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PARISPERDU
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Maurice, l'artisan-bottier de Belleville a 100 ans !

22 Juin 2008, 17:09pm

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Publié par barreteau


Photo ©Gianni Giuliani

Installé depuis 1937 dans son atelier du 83 de la rue de Belleville, Maurice Arnoult, est maintenant centenaire ! Malgré son grand âge, il continue à transmettre son savoir-faire d'artisan-bottier et des élèves viennent, encore aujourd'hui, d'horizons divers, à la rencontre de cet homme, oh combien attachant ...! Passionné par son métier et doué pour la transmission, Maurice est- en effet- un professeur hors du commun. Celles et ceux qui ont eu le plaisir d'avoir suivi son enseignement ne sont pas près de l'oublier.

Aujourd'hui encore, il répond avec beaucoup de gentillesse à toutes les sollicitations de témoignages sur une époque révolue où son quartier était le centre parisien de la fabrication de la chaussure et du soulier.

Mémoire de Belleville, un quartier en mutation constante, il se souvient des vagues successives d'immigration qui ont chacune apportée leur touche à ce quartier : les grecs et les arméniens, les juifs d'Europe de l'Est, les pieds noirs, les maghrébins, les asiatiques et récemment, les ex-Yougoslaves. Il se rappelle d'un immigré grec qui, un jour, lui a dit :"on n'est plus chez nous, je n'ai pas entendu parler le français depuis le début de la rue de Belleville". Et Maurice d'ajouter: "ça, c'est de l'intégration"!
Dans l'immeuble où est situé son atelier, il est - comme il le dit lui-même - le seul "français de vielle souche"... et toujours prêt à rendre service à tous, quelques soient leurs origines géographiques, sociales, ou religieuses.
Je peux en témoigner, car lorsque j'avais rencontré Maurice dans son atelier, dans les années 90, notre conversation était sans cesse interrompue par des voisins, des relations, des gamins qui venaient le voir pour lui demander un service, un conseil ... voire ... un peu de monnaie "juste pour se dépanner".

En 1994, Maurice Arnoult a reçu le diplôme et la médaille de "Justes parmi les nations". Cet hommage est rendu aux personnes qui ont sauvé des juifs persécutés pendant la période de la shoah.

Bon anniversaire Maurice, on vous souhaite encore une longue vie, ... vous en faites un si bel usage.


>> A lire : "Moi, Maurice, bottier à Belleville" de Michel Bloit aux Editions L'Harmattan.

>> Dans l'atelier de Maurice Arnoult.

 

 

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De quelle couleur est Belleville ?

19 Juin 2008, 08:54am

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Publié par barreteau



Nous sommes sur l'escalier de la rue Vilin, un lieu rendu célèbre par les photos que nous en a livrées Willy Ronis, dans son ouvrage culte : "Belleville-Ménilmontant".

Les clichés de Ronis, pris à la fin des années 50 sont bien évidemment en Noir et Blanc. Aussi, pour le Café-Bois-Charbon: "Au repos de la montagne", situé au 53/55 de la rue Vilin, Ronis ne nous dit rien de la couleur de la façade de ce bistrot-bougnat.

Pour le document de présentation de sa causerie, intitulée : "Belleville, récit des Hauts-Quartiers populaires", le conteur Daniel Leroux a choisi l'illustration ci-dessus ... et là, surprise la façade du Café-Bois-Charbon, affiche une couleur orangée ... presque le même orangé que celui du code-couleur utilisé pour ce blog !

Mais est-ce la vraie couleur ? Cette façade orangée, a-t-elle eue une réelle existance ?
Aussi Parisperdu, lance ici, un "appel à témoins"!
Si vous avez connu la rue Vilin à l'époque où Willy Ronis la photographiait, peut-être pourrez-vous confirmer ou infirmer cette hypothétique couleur orange ?


Merci pour vos témoignages, ... à poster ci-dessous en "Commentaires" ou directement en cliquant ici.


>> Les contes de Daniel Leroux.

>> Willy Ronis : "Au Repos de la Montagne" 1957- ©Photo Willy  Ronis

>> Willy Ronis : "L'escalier de la rue Vilin à l'angle de la rue Piat" 1959 -
©Photo Willy  Ronis 

>> Voir aussi: "Mélange de couleurs", sur Parisperdu

>> Voir aussi, sur Parisperdu :"Les hauts quartiers de l'Est parisien font de la résistance ".



 

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Paris ... à dimension humaine.

15 Juin 2008, 09:14am

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Publié par barreteau


Passage des Deux portes - Paris 20ème.

Paris peut paraître écrasant ... mais il existe tout un pan de la capitale plus léger, moins solennel ...
Il s'agit de toute la partie Est, un territoire qui courre de la place de la Bastille jusqu'à la Villette. Ici, d'anciens quartiers populaires sont devenus des quartiers jeunes, conviviaux ... où maintenant, gens branchés et néo-bourgeois résident ...


Il faut s'essayer à se perdre dans ses rues, dans ses ruelles ... et ne pas craindre de tenter cette expérience toujours enrichissante : prendre le métro, en sortir au hasard et retrouver son chemin parmi les zones piétonnes, les petits cafés, les jardins collectifs où poussent tomates et patates... ici, effet, on est bien loin des quartiers de prestige, on est souvent loin de tout ...

Vous allez alors parcourir un Paris à dimension humaine, et vous serez un peu comme dans une ville tranquille de province. Vous pourrez aussi découvrir le plus grand espace vert de Paris, un "site touristique" original : le cimetière du Père Lachaise .... Puis, près du canal St Martin ou près du bassin de la Villette, vous pourrez vous asseoir, un verre à la main, et même y pique-niquer aux beaux jours ...

C'est là un Paris très vivant, beaucoup plus accessible que celui des "beaux quartiers" des bords de Seine; plus romantique aussi, et trop souvent ignoré des touristes ... et là, tout le monde peut trouver sa place.


>>  La dimension humaine : Humanité, conscience, et complexité de la société. Deux journées avec Edgar Morin.

 

 

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Avant-Seine.

11 Juin 2008, 09:19am

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Publié par barreteau


Deux jeunes femmes assises, ... sur l'avant-scène du fleuve qui traverse Paris. L'on pourrait aussi presqu'écrire ... sur l'avant-Seine.

Nous sommes loin, ici, des jours d'été et de la fureur de l'opération "Paris Plage"...

Et de l'attitude de contemplation de ces deux personnes, il se dégage plutôt ... une impression d'automne.

Oui, en cette fin d'après-midi, nous découvrons un bord de Seine semblable à ceux qu'aimait peindre Sisley: des lieux calmes, paisibles ... lumineux et tout en nuances.

Bien sûr notre palette est moins colorée que celle du peintre impressionniste.
Et si le ciel est, ici, totalement absent, les nuances elles, sont bien présentes : quelques 256 gris ... tous différents !


 
>> Alfred Sisley: Bord de Seine, 1872.


 

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Paris a-t-il perdu son âme ?

7 Juin 2008, 09:33am

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Publié par barreteau



Paris est la plus belle ville du monde... J'ai fait le tour du monde et je n'ai vu aucune ville plus belle.
C'est la ville lumière, une ville envoûtante, fascinante, magique, imprégnée d'histoire, riche de monuments prodigieux et d'immeubles magnifiques ... Paris est la première destination touristique mondiale et l'on y afflue, chaque jour un peu plus, du monde entier pour l'admirer.

Tout cela sera-t-il encore vrai demain ?
Paris n'est-il pas en train de changer et sa situation n'est-elle pas en cours de se détériorer ?
L'uniformisation de la mondialisation passera-t-elle par Paris ? Paris va-t-il devenir une ville musée dont les parisiens seront peu à peu dépossédés au profit des touristes ?

Bien sûr, le changement est un phénomène incontournable, mais doit-on pour autant subir une transformation anarchique, dégradant la vie quotidienne de ses habitants ?
Les parisiens qui aiment Paris ne sont pas en admiration devant ce qu'on fait de leur ville et ils ont peur qu'elle ne devienne une métropole aussi laide que bien d'autres.

Pour beaucoup, Paris était la capitale mondiale du 19ème siècle. Aujourd'hui, personne ne songerait à dire qu'elle est la capitale du 21ème siècle. Bien au contraire, vu de l'étranger, Paris est une capitale en panne et la vie a déménagé à Londres, à Berlin, à New-York, à Los Angeles ...

Et pourtant, à la belle époque, l'on se précipitait de Vienne, de St Petersburg, de Rio, du monde entier, ... pour profiter de la vie parisienne.
Aujourd'hui, c'est si peu vrai que certains touristes viennent visiter Euro Disneyland sans avoir la curiosité de faire les quelques 40 kilomètres qui les séparent de Paris !

Où est passé l'âme de Paris, où est sa folle attraction ?





 

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Une petite ville pinardière.

3 Juin 2008, 09:02am

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Publié par barreteau



Léo Malet, dans "Casse-pipe à la Nation" trace un portrait haut en couleur de la petite ville de Bercy:
"Je m'engage - écrit-il - dans le dédale de la petite ville pinardière, défendue par des grilles contre les assauts possibles des assoiffés."
Eh oui, car à l'époque, les Entrepôts de Bercy ne sont pas un lieu public. Pour y accéder, il faut être viticulteur ou négociant. Et ce sont ces derniers qui, derrière des grilles, dans le secret des chais, pratiquent les assemblages de vins de différentes provenances.

Jusque dans les années 60, les consommateurs se satisfont de ces produits à la qualité souvent douteuse.
Puis le monde vinicole va faire sa révolution. Le bordelais invente la "mise en bouteilles au château", garantie de qualité, elle se généralise rapidement. Le produit qui arrive chez le consommateur est le même que celui qui est parti du vignoble. Les consommateurs deviennent aussi plus exigeants quant à la qualité : plus question de "gonfler" du Bourgogne avec des "Côtes du Rhône", voire avec du vin d'Algérie.

Aussi, dès 1964, dans le cadre du rééquilibrage de l'Est parisien, la Ville de Paris décide de ne plus renouveler les contrats de location aux négociants de Bercy. Ces derniers quittent progressivement ce lieu mythique pour aller s'installer en banlieue.
Peu à peu, les Entrepôts ferment, laissant à l'Est de Paris un vaste domaine aménageable. Il s'agit alors d'y créer un nouveau quartier mêlant logements, bureaux et commerces, dans un parc de 13 hectares.

En 1979, l'ouverture du Palais Omnisports de Paris Bercy marque le début du renouveau du quartier. Suivra bientôt l'implantation du ministère de l'Economie et des Finances.
Et la greffe a réussi : dans l'imaginaire, Bercy est maintenant plus synonyme d'impôts que... d'un pot !

Aujourd'hui, plus de 15.000 personnes travaillent ici. L'aménagement du Parc, l'ouverture prochaine de la Maison du Cinéma assurent la vie d'un quartier qui a toujours eu un fort caractère.
Non, décidément, même sans les pinardiers, Bercy n'est pas mort !


>> Léo Malet, Tardi et Nestor Burma hantent toujours les lieux.

>> Voir aussi sur Parisperdu :" Dans les chais de Bercy"

>>  Voir aussi sur Parisperdu : " Cour St Emilion"

>> Les entrepôts de Bercy, en images, au siècle dernier.  


 

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Paris dans l'oeil des maîtres. (3/3)

30 Mai 2008, 10:46am

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Publié par barreteau


Rue Visconti, Photo: ©Marcel Bovis, 1938
 

La production des maîtres-photographes qui ont photographié Paris a largement alimenté la très riche iconographie de la capitale et a diffusé le sentiment d'une vision esthétiquement idéale de Paris.
Ils ont su utiliser différentes variations et scénarios de cette photogénie urbaine: la ville et ses métamorphoses atmosphériques (neige, brume, pluie), la ville nocturne, les reflets ou miroirs de la ville.
Ainsi, la pluie  - par exemple - va agir sur le motif photographié en ajoutant des effets de miroitements et de brillance. Avec la neige, le temps se trouve ralenti, voire figé, la démarche des passants devient plus lourde, plus incertaine et les valeurs de noir et de blanc vont s'inverser.

La vision nocturne, là aussi, par son inversion des valeurs formelles et morales, est le parfait contrepoint du quotidien photographié au grand jour.
Apparaît alors, sous l'œil de Marcel Bovis, une ville silencieuse faite de recoins cachés, de portes cochères discrètement entrouvertes ou, bien au contraire, une ville grouillante, celle des néons, des sorties, des bars et des night-clubs. Les images parfois prises entre 2 h et 4 h du matin, proposent une déambulation dans une ville endormie et désertée de ses habitants.
Mais "La nuit n'est pas le négatif du jour" écrira Paul Morand dans sa préface du célèbre "Paris la nuit" de Brassaï.

Paris peut aussi être une ville irréelle et immatérielle qui se reflète dans les vitrines des magasins, dans les miroirs ou les flaques d'eau - flaques utilisées pour renvoyer une image fugace et parcellaire de la ville et de ses signes identitaires (des édicules de métro, par exemple).

Enfin, notion subjective et mouvante, qui varie selon les angles d'approche et les époques, la limite du territoire parisien se découvre avec les terrains vagues de la porte de Clignancourt, les zones quasi-industrielles de La Villette...
Aux frontières de la ville, apparaissent alors peu à peu les preuves perceptibles d'un changement d'urbanisme qui se manifeste par d'autres signes, d'autres scénarios que ceux qui, propres à Paris, contribuent à la poétique si particulière de la ville-capitale.

Tout cela est encore très vrai dans le Paris d'aujourd'hui ...



>> En savoir plus sur Marcel Bovis.


>> "Paris la nuit" de Brassaï, 1932 - Préface de Paul Morand: "La nuit n'est pas le négatif du jour".

>> Voir aussi : "Paris dans l'oeil des maîtres" (2/3)

 

 

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Notre-Dame des Champs ... Élysées

24 Mai 2008, 20:05pm

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Publié par barreteau


La rame de métro redémarre de la station Rennes.
Un couple de touristes s'approche de moi, et l'homme me demande, avec un fort accent :

- "The next, ... prochaine ... est bien NotteDam ?".

- "Oui - répondis-je - Notre-Dame des Champs".

- "Ah, OK - me dit-il - car nous ... visiter Nottedam ..."

Je comprends alors que ... nous ne nous sommes pas compris ...

Et je commence à lui expliquer qu'en descendant à la prochaine, il sera ... assez loin de la cathédrale de Paris et qu'il faudrait mieux, qu'ils ... Mais, à ce moment, le métro arrive déjà à la station, et notre homme scrutant les  pancartes, voit  instantanément, écrit en grandes lettres jaune sur fond marron:

NOTRE-DAME DES CHAMPS

Alors son visage s'éclaire, et il me dit, tout sourire :

- "Oh yeh ... Des Champes , OK, pas Nottedam,  OK ... alors nous ... visiter Les champe-zélisés ..."

Et ils descendent "tout de go" vers leur improbable destination.

Longtemps j'ai pensé à ce couple sortant de la bouche de métro "Notre-Dame des Champs" et ne trouvant dans ce quartier de Montparnasse, ni Notre-Dame, ni les Champs-Élysées...

Mais où est donc  Notre-Dame des Champs ... Élysées ?

"Lost in translation" sans doute, à moins que ce ne soit :
"Perdu dans Paris".

PS. : Si la photo, ci-dessus, est un grossier montage, l'histoire n'en est pas moins véridique !



>> Notre-Dame des Champs, Paris 6ème.
 

>> Effeuillage de la station Notre-Dame des Champs.

 

 


 

 

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Paris dans l'oeil des maîtres. (2/3)

21 Mai 2008, 08:31am

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Publié par barreteau


Toits de Paris,  Photo: © André Kertész - 1917
 

La plupart des maîtres-photographes qui ont arpenté Paris, proposent une vision globale de la capitale et dressent une typologie de signes strictement parisiens : ses monuments, ses toits, ses immeubles, ses places, ses rues, ses enseignes et affiches, ses "matières" (pavés, grilles métalliques ...), ses habitants, ses passants dans leurs rapports à l'espace public et dans leurs déplacements.

Précieuse documentation sur l'architecture, sur les sites et les rythmes de la ville, le travail de ces maîtres-photographes s'inscrit dans une rhétorique et une expérience de la ville propre à chacun d'eux.

Généralement les points de vue des toits de Paris offrent une vision panoramique et dominante de la ville, mais, sous le regard d'André Kertész, ils deviennent l'occasion d'agencements de pans inclinés formant de rigoureuses constructions abstraites.


Marcel Bovis et René-Jacques, inlassables arpenteurs des quartiers parisiens, dressent - dans une tradition qui remonte à Charles Marville et à Eugène Atget - un inventaire d'éléments urbains d'après-guerre constitué de kiosques, d'enseignes, de bancs, de véhicules...
Au-delà de l'enregistrement photographique, au-delà de l'accumulation de vues d'architecture ou de mobiliers urbains à des fins d'illustration ou d'archivage, ces deux photographes ont une même conception de la mise en scène du signe.
En s'attardant sur l'ombre de la colonne de la Bastille, Marcel Bovis construit un rapport d'échelle opposant la gigantesque empreinte projetée de l'édifice à une minuscule automobile. En photographiant la Place de l'Europe, durant  un hiver neigeux, René-Jacques parvient à dissimuler, derrière un panache de fumé, le réseau des voies ferrées de la gare de l'Est.

A suivre ...


>> En savoir plus sur André Kertész.

>> Colonne de Juillet, Place de la Bastille -  Photo : ©Marcel Bovis, 1947

>> Place de l'Europe, Paris, hiver 1945/46 - Photo : ©René-Jacques

>> Voir aussi : Paris dans l'oeil des maîtres. (1/3)

 

 

 

 

 

 

 

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Un autre monde.

17 Mai 2008, 09:22am

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Publié par barreteau

Il est huit heures du matin et Martha rentre chez elle après une nuit de labeur. Martha est agent d'entretien au BHV, autrefois on aurait dit qu'elle était femme de ménage …

Son "chez elle" est situé dans le petit immeuble gris que l'on aperçoit sur la gauche de la photo. Elle y occupe un appartement confortable qu'elle a hérité de sa mère. Il est situé en un lieu reculé du 20ème arrondissement, Impasse Villiers de l'Ile Adam.

Ce lieu qui pourrait être paisible est en fait un véritable enfer ... car, au fond de l'impasse, ... c'est un autre monde !
Le  bloc d'habitations qui ferme l'impasse, c'est le 140 rue de Ménilmontant, une "zone sensible", un "îlot difficile", une cité où la délinquance est endémique. Les trafiquants y agissent en bandes et suscitent - dans tout le quartier - un réel climat de peur, aussi dès que Martha sera rentrée chez elle, elle va immédiatement se barricader à double tour.

Après avoir pris du repos pour effacer la fatigue de sa nuit de travail, elle ne ressortira qu'en milieu d'après-midi pour faire quelques courses, en évitant systématiquement le 140 rue de Ménilmontant; et l'hiver, en prenant garde de ne pas rentrer trop tard. Elle fera ses courses plus bas, dans la rue de Ménilmontant, après avoir fait un long détour par la rue de la Chine. Et c'est aussi, par cet itinéraire - plus sûr - qu'elle repartira, un peu avant minuit, pour le BHV.

Ne cherchez plus aujourd'hui l'impasse Villiers de l'Ile Adam, elle n'existe plus ... Elle a disparu dans la restructuration du 140 rue de Ménilmontant.
Transformée et  prolongée, l'impasse a permis de désenclaver la vielle cité. La voie nouvelle, ainsi créée, a pris l'appellation de "rue Hélène Jakubowicz". C'était le nom d'une jeune résistante dont l'appartement familial était situé ici, durant l'occupation. Hélène Jakubowicz fut déportée, à l'âge de dix-sept ans, dans le camp d'extermination nazi d'Auschwitz, où elle y a disparu ...

La transformation du quartier, n'est pas pour déplaire à Martha qui vit maintenant ses jours de retraitée dans cet endroit devenu plus paisible.... Dans un autre monde.

Elle habite en effet maintenant dans une rue dont le nom est certes, pour beaucoup, difficile à orthographier, mais pas pour elle ... car Martha est également une fille d'émigrants juifs polonais venus s'installer à Paris dans les années 30 ...




>> Tout près d'ci: "Le 140 rue de Ménilmontant".

 

 

 

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Paris dans l'oeil des maîtres. (1/3)

13 Mai 2008, 09:57am

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Publié par barreteau


Le banc, Boulevard Pasteur,  Photo: ©René-Jacques - 1927
 

Marcel Bovis, André Kertész, René-Jacques, ... tous ont vécu à Paris, tous l'ont arpentée, scrutée, façonnée comme un inépuisable matériel d'inventions visuelles.

Ainsi, de leurs déambulations, de jour comme de nuit, dans la perspective de la "trouvaille", du motif photogénique, est née, volontairement ou indirectement, une réelle "poétique de la ville".

L'attitude de ces maîtres-photographes face aux espaces urbains - que sont l'immeuble, le monument, la rue, le quartier, etc... - dessine une cartographie fragmentaire et subjective d'un Paris du XXe siècle.

L'événement et la narration restent en suspens, car pour eux -  contrairement à un Robert Doisneau ou un Willy Ronis - l'homme n'est pas le sujet principal, il n'est qu'un alibi mis en image pour structurer un environnement beaucoup plus vaste : des ombres traversant une chaussée humide ; un couple vu de dos à la vitrine d'un snack ; une figure féminine prise devant le panorama de Montmartre ...

Oui, leur objectif commun est bien la structuration de l'espace, de laquelle se dégagera une création poétique. 

A suivre ...


>> En savoir plus sur René-Jacques

 

 

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Maman les p'tits bateaux ...

9 Mai 2008, 09:22am

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Publié par barreteau

 

 

Ici, dans le jardin des Tuileries, tout près de l'arc de triomphe du Carrousel, nos "chères têtes blondes" pourront faire une petite pause, juste le temps de donner à manger à quelque canard affamé ...

Mais nos enfants pourront aussi s'asseoir sur le rebord du grand bassin pour renouer avec les jeux de leurs ancêtres, en guidant un petit bateau ... loué sur place.

Alors, dans le grand bassin rond des Tuileries, les incontournables petits bateaux à voiles vogueront parmi les canards et les carpes et ...
comme toujours, ils finiront par aller se coincer sous le jet d'eau ...

Et pour qu'ils reviennent, Maman, "ont-ils des jambes ..." ? 

 

Billet dédié à Elisa, dite "Miss Zouzou".

 

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J'ai retrouvé le Paris perdu

5 Mai 2008, 10:46am

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Publié par barreteau

 


Ici, rue Laurence Savart, la vie s'écoule en pente douce ... Et cette rue est
propice aux rencontres, aussi belles qu'inattendues.
Willy Ronis en avait fait l'expérience dans les années 50, lorsqu'un jour, au petit matin, en descendant la rue, il croise un vitrier avec son lot de carreaux de verre sur le dos.

Aujourd'hui, le côté résidentiel a remplacé ce qui fut populaire, qui lui même avait pris le pas sur le rural : toute une chaîne successive de prédation sociale, un écosystème historique en quelque sorte !
D'ailleurs, n'est-ce sans doute pas un hasard si les écologistes font ici - à chaque élection - leur meilleur score parisien !

Mais au final, dans la rue Laurence Savart, peu de choses ont changé ... et l'on se retrouve confronté - aujourd'hui - aux mêmes façades, aux mêmes portes de garage, aux mêmes maisonnettes ... que celles aperçues sur la célèbre photo de Ronis.

Aujourd'hui, j'ai retrouvé un peu du Paris perdu ...



>> "La rue Laurence Savart", Photo: ©Willy Ronis

>> Association Willy Ronis  "Pour le cadre de vie de la rue Laurence Savart ". 

>> Voir aussi : "Les hauts quartiers de l'Est parisien font de la résistance". 

>> Voir aussi : "Rue Laurence Savart : Lieux retrouvés 004" de Parisperdu.

 

 

 

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Aux marges de la ville

1 Mai 2008, 10:40am

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Publié par barreteau


La Place de l'Argonne dans le 19ème arrondissement est un lieu quelque peu étrange, un lieu aux marges de la ville, à proximité des voies ferrées de la Petite-Ceinture et de la confluence du canal Saint-Denis et du canal de l'Ourcq.

Peut-être cette place insolite doit-elle son nom à sa position géographique dans Paris qui est un peu similaire à celle que tient la région de l'Argonne en France ? En effet, l'Argonne n'est-elle pas une région naturelle de l'Est de la France, s'étendant de la Marne aux Ardennes, donc là aussi, aux marges d'un territoire ?

Mais sommes-nous ici, toujours dans Paris ?
Oui, car "être à la marge" ne conduit pas nécessairement à l'exclusion. Et, par rapport à la norme du centre-ville, un quartier à la marge, en lisière, s'invente d'autres formes de complicité, de partages, d'autres pratiques culturelles inédites et cosmopolites, voire de nouvelles formes architecturales ...

Et c'est bien ce que l'on constate ici, place de l'Argonne, un lieu "loin de tout" mais qui a su créer une vraie vie de quartier grâce à un amalgame réussi de commerces, d'immeubles de bureaux, de logements ...

Avec son austère pont de chemin de fer, la "face Est" de la place, désormais redessinée, plantée d'arbres et rendue aux piétons, est devenue une place plus aérée, plus lumineuse ...

Le soleil ne se lève-t-il pas toujours à l'Est ... ?


 
>> La place de l'Argonne, aujourd'hui. (Image de synthèse: "Mairie de Paris")

  
 

 

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Je reviens d'un lieu qui n'existe plus.

27 Avril 2008, 10:02am

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Publié par barreteau


Face à la place Martin Nadaud, entre la rue de la Bidassoa et la rue Sorbier, sur un petit promontoire,
se dressait-là un quartier singulier. Dans ce petit périmètre, la vie s'organisait autour de trois anciennes rues pavées.

C'est là, en cette fin d'après-midi ensoleillée, que Virginie  - qui ne quitte jamais sa robe de chambre - part, dans la rue de la Cloche, à la recherche de ses chats. Elle trouvera son chat jaune, courant après les pigeons, rue de la Voulzie, et son chat noir et blanc dans la pente de la rue Westermann.

Aujourd'hui Virginie n'est plus là, ses chats non plus. Mais, plus surprenant encore ... plus aucune trace des rues de la Cloche, de la Voulzie, et de la rue Westermann. Le quartier n'existe plus !

A sa place, on rencontre en haut d'un talus herbeux, un jardin tout récent: le square du Docteur Joseph Grancher, inauguré il y a tout juste un an.

Ici, de ces habitants d'autrefois, il ne reste rien pour évoquer un lieu de vie où des gens se sont construits, aimés, ont échangé ... Leur souvenir est maintenant effacé de nos mémoires. Or, c'est pourtant à eux que le square voudrait rendre hommage.

Mais ici, tout sonne faux : des lampadaires à l'ancienne ... aux bancs double en bois ... qui voudraient recréer un certain esprit "Vieux Paris" ... Le paysagiste qui a conçu le square est même allé jusqu'à installer "des haies d'osier croisé évoquant symboliquement les murs des maisons d'autrefois" ! (... sic "La Mairie de Paris").

Tout cela "sent à plein nez" le décor, le carton-pâte ... Virginie n'oserait certainement plus y lâcher ses chats, ni sortir ici en robe de chambre ...

Aujourd'hui, je reviens d'un lieu qui n'existe plus ...


>> Le nouveau secteur Cloche-Bidassoa / Square du Dr. Joseph Grancher.

 

 

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