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PARISPERDU
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Léon, gribouilleur place du Tertre.

24 Novembre 2008, 09:44am

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Publié par barreteau



Sur la butte Montmartre, la place du Tertre est connue pour être le lieu de prédilection des peintres. Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Modigliani, Poulbot, Pissarro et beaucoup d'autres ... moins prestigieux, ont trouvé l'inspiration sur la butte.

Léon est l'un des leurs, même si, avec sa modestie naturelle, il se qualifie de "gribouilleur". Et voilà près de 40 ans, qu'il a établi son "atelier à ciel ouvert" sur la bien nommée place du Tertre qui culmine à 130 mètres d'altitude.

Léon, qui a aujourd'hui 79 ans, est installé au centre de la place, au milieu des quelques 300 artistes qui pratiquent, ici, différents styles de dessin. Ses confères l'appellent "Monsieur Léon" car, toujours "tiré à quatre épingles", il dégage un prestige certain.

Des touristes venus du monde entier s'attardent, parfois longuement,  pour voir la création de ses œuvres en "direct live", car Léon, l'un des portraitistes les plus doués, n'a pas ici son pareil pour "vous tirer le portrait" en quelques minutes.
Fusain, crayon ou pastel tenus fermement par ses vieux doigts secs mais toujours agiles, glissent sur la feuille de velin d'arches avec grâce et précision.

Amélie Poulain et son "fabuleux destin" a boosté la venue des touristes qui désormais, sont présents à Montmartre tout au long de l'année, et ce, pour le plus grand plaisir de Léon qui - dit-il - "ne pense pas prendre sa retraite avant 2020", date à laquelle, il suffira "de lui faire traverser la place !". Comprenez, qu'il a réservé une concession depuis longtemps au petit cimetière de St Pierre de Montmartre ... 

"Monsieur Léon", un artiste montmartrois "à la vie, à la mort" ... essayez-donc d'en trouver un plus authentique que lui ...


>> Les peintres de la place du Tertre, l'esprit bohème de Montmartre.

>> La place, un soir d'hiver.



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C'était comment avant ?

20 Novembre 2008, 08:37am

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Publié par barreteau

La rue Watt en cours de démontage, Mars 2000.

Le quartier Tolbiac, dans le 13ème, a vécu une opération d'urbanisme considérable, où le maintien de la gare d'Austerlitz a obligé à construire au-dessus des voies pour rentabiliser au maximum l'opération Paris Rive Gauche.
Dans ce contexte, la question de la conservation d'éléments forts du quartier aurait dû faire l'objet d'une approche globale, mais le problème n'a même pas été vu et rien n'a été fait pour la prise en compte de ce patrimoine qui aurait permis d'ancrer le secteur dans son passé.
Mais au fait, c'était comment avant ... ?

Il y avait là très peu d'habitants mais quelques grands bâtiments industriels, en béton, en brique - magnifiques - et aussi quelques morceaux de paysage "à la Tardi", des villas, des escaliers en meulière, et la fameuse rue Watt...

Tout cela sur des terrains appartenant en majeure partie à la Sncf, qui n'a eu aucune perception de ces richesses du passé, elle qui n'a pas l'habitude de regarder en arrière. Et aujourd'hui, nous nous apercevons que ce qui aurait pu devenir un patrimoine a beaucoup souffert : on a, par exemple, couvert la rue Watt de dalles-caissons, on l'a écrêtée, aseptisée, ... il n'en reste rien. Le charme de cette rue, si particulière, chanté par les poètes, mis en lumière par les photographes, a totalement disparu.

Pour réaliser le grand projet
Paris Rive Gauche, on a donc beaucoup détruit ... De trop rares édifices, préservés à grand-peine -  tels les Grands Moulins de Paris, les Frigos, et la Sudac, cette ancienne usine d'air comprimée -  jouent encore un rôle de repères, de passeurs de mémoire. Mais au final, le quartier est devenu une sorte de zone étrange, un désert peu engageant où la Seine, pourtant toute proche, est bizarrement absente et où l'environnement de la Bibliothèque Nationale de France est pour le moins glacial.
Au fait, c'était comment avant ... ?


>> La rue Watt, dans Parisperdu (1)

>> La rue Watt, dans Parisperdu (2)

>> La rue Watt, dans Parisperdu (3)

>> La rue Watt, dans Parisperdu (4)

>> Voir aussi "Rue Watt, lieux retrouvés N°15".



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Impression, rue du Retrait.

16 Novembre 2008, 10:02am

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Publié par barreteau



Dès que j'eus pénétré dans la cour de la rue du Retrait, j'eus une impression très particulière: nous n'étions plus dans les années 2000 !
Je ne savais plus en quelle année nous étions : certes pas dans les années 50, mais cela ressemblait aux années cinquante ... ou soixante.
L'isolement du lieu avait-il ralenti le temps ?

Pourtant tout autour, les constructions modernes ne manquaient pas, les gens étaient habillés normalement, les voitures étaient toutes récentes, ... mais ici, il semblait que l'on pouvait vivre différemment, et surtout plus fort qu'ailleurs.

Et même si, à cet instant, je trouvais l'impasse totalement déserte, l'ombre de la petite fille photographiée, ici, par Willy Ronis, semblait gravée, à jamais, sur le pavé encore intact ...
Il en résultait une impression de bien-être et d'optimisme qui recréait l'ambiance d'une époque où l'on croyait encore à l'avenir ...


>> Cour, rue du Retrait Paris 20 ème - La photo de Willy Ronis (© Willy Ronis).

 

 

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Un bâtiment qui ne paie pas de mine.

12 Novembre 2008, 10:43am

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Publié par barreteau


Angle de la rue de Vitruve et de la rue Florian

C'est un bâtiment qui ne paie pas de mine. Il est grisâtre et rouge délavé avec des ouvertures encadrées par des pierres de taille d'un autre âge. Il n'a rien d'extraordinaire, mais sa position en angle, bien en vue dans ce carrefour et une touche d'une certaine "classe" sans doute héritée de son passé, de son histoire, font qu'invariablement il attire l'œil du passant.

Il donne sur une petite rue en pente, une rue comme beaucoup d'autres dans ce quartier du 20ème. On dirait une MJC des années 1980, en moins propre...
D'ailleurs, l'acronyme de l'endroit porté sur la façade prête à confusion ... Il est inscrit en lettres blanches : "MCJ, entrée visiteurs".
Entendez, "Manufacture de Chaussures Jivry", mais seuls ceux qui ont travaillé dans ce bâtiment le savent !

Car ici, on a, durant plus de 40 ans fabriqué des chaussures pour dames, pour hommes, pour enfants ... Tout cela dans la discrétion de ce petit atelier perdu au cœur du vingtième arrondissement. Mais depuis déjà bien longtemps, la Manufacture de Chaussures s'est retirée d'ici, ... sur la pointe des pieds.


>> Voir aussi : "Maurice, l'artisan-bottier de Belleville a 100 ans !"

 

 

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Lost in Paris ...

8 Novembre 2008, 10:19am

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Publié par barreteau

Terrasse de La Samaritaine, octobre 1997


C'est sur la terrasse d'un grand magasin parisien que j'ai rencontré Hinata. Elle est à Paris pour un stage-étudiant de plusieurs semaines.

Après avoir échangé quelques banalités touristico-mondaines, la jeune japonaise me confie un peu de ses états d'âme. Et très vite, je m'aperçois que cette jolie jeune fille n'est pas franchement bien dans sa peau ... mais pourquoi donc ?

La raison de son mal-être tient dans sa relation à Paris. Hinata est arrivée ici avec une image trop parfaite de la capitale : romantisme, élégance, raffinement ... Or elle n'a rien trouvé de tout cela ... et a pris de plein fouet le choc culturel, renforcé par le gouffre immense entre le fantasme et la réalité.

En venant à Paris, Hinata s'attendait à voir le Montmartre de Toulouse-Lautrec, le Montparnasse des années 20 ... des lieux imprégnés de romantisme, de charme, de grande classe... Elle avait aussi en tête l'image d'élégance et de raffinement véhiculée par les grandes griffes de la mode parisienne ... Mais au final, Hinata a découvert une réalité où tout s'oppose à sa culture nipponne : des parisiens désagréables, brusques pour ne pas dire brutaux et qui sans cesse, lui manquent de respect lorsqu'ils s'adressent à elle ... Rapidement Hinata s'est senti perdue dans ce Paris qu'elle imaginait tout autrement.

Et, en ce soir d'automne, où le soleil décline rapidement derrière les tours de Saint Sulpice, j'en viens à espérer qu'elle trouve enfin dans Paris, des repères et un équilibre qui feront qu'elle pourra afficher une mine plus rayonnante, mieux en accord avec son merveilleux prénom : Hinata, la lumière du soleil.


° Sur Parisperdu, d'autres japonais ne sont pas perdus dans Paris :

>> Keiko, Canal Saint-Martin. 

>>
Seiji, Rue Désirée.


 

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Bobo attitude.

4 Novembre 2008, 14:28pm

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Publié par barreteau




Dans certains quartiers de l'Est de la capitale, nous sommes désormais à "Boboland", et là, on ne manque pas d'argent: on a de l'argent, beaucoup d'argent ... Mais finalement, on s'y ennuie aussi beaucoup car c'est bien connu, si l'argent ne fait pas le bonheur, il ne réussi surtout pas à remplir le vide laissé par une certaine perte des valeurs, des idéaux, voire des utopies ...

A Boboland, on recherche avant tout "l'Authenticité", mais c'est une authenticité souvent frelatée, un peu comme la réalité lorsqu'elle est vue par un créatif de pub ! De surcroît, les bobos oublient que leur quête éperdue d'authenticité les conduisent souvent à détruire "la vraie" authenticité.
C'est le cas, lorsqu'ils essaient de se créer leurs endroits, leurs coins agréables, ... comme ces genres de cafés dits "bios" ou ces restaurants où l'on fait du "fooding" en substitution à la cuisine traditionnelle ... qui elle est authentique. A Boboland, on essaye de vivre sainement, ... mais finalement là encore ... ce n'est qu'une attitude!

Ah, l'attitude, c'est l'essentiel pour le "bobo", c'est elle ... encore et toujours qui compte le plus, ... la vérité des opinions ou la sincérité sont souvent secondaires. De toute façon peu importe, car pour la tribu des "bourgeois bohèmes": le bobo c'est toujours l'autre ...

Un passage de la Bande Dessinée "Bienvenue à Boboland" de Dupuy et Berberian est - à ce titre - révélateur de la vision qu'ont les bobos de la "vraie vie".
Je vous résume la chose: une écervelée laisse traîner sur un banc un livre d'Anna Gavalda (parfaite auteur bobo, qui parle "de ces petites choses qui sonnent tellement vrai"), ... pour faire du "book-crossing", de l'échange gratuit de livres, mais elle est stupéfaite quand elle voit un éboueur ramasser le bouquin et le flanquer à la poubelle ... au lieu de s'en extasier.
N'est-ce pas là une parfaite illustration de la "bobo attitude" ?


>> Vous avez dit "book-crossing" ?

>> La bande dessinée "Bienvenue à Boboland" © Dupuy / Berbérian ; Editeur Fluide Glacial-Audie - mai 2008.


° Déjà parus dans Parisperdu :

>> "Où sont passés les vrais gens ?"

>> Belleville, la belle ville des bobos.

>> Malaise à Belleville. 

>> Bienvenue à Boboland.




 

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Un monde loin du monde.

31 Octobre 2008, 08:38am

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Publié par barreteau

Rue du Volga, Paris 20ème

La rue du Volga est une petite voie calme du 20e arrondissement, coincée entre la rue d'Avron et le boulevard Davout. Dans cette partie, près du pont du chemin de fer de la Petite Ceinture, la rue est encore plus paisible, et avec ses immeubles d'un âge indéfini, aucun commerce, peu de circulation ... c'est un monde loin du monde ...

Tout près, le square de la Gare de Charonne, un havre de quiétude, ajoute encore à la sensation d'avoir atteint, ici, un des lieux les plus reculés de Paris.

Mais au fait, si la rue doit son nom au fleuve russe "la Volga", pourquoi cette appellation "du Volga" ? Par ce qu'il s'agit de la forme masculinisée de ce fleuve, forme que l'on retrouve, par exemple, dans le roman "Michel Strogoff" de Jules Verne. On peut ainsi constater qu'au XIXe siècle, la forme masculine de Volga était assez usitée, voire prédominante.

Encore une touche supplémentaire qui s'ajoute au côté suranné de ce coin perdu du quartier de Charonne.


>>  Voir aussi, sur Parisperdu: "Détente ou détention ?"

 

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Souvenir de la rue Vilin.

27 Octobre 2008, 09:06am

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Publié par barreteau


Photo ©Philippe Hiraga


Georges Perec nous parle de la rue Vilin : "Nous vivions à Paris, dans le 20ème arrondissement, rue Vilin; c'est une petite rue qui part de la rue des Couronnes, et qui monte, en esquissant vaguement la forme d'un S, jusqu'à des escaliers abrupts qui mènent à la rue du Transvaal et à la rue Olivier Métra.
La rue Vilin est aujourd'hui aux trois quarts détruite. Plus de la moitié des maisons ont été abattues, laissant place à des terrains vagues où s'entassent des détritus, de vieilles cuisinières et des carcasses de voitures; la plupart des maisons encore debout n'offrent que des façades aveugles.
Il y a un an, la maison de mes parents, au numéro 24, (...) était encore a peu près intacte. On y voyait même, donnant sur la rue, une porte en bois condamnée au-dessus de laquelle l'inscription COIFFURE DAMES était encore à peu près lisible.

L'immeuble du numéro 24 est constitué par une série de petites bâtisses, à un ou deux étages, encadrant une courette plutôt sordide. Je ne sais pas laquelle j'ai habité. Je n'ai pas cherché à entrer à l'intérieur des logements, aujourd'hui généralement occupés par des travailleurs immigrés portugais ou africains, persuadé du reste que cela ne raviverait pas davantage mes souvenirs".

(Extrait de "W ou le souvenir d'Enfance de Georges Perec"- 1975)


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Vilin, Couronnes et Pali-Kao..."

>> Voir aussi sur la destruction de la rue Vilin: "Elles tombent, l'une après l'autre"

>> Perec et "Lire la ville"


 

 

 

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United Colors of Paris-Canal.

23 Octobre 2008, 09:30am

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Publié par barreteau

Quai de Valmy. 75010 Paris

 

 

Le canal Saint-Martin a le côté policé des canaux de villes. Laissant à la Seine les beaux quartiers, il relie les arrondissements populaires et turbulents de l 'Est de la capitale.
Avec ses courbes majestueuses, le canal qui va de République au bas de la place du Colonel Fabien, offre l'opportunité de promenades quasi-bucoliques, au cours desquelles vous pourrez, à loisir, changer de quai en empruntant de charmants petits ponts ...

Le long de ses quais, vous allez croiser des bars festifs, des boutiques à la mode, un centre culturel ... Nous sommes loin d'Eugène Dabit, l'auteur du fameux ouvrage "Hôtel du Nord", qui aimait le canal pour son côté populaire, gouailleur et artisanal. Témoin de son temps, il a décrit avec réalisme la vie ordinaire d'un canal qui lui ne l'est pas ... Un canal tragique et laborieux, marqué par la poésie de Carné, de Prévert, de Doisneau, de Simenon, de Barbara... une poésie toujours un peu noir. Et avec eux, le canal s'est bâti une légende ...

Mais nous ne sommes plus dans un film de Marcel Carné, et il y a maintenant de la couleur dans ce décor-là ! Elle est bien palpable sur le quai de Valmy, qui arbore des façades de boutiques "dans l'air du temps", dans un style "United Colors of ...".

Et il fut un temps récent, où les lieux étaient encore bien plus colorés ...  par des  tentes rouges, ... celles de SDF, plantées là, de chaque côté de la rive, jusqu'à l'Hôtel du Nord: le vrai, pas celui reconstitué en studio, pour la légende en noir et blanc.

La médiatisation de cette action a abouti au vote de la loi sur le droit au logement opposable. Mais finalement, dans un avenir proche, il est assez probable que la situation des "Sans Domicile Fixe" ne changera pas fondamentalement, et ... que le canal Saint-Martin restera un endroit de fête, un lieu branché, ... trop branché peut-être...


>> "Black & White Channel", la version "noir et blanc" du canal.


>> Déjà sur Parisperdu: "Carné nocturne"  

>> Le quartier vu par Tardi.

 

 

 

 

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Portrait d'un ouvrier d'un autre temps.

18 Octobre 2008, 09:48am

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Publié par barreteau


Roger, maroquinier.


Roger est un modèle de politesse et de courtoisie, tel que son patron imagine l'employé idéal. On ne lui  connaît pas d'ennemi. On n'a pas davantage le souvenir d'une parole désobligeante, d'un geste déplacé ou encore moins d'une folie à l'égard de l'un de ses collègues de la "Manufacture de maroquinerie" du 20ème arrondissement, là où il a toujours travaillé.

"Je ne m'en lasse pas, et pourtant cela fait des années que je fais ça ..." affirme Roger, à son établi depuis bientôt un quart de siècle !

Longtemps il aura été un repère contre le temps qui défile trop vite. Un antonyme dans ce grand zapping permanent où il est de bon ton de s'adonner aux dernières modes, aux futilités de la grande consommation mondialisée ... Roger, est tout bonnement un ouvrier d'un autre temps ...


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Denise, ouvrière en voie de disparition"



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Paris, guide à l'usage du touriste averti.

14 Octobre 2008, 10:08am

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Publié par barreteau


Villa Monet Paris 19ème


La capitale française recèle plus d'atouts que les sempiternels clichés dont on l'affabule sans cesse. Il y a bien sûr mille raisons d'aimer Paris. Mille façons d'aborder cette ville qui, par le passé et aujourd'hui encore, a toujours su alimenter bien des fantasmes.

Les quartiers de l'Est parisien, lancés sur un rythme effréné de modernisation à tout-va, auraient perdu une bonne partie de leur âme. Mais bon, la nostalgie a ses limites. Même s'il est vrai que le quartier de Tolbiac évoque de moins en moins les ombres interlopes de Tardi ou de Léo Mallet, même s'il n'est pas faux de dire que Montmartre ressemble plus aujourd'hui à un attrape touriste qu'au joyeux foutoir qu'on aimait y trouver auparavant, la capitale reste hautement attractive.

Pas question bien sûr de zapper les incontournables: tour Eiffel, arc de triomphe de l’Étoile, Palais du Louvre ou musée d'Orsay ... Mais on peut aussi choisir de baguenauder à l'infini dans le tracé fascinant des arrondissements de l'Est parisien, traversés de petites rues aux intitulés intrigants (Mouzaïa,  Pali-Kao ...), à l'abri des zones touristiques ou parfois tout près, comme dans le quartier de la gare de Lyon, où, coincés entre l'avenue Daumesnil et la rue de Reuilly, la "coulée verte" invite à la promenade et où l'on se plait à chiner, sous ses arcades, dans les magnifiques boutiques de l'endroit.

Bref, Paris en a suffisamment sous le pied pour qu'on ne la cantonne pas à ses clichés de ville riche d'Histoire, de musées et de monuments grandioses (ce qu'elle est par ailleurs et tant mieux).

Comme Barcelone avec L'auberge espagnole, Paris souffre parfois un peu du syndrome Amélie Poulain auprès des touristes qui l'abordent. Bien sûr, petits bistrots, vie nocturne et nuits blanches font partie du voyage, mais Paris est aussi une ville où l'on peut somnoler dans l'un de ses nombreux (et souvent très chouettes) parcs et squares, tomber presque par hasard sur de remarquables expositions d'artistes marginaux, et passer la nuit dans un hôtel bon marché, en plein cœur d'un quartier piéton, bizarrement paisible sous le coup de deux heures du matin ...



>> Voir aussi : "Montrer Paris avec des yeux lucides et amoureux" et les autres éditos de Parisperdu.



 

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La mémoire de la nouveauté.

10 Octobre 2008, 10:38am

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Publié par barreteau


Avenue de France, novembre 2003.


Paul Valéry affirmait que "la mémoire est l'avenir du passé".
Pour prolonger la réflexion du poète-écrivain, on pourrait prétendre que lors de l'édification d'un nouveau quartier sur les ruines d'un ancien secteur, il y a, pour nos architectes et urbanistes, un certain "Devoir de mémoire". Ne conviendrait-il pas de conserver des  traces du passé, traces qui seraient comme la "mémoire de la nouveauté"

Dans le 13e arrondissement de Paris, lors de la création de l'avenue de France, il faut bien constater qu'une telle approche a été totalement bafouée.

Avec ses 40 mètres de large, l'avenue de France est la principale artère du nouveau quartier Paris-Rive Gauche. C'est une avenue triste, laide, froide et bordée d'immenses immeubles "verre-béton", des bureaux pour la plupart. Il y manque de la verdure, des commerces, des bars, des restaurants, ... de la vie quoi !
Empruntez l'avenue de France, le soir ou la nuit, ... c'est un désert et, on ne peut pas dire que l'on s'y sente particulièrement en sécurité.

Un grand pôle universitaire termine son implantation, tout près d'ici, espérons que les étudiants sauront lui apporter ce qui lui manque, c'est-à-dire ... à peu près tout.



>> Voir aussi sur Parisperdu: "Des étudiants dans la farine ... ?"
  
  

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Notre-Dame ... la médiocre.

6 Octobre 2008, 10:49am

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Publié par barreteau

47 rue de la rue de la Roquette - Paris 11ème.

Rue de la Roquette, on créa en 1911, une chapelle. Celle-ci sera agrandie entre 1926 et 1928, et prendra alors le statut d'église paroissiale du quartier Bastille. Cette construction - de piètre qualité et mal entretenue - était, dès les années 60, dans un tel état de délabrement, qu'elle fut alors fermée au public.

Progressivement l'édifice tomba en ruine, mais au lieu de restaurer l'église de la rue de la Roquette, l'archevêché de Paris en ordonne sa destruction en 1992. La disparition d'un édifice religieux est toujours quelque chose de dérangeant ... C'est une partie de notre patrimoine mais aussi une partie de nos souvenirs qui disparaissent alors ...


Sur le même site, sera finalement construite la "médiocre" Notre-Dame d'Espérance. Les architectes ont voulu faire le pari que la nouvelle église donne finalement l'impression d'avoir toujours été là.
Ce pari était risqué et loin d'être gagné d'avance car en réalité, seules ... les deux cloches provenant de l'ancienne église ... ont toujours été là ...

Bernanos ne disait-il pas: "L'espérance est un risque à courir"...


>> Notre-Dame d'Espérance, vue générale.

>> Et ... Notre-Dame des Champs... Elysées.  


 

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" On dirait le Sud "

1 Octobre 2008, 09:06am

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Publié par barreteau


Laverie Teinturerie Pujol - octobre 1995

Nous sommes rue Villiers de l'Isle Adam, dans un environnement urbain sans grand charme, cernés de toute part par des immeubles de standing moyen. Mais lorsque l'on arrive devant le numéro 38, instantanément on se sent plus léger, car là, on peut se croire face à un petit commerce de province. Les jours d'été, avec le soleil dans la vitrine, on se croirait ... dans le Sud. Et cette impression se trouve confortée lorsque l'on découvre le nom du propriétaire sur le fronton de la boutique: PUJOL !

La "Laverie Teinturerie" Pujol travaillait à l'ancienne, avec des techniques aujourd'hui définitivement perdues : marquage des pièces à l'encre de chine, détachage personnalisé, repassage au fer plat, empesage des cols et application d'une touche d'eau de lavande sur "le blanc" ... Ici, on était à mille lieues des pressings automatisés.

Il y a encore peu, dans ce coin du 20ème arrondissement, la maison Pujol  faisait de la résistance face aux nouveaux pressings : les "5 à Sec", les "Clean City" ou les "Euro Pressing". Mais chez ceux-là, aucun conseil de nettoyage, aucune convivialité : vous dialoguez uniquement avec l'automate de manutention de vos vêtements ... sans parler des résultats qui sont bien en deçà de ceux que vous fournissait Madame Pujol.

Pourtant, face au raz de marée des pressings franchisés, les Pujol ont dû fermer boutique, ... on appelle cela la nouvelle économie ou encore ... le nivellement par le bas.


>> Pressing: les réseaux franchisés étendent leur implantation.  

 

 

 

 

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Origines contrôlées ...

27 Septembre 2008, 09:35am

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Publié par barreteau


C'est à l'angle de la rue Julien Lacroix et de la rue du Sénégal, que je fais la rencontre de Fari et d'Aduna, sa petite fille.
 

Fari est arrivée à Paris dans les années 80. Son père Mamadou, qui avait travaillé près de 20 ans à l'usine Renault de Flins, bénéficia alors des lois sur le regroupement familial et pu ainsi faire venir en France sa femme et Fari, leur fille cadette. Leurs deux autres enfants resteront chez un oncle à Dakar. Sa femme ne s'acclimatera jamais à la vie européenne. Rapidement elle tombe malade et meurt moins de 10 mois après son arrivée à Paris.

Aujourd'hui, Fari est mariée à un malien et Aduna est leur fille de 4 ans. Fari et son mari travaillent dans une entreprise de services en "entretien et propreté", tous deux sont des "immigrés réguliers".

Pourtant, souvent Fari s'interroge sur la place réelle des immigrés dans la cité ? Car si au regard du logement, du travail, de la scolarisation des enfants et aussi en matière de santé, les textes applicables sont les mêmes pour tous, ces textes ne suffisent pas toujours à éliminer nombre de pratiques discriminatoires dans l'accès au travail et au logement social.

Et là, à l'angle de la rue Julien Lacroix et de la rue du Sénégal (une rue où pourtant elle pourrait se sentir un peu chez elle !) Fari nous confie les difficultés qu'elle a eu pour trouver un emploi stable ... Mais si, elle et son mari y sont enfin parvenus, ils leur restent aujourd'hui à franchir l'obstacle du logement.
L'appartement de la rue de la Mare où loge la famille est insalubre et le loyer exorbitant. Fari a appris que ce coin de Belleville va être entièrement reconstruit et que des logements sociaux y sont prévus en grande quantité. Alors, accompagnée d'Aduna, elle vient, ici, faire le tour des bureaux de vente, juste pour voir, juste pour rêver un peu devant les cuisines toutes équipées et les salles de bain luxueuses des appartements-témoins ...

Mais, même si Fari signifie "la reine" (en wolof), ces futurs appartements "royaux" ne seront pas pour elle ...
Heureusement, elle a la vie "devant elle", et même plus exactement "avec elle", ... puisqu'en wolof le prénom de sa fille Aduna, signifie "la vie"!


>> Egalement sur Parisperdu: "Passage Goix : une voie sordide" ou la vie à Paris d'une autre famille sénégalaise.

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Apartheid résidentiel"

 

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