'architecte de la modernité, rassemble autant qu'il divise.

A l'occasion du débat d'actualité sur les tours à Paris, il me semble opportun de revenir sur l'un de ses plus célèbres projets architecturaux (ou plutôt urbanistique) non réalisés: "le Plan Voisin".

Ce projet, qui peut paraître dément aujourd'hui, proposé par Le Corbusier en 1925, mais auquel il travailla jusque dans les années 40, a eu une considérable influence sur l'urbanisation parisienne des années 50-60. Reprenant un de ses projets théoriques pour une sorte de ville clé en main "de trois millions d'habitants", concept issu de sa vision totalement industrialisée de la construction, Le Corbusier y prévoyait, en gros, la destruction d'un petit quart de Paris, pour y faire un maxi-Front de Seine, en plus grand et en plus radical, un genre de Hong Kong sur-densifié à la soviétique. Mais la seconde guerre mondiale va opportunément en repousser la réalisation sine die.

Nous, qui voyons dans l'affreuse Défense un abcès de fixation indispensable, un moindre mal, qui permet de cantonner les horreurs dans une zone dédiée, ne voulons pas cependant, ne voir dans le plan Voisin qu'une catastrophe à laquelle on a échappé, un simple document anachronique, un dessin d'urbanisme-fiction de plus dont les étudiants en architecture raffolent. On est en effet au contraire étonné, de voir à quel point les arguments des promoteurs actuels des tours sont proches de ces idées d'il y a presque un siècle: jouer avec la densité pour épargner l'espace au sol, séparation des voies de circulation et des habitations, urbanisme concerté, mégalomanie du "silhouettage", ingénierie sociale, et j'en passe ....

L'image ci-dessus montre l'impact du Plan voisin, vu du pont du Carrousel. On voit se dresser, derrière le Louvre que le célèbre architecte consentait à épargner, quelques unes des 18 tours cruciformes de 200 m de haut (hauteur de la Tour Montparnasse). Inutile d'insister sur l'aspect général, particulièrement hideux, qu'aurait eu cette ville. Il en aurait été fini de Paris, connue dans le monde entier pour sa beauté et son romantisme.


>> L'expo au Centre Beaubourg.

>> Le plan Voisin de Le Corbusier.

 

 

 

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Feue "La Miroiterie".

2 Juillet 2015, 08:52am

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Publié par barreteau

 

 Feue "La Miroiterie".

 La Miroiterie, 88 rue de Ménilmontant _Paris 20ème.

A Paris, "La Miroiterie" a longtemps été un lieu atypique, un lieu éclectique, dérangeant, …

Un endroit qui brassait toutes les cultures rock, punk, hard-core, métal, ska, psychobilly, afro… mais qui permettait aussi d'autres styles d'expression comme la peinture,  la sculpture ou encore la danse.

La Miroiterie était donc devenue "le lieu incontournable" des rendez-vous de la scène alternative parisienne avec ses ateliers d’artistes, sa salle de concert et aussi … ses logements, car longtemps "La Miroiterie" est resté le plus vieux des squats en activité à Paris, exactement de 1999 à 2014. Et il faut dire qu'au cours de cette période on y a croisé de drôles d’oiseaux …

Mais depuis ses débuts, le sort de l’établissement a toujours été en suspens et, chaque année, on annonçait l’expulsion des squatteurs.

Finalement, après une dizaine de procès et 14 ans de combat contre les autorités, le "squart" comme il se dénommait lui-même, a fini par disparaître.
C'était l'année dernière ....



>> L'histoire singulière du 88 rue de Ménilmontant.

>> Avis à la population …

>> La Miroiterie c'est fini … sur Facebook.

 

 

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Ici s'arrête le monde.

27 Juin 2015, 11:58am

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Publié par barreteau

Ici s'arrête le monde …

 Esplanade de la Grande Bibliothèque Paris 13ème (juin 2008)

 

Au centre de l'allée une borne rouge, comme un ultime souvenir d'un pays qui n'est plus.

Et là, au milieu des gratte-ciel, nous voilà entourés de toutes parts, coincés, … comme dans une impasse. Cette infinie perspective, aussi nue qu’inéluctable nous consterne, nous effraie. Ce n'est que par la ligne de fuite que l'on peut apercevoir la réalité, comme un pays lointain désormais inaccessible, un univers figé et dépossédé.

Alors, dans ce monde aseptisé et froid du nouveau Paris Rive Gauche, cet enfermement fait s'étioler la vitalité bordélique que l'on rencontre aujourd'hui encore dans les autres arrondissements, pourtant tout proches, de l'Est parisien. 

Mais ici, sur l'allée d'ipé, les êtres vivants que l'on croise sont indifférents aux autres humains, car ici s'arrête le monde. Pour certains il n'y a alors plus rien, pour d'autres, c'est peut-être ici que se trouve l'essentiel …
Mais souvenons-nous du proverbe grec : "Ici s'arrête le monde, dit l'aveugle ayant touché le mur".

 

>> Avenue de France: " L'ennui naquit un jour de l'uniformité"

>> J'aurais aimé que ce monde me parle

 

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Mes conversations avec Willy Ronis.

22 Juin 2015, 09:38am

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Publié par barreteau

Mes conversations avec Willy Ronis.

 Willy Ronis en 1979 - Copyright © Martine Franck / Magnum Photos
 

Nous sommes le 26 septembre 1995 et je rencontre Willy Ronis pour la première fois. Ce jour-là, Ronis donne une projection-conférence à la Fnac Etoile et à la fin de celle-ci, c'est Régis Debray qui m'introduit auprès de lui. Il y a bien longtemps que les photos de ce grand Monsieur m'émeuvent et aussi m'inspirent. Alors tout de suite, je lui fais part de mon admiration pour son travail sur Belleville-Ménilmontant, ces quartiers populaires de l'Est parisien qu'il a si bien photographié.

Je lui parle de sa photo du 32 rue de la Mare et là, … c'est le déclic. D'un ton enthousiasme, il me demande si j'y suis allé récemment et si la fabrique de chaussures est toujours là ? " Oui -lui dis-je, elle était même encore en activité lorsque que j'y suis passé il y a environ 6 mois. Je pourrais même vous montrer les photos que j'ai prises à cette occasion".

Plus tard lorsque je mets en ligne sur Parisperdu les dites photos, je le fais savoir à Willy Ronis. Il me répond aussitôt : "Je regrette fort de ne pouvoir répondre à votre blog, n'étant pas informatisé … mais si vous vouliez venir chez moi, rue de Lagny, nous pourrions en discuter".

Si je voulais venir ? Et comment, que je veux bien … "Trop d'la chance", comme disent les ados. Un rendez-vous est rapidement pris.

La suite vous a déjà été contée par le détail, ici-même, dans Parisperdu, et vous pouvez découvrir ou redécouvrir tout cela, en seulement quelques clics:

- "Oui Willy, elle est encore là ..."
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Sur le banc avec Willy Ronis.
- Les couleurs de Belleville.
- La rue Laurence Savart, si chère à Willy ...
- Chez Willy Ronis, grand témoin du Paris des petites gens.
- Un jeune homme ...de presque cent ans !
- Arles 2009, et ce fut la dernière ...
- La photo de Willy Ronis fait débat ...
- Dernier appel !
- Au revoir et merci Monsieur Ronis.
- Retour rue de Lagny.

 

Un mot encore, un simple post-scriptum, au sujet de ces entretiens, les 4 "spots" comme disent les "surfeurs", ou si vous préférez les 4 lieux qui revenaient sans cesse lorsque nous évoquions nos déambulations dans les rues de l'Est parisien étaient:

- Le 32 rue de la Mare,

- La butte Bergère,

- La rue de la Cloche,

- la cour de la rue du Retrait.

 

Que reste-t-il de ces lieux aujourd'hui ? Plus grand-chose, à part bien sûr la discrète butte Bergère …

 

 

>> Willy Ronis sur Parisperdu …

 

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Quand les murages font rage.

12 Juin 2015, 17:01pm

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Publié par barreteau

Quand les murages font rage ….
Passage Ramey Paris 18ème (octobre 2009)

 

Ce matin, parti à la découverte du 18ème, sous tous ses angles et coutures et aussi toutes ses cultures, je m'engouffre dans le passage Ramey. C'est un lieu insolite qui se parcourt parfois en plein air, mais vous fait aussi parfois vous engager comme dans un tunnel. Vers son milieu, je tombe sur ce murage avec cette inscription singulière d'un passe-muraille du quartier qui déclare fièrement : "Been through it !"

Et moi aussi, j'aurais pu lui répondre: "I've been through it", car oui "J'ai déjà vécu cela" dans le 20ème arrondissement du côté de la Réunion où les murages ont longtemps fait rage …

Tout cela sonne comme un hommage au Passe-muraille, la plus fameuse nouvelle de Marcel Aymé, où se croisent réalité et fiction. Mais rappelons que le personnage de Dutilleul, doté du pouvoir de traverser les murs s’y trouve finalement enserré dans la pierre, prisonnier du dernier mur qu’il tente de traverser. Aussi, passage Ramey, je passe tranquillement mon chemin …


>> Passage Ramey, comme dans un tunnel …

>> Been through it…

 

 

 

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Le 48 rue Ramponeau ne veut pas mourir.

12 Juin 2015, 09:31am

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Publié par barreteau

 

C'est la litanie des "derniers" qui continue à s'égrener. Après le dernier bottier, le dernier atelier de serrurerie, le dernier étameur, le dernier décolleteur … mais aussi le dernier fabricant de jambon à Paris, c'est aujourd'hui le dernier ferronnier qui est menacé de fermer ses portes et donc de rejoindre la longue liste des métiers disparus dans Paris intra-muros, et de rejoindre aussi notre "Paris perdu" …

La partie se joue au 48, rue Ramponeau, dans le vingtième arrondissement, un arrondissement qui a longtemps été celui des ateliers, des petites usines manufacturières, et qui, depuis déjà plusieurs décennies, est livré à l'appétit des promoteurs.

Au 48 donc, l’artisan ferronnier Grésillon a son atelier, son voisin dans la même cour, l'entreprise de verrerie/miroiterie Maestrini a fermé il y a deux ans, mais dès 2005, la Mairie de Paris avait préempté ces locaux, expressément pour protéger l’activité de l’artisanat. Or récemment, la Semaest, partenaire de la ville de Paris, a dévoilé son souhait de vendre ces bâtiments et, l’acheteur est un promoteur qui n’aurait pas caché son intention de tout démolir.

Est-il acceptable que disparaisse la dernière ferronnerie de Paris, employant 8 personnes, ainsi que les ateliers d'artistes situés dans les mêmes bâtiments ? Est-il acceptable que cette cour, lieu historique de … la création des Ateliers d'Artistes de Belleville (AAB), perde la diversité de cet ensemble d'artisans, d'artistes, d'habitants, d'associations et d'activités pour enfants ? Est-il enfin acceptable de détruire l'âme de ce site, patrimoine de Belleville, au charme et la renommée unanimement reconnus ?

Si vous pensez que non, alors vous pouvez vous manifester auprès de la Mairie de Paris, en signant la pétition pour préserver les emplois, les mètres carrés "artisanaux et artistiques", et afin de soutenir le dynamisme culturel et économique de ce lieu. Car non, le 48 rue Ramponeau ne veut pas mourir …



>> L'atelier Grésillon, présentation de l'Atelier.

>> L'atelier de verrerie/miroiterie Maestrini.

>> La page facebook du 48, rue Ramponeau.

>> Le précédent de La Forge de Belleville.

>> En visite chez les artistes et les militants de Belleville.

 

 

 

 

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Émile Savitry, photographe méconnu.

8 Juin 2015, 08:30am

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Publié par barreteau

Émile Savitry, photographe méconnu.

Dans un bar de Pigalle, un apache et sa protégée, Paris, 1938, © Émile Savitry

Encore un photographe de talent, un photographe humaniste qui longtemps est resté dans l’anonymat avant que son œuvre photographique émerge de l’obscurité à partir de 2006, à l'occasion de la belle exposition à la BNF consacrée à la "photographie humaniste 1945-1968".

On se souvient pourtant qu’entre 1932 et 1934, il fut l'assistant de Brassaï et aussi qu'il a fait partie de l’une des grandes agences photographiques de l’après-guerre, Rapho, dans laquelle on retrouvait entre autres Robert Doisneau et Willy Ronis qui feront partie du fameux Groupe des XV. Curieusement Emile Savitry n’en sera pas.

D'abord artiste-peintre, Emile Savitry, décède en 1967. Peu après, Claude Roy écrit à son sujet "il avait plus d’une corde à son art: peindre, photographier, voyager (ne rien faire). Mais ce qui ne l’intéressait pas c’était de réussir".
C’est peut-être pour cette raison que son œuvre est restée aussi longtemps dans l’ombre. 

 

>> En savoir plus sur Emile Savitry.

 

 

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