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PARISPERDU
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Paris Changing

30 Janvier 2009, 09:23am

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Publié par barreteau


Rue Galande, 1899 - 1998


Un ami américain vient de m'offrir cet ouvrage en pensant qu'il devrait m'intéresser car il est incontestablement dans ma sphère d'intérêt et d'une proximité certaine avec Parisperdu.

Bel ouvrage en effet et beau reportage parisien de Christopher Rauschenberg, le photographe, mais surtout, excellent travail de la maison d'édition qui a su recréer - pour les photos modernes - les tonalités douces, les nuances, les gris pâles des plaques d'Atget ...


Le choix des sujets, est en revanche plus discutable, car si certains lieux s'imposent d'eux-mêmes ( la Rue Saint-Bon, la Rue de Fourcy, la Cour de Rohan, ...) dans bien d'autres cas, on sent que le photographe s'est laissé allé à une certaine facilité (Versailles, le parc de St Cloud où bien sûr les statues n'ont pas bougé depuis des siècles !..., c'est moins vrai pour le parc de Sceaux, tant il était en friche à l'époque d'Atget).
Le regard du photographe américain s'étonne parfois de choses assez banales pour nous les parisiens (un bénitier à l'Eglise Saint-Sulpice, un candélabre à la galerie Colbert, ...) ou ne s'encombre pas de critères esthétiques comme, par exemple, lorsqu'il découvre un immeuble bâché et qu'il le retient toutefois dans sa sélection des lieux d'Atget (2 rue de l'Abbaye).

Vu l'énorme travail d'Eugène Atget, éternel flâneur du Paris post-haussmannien, les démarches comparatives du Paris d'aujourd'hui avec l'œuvre de ce "photographe archéologue", ont encore de beaux jours devant elles.



>> Christopher Rauschenberg

 

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Les couleurs de Belleville.

26 Janvier 2009, 11:27am

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Publié par barreteau


47 et 49 rue Vilin 75020 Paris - Photo ©Philippe Hiraga - 1971


Il y a quelque temps, nous avions posé la question:
"De quelle couleur est Belleville ?"
Et, lorsque sur ce sujet, j'ai récemment interrogé Willy Ronis - lui qui, dans les années 50 a beaucoup photographié le quartier- le grandissime photographe m'a répondu très directement :" La couleur ? Je ne m'en souviens pas, car à l'époque où je faisais ces images, ma vision était exclusivement en noir et blanc".
Puis, lorsque j'insiste pour savoir si toutefois, il "revoit" la couleur du mur du bistrot qui sert de toile de fond à sa photo "Au repos de la Montagne", Willy me rétorque :
"Ce n'est pas la couleur qui avait fait que je m'étais arrêté-là, mais le type en marcel qui prenait un verre à l'intérieur " !
Finalement, nous n'en saurons pas plus auprès de Willy Ronis ...


Mais aujourd'hui, ce sont les photos prises par Philippe lors de la démolition de la rue Vilin, au cours de l'été 1971, qui nous donnent la réponse.
Belleville était donc dans des camaïeux de rouge, de bordeaux, d'orange, de rose, ... c'est dire si les couleurs étaient gaies, et surtout contrastaient fortement avec un état du bâti ... plutôt triste, tant il était dégradé.

Mais pourquoi ces immeubles à la dérive, suintant de pauvreté, sont-ils restés aussi longtemps dans cet état ? Parce qu'ils ont une histoire bien à eux ...
Beaucoup de ces immeubles sont des bâtiments qui ont servi à abriter des gens venus ici pour construire la ville, pour travailler dans ses ateliers et ses usines... Autrement dit, ce sont les HLM d'une autre époque, des édifices construits à la va-vite, avec des murs constitués de matériaux de piètre qualité et, pour leur donner un peu de "standing", ... on les peignait de couleurs chatoyantes.


Au fil du temps, avec la politique de blocage des loyers de l'après guerre, on assista à l'appauvrissement des propriétaires et le quartier s'est rapidement "ghettoïsé". Tout cela a souvent empêché de faire les indispensables travaux d'entretien et, années après années, ces immeubles sont devenus de véritables ruines ...
Et lorsque ces bâtiments ont trop coûté en entretien, lorsque la rentabilité des loyers a trop diminuée, on les a démolit !
Oui, finalement Belleville en a vu ... de toutes les couleurs.


>> Voir aussi :"Elles tombent l'une après l'autre"
- Photo © Philippe Hiraga

>> "Au repos de la Montagne"
- Photo ©Willy Ronis

>> Voir aussi : "Mélanges de couleurs"  


 

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Le garage de l'Equerre.

22 Janvier 2009, 09:44am

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Publié par barreteau


A Paris, dans le 19ème arrondissement, la destinée du garage de l'Equerre est tout à fait révélatrice de l'évolution du quartier.
Suivons donc son parcours.

En 1930, au 7-9 de la rue de l'Equerre, s'implante un garage. Avec son fier fronton gravé, il se présente alors comme un temple de la "modernité automobile".

Dans les années 1980, les asiatiques sont de plus en plus présents à Belleville et s'impliquent fortement dans l'économie locale aussi, il ne faut pas être étonné de voir le mécanicien vietnamien Nguyen Van
Trieu, fraichement arrivé à Paris, reprendre l'activité du garage de l'Equerre.

Mais dès la fin des années 90, les promoteurs immobiliers sont - partout à Paris - à la recherche de bonnes affaires et, les vieux garages de quartier sont des cibles de choix car ils offrent de grandes surfaces et de beaux volumes.

Un projet immobilier est alors conçu par l'Agence XLGD et Associés, pour l'édification de logements au-dessus du garage, sur quatre niveaux. Le permis de construire ne sera finalement pas accordé.

Puis, au début des années 2000, les bobos arrivent en nombre dans les quartiers Est de la capitale. On le sait, le bobo est friand de culture; il va donc falloir lui en fournir dans un secteur qui en manque cruellement ... La Cosmic Galerie va définitivement remplacer le Garage de l'Equerre ... on conservera, bien sûr, son fier fronton gravé, car cela fait "authentique" et "l'authentique" plait aux bobos.


Ainsi, à Paris comme ailleurs en France, les garages comme bien d'autres bâtiments industriels sont souvent recyclés "culturellement". Cela nous montre bien que nous ne fabriquons et ne produisons plus grand-chose ... et avec tous ces bâtiments vides d'activités, c'est sûr que l'on va avoir le temps de se cultiver ... au chômage.


>> Cosmic Galerie

>> Le projet immobilier de l'Agence XLGD et Associés.

>> "Bobo Attitude" ou "Les Bobos sur Parisperdu". 




 

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Les dormeurs de la place des Vosges.

18 Janvier 2009, 12:35pm

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Publié par barreteau


Place des Vosges, 1972


En cette après-midi d'été, lorsque je pénétrai sur la place des Vosges, mon regard fut immédiatement attiré par une masse sombre, celle d'une auto pas comme les autres...

Il s'agissait d'un London cab, un ancien taxi londonien. Je fis une photo où "l'engin" se coulait dans la célèbre perspective des arcades de la place. Mais je n'étais pas sûr du résultat. Aussi, me rapprochai-je du véhicule, en pensant à Robert Capa, ce photographe de guerre qui disait: "Si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez près".

Et là, quelle ne fut pas ma surprise: à l'intérieur du "cab", se tenaient deux messieurs: l'un, assis, avait gardé son chapeau, l'autre allongé, l'avait posé à côté de lui. Tous deux étaient immobiles, ... morts peut-être. Mais soudain un léger ronflement s'échappa par la vitre baissée, tous deux dormaient ... profondément.

Comme souvent dans ces cas-là, face aux scènes insolites que je photographie, je me mets à imaginer l'histoire de la photo. Que faisaient donc ces deux dormeurs place des Vosges ?

J'ai d'abord pensé qu'ils étaient partis de Londres, qu'ils avaient roulé toute la nuit, et que d'épuisement ils s'étaient endormis à leur arrivée à Paris. Ou peut-être encore, de façon plus improbable, qu'après avoir pénétré, par hasard, place des Vosges, ils n'en avaient plus retrouvé la sortie et après avoir tourné en rond, pendant des heures, le sommeil avait eu raison d'eux ...!


Plus sérieusement, j'ai extrait cette photo de mes archives après avoir vu l'exposition de Robert Frank, "Paris/Les Américains" au  Jeu de Paume, car l'une de ses photos ("Detroit, 1955") me semble faire écho à nos "Dormeurs de la place des Vosges".

Les photos de Robert Frank, un des derniers géants de la photographie du XXème siècle, témoignent d'une prise de parole neuve - pour son époque - qui rapprochait, de façon vraiment révolutionnaire, le photographe du sujet photographié. Dans la rue aussi, "si ta photo n'est pas bonne, c'est que tu n'étais pas assez près".


>> Robert Capa, photographe de guerre

>> Robert Frank, "Paris/Les Américains" au Jeu de Paume

 

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Filles du calvaire.

14 Janvier 2009, 09:42am

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Publié par barreteau


L'image un peu leste et racoleuse de cette publicité, au métro Filles du Calvaire, semblerait-elle vouloir nous donner une indication sur les moeurs de ce quartier du 11ème arrondissement ?
Les "filles du calvaire" ne seraient-elles pas des filles de joie qui, autrefois, écumaient le quartier ?

 

 Le prix Goncourt 1991, un roman de Pierre Combescot, intitulé "Les Filles-du-Calvaire" pourrait confirmer cette hypothèse. L'auteur nous narre - en effet - la vie de Madame Maud, derrière son comptoir du bistrot des Trapézistes, aux Filles-du-Calvaire. Autour d'elle, un petit monde interlope et coloré où se côtoient artistes du Cirque d'Hiver tout proche, souteneurs, prostitués des deux sexes ... Mille et une destinées emplissent ce livre baroque, dans le Paris de la première moitié du siècle dernier.

Coluche, enfonce le clou avec un de ses mots d'esprit, dont il avait le secret : "On parle souvent du boulevard des Filles-du-Calvaire mais on ne  parle pas souvent du calvaire des filles du boulevard".

Pourtant, la réalité est beaucoup moins romantique. Ici, rien à voir avec les filles de joie, et même bien au contraire ...
Ce quartier, hébergeait le couvent de la congrégation des Filles du Calvaire qui lui donnera son nom ...



>> La congrégation des Filles-du-Calvaire a son site web...

>> Au métro "Filles du Calvaire"...

 

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A Paris, la guerre des boules de neige n'aura pas lieu.

10 Janvier 2009, 09:08am

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Publié par barreteau


Le quai du Louvre, face au Pont des Arts et à l'Institut, sous la neige, en janvier 1945
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En cet hiver 2009, la neige tombe à Paris ... et en quantité.
Bonne nouvelle pour nos gamins qui, comme nous le faisions dans notre enfance, vont pouvoir s'en donner à cœur joie dans les parcs et les jardins de la capitale. Alors, bienvenue aux boules et autres bonhommes de neige ?

Que nenni ! La Mairie de Paris a fermé, lundi dernier, tous les parcs et jardins de la capitale!
Mais pourquoi donc ? "Parce qu'on peut glisser et tomber" répond, sans rire, la Mairie de Paris.
Ainsi, après l'opération "Paris plage" de l'été où châteaux de sable et baignades sont impossibles, nous avons en saison d'hiver un épisode "Paris montagne" sans accès aux joies de la neige ...
Je conseille aux services de la Mairie de Paris, d'aller voir du côté de Montréal ou d'Helsinki, comment les enfants québécois ou finnois font pour se divertir l'hiver.

Mais, chez nous, on préfère mettre en avant le fameux principe de précaution, décidemment très dans l'air du temps. Il semblerait, en effet, que le reflexe sécuritaire des fonctionnaires parisiens soit justifié par l'attitude de plus en plus procédurière de particuliers qui n'hésiteraient plus à mettre en cause la responsabilité du Maire au regard de lois de plus en plus contraignantes.

Les dérives judiciaires américaines qui nous montrent que l'on peut faire des procès et demander des dommages-intérêts pour tout et n'importe quoi, commencent à s'implanter sur le vieux continent. Alors, pour éviter les Tribunaux, tout ce qui a une parcelle d'autorité ouvre le parapluie, et de plus en plus grand ...

Nous devrions donc voir prochainement l'accès aux plages de l'Océan interdit en dehors de zones étroites surveillées par des CRS sauveteurs; et idem pour la montagne ! Ne riez pas, ça vient !

Nos enfants, pauvres gamins de Paris, seront donc privés des petits plaisirs qui ont agrémenté notre enfance !
Allez, filez dans vos chambres, rivés devant la télé ou les consoles de jeux!
C'est sans doute beaucoup moins dangereux ...


>> Voir aussi, "Le Monde" du 06/01/2009.

>> Lire aussi sur Parisperdu : "Paris Plage ou St Trop-sur-Seine"

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Square Bolivar ... impassible manège.

6 Janvier 2009, 09:46am

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Publié par barreteau


Le square Bolivar est un peu la place Dauphine des quartiers de l'Est parisien: un même espace clos, des bâtiments tout au tour ... et quelques arbres plantés sur un terre-plein central.

N'hésiter pas à vous aventurer ici, même si, dès votre arrivée, vous allez vous sentir un peu comme un poisson dans la nasse ...
Allez-y par tous les temps, car les attraits du square Bolivar changent constamment au rythme des saisons ...

Ainsi, au printemps, les arbres de cette place triangulaire se parent de ces verts typiques de l'Ile de France, ceux-là même qui font une alliance des plus somptueuse avec les gris-bleu du ciel de Paris. La singularité de la forme du square: une flèche, dont la pointe est plantée en contrebas, dans l'avenue Simon Bolivar, disparaît alors quelque peu sous les frondaisons.

En hiver, et surtout s'il a neigé sur Paris, le square Bolivar, dépouillé, mis alors à nu, montre son véritable tracé et retrouve toute sa quiétude. Les véhicules disparaissent sous un blanc manteau et le lieu devient alors un cocon ouaté ... un impassible manège.
Le général Hiver a remporté son offensive contre le Libertador du square du 19ème arrondissement !


>> Le square Bolivar et la place Dauphine, vus du ciel.

>> Le square Bolivar au printemps.

 

 

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Lisa ... ou Mona ?

27 Décembre 2008, 17:00pm

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Publié par barreteau

Mod's Hair - 102, Boulevard Ney - 75018 Paris

Elle, c'est Lisa. Mais Eric, son petit ami, l'appelle toujours Mona !
Sans doute à cause de l'admiration qu'il porte à Léonard de Vinci ?
Mona-Lisa était donc toute désignée pour devenir le modèle d'un artiste-peintre, d'un sculpteur ...

Mais c'est un photographe qui, un jour, l'enrôla pour une séance photos. Oh, rien de très artistique, il s'agissait de produire un poster, destiné à promouvoir une chaine de coiffeurs franchisés.
Au dernier moment, le modèle masculin qui devait poser aux côtés de Mona, fit faux-bon ... et c'est Eric qui le remplaça ... au pied levé.
Eric fut soigneusement peigné, on le maquilla et il dû enlever sa chemise, "pour faire plus naturel" lui dit-on.

Au photographe qui lui demandait son prénom, il dit : "Moi, c'est Léonardo, je vis avec Mona, enfin je veux dire ... Lisa". Le photographe ne perçu pas l'allusion et, en une demi-heure, la séance fut bouclée.

Aujourd'hui, Mona-Lisa et Léonardo-Eric s'affichent dans les vitrines d'une multitude de magasins et ce, à travers l'Europe entière. Mais c'est à la porte de Clignancourt que nous les avons réellement rencontrés ...

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Emportés par la foule.

23 Décembre 2008, 08:51am

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Publié par barreteau



La foule qui tourbillonne de façon incessante à Montmartre, sur la place du Tertre, m'envoie invariablement en écho la chanson d'Edith Piaf :

"Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j'entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, il se recule,
Et la foule vient me jeter entre ses bras..."

"La foule", a son histoire. C'est à l'occasion d'une tournée en Argentine qu'Edith Piaf est intéressée par une valse péruvienne d'Angel Cabral, intitulée en espagnol :"Amor De Mis Amores". Elle donne la partition à son éditeur Pierre Ribert qui confie l'œuvre au parolier Michel Rivgauche, de son vrai nom Mariano Ruiz.
Celui-ci écrira les paroles françaises de "La Foule", en se laissant guider par la musique, ... et ce sera un énorme succès !




>> "La foule" par  Edith Piaf (vidéo clip)

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Léon, gribouilleur place du Tertre".

 

 

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La Halle Freyssinet ... et ce n'est que justice !

18 Décembre 2008, 09:38am

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Publié par barreteau


Le vieux Palais de justice de l'île de la Cité n'est plus adapté depuis des années aux besoins de la juridiction parisienne. Il est donc envisagé de réorganiser les Cours de cassation, d'appel et d'assises dans le palais historique tandis que le Tribunal de Grande Instance (TGI) serait délocalisé sur un autre site.

L'Etat retiendrait volontiers le site de "La Halle Freyssinet", une vaste halle industrielle des années 1920, dans le quartier de Tolbiac, en bordure des voies d'Austerlitz, non loin de la Très Grande Bibliothèque.

Fin 2007, un concours d'idées international a désigné, Josep Fuses et Joan Viader comme architectes vainqueurs du projet du nouveau TGI parisien. Les deux architectes catalans proposent un projet audacieux dans lequel, la Halle Freyssinet, est entièrement conservée ... et ce n'est que justice ! Elle se voit adjoindre une quatrième nef sur pilotis et ce "mix" de bâtiments conserve incontestablement l'esprit des lieux chers à Léo Mallet, à Nestor Burma et à Jean-Pierre Melleville ...

Mais, l'État et la Ville de Paris s'opposent sur le site définitif du futur TGI, chacun préférant une adresse différente dans le 13ème arrondissement. Le nouveau grand projet d'urbanisme suscite, par ailleurs, la fronde d'associations de riverains, ultra mobilisées et encouragées par les prises de position de la  mairie du 13ème qui ne veut pas du projet dans le  quartier de Tolbiac.

La Ville de Paris a donc proposé le site de Masséna, un peu plus à l'est, sur un terrain coincé entre le périphérique et les boulevards des Maréchaux.
Impossible, répond l'État : ce site nécessiterait de lourds aménagements, incompatibles avec la date de livraison du TGI, programmée pour 2012-2013.

Le démarrage des travaux n'est prévu qu'en 2010 ... affaire à suivre donc ...




>> L'EPPJP - Etablissement public du palais de justice de Paris.

>> Fuses-Viader, Arquitectes Associats


>> La halle Freyssinet : déjà sur "Parisperdu".

 

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Vers l'infini et même au-delà ...

14 Décembre 2008, 09:41am

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Publié par barreteau

Entrée du 18, rue des Partants - Paris 20ème

Nous voilà à nouveau rue des Partants, une rue symbole de Parisperdu, tant elle a vécu, ces dernières années de profonds bouleversements.
Dans la rue, presque toutes les maisons sont murées, leurs habitants ont déserté les lieux.
Seule, au n° 18, une porte reste ouverte, grande ouverte, ... sans doute un locataire récalcitrant qui a refusé de partir !

Au fond de l'entrée, la lumière venue du jardin, irradie l'espace et incite irrésistiblement à pénétrer plus avant. C'est comme un appel vers l'inconnu, vers un souffle de vie dans ce quartier moribond.

Dans la lumière dense de cette fin d'après-midi de juillet, ce couloir désolé apparaissait alors comme un chemin abstrait, comme le départ vers l'infini et même au-delà, comme un passage aboutissant à d'improbables paradis ...


>>
Escalier intérieur du 18, rue des Partants: "Vers l'infini et même au-delà ... "


 

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La fillette aux gants de boxe.

10 Décembre 2008, 10:21am

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Publié par barreteau


79, rue des Haies Paris 20ème

On est parfois conduit, par le plus pur des hasards, dans une rue calme et silencieuse, une rue sans charme spécial, une rue qui demeure comme abstraite...
Mais soudain, d'un coup d'œil, d'un détail aperçu, cette rue peut révéler une réelle poésie.

Rue des Haie, dans le "20ème profond", le hasard fit que, par un jour de soleil, je levais les yeux sur cette façade au revêtement ocre jaune.
Et là, quelle ne fut pas ma surprise ? Ce fut une apparition... A l'une des fenêtres, une fillette à demi-cachée par le garde-corps, dressait, vers le ciel, ses frêles bras ... gantés de lourds gants de boxe !

La fillette ne resta là qu'un instant, dans une position qui pouvait, tout à la fois, exprimer la violence ou la victoire.
Soudain elle disparue et, sans elle, la façade de l'immeuble me paru bien fade ...
De nouveau, le silence rempli toute la rue ...


>> Voir aussi sur Parisperdu :"Enfances parisiennes".

 

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" Oui Willy, elle est encore là ... "

6 Décembre 2008, 10:13am

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Lorsque j'ai montré à Willy Ronis une photo du 32 rue de la Mare, dans le 20ème arrondissement, il me fit la réponse suivante :
"J'ai bien reconnu l'escalier du 32 rue de la Mare. Peut-être s'y trouve-t-il encore (au 2ème palier) une mini-usine de chaussures ..."

Une recherche dans mes photos me fait trouver la mini-usine en question. On peut en effet lire sur la droite de l'image : "Chaussures JL".


Et bien, oui Willy, la mini-usine est encore là ! ... Et en 2008, les "Chaussures JL" ont toujours leur siège social au 32 rue de la Mare. Mais la "mini-usine" a diablement fondu ... Car si, dans les années où Willy Ronis parcourait Belleville et Ménilmontant, les "Chaussures JL" ont employé jusqu'à une quinzaine de personnes, aujourd'hui l'effectif n'est plus que de trois personnes ... la mondialisation et l'invasion du marché par les productions "Made in China" sont passés par là ...

Lorsque je communique la nouvelle à Willy Ronis, sa réponse sera sans détour: "c'est un petit miracle que tout cela n'ait pas disparu ... mais comment font-ils pour en vivre encore ?"

Il faut dire que tout ce qui gravite autour de Willy, y compris lui-même ..., a une bien belle longévité ! ...



>> L'escalier du 32 de la rue de la Mare, dans Parisperdu.

>> L'escalier du 32 rue de la Mare, vu par Willy Ronis - Photo©Willy Ronis

>> La sarl "Chaussures JL"

 
  

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Jean Nouvel conservera l'ancien.

2 Décembre 2008, 09:15am

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Publié par barreteau


A l'âge de 62 ans, Jean Nouvel, l'architecte star déjà bardé de nombreuses distinctions a reçu, cette année, le Pritzker Price, considéré comme le prix Nobel de l'architecture. Depuis quelque temps, il réfléchi sur le Grand Paris, et lorsqu'on l'écoute, on se rend compte qu'il est l'un des rares architectes qui réfute la politique de la table rase.
C'est sûr, si demain, il se voit confier ce grand projet consistant à repenser la capitale, Jean Nouvel conservera l'ancien, beaucoup du bâti ancien ...

Il nous livre ce qu'il convient de faire aujourd'hui pour ce Grand-Paris et nous explique qu'il faut travailler « à partir du chaos urbain... à partir des incohérences. C'est dans ce sens qu'il faut acter aujourd'hui ce qu'est Paris, dans tous ses hasards... il y a des petites choses de différentes époques, des petits nids avec des petits œufs en meulière qui portent les charges émotionnelles des personnes qui ont vécu là, des éléments modernistes qui peuvent encore fonctionner malgré leur idéologie. Se dire « on n'aurait pas fait comme cela », mais ce n'est pas mal aujourd'hui à regarder. Cette analyse a posteriori, c'est le point de départ : le futur de la ville se fait à partir d'hier, ne créons pas de table rase. Il faut parfois démolir, mais de façon très précise, pour rééquilibrer un territoire, car il y a des injustices flagrantes. »

Parisperdu qui dénonce souvent ici, les démolitions aveugles de pans entiers de la capitale, approuve pleinement l'approche de Jean Nouvel ... et rien que pour cela nous lui aurions décerné le Pritzker ..., d'ailleurs Thomas Pritzker, président de la fondation Hyatt, n'a-t-il pas salué en Nouvel "sa quête inlassable d'idées neuves et son acharnement à repousser les limites de la discipline".
Enfin un génial bâtisseur pour Paris, alors que beaucoup d'autres architectes ne sont bien souvent que de dangereux démolisseurs ...

 

>> Le site des Ateliers Jean Nouvel.  

>> Le site du Prix Pritzker.

>> Voir aussi: Jean Nouvel, Interview vidéo.

>> Sur Parisperdu: "Mieux avant ou ... mieux après" ?  

>> Sur Parisperdu: "Démolition des murs ... démolition des vies"  

>> Le "Grand Paris" ou comment changer ... d'aire ?

 

 

 

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Belleville : de la déliquescence à la délinquance.

28 Novembre 2008, 09:24am

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Publié par barreteau

Photo © Philippe Hiraga

Nous sommes en 1971, et désormais, Belleville est désertée par ses habitants, les boutiques ferment les unes après les autres et partout, on mure portes et fenêtres. Belleville tombe peu à peu en déliquescence ...


Au début du siècle précédent, Belleville était une sorte de campagne avec des pavillons aux jardins peuplés de poulets ou de canards et, aujourd'hui encore, il subsiste quelques traces de ce passé.
Pendant plus de 30 ans, les habitations sont restées vétustes, sans chauffage ni électricité, vouées à être détruites, ... mais il existait une forme de solidarité entre les habitants car la misère et les épreuves, supportées en commun, soudaient les habitants entre eux ....

Maintenant que les démolitions débutent, les habitants regrettent, non pas leurs habitations vétustes mais, l'ambiance si particulière de ce quartier.

Désormais, certains quittent Belleville, d'autres sont relogés dans de nouvelles habitations. Mais, pour tous, il n'est pas simple de briser les liens tissés par le temps et d'accepter que l'histoire de ce quartier s'arrête là.

Depuis le milieu des années 90, le quartier a changé, beaucoup changé et, si l'habitat a beaucoup gagné en salubrité, on ne peu en dire autant sur la solidarité et la sécurité des Bellevillois.

On va encore me dire que j'idéalise trop le passé, mais il est patent que le climat n'est plus le même à Belleville où un large périmètre a été classé en ZUS (Zone Urbaine Sensible), c'est dire si les pouvoir publics reconnaissent les difficultés que vivent, au quotidien, les habitants de ce territoire. Dans La cité "Piat-Faucheur-Envierges", des ados tiennent les murs, bloqués "dans le rien". Le soir, dans le parc de Belleville, il n'est pas toujours très sûr de se promener seul(e) dans les allées périphériques ou de s'approcher des porches des villas où l'on traficote et où parfois, des bagarres éclatent ...
Il n'y a, bien souvent, qu'un pas de la déliquescence à la délinquance  ...


>> Belleville : "C'est déjà ça ..."

>> Voir aussi dans Parisperdu: "Démolition des murs ... démolition des vies ..."

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Jours tranquilles à Belleville"

 

 

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