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PARISPERDU
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Mouss, 21 ans, hitiste ordinaire ...

11 Septembre 2011, 09:43am

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Publié par barreteau

Hall de l'immeuble 5C, dans l'un des quartiers Nord de la capitale.
Mouss est au centre de l'image.


On les appelle les "hitistes", littéralement les "teneurs de murs". Leur  nom est dérivé du mot “hit” qui en algérois signifie “mur”.
Est hitiste, un jeune de sexe masculin, chômeur, adossé toute la  journée à un mur parce qu’il n'a pas plus d’espace personnel au domicile familial que d’espérance d’évolution dans la société. Le hitiste revient toujours squatter le mur nourricier qui l'a vu grandir, lui et ses congénères.

En ce matin d'hiver, je pars dans les quartiers Nord de la capitale, à la rencontre de jeunes en galère, collectionneurs au mieux de petits boulots et tous marqués par l’échec scolaire.

Je finis par croiser Mouss, 21 ans, qui cherche la voie qui lui permettrait de couper le cordon ombilical avec "les murs de chez lui" …

Mouss est là, depuis des années, du matin jusqu'au soir, avec ses potes hitistes. Collés au mur toute la journée, ils regardent passer la vie …

Mouss n'a jamais travaillé, n'a connu que l'ennui, le chômage, la petite délinquance aussi un peu… et les problèmes de logements: ils sont 8 dans le petit 3 pièces familial, … alors il est tout le temps dehors. Et il ne peut même pas déménager, "j'habite dans mes vêtements" dit-il, un brin désabusé.

Alors Mouss n'en peut plus, depuis des années et des années il veut partir … ailleurs, n'importe où, mais ailleurs, … là  où il y aurait des activités et des occupations autrement plus épanouissantes …
Mais il est où, cet ailleurs ?


>> "C'est déjà ça …"

 

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Paris, cité fantôme ?

7 Septembre 2011, 08:04am

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Publié par barreteau

Rue du Docteur Paul Brousse Paris 17ème - "Boucherie fermée pour cause de santé"


La pénurie de logements à des prix abordables fait fuir le parigot de sa ville. Jadis, on "montait" de sa province à Paris pour y faire carrière. Désormais on y naît, puis on la quitte.

La ville a compté jusqu'à près de 3 millions d'âmes en 1921, record historique. En 2011, la population de Paris dépasse tout juste les 2 millions. Et la décroissance va se poursuivre car il faut s'attendre, dans les prochaines années, à un "double déficit migratoire": celui des "jeunes actifs de 25 à 39 ans" qui vont, de plus en plus quitter Paris, pour élever leurs enfants dans un environnement moins urbain, moins pollué et celui des seniors de 55-64 ans qui vont en partir pour passer leur retraite sous des cieux moins coûteux.

S'il s'avère que l'emploi et le cadre de vie sont les deux motivations déterminantes des Français pour choisir leur lieu de résidence, selon chacun de ces deux critères, la capitale tend à devenir dissuasive. Résider en Ile-de-France est bien plus souvent vécu comme une contrainte que comme un choix.

Désormais qui peuplent les quartiers "populaires" des 18, 19 et 20ème arrondissements, hormis une foule d'immigrés d'Afrique et du Maghreb ? Dans certains secteurs, il ne reste que les seniors peu fortunés qui n'ont pu fuir.
Mais depuis quelques années, de nouveaux contingents arrivent ici: ce sont les écolos-bobos qui trouvent ces quartiers si "authentiques" et tellement "tendance". Grâce à eux (ou à cause d'eux ?), Paris a su créer un contre-ghetto, là où certains quartiers de cette belle ville ressemblent à ceux du 9-3.

Certes le prix de l'immobilier est au firmament, certes trouver un logement en location à un prix décent est impossible, sauf pour les nantis et les fonctionnaires qui bénéficient d'avantages certains, mais il y a beaucoup plus grave: les commerces ferment en masse, l'activité est paralysée, le stationnement impossible et les embouteillages sont légions et gigantesques … tout cela ne va-t-il pas finalement, transformer Paris en cité fantôme ?

 

 >> Paris, n'est pas un musée.

>> Paris a-t-il perdu son âme ?

 

 

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Mémoires d'outre-tombe ... Issoire.

3 Septembre 2011, 08:31am

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Publié par barreteau


Du 26 au 30 de la rue de la Tombe-Issoire, les façades des immeubles affichent, depuis déjà bien longtemps, des ouvertures murées de toute part.

Mais derrière ces murs aveugles, il y a pourtant quelque chose d'unique à Paris: la vielle ferme de Montsouris et ses 2700 m2 de terrain, … de quoi aiguiser l'appétit d'un promoteur.

De la ferme de Montsouris qui a fourni du lait frais aux Parisiens jusque dans les années 1930, il ne subsiste aujourd'hui qu'une grande cour avec une grange, et un cellier voûté.

Et sous la ferme,  il y a les carrières de Port-Mahon qui font partie de l'un des tous premiers circuits des catacombes de Paris. Et, c'est bien là "le hic" car le projet d’immeubles que le promoteur compte y construire se heurte jusqu’à présent à cet obstacle de taille : l’existence, sous l’intégralité du terrain, de carrières médiévales classées "Monument Historique".

Alors, défenseurs du patrimoine et promoteurs s’affrontent sur ce dossier immobilier depuis maintenant près d’une décennie. Et le bras de fer n'est pas près d'être terminé …

Le collectif d'associations, qui s'est formé pour défendre ce monument historique "rarissime", dénonce la "pseudo-restauration", proposée par le promoteur, qui servirait surtout à poser les fondations d'immeubles neufs. La juge des référés du tribunal administratif de Paris vient de lui donner raison le 13 juillet dernier, en estimant le projet "susceptible de porter atteinte à l'intégrité du monument".

Pour dénouer l'affaire, plusieurs propositions de rachat du terrain ont été faites au promoteur par diverses parties prenantes, en vue d'une restauration de la ferme Montsouris avec comme but final, celui de créer une ferme bio ou des équipements culturels.

Et maintenant, voilà que les "people" s'en mêlent, et parmi eux: Lorànt Deutsch dont l'amour pour Paris ne peut être mis en doute; mais que penser de son acolyte, chef au Meurice, qui prêche pour une ferme bio avec son bestiaire, le tout associé à un restaurant haut de gamme, … le fumier de l'étable va-t-il côtoyer le fumet des plats gastronomiques … ?

Finalement, le statuquo pourrait durer encore longtemps car le meilleur atout pour la défense du site reste sans doute son sous-sol, trop fragile pour supporter de nouveaux immeubles et dont le classement désormais définitif n'autorisera pas l'édification de fondations souterraines …

Issoire, ce géant de légende, dont la tombe serait située dans le secteur, serait-il en train de se rappeler à notre mémoire, en envoyant d'outre-tombe un message aux promoteurs : celui de passer leur chemin … ?



>> Site du collectif des associations de Sauvegarde du 26 rue de la Tombe-Issoire.

>> Lorànt Deutsch à la ferme …


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L'avenir, c'était mieux avant.

30 Août 2011, 08:15am

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Publié par barreteau

Palais des Congrès de la Porte Maillot -  75017 Paris.
Construit à partir de 1970 et inauguré en 1974, c'est un exemple de l'architecture des 30 Glorieuses.

 

 Lequel d'entre nous n'a jamais maugréé : "Ah c'était quand même mieux avant !"
Certes, on peut penser qu'il y a toujours eu - et qu'il y aura toujours - des "vieux cons" qui regrettent le passé et leur jeunesse.

Vous avez dit "Nostalgie"… ?
"La nostalgie, c'est le désir d'on ne sait quoi ", a écrit Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des hommes. Ce sentiment repose sur des mécanismes d'idéalisation du passé. Le temps filtre les aspects négatifs du souvenir. Il ne reste que le positif.

Bien évidemment, tout cela est hautement subjectif, mais il me semble que dans un passé pas trop lointain, les gens croyaient plus au progrès, plus à l'avenir, … plus à l'homme aussi.
Mais depuis que le business, l'argent, la rentabilité à tout prix et l'hyperconsommation règnent en maîtres, … bref depuis que les financiers ont pris le pouvoir dans la société,  on a désappris à vivre ensemble. Le bon sens populaire a cédé la place à l'uniformisation et la sagesse s'émousse. Et, il faut bien reconnaître que l'ambiance n'est plus la même.

Sans tomber dans la brève de comptoir, il faut aussi admettre que beaucoup d'entre-nous disent regretter la façon dont ils exerçaient leur métier. Un seul exemple, France Télécom: avant c'était une entreprise dans laquelle les gens étaient fiers de travailler, il y avait un esprit de corps… aujourd'hui, ils se suicident.

Et cette fuite du "vivre ensemble" ne se constate pas seulement dans les relations au travail. Dans la vie au quotidien, dans les familles aussi, on était beaucoup plus proches ; il y avait du boulot pour (quasiment) tout le monde ; on pouvait vivre décemment avec un seul salaire, les enfants étaient mieux éduqués, les personnes âgées mieux considérées, il y avait plus de morale, de respect pour les valeurs essentielles.

Alors vraiment, c'était mieux avant… ?
Mais avant quand ? Avant 1960 … 70 … 80 … 90 ?

De 1960 au début des années 80, la société est rétrospectivement parée de toutes les vertus et sacralisée. La France de ces années-là est devenue un mythe … Et même si, suivant les époques, il y avait du bien et du moins bien, jusqu'à la crise du pétrole des années 75 en tout cas, il semblait qu'on allait toujours vers le mieux alors que depuis 20 ans on sent, que l'on va vers le moins bien...

Alors, marche arrière toute … ?
A l'heure du tout numérique, rien n'est plus tendance que le "noir et blanc".
Ah, le bon vieux temps, celui du Franc, quand la vie n'était pas aussi chère qu'aujourd'hui.
En proie à la nostalgie, le passé serait donc devenu la valeur refuge des Français. Car les Français, d'une part insatisfaits par la période actuelle et d'autre part anxieux face aux modes de vie incertains que le futur leur réserve, se sont exilés dans le culte imaginaire des "Trente Glorieuses", … comme si l'avenir, c'était mieux avant …


>> Les "trente glorieuses sont devant nous", de Valérie Rabault et Karine Berger.

>> Lire aussi sur Parisperdu : "Nostalgie".

>> "C'était mieux avant ", par Monsieur Roux.

 

 

 

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Flassa : si loin de tout.

26 Août 2011, 08:41am

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Publié par barreteau

Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies" , Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris. Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie.
Dans le sud de la France, après
Perillos, un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; après Comes un village abandonné après de terribles années, entre 1921 et 1926, quand la sécheresse eût raison, saison après saison, de chaque récolte; Parisperdu a visité Flassa, un autre village abandonné qui gît là, posé sur la pente ... dans un paysage magnifique...
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.



Il faut marcher longtemps, grimper surtout et, bien après que le souffle soit devenu court, … dans un ultime lacet, apparaît soudain la récompense: l'église Saint-Maurice de Flassa, aux avant-postes du village.

Si loin du tout, posé sur la pente, sans même un panneau pour signaler son existence, Flassa se baigne, en ce matin, dans un soleil d'été.

C'est d'abord le silence qui vous accueille ici, celui de l'abandon, du vide.
Pas un être humain, pas un animal, rien de vivant, … à Flassa, même les arbres sont morts !

Dans les années 60, la fermeture des mines de fer et des marbrières, le déclin du pastoralisme, l'attrait des villes … ont été les facteurs du dépeuplement de ce territoire. A Flassa, la poignée d'irréductibles, partisans de la vie en montagne va alors se réduire progressivement, jusqu'au tournant de l'année 2000. Cette année-là, Flassa avait encore un dernier habitant, un berger, vieux, tenace, fidèle à sa maison musée alors que le reste du hameau continuait à se rider, à se creuser. Il est allé jusqu'au bout, avec ses quelques moutons et tout cet espace où le regard plonge et se perd.

Dans sa maison, dorénavant elle aussi abandonnée, la seule encore habitable, un cantonnier de la commune voisine a pris le relai.
Il y loge de temps à autre, surtout pendant la période des foins, où il est chargé de couper les herbages et de les stocker au rez-de-chaussée de l'habitation. Le fourrage nourrira les troupeaux de passage, jusqu'à l'approche de l'hiver.

Pour lui rendre la vie un peu plus facile, on lui a installé une dizaine de m2 de panneaux photovoltaïques : seul signe de modernité dans le vieux village abandonné.
Alors, timidement Flassa se dénoue de son abandon, les quelques salades et tomates cultivées par ce nouveau résident, en sont les témoins.

Face au Canigou omniprésent, la montagne sacrée des catalans, Flassa garde une certaine noblesse. Et, lorsque Jean Giono écrit: "Comme les hommes, les pays ont une noblesse qu'on ne peut connaître que par l'approche et la fréquentation amicale. Et il n'y a pas de plus puissant outil d'approche et de fréquentation que la marche à pied.", on peut penser qu'il est venu un jour jusqu'à Flassa !

Alors nous aussi, nous vous invitons à marcher, à suer, à peiner pour atteindre ce village perdu …
Et, tout comme Aladin qui frotte sa manche à la lampe magique, en frottant vos chaussures à la terre, à la roche, vous réveillerez l'esprit des lieux, l'esprit de ce village abandonné … au moins pendant le court temps de votre visite.


>>  L'église Saint-Maurice de Flassa, aux avant-postes du village.

>> Balade dans le village de Flassa.

 

 

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Le petit Paris.

22 Août 2011, 09:17am

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Publié par barreteau


Dans mon village de vacances, on me dit qu'il existe un "petit Paris".
Un petit Paris ?
Je me fais, bien sûr, un devoir d'aller voir ça de plus près.

Sur la presqu'ile qui referme le port sur lui-même, sur une hauteur qui domine même le clocher du village, il y a là, une petite dizaine de maisons, le long de deux rues minuscules : c'est le petit Paris.

Mais rien ne semble justifier une telle appellation, ici rien de capital, tout respire la modestie … dans une torpeur bien méditerranéenne. Point d'agitation dans les rues où seuls quelques chats se prélassent au soleil et quelques résidents âgés se reposent à l'ombre du figuier.
Alors pourquoi le petit Paris … ?

Il faut aller chercher la réponse, dans la déformation du vocable catalan du lieu, le petit Paris serait en fait … le petit Barri, le petit quartier !
Et, là on comprend mieux, car ce petit quartier est bien en fait une annexe du village … et ce "barri" a un charme fou … un peu comme Paris finalement !


>> Le Petit barri de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales)


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No tag in Stalingrad.

23 Juillet 2011, 09:34am

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Publié par barreteau

Place de Stalingrad : La Retonde de Claude Nicolas Ledoux sur la place réaménagée par Bernard Huet.

On peut s’interroger sur la remarquable absence de tags sur la Place de Stalingrad.
Serait-ce la monumentalité du lieu qui inhiberait la "créativité" des tagueurs ?
Ou bien ceux-ci adhèrent-ils inconsciemment au style voulu par les deux architectes successifs de la Place: Ledoux et Huet ?
Ou alors, plus prosaïquement, la mairie ou la Ville nettoient-elles instantanément et en priorité chaque "taggage" à cet endroit ?

Nous n'avons pas la réponse, mais force est de constater les faits : la Place de Stalingrad n’est jamais tagguée.
Nous nous permettrons alors une interprétation : elle n’est pas tagguée précisément parce qu’elle est livrée à la "consommation urbaine" de tous, y compris des victimes de la crise, de la drogue, … et des délinquants multicartes … tous trouvent ici une scène nocturne où exhiber leur malheur social et individuel.

Ces gens qui parfois flirtent avec leur propre disparition, seraient en communication symbolique avec la sobre et sombre Rotonde de Ledoux, un lieu à la solennité incontestable, en quelque sorte: un temple, … leur temple !
Et, on ne taggue pas son propre temple …


>> La double vie de la Place Stalingrad.


 

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La double vie de la Place de Stalingrad.

19 Juillet 2011, 09:25am

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Publié par barreteau

Les deux facettes de la Place de Stalingrad - Paris 19e arrondissement.
(Photomontage: © Pierre Barreteau)



Le projet de la nouvelle Place de Stalingrad fut dès le départ étroitement liés au programme d’aménagement du bassin de la Villette. Il devait aussi poursuivre le grand projet urbain de Ledoux (et surtout de Girard), sans prétendre toutefois à une reconstitution littérale.
La Place, retravaillée par l'architecte Bernard Huet a été livrée au public en 1989.
Quelques 20 ans après, quel est le résultat pratique obtenu ?

Sa fréquentation diurne/nocturne fait penser à Mr. Jekyll et Dr. Hyde, la place ayant une double vie : respectable le jour, mais interlope la nuit. Ainsi, arrivé au terme de sa rénovation, la place de Stalingrad doit encore régler ses problèmes de drogues ...

Un temps chassés en banlieue, les dealers de "crack" vendent à nouveau à Stalingrad. L'endroit précis est connu sous le nom de "camp des arcades", un petit camp retranché sous les arcades du bout de la place avec, comme rempart protecteur, des barrières de chantier de la ville de Paris. Sur ce spot, se tiennent en permanence une trentaine de zonards tellement accros qu’ils achètent et ­fument leur drogue en plein air. Les rares passants détournent le regard, tandis que défilent des dizaines d’autres clients venus s'approvisionner ici.

Le problème devrait être résorbé en quelques mois avec le nouveau plan "Crack Stalingrad". Déjà, la police et les brigades anti-criminalité (Bac) font des raids réguliers le soir, et la voirie passe pour nettoyer. Mais les policiers n’embarquent presque personne, car les dealers ont leurs réseaux de guetteurs et, sur la place, les groupes se reforment moins d’une heure après les descentes de police.

Les riverains pensent que l'ouverture de la Rotonde, transformée en restaurant haut de gamme, va contribuer à faire partir les "crackers".
Sans doute, … mais ils trouveront un autre endroit, plus loin. Peut-être même seulement à une centaine de mètres …et la place de Stalingrad continuera à mener sa drôle de double vie.




>> Déjà sur Parisperdu: "Stalingrad".

 

 

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Question de perspective.

15 Juillet 2011, 09:19am

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Publié par barreteau

Rue Tholozé Paris 18ème


Sans doute fascinés par le moulin de la Galette qui, en sa partie haute, ferme la rue Tholozé, Utrillo et après lui beaucoup d'autres peintres n'ont cessé de croquer la perspective montante de la rue.

Tous ont délaissé la perspective inverse, celle de la rue descendante.
C'est pourtant cette dernière qui sied le mieux à l'œil du photographe, car alors les plans successifs s'étalent devant son objectif,  jusqu'à libérer le champ sur un Paris lointain…  d'où émerge le dôme doré des Invalides.

En cette fin d'après-midi ensoleillée, et selon cette perspective, elle a bien fière allure la rue Tholozé …



>> Peinte par Utrillo, il y a 100 ans.

>> Rue Tholozé, en contre-plongée.

 

 

 

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Montmartre à Marseille … ?

11 Juillet 2011, 08:56am

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Publié par barreteau

Place des Moulins, quartier du Panier, Marseille.

De passage dans la cité phocéenne, mon attachement pour les quartiers populaires de nos métropoles me conduit naturellement au Panier.

Une charmante guide de l'Office du Tourisme encadre la visite : sa connaissance des lieux et son amour pour Marseille seront sans doute les gages d'une balade réussie.

Mais quel n'est pas mon étonnement lorsque nous arrivons à la Place des Moulins d'entendre mon cicérone s'exclamer: "Voici l'endroit qui devrait devenir notre Place du Tertre" !

Certes la Montée des Accoules peut faire penser aux "escaliers de la Butte" parisienne, certes certaines ruelles du Panier peuvent vaguement rappeler Montmartre, mais de là à imaginer que la Mairie de Marseille veuille faire du Panier, le Montmartre marseillais, il y a de quoi s'étonner.

Comment une ville qui entretient une rivalité certaine avec la capitale, pour ne pas dire une détestation du parisien, peut-elle avoir l'idée de copier Montmartre ?
Car la comparaison Panier / Montmartre s'arrête à la topographie des lieux et, Montmartre n'est pas qu'une butte. Montmartre c'est une longue histoire qui va de la Commune de Paris en 1871 au lieu phare de la peinture des 19-20ème siècles. Montmartre a en effet, accueilli des artistes comme Pissarro, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Modigliani, Picasso... Montmartre c'est aussi le Sacré-Cœur, le Lapin Agile, Le Moulin de la Galette, des musées, la fête des vendanges …
Le Panier n'a ni cette histoire ni ce potentiel, aussi vouloir singer Montmartre n'a pas de sens …

Place des Moulins, il n'y a plus de moulins, alors qu'au coin de la rue Lepic, le Moulin de la Galette est toujours en état de marche. Et, vouloir implanter des peintres avec leurs chevalets au Panier, ne sera pas chose aisée, les jours de mistral …

Vouloir développer l'attrait touristique du Panier n'est peut-être pas une mauvaise idée, mais pour cela, vouloir copier Montmartre n'en est certainement pas une bonne !



>> La Montée des Accoules.

 

 

 

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Anniversaire au Père Lachaise.

7 Juillet 2011, 08:49am

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Publié par barreteau

 

Cimetière du Père Lachaise : 6ème division, rangée 2, allée 5
James Douglas Morrison 1943 -1971 

 


Des centaines de fans se sont retrouvés, dimanche dernier, au Père Lachaise sur la tombe de Jim Morrison, pour commémorer le 40ème anniversaire de la mort du chanteur des Doors.

Toutes les nationalités et les générations étaient représentées, mais la majorité des personnes présentes n'était pas née lorsque la rock star décéda à 27 ans, au sommet de sa gloire.

Mais au fait, comment Jim Morrison est-il mort ? Arrêt cardiaque ? Overdose ? Complot de la CIA ? Mise en scène ? Aucune autopsie n'ayant été pratiquée, le mystère reste entier… certains imaginent même que le cercueil est vide...

D'ailleurs, il y a pas mal d'ésotérisme autour de Jim : si le groupe qu'il crée s’appelle "the Doors" c’est qu’il voyait dans le symbolisme de la porte la dimension inquiétante et surnaturelle d’un au-delà inconnu. "Il y a le connu. Il y a l'inconnu. Et entre les deux, il y a la porte, et c'est ça que je veux être" disait-il.
Sur sa tombe, une épitaphe dit en grec : KATA TON DAIMONA EAYTOY, ce qui signifie "fidèle à ton esprit", mais on peut aussi faire une autre traduction: "fidèle à tes démons" …


Le chanteur avait été inhumé le 7 juillet 1971 au cimetière du Père-Lachaise, et ce jour-là, la nouvelle de sa mort n'ayant pas encore été  officiellement confirmée… seules cinq personnes avaient assisté à son enterrement.

Mais aujourd'hui, 40 ans plus tard, ils sont si nombreux que la démonstration est faite: le phénomène Morisson n'est pas près de s'arrêter …


>> Déjà sur Parisperdu : "Les pèlerins du Père Lachaise".


>> "Jim Morrison and the Doors" (Ed.Premium) par Henry Diltz, l'un des plus célèbres photographes du monde du rock

 

  

 

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La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur du passé.

3 Juillet 2011, 09:10am

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Publié par barreteau

 
Ce café est une institution, et dans un tel lieu, l'ambiance ne peut être que feutrée.
Plusieurs clients sont là, comme absents, plongés dans leur livre, griffonnant sur un papier ou rêvant tout simplement, dans une langueur que tout vient aider, que tout vient nourrir : la sérénité du serveur, la lumière, la patine des boiseries, l'odeur de cire et enfin le respect qu'on semble avoir ici pour les choses du passé.


Bien que beaucoup moins luxueux, je retrouve ce bien-être dans certains bars ordinaires de quartiers … eux tout aussi ordinaires.
Ces troquets s'appellent La Galoche d’Aurillac, l’Ébauchoir, le Paul Bert ou Chez Paul, … des bistrots à la fois populaires et sophistiqués, parfois décorés de carrelages Art Nouveau, de zincs majestueux, de verrerie ancienne mais aussi d'objets simples et usuels.
Ce n'est pas qu'ils soient vieux, ils ont l'air d'avoir toujours été là.


Ils sont tout le contraire des bars à la mode des quartiers bobos …
Mais, la mode n'est-ce pas ce qui se démode le plus vite ?
Alors gageons que ces "lounge-bars", ces "concept-bars" et autres "cafés-authen-tocs"… auront une vie bien éphémère.

Quand le présent n'est pas à la hauteur de passé, alors la nostalgie refait surface …
Oui décidément, la nostalgie à de l'avenir.




>> La nostalgie de (ou sur) Parisperdu.

>> Un passé idyllique ?

 

 

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Balade alternative.

29 Juin 2011, 08:28am

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Publié par barreteau

Passerelle sur les voies ferrées de la Petite-ceinture - rue de la Mare Paris 20ème


Non, Paris n’est pas une ville musée. Cette balade alternative va vous prouver que l’on peut aujourd’hui se balader dans la "ville lumière" sans y voir l’ombre d’un touriste.
Alors, prenez des notes !


C'est une déambulation originale dans le 20ème arrondissement qui vous est proposée, une balade qui se donne l'objectif d'explorer les secrets de la ville et, loin des sentiers battus, d’aller à la rencontre de ses habitants.
Un Paris cosmopolite, insolite, fait de cours intérieures et de coins cachés va s'ouvrir à vous.
Surtout prenez le temps d’ouvrir les yeux et, à la fin de la balade, il est certain que vous verrez Paris différemment …

Point de départ: la rue Piat, dans le 20ème, précisément à son belvédère où tout Paris s'offre à vous : le point de vue est aussi bluffant que du haut du Sacré-Cœur de Montmartre, avec la foule en moins et sans les vendeurs de pacotilles touristiques.

De là, cap sur la villa Castel, un endroit secret où le parfum de "Jules et Jim" flotte encore.
Puis dévalez le passage Plantin, étroit à souhait, son ombre et sa fraîcheur sont délicieuses en plein été. Vous débouchez alors dans la rue des Couronnes, à l'endroit exact où Willy Ronis nous a proposé une vue de l'intérieur d'un bar  - aujourd'hui disparu -  avec une jolie perspective vers la clocher de Notre-Dame de la Croix. En face, la cité Loubeyre vous attend, avec ses anciennes manufactures de chaussures, une des activités de pointe du Belleville des années 50.


Direction rue de la Mare, vous la descendrez pour arriver à la passerelle métallique qui enjambe la voie ferrée de la Petite Ceinture : un lieu plein de charme mais dont la vie s'est retirée depuis que la gare de Ménilmontant a été rasée.

En remontant vers la rue de Ménilmontant, une nouvelle perspective s'ouvre à vous, avec en contrebas, la tour Eiffel, si loin, comme dans une autre ville, mitoyenne peut-être …

Par la rue des Amandiers, dans un secteur modernisé, sans grand charme, il vous faudra chercher votre chemin vers Gambetta. Les rues des Partants et Gasnier-Guy, très pentues ont longtemps résisté à leur inéluctable réhabilitation, elles vous permettront d'atteindre la place Martin-Nadeau qui conserve encore un aspect provincial, près du petit tertre du "Square du Docteur Grancher" sur lequel se tenait le micro-quartier de la rue de la Cloche, aujourd'hui disparu.

Vous aurez alors bien mérité de prendre un verre à la terrasse d'un café de la place Martin-Nadeau… à moins que vos forces vous permettent encore de pousser jusqu'au Père-Lachaise, tout proche …

A l'issue de cette balade, vous aurez découvert un petit monde, une sorte de "quatrième dimension", comme un univers nouveau et étrange … mais pour lequel on se prend vite d'affection …


>> Déjà sur Parisperdu: "Paris n'est pas un musée".

>> Déjà sur Parisperdu: "Partez en voyage …".

>> Déjà sur Parisperdu: "Balade hors des sentiers battus ...".

>> Carrefour de la rue des Couronnes et de la rue Henri Chevreau - 1947 - Photo: © Willy Ronis

  
 

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La Place des Fêtes : quelle place ? Quelles fêtes ? (2/2)

25 Juin 2011, 09:18am

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Publié par barreteau

La place des Fêtes,  juin 2008 -  Paris 19ème


Les hautes tours de la Place des Fêtes, esthétiquement très médiocres, délivrent un paradoxe: même "reconstruit" le quartier conserve un caractère villageois et des qualités certaines de convivialité … que n'ont généralement pas les espaces situés au pied des tours ou des barres d'habitation.

C'est qu'ici, à la différence des quartiers à problèmes de la banlieue Nord, par exemple, la population de la Place des Fêtes n’a, elle, pas de problèmes sociaux importants ; ses tours ont une superbe vue sur Paris et elles sont bien reliées au centre ; le quartier est parfaitement équipé ; et l’ambiance y est forcément beaucoup plus légère.

Mais ce résultat, qui est d’abord le fait  des habitants eux-mêmes, n’existerait sans doute pas si ceux-ci ne pratiquaient pas, à l’intérieur de leurs tours, une convivialité certaine et somme toute assez rare dans ce type d’habitat.
Alors, du fait de cette convivialité, l’opposition initiale entre "les gens des tours" et les anciens habitants du quartier s’est rapidement estompée. Et s’il y a bien un repérage des "tours des riches" par les riverains vivant en HLM près de la Place des Fêtes, ce n’est pas la forme architecturale qui le permet — toutes sont plutôt laides — mais la fréquentation de leurs habitants dans l’espace public.

Au final, la vie dans les tours offre, outre l’avantage de ne plus les voir du dehors, maints avantages fonctionnels … Et le discours entièrement négatif sur la Place rénovée a toujours été le fait de non-riverains de la Place.

Un petit tour Place des Fêtes est pour le non-résident une expérience à double détente : passé le premier "choc visuel", l'agrément du lieu vient peu à peu à vous … au fil des rencontre avec ses habitants.

 

>> La place des Fêtes, déjà sur Parisperdu

>> Voir aussi : "Ce n'est pas vraiment la fête ... !"

>> La Place des Fêtes : quelle place ? Quelles fêtes ? (1/2)
 

 

 

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La Place des Fêtes : quelle place ? Quelles fêtes ? (1/2)

21 Juin 2011, 09:05am

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Publié par barreteau

La place des Fêtes,  novembre 2009 -  Paris 19ème

En 1974, peu après son élection, Giscard d’Estaing attaque la politique des grands ensembles, en déclarant:"On a construit ou laissé construire des ensembles d’inspiration collectiviste, monotones et démesurés, qui ont sécrété la violence et la solitude. Rétablir la communication sociale interrompue par le gigantisme et l’anonymat sera une tâche majeure de notre société ".

Les trente années qui suivirent donneront largement raison à Giscard d’Estaing, du moins concernant les "grands ensembles" en général.
Mais, Place des Fêtes, au pied de tours de 26 étages, il semble bien finalement avoir eu tort, tant le démarrage fut difficile. Quand ces tours furent construites vers 1975, on hurla à l’assassinat d’un quartier et d’une culture populaire … et les tours, maudites, restèrent vides pendant trois ans.

Mais aujourd’hui, la Place des Fêtes apparaît à ses habitants, comme un lieu qui se prête à la vie de village et l’image qu’en renvoient ses habitants est bien différente de celle à laquelle pourrait s’attendre le flâneur égaré au milieu des tours et des barres de béton.

Place des Fêtes, on promène son chien, on rencontre des amis, on s'arrête deux minutes pour discuter avec l’un ou avec l’autre, tant il est rare que l'on traverse la Place sans rencontrer quelqu’un de connaissance.

Il n'est pas sûr qu’il y ait beaucoup de places dans Paris comme celle-là. Ici, on a gardé le côté populaire du 19ème, un arrondissement qui a toujours été comme cela, avec des gens qui respirent la simplicité et le naturel.

Et ceci est d’autant plus remarquable que de l’avis général il n’y a pas à cet endroit de "vraies fêtes", ni d’ailleurs de "vraie Place" : tout le mérite du lieu tient à ce qu’il focalise la volonté de tous pour que le mythe de Belleville vive, sinon Belleville mourrait, et Belleville, on y tient …

A suivre.

 

>> Voir aussi : "Mon point central c'était la Place des Fêtes".

 

 

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