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PARISPERDU

No tag in Stalingrad.

23 Juillet 2011, 09:34am

Publié par barreteau

Place de Stalingrad : La Retonde de Claude Nicolas Ledoux sur la place réaménagée par Bernard Huet.

On peut s’interroger sur la remarquable absence de tags sur la Place de Stalingrad.
Serait-ce la monumentalité du lieu qui inhiberait la "créativité" des tagueurs ?
Ou bien ceux-ci adhèrent-ils inconsciemment au style voulu par les deux architectes successifs de la Place: Ledoux et Huet ?
Ou alors, plus prosaïquement, la mairie ou la Ville nettoient-elles instantanément et en priorité chaque "taggage" à cet endroit ?

Nous n'avons pas la réponse, mais force est de constater les faits : la Place de Stalingrad n’est jamais tagguée.
Nous nous permettrons alors une interprétation : elle n’est pas tagguée précisément parce qu’elle est livrée à la "consommation urbaine" de tous, y compris des victimes de la crise, de la drogue, … et des délinquants multicartes … tous trouvent ici une scène nocturne où exhiber leur malheur social et individuel.

Ces gens qui parfois flirtent avec leur propre disparition, seraient en communication symbolique avec la sobre et sombre Rotonde de Ledoux, un lieu à la solennité incontestable, en quelque sorte: un temple, … leur temple !
Et, on ne taggue pas son propre temple …


>> La double vie de la Place Stalingrad.


 

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La double vie de la Place de Stalingrad.

19 Juillet 2011, 09:25am

Publié par barreteau

Les deux facettes de la Place de Stalingrad - Paris 19e arrondissement.
(Photomontage: © Pierre Barreteau)



Le projet de la nouvelle Place de Stalingrad fut dès le départ étroitement liés au programme d’aménagement du bassin de la Villette. Il devait aussi poursuivre le grand projet urbain de Ledoux (et surtout de Girard), sans prétendre toutefois à une reconstitution littérale.
La Place, retravaillée par l'architecte Bernard Huet a été livrée au public en 1989.
Quelques 20 ans après, quel est le résultat pratique obtenu ?

Sa fréquentation diurne/nocturne fait penser à Mr. Jekyll et Dr. Hyde, la place ayant une double vie : respectable le jour, mais interlope la nuit. Ainsi, arrivé au terme de sa rénovation, la place de Stalingrad doit encore régler ses problèmes de drogues ...

Un temps chassés en banlieue, les dealers de "crack" vendent à nouveau à Stalingrad. L'endroit précis est connu sous le nom de "camp des arcades", un petit camp retranché sous les arcades du bout de la place avec, comme rempart protecteur, des barrières de chantier de la ville de Paris. Sur ce spot, se tiennent en permanence une trentaine de zonards tellement accros qu’ils achètent et ­fument leur drogue en plein air. Les rares passants détournent le regard, tandis que défilent des dizaines d’autres clients venus s'approvisionner ici.

Le problème devrait être résorbé en quelques mois avec le nouveau plan "Crack Stalingrad". Déjà, la police et les brigades anti-criminalité (Bac) font des raids réguliers le soir, et la voirie passe pour nettoyer. Mais les policiers n’embarquent presque personne, car les dealers ont leurs réseaux de guetteurs et, sur la place, les groupes se reforment moins d’une heure après les descentes de police.

Les riverains pensent que l'ouverture de la Rotonde, transformée en restaurant haut de gamme, va contribuer à faire partir les "crackers".
Sans doute, … mais ils trouveront un autre endroit, plus loin. Peut-être même seulement à une centaine de mètres …et la place de Stalingrad continuera à mener sa drôle de double vie.




>> Déjà sur Parisperdu: "Stalingrad".

 

 

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Question de perspective.

15 Juillet 2011, 09:19am

Publié par barreteau

Rue Tholozé Paris 18ème


Sans doute fascinés par le moulin de la Galette qui, en sa partie haute, ferme la rue Tholozé, Utrillo et après lui beaucoup d'autres peintres n'ont cessé de croquer la perspective montante de la rue.

Tous ont délaissé la perspective inverse, celle de la rue descendante.
C'est pourtant cette dernière qui sied le mieux à l'œil du photographe, car alors les plans successifs s'étalent devant son objectif,  jusqu'à libérer le champ sur un Paris lointain…  d'où émerge le dôme doré des Invalides.

En cette fin d'après-midi ensoleillée, et selon cette perspective, elle a bien fière allure la rue Tholozé …



>> Peinte par Utrillo, il y a 100 ans.

>> Rue Tholozé, en contre-plongée.

 

 

 

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Montmartre à Marseille … ?

11 Juillet 2011, 08:56am

Publié par barreteau

Place des Moulins, quartier du Panier, Marseille.

De passage dans la cité phocéenne, mon attachement pour les quartiers populaires de nos métropoles me conduit naturellement au Panier.

Une charmante guide de l'Office du Tourisme encadre la visite : sa connaissance des lieux et son amour pour Marseille seront sans doute les gages d'une balade réussie.

Mais quel n'est pas mon étonnement lorsque nous arrivons à la Place des Moulins d'entendre mon cicérone s'exclamer: "Voici l'endroit qui devrait devenir notre Place du Tertre" !

Certes la Montée des Accoules peut faire penser aux "escaliers de la Butte" parisienne, certes certaines ruelles du Panier peuvent vaguement rappeler Montmartre, mais de là à imaginer que la Mairie de Marseille veuille faire du Panier, le Montmartre marseillais, il y a de quoi s'étonner.

Comment une ville qui entretient une rivalité certaine avec la capitale, pour ne pas dire une détestation du parisien, peut-elle avoir l'idée de copier Montmartre ?
Car la comparaison Panier / Montmartre s'arrête à la topographie des lieux et, Montmartre n'est pas qu'une butte. Montmartre c'est une longue histoire qui va de la Commune de Paris en 1871 au lieu phare de la peinture des 19-20ème siècles. Montmartre a en effet, accueilli des artistes comme Pissarro, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Modigliani, Picasso... Montmartre c'est aussi le Sacré-Cœur, le Lapin Agile, Le Moulin de la Galette, des musées, la fête des vendanges …
Le Panier n'a ni cette histoire ni ce potentiel, aussi vouloir singer Montmartre n'a pas de sens …

Place des Moulins, il n'y a plus de moulins, alors qu'au coin de la rue Lepic, le Moulin de la Galette est toujours en état de marche. Et, vouloir implanter des peintres avec leurs chevalets au Panier, ne sera pas chose aisée, les jours de mistral …

Vouloir développer l'attrait touristique du Panier n'est peut-être pas une mauvaise idée, mais pour cela, vouloir copier Montmartre n'en est certainement pas une bonne !



>> La Montée des Accoules.

 

 

 

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Anniversaire au Père Lachaise.

7 Juillet 2011, 08:49am

Publié par barreteau

 

Cimetière du Père Lachaise : 6ème division, rangée 2, allée 5
James Douglas Morrison 1943 -1971 

 


Des centaines de fans se sont retrouvés, dimanche dernier, au Père Lachaise sur la tombe de Jim Morrison, pour commémorer le 40ème anniversaire de la mort du chanteur des Doors.

Toutes les nationalités et les générations étaient représentées, mais la majorité des personnes présentes n'était pas née lorsque la rock star décéda à 27 ans, au sommet de sa gloire.

Mais au fait, comment Jim Morrison est-il mort ? Arrêt cardiaque ? Overdose ? Complot de la CIA ? Mise en scène ? Aucune autopsie n'ayant été pratiquée, le mystère reste entier… certains imaginent même que le cercueil est vide...

D'ailleurs, il y a pas mal d'ésotérisme autour de Jim : si le groupe qu'il crée s’appelle "the Doors" c’est qu’il voyait dans le symbolisme de la porte la dimension inquiétante et surnaturelle d’un au-delà inconnu. "Il y a le connu. Il y a l'inconnu. Et entre les deux, il y a la porte, et c'est ça que je veux être" disait-il.
Sur sa tombe, une épitaphe dit en grec : KATA TON DAIMONA EAYTOY, ce qui signifie "fidèle à ton esprit", mais on peut aussi faire une autre traduction: "fidèle à tes démons" …


Le chanteur avait été inhumé le 7 juillet 1971 au cimetière du Père-Lachaise, et ce jour-là, la nouvelle de sa mort n'ayant pas encore été  officiellement confirmée… seules cinq personnes avaient assisté à son enterrement.

Mais aujourd'hui, 40 ans plus tard, ils sont si nombreux que la démonstration est faite: le phénomène Morisson n'est pas près de s'arrêter …


>> Déjà sur Parisperdu : "Les pèlerins du Père Lachaise".


>> "Jim Morrison and the Doors" (Ed.Premium) par Henry Diltz, l'un des plus célèbres photographes du monde du rock

 

  

 

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La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur du passé.

3 Juillet 2011, 09:10am

Publié par barreteau

 
Ce café est une institution, et dans un tel lieu, l'ambiance ne peut être que feutrée.
Plusieurs clients sont là, comme absents, plongés dans leur livre, griffonnant sur un papier ou rêvant tout simplement, dans une langueur que tout vient aider, que tout vient nourrir : la sérénité du serveur, la lumière, la patine des boiseries, l'odeur de cire et enfin le respect qu'on semble avoir ici pour les choses du passé.


Bien que beaucoup moins luxueux, je retrouve ce bien-être dans certains bars ordinaires de quartiers … eux tout aussi ordinaires.
Ces troquets s'appellent La Galoche d’Aurillac, l’Ébauchoir, le Paul Bert ou Chez Paul, … des bistrots à la fois populaires et sophistiqués, parfois décorés de carrelages Art Nouveau, de zincs majestueux, de verrerie ancienne mais aussi d'objets simples et usuels.
Ce n'est pas qu'ils soient vieux, ils ont l'air d'avoir toujours été là.


Ils sont tout le contraire des bars à la mode des quartiers bobos …
Mais, la mode n'est-ce pas ce qui se démode le plus vite ?
Alors gageons que ces "lounge-bars", ces "concept-bars" et autres "cafés-authen-tocs"… auront une vie bien éphémère.

Quand le présent n'est pas à la hauteur de passé, alors la nostalgie refait surface …
Oui décidément, la nostalgie à de l'avenir.




>> La nostalgie de (ou sur) Parisperdu.

>> Un passé idyllique ?

 

 

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Balade alternative.

29 Juin 2011, 08:28am

Publié par barreteau

Passerelle sur les voies ferrées de la Petite-ceinture - rue de la Mare Paris 20ème


Non, Paris n’est pas une ville musée. Cette balade alternative va vous prouver que l’on peut aujourd’hui se balader dans la "ville lumière" sans y voir l’ombre d’un touriste.
Alors, prenez des notes !


C'est une déambulation originale dans le 20ème arrondissement qui vous est proposée, une balade qui se donne l'objectif d'explorer les secrets de la ville et, loin des sentiers battus, d’aller à la rencontre de ses habitants.
Un Paris cosmopolite, insolite, fait de cours intérieures et de coins cachés va s'ouvrir à vous.
Surtout prenez le temps d’ouvrir les yeux et, à la fin de la balade, il est certain que vous verrez Paris différemment …

Point de départ: la rue Piat, dans le 20ème, précisément à son belvédère où tout Paris s'offre à vous : le point de vue est aussi bluffant que du haut du Sacré-Cœur de Montmartre, avec la foule en moins et sans les vendeurs de pacotilles touristiques.

De là, cap sur la villa Castel, un endroit secret où le parfum de "Jules et Jim" flotte encore.
Puis dévalez le passage Plantin, étroit à souhait, son ombre et sa fraîcheur sont délicieuses en plein été. Vous débouchez alors dans la rue des Couronnes, à l'endroit exact où Willy Ronis nous a proposé une vue de l'intérieur d'un bar  - aujourd'hui disparu -  avec une jolie perspective vers la clocher de Notre-Dame de la Croix. En face, la cité Loubeyre vous attend, avec ses anciennes manufactures de chaussures, une des activités de pointe du Belleville des années 50.


Direction rue de la Mare, vous la descendrez pour arriver à la passerelle métallique qui enjambe la voie ferrée de la Petite Ceinture : un lieu plein de charme mais dont la vie s'est retirée depuis que la gare de Ménilmontant a été rasée.

En remontant vers la rue de Ménilmontant, une nouvelle perspective s'ouvre à vous, avec en contrebas, la tour Eiffel, si loin, comme dans une autre ville, mitoyenne peut-être …

Par la rue des Amandiers, dans un secteur modernisé, sans grand charme, il vous faudra chercher votre chemin vers Gambetta. Les rues des Partants et Gasnier-Guy, très pentues ont longtemps résisté à leur inéluctable réhabilitation, elles vous permettront d'atteindre la place Martin-Nadeau qui conserve encore un aspect provincial, près du petit tertre du "Square du Docteur Grancher" sur lequel se tenait le micro-quartier de la rue de la Cloche, aujourd'hui disparu.

Vous aurez alors bien mérité de prendre un verre à la terrasse d'un café de la place Martin-Nadeau… à moins que vos forces vous permettent encore de pousser jusqu'au Père-Lachaise, tout proche …

A l'issue de cette balade, vous aurez découvert un petit monde, une sorte de "quatrième dimension", comme un univers nouveau et étrange … mais pour lequel on se prend vite d'affection …


>> Déjà sur Parisperdu: "Paris n'est pas un musée".

>> Déjà sur Parisperdu: "Partez en voyage …".

>> Déjà sur Parisperdu: "Balade hors des sentiers battus ...".

>> Carrefour de la rue des Couronnes et de la rue Henri Chevreau - 1947 - Photo: © Willy Ronis

  
 

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La Place des Fêtes : quelle place ? Quelles fêtes ? (2/2)

25 Juin 2011, 09:18am

Publié par barreteau

La place des Fêtes,  juin 2008 -  Paris 19ème


Les hautes tours de la Place des Fêtes, esthétiquement très médiocres, délivrent un paradoxe: même "reconstruit" le quartier conserve un caractère villageois et des qualités certaines de convivialité … que n'ont généralement pas les espaces situés au pied des tours ou des barres d'habitation.

C'est qu'ici, à la différence des quartiers à problèmes de la banlieue Nord, par exemple, la population de la Place des Fêtes n’a, elle, pas de problèmes sociaux importants ; ses tours ont une superbe vue sur Paris et elles sont bien reliées au centre ; le quartier est parfaitement équipé ; et l’ambiance y est forcément beaucoup plus légère.

Mais ce résultat, qui est d’abord le fait  des habitants eux-mêmes, n’existerait sans doute pas si ceux-ci ne pratiquaient pas, à l’intérieur de leurs tours, une convivialité certaine et somme toute assez rare dans ce type d’habitat.
Alors, du fait de cette convivialité, l’opposition initiale entre "les gens des tours" et les anciens habitants du quartier s’est rapidement estompée. Et s’il y a bien un repérage des "tours des riches" par les riverains vivant en HLM près de la Place des Fêtes, ce n’est pas la forme architecturale qui le permet — toutes sont plutôt laides — mais la fréquentation de leurs habitants dans l’espace public.

Au final, la vie dans les tours offre, outre l’avantage de ne plus les voir du dehors, maints avantages fonctionnels … Et le discours entièrement négatif sur la Place rénovée a toujours été le fait de non-riverains de la Place.

Un petit tour Place des Fêtes est pour le non-résident une expérience à double détente : passé le premier "choc visuel", l'agrément du lieu vient peu à peu à vous … au fil des rencontre avec ses habitants.

 

>> La place des Fêtes, déjà sur Parisperdu

>> Voir aussi : "Ce n'est pas vraiment la fête ... !"

>> La Place des Fêtes : quelle place ? Quelles fêtes ? (1/2)
 

 

 

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La Place des Fêtes : quelle place ? Quelles fêtes ? (1/2)

21 Juin 2011, 09:05am

Publié par barreteau

La place des Fêtes,  novembre 2009 -  Paris 19ème

En 1974, peu après son élection, Giscard d’Estaing attaque la politique des grands ensembles, en déclarant:"On a construit ou laissé construire des ensembles d’inspiration collectiviste, monotones et démesurés, qui ont sécrété la violence et la solitude. Rétablir la communication sociale interrompue par le gigantisme et l’anonymat sera une tâche majeure de notre société ".

Les trente années qui suivirent donneront largement raison à Giscard d’Estaing, du moins concernant les "grands ensembles" en général.
Mais, Place des Fêtes, au pied de tours de 26 étages, il semble bien finalement avoir eu tort, tant le démarrage fut difficile. Quand ces tours furent construites vers 1975, on hurla à l’assassinat d’un quartier et d’une culture populaire … et les tours, maudites, restèrent vides pendant trois ans.

Mais aujourd’hui, la Place des Fêtes apparaît à ses habitants, comme un lieu qui se prête à la vie de village et l’image qu’en renvoient ses habitants est bien différente de celle à laquelle pourrait s’attendre le flâneur égaré au milieu des tours et des barres de béton.

Place des Fêtes, on promène son chien, on rencontre des amis, on s'arrête deux minutes pour discuter avec l’un ou avec l’autre, tant il est rare que l'on traverse la Place sans rencontrer quelqu’un de connaissance.

Il n'est pas sûr qu’il y ait beaucoup de places dans Paris comme celle-là. Ici, on a gardé le côté populaire du 19ème, un arrondissement qui a toujours été comme cela, avec des gens qui respirent la simplicité et le naturel.

Et ceci est d’autant plus remarquable que de l’avis général il n’y a pas à cet endroit de "vraies fêtes", ni d’ailleurs de "vraie Place" : tout le mérite du lieu tient à ce qu’il focalise la volonté de tous pour que le mythe de Belleville vive, sinon Belleville mourrait, et Belleville, on y tient …

A suivre.

 

>> Voir aussi : "Mon point central c'était la Place des Fêtes".

 

 

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Belleville : " East side story" (4/4)

16 Juin 2011, 08:44am

Publié par barreteau

© Photo: Centre Social et Culturel J2P 

 

Dans la sphère bellevilloise, les associations de quartier ont de, tout temps,  joué un rôle important.
Dès la fin du XIXe siècle, la vie associative a été très riche à Belleville, avec les communautés ouvrières, puis cela a perduré avec les strates successives d’immigration: juifs ashkénazes, grecs et arméniens fuyant le génocide de 1915 ; espagnols antifascistes en 1939 ; et, après-guerre, celle des pieds-noirs et des juifs séfarades entraînant des musulmans qui leur étaient liés ; enfin l’immigration économique des portugais, yougoslaves, chinois et vietnamiens, maghrébins et africains.
Belleville est une véritable mosaïque de nationalités, et beaucoup de ces communautés avaient et ont encore des associations d’entraide.

Autre période aiguë, celle de la rénovation urbaine qui suscita l’apparition de mouvements de défense des habitants anciens, puis d’intégration des habitants nouveaux.

Dans le Bas-Belleville, La Bellevilleuse a été d’une grande efficacité militante dans le domaine du logement et de l’exclusion.

Un peu plus haut, l’association de la Place des Fêtes a fini par regrouper une vingtaine d’associations de quartier aux activités très diverses.
Cette association fut l'un des protagonistes des luttes féroces - entre les riverains et les commerçants d’une part et la Ville, d’autre part - à propos de la "rénovation" de l’ancienne Place des Fêtes.

La mairie d’arrondissement ayant demandé un seul interlocuteur pour traiter la question des équipements de quartier, le Groupement des Associations de la Place des Fêtes fut alors créé. Cela n’a pas empêché les commerçants de jouer au maximum leur rôle de "groupe de pression", ni la mairie du 19e de favoriser des expressions complémentaires, voire opposées.
Mais la Ville de Paris refusa que les associations fassent partie du jury d’architecture, ceci constituant à ses yeux "un précédent dangereux". Aussi les associations publièrent dans le journal local "Quartiers Libres" leur propre classement des six projets retenus par le jury : le projet lauréat de la Ville, venait, pour elles, au troisième rang … !


Suite à ce conflit, les élus de l’arrondissement et les directions de la Ville n’ont cessé de réduire, en face du projet, l’influence du Groupement, qui a pris à partir de 1991 une direction différente et qui l’a amené à œuvrer dans d'autres domaines : l'emploi, l'animation ...

A Belleville, la vie associative fait définitivement  partie du décor …



>> "Mon point central c'était la Place des Fêtes"

>> La Bellevilleuse.

>> Belleville: "East side story " (3/4)

 

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Belleville : " East side story" (3/4)

12 Juin 2011, 09:06am

Publié par barreteau


A Belleville, la prégnance de sa légende a viré au mythe. Pour un habitant de Belleville, il est clair qu'il peut se sentir "d'ici" même si en fait il vient de tout à fait ailleurs, et que ce sentiment a tout à voir avec l’adhésion à l’histoire, vraie ou mythifiée, de ce quartier, dès lors que l’identité de ce lieu est reconnue comme une valeur.

Pierre Sansot définit l’habitant comme celui qui adhère au mythe de sa ville. Cette problématique intègre le rejet éventuel de l’identité trouvée à la naissance, et la "réaffiliation" à une identité consciemment choisie contre ces origines.

Mais, parce qu'il est souvent cité comme le "modèle français d’intégration pluriethnique", Belleville semble être beaucoup moins un mythe qu'une réalité,  tant il a bel et bien réussit là où les ghettos échouent.
Ce succès est dû au respect général de la maxime selon laquelle "la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres", et aussi à un  mécanisme plus secret qui rend possible à cet endroit ce qui s’avère impossible ailleurs : la re-identification - à travers des bribes d’histoire mythifiée - à une légende fondatrice qui fait de Belleville un "quartier d’opposition".

Souvent simplement d’opposition à la tendance politique dominante du moment, mais plus subtilement de méfiance et d’opposition instinctive aux idées et aux façons d’être dominantes de l’époque, quelle qu’elle soit. Et c’est justement cela qui attire "les exclus".

Le "modèle bellevillois" d’intégration sociale des immigrés successifs — dont l’histoire est déjà longue — reposerait donc sur la facilité de transition offerte par l’identité rebelle bellevilloise aux immigrants. Ceux-ci, pour s’intégrer, se trouvent classiquement mis en demeure de réaliser la prouesse d’accepter la renonciation à leur identité d’origine tout en la conservant pour se sentir exister, le temps de parvenir à éprouver leur nouvelle identité comme "authentique".

La même attitude s’observe, bien que plus superficiellement, parmi les nouveaux arrivants d'aujourd'hui - les fameux bobos ou faubourgeois - qui font partie de la classe moyenne parisienne mais fuient l’ennui et le conformisme des beaux-quartiers.

Alain Schifres les a récemment croqués avec une joyeuse méchanceté :
"Une variété intéressante du Nouveau Parisien est le jeune faubourgeois à poil raide.
Le faubourgeois est un de ces pionniers qui, au nord et à l’est, disputent l’espace aux faubouriens. C’est qu’il ne veut pas vivre chez les bourges (le voudrait-il, il n’en a pas les moyens). Les bourges sont chiants, leurs femmes ont de petits sacs avec une chaîne dorée. Leurs rues, le soir sont des cimetières. Le rêve du faubourgeois est d’habiter un vrai quartier populaire. [...] À mesure qu’avance le faubourgeois, hélas, le faubourien recule. C’est que l’animal fait monter les prix comme il respire. Il est à la recherche du fameux tissu urbain, mais la ville se démaille à son approche.

[...] Il y a des signes qui ne trompent pas ; ils marquent la progression du faubourgeois. Ainsi nos alpages sont-ils devenus des hauts. On n’habite plus à Belleville mais les "hauts de Belleville".

A suivre …

 

>> Bienvenue à Boboland.

>> Belleville: "East side story" (2/4)

 

 

 

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Belleville : "East side story" (2/4)"

8 Juin 2011, 09:00am

Publié par barreteau

La rue Jean-Moinon, Paris 10ème, en 1969.

Le sentiment d’appartenance des habitants à Belleville joue un rôle tout à fait important dans l’accueil qu’ils font aux projets et travaux de rénovation de leur quartier, aussi l’histoire de Belleville est-elle riche en mésaventures immobilières et urbanistiques.

Sur les hauteurs de Belleville, l'opération de rénovation urbaine des années 70, se solda par le départ de 6 500 habitants, pour beaucoup vers la banlieue, et dont 200 seulement trouvèrent le moyen de revenir.

Cette déportation vide Belleville de sa population active, Belleville devient alors un quartier à part, abandonné, démoli, et se forge alors l’identité d’un isolat maudit, replié sur lui-même, fier de son originalité : accueillir les exclus de la Ville.

Ce quartier, dont la légende est historiquement structurée par les combats de la Commune et le massacre final des Fédérés connaît un second épisode traumatisant avec cette rénovation urbaine effrénée qui marque fortement l’imaginaire des habitants de Belleville. Tant et si bien que des habitants aux origines bigarrées trouvent à utiliser la légende dans une dynamique exemplaire d’intégration pluriethnique.

Malgré la profondeur du traumatisme subi par Belleville lors de la rénovation urbaine des années 70, on peut cependant observer aujourd’hui, que quarante ans après la condamnation du quartier à la démolition, vingt ans après l’achèvement des nouveaux édifices, le mythe de Belleville est toujours bien présent.

 A suivre …

 

 

>> La rue Jean-Moinon est l'une des rares rues survivantes de la rénovation urbaine de Belleville, quarante ans plus tard, elle présente le même visage

>> Belleville: "East side story" (1/4)

 

 

 

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Belleville : "East side story " (1/4)

4 Juin 2011, 09:26am

Publié par barreteau

 

Il y eut une époque où le quartier de Belleville avait pour le parisien à peu près la même réputation que celle que peut avoir aujourd’hui le Bronx pour les new-yorkais.
Bien que fortement atténuée par une considérable mutation urbaine et sociale, cette image perdure encore quelque peu de nos jours.

Il n’est pas indifférent dans le destin de ce quartier qu’il se situe sur une colline.
Paris compte en effet une demi-douzaine de collines: la Butte-aux-Cailles, Montparnasse, Montmartre, Belleville et Ménilmontant, … collines dont l’abandon aux classes pauvres, laisse à penser qu'à l’époque d'Haussmann, les sites en hauteur n’étaient pas dignes du nouvel urbanisme.

Sur ces collines, restées à l’état de villages, avec leurs vignes, leurs asperges, leur bétail et leurs volailles, … le mode de vie rurale continua de résister longtemps. Leurs habitants se retrouvaient "à la campagne à Paris", nom que porte encore d’ailleurs deux ou trois quartiers pavillonnaires, désormais minuscules.

Cette résistance rurale évolua ensuite par les renforts qu’apportèrent à ces collines des laissés-pour-compte et des mécontents de tout acabit, ceux-ci atterrirent ici non seulement pour des raisons foncières (le prix modéré des loyers), mais aussi pour des motifs politiques, ou tout au moins par une attitude de désapprobation de la société mercantile qui se construisait en bas. La classe dangereuse ruminait ses mauvais coups sur ses hauteurs, "prête à fondre sur les beaux quartiers ".

Les points géographiques élevés possèdent pourtant des atouts pratiques certains (grand air, luminosité, vastes panoramas, territoire facile à défendre), ainsi qu’une psychosociologie spécifique car leur exiguïté et la difficulté d’accès leur donnent un caractère quasi-insulaire où l'on cultive sa différence.

Concernant Belleville, l’agrément du paysage, vu du belvédère, pourrait avoir été si déterminant dans le caractère du lieu qu’il serait à l’origine même de son nom, dérivé de Beauregard (le nom de la butte de la Place des Fêtes à l’origine), en passant par Bellevue (encore de nos jours le nom d’une rue près de cette Place).

Cette histoire urbaine mouvementée pose quelques problèmes quant aux représentations des habitants de Belleville par rapport au centre de Paris. Il y a certainement une identité bellevilloise, mais Belleville appartient clairement dans les esprits à Paris intra muros. L’ex-village et ancien faubourg regarde d'ailleurs d’assez haut la nouvelle banlieue.

"Belleville", ce terme qui englobe de plus en plus Ménilmontant comme un sous-quartier, possède à la fois la réalité urbaine d’un noyau dur évident (de la Place des Fêtes vers le sud, le long de la rue de Belleville, jusqu’aux alentours du boulevard du même nom, axe réunissant le Haut-Belleville et le Bas-Belleville), et des limites subjectives floues.

Si les habitants de la Place des Fêtes prétendent couramment habiter Belleville, il en va encore de même des riverains de l’Est de la Place Stalingrad, de l’autre côté des Buttes-Chaumont, où des personnes estiment habiter Belleville "à sa limite avec Paris", expression étonnante qui montre que certains de ses habitants limitrophes tiennent à bien distinguer Belleville de Paris !

A suivre …

 

 

>> Voir aussi : "Dans la jungle de Belleville".

 

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Trop tard !

31 Mai 2011, 09:22am

Publié par barreteau

Rue de la Cloche -Paris 20ème (1994)
 

1948, Willy Ronis, en chasse photographique, parcourt ce secteur de Ménilmontant, rue de la Cloche. Il y surprend une jeune femme, en peignoir, qui entre dans son immeuble.

1994, sur les pas du Maître, je déambule dans ces mêmes petites rues. Les pavés disjoints, et les immeubles lépreux, bien malades sont toujours là  … point de femme en peignoir mais une africaine en boubou regagne, elle aussi, son domicile.

2010, de retour sur les lieux, je ne reconnais plus rien … tout est bouleversé …
La butte dénudée qui est là, était pourtant autrefois occupée par des rues, des immeubles …
A leurs places, seuls se dressent quelques arbres chétifs et des allées dessinent l'ébauche d'un jardin récemment créé …

Une plaque indique: "Square du Docteur Grancher". La rue de La Cloche n'existe plus …

Je suis arrivé trop tard au chevet du malade.


>> "Rue de la Cloche, Ménilmontant, Paris, 1948" - Photo : ©Willy Ronis.
 

>> La rue de la Cloche en 1994.

>> Le Square du Docteur Joseph Grancher en 2010  -  (nouveau secteur Cloche-Bidassoa).

>> La rue de la Cloche, déjà sur Parisperdu.

 

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Combien pour ce chien dans la vitrine ?

27 Mai 2011, 09:21am

Publié par barreteau



A 82 ans, Line Renaud vient de donner trois soirées de concerts à l'Olympia, une salle où elle chantait pour la première fois de sa carrière.

Hier, c'était la dernière représentation, un triomphe !

Et c'est également hier, au détour d'une petite rue, dans un quartier perdu, que je suis tombé nez à nez avec "ce chien dans la vitrine" …

 

Bien sûr, "ce joli p'tit chien" n'est pas "jaune et blanc" comme le dit la chanson … mais comment, à cet instant, ne pas penser à cette grande dame du music-hall qui, en 1953, publiait son nouveau 78 tours avec "Le Chien Dans La Vitrine", une chanson écrite et composée par son mari Loulou Gasté.


Une époque qui certes peut sembler bien lointaine … mais qui reste d'actualité, grâce à la vitalité et la jeunesse d'une octogénaire.
Alors :

" Combien pour ce chien dans la vitrine ? "

" Eh bien c'est d'accord je le prends…"

 

 

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