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PARISPERDU

Paris est-elle la plus belle ville du monde ?

15 Décembre 2009, 08:32am

Publié par barreteau


On me le dit souvent, "Paris est la plus belle ville du monde". Et, quand j'accompagne des amis étrangers sur la monté de l'avenue des Champs-Élysées, ils me le répètent sans cesse: "Ah oui, vraiment, nous sommes sur la plus belle avenue du monde".

Je vis donc dans la plus belle ville du monde et je n'en profite même pas. La plupart du temps, je ne m'en rends même pas compte. J'ai de nombreux musées dans ma ville, mais je n'en ai visité que quelques uns, je ne les connais même pas tous. J'ai également à Paris une foultitude de théâtres, de salles de spectacles, de sports ... mais je ne les fréquente presque jamais. A bien y penser, c'est idiot de ne pas profiter de tout ça alors que beaucoup de personne m'envierait et aimerait être à ma place, rien qu'une journée, voire seulement quelques heures. Paradoxalement, ceux qui connaissent le moins Paris sont bien les parisiens eux-mêmes …

 

Mais si Paris est la plus belle ville du monde, pourquoi alors tant de parisiens désirent-ils la quitter ? A cause des loyers et de la vie chère, oui bien sûr, mais pas seulement … C'est aussi surtout, parce que la qualité de vie y est médiocre et l'ambiance souvent plus que pesante …
Paris était une ville merveilleuse, il y a 30 ou 40 ans … et pour beaucoup c'était un rêve de gosse d'aller y résider, mais aujourd'hui beaucoup ne voudrait y habiter … pour rien au monde!

 

Pour découvrir le Paris des Parisiens ...vous pouvez suivre "Parisperdu", un blog où l'on trouve une foule de balades à faire à pieds dans les quartiers de l'Est parisien. Pourquoi dans l'Est parisien ? Parce que c'est là où l'on peut encore découvrir le vrai, l'authentique Paris !


Pour aimer Paris, il faut aller à sa rencontre, flâner dans ses rues, mêmes dans celles qui semblent sans intérêt... Alors on comprend que Paris a beaucoup de charme, on comprend aussi pourquoi Paris est autant visité, et on comprend finalement pourquoi … oui, c'est bien la plus belle ville du monde!  



>> Voir aussi: "Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux."

>> Voir aussi: "Paris, guide à l'usage du touriste averti."

 

 

 

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Graffeur, ... est-ce un métier ?

11 Décembre 2009, 10:05am

Publié par barreteau



Lu dans un forum (sic) :

" Bon voila jaimeré bien savoir si ya un metier comme graffeur professionnel car je pratik tré souvent et c ma passion jaimeré en faire mon metier".

   

Première réponse :

"Bon, mais c'est quoi exactement un "graffeur professionnel"?  En terme précis je veux dire, parce qu'en gros je vois bien un peu, mais c'est quand même pas bien clair et il m'arrive de confondre avec d'autre métier".

 

Deuxième contribution:

"Graffeur est le mot exact mais plus couramment on dit tagueur, c'est un art mais certain l'utilise pour écrire des conneries ou faire des trucs moches. Je ne sais pas si je suis bien clair".
 

Troisième contribution:

"Graffeurs pro? Oui, les professionnels exposent ou font des œuvres à la demande des municipalités ou de particuliers, voire d'entreprises ... ça c'est bien et je ne peux que t'encourager si tu as des dispositions artistiques ou picturales".

 

Quatrième contribution:

"L'âme du graff c'est son caractère spontané, urbain, social. Le professionnaliser revient à l'incorporer dans un système qui l'a toujours rejeté dans sa vraie forme, contre lequel il est toujours allé à contre courant. Professionnaliser le graff c'est lui enlever son âme".

 

 Cinquième contribution:

"De là à en faire une profession, je pense que c'est un peu délicat. Les clients ne courent pas les rues non plus je pense..."

 

Sixième contribution:

"Je veux dire que le graff ne doit jamais être un métier, ça le tuerait. Ce qui fait la force de ce mouvement, c'est bien parce qu'il est fait dans l'urgence (plus ou moins, selon les endroits bien sûr). Il existe des expos de graff. Mais de là à généraliser ce mouvement pour en faire un métier..."

 

Et pour clôturer le forum, une ultime réponse :

"Oui, ça existe. La preuve : j'ai trouvé ça sur internet !".



>> Voir aussi sur Parisperdu : "Le Grand Palais des tagueurs"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Manu et ses copains « graffeurs » en action sur l'ancien site des Frigos dans le 13ème".

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Né dans la rue …"



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La famille Romanès, de nouveau à Paris.

7 Décembre 2009, 09:56am

Publié par barreteau

Délia Romanès chante et danse devant son chapiteau, boulevard de Reims- Paris 17ème

 

Les Romanès sont de retour avec un nouveau spectacle intitulé "Paradis Tzigane".

A Paris, ils sont au complet, des aïeuls musiciens aux fillettes acrobates, dont l'impeccable petite trapéziste Rose-Reine … mais aussi avec la terrible et magnifique Délia "qui lit les lignes de la main … jusqu'au coude" ! Tous participeront à la fête et ce, … jusqu'au 31 janvier 2010 !

 

Chez les Romanès, ce n'est pas un énième spectacle de cirque que l'on vient voir, on y vient pour rencontrer une famille attachante, une famille où l'on partage tout avec tous, une famille où l'on "naît" artiste.

 

Sous leur chapiteau irradié de lumière et de chaleur, les Romanès font, à tout moment, surgir l'émotion et la poésie par l'agilité d'un contorsionniste, la grâce d'une funambule, la sensualité d'une ballerine ...

 

Après le spectacle, public et artistes dansent et ripaillent ensemble. Ça tombe bien, on n'avait pas envie de partir...

 

Et vous pouvez même revenir pour le 31 décembre, car pour ce dernier soir de l'année, les Romanès ont programmé un Réveillon à leur façon, où après le spectacle, avec la famille Romanès, son orchestre tzigane et des artistes invités, vous pourrez danser jusqu’à l’aube. Vous pourrez aussi partager le barbecue de côtelettes de mouton, les choux farcis et divers plats des Balkans ... avec bien sûr, champagne et boissons à volonté !

 

Réservation indispensable : 06 88 09 22 67 ou 06 99 19 49 59

Le chapiteau du Cirque Tzigane Romanès est planté au niveau du 42-44 Boulevard de Reims (à l'angle de la rue de Courcelles) dans le 17ème arrondissement (Métro : Porte de Champerret).

 

>> Le Cirque Romanès.

 

 

>> Déjà sur Parisperdu: " Alexandre Romanès et son cirque tzigane ... "



 

 

 

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Au pays du matin calme.

3 Décembre 2009, 10:38am

Publié par barreteau

Rue Caulaincourt - 75018 Paris


A Paris, les transitions sont parfois insensibles, mais le plus souvent, elles sont brutales … surtout quand on passe derrière le décor des grandes avenues haussmanniennes.
Ainsi, en empruntant les coulisses, en se faufilant derrière la place Clichy, à travers les passages, on atteint le cimetière de Montmartre, un no man's land de verdure et de pierres taillées.


Du pont métallique qui le surplombe, on aperçoit la tombe de Sacha Guitry, et sous les arbres repose une bonne partie du Gotha du XIXème siècle.
De la tombe la plus modeste aux caveaux grandiloquents, on n'est pas au bout de ses surprises au cimetière de Montmartre, ainsi un inconnu qui répond au superbe nom d'Iffla Osiris a fait placer sur sa tombe la reproduction grandeur nature du Moïse de Michel-Ange, avec cet épitaphe: "Au premier législateur" !


Huit heures moins dix, à cette heure matinale, l'activité urbaine est encore ralentie, ce qui sied parfaitement à ce lieu calme, apaisant, moins célèbre bien sûr que le "Père-Lachaise" mais tout aussi romantique et souvent plus pittoresque …


>> L'histoire extraordinaire de Daniel IFFLA-OSIRIS  (1825-1907).

>> Visite guidée du cimetière de Montmartre.

>> Déjà sur Parisperdu : " Paris, de Paul Valéry à Patrick Modiano "

 

 

 

 

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Qui êtes-vous Monsieur Morris ?

29 Novembre 2009, 09:36am

Publié par barreteau



La colonne Morris est un élément du mobilier urbain parisien, présent aussi dans beaucoup de grandes villes en France et ailleurs dans le monde. De forme cylindrique, elle sert de support à la promotion des spectacles et des films. Éclairée à la nuit tombée, souvent rotative, l'espace qu'elle abrite en son sein est parfois utilisé pour entreposer le matériel de nettoyage des rues, abriter des toilettes ou des téléphones publics.

Les colonnes Morris doivent leur nom à l'imprimeur Gabriel  Morris qui en a obtenu la concession à des fins publicitaires en 1868 auprès de l'inventeur, le Berlinois Ernst Litfass. Ce dernier les avait introduits à Berlin, dès 1854, afin de lutter contre l'affichage sauvage. Ainsi, dans tous les pays de langue allemande, on parle de Litfaßsäule, "colonne de Litfass".

La colonne est en fonte verte, sa toiture est composée d’une marquise hexagonale, décorée aux angles de six mufles de lions, le tout surmonté d’un dôme bombé, décoré d’écailles et d’une flèche ornée de feuilles d’acanthe. L'ensemble est d'une rare élégance et les colonnes Morris sont devenues des objets emblématiques de l'image de Paris, au même titre que les fontaines Wallace et les entrées de métro d'Hector Guimard.

En 2006, la décision du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, de réduire leur nombre de 773 à 550, c'est-à-dire de détruire 223 "Morris", au prétexte de "désencombrer l'espace public" a fait naitre une vive polémique. La ville de Paris estime donc que ces colonnes prennent trop de place ! Trop de place ? Ça fait rire les Berlinois : dans la capitale Allemande, des Litfasssäulen, il y en a 3000 !

A Paris, diverses associations de défense s'inquiètent de l'éventuelle disparition à terme de la totalité des colonnes Morris, au profit de supports publicitaires plus rentables.

Les colonnes que l'on voit aujourd’hui dans les rues de Paris sont en effet produites et gérées par le géant du mobilier urbain, l'entreprise JC Decaux. Ce sont des versions contemporaines assez fidèles au modèle du mobilier ancien. Mais, poussé par une logique financière, la mairie de Paris vient de revoir le contrat qui la lie à JC Decaux et a fait passer sa redevance de 8 % à plus de 40 % du chiffre d'affaires publicitaire. Decaux doit donc "se refaire de la marge", en proposant une colonne moins couteuse en investissement et aussi en exploitation. Après l'analyse de la valeur d'une colonne, c'est  l'architecte Jean-Michel Wilmotte qui a été choisi pour "re-designer" le produit  

Redessinée ou pas,  les célèbres colonnes Morris ne sont pas prêtes de changer de patronyme …



>> "Ginette", première victime de la rentabilisation du mobilier urbain parisien.


>> Wilmotte redessine la colonne Morris.



 

 

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Cryptogrammes à Jussieu.

25 Novembre 2009, 09:18am

Publié par barreteau



En arrivant à l’entrée principale de la Faculté des Sciences de Jussieu, par l’esplanade donnant sur la rue Linné, et après avoir gravi quelques marches, on aperçoit instantanément la tour centrale avec au premier plan, deux tours annexes identiques qui ferment
la perspective.

Ces deux blocs offrent chacun une face où l’on peut, ou plus exactement où l’on ne peut plus, lire des inscriptions datant des années soixante-dix, et dont le texte était bien dans le droit fil des apostrophes militantes qui fleurissaient un peu partout, sur les murs de la capitale au temps de la "chienlit" du Général.

Pour tracer ces inscriptions, les intervenants ont forcément dû utiliser des cordes pour descendre en "rappel". Le lendemain même, le comité directeur de Jussieu décide de recouvrir les graffitis en repeignant intégralement les deux façades en blanc. Le plus surprenant intervient alors: les inscriptions réapparaissent le jour suivant ! Les instances dirigeantes se rendent à l’évidence, mais il n’est plus question d’offrir une nouvelle page blanche à la morgue estudiantine. L’espace est tentant, vous en conviendrez. Que faire alors, sinon travestir, détourner, maquiller le cri … pour le rendre inaudible ?

Aujourd'hui, le décryptage du message représente une véritable gageure.
Prenons, par exemple, le libellé du somment de la face droite:

QW

A/88IAI88WB

AA/RABES

BM HMW

REOT8

OPVH89

Ligne suivante nous trouvons une variante de la deuxième ligne avec:
W88W88HMFI

Reprenons la ligne 1. Le QW ne peut être (excusez le côté péremptoire de mes déductions) qu’un ON. La ligne suivante me semble lisible grâce aux quatre 8 qu’on identifie immédiatement comme des S. Les A sont terriblement mal maquillés, on en isole deux, dont un au début, on obtient donc ASSASSINE. Sous le RABES de la ligne trois, nous isolons le mot PARIS. La suite m’échappe…

Alors, à cette époque-là, on assassinait à Paris. Qui ? Quand ? Pourquoi ? Le reste de la façade nous le révèle sans doute. Mais, là, je m’incline, et … j’appelle à l’aide.
Alors, si vous savez décrypter la suite, merci d'en faire part à Parisperdu, à ce
Contact.

Reste toutefois un point intrigant: on sait que la durée moyenne de vie d’un tag, d’un bombage sauvage, est souvent très courte, surtout sur les monuments publics, car les services Techniques de la ville y remédient dare-dare à coups de détergents spéciaux.
Alors pourquoi, à votre avis, ces inscriptions défient-elles le temps et maculent-elles à jamais les colonnes métaphoriques de ce portique universitaire par ailleurs élégamment habillé des céramiques de Léon Gischia?
Parce que … personne n’est plus capable de savoir ce qu’elles signifient. Et parce que tout le monde "s’en fout un peu", si je peux me permettre. Elles ont perdu la totalité de leur sens (Assassine-t-on à Paris !?!), pour acquérir, depuis bientôt un bon quart de siècle, une autre fonction, celle bien sûr plus décorative et bien moins problématique, d’œuvre d’art.

Œuvre d’art tendance conceptuelle, évidemment, voire arte povera, diront certains.
A l’instar du codex de Dresde, du calendrier Maya, voire du testament de Nicolas de Staël … l'énigme fera toujours rêver.



>> De chaque coté de la Tour Zamansky, que l'on voit ici, après les travaux de désamiantage et sa rénovation en février 2009, on peut découvrir les deux tours annexes aux fameux "messages cryptés".


>> Zoom sur le message de la tour de droite.


>> Jussieu : le campus nouveau est arrivé.

 

 

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Un jeune homme ...de presque cent ans !

21 Novembre 2009, 09:19am

Publié par barreteau


Novembre 2008, il y a tout juste un an, Willy Ronis me fait parvenir un exemplaire de "Ce jour-là", l'un de ses ouvrages qui vient d'être réédité.  Il y ajoute une dédicace, comme toujours très touchante car je sais qu'elle vient d'un homme profondément sincère.

 

Bien sûr, je n'ai pas manqué de remarquer, que cette fois-ci, le tracé de son écriture était terriblement hésitant … mais rien d'extraordinaire, quel sera le tracé de votre écriture à 98 ans ?


Lorsque je téléphone à Willy, pour le remercier de sa délicieuse attention, je lui dis combien ses photos créent en moi des ondes de nostalgie, surtout celles captées dans ce Belleville-Ménilmontant aujourd'hui disparu et que nous aimions tant.

Comme souvent, sa réponse est emprunte de cet humour désarmant que je lui connais bien.
Et c'est avec un brin de malice qu'il me rétorque : " Non moi, je ne suis pas nostalgique … mais j'aimerais bien que ça recommence".

 

Depuis, Willy nous a quittés … et je me remémore souvent ce message d'espoir, de soif de vie … émanant d'un jeune homme de presque cent ans.

 

 

>> Voir aussi : "Au revoir et merci Monsieur Ronis".

 

 

 

 

 

 

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De l'art de flâner ...

17 Novembre 2009, 09:01am

Publié par barreteau

Rue Caillé - Paris 18ème, septembre 1996

 

Voici l'image d'un "homme qui attend". Certes … mais que fait-il exactement ?
Ne fait-il tout simplement rien ou … au contraire, son attente n'est-elle pas une démarche, une quête vers quelque chose ou vers quelqu'un qui lui permettrait de s'échapper ailleurs, dans un autre monde, dans un autre univers ?

 
À l’ère de la vitesse, des échanges en temps réel, de l'Internet ultra-haut débit, de la communication à tout-va, de la mobilité (terme récurrent du management postmoderne…), du "bougisme" ("si tu bouges pas, t'es mort !") … l’attente, la pause, la méditation prospective ou la suspension active … sont forcément des démarches subversives.
Mais, Dieu merci, il nous reste encore le temps de la flânerie …

Flâner, ce n’est pas simplement se promener, errer sans but, sans objectif, c’est plutôt produire en pure perte, pour le seul plaisir de produire, de se produire.
Il y aurait encore à faire une théorie de la flânerie, même si elle a déjà été bien entamée. Souvenons-nous de l’école péripatéticienne, de Baudelaire, de Walter Benjamin, des "écrivains-voyageurs", des surréalistes, les vrais inventeurs de la dérive, puis de leurs fils spirituels, les situationnistes.

Dans la rêverie gratuite, dans le temps perdu, nous sommes hors de toute raison ratiocinante, dans une dépense toujours génératrice d’ouverture, d'illumination ... Car, grâce à "l'apparition d’un lointain … si proche soit-il", comme l'écrivait Walter Benjamin, la flânerie stimule la pensée, puis l’écriture … et plus généralement la créativité.


Oui flâner est un art …
 

 

 

>> Du bon usage de la lenteur.

 

 

 

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Le musée de Montmartre va-t-il mourir ?

13 Novembre 2009, 10:06am

Publié par barreteau



"Je suis resté un peu interdit à l'annonce de cette étonnante nouvelle : la fermeture possible du Musée de Montmartre. J'avais même du mal à y croire. Comment une institution parisienne aussi ancienne pourrait-elle être purement et simplement supprimée, comme cela, d'un trait de plume administratif ?

 

C'est pourtant la triste vérité. L'Hôtel de Ville de Paris, jugeant ce lieu probablement trop démodé, peut-être pas assez "branché", ne donnera pas de subvention cette année, ne renouvellera pas le bail du bâtiment - dont la Ville de Paris est propriétaire - et demande que l'association "Société Historique et Archéologique du Vieux Montmartre" soit dissoute!

 

Ainsi, par la volonté de quelques uns, cette association fondée par un groupe de passionnés en 1886 devra, non-seulement plier bagages, mais en confier le contenu - une très riche collection - au Musée Carnavalet et à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris.

 

C'est un peu vite oublier que si les ruelles de la butte attirent autant de touristes aujourd'hui, c'est justement parce que le "Vieux Montmartre" et les passionnés qui en faisaient partie, se chargèrent de veiller à leur conservation.

 

Si Claude Charpentier ne s'était pas personnellement investi dans les années cinquante, dans son fameux "plan de sauvegarde de la butte Montmartre", que resterait-il aujourd'hui? Montmartre serait devenu un quartier comme les autres, sans âme, d'une affligeante banalité.

 

Devons-nous céder le terrain définitivement aux vendeurs de souvenirs à deux sous? Montmartre doit-il ressembler à un décor de cinéma?"

 

C'est donc bien volontiers que je reprends aujourd'hui - sur Parisperdu -  ce cri d'alarme lancé par Rodolphe Trouilleux, écrivain, historien de Paris et créateur du site "Paris secret et insolite". Sa cause est juste et la mort annoncée du musée de Montmartre est une éventualité que l'on doit absolument combattre.

 

Vous qui êtes amoureux de Montmartre, amoureux de Paris, vous pouvez faire quelque chose pour repousser cette disparition programmée : manifestez votre soutien, signez  ici la pétition.

 

 

 

>> Visitez le Musée de Montmartre … pendant qu'il en est encore temps !

 

 

>> Invitation à la Journée de soutien au Musée de Montmartre.

 

 

 

 

 

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Belle amie.

9 Novembre 2009, 09:29am

Publié par barreteau



"Le photographe sur le qui-vive est comme l'amoureux qui attend une belle amie.

Parfois elle ne vient pas, ou bien celle qui arrive en souriant n'est pas celle qu'il attendait. Qu'importe ! Ce qui compte c'est l'émotion, et l'aptitude à capturer son passage."

Willy Ronis (Extrait du livre "Ce jour-là", aux Editions Mercure de France, 2006)

 

En parcourant l'œuvre de Ronis, je me suis aperçu que beaucoup d'amoureux s'y était donné rendez-vous. Et en relisant les écrits de Willy, j'ai compris qu'il avait trouvé-là matière à rêver, à imaginer et à romancer.
Dans l'escalier, à l'angle de la rue d'Annam et de la rue de la Bidassoa, dans le 20ème arrondissement, ce jour-là, moi aussi j'ai trouvé matière à rêver ...



 >> "Rue de la Bidassoa", voir l'histoire de cette photo, dans Parisperdu.

 

 

 

 

 

 

 

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Christophe, cycliste intermittent ...

5 Novembre 2009, 09:07am

Publié par barreteau


C'est au parc de la Turlure, sur la butte Montmartre, que j'ai fait la connaissance de Christophe.

Une fine silhouette, allongée sur un banc contre lequel un vélo était adossé, m'avait intrigué. Je dû attendre de longues minutes avant qu'il ne se relève. Alors, toute suite, nous avons engagé la conversation. Il faut dire que Christophe est du genre bavard et … il en a des choses à raconter …

J'appris d'abord qu'il venait de grimper, en danseuse, la rue Lepic pour atteindre le sommet de la butte. Je compris mieux l'état de fatigue dans lequel il était. Mais ce n'est pas là son moindre exploit car, le goût du voyage, Christophe l'a depuis qu'il a 5 ans.
Bambin aventureux, il profite de l'inattention de ses parents pour s'enfoncer dans un bois. On ne le retrouvera qu'à la nuit tombée … Vingt ans plus tard, il enfourche son vélo pour une chevauchée intrépide autour de la Méditerranée.

Entre-temps, il se passionne pour les sciences, l'astronomie et l'histoire des religions. A la sortie de l'adolescence, il étudie le commerce international, atterrit dans une start-up parisienne au poste de responsable commercial, puis il décide finalement de tout plaquer pour une petite balade en vélo à travers les seize pays du pourtour méditerranéen.
Il devient alors, comme il le dit lui-même, un "intermittent du cyclisme" … tout comme il y a des intermittents du spectacle !

 

Croyez-vous qu'il va s'arrêter là ? Certainement pas, il recherche actuellement le sponsor qui devrait lui permettre d'attaquer, toujours à vélo, la transaméricaine. Une route qui le conduira d'Anchorage en Alaska à Ushuaia à l'extrême pointe de l'Argentine.

Et précisément, sur ce banc, au chevet du Sacré Cœur, il vient de rêver qu'il avait enfin trouvé son sponsor et qu'il débutait son expédition …
Sûr, il entrera tout à l'heure dans la basilique mettre un cierge pour que son rêve se réalise …



 

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Squat utopique.

1 Novembre 2009, 10:16am

Publié par barreteau

13  rue Robineau Paris 20ème – juin 1997

 

 

L'arrivée a été discrète. Les jeunes squatters, quatre garçons et quatre filles, ont posé leurs bagages sans bruit, dans cet immeuble inoccupé de la rue Robineau.

 

Puis, ils sont "sortis du bois", sans esbroufe ni tapage. Ils ont "toqué" aux portes des voisins pour se présenter. Les riverains absents ont eu droit à un petit mot dans leur boîte à lettres. "Si vous avez des interrogations, n'hésitez pas à venir nous en parler", précise la missive, invitant chacun "à un goûter festif " !

 

Beaucoup de voisins ne se sont pas offusqués de la situation. "Franchement, il n'y a rien eu à redire", note une quadragénaire. Ils étaient hyper gentils et tout doux. Ils nous ont dit qu'ils étaient étudiants et qu'ils n'avaient pas de logement. Et aussi, qu'ils ne trouvaient pas normal qu'un tel immeuble reste vide et fermé". L'idée de ce squat, dit-elle, ne l'a "pas dérangée" car de toute façon, cet immeuble abandonné depuis près de cinq ans, semblait voué à la démolition.

 

Puis les jeunes ont cherché les coordonnées du propriétaire pour discuter avec lui et l'informer de leur présence. L'initiative était originale, quelque peu utopique sans doute. On peut aussi comprendre l'inquiétude du propriétaire...  Alerté par un proche, le "maître des lieux" a effectivement vu rouge. La police a été dépêchée sur place.

 

Entre-temps, les squatters avaient appelé des amis pour faire nombre. "Là, ça a commencé à choquer certains voisins", note-t-on dans la rue. Les policiers sont intervenus tôt le matin, dès potron-minet. Onze jeunes ont été placés en garde à vue, soupçonnés d'avoir causé des dégradations pour entrer dans l'immeuble. Ils ont tous été remis en liberté dans l'après-midi, après qu'un simple rappel à la loi leur ait été notifié; car la police, sans jugement, ne peut les forcer à quitter les lieux. Seul un juge civil peut prononcer une ordonnance d'expulsion, et c'est seulement alors que les policiers peuvent procéder à l'évacuation de l'immeuble.

 

Mais ce séjour au poste n'a pas brisé leur rêve : ces squatters revendiquent le droit d'occuper un immeuble vide. Et, sitôt sortis du commissariat, les squatters ont repris leur quartier au 13 rue Robineau. Ils disent n'être "ni militants du DAL (Droit au logement), ni anarchistes" et ne revendiquent aucune appartenance à aucun parti.
"On a besoin d'un logement, c'est tout. Quand on est jeune, les cautions, l'argent pour le loyer, tout ça … n'est pas toujours possible".
Les voilà sans doute installés là pour quelques temps …

 

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C'était un petit jardin.

28 Octobre 2009, 09:42am

Publié par barreteau

Jardin, Villa Emile Loubet - Paris 19ème (1996)


Crée en 1972, "Le petit jardin" est une chanson bien dans la tonalité de Parisperdu.
Les deux Jacques: Dutronc et Lanzmann nous délivrent, à leur manière, un peu de tendresse et de poésie.
Pour ceux qui ne connaisse pas cette œuvre finalement assez intimiste, vous pourrez la découvrir, ci-dessous.
Une onde de nostalgie parcourra  sans doute les autres …

C'est aussi beau que Paris, enfin … ce qu'il en reste !

 

" C'était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
Qui sentait bon le bassin parisien
C'était un petit jardin
Avec une table et une chaise de jardin
Avec deux arbres, un pommier et un sapin
Au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin

Mais un jour près du jardin
Passa un homme qui au revers de son veston
Portait une fleur de béton
Dans le jardin une voix chanta

De grâce, de grâce, monsieur le promoteur,
De grâce, de grâce, préservez cette grâce
De grâce, de grâce, monsieur le promoteur
Ne coupez pas mes fleurs

C'était un petit jardin
Qui sentait bon le Métropolitain
A la place du joli petit jardin
Il y a l'entrée d'un souterrain
Où sont rangées comme des parpaings
Les automobiles du centre urbain

C'était un petit jardin
Au fond d'une cour à la Chaussée-d'Antin".



 

>> "Le petit Jardin", chanté par Jacques Dutronc (Vidéo)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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A la porte de Montemproivre.

24 Octobre 2009, 10:46am

Publié par barreteau



A l'est du 12e arrondissement, la porte de Montempoivre est une minuscule porte parisienne, bordée essentiellement par des immeubles d'habitation de type HBM, des constructions érigées dans les années 1920.

En venant du nord, la ligne de chemin de fer de la petite ceinture, enjambe à cet endroit, à la fois la rue du Sahel et la coulée verte, ou si l'on préfère, la " Promenade plantée", qui arrive de l'avenue Daumesnil.

Perché, là haut, sur ce pont métallique, la double voie ferrée a encore de l'allure, même si - depuis bien longtemps – plus aucun train ne fait trembler ses lourdes tôles rivetées.

La voie semble se perdre dans un horizon lointain qui ressemble à une paisible campagne même si pourtant, en contrebas, la ville de tous côtés l'enserre ….

Dans quelques années, vers 2012 si tout va bien,  le bruit des bogies sur d'autres rails pourrait bien se faire à nouveau entendre dans le secteur avec le  prolongement du tramway T3 de la porte d'Ivry à la porte de la Chapelle.

 

 

 

 

 

 

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Mélancolie d'un chinois à Paris.

20 Octobre 2009, 12:10pm

Publié par barreteau

 

Parisperdu a inspiré un lecteur chinois, … de surcroît poète.
Celui-ci reprend sur son blog ces quatre photos,

 

 1       2 

3        4

 

 

 

 

 

 

et nous livre quelques pages de son journal intime, sous une rubrique intitulée "Mélancolie à Paris".

 En voici une version française, avec les approximations linguistiques dues à l'automatisation de la traduction …
 

" Matin de printemps dans le Paris perdu".

La nuit est passée et le vent d'ouest a défraîchi l'arbre bleu.
Seul un grand bâtiment regarde la route à l'horizon.

Le matin tôt,
Lentement je marche sur cette route près de Paris.
Le cœur semble se réveiller, il doit se réveiller,
Sombre et agile rêveur.


La route se prolonge.
Le jour est comme écrasé par la peine,
Et pour la première fois, la pluie soyeuse se disperse soudainement.
Le ciment des blocs de maisons alignées
Est d'un blanc grisâtre qui brille sur l'émigré.
Un sourire sur mon visage couvre l'Histoire.
Pathétique.


La route se prolonge.
Des étudiants passent par ici,
Leur jeunesse s'exprime gaiement.
Et ma condition d'étranger, disparaît dans
Les coins insouciants de leurs yeux.


La route se prolonge.
Par dessus un mur,
La tache jaune d'une fleur jette un coup d'œil
Pour accueillir
La bruine fraîche qui recouvre le piéton.
Le temps passé a disparu au loin
Mon humeur est comme une maladie d'amour.


Le matin tôt,
Je me promène
sur la route qui sort de Paris.
Le scintillement de mes pensées tient le premier rôle,
Mon humeur va se calmer maintenant.
Le vent a soufflé, la fleur s'est envolée,


La route se prolonge,
Imprévue, perdue .........


 

 

 

 

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