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PARISPERDU

Perspective à la Chapelle.

22 Mai 2009, 09:49am

Publié par barreteau


En ce début d'après-midi, je déambule sur le boulevard de la Chapelle, bien à l'abri sous les piliers en fonte du métro aérien.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que le quartier n'est pas très rieur, à deux pas de la Goutte d'or qui pourtant a grandement été assainie et réhabilitée … Les trottoirs ont été lavés à grande eau pour effacer les derniers reliefs du marché du matin et ainsi présenter le secteur sous son meilleur jour, mais malgré tout l'ambiance que dégage ce lieux reste pesante, morose, "tristounette" …

Soudain, une trouée dans les façades grisâtres, et c'est comme une éclaircie, annoncée par la perspective de la rue de Chartres. Le regard, libéré du poids du viaduc de la ligne 2, peut enfin se porter vers un horizon dégagé.

Et, là-haut, tout là-haut, dans votre ligne de mire, sur la butte, apparaît dans sa blancheur immaculée, le Sacré Cœur …

Décidemment aujourd'hui, de la Chapelle à la basilique, il n'y aura qu'un pas …




>> Voir aussi sur Parisperdu : "L'accordéoniste yougoslave"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Gilbert, rue des Azaïs"

 

 

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Paris, de Paul Valéry à Patrick Modiano.

18 Mai 2009, 09:52am

Publié par barreteau

Entrée du cimetière Montmartre, rue de Caulaincourt Paris 18ème


En 1937, Paul Valéry écrivait ceci: "…PARIS [c’est lui qui met ce nom en majuscules…] est bien autre chose qu’une capitale politique et un centre industriel, qu’un port de première importance et un marché de toutes valeurs, qu’un paradis artificiel et un sanctuaire de la culture. Sa singularité consiste d’abord en ceci que toutes les caractéristiques s’y combinent, ne demeurent pas étrangères les unes aux autres."

Que faire, que conclure, alors, de cette "singularité" ?
"Penser PARIS" ? Plus on y songe, plus se sent-on, tout au contraire, "pensé par Paris." Tous les amateurs, les amoureux et autres piétons de Paris ne feront pas de cette remarque une énigme.

Les plus récentes mutations de la capitale donnent une tonalité particulière à la prose et à la poésie des écrivains. La mémoire, comme hier chez Georges Perec ou comme aujourd'hui chez Patrick Modiano, joue un rôle essentiel, ainsi qu’une volonté d’inscrire dans les phrases ce que la réalité est entrain d’annihiler.
Leurs écrits contournent ou transcendent cette nostalgie fatalement attachée au pas de l’arpenteur des rues et des boulevards, constatant avec dépit ce que coûte, jour après jour, la modernisation galopante et la spéculation …


>> Qui est Patrick Modiano ?

>> Modiano ou les Intermittences de la mémoire.

>> Voir aussi: Georges Perec, sur Parisperdu.

>> Voir aussi, sur Parisperdu: "Paris, de Beaudelaire à Allen Ginsberg …"


  

 

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Cité Florentine.

14 Mai 2009, 09:04am

Publié par barreteau


C'est un endroit secret et, pour beaucoup, quasiment introuvable . Caché au plus profond du 19ème arrondissement, un étroit passage entre deux immeubles gris permet de se faufiler jusqu'à un petit trésor : la cité Florentine.

Car c'est un peu comme à Petra, ou après s'être glissé dans le Siq, vous atteignez  le "Trésor", le  "Khazneh". Bien sûr ici, point de temple de 40 mètres de haut, mais les modestes villas que l'on trouve sur la placette, font, elles aussi, merveilles dans la lumière du matin …


L'on éprouve alors la sensation d'avoir atteint un lieu exceptionnel, hors de la cité, bien qu'encerclé, enserré par ses hauts immeubles. Et là, une profusion de couleurs s'étale devant vos yeux: le vert des barrières en bois, le rose et le rouge des roses trémières, l'ocre jaune des murs, … invariablement tout vous renvoie à une composition picturale des plus parfaites.
Alors vous vous dites que vous avez déjà vu ce tableau quelque part. Vous en cherchez le titre, l'auteur … Vous ne trouvez pas ? … Pourtant c'est simple, c'est même évident …

Voyons, vous êtes "Cité Florentine" … et le tableau que vous recherchez, n'est-ce pas une œuvre de Paul Klee ? Mais oui, bien sûr, vous avez trouvé ... il s'agit … des  "Villas Florentines"!




>> Les "Villas Florentines" de Paul Klee (1926).

 


 

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" Digicode, tu n'es pas mon ami "

10 Mai 2009, 10:21am

Publié par barreteau



La découverte des cours et des arrière-cours des immeubles Bellevillois a longtemps été l'un de mes "sports" favoris. Quitter la foule et les vrombissements de la rue pour pénétrer dans ces espaces paisibles et hors du temps, a toujours été pour moi l'une des expériences les plus gratifiantes que l'on puisse s'offrir dans Paris. A chaque fois, vous allez à la découverte d'un territoire inconnu, d'un monde invisible, inimaginable.

Jusqu'au jour où il n'a plus été possible de pousser la moindre porte, d'ouvrir le plus petit des portails. Les digicodes s'étaient généralisés… Maintenant, ils vous interdissent à jamais tout accès vers la "terra incognita", et vous laisse pantois dans la rue, face à d'hermétiques façades …


Bien sûr, la sécurité des biens et des personnes justifie sans doute cet équipement, mais il déshumanise profondément l'approche d'un quartier… On en vient à regretter la disparition des concierges et des gardiens d'immeubles dont la conversation était bien plus vivante que celle d'un clavier en acier brossé … Non, décidemment, digicode, tu n'est pas mon ami !

Aussi, je reprends volontiers à mon compte ce couplet de MC Solar :

" Naguère, les concierges étaient en vogue.

Désormais, on les a remplacées par des digicodes…

Dans ma ville, il n'y avait pas de parcmètres.

Je voyais des ouvriers manger des sandwiches à l'omelette...

L'air y était plus pur, Paris était plus beau "


>> Voir aussi le sketch de l'humoriste Marc Jolivet qui met en scène un homme ivre souhaitant rentrer chez lui au milieu de la nuit en ayant oublié le code d'entrée.

 

 

 



 

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Le grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !

6 Mai 2009, 09:16am

Publié par barreteau

Grand Paris, "Projet de l'Atelier Castro Denissof Casi" 2009 /DR


Après tout le "ramdam" politico-médiatique sur les dix projets du Grand Paris, je me suis longuement interrogé sur la question : Parisperdu doit-il aborder le sujet ?

Ma première réaction a été qu'il valait mieux ne rien en dire … Mais beaucoup de mes amis, de mes lecteurs m'ont relancé, … un peu sur le ton : "Alors le Grand Paris, encore un pari perdu ?" Alors je m'y suis lancé.

Il ressort, de tout ce que j'ai pu lire sur ces projets, que l'on cherche surtout à copier certaines capitales, alors que souvent, celles-ci … souhaiteraient plutôt nous ressembler !
Que nous propose-t-on? Eh bien, des tours, encore des tours, ... beaucoup de tours !
Mais si l'on regarde ce qui a déjà été fait un peu partout, je n'ai pas souvenir d'un quartier de tours d'habitation, dans le monde, qui soit agréable à l'œil et où il fait bon vivre, sauf bien sûr… sur la plaquette promotionnelle du projet.

Laissons donc les tours à ceux qui, comme Abu Dhabi ou Dubaï, n'ont pas reçu le passé en d'héritage et dont les émirs, d'ailleurs, veulent importer "clé-en-main" les trésors culturels de Paris, que sont La Sorbonne ou le musée du Louvre.

De surcroît, dans les projets du Grand Paris, on met surtout en avant des objets architecturaux, en oubliant les territoires. Tous les dysfonctionnements urbains de la région Ile de France n'ont donc pas servi de leçon... Les urbanistes ne devraient-ils pas, enfin,  précéder les ateliers d'architecture qui certes ont d'immenses qualités, mais pas celle de penser un espace global.

Je conseille aux "architectes" qui se penchent sur le "Grand Paris du futur" de rendre visite au projet du "Grand Paris des années 50" : La Défense. Qu'ils interrogent les gens qui aujourd'hui y travaillent. Que pensent-ils des transports en commun qui les conduisent ici ? Avec leurs pannes incessantes, leurs retards, les grèves à répétition et une gare désuète, dangereuse … D'ailleurs, combien de temps met-on pour sortir de cette foutue gare, et même, … comment en trouvez les sorties ?
Avant d'envisager des projets théoriques, penchons-nous sur ce qui existe.

Quant à Antoine Grumbach qui veut faire aller Paris jusqu'au Havre, je lui conseil d'établir au plus vite un partenariat avec Renault, dont les sites industriels jalonnent la vallée de la Seine. Ils pourront, ensemble, réfléchir à la reconversion des usines d'automobiles déjà fermées, quasiment fermées ou prochainement en voie de fermeture : de l'ile Seguin à Sandouville, en passant par Flins et Cléon … Avec tout ce bâti, bientôt inoccupé, … la moitié du projet est déjà réalisé !

De grâce, Messieurs les Architectes ne vous appropriez pas le nom prestigieux de Paris pour nous vendre une pseudo-nouvelle "Architecture Grand-Parisienne"!
Allez plutôt montrer vos talents ailleurs, comme le fit Niemeyer en sortant du néant une ville toute neuve, un vrai défi... ! Ou comme le génial Gaudí, qui sût créer sans renier le passé, tout en conservant la démarche intime entre l'Art et l'Artisanat. Cette approche a l'avantage d'éloigner toute tentation d'échapper à l'échelle humaine, tout en respectant cet allié incomparable qu'est le monde végétal, où les grands arbres doivent rester grands et ne pas ressembler à des buis...

Laissons donc Paris et ses alentours en paix, tout comme l'ont fait Rome, Venise, Florence, et j'en passe... Il s'agît là, de villes déjà faites... et bien faites !

Après New York, "Big Apple", on espère éviter un autre "gros fruit" pour Paris, ce qui n'est pas sûr, tant on semble prendre les parisiens … pour des poires !
Avant que tout cela ne vire au cauchemar,... vite, pincez-moi, je rêve …


>> Le grand Paris, site officiel.

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Le Grand Paris ou comment changer … d'aire ?"

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Des tours à Paris : pour quoi faire ? "

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Jean Nouvel conservera l'ancien …"


 

 

 

 

 

 

 

 

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Ce n'est vraiment pas la fête ... !

2 Mai 2009, 12:01pm

Publié par barreteau

Place des Fêtes Paris 19ème - Juin 2005


En sortant du métro "Place des Fêtes", on débouche sur cette fameuse place, et là, ce n’est vraiment pas la fête … !
Quelque soit l'endroit où vous portez le regard, vous vous sentez littéralement écrasé par toutes ces tours … qui vous entourent.
Franchement, cette grande place sans âme est laide, sinistre, sur-bétonnée … et de surcroît l’atmosphère n'y est pas des plus légères, tant les incidents de voisinage ou inter-bandes y sont nombreux.

Construite en 1836 pour les réjouissances des Bellevillois, nombreux sont ceux, aujourd'hui, qui estiment que la place des Fêtes a été assassinée par de pseudo-urbanistes.
Dans les années 70, la place sera en effet, défigurée par le courant de "rénovation" qui déferle sur certains quartiers de Paris. On assiste alors à la  destruction des immeubles modestes et des ilots caractéristiques de l'habitat populaire, les espaces verts disparaissent sous une marée de béton, de tours, de barres et de parkings … Cet urbanisme forcené va définitivement défigurer la place des Fêtes, et la multiplication des  tours de 18 à 24 étages, va lui donner un aspect architectural pas très flatteur.


La place sera réaménagée en 1995.  L'aménagement final résultera d'un compromis bancal, entre certains commerçants qui ne voulaient pas de bancs (pour éviter les indésirables), le maire qui voulait des arbres, les riverains qui ne voulaient pas des gradins de l'architecte qui les avaient conçu comme une agora pour organiser des … fêtes ! On y ajoutera une fontaine en forme de labyrinthe (encore du béton …) et un pseudo-obélisque translucide et illuminé la nuit … Bref, là encore, rien de très … festif.

 

Le charme résiduel de la place des Fêtes réside dans le marché qui s'y tient trois matinées par semaine, et par quelques immeubles anciens qui évoquent encore, au sud-ouest de la place, la physionomie disparue d'un coin de Paris, très populeux et populaire.


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Place des Fêtes"

 

 

 

 

 

 

 

 

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Heurts et malheurs de " la Moskowa ".

28 Avril 2009, 09:21am

Publié par barreteau

Rue Jean Dolfus -  Paris 18ème / Démolition de l'ilôt : Rue Bonnet / Cité Durel – Juin 1997.


A Paris, entre la porte de Saint-Ouen et la porte de Montmartre, "la Moskowa" désigne un secteur qui a connu une longue et difficile restructuration. Les urbanistes ont puisé cette appellation de "Moskowa" dans la biographie du maréchal Ney, héros de la Grande Armée, "prince de la Moskowa", dont le boulevard éponyme est tout proche.

 

Le quartier de la Moskowa a été, des années durant, ce qu'il est convenu d'appeler un "territoire à requalifier". Et, comme dans beaucoup de quartiers en mutation, peu aménagés et habités par une population modeste ou défavorisée, la prostitution y a longtemps été tolérée. Dans ce "domaine d'activité", on trouve alors de tout à la Moskowa : des travestis maghrébins, des filles de l’Est, principalement des roumaines, des africaines … Mais à la Moskowa, il n’est pas seulement question de prostitution, on y rencontre aussi la petite criminalité et la toxicomanie de rue. Des passes, des bagarres et des agressions s'y déroulent quasi-quotidiennement.

 

La Mairie du 18éme arrondissement est saisie du problème. Plusieurs réunions sont alors organisées entre les locataires, les bailleurs et les architectes coordonnant l’opération future de rénovation du quartier. Des parades sont alors mises en place: des rondes de maîtres-chiens vont surveiller quotidiennement le quartier dès la fin de la journée et toute la nuit et des grilles sont installées à chaque entrée des îlots, … autant d'essais pour reconquérir un territoire de vie.

Les dealers répondent par différents tests, qui vont de la tentative de négociation à l’intimidation des maîtres-chiens. Les petites vengeances ne tardent pas. Dealers, toxicomanes et prostituées réagissent aux installations de sécurité par des actes de vandalisme.
 

C'est l'enfer pour tout le monde, le quartier devient rapidement invivable, dans la perception constante d’un danger potentiel où se confondent pêle-mêle prostitution, proxénétisme, toxicomanie, pervers sexuels ou violeurs. La fermeture des jardins, conseillée par la police, s’avère peu efficace et les barbelés, installés ça et là, restent diversement appréciés des résidents, comme si les problèmes de toxicomanie et de prostitution finissaient par se matérialiser dans leur paysage quotidien.
 

Dans ce contexte, le démarrage des travaux de démolition des îlots, en 2000, sera vécu par beaucoup comme une délivrance. La valeur immobilière du secteur avait soudain permis de générer un vaste projet de rénovation total du quartier.
 

On allait enfin pouvoir respirer un air nouveau à la Moskowa ...


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Le quartier de la Moskowa"

 

 

 

 

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Le Grand Palais des tagueurs.

24 Avril 2009, 09:25am

Publié par barreteau


"Un jeune tagueur s'attaquait aux murs défraîchis, il dessinait de modernes hiéroglyphes, propres à emplir d'une magnifique poésie le paysage démantelé du quai d'Ivry …"
Extrait de "Paris" de Jean Follain


Il ya encore peu, le tagueur urbain était considéré comme un nuisible, un parasite qui "bombait" à tout va les murs de la capitale.
Aujourd'hui, cet "art", (oui, ne parle-t-on pas d'art-urbain ou de "street-art" ?) est mieux considéré. Il atteint même des sommets dans la reconnaissance du public en étant actuellement exposé dans les prestigieuses galeries du Grand Palais.

Quelques 300 œuvres des plus grands graffeurs internationaux, y sont accrochées.

Tous sont mis sur un pied d'égalité formel : format unique et  thème unique, celui de l’amour. Et c'est une réussite, car beaucoup de ces œuvres sont tout à fait remarquables, et il y a là plein de talents à découvrir.

Vu son succès, l’exposition est  exceptionnellement  prolongée jusqu’au 3 mai 2009.
Courrez-y vite, vous ne pouvez pas être déçus …



 

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Paris, de Beaudelaire à Allen Ginsberg ...

20 Avril 2009, 09:21am

Publié par barreteau

39 rue de Belleville Paris 20ème.


Paris change-t-il au fil du temps ?
Baudelaire avouait que Paris change "Plus vite que le cœur d’un mortel", et précisait alors:
"Paris change! Mais rien dans ma mélancolie

N’a bougé! Palais neufs, échafaudages, blocs,

Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,

Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs."

Mieux qu’un long discours, ces quelques vers nous montrent comment une cité vivante évolue sans cesse, par proliférations successives. Et la légende se superpose aux faits car une ville comme Paris a toujours laissé la part belle à l’imagination.

Paris muséifié, Paris embaumé, … déserté, dépeuplé, embourgeoisé : le refrain a été maintes fois repris depuis quelques années. Pourtant, il suffit d’être un observateur un peu attentif pour voir évoluer - parfois très vite - le paysage parisien.

La démarche buissonnière de Parisperdu, guidée par le hasard à travers les quartiers Est de la ville, nous donne souvent à voir ces évolutions, tout en refusant la pure nostalgie car, comme nous le dit le poète américain Allen Ginsberg: "Vous ne pouvez échapper au passé de Paris, et ce qui est le plus extraordinaire à ce sujet, c’est que le passé et le présent s’entremêlent de façon si impalpable que ce n’est pas du tout un poids."

Aussi, ne faut-il pas hésiter à s’aventurer dans notre Paris contemporain, pour voir, pour être sensible à cette ville qui bouge et qui se modifie sans cesse sous nos yeux … comme un être vivant !


>> Qui est Allen Ginsberg ?



 

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"Dans votre Paris idéal …"

16 Avril 2009, 09:05am

Publié par barreteau


Le "Figaro" nous propose, ces jours-ci, un drôle de sondage. La question posée, par ce journal, est la suivante :
"Dans votre Paris idéal, quel monument souhaiteriez-vous voir disparaître ?"

Pourquoi faudrait-il choisir qu'un monument disparaisse pour que Paris soit idéal ? L'idée de ce sondage est décidément bien étrange...
En effet comment peut-on associer un idéal à une destruction de l'une des composantes architecturales de la capitale ?

Je conseille aux membres de la rédaction du Figaro de réfléchir à deux fois avant de poser une telle question et de s'informer afin de mieux appréhender le sujet du patrimoine et de l'histoire architecturale de Paris.
Rien qu'en Europe, ce n'est pas à Berlin, à Barcelone ou à Prague que l'on se poserait de telles questions. Visiblement, il y a encore du travail à faire du côté du boulevard Haussmann ...

Pourquoi ne pas, plus judicieusement, demander à ses lecteurs quels seraient leurs besoins à satisfaire pour trouver la capitale plus attrayante ?
Les différents projets du Grand Paris vont - eux - dans ce sens et sans jamais envisager de telles extrémités ...



>> Le sondage du Figaro.

 

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"Archi-respectueux" du passé.

12 Avril 2009, 10:56am

Publié par barreteau

La SUDAC, en mars 1996.

 

La restauration de la SUDAC (Société Urbaine de Distribution d’Air Comprimé…), dans le 13ème, est symptomatique d'une époque. Désormais, on s'attache enfin à garder les traces du passé, notamment celles du passé industriel, pourtant encore récemment jugé peu digne d'intérêt.

La transformation de la SUDAC en Ecole d'Architecture … est à ce titre exemplaire. L'identité de l'usine est préservée, des vestiges industriels sont conservés et enrichis. On y développe une architecture d'avenir, respectueuse du passé.

 

Et cette logique de recyclage préside aujourd'hui à de nombreuses autres réalisations. "On construit avec le passé" répète souvent l'architecte-urbaniste Alexandre Chemetoff. Le passé, n'est plus une contrainte, mais une ressource pour les nouveaux projets. Le patrimoine historique n'est plus détruit, comme ce fut trop souvent le cas (se souvenir des Halles de Baltard …), mais intégré dans la matière même de nouveaux espaces publics ou de nouveaux bâtiments.

 

La suite de l'histoire ?

Elle se construit chaque jour tout près de chez vous, un peu partout dans Paris … sur le thème en vogue du développement durable. Un exemple, le musée du quai Branly, un bâtiment qui intègre le bois sur ses façades, de la végétation aussi, pour dire qu'il est temps de revenir à des matériaux naturels et qu'il faut penser aussi à notre planète …

L'architecture raconte souvent les préoccupations de son temps.

 

 

>> L'école d'architecture de Val-de-Seine

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu :"Nouvelle vie en usines".

 

 

 

 

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Nostalgie.

8 Avril 2009, 09:57am

Publié par barreteau

 

 

Cour-jardin du 159 rue de Pelleport Paris 20ème.

Lorsque je pénètre dans une arrière-cour ou dans une cour-jardin des quartiers de Belleville ou de Ménilmontant, je retrouve souvent ce sentiment très particulier: nous ne sommes plus dans les années 2000, mais peut être dans les années cinquante ... ou soixante!
L'isolement du lieu aurait-il ralenti le temps ?


Il en résulte alors une impression étrange, de bien-être et d'optimisme qui recrée l'ambiance d'une époque où l'on croyait encore à l'avenir ...

Certains esprits critiques vont sans doute me taxer de nostalgie.
Mais la nostalgie est à l'homme ce que la jalousie est à l'amour. Elle est inhérente à notre condition. Et elle, au moins, elle rassure …  

Mais n'est-elle pas, chez moi, trop exacerbée ?

 

C'est vrai, je regrette l'époque où l'on prenait son temps. Je ne suis pas sûr que la vitesse rende plus heureux. Ni la mode d'ailleurs, qui nous rend esclave des apparences … Laissons tout cela aux bobos ... qui envahissent maintenant l'Est parisien … encore une raison de regretter notre vieux Belleville, celui du temps où il était encore un quartier "populaire". L'on vivait ici dans des conditions souvent modestes, et même parfois difficiles mais avec une grande solidarité et un réel attachement à son "village".
Et du Bas-Belleville au Haut-Belleville, en passant par Charonne ou  Ménilmontant, transpirait alors une certaine joie de vivre.

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Impression, rue du Retrait"

 

 

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"Extérieurs nuit".

4 Avril 2009, 09:08am

Publié par barreteau

Photo ©Panos Kokkinias, courtoisie de la galerie Xippas

Les boulevards des Maréchaux forment un ensemble continu de voies qui ceinturent Paris. A la limite de la ville, ces boulevards dits "extérieurs" sont en quelque sorte l'ancêtre du périph'. Leur nom "collectif" découle du fait qu'à leur création, la totalité de ces boulevards portaient des noms de maréchaux du Premier Empire.

Vous avez dit "Maréchaux d'empire" ? ... oui de pire en pire !

Car, notamment au nord-est, Boulevard Ney, sur la partie la plus sombre des "Maréchaux", dans un no man's land urbain, au milieu d’un paysage ferroviaire et industriel, dans ces entre-portes lunaires, arrivent progressivement ici - dès la tombée de la nuit – des escouades de prostituées. Isolées, ou parfois par deux, elles se positionnent alors, à une centaine de mètres d’intervalle.

 

Depuis l'assainissement du centre de Paris et l’arrivée massive de filles étrangères par l’entremise de réseaux de l’Europe de l'Est ou de filières africaines, cette partie Nord des boulevards des Maréchaux reçoit périodiquement de nouvelles migrantes, dernièrement des femmes kosovares et albanaises, souvent jeunes, très jeunes.

 

Pour être moins repérables, les prostituées sont contraintes à travailler dans l’ombre, et doivent se déplacer d’un lieu à l’autre, suivant les soirs.

En surface, elles sont régulièrement délogées par la police, aussi vont-elles maintenant jusqu'à occuper les rampes souterraines d'accès aux portes de Paris.

Là, dans un univers à la Enki Bilal, la scène atteindra son paroxysme lorsque sur les murs et sur la voûte du tunnel, les éclairs jaunes des feux de détresse des véhicules d'hypothétiques clients, se mélangeront avec la lumière bleutée des gyrophares de la police venue mettre le holà à l'infernal manège.

 

Finalement, aujourd'hui, une majorité de prostituées ont fini par quitter les boulevards des Maréchaux. Elles ont maintenant investi la proche banlieue. Mais le problème n’est que repoussé. Il est juste moins visible par la police et par les gens "de bonne société". Le proxénétisme s’adapte, mais la prostitution, elle, ne change pas de visage.
Sur les boulevards "extérieurs" comme ailleurs, se révèle toute la sordide étendue de cette misère humaine.

 

 

>>  Voir aussi sur Parisperdu: "La vie sous le périf".

 



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N'a-t-il pas perdu le nord ... ?

31 Mars 2009, 09:51am

Publié par barreteau

Hôtel du Nord, Quai de Jemmapes, Paris 10ème, mai 1996

 


Dans les années 90, le mythique "Hôtel du Nord", celui d'Eugène Dabit, puis de Maurice Carné, faillit être rasé. Sous la pression de parisiens amoureux des bords du canal Saint-Martin, la façade fut classée et un "café-restaurant traditionnel", ouvrit ses portes en 1993.

Pendant une douzaine d'années, le bistrot restera "dans son jus" et les ombres de Monsieur Edmond (Louis Jouvet) et de Raymonde (Arletty) continueront à hanter paisiblement les lieux.

Mais en 2005, "patatras !", de nouveaux propriétaires vont jouer la carte de la "branchitude", dans un lieu où pourtant, il eût été de bon ton qu'elle s'abstienne …
L'intérieur fut rénové, aménagé, et décoré pour plaire aux nouveaux occupants du quartier car, entre temps, le canal Saint-Martin - à la fois "chic et popu" - était devenu l'un des secteurs de prédilection des bobos de Paris.

Au restaurant de l'Hôtel du Nord, la carte s'est adaptée aux goûts, aux produits, aux codes de ces nouveaux clients. Et, l'on est bien loin de l'esprit casse-croûte, plat du jour et serveuse qui "essuie les verres, au fond du café" …

Aujourd'hui, on peut lire sur la carte: "des produits simples préparés avec une touche de fantaisie discrète"(sic). Jugez plutôt: "Millefeuille de thon cru à la japonaise, Artichauts marinés et pétales de tomate séchée; Buisson de gambas en kadaïf, sauce aigre douce et chou rouge" … et pour arroser tout ça, sans trop faire monter l'addition, il faudra vous contenter d'un banal Côtes du Rhône … dont le premier-prix est à 22€ !

Mais il faut dire que l'Hôtel du Nord "new look" possède désormais toutes les "qualités" de son époque : air conditionné, wifi, voiturier, grande terrasse, musique new-age …

"Atmosphère, atmosphère" … ?
Ici l'atmosphère a bien changé et les repères sont en voie d'effacement.

L'Hôtel du Nord, ne l'aurait-il pas définitivement perdu ?


>> Pour ceux qui voudraient toutefois tenter l'aventure

 

 

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La traversée de Paris.

27 Mars 2009, 08:34am

Publié par barreteau

10 rue des Cascades Paris 20ème


Qu'il est doux de traverser Paris comme on le ferait pour un village, en déambulant au hasard dans ses ruelles et ses arrière-cours.
Qu'il est tendre de remonter avec une amie, ou mieux encore une amoureuse, ces rues neutres où le regard n'est point distrait.
Qu'il fait bon parcourir le 20ème arrondissement : la rue des Cascades, dans le jardin de la guinguette de Casque d'or, … la rue des Envierges où se dressent encore quelques estaminets poussiéreux, … l'allée des Soupirs et ses grises maisonnettes, dont le fragile secret s'est perdu …

Tous ces lieux donnent à Belleville et à Ménilmontant une certaine prestance, à la fois simple et grandiose. Ils vous livrent un sentiment de plénitude mémorable, incomparable…

"Tous ceux qui aiment Paris trouvent un jour une étoile" écrivait Jean Follain. Cet expert en déambulation parisienne, parle d'or.


>> Le "Paris" de Jean Follain éveille la mémoire, il en perpétue le désir ...

 

 

 

 

 

 

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