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PARISPERDU
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Henri Cartier-Bresson, à vue d'oeil.

16 Juin 2009, 09:12am

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Publié par barreteau

Rue Mouffetard, Paris, 1954 © Henri Cartier-Bresson/MAGNUM



Vous avez jusqu'au 30 août pour courir à la Maison Européenne de la Photographie et découvrir cette exposition qui propose de parcourir quelques 320 œuvres d’Henri Cartier-Bresson. Une bonne partie de l'accrochage reprend d'ailleurs les clichés de "Paris à vue d’œil", une exposition présentée en 1984, au musée Carnavalet.

A travers des images apparemment anodines, Henri Cartier-Bresson traque les moments de vie, comme autant d’instants magiques, dans mille et un lieux, mille et un milieux. Il dresse, comme personne, le portrait d’un pays, d'une ville. Et comme toujours, ses images mêlent émotion et regard acéré. Cartier-Bresson nous montre que, même là où ne l'attend pas, la beauté existe … pour qui sait la voir.

Et si au début, ses images montrent surtout des "gueules", le regard s’affine ensuite peu à peu. Ses instantanés affichent alors, une organisation rigoureuse et ultra-soignée : lignes de fuite parfaites, merveilleux travail d’ombres et de lumières, composition impeccable, distance millimétrée, justesse innée du cadre, car il ne recadrait pas.

Bien qu’archi-connues pour la plupart, ces photos éblouissent encore. Récemment, Willy Ronis me confiait que pour lui, "Henri Cartier-Bresson était le plus grand". L'hommage vient de haut …

 
>> Le site web de Maison Européenne de la Photographie.

>> Henri Cartier-Bresson, le site officiel.


 

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Village perdu.

12 Juin 2009, 10:01am

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Publié par barreteau

Rue Gasnier-Guy, 1997

 

Le secteur de la rue Gasnier-Guy et de la rue des Partants est un territoire en bout de piste, loin de tout, comme égaré dans la cité.

Désormais tout est immobile, déchiré, encombré de détritus, pillé de tout ce qui n'est pas pierre ou minéral.
C'est comme un  village perdu qui dresse encore ses oripeaux au-dessus des pavés usés de la rue en dos d'âne.

Ici, seul un pan de mur témoigne. Ailleurs, on croise un homme solitaire, rescapé de l'exode et du lent abandon qu'a connu le quartier. Le temps n'est plus le même dans ce coin du 20ème arrondissement  et ce qui était hier un village s'est aujourd'hui endormi et semble doucement s'enfoncer dans un linceul de pierres.
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.


Mais il suffit d'un regard, un jour de promenade lorsque s'estompent les bruits du quotidien, pour retrouver les images de ces vies oubliées. Un rien, une poupée, une assiette en porcelaine, abandonnés dans un  rayon de soleil, et les souvenirs se redressent …



>> Voir aussi sur Parisperdu: "Vers l'infini et même au delà" 

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Démolition des murs ... démolition des vies"

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Murs abattus et baignoires rémanentes"

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Chaos debout !"

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Une rage de destruction"

 

 

 

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"Italie 13" : La politique de la table rase.

8 Juin 2009, 08:42am

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Publié par barreteau

 

Les tours des Olympiades. Au premier plan, le seul bâtiment restant des usines Panhard et quelques rares maisons rescapées.

 

L'opération Italie 13 est la réponse-type au diagnostic souvent formulé, dans les années 50, par les architectes et les politiques pour l'aménagement des arrondissements périphériques de Paris.


Ce diagnostic est le suivant: ces arrondissements comprennent de nombreux îlots jugés insalubres ou simplement "mal construits". Comment améliorer cet existant "bancal" ?
La réponse sera celle-ci: la rénovation de ces îlots doit se faire non par un simple assainissement des immeubles mais par une réorganisation d'ensemble de ces quartiers dans l'esprit de la Charte d'Athènes de Le Corbusier, à savoir: construction en hauteur afin de libérer des espaces au sol et ainsi assurer aux appartements une meilleure luminosité, mais aussi: séparation des voies destinées à la circulation automobile de celles consacrées à la desserte locale et aux trajets piétonniers.
L'opération Italie 13 illustre à merveille ce programme. Mais nombre de principes pourtant essentiels pour Le Corbusier ont été oubliés pour ce quartier, comme celui de vastes parcs entourant les tours ...

 
Autour de l'avenue d'Italie, on pratiqua donc la politique de la table rase afin de pouvoir construire - sur 87 hectares - une cinquantaine de tours. Finalement seulement 34 d'entre elles, seront érigées.
Les tours doivent toutes avoir à peu près la même hauteur : une trentaine d'étages. Les architectes en charge du projet estiment en effet que l'urbanisme de tours, loin d'opérer une rupture traumatique avec le passé, prolonge la vieille tradition parisienne de l'unité de hauteur des bâtiments !?!

Le résultat de l'opération ne sera pas vraiment un succès. A l'origine, dans les années 70, l'opération Italie 13 visait à séduire une population de jeunes cadres, en tablant sur le modernisme du quartier et la présence de nombreux équipements scolaires et sportifs. Or les tours, éloignées du centre de Paris, trop standardisées dans leur architecture, n'ont pas séduit les Parisiens.
Loin de la structure traditionnelle du tissu urbain, le quartier a dérouté les futurs acquéreurs, car certaines rues où vous aurez votre adresse - comme les rues du Javelot et du Disque - sont totalement invisibles, enfouies sous la dalle, elles sont inaccessibles aux piétons et quasiment introuvables.

Les tours sont alors restées inoccupées pendant plusieurs années et l'opération aurait sans doute été un échec cinglant sans l'arrivée des premiers réfugiés vietnamiens vers 1975. Ils vont rapidement occuper les lieux, vivant à plusieurs familles par appartement afin de payer les loyers élevés. Ils seront suivis par d'autres vagues de réfugiés et d'immigrés cambodgiens, laotiens, puis chinois. Beaucoup ont ouvert ou repris de petits commerces faisant ainsi le quartier asiatique que l'on connaît.

De nos jours, le quartier Italie 13, dont la maintenance est complexe et coûteuse, fait l'objet de projets de rénovations lourdes …
Mais cette fois, la politique de la table rase n'est plus à l'ordre du jour … et pourtant … ! 


>> Voir aussi, sur Parisperdu : "Des tours à Paris : pour quoi faire ?"

 

 

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Parisperdu, un million de visiteurs !

3 Juin 2009, 09:27am

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Publié par barreteau


Qui aurait cru, au lancement de ce blog - exclusivement francophone et spécialement dédié aux amoureux de Paris, d'un certain Paris - que le million de visiteurs serait atteint aussi rapidement.
Et cette barre symbolique vient d'être franchie ce week-end !


A croire qu’il y a, et c’est bon signe, 1 000 000 d'amoureux de Paris ou 1 000 000 d'internautes se demandant pourquoi Paris est-il perdu ou peut-être encore 1 000 000 de personnes cherchant à retrouver un certain Paris ?

Quoiqu’il en soit, les mathématiques n’étant pas une science aussi exacte que cela, la vérité est sûrement un peu différente … et ce million de visiteurs est certainement une combinaison de toutes ces hypothèses.

Aussi, je prends ce chiffre symbolique avec beaucoup de recul et surtout comme une motivation supplémentaire pour continuer à dialoguer avec vous sur cette thématique parisienne qui nous tient tant à cœur.

Merci pour vos visites et pour votre régularité à venir et à revenir sur Parisperdu …


Avec vous, … le voyage continue !

 

 

>> Il y a 2 ans, Parisperdu atteignait tout juste les 100 000 visites

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Petit cirque, grande émotion.

30 Mai 2009, 08:51am

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Publié par barreteau


Square de l'Amiral Bruix, à la porte Maillot, un petit cirque s'installe de temps à autre et invite aux attractions. Autour du chapiteau, le campement est encombré de caravanes cabossées, de tentures délavées, d'enclos pour les animaux … Mais, au-delà de ces apparences, le Cirque, c'est avant tout une âme.

Une âme faite de générosité et de l'amour des belles traditions. Les modes passent, les valeurs essentielles restent. Ici, on travaille en famille, toutes générations confondues, chacune d'entre elles enrichissant l'autre de son savoir. Le grand-père clown entraîne son arrière-petit-fils sur la piste pour qu'il y fasse ses premières cabrioles. Le père, la mère, le fils, la fille, la belle-fille, la sœur, la nièce, la cousine... Toutes et tous se ressemblent : ils ont le même sourire, la même joie d'exercer leur métier.

Même les animaux sont considérés comme des membres de la famille : on dresse en douceur les tigres, on crée une représentation humoristique et poétique pour les chiens, les otaries …, on fait parader fièrement les zèbres, les lamas, les chameaux ...

Le Cirque, c'est une bouffée d'oxygène, c'est aussi le plaisir de retrouver ce que l'on a en soi et que l'on oublie souvent : la possibilité de rire et de rêver, ne fût-ce que le temps d'un spectacle, et c'est une nécessité.

D'un seul coup, toutes les lumières s'éteignent. Les flonflons battent la cadence. Les enfants, bouche bée, écarquillent les yeux. Le public, conquis d'avance, retient son souffle... Place au spectacle et à l'émotion.



>> Voir aussi sur Parisperdu: "C'est quoi ce cirque ?"

>> Voir aussi sur Parisperdu: Alexandre Romanès et son cirque tzigane.

>> Izis : un maître de la photo, un amoureux du cirque. 


 

  

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"Chinoiseries" à Belleville.

26 Mai 2009, 10:59am

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Publié par barreteau


Les émigrés chinois se comptent par dizaines de milliers à Belleville. Qu’ils viennent de l'ex-Indochine, de Wenzhou, au sud de Shanghai ou de Dongbei, au nord-est de la Chine, ils restent largement méconnus du reste de la population de ce quartier populaire de Paris car, parmi eux, beaucoup sont "sans papiers" et cherchent à rester discrets.
 

Ces "Chinois sans-papiers" n’ont ni nom, ni existence officielle, et pourtant ils sont nombreux à peupler les rues de Belleville. S'ils se mélangent peu avec le reste des habitants du quartier, c'est que la barrière de la langue est bien réelle. Et peu de Wenzhou font en effet l’effort d’apprendre le français, par manque de temps ou par facilité car ils connaissent toujours un parent pour faire la traduction. Soutenus par un groupe extrêmement solidaire, ils demandent très rarement de l’aide à l’extérieur. Pourtant, beaucoup pourraient le faire afin de mener à bien leurs régularisations, mais l’affaire emblématique de l’école Rampal a renforcé la crainte de la police et accentue le repli sur soi. Nombreux sont les Chinois qui ne sortent pas beaucoup de chez eux et ne fréquentent que leur famille.


Entre eux, l’entraide fonctionne à plein, comme en témoigne la multitude de petites annonces rédigées en mandarin et qui couvrent les vitrines des commerces. On y vend un peu de tout et on y offre divers services, comme la garde d’enfants ou des heures de ménage. On y trouve aussi des cigarettes de contrebande. Des annonces proposent même une quittance EDF, ou une carte vitale à partager … !

À Belleville, la myriade de restaurants et de magasins d’alimentation laissent entrevoir l’importance du commerce chinois qui s’est mis en place. Mais tout le monde n’a pas aussi bien réussi. Pas loin du boulevard de Belleville, on rencontre fréquemment des prostituées chinoises. Elles marchent très lentement et regardent les hommes "droit dans les yeux". Sur le trottoir d’en face, trois autres femmes attendent en groupe. Ces prostituées sont en général originaires de Dongbei, une province qu'elles ont quittée pour fuir une grande précarité. Les "Dongbei" sont très minoritaires ici, à Belleville, ce qui fait qu'ils ne bénéficient d’aucune entraide, contrairement aux Wenzhou qui représentent 85% de la communauté chinoise de Belleville. Quant aux hommes, ils cherchent à survivre grâce à différents petits boulots. Au coin d’une rue, ils sont deux, accroupis autour d’un sac, à échanger des magazines. Ce sont des revues qu’ils récupèrent dans les poubelles et revendent plus loin sur un marché. Ils font la même chose avec les vêtements …

Avec la crise actuelle qui, en Chine aussi, ferme les usines et l’exode rural qui malgré tout continue, les vagues de migrants ne sont pas prêtes de s’arrêter. En attendant, se poursuit à Belleville la chasse aux "sans papiers", les isolants toujours un peu plus du reste de la population …

 


>> L’affaire de l’école Rampal (mars 2007).

 

 

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Perspective à la Chapelle.

22 Mai 2009, 09:49am

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Publié par barreteau


En ce début d'après-midi, je déambule sur le boulevard de la Chapelle, bien à l'abri sous les piliers en fonte du métro aérien.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le quartier n'est pas très rieur, à deux pas de la Goutte d'or qui pourtant a grandement été assainie et réhabilitée … Les trottoirs ont été lavés à grande eau pour effacer les derniers reliefs du marché du matin et ainsi présenter le secteur sous son meilleur jour, mais malgré tout l'ambiance que dégage ce lieux reste pesante, morose, "tristounette" …

Soudain, une trouée dans les façades grisâtres, et c'est comme une éclaircie, annoncée par la perspective de la rue de Chartres. Le regard, libéré du poids du viaduc de la ligne 2, peut enfin se porter vers un horizon dégagé.

Et, là-haut, tout là-haut, dans votre ligne de mire, sur la butte, apparaît dans sa blancheur immaculée, le Sacré Cœur …

Décidemment aujourd'hui, de la Chapelle à la basilique, il n'y aura qu'un pas …




>> Voir aussi sur Parisperdu : "L'accordéoniste yougoslave"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Gilbert, rue des Azaïs"

 

 

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Paris, de Paul Valéry à Patrick Modiano.

18 Mai 2009, 09:52am

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Publié par barreteau

Entrée du cimetière Montmartre, rue de Caulaincourt Paris 18ème


En 1937, Paul Valéry écrivait ceci: "…PARIS [c’est lui qui met ce nom en majuscules…] est bien autre chose qu’une capitale politique et un centre industriel, qu’un port de première importance et un marché de toutes valeurs, qu’un paradis artificiel et un sanctuaire de la culture. Sa singularité consiste d’abord en ceci que toutes les caractéristiques s’y combinent, ne demeurent pas étrangères les unes aux autres."

Que faire, que conclure, alors, de cette "singularité" ?
"Penser PARIS" ? Plus on y songe, plus se sent-on, tout au contraire, "pensé par Paris." Tous les amateurs, les amoureux et autres piétons de Paris ne feront pas de cette remarque une énigme.

Les plus récentes mutations de la capitale donnent une tonalité particulière à la prose et à la poésie des écrivains. La mémoire, comme hier chez Georges Perec ou comme aujourd'hui chez Patrick Modiano, joue un rôle essentiel, ainsi qu’une volonté d’inscrire dans les phrases ce que la réalité est entrain d’annihiler.
Leurs écrits contournent ou transcendent cette nostalgie fatalement attachée au pas de l’arpenteur des rues et des boulevards, constatant avec dépit ce que coûte, jour après jour, la modernisation galopante et la spéculation …


>> Qui est Patrick Modiano ?

>> Modiano ou les Intermittences de la mémoire.

>> Voir aussi: Georges Perec, sur Parisperdu.

>> Voir aussi, sur Parisperdu: "Paris, de Beaudelaire à Allen Ginsberg …"


  

 

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Cité Florentine.

14 Mai 2009, 09:04am

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Publié par barreteau


C'est un endroit secret et, pour beaucoup, quasiment introuvable . Caché au plus profond du 19ème arrondissement, un étroit passage entre deux immeubles gris permet de se faufiler jusqu'à un petit trésor : la cité Florentine.

Car c'est un peu comme à Petra, ou après s'être glissé dans le Siq, vous atteignez  le "Trésor", le  "Khazneh". Bien sûr ici, point de temple de 40 mètres de haut, mais les modestes villas que l'on trouve sur la placette, font, elles aussi, merveilles dans la lumière du matin …


L'on éprouve alors la sensation d'avoir atteint un lieu exceptionnel, hors de la cité, bien qu'encerclé, enserré par ses hauts immeubles. Et là, une profusion de couleurs s'étale devant vos yeux: le vert des barrières en bois, le rose et le rouge des roses trémières, l'ocre jaune des murs, … invariablement tout vous renvoie à une composition picturale des plus parfaites.
Alors vous vous dites que vous avez déjà vu ce tableau quelque part. Vous en cherchez le titre, l'auteur … Vous ne trouvez pas ? … Pourtant c'est simple, c'est même évident …

Voyons, vous êtes "Cité Florentine" … et le tableau que vous recherchez, n'est-ce pas une œuvre de Paul Klee ? Mais oui, bien sûr, vous avez trouvé ... il s'agit … des  "Villas Florentines"!




>> Les "Villas Florentines" de Paul Klee (1926).

 


 

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" Digicode, tu n'es pas mon ami "

10 Mai 2009, 10:21am

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Publié par barreteau



La découverte des cours et des arrière-cours des immeubles Bellevillois a longtemps été l'un de mes "sports" favoris. Quitter la foule et les vrombissements de la rue pour pénétrer dans ces espaces paisibles et hors du temps, a toujours été pour moi l'une des expériences les plus gratifiantes que l'on puisse s'offrir dans Paris. A chaque fois, vous allez à la découverte d'un territoire inconnu, d'un monde invisible, inimaginable.

Jusqu'au jour où il n'a plus été possible de pousser la moindre porte, d'ouvrir le plus petit des portails. Les digicodes s'étaient généralisés… Maintenant, ils vous interdissent à jamais tout accès vers la "terra incognita", et vous laisse pantois dans la rue, face à d'hermétiques façades …


Bien sûr, la sécurité des biens et des personnes justifie sans doute cet équipement, mais il déshumanise profondément l'approche d'un quartier… On en vient à regretter la disparition des concierges et des gardiens d'immeubles dont la conversation était bien plus vivante que celle d'un clavier en acier brossé … Non, décidemment, digicode, tu n'est pas mon ami !

Aussi, je reprends volontiers à mon compte ce couplet de MC Solar :

" Naguère, les concierges étaient en vogue.

Désormais, on les a remplacées par des digicodes…

Dans ma ville, il n'y avait pas de parcmètres.

Je voyais des ouvriers manger des sandwiches à l'omelette...

L'air y était plus pur, Paris était plus beau "


>> Voir aussi le sketch de l'humoriste Marc Jolivet qui met en scène un homme ivre souhaitant rentrer chez lui au milieu de la nuit en ayant oublié le code d'entrée.

 

 

 



 

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Le grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !

6 Mai 2009, 09:16am

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Publié par barreteau

Grand Paris, "Projet de l'Atelier Castro Denissof Casi" 2009 /DR


Après tout le "ramdam" politico-médiatique sur les dix projets du Grand Paris, je me suis longuement interrogé sur la question : Parisperdu doit-il aborder le sujet ?

Ma première réaction a été qu'il valait mieux ne rien en dire … Mais beaucoup de mes amis, de mes lecteurs m'ont relancé, … un peu sur le ton : "Alors le Grand Paris, encore un pari perdu ?" Alors je m'y suis lancé.

Il ressort, de tout ce que j'ai pu lire sur ces projets, que l'on cherche surtout à copier certaines capitales, alors que souvent, celles-ci … souhaiteraient plutôt nous ressembler !
Que nous propose-t-on? Eh bien, des tours, encore des tours, ... beaucoup de tours !
Mais si l'on regarde ce qui a déjà été fait un peu partout, je n'ai pas souvenir d'un quartier de tours d'habitation, dans le monde, qui soit agréable à l'œil et où il fait bon vivre, sauf bien sûr… sur la plaquette promotionnelle du projet.

Laissons donc les tours à ceux qui, comme Abu Dhabi ou Dubaï, n'ont pas reçu le passé en d'héritage et dont les émirs, d'ailleurs, veulent importer "clé-en-main" les trésors culturels de Paris, que sont La Sorbonne ou le musée du Louvre.

De surcroît, dans les projets du Grand Paris, on met surtout en avant des objets architecturaux, en oubliant les territoires. Tous les dysfonctionnements urbains de la région Ile de France n'ont donc pas servi de leçon... Les urbanistes ne devraient-ils pas, enfin,  précéder les ateliers d'architecture qui certes ont d'immenses qualités, mais pas celle de penser un espace global.

Je conseille aux "architectes" qui se penchent sur le "Grand Paris du futur" de rendre visite au projet du "Grand Paris des années 50" : La Défense. Qu'ils interrogent les gens qui aujourd'hui y travaillent. Que pensent-ils des transports en commun qui les conduisent ici ? Avec leurs pannes incessantes, leurs retards, les grèves à répétition et une gare désuète, dangereuse … D'ailleurs, combien de temps met-on pour sortir de cette foutue gare, et même, … comment en trouvez les sorties ?
Avant d'envisager des projets théoriques, penchons-nous sur ce qui existe.

Quant à Antoine Grumbach qui veut faire aller Paris jusqu'au Havre, je lui conseil d'établir au plus vite un partenariat avec Renault, dont les sites industriels jalonnent la vallée de la Seine. Ils pourront, ensemble, réfléchir à la reconversion des usines d'automobiles déjà fermées, quasiment fermées ou prochainement en voie de fermeture : de l'ile Seguin à Sandouville, en passant par Flins et Cléon … Avec tout ce bâti, bientôt inoccupé, … la moitié du projet est déjà réalisé !

De grâce, Messieurs les Architectes ne vous appropriez pas le nom prestigieux de Paris pour nous vendre une pseudo-nouvelle "Architecture Grand-Parisienne"!
Allez plutôt montrer vos talents ailleurs, comme le fit Niemeyer en sortant du néant une ville toute neuve, un vrai défi... ! Ou comme le génial Gaudí, qui sût créer sans renier le passé, tout en conservant la démarche intime entre l'Art et l'Artisanat. Cette approche a l'avantage d'éloigner toute tentation d'échapper à l'échelle humaine, tout en respectant cet allié incomparable qu'est le monde végétal, où les grands arbres doivent rester grands et ne pas ressembler à des buis...

Laissons donc Paris et ses alentours en paix, tout comme l'ont fait Rome, Venise, Florence, et j'en passe... Il s'agît là, de villes déjà faites... et bien faites !

Après New York, "Big Apple", on espère éviter un autre "gros fruit" pour Paris, ce qui n'est pas sûr, tant on semble prendre les parisiens … pour des poires !
Avant que tout cela ne vire au cauchemar,... vite, pincez-moi, je rêve …


>> Le grand Paris, site officiel.

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Le Grand Paris ou comment changer … d'aire ?"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Des tours à Paris : pour quoi faire ? "

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Jean Nouvel conservera l'ancien …"


 

 

 

 

 

 

 

 

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Ce n'est vraiment pas la fête ... !

2 Mai 2009, 12:01pm

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Publié par barreteau

Place des Fêtes Paris 19ème - Juin 2005


En sortant du métro "Place des Fêtes", on débouche sur cette fameuse place, et là, ce n’est vraiment pas la fête … !
Quelque soit l'endroit où vous portez le regard, vous vous sentez littéralement écrasé par toutes ces tours … qui vous entourent.
Franchement, cette grande place sans âme est laide, sinistre, sur-bétonnée … et de surcroît l’atmosphère n'y est pas des plus légères, tant les incidents de voisinage ou inter-bandes y sont nombreux.

Construite en 1836 pour les réjouissances des Bellevillois, nombreux sont ceux, aujourd'hui, qui estiment que la place des Fêtes a été assassinée par de pseudo-urbanistes.
Dans les années 70, la place sera en effet, défigurée par le courant de "rénovation" qui déferle sur certains quartiers de Paris. On assiste alors à la  destruction des immeubles modestes et des ilots caractéristiques de l'habitat populaire, les espaces verts disparaissent sous une marée de béton, de tours, de barres et de parkings … Cet urbanisme forcené va définitivement défigurer la place des Fêtes, et la multiplication des  tours de 18 à 24 étages, va lui donner un aspect architectural pas très flatteur.


La place sera réaménagée en 1995.  L'aménagement final résultera d'un compromis bancal, entre certains commerçants qui ne voulaient pas de bancs (pour éviter les indésirables), le maire qui voulait des arbres, les riverains qui ne voulaient pas des gradins de l'architecte qui les avaient conçu comme une agora pour organiser des … fêtes ! On y ajoutera une fontaine en forme de labyrinthe (encore du béton …) et un pseudo-obélisque translucide et illuminé la nuit … Bref, là encore, rien de très … festif.

 

Le charme résiduel de la place des Fêtes réside dans le marché qui s'y tient trois matinées par semaine, et par quelques immeubles anciens qui évoquent encore, au sud-ouest de la place, la physionomie disparue d'un coin de Paris, très populeux et populaire.


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Place des Fêtes"

 

 

 

 

 

 

 

 

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Heurts et malheurs de " la Moskowa ".

28 Avril 2009, 09:21am

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Publié par barreteau

Rue Jean Dolfus -  Paris 18ème / Démolition de l'ilôt : Rue Bonnet / Cité Durel – Juin 1997.


A Paris, entre la porte de Saint-Ouen et la porte de Montmartre, "la Moskowa" désigne un secteur qui a connu une longue et difficile restructuration. Les urbanistes ont puisé cette appellation de "Moskowa" dans la biographie du maréchal Ney, héros de la Grande Armée, "prince de la Moskowa", dont le boulevard éponyme est tout proche.

 

Le quartier de la Moskowa a été, des années durant, ce qu'il est convenu d'appeler un "territoire à requalifier". Et, comme dans beaucoup de quartiers en mutation, peu aménagés et habités par une population modeste ou défavorisée, la prostitution y a longtemps été tolérée. Dans ce "domaine d'activité", on trouve alors de tout à la Moskowa : des travestis maghrébins, des filles de l’Est, principalement des roumaines, des africaines … Mais à la Moskowa, il n’est pas seulement question de prostitution, on y rencontre aussi la petite criminalité et la toxicomanie de rue. Des passes, des bagarres et des agressions s'y déroulent quasi-quotidiennement.

 

La Mairie du 18éme arrondissement est saisie du problème. Plusieurs réunions sont alors organisées entre les locataires, les bailleurs et les architectes coordonnant l’opération future de rénovation du quartier. Des parades sont alors mises en place: des rondes de maîtres-chiens vont surveiller quotidiennement le quartier dès la fin de la journée et toute la nuit et des grilles sont installées à chaque entrée des îlots, … autant d'essais pour reconquérir un territoire de vie.

Les dealers répondent par différents tests, qui vont de la tentative de négociation à l’intimidation des maîtres-chiens. Les petites vengeances ne tardent pas. Dealers, toxicomanes et prostituées réagissent aux installations de sécurité par des actes de vandalisme.
 

C'est l'enfer pour tout le monde, le quartier devient rapidement invivable, dans la perception constante d’un danger potentiel où se confondent pêle-mêle prostitution, proxénétisme, toxicomanie, pervers sexuels ou violeurs. La fermeture des jardins, conseillée par la police, s’avère peu efficace et les barbelés, installés ça et là, restent diversement appréciés des résidents, comme si les problèmes de toxicomanie et de prostitution finissaient par se matérialiser dans leur paysage quotidien.
 

Dans ce contexte, le démarrage des travaux de démolition des îlots, en 2000, sera vécu par beaucoup comme une délivrance. La valeur immobilière du secteur avait soudain permis de générer un vaste projet de rénovation total du quartier.
 

On allait enfin pouvoir respirer un air nouveau à la Moskowa ...


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Le quartier de la Moskowa"

 

 

 

 

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Le Grand Palais des tagueurs.

24 Avril 2009, 09:25am

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Publié par barreteau


"Un jeune tagueur s'attaquait aux murs défraîchis, il dessinait de modernes hiéroglyphes, propres à emplir d'une magnifique poésie le paysage démantelé du quai d'Ivry …"
Extrait de "Paris" de Jean Follain


Il ya encore peu, le tagueur urbain était considéré comme un nuisible, un parasite qui "bombait" à tout va les murs de la capitale.
Aujourd'hui, cet "art", (oui, ne parle-t-on pas d'art-urbain ou de "street-art" ?) est mieux considéré. Il atteint même des sommets dans la reconnaissance du public en étant actuellement exposé dans les prestigieuses galeries du Grand Palais.

Quelques 300 œuvres des plus grands graffeurs internationaux, y sont accrochées.

Tous sont mis sur un pied d'égalité formel : format unique et  thème unique, celui de l’amour. Et c'est une réussite, car beaucoup de ces œuvres sont tout à fait remarquables, et il y a là plein de talents à découvrir.

Vu son succès, l’exposition est  exceptionnellement  prolongée jusqu’au 3 mai 2009.
Courrez-y vite, vous ne pouvez pas être déçus …



 

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Paris, de Beaudelaire à Allen Ginsberg ...

20 Avril 2009, 09:21am

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Publié par barreteau

39 rue de Belleville Paris 20ème.


Paris change-t-il au fil du temps ?
Baudelaire avouait que Paris change "Plus vite que le cœur d’un mortel", et précisait alors:
"Paris change! Mais rien dans ma mélancolie

N’a bougé! Palais neufs, échafaudages, blocs,

Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,

Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs."

Mieux qu’un long discours, ces quelques vers nous montrent comment une cité vivante évolue sans cesse, par proliférations successives. Et la légende se superpose aux faits car une ville comme Paris a toujours laissé la part belle à l’imagination.

Paris muséifié, Paris embaumé, … déserté, dépeuplé, embourgeoisé : le refrain a été maintes fois repris depuis quelques années. Pourtant, il suffit d’être un observateur un peu attentif pour voir évoluer - parfois très vite - le paysage parisien.

La démarche buissonnière de Parisperdu, guidée par le hasard à travers les quartiers Est de la ville, nous donne souvent à voir ces évolutions, tout en refusant la pure nostalgie car, comme nous le dit le poète américain Allen Ginsberg: "Vous ne pouvez échapper au passé de Paris, et ce qui est le plus extraordinaire à ce sujet, c’est que le passé et le présent s’entremêlent de façon si impalpable que ce n’est pas du tout un poids."

Aussi, ne faut-il pas hésiter à s’aventurer dans notre Paris contemporain, pour voir, pour être sensible à cette ville qui bouge et qui se modifie sans cesse sous nos yeux … comme un être vivant !


>> Qui est Allen Ginsberg ?



 

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