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PARISPERDU

Des tours à Paris : pour quoi faire ? (1/2)

28 Août 2008, 18:28pm

Publié par barreteau


Les Mercuriales, tours jumelles de la Porte de Bagnolet.

A la mairie de Paris, on ne parle pas de tours, on parle de "hauteurs". C'est dire si le sujet fait peur.
"L'enjeu c'est de trouver de la place, d'abord pour le logement" et pour cela, a affirmé le maire de la capitale, "nous ne pouvons pas nous interdire de regarder vers le haut". En clair, on envisage de crever le plafond des 37 mètres actuellement imposé par le Plan Local d'Urbanisme.

En tout cas aujourd'hui, la question n'est plus  de savoir s'il y aura de nouvelles tours à Paris. Mais où, combien et comment ?
Bien sûr, il n'est pas question de toucher au cœur de Paris. Seuls des sites délaissés, situés à la périphérie, sur des emprises d'échangeurs routiers ou de voies ferrées, sont visés.

Six sites aux portes de la ville sont ainsi envisagés pour accueillir des immeubles de plus de 200 mètres de haut : Bercy-Charenton (12e), Masséna Bruneseau (13e), Porte de Versailles (15e), Batignolles (17e), Porte de la Chapelle (18e) et Porte de Montreuil (20e).

Mais les opposants aux tours se font de plus en plus entendre, critiquant une architecture énergivore ou rappelant l'échec de la politique du logement des grands ensembles et des tours dans les banlieues, là où justement on est en train de les mettre par terre ...
Alors devons nous nécessairement aller toujours plus haut ... et, demain allons nous assister au retour des tours ?

A suivre ...


>> Six sites aux portes de la ville: Portofolio.


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Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux.

25 Août 2008, 08:58am

Publié par barreteau


27, rue de la Mare - Paris 20ème

Parisperdu cherche à nous réapprendre à voir ce que nous croyons connaitre. L'image veut fixer ce que nous aimons tant ... sans nous en apercevoir, sans le voir disparaître.

A l'inverse d'un discours passéiste ou nostalgique, nombriliste et stérile, Parisperdu veut nous donner à voir la ville qu'on croyait avoir perdue...  et nous montrer un autre Paris, LE VRAI, car ce que photographie Parisperdu est là sous nos yeux, sauf que souvent nous nous ne voyons rien ... 

Il s'agit ici, de vous faire découvrir un Paris que nous ne prenons pas le temps de regarder et où les gens simples sont remis au premier plan. Ce Paris est plein de charme et de sensibilité, de lumières, d'ombres et de secret.

Mais ce regard ne se cantonne pas à un passé perdu, il nous montre- et ce n'est pas toujours facile -que le présent s'exprime aujourd'hui parce qu'il a une histoire, et qu'elle perdure. Ce n'est pas la disparition qui est au cœur de ces photos, mais au contraire la continuité. Quand bien même les structures évoluent, l'âme des villes et des habitants persistent.

Peut être ce blog passionné contribue-t-il au final à une meilleure compréhension de notre environnement immédiat, voire à sa redécouverte ? Alors bonne balade parisienne ...

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Paris Plage ou St Trop-sur-Seine ?

21 Juillet 2008, 09:20am

Publié par barreteau



L'idée de départ est louable : "amener la plage à ceux qui ne peuvent se rendre près de la grande bleue durant l'été". Le résultat est déplorable : Paris Plage est un ersatz de plage sur bitume, coiffé d'ozone et de CO2, le long d'un lit de liquide grisâtre et, par endroit, nauséabond...
 

Mai 68 avait inventé un slogan : "Sous les pavés, la plage", 40 ans plus tard, on voudrait nous faire croire qu'en mettant du sable sur des pavés, on serait à la plage !
Non décidément, il y a quelque chose qui cloche dans cette opération.

Grisé par le succès du lancement de l'opération (en 2002), le maire de Paris ira même jusqu'à intenter un procès à la ville du Touquet, détentrice de l'appellation "Paris-Plage" depuis 1912 ... !
Ne manque pas de toupet le Bertrand ! Finalement, il sera débouté et pour s'en sortir, Paris sera contrainte d'ajouter un "s" à l'intitulé de sa manifestation qui est donc devenue depuis 2006 :"Paris Plages". Grotesque !

Et puis, voilà que depuis deux étés, le débat du string et du monokini se poursuit ... Un arrêté municipal interdit désormais strings et seins-nus à Paris-Plages. Ceux (ou plus vraisemblablement "Celles") qui veulent faire prendre le soleil à leurs fesses ou à leurs seins sont passibles de 38 euros d'amende. On se croirait revenu dans les années 60, avec "Le Gendarme de Saint-Tropez" à Paris !

Sans compter qu'on ne peut s'empêcher de rapprocher deux images de Paris : l'enfilade des parasols bleus, en été ... l'enfilade des tentes rouges des SDF, en hiver... A chacun sa saison sur les bords de la Seine ou du Canal St Martin ...

Au final, le concept de Paris Plage(s) me semble tout aussi saugrenu que d'imaginer un Saint-Tropez-sur-Seine, ou de déambuler à Las Vegas, en gondole, sur les simili-canaux du" Venetian Resort Hotel-Casino", ou sur la piste de ski "indoor" du Snow-Park de Dubaï ... !

Soyons réaliste, Paris Plage(s) ne sera une opération réussie que le jour où l'on pourra se baigner dans la Seine, et ... sans prendre le risque d'en ressortir tout sale ou tout couvert de boutons ...


>> Paris-Plages : le site officiel.

>> Le "Touquet Paris-Plage".

>> Toiles bleues, toiles rouges : chaque saison à sa couleur.

 

 

 

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Boubat, fenêtre à Collioure.

17 Juillet 2008, 09:42am

Publié par barreteau

"Collioure 1954".  © Edouard Boubat
 

Dans les années 50, Edouard Boubat photographie beaucoup Paris, surtout ses parcs, ses jardins... Puis il se met à voyager à travers le monde et, lorsqu'il traverse le Roussillon, pour lui - comme pour beaucoup - une halte à Collioure lui semble indispensable.Boubat tient alors absolument à voir les lieux précis où Matisse et Derain ont, quelques 50 ans auparavant, inventé le "fauvisme". Il ira même jusqu'à rechercher, avec minutie, tous les angles de vue choisis par les deux "fauves" pour croquer le petit port catalan.

Il accédera ainsi au premier étage de la maison Soulier. Et c'est de ce balcon où Matisse et Derain peignaient, que Boubat prendra cette image sobrement intitulée : "Collioure 1954".

Aujourd'hui,  la maison Soulier est devenue le Café "Chez Simone", et ses balcons ont été totalement remaniés.
Toutefois, en déambulant dans le village, il est possible de retrouver certaines fenêtres dont les balcons arborent un délicat ouvrage de fer forgé ... le même que celui qui n'avait pas manqué d'attirer l'œil d'Edouard Boubat, tant il dialoguait parfaitement avec l'imprimé de la jolie robe de Sophie, sa compagne ...

 

>> Détail de "Fenêtre à Collioure" d'Henri Matisse. (1905)

>> Collioure aujourd'hui: "fenêtre et balcon à l'identique".

>> Edouard Boubat, récemment à la Maison Européenne de la Photographie.
 

>> Boubat, la rétrospective ... sur Parisperdu

 

 

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Rue de la Cloche.

13 Juillet 2008, 09:19am

Publié par barreteau



Cette rue discrète, juchée sur un petit tertre du secteur Martin Nadeau, dans le  20ème arrondissement, porte le drôle de nom de "rue de la cloche"; mais pourquoi ce nom ?
Tout simplement parce que ce quartier est construit sur une cloche, aussi appelé fontis: une cavité creusée par l'écoulement sous-terrain de l'eau. D'ailleurs, de nombreuses rues du 20ème témoignent de ce sous-sol gorgé d'eau, et cela a donné leur nom aux rues ... du Ruisseau, des Cascades, des Rigoles, de la Mare...

Mais ici, tout a changé ... ne cherchez pas la rue de la Cloche, elle n'existe plus. Sur le petit tertre, toutes les constructions ont été rasées pour faire place nette à un square ... baptisé du nom du Docteur Joseph Grancher, un ami et collaborateur de Pasteur.

Ce nouveau "square-jardin", situé sur le flanc sud de la colline de Belleville, porte encore quelques traces de son passé : des rues pavées, des moignons de murs en meulière, des escaliers. Le square tente ainsi de conserver l'esprit du lieu, d'en rappeler son histoire.

Car dans ce quartier, où la vie s'organisait autour de trois rues aujourd'hui disparues ... (et dont la large promenade sur le sommet du square, reproduit le tracé des  ... anciennes rues de la Voulzie, Westermann et de la Cloche); il y avait des maisons, des habitants, des artisans, mais aussi ... des résistants, des enfants juifs raflés en 1942, et dont l'école de la Bidassoa - toute proche - nous rappelle le triste destin. 
Nous ne sommes pas ici, en effet, dans un simple square, mais dans un lieu pétri de symboles, de souvenirs, et où chacun peut trouver sa place pour rêver, respirer, se rencontrer, jouer, ou méditer...

De surcroît, la position en éminence du square, fait qu'ici, il nous semble facile de pouvoir nous élever à la fois au dessus des morts du Père Lachaise - tout proche - et aussi de nous détacher de la vie terrestre qui sans cesse, grouille en contrebas.


>> Déjà dans Parisperdu: "Je reviens d'un lieu qui n'existe plus ..."


>> Lieux de tournage : "Paris", un film de Cédric Klapisch. 

 

 

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Ronis en voyage ... ?

9 Juillet 2008, 11:51am

Publié par barreteau



A quoi cette photo peut-elle bien vous faire penser ? Vous ne voyez pas ?
Mais si, ... des gamins occupés à jouer près d'une grille de protection, quelque part dans une rue ?
Oui bien sûr, cela évoque la célébrissime photo de Willy Ronis, captée sous les escaliers situés à l'angle de la rue Vilin et de la rue Piat, dans le 20ème arrondissement.

Mais là, nous ne sommes pas à Belleville, ... et nous ne sommes pas non plus dans les années 50, car la photo date ... d'hier.
Elle est le résultat d'une rencontre furtive avec de jeunes catalans, dans une rue de Collioure.

Comme le temps ou le vent qui jamais ne s'arrêtent, les jeux des enfants sont constamment-là devant nos regards ... et il nous suffira d'être attentif ... pour être sous le charme des gamins de Paris, de Collioure ou d'ailleurs ...
Hier, l'esprit de Willy Ronis voyageait dans le sud...


>> La célébrissime photo de Willy Ronis : "Les gamins de l'escalier de la rue Vilin".

 

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L'Epicerie du coin.

5 Juillet 2008, 10:27am

Publié par barreteau


Dans tous les sens du terme, elle portait bien son nom ...
Bien calé dans son coin, à l'angle de la rue Henri Chevreau et de la rue de la Mare; c'était aussi l'épicerie "du coin", celle que l'on fréquentait naturellement, dans ce quartier du 20ème, entre Belleville et Ménilmontant.

D'aussi loin que l'on se souvienne, elle a toujours été là, ... Même Willy Ronis, dans les années 50, a dû la connaître, lorsque, toujours à l'affût, il arpentait le secteur, son Rolleiflex à la main ...

Longtemps elle a été la seule à approvisionner en produits de base, les résidents du quartier, surtout ceux - et ils étaient nombreux - de condition modeste. C'était bien avant l'arrivée des Franprix et autres Proxi du boulevard de Ménilmontant.

Dès que l'on pénétrait à l'intérieur de l'Epicerie du coin, l'on était surpris qu'une aussi petite surface puisse contenir autant de produits, entassés jusqu'au plafond, couvrant même les fenêtres ... jusqu'à les rendre aveugles. Les produis encombrants, comme les bouteilles de gaz, étaient exposés sur le trottoir, tout comme les chaises pliantes ... c'est dire si l'offre était diverse !

Comme partout, les grandes surfaces ont changé la donne. Les habitants du quartier, attirés par la publicité de la grande distribution et dans l'espoir d'y trouver des prix plus bas, n'ont pas hésité à aller fréquenter les hypermarchés de la Porte de Bagnolet.

Alors, pour survivre, Momo, qui tient désormais l'Epicerie du coin, a dû se diversifier dans le dépôt de pain, les sandwichs et les paninis ... mais ce n'est pas vraiment son métier et il là aussi, il a du mal à lutter contre les Mac Do et les fast-foods chinois de la rue de Belleville.
Pas surprenant, dans ces conditions, si le restaurant voisin de la rue Henri Chevreau garde un œil sur le pas de porte de l'Epicerie du coin, ...

Inéluctablement, une page du vieux Paris va bientôt se tourner, dans ce petit coin du 20ème ....



>> "L'Epicerie du coin", devenue "Chez Momo".

>> Voir aussi "Lieux retrouvés_09: Rue de la Mare".

 

 

 

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Pour leur plus grand confort ... !

1 Juillet 2008, 14:17pm

Publié par barreteau



Située sur le site ferroviaire de Paris-Bercy, en amont de la gare de Lyon, la halle Gabriel Lamé vient d'être restructurée et pourra ainsi poursuivre son activité de fret dans les meilleures conditions.

Son tracé en courbe harmonieuse, fait que la Halle porte bien son nom ... car le mathématicien  Gabriel Lamé est surtout connu pour ses travaux sur ... les coordonnées curvilignes !

Cette restructuration est exemplaire car ici, d'anciens hangars, vétustes et sans grâce, ont fait place, à une aérienne coque en acier. Celle-ci permet de décharger les trains à l'abri des intempéries, tout en préservant les riverains de la vue d'un site quasi industriel et de ses nuisances sonores...
Cette réalisation marque ainsi la volonté de la SNCF d'adoucir la vision du site, d'améliorer sa relation avec la ville.

On peut toutefois se demander si l'on ne porte pas plus d'attention au confort du matériel roulant ferroviaire qu'à celui des humains - tant les réalisations pour l'habitat, dans ce secteur de Paris-Bercy, restent d'une navrante banalité.


>> Qui est Gabriel Lamé ?

>> La Gare frigorifique de Paris-Bercy sur Parisperdu.

>> Autre site ferroviaire de Paris-Bercy sur Parisperdu.

 

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Le "Grand Paris" ou comment changer ... d'aire ?

27 Juin 2008, 08:16am

Publié par barreteau


Paris ne s'est pas fait en un jour et chaque époque l'a marqué de son empreinte.

Sous le second empire, le baron Haussmann a laissé une trace majeure en éventrant Paris via de larges artères. Il a aussi englobé la petite banlieue et ainsi, Paris compte aujourd'hui quelques 80 quartiers, quatre par arrondissement.
Mais depuis 150 ans, un certain immobilisme condamne la ville qui, prisonnière dans son boulevard périphérique, devient ridiculement petite, comparée à Londres, à Los Angeles ou à Berlin ...
Alors, faut-il faire un "Grand Paris" ?
La réponse est évidemment oui.

Nous avons un besoin urgent d'un nouvel Haussmann qui en finisse avec cette barrière du périphérique et qui englobe, tel son prédécesseur, les villes limitrophes ...

Oui, il est temps de changer ... d'aire.

 

>> "Peut-on penser Paris sans sa banlieue"

>> Un nouveau baron Haussmann ? 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Paris a-t-il perdu son âme ?"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "6 mètres avant Paris".

 

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Maurice, l'artisan-bottier de Belleville a 100 ans !

22 Juin 2008, 17:09pm

Publié par barreteau


Photo ©Gianni Giuliani

Installé depuis 1937 dans son atelier du 83 de la rue de Belleville, Maurice Arnoult, est maintenant centenaire ! Malgré son grand âge, il continue à transmettre son savoir-faire d'artisan-bottier et des élèves viennent, encore aujourd'hui, d'horizons divers, à la rencontre de cet homme, oh combien attachant ...! Passionné par son métier et doué pour la transmission, Maurice est- en effet- un professeur hors du commun. Celles et ceux qui ont eu le plaisir d'avoir suivi son enseignement ne sont pas près de l'oublier.

Aujourd'hui encore, il répond avec beaucoup de gentillesse à toutes les sollicitations de témoignages sur une époque révolue où son quartier était le centre parisien de la fabrication de la chaussure et du soulier.

Mémoire de Belleville, un quartier en mutation constante, il se souvient des vagues successives d'immigration qui ont chacune apportée leur touche à ce quartier : les grecs et les arméniens, les juifs d'Europe de l'Est, les pieds noirs, les maghrébins, les asiatiques et récemment, les ex-Yougoslaves. Il se rappelle d'un immigré grec qui, un jour, lui a dit :"on n'est plus chez nous, je n'ai pas entendu parler le français depuis le début de la rue de Belleville". Et Maurice d'ajouter: "ça, c'est de l'intégration"!
Dans l'immeuble où est situé son atelier, il est - comme il le dit lui-même - le seul "français de vielle souche"... et toujours prêt à rendre service à tous, quelques soient leurs origines géographiques, sociales, ou religieuses.
Je peux en témoigner, car lorsque j'avais rencontré Maurice dans son atelier, dans les années 90, notre conversation était sans cesse interrompue par des voisins, des relations, des gamins qui venaient le voir pour lui demander un service, un conseil ... voire ... un peu de monnaie "juste pour se dépanner".

En 1994, Maurice Arnoult a reçu le diplôme et la médaille de "Justes parmi les nations". Cet hommage est rendu aux personnes qui ont sauvé des juifs persécutés pendant la période de la shoah.

Bon anniversaire Maurice, on vous souhaite encore une longue vie, ... vous en faites un si bel usage.


>> A lire : "Moi, Maurice, bottier à Belleville" de Michel Bloit aux Editions L'Harmattan.

>> Dans l'atelier de Maurice Arnoult.

 

 

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De quelle couleur est Belleville ?

19 Juin 2008, 08:54am

Publié par barreteau



Nous sommes sur l'escalier de la rue Vilin, un lieu rendu célèbre par les photos que nous en a livrées Willy Ronis, dans son ouvrage culte : "Belleville-Ménilmontant".

Les clichés de Ronis, pris à la fin des années 50 sont bien évidemment en Noir et Blanc. Aussi, pour le Café-Bois-Charbon: "Au repos de la montagne", situé au 53/55 de la rue Vilin, Ronis ne nous dit rien de la couleur de la façade de ce bistrot-bougnat.

Pour le document de présentation de sa causerie, intitulée : "Belleville, récit des Hauts-Quartiers populaires", le conteur Daniel Leroux a choisi l'illustration ci-dessus ... et là, surprise la façade du Café-Bois-Charbon, affiche une couleur orangée ... presque le même orangé que celui du code-couleur utilisé pour ce blog !

Mais est-ce la vraie couleur ? Cette façade orangée, a-t-elle eue une réelle existance ?
Aussi Parisperdu, lance ici, un "appel à témoins"!
Si vous avez connu la rue Vilin à l'époque où Willy Ronis la photographiait, peut-être pourrez-vous confirmer ou infirmer cette hypothétique couleur orange ?


Merci pour vos témoignages, ... à poster ci-dessous en "Commentaires" ou directement en cliquant ici.


>> Les contes de Daniel Leroux.

>> Willy Ronis : "Au Repos de la Montagne" 1957- ©Photo Willy  Ronis

>> Willy Ronis : "L'escalier de la rue Vilin à l'angle de la rue Piat" 1959 -
©Photo Willy  Ronis 

>> Voir aussi: "Mélange de couleurs", sur Parisperdu

>> Voir aussi, sur Parisperdu :"Les hauts quartiers de l'Est parisien font de la résistance ".



 

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Paris ... à dimension humaine.

15 Juin 2008, 09:14am

Publié par barreteau


Passage des Deux portes - Paris 20ème.

Paris peut paraître écrasant ... mais il existe tout un pan de la capitale plus léger, moins solennel ...
Il s'agit de toute la partie Est, un territoire qui courre de la place de la Bastille jusqu'à la Villette. Ici, d'anciens quartiers populaires sont devenus des quartiers jeunes, conviviaux ... où maintenant, gens branchés et néo-bourgeois résident ...


Il faut s'essayer à se perdre dans ses rues, dans ses ruelles ... et ne pas craindre de tenter cette expérience toujours enrichissante : prendre le métro, en sortir au hasard et retrouver son chemin parmi les zones piétonnes, les petits cafés, les jardins collectifs où poussent tomates et patates... ici, effet, on est bien loin des quartiers de prestige, on est souvent loin de tout ...

Vous allez alors parcourir un Paris à dimension humaine, et vous serez un peu comme dans une ville tranquille de province. Vous pourrez aussi découvrir le plus grand espace vert de Paris, un "site touristique" original : le cimetière du Père Lachaise .... Puis, près du canal St Martin ou près du bassin de la Villette, vous pourrez vous asseoir, un verre à la main, et même y pique-niquer aux beaux jours ...

C'est là un Paris très vivant, beaucoup plus accessible que celui des "beaux quartiers" des bords de Seine; plus romantique aussi, et trop souvent ignoré des touristes ... et là, tout le monde peut trouver sa place.


>>  La dimension humaine : Humanité, conscience, et complexité de la société. Deux journées avec Edgar Morin.

 

 

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Avant-Seine.

11 Juin 2008, 09:19am

Publié par barreteau


Deux jeunes femmes assises, ... sur l'avant-scène du fleuve qui traverse Paris. L'on pourrait aussi presqu'écrire ... sur l'avant-Seine.

Nous sommes loin, ici, des jours d'été et de la fureur de l'opération "Paris Plage"...

Et de l'attitude de contemplation de ces deux personnes, il se dégage plutôt ... une impression d'automne.

Oui, en cette fin d'après-midi, nous découvrons un bord de Seine semblable à ceux qu'aimait peindre Sisley: des lieux calmes, paisibles ... lumineux et tout en nuances.

Bien sûr notre palette est moins colorée que celle du peintre impressionniste.
Et si le ciel est, ici, totalement absent, les nuances elles, sont bien présentes : quelques 256 gris ... tous différents !


 
>> Alfred Sisley: Bord de Seine, 1872.


 

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Paris a-t-il perdu son âme ?

7 Juin 2008, 09:33am

Publié par barreteau



Paris est la plus belle ville du monde... J'ai fait le tour du monde et je n'ai vu aucune ville plus belle.
C'est la ville lumière, une ville envoûtante, fascinante, magique, imprégnée d'histoire, riche de monuments prodigieux et d'immeubles magnifiques ... Paris est la première destination touristique mondiale et l'on y afflue, chaque jour un peu plus, du monde entier pour l'admirer.

Tout cela sera-t-il encore vrai demain ?
Paris n'est-il pas en train de changer et sa situation n'est-elle pas en cours de se détériorer ?
L'uniformisation de la mondialisation passera-t-elle par Paris ? Paris va-t-il devenir une ville musée dont les parisiens seront peu à peu dépossédés au profit des touristes ?

Bien sûr, le changement est un phénomène incontournable, mais doit-on pour autant subir une transformation anarchique, dégradant la vie quotidienne de ses habitants ?
Les parisiens qui aiment Paris ne sont pas en admiration devant ce qu'on fait de leur ville et ils ont peur qu'elle ne devienne une métropole aussi laide que bien d'autres.

Pour beaucoup, Paris était la capitale mondiale du 19ème siècle. Aujourd'hui, personne ne songerait à dire qu'elle est la capitale du 21ème siècle. Bien au contraire, vu de l'étranger, Paris est une capitale en panne et la vie a déménagé à Londres, à Berlin, à New-York, à Los Angeles ...

Et pourtant, à la belle époque, l'on se précipitait de Vienne, de St Petersburg, de Rio, du monde entier, ... pour profiter de la vie parisienne.
Aujourd'hui, c'est si peu vrai que certains touristes viennent visiter Euro Disneyland sans avoir la curiosité de faire les quelques 40 kilomètres qui les séparent de Paris !

Où est passé l'âme de Paris, où est sa folle attraction ?





 

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Une petite ville pinardière.

3 Juin 2008, 09:02am

Publié par barreteau



Léo Malet, dans "Casse-pipe à la Nation" trace un portrait haut en couleur de la petite ville de Bercy:
"Je m'engage - écrit-il - dans le dédale de la petite ville pinardière, défendue par des grilles contre les assauts possibles des assoiffés."
Eh oui, car à l'époque, les Entrepôts de Bercy ne sont pas un lieu public. Pour y accéder, il faut être viticulteur ou négociant. Et ce sont ces derniers qui, derrière des grilles, dans le secret des chais, pratiquent les assemblages de vins de différentes provenances.

Jusque dans les années 60, les consommateurs se satisfont de ces produits à la qualité souvent douteuse.
Puis le monde vinicole va faire sa révolution. Le bordelais invente la "mise en bouteilles au château", garantie de qualité, elle se généralise rapidement. Le produit qui arrive chez le consommateur est le même que celui qui est parti du vignoble. Les consommateurs deviennent aussi plus exigeants quant à la qualité : plus question de "gonfler" du Bourgogne avec des "Côtes du Rhône", voire avec du vin d'Algérie.

Aussi, dès 1964, dans le cadre du rééquilibrage de l'Est parisien, la Ville de Paris décide de ne plus renouveler les contrats de location aux négociants de Bercy. Ces derniers quittent progressivement ce lieu mythique pour aller s'installer en banlieue.
Peu à peu, les Entrepôts ferment, laissant à l'Est de Paris un vaste domaine aménageable. Il s'agit alors d'y créer un nouveau quartier mêlant logements, bureaux et commerces, dans un parc de 13 hectares.

En 1979, l'ouverture du Palais Omnisports de Paris Bercy marque le début du renouveau du quartier. Suivra bientôt l'implantation du ministère de l'Economie et des Finances.
Et la greffe a réussi : dans l'imaginaire, Bercy est maintenant plus synonyme d'impôts que... d'un pot !

Aujourd'hui, plus de 15.000 personnes travaillent ici. L'aménagement du Parc, l'ouverture prochaine de la Maison du Cinéma assurent la vie d'un quartier qui a toujours eu un fort caractère.
Non, décidément, même sans les pinardiers, Bercy n'est pas mort !


>> Léo Malet, Tardi et Nestor Burma hantent toujours les lieux.

>> Voir aussi sur Parisperdu :" Dans les chais de Bercy"

>>  Voir aussi sur Parisperdu : " Cour St Emilion"

>> Les entrepôts de Bercy, en images, au siècle dernier.  


 

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