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PARISPERDU

Un monde loin du monde.

31 Octobre 2008, 08:38am

Publié par barreteau

Rue du Volga, Paris 20ème

La rue du Volga est une petite voie calme du 20e arrondissement, coincée entre la rue d'Avron et le boulevard Davout. Dans cette partie, près du pont du chemin de fer de la Petite Ceinture, la rue est encore plus paisible, et avec ses immeubles d'un âge indéfini, aucun commerce, peu de circulation ... c'est un monde loin du monde ...

Tout près, le square de la Gare de Charonne, un havre de quiétude, ajoute encore à la sensation d'avoir atteint, ici, un des lieux les plus reculés de Paris.

Mais au fait, si la rue doit son nom au fleuve russe "la Volga", pourquoi cette appellation "du Volga" ? Par ce qu'il s'agit de la forme masculinisée de ce fleuve, forme que l'on retrouve, par exemple, dans le roman "Michel Strogoff" de Jules Verne. On peut ainsi constater qu'au XIXe siècle, la forme masculine de Volga était assez usitée, voire prédominante.

Encore une touche supplémentaire qui s'ajoute au côté suranné de ce coin perdu du quartier de Charonne.


>>  Voir aussi, sur Parisperdu: "Détente ou détention ?"

 

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Souvenir de la rue Vilin.

27 Octobre 2008, 09:06am

Publié par barreteau


Photo ©Philippe Hiraga


Georges Perec nous parle de la rue Vilin : "Nous vivions à Paris, dans le 20ème arrondissement, rue Vilin; c'est une petite rue qui part de la rue des Couronnes, et qui monte, en esquissant vaguement la forme d'un S, jusqu'à des escaliers abrupts qui mènent à la rue du Transvaal et à la rue Olivier Métra.
La rue Vilin est aujourd'hui aux trois quarts détruite. Plus de la moitié des maisons ont été abattues, laissant place à des terrains vagues où s'entassent des détritus, de vieilles cuisinières et des carcasses de voitures; la plupart des maisons encore debout n'offrent que des façades aveugles.
Il y a un an, la maison de mes parents, au numéro 24, (...) était encore a peu près intacte. On y voyait même, donnant sur la rue, une porte en bois condamnée au-dessus de laquelle l'inscription COIFFURE DAMES était encore à peu près lisible.

L'immeuble du numéro 24 est constitué par une série de petites bâtisses, à un ou deux étages, encadrant une courette plutôt sordide. Je ne sais pas laquelle j'ai habité. Je n'ai pas cherché à entrer à l'intérieur des logements, aujourd'hui généralement occupés par des travailleurs immigrés portugais ou africains, persuadé du reste que cela ne raviverait pas davantage mes souvenirs".

(Extrait de "W ou le souvenir d'Enfance de Georges Perec"- 1975)


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Vilin, Couronnes et Pali-Kao..."

>> Voir aussi sur la destruction de la rue Vilin: "Elles tombent, l'une après l'autre"

>> Perec et "Lire la ville"


 

 

 

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United Colors of Paris-Canal.

23 Octobre 2008, 09:30am

Publié par barreteau

Quai de Valmy. 75010 Paris

 

 

Le canal Saint-Martin a le côté policé des canaux de villes. Laissant à la Seine les beaux quartiers, il relie les arrondissements populaires et turbulents de l 'Est de la capitale.
Avec ses courbes majestueuses, le canal qui va de République au bas de la place du Colonel Fabien, offre l'opportunité de promenades quasi-bucoliques, au cours desquelles vous pourrez, à loisir, changer de quai en empruntant de charmants petits ponts ...

Le long de ses quais, vous allez croiser des bars festifs, des boutiques à la mode, un centre culturel ... Nous sommes loin d'Eugène Dabit, l'auteur du fameux ouvrage "Hôtel du Nord", qui aimait le canal pour son côté populaire, gouailleur et artisanal. Témoin de son temps, il a décrit avec réalisme la vie ordinaire d'un canal qui lui ne l'est pas ... Un canal tragique et laborieux, marqué par la poésie de Carné, de Prévert, de Doisneau, de Simenon, de Barbara... une poésie toujours un peu noir. Et avec eux, le canal s'est bâti une légende ...

Mais nous ne sommes plus dans un film de Marcel Carné, et il y a maintenant de la couleur dans ce décor-là ! Elle est bien palpable sur le quai de Valmy, qui arbore des façades de boutiques "dans l'air du temps", dans un style "United Colors of ...".

Et il fut un temps récent, où les lieux étaient encore bien plus colorés ...  par des  tentes rouges, ... celles de SDF, plantées là, de chaque côté de la rive, jusqu'à l'Hôtel du Nord: le vrai, pas celui reconstitué en studio, pour la légende en noir et blanc.

La médiatisation de cette action a abouti au vote de la loi sur le droit au logement opposable. Mais finalement, dans un avenir proche, il est assez probable que la situation des "Sans Domicile Fixe" ne changera pas fondamentalement, et ... que le canal Saint-Martin restera un endroit de fête, un lieu branché, ... trop branché peut-être...


>> "Black & White Channel", la version "noir et blanc" du canal.


>> Déjà sur Parisperdu: "Carné nocturne"  

>> Le quartier vu par Tardi.

 

 

 

 

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Portrait d'un ouvrier d'un autre temps.

18 Octobre 2008, 09:48am

Publié par barreteau


Roger, maroquinier.


Roger est un modèle de politesse et de courtoisie, tel que son patron imagine l'employé idéal. On ne lui  connaît pas d'ennemi. On n'a pas davantage le souvenir d'une parole désobligeante, d'un geste déplacé ou encore moins d'une folie à l'égard de l'un de ses collègues de la "Manufacture de maroquinerie" du 20ème arrondissement, là où il a toujours travaillé.

"Je ne m'en lasse pas, et pourtant cela fait des années que je fais ça ..." affirme Roger, à son établi depuis bientôt un quart de siècle !

Longtemps il aura été un repère contre le temps qui défile trop vite. Un antonyme dans ce grand zapping permanent où il est de bon ton de s'adonner aux dernières modes, aux futilités de la grande consommation mondialisée ... Roger, est tout bonnement un ouvrier d'un autre temps ...


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Denise, ouvrière en voie de disparition"



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Paris, guide à l'usage du touriste averti.

14 Octobre 2008, 10:08am

Publié par barreteau


Villa Monet Paris 19ème


La capitale française recèle plus d'atouts que les sempiternels clichés dont on l'affabule sans cesse. Il y a bien sûr mille raisons d'aimer Paris. Mille façons d'aborder cette ville qui, par le passé et aujourd'hui encore, a toujours su alimenter bien des fantasmes.

Les quartiers de l'Est parisien, lancés sur un rythme effréné de modernisation à tout-va, auraient perdu une bonne partie de leur âme. Mais bon, la nostalgie a ses limites. Même s'il est vrai que le quartier de Tolbiac évoque de moins en moins les ombres interlopes de Tardi ou de Léo Mallet, même s'il n'est pas faux de dire que Montmartre ressemble plus aujourd'hui à un attrape touriste qu'au joyeux foutoir qu'on aimait y trouver auparavant, la capitale reste hautement attractive.

Pas question bien sûr de zapper les incontournables: tour Eiffel, arc de triomphe de l’Étoile, Palais du Louvre ou musée d'Orsay ... Mais on peut aussi choisir de baguenauder à l'infini dans le tracé fascinant des arrondissements de l'Est parisien, traversés de petites rues aux intitulés intrigants (Mouzaïa,  Pali-Kao ...), à l'abri des zones touristiques ou parfois tout près, comme dans le quartier de la gare de Lyon, où, coincés entre l'avenue Daumesnil et la rue de Reuilly, la "coulée verte" invite à la promenade et où l'on se plait à chiner, sous ses arcades, dans les magnifiques boutiques de l'endroit.

Bref, Paris en a suffisamment sous le pied pour qu'on ne la cantonne pas à ses clichés de ville riche d'Histoire, de musées et de monuments grandioses (ce qu'elle est par ailleurs et tant mieux).

Comme Barcelone avec L'auberge espagnole, Paris souffre parfois un peu du syndrome Amélie Poulain auprès des touristes qui l'abordent. Bien sûr, petits bistrots, vie nocturne et nuits blanches font partie du voyage, mais Paris est aussi une ville où l'on peut somnoler dans l'un de ses nombreux (et souvent très chouettes) parcs et squares, tomber presque par hasard sur de remarquables expositions d'artistes marginaux, et passer la nuit dans un hôtel bon marché, en plein cœur d'un quartier piéton, bizarrement paisible sous le coup de deux heures du matin ...



>> Voir aussi : "Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux" et les autres éditos de Parisperdu.



 

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La mémoire de la nouveauté.

10 Octobre 2008, 10:38am

Publié par barreteau


Avenue de France, novembre 2003.


Paul Valéry affirmait que "la mémoire est l'avenir du passé".
Pour prolonger la réflexion du poète-écrivain, on pourrait prétendre que lors de l'édification d'un nouveau quartier sur les ruines d'un ancien secteur, il y a, pour nos architectes et urbanistes, un certain "Devoir de mémoire". Ne conviendrait-il pas de conserver des  traces du passé, traces qui seraient comme la "mémoire de la nouveauté"

Dans le 13e arrondissement de Paris, lors de la création de l'avenue de France, il faut bien constater qu'une telle approche a été totalement bafouée.

Avec ses 40 mètres de large, l'avenue de France est la principale artère du nouveau quartier Paris-Rive Gauche. C'est une avenue triste, laide, froide et bordée d'immenses immeubles "verre-béton", des bureaux pour la plupart. Il y manque de la verdure, des commerces, des bars, des restaurants, ... de la vie quoi !
Empruntez l'avenue de France, le soir ou la nuit, ... c'est un désert et, on ne peut pas dire que l'on s'y sente particulièrement en sécurité.

Un grand pôle universitaire termine son implantation, tout près d'ici, espérons que les étudiants sauront lui apporter ce qui lui manque, c'est-à-dire ... à peu près tout.



>> Voir aussi sur Parisperdu: "Des étudiants dans la farine ... ?"
  
  

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Notre-Dame ... la médiocre.

6 Octobre 2008, 10:49am

Publié par barreteau

47 rue de la rue de la Roquette - Paris 11ème.

Rue de la Roquette, on créa en 1911, une chapelle. Celle-ci sera agrandie entre 1926 et 1928, et prendra alors le statut d'église paroissiale du quartier Bastille. Cette construction - de piètre qualité et mal entretenue - était, dès les années 60, dans un tel état de délabrement, qu'elle fut alors fermée au public.

Progressivement l'édifice tomba en ruine, mais au lieu de restaurer l'église de la rue de la Roquette, l'archevêché de Paris en ordonne sa destruction en 1992. La disparition d'un édifice religieux est toujours quelque chose de dérangeant ... C'est une partie de notre patrimoine mais aussi une partie de nos souvenirs qui disparaissent alors ...


Sur le même site, sera finalement construite la "médiocre" Notre-Dame d'Espérance. Les architectes ont voulu faire le pari que la nouvelle église donne finalement l'impression d'avoir toujours été là.
Ce pari était risqué et loin d'être gagné d'avance car en réalité, seules ... les deux cloches provenant de l'ancienne église ... ont toujours été là ...

Bernanos ne disait-il pas: "L'espérance est un risque à courir"...


>> Notre-Dame d'Espérance, vue générale.

>> Et ... Notre-Dame des Champs... Elysées.  


 

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" On dirait le Sud "

1 Octobre 2008, 09:06am

Publié par barreteau


Laverie Teinturerie Pujol - octobre 1995

Nous sommes rue Villiers de l'Isle Adam, dans un environnement urbain sans grand charme, cernés de toute part par des immeubles de standing moyen. Mais lorsque l'on arrive devant le numéro 38, instantanément on se sent plus léger, car là, on peut se croire face à un petit commerce de province. Les jours d'été, avec le soleil dans la vitrine, on se croirait ... dans le Sud. Et cette impression se trouve confortée lorsque l'on découvre le nom du propriétaire sur le fronton de la boutique: PUJOL !

La "Laverie Teinturerie" Pujol travaillait à l'ancienne, avec des techniques aujourd'hui définitivement perdues : marquage des pièces à l'encre de chine, détachage personnalisé, repassage au fer plat, empesage des cols et application d'une touche d'eau de lavande sur "le blanc" ... Ici, on était à mille lieues des pressings automatisés.

Il y a encore peu, dans ce coin du 20ème arrondissement, la maison Pujol  faisait de la résistance face aux nouveaux pressings : les "5 à Sec", les "Clean City" ou les "Euro Pressing". Mais chez ceux-là, aucun conseil de nettoyage, aucune convivialité : vous dialoguez uniquement avec l'automate de manutention de vos vêtements ... sans parler des résultats qui sont bien en deçà de ceux que vous fournissait Madame Pujol.

Pourtant, face au raz de marée des pressings franchisés, les Pujol ont dû fermer boutique, ... on appelle cela la nouvelle économie ou encore ... le nivellement par le bas.


>> Pressing: les réseaux franchisés étendent leur implantation.  

 

 

 

 

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Origines contrôlées ...

27 Septembre 2008, 09:35am

Publié par barreteau


C'est à l'angle de la rue Julien Lacroix et de la rue du Sénégal, que je fais la rencontre de Fari et d'Aduna, sa petite fille.
 

Fari est arrivée à Paris dans les années 80. Son père Mamadou, qui avait travaillé près de 20 ans à l'usine Renault de Flins, bénéficia alors des lois sur le regroupement familial et pu ainsi faire venir en France sa femme et Fari, leur fille cadette. Leurs deux autres enfants resteront chez un oncle à Dakar. Sa femme ne s'acclimatera jamais à la vie européenne. Rapidement elle tombe malade et meurt moins de 10 mois après son arrivée à Paris.

Aujourd'hui, Fari est mariée à un malien et Aduna est leur fille de 4 ans. Fari et son mari travaillent dans une entreprise de services en "entretien et propreté", tous deux sont des "immigrés réguliers".

Pourtant, souvent Fari s'interroge sur la place réelle des immigrés dans la cité ? Car si au regard du logement, du travail, de la scolarisation des enfants et aussi en matière de santé, les textes applicables sont les mêmes pour tous, ces textes ne suffisent pas toujours à éliminer nombre de pratiques discriminatoires dans l'accès au travail et au logement social.

Et là, à l'angle de la rue Julien Lacroix et de la rue du Sénégal (une rue où pourtant elle pourrait se sentir un peu chez elle !) Fari nous confie les difficultés qu'elle a eu pour trouver un emploi stable ... Mais si, elle et son mari y sont enfin parvenus, ils leur restent aujourd'hui à franchir l'obstacle du logement.
L'appartement de la rue de la Mare où loge la famille est insalubre et le loyer exorbitant. Fari a appris que ce coin de Belleville va être entièrement reconstruit et que des logements sociaux y sont prévus en grande quantité. Alors, accompagnée d'Aduna, elle vient, ici, faire le tour des bureaux de vente, juste pour voir, juste pour rêver un peu devant les cuisines toutes équipées et les salles de bain luxueuses des appartements-témoins ...

Mais, même si Fari signifie "la reine" (en wolof), ces futurs appartements "royaux" ne seront pas pour elle ...
Heureusement, elle a la vie "devant elle", et même plus exactement "avec elle", ... puisqu'en wolof le prénom de sa fille Aduna, signifie "la vie"!


>> Egalement sur Parisperdu: "Passage Goix : une voie sordide" ou la vie à Paris d'une autre famille sénégalaise.

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Apartheid résidentiel"

 

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" Mieux avant ou ... mieux après ... ? "

23 Septembre 2008, 09:11am

Publié par barreteau

Quartier Masséna, aux confins de la Seine, des voies ferrées d'Austerlitz et du boulevard périphérique Est: dans un no-man land, la dernière maison encore debout.


Dans un 13ème arrondissement autrefois sinistré, et aujourd'hui souvent sinistre, que va devenir le quartier Masséna ?
Espérons que pour une fois, les architectes feront preuve d'humilité et de modestie, au lieu de nous exposer leurs délires qui - à coup sûr - déstructurent le tissu social et maltraitent la vie locale.

En entourant leurs projets d'un écran de fumée verbeux, tels que: "îlot ouvert, bocage urbain, magie architecturale, vision contemporaine" (sic): c'est tout un langage creux et prétentieux qui est souvent mis en avant pour "vendre" le projet !
Ils se prennent pour des démiurges, et toute critique est perçue comme rétrograde et passéiste, selon un discours terroriste maintenant bien rodé. Mais jamais ils n'iront vivre ni travailler là où ils ont créé ...

Les premières esquisses du futur quartier Masséna font, en effet, craindre le pire. En faisant fi de l'esprit du lieu, du caractère spécifique de son tissu urbain, de ses infrastructures, de son rôle charnière avec le vieux 13ème (quartier Chevaleret), il n'est pas du tout sûr que "Ce sera mieux après" !

Quand on voit le désastre de la bibliothèque François Mitterrand - une architecture glaciale, où les livres sont au grenier, les lecteurs à la cave, et le jardin derrière des barreaux ... et avec tout près, la fameuse avenue de France, organisée sans queue ni tête (au propre comme au figuré) et surchargée en bureaux aux dimensions brutales ... on peut redouter que le désastre ne se répète pour le quartier Masséna.

Alors faut-il prôner un retour au modèle haussmannien de Paris ?

Cela  relève sans doute pour certains d'un "obscurantisme grincheux" dénoncé par le fameux: "C'était mieux avant".
Acceptons l'injure et constatons simplement que les tissus urbains qui fonctionnent bien (avec des transports, des services publics, des commerces, etc.) et où l'on se sent bien (Paris, Rome, certains quartiers de Londres, Washington ...) correspondent grosso modo à ce modèle: même aspect des rues avec des immeubles de 6 à 8 étages, un COS de 3 à 4, un "mix" d'habitat et de commerces. Le rejeter, c'est refuser la réalité.

Aussi, faudra-t-il qu'un jour, les urbanistes et les sociologues prennent le pas sur les architectes et leur montrent que le développement urbain doit apporter du sens à notre société ... et qu'on ne dessine pas notre cadre vie comme une robe de haute couture !!!
On va finir par regretter le sordide 13ème d'il y a 20 ans...


>> Le projet de l'architecte Demians pour le quartier Masséna, dans le XIIIe arrondissement. (Photo: ©Mairie de Paris)


 

 

 

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Elles tombent, l'une après l'autre …

17 Septembre 2008, 10:01am

Publié par barreteau


Destruction de la rue Vilin - Photo ©Philippe Hiraga


Durant l'été 1971, Philippe apprend que le quartier de Belleville risque de disparaître. Aussitôt, il s'y rend pour prendre quelques photos.

Il faut dire qu'il n'est pas insensible aux transformations que subit alors le quartier ... "En fait, - nous dit Philippe - je suis allé sur les traces de mon père qui était artiste-peintre et avait peint, ici, plusieurs toiles entre les années 20 et les années 50 ... et où durant mon enfance, je l'ai souvent accompagné."

Mais quand Philippe arrive rue Vilin, la destruction de la rue est déjà bien avancée, et ... les maisons tombent les unes après les autres, dans le vacarme des engins mécaniques et sous une poussière qui vous pique les yeux.

Aujourd'hui, il ne reste rien de la rue Vilin ... et pourtant les yeux nous piquent encore. Ce n'est plus la poussière mais, à la vue des  clichés de Philippe, ce sont les souvenirs qui nous mouillent les yeux.



>> Voir aussi sur Parisperdu: Vilin, Couronnes, Pali-Kao.

 

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La vie sous le périph'

14 Septembre 2008, 10:53am

Publié par barreteau



La porte de Bagnolet rassemble des bureaux à faible valeur architecturale, des hôtels sans étoile, peu de programmes de prestige et ... même son centre commercial, "Bel-Est", fait pâle figure, à tel point que certains continuent de qualifier Bagnolet de "Défense du pauvre".
Ce sinistre décor, tous les Parisiens le connaissent, pour y être passés ... à 80 kilomètres/heure. Mais n'ont-ils jamais osé s'aventurer sous le périph ?

Car là se trouve tout ce qu'il y a de plus dégoûtant: des zones entièrement délaissées, souvent sans lumière, pas vraiment sécurisées et avec des allures de décharges ... On y trouve aussi des campements de fortune de "sans-papiers" ... bulgares, afghans ou même de SDF ... bien français, qui tous survivent ici dans un environnement dominé, de nuit comme de jour, par le vacarme assourdissant des voitures, des poids lourds et par leurs émissions de gaz nocifs ...

Pendant des années, personne ne s'est posé de questions sur l'avenir de cet anneau infernal de 35 kilomètres de circonférence, sur ce non-espace dans la ville. Dès les années 1980, architectes, urbanistes et élus réfléchissent pourtant déjà aux moyens de le réhabiliter. Mais le débat tourne en rond...
En 2003 toutefois, la publication du livre des membres du cabinet "Tomato Architectes", intitulé La Ville du périphérique, va agir comme un détonateur.

A présent, au-delà des débats sur la vitesse autorisée, sur le passage des poids lourds, sur une éventuelle file pour les taxis, autant de débats qui ont animé - faiblement - la dernière campagne des municipales, la question du périphérique devrait s'articuler autour de la relation entre Paris et sa banlieue.
Car sans réaménagement du périph, sans réflexion sur la manière de le traverser, comment ouvrir et transformer les quartiers de la couronne parisienne?

Vous avez dit "Grand Paris" ? Oui, grand pari ...



>> "La Ville du périphérique" par le cabinet Tomato Architectes.


>> "Périphpolis", un film de Joachim Lepastier.
 


 

 

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Des tours à Paris : pour quoi faire ? (2/2)

10 Septembre 2008, 09:49am

Publié par barreteau


Le quartier Olympiades, Paris 13ème.


Alors que Paris manque cruellement d'espaces verts, qui pourtant seraient si nécessaires au bien-être et à la santé des Parisiens, on parle de vouloir construire des tours dans les rares lieux non encore bâtis de Paris.
Ne marche-t-on pas sur la tête ?

Les problèmes de nos banlieues - nées des barres et des tours - ne suffisent-ils pas ? Pourquoi donc vouloir encore plus de monde à Paris alors que, déjà chaque jour, plus d'un million de personnes passent par le métro Châtelet, lequel est plus que saturé ... et qu'en plein après-midi, la rue de Rivoli atteint des pics de pollution insensés ...

Si New York doit rester New York, avec ses tours, Paris doit rester Paris, avec ses immeubles Haussmanniens, qui jamais ne dépassent 6 étages.

Dans les nouveaux quartiers de la Grande Bibliothèque ou de Bercy, où l'on a gommé les petites rues, les maisons, les jardins et la vie tout autour, allez maintenant vous y promener le soir ... Bonjour l'ambiance coupe-gorge : boutiques vides ou fermées dès 19 heures, zones désertes, façades d'immeubles glaciales ...
Ces nouveaux quartiers sont franchement invivables.

C'est "l'architecture du moi" qui prime, à la place de "l'architecture pour les autres". Les architectes qui conçoivent ces tours, les politiques qui décident de les construire ont-ils l'intention d'y habiter ?

Des tours à Paris, mais pour quoi faire ... ?


>> Voir aussi : Des tours à Paris : pour quoi faire ? (1/2)

>> De nouvelles tours à Paris, les propositions de 11 architectes.

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Mai 68 : 40 ans après.

6 Septembre 2008, 09:35am

Publié par barreteau

Photo © Göksin Sipahioglu
 

Avant d'avoir été le grand patron-fondateur de l'agence Sipa Press, Göksin Sipahioglu était photographe, un grand photographe.

Quand Mai 68 éclate, Göksin Sipahioglu est depuis un an seulement à Paris en tant que correspondant de plusieurs grands journaux turcs.
C'est un " étranger à Paris ", qui photographie autrement cet évènement, s'attachant souvent à ce que les Français ne voient plus. Car l'intérêt particulier de ses images sur "mai 68" réside dans la fraîcheur de son regard, le regard d'un journaliste étranger face au microcosme parisien.

40 ans plus tard, pour la première fois, à 81 ans, il dévoile l'ensemble de son travail sur ces jours et ces nuits historiques qui ont changé notre époque, et les photos de Göksin font désormais partie de l'Histoire. Aujourd'hui, "Visa pour l'image", avec l'accrochage de l'expo "GS 68" rend hommage à la vie et à la carrière de l'un des derniers grands personnages romantiques de la photo en France.


>> A Perpignan: le Festival international de Photojournalisme "Visa pour l'image".

>> En savoir plus sur Göksin Sipahioglu et sur Sipa Press.

>>
Déjà dans Parisperdu : Visa 2007.



 

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L'âme des lieux.

2 Septembre 2008, 09:33am

Publié par barreteau

4-14, rue Dénoyez - Paris 20ème.


Nous sommes en 1994 et encore tout récemment, se tenait là, rue Dénoyez, une usine ... bien vivante, et toute grouillante d'activité : ces bâtiments étaient alors la fourmilière de dizaine d'employés.
Mais le vacarme a maintenant fait place à un silence assourdissant... L'agitation s'est effacée devant une fébrile tranquillité.


De cette "vielle dame", il n'est longtemps resté qu'une friche industrielle, débarrassée de ses derniers vestiges et dépouillée de ses rouages vitaux.
Des hangars désertés, des salles désaffectées et des verrières brisées donnaient à ce lieu un esprit plutôt sinistre ... mais en même temps, il s'en dégageait un climat particulier, apaisant, presque rassurant.

L'usine de mécanique générale de la rue Dénoyez (dont la raison sociale exacte était : "Société des Petits Appareils Mécaniques pour Toutes Industries"), a donc vécu.
Même si ses machines ne tournaient plus depuis bien longtemps, ... pendant encore de longues années, l'usine a continué à respirer ... la poussière et les traces sur les murs en témoignaient alors.
Certains jours, il parait même qu'elle résonnait encore du bruit de ses machines-outils et que l'odeur de l'huile et de la graisse vous imprégnait jusqu'au dernier pore de la peau.

C'est sans doute ce qu'on appelle l'âme des lieux.

Et voilà qu'aujourd'hui, les lieux ont changé d'âme et tous ces souvenirs sont définitivement tombés à l'eau ...
A l'eau? Oui, car, est-ce dû au nom de la rue ? (prononcez "des noyés") ... je ne sais, mais c'est bel et bien une piscine que l'on vient de construire au 4-14 de la rue Dénoyez ! ...



>> Le 4-14, rue Dénoyez en septembre 2006.

>> La piscine Alfred Nakache, Rue Dénoyez.



 

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