Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU

Paris Volé.

18 Octobre 2011, 09:31am

Publié par barreteau

Sur les pas de Willy Ronis : cour du 32 rue de la Mare Paris 20ème.

Le grand Willy Ronis, écrit en 1979, dans son ouvrage "Sur le fil du hasard" :

"On remarque, paraît-il, une certaine mélancolie dans mes photos. Cela s’explique. J’ai eu beaucoup de loisirs forcés au cours de périodes de sous-emploi ; autant meubler ces vides avec la chasse aux images.

Mais de telles conditions n’inspirent pas la joie, surtout qu’entre deux pressions sur l’obturateur on se dit qu’on travaille pour le tiroir.

Mes chasses joyeuses, je ne les vécus que lorsque je volais mon temps à celui que je devais consacrer au travail commandé, ou lorsque le déclic provoqué par un événement inattendu faisait monter la fièvre des grandes émotions. Mélancolie souvent, mais pas pessimisme ; ça ira mieux demain. "

Au cours des années 90, je me suis souvent senti en parfaite harmonie avec ces propos et, confidences pour confidences, moi-aussi, je volais parfois mon temps à celui qui m'employait, … en parcourant incognito l'Est parisien, pour y faire la chasse aux images.

Tant et si bien, qu'en 2005, à la création de ce blog, j'avais pensé lui donner le nom de "ParisVolé" … mais finalement, ce sera : "Parisperdu".


>> Willy Ronis: cour de la rue de la Mare.(1947)

>> Sur les pas de Willy Ronis : cour du 32, rue de la Mare.



 

Voir les commentaires

Les sondages "idiots" du Figaro.

14 Octobre 2011, 09:42am

Publié par barreteau


Dans son édition de mardi dernier, le quotidien nous propose un nouveau sondage sur la capitale.
La question est essentielle :"Quel monument symbolise le plus Paris ?"
Et comme la réponse est loin d'être évidente … le Figaro nous suggère la liste suivante:l'arc de Triomphe, Beaubourg, Notre-Dame, l’Opéra, la Pyramide du Louvre, le Sacré Cœur ou …la Tour Eiffel.

Sur les quelque 2000 votants, un petit dix pour cent a osé "Notre-Dame". Les autres monuments faisant des scores anecdotiques, on vous laisse deviner le vainqueur …

Il faut dire que ce journal est coutumier du fait, il y a quelque temps, nous avions eu droit au même type de sondage.
La question posée était alors la suivante :
"Dans votre Paris idéal, quel monument souhaiteriez-vous voir disparaître ?"
L'idée de ce sondage nous avait déjà paru bien étrange... pourquoi associer un idéal à une destruction de l'une des composantes architecturales de la capitale ?

On comprend que cette fois-ci, certains lecteurs-votants aient pu répondre par la dérision, en proposant comme monument le plus symbolique de Paris: la rue St Denis, le Moulin Rouge, voire … le temple de Jérusalem !

Car si la tour Eiffel n'est certes pas le plus beau monument de Paris, il est à l'évidence le plus symbolique, et cela ne fait pas question ! Ou alors, elle est très mal posée … N'aurait-il pas été plus pertinent de demander aux lecteurs:
"Quel monument DEVRAIT, plus que la Tour Eiffel, symboliser Paris" ?


>> Le sondage du Figaro du 11 octobre 2011.

>> Autre sondage du même acabit, dans le même journal.

 

Voir les commentaires

Qui crèche ici ?

10 Octobre 2011, 10:52am

Publié par barreteau

Angle de la rue Robineau et de la place Martin Nadeau. (Juin 1996)


Au n°3 de la place Martin Nadeau se tient une maison pittoresque. Sur ses trois faces visibles, des moulures simulent des branchages incorporés au crépi des façades. Les montants de l’auvent, les barrières à l’entrée, les marches de l'escalier et ses garde-corps sont également en "bois brut factice". Un décor tout à fait inattendu dans l'univers urbain du secteur Gambetta.
Qui donc peut bien "crécher" ici ?
On ne peut plus justement poser la question, car il s'agit en effet … d'une crèche !

Plus précisément de la Crèche laïque du Père-Lachaise, construite au tournant de l'année 1900 et pour laquelle l’architecte a donc retenu ce thème forestier.
La proximité du cimetière paysager du Père-Lachaise a-t-il été sa source d'inspiration ?
Nul ne le sait.

Mais toujours est-il que, face à la place Martin-Nadaud, le bâtiment a fier allure.
Plus communément, on peut dire qu'il "va bien", … et c'est tout à fait normal, quand vous saurez que la Place doit son nom à un homme politique du 19ème siècle, maçon de métier : Martin-Nadaud, l’auteur de la célèbre maxime : "Quand le bâtiment va, tout va".


>> La Crèche laïque du Père-Lachaise, vue de la place Martin-Nadeau.

>> Besoin d'une crèche à Paris ? Consulter : Pour-mon-petit-loup.com

 

Voir les commentaires

Des potelets par milliers.

6 Octobre 2011, 09:51am

Publié par barreteau



Depuis maintenant plus de dix ans, la ville de Paris investit de plus en plus d'argent pour planter, un peu partout, une armada de potelets. Actuellement, on en dénombre plus de 350 000, quatre fois plus que le nombre de pigeons présents dans la capitale … !

Et cette petite armée en acier coûte une fortune. Chacun de ces piquets est facturé, selon les modèles, entre 24 € et 38 €, auxquels il faut ajouter environ 30 € pour la pose. Si bien, qu'au total, depuis 2001, la mise en place des potelets a coûté plus de 15 M€ à la mairie de Paris. Mais ce n'est pas tout, car on en remplace environ 12 000 par an, soit parce qu'ils ont été abîmés, voire dérobés ou même parce que certains … ont perdu la boule … blanche pour malvoyants !

Le nombre de nouveaux potelets augmente au fur et à mesure que décroit le nombre de places de stationnement. La tendance est continue car la Ville entend supprimer encore "quelques milliers" de places de stationnement avant la fin de la mandature en cours.

Les zones fortement consommatrices de potelets sont les rues trop étroites qu'il faut mettre aux "normes pompier", les rues où l'on supprime une file de stationnement, là où l'on crée de nouvelles places de parking pour les deux-roues, là où l'on implante de nouvelles stations Vélib'….voire maintenant Autolib'.

On l'a compris, le fleurissement des potelets sur le pavé parisien n'est pas prêt de se ralentir.
Mais il faut dire que pour l'instant, les potelets restent les seuls remparts à l'incivilité légendaire des Parisiens.


Le mobilier urbain sur Parisperdu :

>> Les Vespasiennes ou Sanisettes.

>> Les cabines téléphoniques.

>> Les colonnes Morris.

>> Les fontaines Wallace.

>> Les kiosques à journaux.

 

 

Voir les commentaires

La chaufferie de La Villette et sa grande cheminée.

2 Octobre 2011, 09:57am

Publié par barreteau


Installée le long du canal de l'Ourcq, dans le 19ème arrondissement, cette usine désaffectée depuis une dizaine d'années va être démolie.

Ce sont, finalement, des logements, des commerces et un espace vert, qui vont être implantés à la place de cette unité de production de vapeur qui servait à chauffer une partie de Paris.

"Dans quelques mois, cette usine va partir en fumée pour de chics petites boutiques !" ai-je lu sur le blog d'un bobo du quartier des Buttes Chaumont. "Chouette" écrit le bobo.
Mais est-ce vraiment si "chouette" ?

Car en démolissant intégralement un bâtiment si familier aux résidents du quartier, ne fait-on pas table rase de la mémoire industrielle d'un territoire urbain qui ... aussi leur appartient  ?

L'association ATCO (AuTour du Canal de l'Ourcq),  pense qu'il est possible de conserver une petite partie de l'usine. Et elle demande la sauvegarde de la cheminée, comme symbole du passé industriel du 19ème arrondissement.

Car cette cheminée est pour beaucoup de gens, un peu comme un phare, un repère à la fois historique mais aussi géographique. Ici pour s'orienter, on lève les yeux au ciel pour apercevoir la cheminée ...

Après des années d'études et de procédures, les travaux ont commencé cette année, mais les habitants du 19ème, veulent encore croire que l'aménagement de leurs rues, de leurs logements … ne sera pas victime d'un aveuglement technocratique qui n'hésiterait pas à faire disparaître toute trace du passé industriel du quartier de l'Ourcq.
Ils ne veulent surtout pas glisser vers le monde aseptisé de l'oubli et du saccage des paysages urbains et demandent que soit sauvé le "phare industriel" de leur arrondissement.

Mais le projet semble a priori bien compliqué. En effet, l'emprise de l'usine est l'enjeu de la dernière étape de l'aménagement du secteur Ourcq-Jaurès, un projet lancé en 2002 et qui doit redonner vie à un quartier, il faut bien le dire, particulièrement délaissé.

L'avenir de la chaufferie de La Villette et de sa grande cheminée semble donc d'ores et déjà définitivement scellé …



>> L'effacement du vieux Paris: rue de l'Ourcq.

 

 

Voir les commentaires

Des capitaines en Campagne.

28 Septembre 2011, 09:02am

Publié par barreteau

19 rue du Capitaine-Tarron - Paris 20ème.


A quelques pas du boulevard Mortier et de la porte de Bagnolet, c'est la "La Campagne à Paris", un quartier privilégié autour de quelques rues perchées.

Dans les bucoliques rues Jules Siegfried, Géo-Chavez, Irénée-Blanc...  règnent un calme insoupçonnable, autour de maisons recouvertes de vigne vierge et de glycines …
Ces rues sont circonscrites par deux "Capitaines". Ferber au nord et Tarron au sud, mais ces militaires ne sont pas assez martiaux pour contrer l'humeur champêtre de leurs rues.


La rue du Capitaine-Tarron forme un quart de cercle, elle est à la fois si proche de l'animation de la place de la porte de Bagnolet, et si loin, tant son apaisante courbe croule sous une profusion de verdure et de rosiers en fleurs.

Au dernier étage, les "chiens assis", avec leurs volets mi-clos pour garder la fraîcheur, semblent monter la garde et défendre la quiétude du secteur.
 

Le promeneur qui s'aventure ici, semble être hors de Paris et l'amateur de maisons … fulmine de ne rien trouver à acheter même à bon prix.



>> La Campagne à Paris

 

 

 

Voir les commentaires

Mourir une dernière fois.

24 Septembre 2011, 09:28am

Publié par barreteau

Rue de la Cloche Paris 20ème - Juin 1994


En descendant l’avenue Gambetta, on débouche sur la place Martin Nadaud. Derrière cette place, entre la rue de la Bidassoa et la rue Sorbier, en haut d’un talus herbeux, se trouve un jardin tout récent.

Ce jardin, c'est le square du Docteur Joseph Grancher appelé plus familièrement "Cloche-Bidassoa". Situé sur le flanc sud de la colline de Belleville, il porte encore les traces de son passé : les allées du jardin reproduisent le tracé des anciennes rues pavées: les rues de la Voulzie, Westermann et la rue de la Cloche.

Cette fameuse rue de la Cloche doit son nom à une ancienne fondrière aussi appelée "cloche à l’eau". Cette fondrière va avoir de lourdes conséquences, lorsque l'on envisage de requalifier un quartier fort décati … Les promoteurs immobiliers sont alors face à terrain bien trop fragile pour y construire de grands immeubles, la rentabilité ne sera pas au rendez-vous … aussi vont-ils abandonner la partie. Ce micro-quartier autour de ces trois rues, habitées par de "petites gens", verra alors ses modestes édifices totalement rasés. Mais n'aurait-on pas pu les réhabiliter ?

C'est du moins ce que pense Anna que je rencontre sur les lieux.
Elle arrive de Tel-Aviv pour revoir l'immeuble où ses parents habitaient, dans les années 40. Elle a en poche une adresse : 7 rue de la Cloche, Paris 20ème.


Sur le petit tertre désert, dans ce jardin où semble avoir été enterré le micro-quartier de la Cloche, Anna est désemparée, son regard cherche un indice, une trace du "7 rue de la Cloche" … mais il ne reste rien … seuls peut-être, au sol,  les pavés des rues anciennes, mais ils semblent si fraîchement assemblés que l'on peut douter qu'ils s'agissent des originaux …

Anna me révèle que ses parents ont été arrêtés là en 1942, alors qu'elle - toute gamine - avait été placée en "zone libre". Elle ne les a jamais revus …
C'est alors que, face à ce quartier disparu, elle me fera cette terrible remarque :

"Maintenant, je sais, qu'ils vont mourir une dernière fois … !"



>> Voir aussi : Trop tard …!

>> "Je reviens d'un lieu qui n'existe plus …"

>> Une rue de Paris qui a été totalement rayée de la carte …

>> Rue de la Cloche.

>> Le secteur Cloche-Bidassoa aujourd'hui: square du Docteur Joseph Grancher.

 

Voir les commentaires

Paris des femmes célèbres.

19 Septembre 2011, 08:35am

Publié par barreteau

Simone Signoret dans "Casque d'or" -1954- Photo DR: "The Artist ©"

"Paris des femmes célèbres" vient d'être publié aux Editions du Chêne.
L'Editeur m'en fait parvenir un exemplaire et me demande d'en parler sur Parisperdu.
Ce que je fais bien volontiers, d'autant que l'ouvrage est original et de qualité.
Il permet en effet de découvrir Paris autrement, en présentant chaque grand lieu historique de la capitale avec la femme qui y a laissé son empreinte.

L'ouvrage est organisé par arrondissement, aussi je me précipite en fin de volume pour y retrouver mon cher 20ème. Dernière page de l'ouvrage : Simone Signoret et le jardin Casque d'or, je me dis : "pas mal" !

Seulement voilà, petit problème : le jardin n'est pas celui auquel l'on pouvait s'attendre !

Le site, choisi dans l'ouvrage, le jardin Casque d'or, est un endroit qui n'a rien du "grand lieu historique" et de surcroît pas très glamour … Ce jardin, situé rue Michel de Bourges, une rue trop bien rénovée, bordée d'immeubles sans charme … n'a en effet rien à faire avec l'amour impossible, marqué par le destin, que portent à l'écran Signoret et Reggiani …

On est bien loin du jardin de la maison de Leca et de ses apaches … et l'on aurait préféré que la grande comédienne fut associée au 44 rue des Cascades, au cœur du vieux Belleville, exactement là où fut tourné le film de Jacques Becker.

Encore deux petites remarques pour clore mes commentaires sur ce livre au final agréable et instructif.
Tout d'abord, on pourrait souhaiter que chacune des "femmes célèbres" ait eu droit à son portrait-photo, car si l'on n'a pas de mal à visualiser Edith Piaf ou Simone de Beauvoir, … il n'en va pas de même pour Olympe de Gouges, Bertie Albrecht et bien d'autres…

Enfin, il est dommage que la localisation des sites retenus ne figure pas sur les plans qui illustrent chaque arrondissement.

 

>> Paris des femmes célèbres, aux Editions du Chêne.

>> Le "vrai" jardin de Casque d'or, au 44 rue des Cascades.

 

 

Voir les commentaires

La condition urbaine - La ville à l'heure de la mondialisation.

15 Septembre 2011, 08:15am

Publié par barreteau

16 rue de Nantes - Paris 19ème. (juillet 1997)


Après Maurice Merleau-Ponty, Michel de Certeau, Georges Perec et Italo Calvino, Olivier Mongin s'intéresse à la ville à l'heure de la mondialisation.
Dans son ouvrage: "La condition urbaine", Mongin appelle à la réflexion : l’Urbain définit désormais notre "condition", la ville est devenue notre environnement "naturel" et les enjeux de société possèdent, inévitablement, une forte dimension urbaine.

Aujourd'hui, la "question urbaine" ne définit plus un domaine isolable. Elle n’est pas tout, mais elle est partout. Car avec la mondialisation, nous voilà projetés dans "l'après-ville ", dans le "post-urbain ".

A Paris, nous étions habitués à voir la ville comme un espace circonscrit par l'anneau du périph' et dans lequel se déroule une vie culturelle, sociale et politique rendant possible une intégration civique des individus ... Nous voici maintenant confrontés d'un côté à des métropoles gigantesques et sans limites, et de l'autre au surgissement d'entités globales, en réseau, coupées de leur environnement.

Parallèlement, la dynamique de la ville voit deux processus à l'œuvre: celle des quartiers en difficulté, mais aussi celle des retrouvailles d’une partie des "classes moyennes" avec la ville dense, un processus que l'on peut résumer par le terme, réducteur, de "gentrification".

Et c'est bien ces contradictions en mouvement, qui rendent passionnante l'approche de la ville aujourd’hui.

Mais la reconfiguration en cours suscite l'inquiétude : allons-nous assister au déclin irrémédiable des valeurs urbaines qui ont accompagné l'histoire européenne ?
La fragmentation et l'étalement chaotique vont-ils inéluctablement l'emporter ?
Sommes-nous condamnés à regretter le Paris des Lumières, la grande ville du 19ème siècle ?
A une époque où l'information s'échange immatériellement selon des flux plutôt que dans des lieux : comment, dans ces conditions, refonder un lieu urbain accordé à notre temps ?
Tel est le défi proposé par la mondialisation à Paris comme aux autres grandes métropoles.



>> La Condition urbaine, par Olivier Mongin.

 

 

Voir les commentaires

Mouss, 21 ans, hitiste ordinaire ...

11 Septembre 2011, 09:43am

Publié par barreteau

Hall de l'immeuble 5C, dans l'un des quartiers Nord de la capitale.
Mouss est au centre de l'image.


On les appelle les "hitistes", littéralement les "teneurs de murs". Leur  nom est dérivé du mot “hit” qui en algérois signifie “mur”.
Est hitiste, un jeune de sexe masculin, chômeur, adossé toute la  journée à un mur parce qu’il n'a pas plus d’espace personnel au domicile familial que d’espérance d’évolution dans la société. Le hitiste revient toujours squatter le mur nourricier qui l'a vu grandir, lui et ses congénères.

En ce matin d'hiver, je pars dans les quartiers Nord de la capitale, à la rencontre de jeunes en galère, collectionneurs au mieux de petits boulots et tous marqués par l’échec scolaire.

Je finis par croiser Mouss, 21 ans, qui cherche la voie qui lui permettrait de couper le cordon ombilical avec "les murs de chez lui" …

Mouss est là, depuis des années, du matin jusqu'au soir, avec ses potes hitistes. Collés au mur toute la journée, ils regardent passer la vie …

Mouss n'a jamais travaillé, n'a connu que l'ennui, le chômage, la petite délinquance aussi un peu… et les problèmes de logements: ils sont 8 dans le petit 3 pièces familial, … alors il est tout le temps dehors. Et il ne peut même pas déménager, "j'habite dans mes vêtements" dit-il, un brin désabusé.

Alors Mouss n'en peut plus, depuis des années et des années il veut partir … ailleurs, n'importe où, mais ailleurs, … là  où il y aurait des activités et des occupations autrement plus épanouissantes …
Mais il est où, cet ailleurs ?


>> "C'est déjà ça …"

 

Voir les commentaires

Paris, cité fantôme ?

7 Septembre 2011, 08:04am

Publié par barreteau

Rue du Docteur Paul Brousse Paris 17ème - "Boucherie fermée pour cause de santé"


La pénurie de logements à des prix abordables fait fuir le parigot de sa ville. Jadis, on "montait" de sa province à Paris pour y faire carrière. Désormais on y naît, puis on la quitte.

La ville a compté jusqu'à près de 3 millions d'âmes en 1921, record historique. En 2011, la population de Paris dépasse tout juste les 2 millions. Et la décroissance va se poursuivre car il faut s'attendre, dans les prochaines années, à un "double déficit migratoire": celui des "jeunes actifs de 25 à 39 ans" qui vont, de plus en plus quitter Paris, pour élever leurs enfants dans un environnement moins urbain, moins pollué et celui des seniors de 55-64 ans qui vont en partir pour passer leur retraite sous des cieux moins coûteux.

S'il s'avère que l'emploi et le cadre de vie sont les deux motivations déterminantes des Français pour choisir leur lieu de résidence, selon chacun de ces deux critères, la capitale tend à devenir dissuasive. Résider en Ile-de-France est bien plus souvent vécu comme une contrainte que comme un choix.

Désormais qui peuplent les quartiers "populaires" des 18, 19 et 20ème arrondissements, hormis une foule d'immigrés d'Afrique et du Maghreb ? Dans certains secteurs, il ne reste que les seniors peu fortunés qui n'ont pu fuir.
Mais depuis quelques années, de nouveaux contingents arrivent ici: ce sont les écolos-bobos qui trouvent ces quartiers si "authentiques" et tellement "tendance". Grâce à eux (ou à cause d'eux ?), Paris a su créer un contre-ghetto, là où certains quartiers de cette belle ville ressemblent à ceux du 9-3.

Certes le prix de l'immobilier est au firmament, certes trouver un logement en location à un prix décent est impossible, sauf pour les nantis et les fonctionnaires qui bénéficient d'avantages certains, mais il y a beaucoup plus grave: les commerces ferment en masse, l'activité est paralysée, le stationnement impossible et les embouteillages sont légions et gigantesques … tout cela ne va-t-il pas finalement, transformer Paris en cité fantôme ?

 

 >> Paris, n'est pas un musée.

>> Paris a-t-il perdu son âme ?

 

 

Voir les commentaires

Mémoires d'outre-tombe ... Issoire.

3 Septembre 2011, 08:31am

Publié par barreteau


Du 26 au 30 de la rue de la Tombe-Issoire, les façades des immeubles affichent, depuis déjà bien longtemps, des ouvertures murées de toute part.

Mais derrière ces murs aveugles, il y a pourtant quelque chose d'unique à Paris: la vielle ferme de Montsouris et ses 2700 m2 de terrain, … de quoi aiguiser l'appétit d'un promoteur.

De la ferme de Montsouris qui a fourni du lait frais aux Parisiens jusque dans les années 1930, il ne subsiste aujourd'hui qu'une grande cour avec une grange, et un cellier voûté.

Et sous la ferme,  il y a les carrières de Port-Mahon qui font partie de l'un des tous premiers circuits des catacombes de Paris. Et, c'est bien là "le hic" car le projet d’immeubles que le promoteur compte y construire se heurte jusqu’à présent à cet obstacle de taille : l’existence, sous l’intégralité du terrain, de carrières médiévales classées "Monument Historique".

Alors, défenseurs du patrimoine et promoteurs s’affrontent sur ce dossier immobilier depuis maintenant près d’une décennie. Et le bras de fer n'est pas près d'être terminé …

Le collectif d'associations, qui s'est formé pour défendre ce monument historique "rarissime", dénonce la "pseudo-restauration", proposée par le promoteur, qui servirait surtout à poser les fondations d'immeubles neufs. La juge des référés du tribunal administratif de Paris vient de lui donner raison le 13 juillet dernier, en estimant le projet "susceptible de porter atteinte à l'intégrité du monument".

Pour dénouer l'affaire, plusieurs propositions de rachat du terrain ont été faites au promoteur par diverses parties prenantes, en vue d'une restauration de la ferme Montsouris avec comme but final, celui de créer une ferme bio ou des équipements culturels.

Et maintenant, voilà que les "people" s'en mêlent, et parmi eux: Lorànt Deutsch dont l'amour pour Paris ne peut être mis en doute; mais que penser de son acolyte, chef au Meurice, qui prêche pour une ferme bio avec son bestiaire, le tout associé à un restaurant haut de gamme, … le fumier de l'étable va-t-il côtoyer le fumet des plats gastronomiques … ?

Finalement, le statuquo pourrait durer encore longtemps car le meilleur atout pour la défense du site reste sans doute son sous-sol, trop fragile pour supporter de nouveaux immeubles et dont le classement désormais définitif n'autorisera pas l'édification de fondations souterraines …

Issoire, ce géant de légende, dont la tombe serait située dans le secteur, serait-il en train de se rappeler à notre mémoire, en envoyant d'outre-tombe un message aux promoteurs : celui de passer leur chemin … ?



>> Site du collectif des associations de Sauvegarde du 26 rue de la Tombe-Issoire.

>> Lorànt Deutsch à la ferme …


Voir les commentaires

L'avenir, c'était mieux avant.

30 Août 2011, 08:15am

Publié par barreteau

Palais des Congrès de la Porte Maillot -  75017 Paris.
Construit à partir de 1970 et inauguré en 1974, c'est un exemple de l'architecture des 30 Glorieuses.

 

 Lequel d'entre nous n'a jamais maugréé : "Ah c'était quand même mieux avant !"
Certes, on peut penser qu'il y a toujours eu - et qu'il y aura toujours - des "vieux cons" qui regrettent le passé et leur jeunesse.

Vous avez dit "Nostalgie"… ?
"La nostalgie, c'est le désir d'on ne sait quoi ", a écrit Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des hommes. Ce sentiment repose sur des mécanismes d'idéalisation du passé. Le temps filtre les aspects négatifs du souvenir. Il ne reste que le positif.

Bien évidemment, tout cela est hautement subjectif, mais il me semble que dans un passé pas trop lointain, les gens croyaient plus au progrès, plus à l'avenir, … plus à l'homme aussi.
Mais depuis que le business, l'argent, la rentabilité à tout prix et l'hyperconsommation règnent en maîtres, … bref depuis que les financiers ont pris le pouvoir dans la société,  on a désappris à vivre ensemble. Le bon sens populaire a cédé la place à l'uniformisation et la sagesse s'émousse. Et, il faut bien reconnaître que l'ambiance n'est plus la même.

Sans tomber dans la brève de comptoir, il faut aussi admettre que beaucoup d'entre-nous disent regretter la façon dont ils exerçaient leur métier. Un seul exemple, France Télécom: avant c'était une entreprise dans laquelle les gens étaient fiers de travailler, il y avait un esprit de corps… aujourd'hui, ils se suicident.

Et cette fuite du "vivre ensemble" ne se constate pas seulement dans les relations au travail. Dans la vie au quotidien, dans les familles aussi, on était beaucoup plus proches ; il y avait du boulot pour (quasiment) tout le monde ; on pouvait vivre décemment avec un seul salaire, les enfants étaient mieux éduqués, les personnes âgées mieux considérées, il y avait plus de morale, de respect pour les valeurs essentielles.

Alors vraiment, c'était mieux avant… ?
Mais avant quand ? Avant 1960 … 70 … 80 … 90 ?

De 1960 au début des années 80, la société est rétrospectivement parée de toutes les vertus et sacralisée. La France de ces années-là est devenue un mythe … Et même si, suivant les époques, il y avait du bien et du moins bien, jusqu'à la crise du pétrole des années 75 en tout cas, il semblait qu'on allait toujours vers le mieux alors que depuis 20 ans on sent, que l'on va vers le moins bien...

Alors, marche arrière toute … ?
A l'heure du tout numérique, rien n'est plus tendance que le "noir et blanc".
Ah, le bon vieux temps, celui du Franc, quand la vie n'était pas aussi chère qu'aujourd'hui.
En proie à la nostalgie, le passé serait donc devenu la valeur refuge des Français. Car les Français, d'une part insatisfaits par la période actuelle et d'autre part anxieux face aux modes de vie incertains que le futur leur réserve, se sont exilés dans le culte imaginaire des "Trente Glorieuses", … comme si l'avenir, c'était mieux avant …


>> Les "trente glorieuses sont devant nous", de Valérie Rabault et Karine Berger.

>> Lire aussi sur Parisperdu : "Nostalgie".

>> "C'était mieux avant ", par Monsieur Roux.

 

 

 

Voir les commentaires

Flassa : si loin de tout.

26 Août 2011, 08:41am

Publié par barreteau

Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies" , Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris. Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie.
Dans le sud de la France, après
Perillos, un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; après Comes un village abandonné après de terribles années, entre 1921 et 1926, quand la sécheresse eût raison, saison après saison, de chaque récolte; Parisperdu a visité Flassa, un autre village abandonné qui gît là, posé sur la pente ... dans un paysage magnifique...
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.



Il faut marcher longtemps, grimper surtout et, bien après que le souffle soit devenu court, … dans un ultime lacet, apparaît soudain la récompense: l'église Saint-Maurice de Flassa, aux avant-postes du village.

Si loin du tout, posé sur la pente, sans même un panneau pour signaler son existence, Flassa se baigne, en ce matin, dans un soleil d'été.

C'est d'abord le silence qui vous accueille ici, celui de l'abandon, du vide.
Pas un être humain, pas un animal, rien de vivant, … à Flassa, même les arbres sont morts !

Dans les années 60, la fermeture des mines de fer et des marbrières, le déclin du pastoralisme, l'attrait des villes … ont été les facteurs du dépeuplement de ce territoire. A Flassa, la poignée d'irréductibles, partisans de la vie en montagne va alors se réduire progressivement, jusqu'au tournant de l'année 2000. Cette année-là, Flassa avait encore un dernier habitant, un berger, vieux, tenace, fidèle à sa maison musée alors que le reste du hameau continuait à se rider, à se creuser. Il est allé jusqu'au bout, avec ses quelques moutons et tout cet espace où le regard plonge et se perd.

Dans sa maison, dorénavant elle aussi abandonnée, la seule encore habitable, un cantonnier de la commune voisine a pris le relai.
Il y loge de temps à autre, surtout pendant la période des foins, où il est chargé de couper les herbages et de les stocker au rez-de-chaussée de l'habitation. Le fourrage nourrira les troupeaux de passage, jusqu'à l'approche de l'hiver.

Pour lui rendre la vie un peu plus facile, on lui a installé une dizaine de m2 de panneaux photovoltaïques : seul signe de modernité dans le vieux village abandonné.
Alors, timidement Flassa se dénoue de son abandon, les quelques salades et tomates cultivées par ce nouveau résident, en sont les témoins.

Face au Canigou omniprésent, la montagne sacrée des catalans, Flassa garde une certaine noblesse. Et, lorsque Jean Giono écrit: "Comme les hommes, les pays ont une noblesse qu'on ne peut connaître que par l'approche et la fréquentation amicale. Et il n'y a pas de plus puissant outil d'approche et de fréquentation que la marche à pied.", on peut penser qu'il est venu un jour jusqu'à Flassa !

Alors nous aussi, nous vous invitons à marcher, à suer, à peiner pour atteindre ce village perdu …
Et, tout comme Aladin qui frotte sa manche à la lampe magique, en frottant vos chaussures à la terre, à la roche, vous réveillerez l'esprit des lieux, l'esprit de ce village abandonné … au moins pendant le court temps de votre visite.


>>  L'église Saint-Maurice de Flassa, aux avant-postes du village.

>> Balade dans le village de Flassa.

 

 

Voir les commentaires

Le petit Paris.

22 Août 2011, 09:17am

Publié par barreteau


Dans mon village de vacances, on me dit qu'il existe un "petit Paris".
Un petit Paris ?
Je me fais, bien sûr, un devoir d'aller voir ça de plus près.

Sur la presqu'ile qui referme le port sur lui-même, sur une hauteur qui domine même le clocher du village, il y a là, une petite dizaine de maisons, le long de deux rues minuscules : c'est le petit Paris.

Mais rien ne semble justifier une telle appellation, ici rien de capital, tout respire la modestie … dans une torpeur bien méditerranéenne. Point d'agitation dans les rues où seuls quelques chats se prélassent au soleil et quelques résidents âgés se reposent à l'ombre du figuier.
Alors pourquoi le petit Paris … ?

Il faut aller chercher la réponse, dans la déformation du vocable catalan du lieu, le petit Paris serait en fait … le petit Barri, le petit quartier !
Et, là on comprend mieux, car ce petit quartier est bien en fait une annexe du village … et ce "barri" a un charme fou … un peu comme Paris finalement !


>> Le Petit barri de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales)


Voir les commentaires