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PARISPERDU
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" Mieux avant ou ... mieux après ... ? "

23 Septembre 2008, 09:11am

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Publié par barreteau

Quartier Masséna, aux confins de la Seine, des voies ferrées d'Austerlitz et du boulevard périphérique Est: dans un no-man land, la dernière maison encore debout.


Dans un 13ème arrondissement autrefois sinistré, et aujourd'hui souvent sinistre, que va devenir le quartier Masséna ?
Espérons que pour une fois, les architectes feront preuve d'humilité et de modestie, au lieu de nous exposer leurs délires qui - à coup sûr - déstructurent le tissu social et maltraitent la vie locale.

En entourant leurs projets d'un écran de fumée verbeux, tels que: "îlot ouvert, bocage urbain, magie architecturale, vision contemporaine" (sic): c'est tout un langage creux et prétentieux qui est souvent mis en avant pour "vendre" le projet !
Ils se prennent pour des démiurges, et toute critique est perçue comme rétrograde et passéiste, selon un discours terroriste maintenant bien rodé. Mais jamais ils n'iront vivre ni travailler là où ils ont créé ...

Les premières esquisses du futur quartier Masséna font, en effet, craindre le pire. En faisant fi de l'esprit du lieu, du caractère spécifique de son tissu urbain, de ses infrastructures, de son rôle charnière avec le vieux 13ème (quartier Chevaleret), il n'est pas du tout sûr que "Ce sera mieux après" !

Quand on voit le désastre de la bibliothèque François Mitterrand - une architecture glaciale, où les livres sont au grenier, les lecteurs à la cave, et le jardin derrière des barreaux ... et avec tout près, la fameuse avenue de France, organisée sans queue ni tête (au propre comme au figuré) et surchargée en bureaux aux dimensions brutales ... on peut redouter que le désastre ne se répète pour le quartier Masséna.

Alors faut-il prôner un retour au modèle haussmannien de Paris ?

Cela  relève sans doute pour certains d'un "obscurantisme grincheux" dénoncé par le fameux: "C'était mieux avant".
Acceptons l'injure et constatons simplement que les tissus urbains qui fonctionnent bien (avec des transports, des services publics, des commerces, etc.) et où l'on se sent bien (Paris, Rome, certains quartiers de Londres, Washington ...) correspondent grosso modo à ce modèle: même aspect des rues avec des immeubles de 6 à 8 étages, un COS de 3 à 4, un "mix" d'habitat et de commerces. Le rejeter, c'est refuser la réalité.

Aussi, faudra-t-il qu'un jour, les urbanistes et les sociologues prennent le pas sur les architectes et leur montrent que le développement urbain doit apporter du sens à notre société ... et qu'on ne dessine pas notre cadre vie comme une robe de haute couture !!!
On va finir par regretter le sordide 13ème d'il y a 20 ans...


>> Le projet de l'architecte Demians pour le quartier Masséna, dans le XIIIe arrondissement. (Photo: ©Mairie de Paris)


 

 

 

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Elles tombent, l'une après l'autre …

17 Septembre 2008, 10:01am

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Publié par barreteau


Destruction de la rue Vilin - Photo ©Philippe Hiraga


Durant l'été 1971, Philippe apprend que le quartier de Belleville risque de disparaître. Aussitôt, il s'y rend pour prendre quelques photos.

Il faut dire qu'il n'est pas insensible aux transformations que subit alors le quartier ... "En fait, - nous dit Philippe - je suis allé sur les traces de mon père qui était artiste-peintre et avait peint, ici, plusieurs toiles entre les années 20 et les années 50 ... et où durant mon enfance, je l'ai souvent accompagné."

Mais quand Philippe arrive rue Vilin, la destruction de la rue est déjà bien avancée, et ... les maisons tombent les unes après les autres, dans le vacarme des engins mécaniques et sous une poussière qui vous pique les yeux.

Aujourd'hui, il ne reste rien de la rue Vilin ... et pourtant les yeux nous piquent encore. Ce n'est plus la poussière mais, à la vue des  clichés de Philippe, ce sont les souvenirs qui nous mouillent les yeux.



>> Voir aussi sur Parisperdu: Vilin, Couronnes, Pali-Kao.

 

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La vie sous le périph'

14 Septembre 2008, 10:53am

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Publié par barreteau



La porte de Bagnolet rassemble des bureaux à faible valeur architecturale, des hôtels sans étoile, peu de programmes de prestige et ... même son centre commercial, "Bel-Est", fait pâle figure, à tel point que certains continuent de qualifier Bagnolet de "Défense du pauvre".
Ce sinistre décor, tous les Parisiens le connaissent, pour y être passés ... à 80 kilomètres/heure. Mais n'ont-ils jamais osé s'aventurer sous le périph ?

Car là se trouve tout ce qu'il y a de plus dégoûtant: des zones entièrement délaissées, souvent sans lumière, pas vraiment sécurisées et avec des allures de décharges ... On y trouve aussi des campements de fortune de "sans-papiers" ... bulgares, afghans ou même de SDF ... bien français, qui tous survivent ici dans un environnement dominé, de nuit comme de jour, par le vacarme assourdissant des voitures, des poids lourds et par leurs émissions de gaz nocifs ...

Pendant des années, personne ne s'est posé de questions sur l'avenir de cet anneau infernal de 35 kilomètres de circonférence, sur ce non-espace dans la ville. Dès les années 1980, architectes, urbanistes et élus réfléchissent pourtant déjà aux moyens de le réhabiliter. Mais le débat tourne en rond...
En 2003 toutefois, la publication du livre des membres du cabinet "Tomato Architectes", intitulé La Ville du périphérique, va agir comme un détonateur.

A présent, au-delà des débats sur la vitesse autorisée, sur le passage des poids lourds, sur une éventuelle file pour les taxis, autant de débats qui ont animé - faiblement - la dernière campagne des municipales, la question du périphérique devrait s'articuler autour de la relation entre Paris et sa banlieue.
Car sans réaménagement du périph, sans réflexion sur la manière de le traverser, comment ouvrir et transformer les quartiers de la couronne parisienne?

Vous avez dit "Grand Paris" ? Oui, grand pari ...



>> "La Ville du périphérique" par le cabinet Tomato Architectes.


>> "Périphpolis", un film de Joachim Lepastier.
 


 

 

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Des tours à Paris : pour quoi faire ? (2/2)

10 Septembre 2008, 09:49am

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Publié par barreteau


Le quartier Olympiades, Paris 13ème.


Alors que Paris manque cruellement d'espaces verts, qui pourtant seraient si nécessaires au bien-être et à la santé des Parisiens, on parle de vouloir construire des tours dans les rares lieux non encore bâtis de Paris.
Ne marche-t-on pas sur la tête ?

Les problèmes de nos banlieues - nées des barres et des tours - ne suffisent-ils pas ? Pourquoi donc vouloir encore plus de monde à Paris alors que, déjà chaque jour, plus d'un million de personnes passent par le métro Châtelet, lequel est plus que saturé ... et qu'en plein après-midi, la rue de Rivoli atteint des pics de pollution insensés ...

Si New York doit rester New York, avec ses tours, Paris doit rester Paris, avec ses immeubles Haussmanniens, qui jamais ne dépassent 6 étages.

Dans les nouveaux quartiers de la Grande Bibliothèque ou de Bercy, où l'on a gommé les petites rues, les maisons, les jardins et la vie tout autour, allez maintenant vous y promener le soir ... Bonjour l'ambiance coupe-gorge : boutiques vides ou fermées dès 19 heures, zones désertes, façades d'immeubles glaciales ...
Ces nouveaux quartiers sont franchement invivables.

C'est "l'architecture du moi" qui prime, à la place de "l'architecture pour les autres". Les architectes qui conçoivent ces tours, les politiques qui décident de les construire ont-ils l'intention d'y habiter ?

Des tours à Paris, mais pour quoi faire ... ?


>> Voir aussi : Des tours à Paris : pour quoi faire ? (1/2)

>> De nouvelles tours à Paris, les propositions de 11 architectes.

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Mai 68 : 40 ans après.

6 Septembre 2008, 09:35am

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Publié par barreteau

Photo © Göksin Sipahioglu
 

Avant d'avoir été le grand patron-fondateur de l'agence Sipa Press, Göksin Sipahioglu était photographe, un grand photographe.

Quand Mai 68 éclate, Göksin Sipahioglu est depuis un an seulement à Paris en tant que correspondant de plusieurs grands journaux turcs.
C'est un " étranger à Paris ", qui photographie autrement cet évènement, s'attachant souvent à ce que les Français ne voient plus. Car l'intérêt particulier de ses images sur "mai 68" réside dans la fraîcheur de son regard, le regard d'un journaliste étranger face au microcosme parisien.

40 ans plus tard, pour la première fois, à 81 ans, il dévoile l'ensemble de son travail sur ces jours et ces nuits historiques qui ont changé notre époque, et les photos de Göksin font désormais partie de l'Histoire. Aujourd'hui, "Visa pour l'image", avec l'accrochage de l'expo "GS 68" rend hommage à la vie et à la carrière de l'un des derniers grands personnages romantiques de la photo en France.


>> A Perpignan: le Festival international de Photojournalisme "Visa pour l'image".

>> En savoir plus sur Göksin Sipahioglu et sur Sipa Press.

>>
Déjà dans Parisperdu : Visa 2007.



 

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L'âme des lieux.

2 Septembre 2008, 09:33am

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Publié par barreteau

4-14, rue Dénoyez - Paris 20ème.


Nous sommes en 1994 et encore tout récemment, se tenait là, rue Dénoyez, une usine ... bien vivante, et toute grouillante d'activité : ces bâtiments étaient alors la fourmilière de dizaine d'employés.
Mais le vacarme a maintenant fait place à un silence assourdissant... L'agitation s'est effacée devant une fébrile tranquillité.


De cette "vielle dame", il n'est longtemps resté qu'une friche industrielle, débarrassée de ses derniers vestiges et dépouillée de ses rouages vitaux.
Des hangars désertés, des salles désaffectées et des verrières brisées donnaient à ce lieu un esprit plutôt sinistre ... mais en même temps, il s'en dégageait un climat particulier, apaisant, presque rassurant.

L'usine de mécanique générale de la rue Dénoyez (dont la raison sociale exacte était : "Société des Petits Appareils Mécaniques pour Toutes Industries"), a donc vécu.
Même si ses machines ne tournaient plus depuis bien longtemps, ... pendant encore de longues années, l'usine a continué à respirer ... la poussière et les traces sur les murs en témoignaient alors.
Certains jours, il parait même qu'elle résonnait encore du bruit de ses machines-outils et que l'odeur de l'huile et de la graisse vous imprégnait jusqu'au dernier pore de la peau.

C'est sans doute ce qu'on appelle l'âme des lieux.

Et voilà qu'aujourd'hui, les lieux ont changé d'âme et tous ces souvenirs sont définitivement tombés à l'eau ...
A l'eau? Oui, car, est-ce dû au nom de la rue ? (prononcez "des noyés") ... je ne sais, mais c'est bel et bien une piscine que l'on vient de construire au 4-14 de la rue Dénoyez ! ...



>> Le 4-14, rue Dénoyez en septembre 2006.

>> La piscine Alfred Nakache, Rue Dénoyez.



 

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Des tours à Paris : pour quoi faire ? (1/2)

28 Août 2008, 18:28pm

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Publié par barreteau


Les Mercuriales, tours jumelles de la Porte de Bagnolet.

A la mairie de Paris, on ne parle pas de tours, on parle de "hauteurs". C'est dire si le sujet fait peur.
"L'enjeu c'est de trouver de la place, d'abord pour le logement" et pour cela, a affirmé le maire de la capitale, "nous ne pouvons pas nous interdire de regarder vers le haut". En clair, on envisage de crever le plafond des 37 mètres actuellement imposé par le Plan Local d'Urbanisme.

En tout cas aujourd'hui, la question n'est plus  de savoir s'il y aura de nouvelles tours à Paris. Mais où, combien et comment ?
Bien sûr, il n'est pas question de toucher au cœur de Paris. Seuls des sites délaissés, situés à la périphérie, sur des emprises d'échangeurs routiers ou de voies ferrées, sont visés.

Six sites aux portes de la ville sont ainsi envisagés pour accueillir des immeubles de plus de 200 mètres de haut : Bercy-Charenton (12e), Masséna Bruneseau (13e), Porte de Versailles (15e), Batignolles (17e), Porte de la Chapelle (18e) et Porte de Montreuil (20e).

Mais les opposants aux tours se font de plus en plus entendre, critiquant une architecture énergivore ou rappelant l'échec de la politique du logement des grands ensembles et des tours dans les banlieues, là où justement on est en train de les mettre par terre ...
Alors devons nous nécessairement aller toujours plus haut ... et, demain allons nous assister au retour des tours ?

A suivre ...


>> Six sites aux portes de la ville: Portofolio.


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Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux.

25 Août 2008, 08:58am

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Publié par barreteau


27, rue de la Mare - Paris 20ème

Parisperdu cherche à nous réapprendre à voir ce que nous croyons connaitre. L'image veut fixer ce que nous aimons tant ... sans nous en apercevoir, sans le voir disparaître.

A l'inverse d'un discours passéiste ou nostalgique, nombriliste et stérile, Parisperdu veut nous donner à voir la ville qu'on croyait avoir perdue...  et nous montrer un autre Paris, LE VRAI, car ce que photographie Parisperdu est là sous nos yeux, sauf que souvent nous nous ne voyons rien ... 

Il s'agit ici, de vous faire découvrir un Paris que nous ne prenons pas le temps de regarder et où les gens simples sont remis au premier plan. Ce Paris est plein de charme et de sensibilité, de lumières, d'ombres et de secret.

Mais ce regard ne se cantonne pas à un passé perdu, il nous montre- et ce n'est pas toujours facile -que le présent s'exprime aujourd'hui parce qu'il a une histoire, et qu'elle perdure. Ce n'est pas la disparition qui est au cœur de ces photos, mais au contraire la continuité. Quand bien même les structures évoluent, l'âme des villes et des habitants persistent.

Peut être ce blog passionné contribue-t-il au final à une meilleure compréhension de notre environnement immédiat, voire à sa redécouverte ? Alors bonne balade parisienne ...

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Paris Plage ou St Trop-sur-Seine ?

21 Juillet 2008, 09:20am

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Publié par barreteau



L'idée de départ est louable : "amener la plage à ceux qui ne peuvent se rendre près de la grande bleue durant l'été". Le résultat est déplorable : Paris Plage est un ersatz de plage sur bitume, coiffé d'ozone et de CO2, le long d'un lit de liquide grisâtre et, par endroit, nauséabond...
 

Mai 68 avait inventé un slogan : "Sous les pavés, la plage", 40 ans plus tard, on voudrait nous faire croire qu'en mettant du sable sur des pavés, on serait à la plage !
Non décidément, il y a quelque chose qui cloche dans cette opération.

Grisé par le succès du lancement de l'opération (en 2002), le maire de Paris ira même jusqu'à intenter un procès à la ville du Touquet, détentrice de l'appellation "Paris-Plage" depuis 1912 ... !
Ne manque pas de toupet le Bertrand ! Finalement, il sera débouté et pour s'en sortir, Paris sera contrainte d'ajouter un "s" à l'intitulé de sa manifestation qui est donc devenue depuis 2006 :"Paris Plages". Grotesque !

Et puis, voilà que depuis deux étés, le débat du string et du monokini se poursuit ... Un arrêté municipal interdit désormais strings et seins-nus à Paris-Plages. Ceux (ou plus vraisemblablement "Celles") qui veulent faire prendre le soleil à leurs fesses ou à leurs seins sont passibles de 38 euros d'amende. On se croirait revenu dans les années 60, avec "Le Gendarme de Saint-Tropez" à Paris !

Sans compter qu'on ne peut s'empêcher de rapprocher deux images de Paris : l'enfilade des parasols bleus, en été ... l'enfilade des tentes rouges des SDF, en hiver... A chacun sa saison sur les bords de la Seine ou du Canal St Martin ...

Au final, le concept de Paris Plage(s) me semble tout aussi saugrenu que d'imaginer un Saint-Tropez-sur-Seine, ou de déambuler à Las Vegas, en gondole, sur les simili-canaux du" Venetian Resort Hotel-Casino", ou sur la piste de ski "indoor" du Snow-Park de Dubaï ... !

Soyons réaliste, Paris Plage(s) ne sera une opération réussie que le jour où l'on pourra se baigner dans la Seine, et ... sans prendre le risque d'en ressortir tout sale ou tout couvert de boutons ...


>> Paris-Plages : le site officiel.

>> Le "Touquet Paris-Plage".

>> Toiles bleues, toiles rouges : chaque saison à sa couleur.

 

 

 

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Boubat, fenêtre à Collioure.

17 Juillet 2008, 09:42am

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Publié par barreteau

"Collioure 1954".  © Edouard Boubat
 

Dans les années 50, Edouard Boubat photographie beaucoup Paris, surtout ses parcs, ses jardins... Puis il se met à voyager à travers le monde et, lorsqu'il traverse le Roussillon, pour lui - comme pour beaucoup - une halte à Collioure lui semble indispensable.Boubat tient alors absolument à voir les lieux précis où Matisse et Derain ont, quelques 50 ans auparavant, inventé le "fauvisme". Il ira même jusqu'à rechercher, avec minutie, tous les angles de vue choisis par les deux "fauves" pour croquer le petit port catalan.

Il accédera ainsi au premier étage de la maison Soulier. Et c'est de ce balcon où Matisse et Derain peignaient, que Boubat prendra cette image sobrement intitulée : "Collioure 1954".

Aujourd'hui,  la maison Soulier est devenue le Café "Chez Simone", et ses balcons ont été totalement remaniés.
Toutefois, en déambulant dans le village, il est possible de retrouver certaines fenêtres dont les balcons arborent un délicat ouvrage de fer forgé ... le même que celui qui n'avait pas manqué d'attirer l'œil d'Edouard Boubat, tant il dialoguait parfaitement avec l'imprimé de la jolie robe de Sophie, sa compagne ...

 

>> Détail de "Fenêtre à Collioure" d'Henri Matisse. (1905)

>> Collioure aujourd'hui: "fenêtre et balcon à l'identique".

>> Edouard Boubat, récemment à la Maison Européenne de la Photographie.
 

>> Boubat, la rétrospective ... sur Parisperdu

 

 

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Rue de la Cloche.

13 Juillet 2008, 09:19am

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Publié par barreteau



Cette rue discrète, juchée sur un petit tertre du secteur Martin Nadeau, dans le  20ème arrondissement, porte le drôle de nom de "rue de la cloche"; mais pourquoi ce nom ?
Tout simplement parce que ce quartier est construit sur une cloche, aussi appelé fontis: une cavité creusée par l'écoulement sous-terrain de l'eau. D'ailleurs, de nombreuses rues du 20ème témoignent de ce sous-sol gorgé d'eau, et cela a donné leur nom aux rues ... du Ruisseau, des Cascades, des Rigoles, de la Mare...

Mais ici, tout a changé ... ne cherchez pas la rue de la Cloche, elle n'existe plus. Sur le petit tertre, toutes les constructions ont été rasées pour faire place nette à un square ... baptisé du nom du Docteur Joseph Grancher, un ami et collaborateur de Pasteur.

Ce nouveau "square-jardin", situé sur le flanc sud de la colline de Belleville, porte encore quelques traces de son passé : des rues pavées, des moignons de murs en meulière, des escaliers. Le square tente ainsi de conserver l'esprit du lieu, d'en rappeler son histoire.

Car dans ce quartier, où la vie s'organisait autour de trois rues aujourd'hui disparues ... (et dont la large promenade sur le sommet du square, reproduit le tracé des  ... anciennes rues de la Voulzie, Westermann et de la Cloche); il y avait des maisons, des habitants, des artisans, mais aussi ... des résistants, des enfants juifs raflés en 1942, et dont l'école de la Bidassoa - toute proche - nous rappelle le triste destin. 
Nous ne sommes pas ici, en effet, dans un simple square, mais dans un lieu pétri de symboles, de souvenirs, et où chacun peut trouver sa place pour rêver, respirer, se rencontrer, jouer, ou méditer...

De surcroît, la position en éminence du square, fait qu'ici, il nous semble facile de pouvoir nous élever à la fois au dessus des morts du Père Lachaise - tout proche - et aussi de nous détacher de la vie terrestre qui sans cesse, grouille en contrebas.


>> Déjà dans Parisperdu: "Je reviens d'un lieu qui n'existe plus ..."


>> Lieux de tournage : "Paris", un film de Cédric Klapisch. 

 

 

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Ronis en voyage ... ?

9 Juillet 2008, 11:51am

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Publié par barreteau



A quoi cette photo peut-elle bien vous faire penser ? Vous ne voyez pas ?
Mais si, ... des gamins occupés à jouer près d'une grille de protection, quelque part dans une rue ?
Oui bien sûr, cela évoque la célébrissime photo de Willy Ronis, captée sous les escaliers situés à l'angle de la rue Vilin et de la rue Piat, dans le 20ème arrondissement.

Mais là, nous ne sommes pas à Belleville, ... et nous ne sommes pas non plus dans les années 50, car la photo date ... d'hier.
Elle est le résultat d'une rencontre furtive avec de jeunes catalans, dans une rue de Collioure.

Comme le temps ou le vent qui jamais ne s'arrêtent, les jeux des enfants sont constamment-là devant nos regards ... et il nous suffira d'être attentif ... pour être sous le charme des gamins de Paris, de Collioure ou d'ailleurs ...
Hier, l'esprit de Willy Ronis voyageait dans le sud...


>> La célébrissime photo de Willy Ronis : "Les gamins de l'escalier de la rue Vilin".

 

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L'Epicerie du coin.

5 Juillet 2008, 10:27am

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Publié par barreteau


Dans tous les sens du terme, elle portait bien son nom ...
Bien calé dans son coin, à l'angle de la rue Henri Chevreau et de la rue de la Mare; c'était aussi l'épicerie "du coin", celle que l'on fréquentait naturellement, dans ce quartier du 20ème, entre Belleville et Ménilmontant.

D'aussi loin que l'on se souvienne, elle a toujours été là, ... Même Willy Ronis, dans les années 50, a dû la connaître, lorsque, toujours à l'affût, il arpentait le secteur, son Rolleiflex à la main ...

Longtemps elle a été la seule à approvisionner en produits de base, les résidents du quartier, surtout ceux - et ils étaient nombreux - de condition modeste. C'était bien avant l'arrivée des Franprix et autres Proxi du boulevard de Ménilmontant.

Dès que l'on pénétrait à l'intérieur de l'Epicerie du coin, l'on était surpris qu'une aussi petite surface puisse contenir autant de produits, entassés jusqu'au plafond, couvrant même les fenêtres ... jusqu'à les rendre aveugles. Les produis encombrants, comme les bouteilles de gaz, étaient exposés sur le trottoir, tout comme les chaises pliantes ... c'est dire si l'offre était diverse !

Comme partout, les grandes surfaces ont changé la donne. Les habitants du quartier, attirés par la publicité de la grande distribution et dans l'espoir d'y trouver des prix plus bas, n'ont pas hésité à aller fréquenter les hypermarchés de la Porte de Bagnolet.

Alors, pour survivre, Momo, qui tient désormais l'Epicerie du coin, a dû se diversifier dans le dépôt de pain, les sandwichs et les paninis ... mais ce n'est pas vraiment son métier et il là aussi, il a du mal à lutter contre les Mac Do et les fast-foods chinois de la rue de Belleville.
Pas surprenant, dans ces conditions, si le restaurant voisin de la rue Henri Chevreau garde un œil sur le pas de porte de l'Epicerie du coin, ...

Inéluctablement, une page du vieux Paris va bientôt se tourner, dans ce petit coin du 20ème ....



>> "L'Epicerie du coin", devenue "Chez Momo".

>> Voir aussi "Lieux retrouvés_09: Rue de la Mare".

 

 

 

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Pour leur plus grand confort ... !

1 Juillet 2008, 14:17pm

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Publié par barreteau



Située sur le site ferroviaire de Paris-Bercy, en amont de la gare de Lyon, la halle Gabriel Lamé vient d'être restructurée et pourra ainsi poursuivre son activité de fret dans les meilleures conditions.

Son tracé en courbe harmonieuse, fait que la Halle porte bien son nom ... car le mathématicien  Gabriel Lamé est surtout connu pour ses travaux sur ... les coordonnées curvilignes !

Cette restructuration est exemplaire car ici, d'anciens hangars, vétustes et sans grâce, ont fait place, à une aérienne coque en acier. Celle-ci permet de décharger les trains à l'abri des intempéries, tout en préservant les riverains de la vue d'un site quasi industriel et de ses nuisances sonores...
Cette réalisation marque ainsi la volonté de la SNCF d'adoucir la vision du site, d'améliorer sa relation avec la ville.

On peut toutefois se demander si l'on ne porte pas plus d'attention au confort du matériel roulant ferroviaire qu'à celui des humains - tant les réalisations pour l'habitat, dans ce secteur de Paris-Bercy, restent d'une navrante banalité.


>> Qui est Gabriel Lamé ?

>> La Gare frigorifique de Paris-Bercy sur Parisperdu.

>> Autre site ferroviaire de Paris-Bercy sur Parisperdu.

 

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Le "Grand Paris" ou comment changer ... d'aire ?

27 Juin 2008, 08:16am

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Publié par barreteau


Paris ne s'est pas fait en un jour et chaque époque l'a marqué de son empreinte.

Sous le second empire, le baron Haussmann a laissé une trace majeure en éventrant Paris via de larges artères. Il a aussi englobé la petite banlieue et ainsi, Paris compte aujourd'hui quelques 80 quartiers, quatre par arrondissement.
Mais depuis 150 ans, un certain immobilisme condamne la ville qui, prisonnière dans son boulevard périphérique, devient ridiculement petite, comparée à Londres, à Los Angeles ou à Berlin ...
Alors, faut-il faire un "Grand Paris" ?
La réponse est évidemment oui.

Nous avons un besoin urgent d'un nouvel Haussmann qui en finisse avec cette barrière du périphérique et qui englobe, tel son prédécesseur, les villes limitrophes ...

Oui, il est temps de changer ... d'aire.

 

>> "Peut-on penser Paris sans sa banlieue"

>> Un nouveau baron Haussmann ? 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Paris a-t-il perdu son âme ?"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "6 mètres avant Paris".

 

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