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PARISPERDU
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Habitat populaire à Ménilmontant.

14 Février 2011, 09:23am

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Publié par barreteau

Rue Westermann  Paris 20ème – (1996)

Que reste-t-il de l'habitat populaire de Ménilmontant ?
Dépassé, archaïque, moribond, l'habitat populaire de Ménilmontant vit depuis des décennies, la chronique d’une mort annoncée.
Le jeu de go continu, c'est la tactique de l'encerclement qui prévaut ici …

L'Est parisien a déjà bien changé mais va encore beaucoup évoluer.
Pour autant, va-t-on y vivre mieux ? Tout dépend pour qui !

Paris devient une ville plus petite-bourgeoise, moins populaire. L’arrivée de nouvelles populations dans le Nord et l’Est a modifié la physionomie urbaine. Ces nouveaux résidents, qui travaillent dans la pub, la mode, les médias ou le design, ont assez d’impact sur leur environnement pour l’ajuster à leur mode de vie. Aussi, inéluctablement, on va vers une homogénéisation des habitats et des habitants.

L’amélioration du cadre de vie rend Paris plus attrayant et c'est tant mieux. Mais cela entraîne une augmentation forte de la demande de logements (due aussi aux difficultés de transports "centre-banlieue") avec son corollaire automatique : des prix de l’immobilier en très fortes hausses dans les quartiers autrefois les moins prisés.

Oui, la qualité de vie à Paris est bonne… à condition d’y travailler, et d’avoir les moyens de s'y loger...

 

>> Voir aussi "Parc zoologique de Ménilmontant". Pour que l'habitat populaire de Ménilmontant ne devienne pas le dodo de l’île Maurice.


>> Pour aller plus loin, lire : "Sociologie de Paris", de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, éditions La Découverte.

 

 

 

 

 

 

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Les Petits Pierrots.

10 Février 2011, 08:57am

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Publié par barreteau

Terrain d'aventures des Petits Pierrots, au 15 rue des Vignoles Paris 20ème (juin 1997)

 

Dans les interstices de la ville, sur les terrains laissés vacants à la suite de démolitions, les petits Pierrots s'ébattent joyeusement.

L'association "Les Petits Pierrots" -  installée dans le 20e arrondissement - a pour objectif de proposer aux adolescents et aux enfants du quartier de la Réunion des activités pour qu’ils sortent de leur hall d’immeuble. Dans ce secteur de l'Est parisien, les Petits Pierrots s'occupent de jeunes dont personne ne veut s'occuper.

Au départ, en 1988, l'association a créé des "terrains d'aventures" où les jeunes peuvent se réunir librement. Un terrain d'aventures, c'est un terrain vague converti en aire de jeu et de découverte, aménagée par et pour les enfants.

Mais le terrain d’aventures ne résiste pas à la pression immobilière, il déménage au gré des constructions nouvelles qui s'édifient sur les sites occupés provisoirement par les Petits Pierrots : rue des Amandiers, rue des Vignoles, rue de Fontarabie … puis plus rien depuis 2008 : plus de terrain … plus d'aventures !

Reste aujourd'hui un espace d’accueil et de loisirs, dans un local d’une cinquantaine de mètres carrés en sous-sol, au 33 rue de la Réunion, où les jeunes peuvent se retrouver autour de jeux de société et de jeux vidéos, peindre, ou préparer des spectacles pour les parents …

Mais depuis plus d’un an, l’association ne peut plus payer son loyer et les Petits Pierrots, après 22 ans d’activité, sont menacés d’expulsion. Sans local, l’association n’aura plus qu’à fermer ses portes.

Toutefois l’association devrait pouvoir conserver son local de la rue de la Réunion après avoir trouvé in extremis un accord avec la mairie du 20e qui a ainsi voulu signifier l’importance qu’elle accorde aux Petits Pierrots dans le quartier de la Réunion.

La mairie du 20ème pourrait même envisager de verser une aide à l’association pour solutionner définitivement ses problèmes de financement.

Les Petits Pierrots ne sont pas encore sauvés, mais même au clair de la lune … leur horizon s'éclaircit bigrement …


>> Le blog des Petits Pierrots.



 

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Paris métisse.

6 Février 2011, 09:43am

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Publié par barreteau

 

Amoureux de Paris, Parisperdu multiplie les itinéraires à travers la capitale, à la fois moderne et nostalgique, il cueille les roses de la cité, sans jamais oublier les mauvaises herbes.

 

Déjà midi, mais la ville semble à peine sortir d'une léthargie hivernale: Belleville, la colline oubliée de Paris est juchée sur sa solitude. De-là, il est possible de mieux comprendre ma ville, mon Paris, en effectuant un parcours dans l'imaginaire de cette cité en perpétuel mouvement, une mémoire des pas qui emporte là où l'enfance à laissé des traces indélébiles. Là où les façades tombent en poussière, où renait un Paris toujours conquérant, mais pour moi rarement séduisant … et auquel je préfère un Paris secret, intime, loin de tout maquillage.

Belleville avec son aspect unique, sa mixité de nationalités, c'est le Paris du pauvre, le Paris de la marge. Mais la vie y est joyeuse, bruyante, pleine de liberté … et  j'y retourne souvent pour y retrouver mes réflexes conditionnés.
La mémoire des pas, puis s'asseoir sur un banc, près de petits commerçants hyperactifs, au milieu des piaillements d'enfants, de la circulation incessante, des musiques qui s'entremêlent, des effluves de menthe, de coriandre … et alors vous voilà en prise directe avec cette ambiance chaotique, colorée, excessive … la vie, quoi !

Et là, parmi les regards brûlants pris dans les mailles d'une lumière hésitante, le long des façades crasseuses, dans les ruelles cachées, les bars mal famés, la légende de Belleville se traine encore.

Le changement de la population de Belleville et de Ménilmontant n'est pas toujours perceptible mais il est actif. La politique de la Ville a changé la donne: le modèle de ville qui est proposé est celui d'une ville "bien propre sur elle", d'une ville sélective … ce qui entraine fatalement un changement dans l'imaginaire de Belleville.

Nouvelle conception de l'espace, nouvelle conception de la cité, comment ne pas être sensible à la crise d'identité de ces quartiers de l'Est parisien ? Car à Paris, il y a encore quelques décennies, chaque quartier avait sa personnalité, jusqu'à l'arrivée de cette uniformisation. Chaque jour, j'observe la victoire de cette architecture de rénovation, poussée par la spéculation immobilière, qui conduit à la pasteurisation d'une certaine façon de vivre …

Belleville n'est pas, comme le reste de Paris, rempli de monuments imposants, mais c'est un quartier qui a plein de petites choses intéressantes … Histoire, architecture, urbanisme, révoltes, réformes, Belleville n'en finit pas de renouveler sa garde-robe.

Au marché du boulevard de Belleville, il faut venir le matin humer l'air pétillant de
la ville.
Là, fruits, légumes, couleurs, odeurs, lumières, rien n'a changé. Au marché, se croisent touristes, adolescents aux percings, parisiens blasés, immigrés chinois, africains … Un brassage de population exceptionnel tant par les nationalités que par les classes sociales. Mannequins light, ménagères en goguette, écrivains inspirés, designers réputés, voleurs à la tire, Belleville demeure un lieu unique dans la capitale.


Après le marché, sur le boulevard, des enfants de toutes nationalités jouent ensemble au football. Les épiceries turques, sénégalaises, chinoises … émergent de toutes parts. Ici, c'est une vie sauvage qui bourgeonne.

Flâner, encore flâner, marcher au hasard des rues, puis aller boire une bière à "La Veilleuse" et c'est un moment de plaisir. En dehors de ce lieu, je ne retrouve plus aucun café où passer un moment agréable. Les opérations spéculatives des années 70 ont abouti à la destruction de la quasi-totalité des bistrots. Maintenant, tels des acteurs: dealers, touristes, parisiens se côtoient, apparemment indifférents les uns aux autres. Assis derrière ma bière, je ne me lasse pas du théâtre de ce carrefour.

Et, lorsque le soir pointe, les ombres s'allongent, il devient alors le rendez-vous d'une faune qui fait fuir beaucoup de personnes …

Fidèle à son Histoire, Belleville la métisse fait de la résistance …



>> A la découverte de Belleville et de Ménilmontant ...

>> Belleville, embarquement immédiat ...

 

 

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Hôtellerie familiale.

2 Février 2011, 09:22am

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Publié par barreteau



Au 21 de la rue Victor Chevreuil s'ouvre une porte discrète avec cette inscription sur l’imposte : "Family Hôtel ". C'est un "meublé" qui accueille, comme son nom semble l'indiquer, des familles. Vu la vétusté des lieux, on a compris qu'il s'agit de familles déshéritées, souvent des immigrés en situation plus ou moins régulière et qui n'ont d'autres choix pour se loger.


Elles doivent s'acquitter d'un loyer prohibitif au regard du confort qui leur est proposé, près de 1000 euros par mois ! Aussi ces familles, pour la plupart arrivées du Sierra Leone ou de Mauritanie, s'entassent-elles à 5, 6, 7 voire plus dans les petites chambres du  "Family Hôtel ".

Déclaré immeuble insalubre en 1999, l'hôtel fermera l'année suivante.
Le bâtiment n'a pas été rasé. Il fût restauré et aménagé en appartements.


La rue a toutefois conservé sa vocation d'accueil et d'hébergement de parisiens à faibles revenus, car en face du feu "Family Hôtel,  au 16 de la rue, se tient la Résidence Etudiante Victor Chevreuil.



>> Le 21 rue Victor Chevreuil, aujourd'hui.

>> Déjà dans Parisperdu : "Garnis et meublés, une chambre en ville"


 

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" Même pas peur ... !"

29 Janvier 2011, 09:44am

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Publié par barreteau

Rue Ernest Roche, Paris 17ème


La rue n'est pas très gaie. La voie ferrée de la petite Ceinture la borde sur un côté, et, sur l'autre, des HBM aux soubassements en meulière, se dressent ça et là, laissant, de temps à autre, la place à de petits espaces verts. C'est un environnement qui n'incite guère à la promenade mais il  fait très beau ce jour-là et je descends tranquillement cette rue lorsque mon attention est attirée par des cris d'enfants.

Au pied des HBM, deux gamins courent dans le jardinet. Ils cherchent à s'attraper mutuellement et leurs jeux finissent le plus souvent en bagarre ... La scène est pleine de vie aussi je reste un certain temps, derrière les grilles du petit jardin, à l'observer.

Soudain une dame sort de l'immeuble et sur un ton sec leur ordonne de cesser ce jeu et de rester calme. A son allure et à la façon dont elle parle aux garçons, je comprends que ce doit être la gardienne de l'immeuble.

Les deux gamins s'arrêtent et vont même jusqu'à s'asseoir un instant sur le tabouret que la dame leur a apporté ... puis le plus jeune lance, dans un éclat de rire cette boutade : " Même pas peur " ...

Et les voilà qui reprennent leurs jeux endiablés ...



>> Autres gamins de Paris, sur Parisperdu.


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Avis de décès.

25 Janvier 2011, 08:57am

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Publié par barreteau

 "Au Bon coin", à l'angle de la rue de la Duée et de la rue Pixérécourt, Paris 20ème


A Paris, des petits bistrots et des restaus à l'enseigne du "Bon coin", il y a en presqu'un par arrondissement.

A la jonction de la rue de la Duée et de la rue Pixérécourt, celui-ci avait beaucoup de charme car il occupait l'une de ces maisons d'angle, si caractéristiques de l'ancien village de Ménilmontant.

Jusque dans les années 90, ce "Bon coin" était un havre de paix et de convivialité. La cuisine servie ici, était familiale et copieuse, et pour quelque 7 ou 8 euros vous pouviez vraiment vous régaler. En été, prendre un verre là, sur sa mini-terrasse en légère pente, était une expérience unique. Certes l'établissement n'était pas luxueux, loin de là, mais les deux vases en fonte qui surplombaient la façade lui donnaient une petite touche "versaillaise", un supplément de grandeur ...

Puis les clients se sont fait rares dans ce coin reculé du 20ème arrondissement et un jour, le bistrot ferma définitivement ... Une pizzeria vint s'installer là quelque temps, le gérant repeignit la façade d'un rouge criard qui n'avait pas sa place ici. On se doutait bien que la Pizzeria Virginia ne ferait pas long feu ... et effectivement, elle baissa le rideau assez rapidement.

Aujourd'hui, le "Bon coin" est mort, l'avis de décès a été publié et, depuis longtemps déjà, il a abandonné ses fonctions commerciale et sociale.

Des bobos à l'affût de ce type de local ... "si authentique, si tendance", ont transformé le bistrot en une habitation atypique, le genre de logement qu'ils aiment entre tout.
Et aujourd'hui, quand je repasse dans le "coin", je ne retrouve plus rien de "bon" ...

 

>> L'éphémère Pizzeria Virginia

 

 

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Le "boal" : plus fort encore que le "bobo" !

21 Janvier 2011, 09:04am

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Publié par barreteau

Le" trendy" Mama Shelter, Paris 20ème,  repaire de bobos ou de boals ?

Le "boal" ou bourgeois alternatif va-t-il supplanter le bobo ? Ce nouvel acronyme, inventé récemment par Le Figaro semble bien prendre et pourrait, à terme, éliminer le Bobo devenu trop mainstream …

Le (ou la) boal est par exemple énarque, mais écoute du punk ; a décroché tous ses tableaux pour leur substituer des photos ; interne ses enfants dans des boîtes privées élitistes, mais leur fait faire de la sophro… Bref, s'il est ultra-bourgeois, il cherche surtout à brouiller les pistes.


Pour se nourrir, le boal ne va pas manger n'importe quoi, finies les tomates excentriques, du genre Noire de Crimée ou Cornue des Andes, ressuscitées par les maraîchers branchés, il en a soupé ! Sa nouvelle tocade, ce sont les fraises anciennes dont la lignée remonte au moins à un siècle comme la Vicomtesse-Héricart-de-Tury, la grosse Madame-Moutot ou la jolie Capron-Royal, tellement goûteuses et non roturières comme ces vulgaires gariguettes que l'on trouve partout …

Pour se vêtir, le boal ne portera pas n'importe quoi, par exemple pour les chaussures, il  adoptera, le Kanken, modèle fétiche des écoliers suédois parfaitement "tradi-moderne" et totalement "hype", comme tout ce qui vient de là-bas ! Dans un registre proche, et pour faire un "total thème", il partira à la quête d’une paire de Rivieras, "revival" par une petite marque française de la chaussure à trou-trou de pépé bouliste. Elle aussi est un incontournable.A rechercher pourquoi pas chez Colette, le concept-store bien connu de la rue St Honoré …

Le (et la) boal n'ont pas les vacances de "Monsieur tout le monde"… Pour un week-end en amoureux, ils fileront à Metz, car depuis l’ouverture de la spectaculaire annexe de Beaubourg en mai dernier, c’est devenu notre Bilbao à nous, et "the place to be" en France ! On n’invente rien, c’est le New York Times qui le proclame et qui classe cette ex-ville de garnison "plan-plan" parmi les 44 destinations de l’année (juste entre Madagascar et la Tasmanie, c’est vous dire…).
Ou encore, le boal adorera découvrir les villes "autrement", à petites foulées, quand tout le monde dort encore. La tendance "jogging visite" a le vent en poupe, y compris à Paris, de préférence vers 5 heures du mat' (
www.parisrunningtour.com).

Mais le top des vacances pour le boal sera de se faire inviter à Pantelleria par des amis qui louent là-bas depuis cinq ans une petite maison néanmoins très chère ! Cette île volcanique située entre la Sicile et la Tunisie, venteuse mais sublime, est en effet le dernier refuge bohème où vivre de câpres et d’olives, loin des foules déchaînées. Évidemment, d’aucuns diront que c’est déjà trop tard… et que si l’on cherche une île perdue, celle de Teshima, dans la mer intérieure de Seto, au Japon, est mille fois plus tendance. Car c’est là que se retrouvent tous les acteurs de l’art contemporain, émoustillés par les multiples projets de musées et de festivals en cours dans l’archipel. C’est un peu loin : à quatre heures de Kyoto, mais tellement conceptuel !

Le week-end, le boal adoptera la "jardinière attitude" urbaine et totalement "ressourçante". Ainsi, il balancera des graines sur les mornes terre-pleins ou les tristes pourtours d’arbres des villes ! Celles-ci sont censées éclore en poétique plate-bande aléatoire. On en trouvera la recette sur guerilla-gardening-france.fr, le site français de ce mouvement "eco-warrior", né à Londres et qui germe maintenant à Paris, et ailleurs…

Ainsi, le "bourgeois­ bohème", né en 2000 dans la famille des nouvelles "upper classes", qui a les problèmes du bourgeois mais joue l'insouciant éhonté pourrait bien laisser la place, dans les années 2010 au "bourgeois alternatif" qui assume son étiquette de "bourge" mais s'applique à casser les codes et à brouiller les pistes … un "concept" bien plus subtil.
Décidément, le "boal", est encore plus fort que le "bobo" … !

 

 

>> Êtes-vous bobo ou boal ?

>> Les bobos, déjà sur Parisperdu…

 

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Place de Bitche.

17 Janvier 2011, 11:44am

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Publié par barreteau


Face au quai de l'Oise, qui longe le Canal de l'Ourcq, il est une place à l'ambiance très provinciale, c'est la Place de Bitche.

En son centre, trône un kiosque à musique qui, bien qu'en bon état, n'est utilisé que pour de rares manifestations.

Dans un quartier où règne aujourd'hui une architecture moderne et tapageuse dont le summum est atteint avec les "Orgues de Flandre", cette place est un véritable havre de paix.

C'est ce qu'on bien comprit les séniors qui, dès les beaux jours arrivés, viennent y squatter les bancs du square. "Être assis, Place de Bitche, à dix heures du matin, c'est un bonheur dru et dur !" écrit Jules Romain.

Là, face à l'église néo florentine Saint-Jacques et Saint-Christophe,  ils peuvent apercevoir le pont mobile qui leur permettra, tout à l'heure de franchir le canal et de poursuivre leur promenade sur les berges aménagées du bassin de la Villette.

 

 

>> Place de Bitche par Jules Romains, in "Le Voyage des amants", Gallimard, 1920.

 

 

 

 

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De l'intérêt du Noir & Blanc.

13 Janvier 2011, 11:10am

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Publié par barreteau

34 Rue Montorgueil  - 75001 Paris

 

 

La monochromie donne à l'image une unité, lui confère une qualité quasi tactile, presque "sensuelle" que l'on ne retrouve pas toujours avec la couleur.
Et, dans tous les cas, une image en Noir & Blanc permet une expression plus personnelle.

Avec sa riche et subtile gradation des valeurs de gris, le Noir & Blanc exerce une sorte de fascination qui se prolonge longtemps, alors que la couleur est souvent plus immédiate, plus émotionnelle.

 

Bien sûr, cela ne veut pas dire que la photo Noir & Blanc soit foncièrement plus "artistique" que la couleur. Mais parce qu'elle est une représentation plus fidèle de la réalité, une photo couleur nous incite à nous intéresser davantage au sujet qu'à l'esthétique de l'image... alors que le Noir & Blanc donne un impact plus fort à l'image et le message visuel passe alors plus facilement.

 

Alberto Moravia  nous délivre la conclusion quand il écrit : " La réalité est en couleur mais le noir et blanc est plus réaliste".

 

>> La preuve par l'image …(1)

 

>> La preuve par l'image …(2)

 

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Parc Montsouris.

9 Janvier 2011, 09:03am

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Publié par barreteau

 

 

"Paris est tout petit,

C'est sa grandeur.
 

Tout le monde s'y rencontre,

Les montagnes aussi.

Même qu'un beau jour, l'une d'elles

Accoucha d'une souris.
 

Alors en son honneur,

Les jardiniers tracèrent le parc Montsouris".

 

 

Jacques Prévert. Le jardin, Paroles. 

 

 

 

 

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Faits d'hiver.

5 Janvier 2011, 09:48am

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Publié par barreteau

Paris, décembre 2010. 


Les médias sont formels : il neige à Paris ! Oui, oui à Paris, et en décembre, c'est-à-dire pratiquement en plein hiver !
Et voilà des jours et des jours que ça fait les gros titres et la une des journaux!
Incroyable, hein : il neige en hiver !

Et tous les jours on nous en repasse une couche ! Nous sommes en plein suspens, va t-il neiger demain ?
Notre économie est paralysée, nos moyens de transport sont inefficaces, notre société part complètement en vrille, bref c'est la fin des haricots.


S'agiraient-ils donc de précipitations exceptionnelles ? Il faut relativiser, il ne s'agit que d'une douzaine de centimètres… de quoi faire hurler de rire n'importe quel habitant du centre de l'Europe. Et l'on est loin des records des hauteurs de neige à Paris: 60 cm en décembre 1788, suivi de 40 cm début mars 1946 … Tout le monde oublie que le climat de Paris est en transition entre le "climat atlantique breton" et le "climat à tendance continentale" de Strasbourg. Mais nos décideurs, savent-ils encore aujourd'hui ce qu'est un climat à tendance continentale ?

C'est étrange comme nous ne semblons plus en harmonie, avec une saison réputée froide.

Il faut dire que ces derniers temps nos décideurs semblent être sous l'emprise des adeptes du "Global Warming": à force d'entendre dire que le climat se réchauffe, que l'olivier va pousser à Lille, qu'il neigera de moins en moins, qu'il faudra monter à 3000 mètres pour faire du ski… nos autorités s'endorment, ne réagissent plus… le réchauffement est d'une telle évidence !

Et qui dit réchauffement dit fin des hivers…et hop on écarte l'autre alternative, celle où les hivers deviendraient à nouveau plus froids ! C'est pourtant une éventualité… un sentiment qui commence même à apparaître au sein du GIEC qui estime qu'il pourrait bien y avoir "une pause dans le réchauffement pour les vingt années à venir" (sic). Doux euphémisme pour dire finalement que le climat risque de se refroidir… Mais il faut dire que le GIEC ne sait plus où il habite…

Allez, gardons le moral ! Dans trois mois c'est le printemps.



>> Vidéo de Paris sous la neige. (ina)


>> Paris 1947, un mois de janvier très rigoureux.


>> A Paris, la guerre des boules de neige n'aura pas lieu.

 

 

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Belles vues de Belleville

30 Décembre 2010, 09:26am

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Publié par barreteau

 

Photo: ©Jean-Louis PENEL

 

Jean-Louis est un garçon discret, pendant toutes ces années où j'ai travaillé avec lui, nos échanges sont restés strictement professionnels. Jamais il ne m'a parlé des reportages extraprofessionnels qu'il avait pu réaliser au cours de sa déjà longue carrière.

Et voilà qu'aujourd'hui, je découvre qu'il vient de monter, avec le soutien de la Banque Populaire une exposition de ses photos sur Belleville. Le Belleville des années 70, celui d'avant la grande restructuration de ce quartier de l'Est parisien qui m'est si chaud au cœur.

Quand je demande à Jean-Louis pourquoi il ne m'a jamais parlé de ses escapades photographiques, il me répond par cette boutade: " Je n'avais pas envie que l'on me prenne pour un artiste !"

Alors artiste ou pas artiste ?
A vous de juger, en parcourant, ici, son parcours photographique dans les rues de Belleville, … en 1971.

Merci à toi, Jean-Louis … et continue à nous montrer ton talent.

 

 

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Carré des biffins.

26 Décembre 2010, 10:38am

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Publié par barreteau

Crédit photo ©: Association Aurore.

 

Trois jours par semaine, Aziz déballe quelques frusques porte Montmartre, dans le 18e arrondissement. Il dispose d’un emplacement sur le "Carré des biffins", à deux pas des puces de Saint-Ouen. Un marché d’infortune, situé sous un pont du périph, où s’entassent, entre les piles de béton et les voies de circulation, des hommes et des femmes condamnés à la débrouille. Une foule d’anonymes plongés dans la précarité, et qui n’ont d’autre choix que de vendre ce qu’ils ont pu dégoter.
Aziz vend des vêtements, des chemises surtout, "c'est le plus facile à transporter" dit-il.

 

Les biffins – un nom tiré d’un mot de vieux français désignant les étoffes et par la suite, les chiffonniers - ont toujours exercé dans le quartier, comme leurs ancêtres le faisaient il y a cent ans dans la "zone", sur les anciennes fortifications, pour - eux aussi - se sortir de la mouïse. Ces dernières années pourtant, le phénomène a pris une ampleur inédite. Jusqu’à mille vendeurs à la sauvette arpentaient chaque jour les abords de la porte Montmartre.

D’autres venaient y chercher ce qu’ils ne pouvaient se payer ailleurs, vêtements ou nourriture en particulier. Les descentes quotidiennes de la police ou les protestations de riverains excédés n’y ont rien changé. Face à cette réalité devenue ingérable, la mairie de Paris a fini par en autoriser la pratique, à titre expérimental, et uniquement les samedis, dimanches et lundis - jours d’ouverture des Puces de Saint-Ouen.

Une centaine d’emplacements, numérotés et matérialisés au sol à coups de peinture blanche, ont ainsi été créés. Seuls peuvent en bénéficier les habitants des 18e et 19e ainsi que les habitants de Seine-Saint-Denis.

La gestion de ce projet a été confiée à l’association Aurore, spécialisée dans la réinsertion. L’association s’est très vite retrouvée confrontée à une explosion des demandes, certains assimilant même le "carré des biffins" à un vide-grenier. Et aujourd’hui, près de 270 biffins sont inscrits et se relaient en fonction des places disponibles.

 

On est lundi, et Aziz espère avoir à nouveau une place sur le Carré samedi ou dimanche prochain … pour lui c'est quasiment une affaire de survie.

 

 

>> L'association Aurore sur Facebook.

 

 

 

 

 

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" Des fenêtres semblables à des yeux sans pensée ".

22 Décembre 2010, 11:48am

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Publié par barreteau

7 rue Robineau - Paris 20ème

 

" Un jour, … c'est la maison entière qui disparaîtra, c'est la rue et le quartier entier qui mourront. Cela prendra du temps. Au début cela aura l'air d'une légende, d'une rumeur à peine plausible : on aura entendu parler d'une extension possible du parc …, où d'un projet de grand hôtel … Puis les bruits se préciseront; on apprendra le nom des promoteurs et la nature exacte de leurs ambitions que de luxueux dépliants en quadrichromie viendront illustrer.


Mais avant que ne surgissent du sol ces cubes de verre, d'acier et de béton, il y aura la longue palabre des ventes et des reprises, des indemnisations, des échanges, des relogements, des expulsions. Un à un les magasins fermeront et ne seront plus remplacés, une à une les fenêtres des appartements devenus vacants seront murées et les planchers défoncés pour décourager les squatters et les clochards. La rue ne sera plus qu'une suite de façades aveugles – fenêtres semblables à des yeux sans pensée – alternant avec des palissades maculées d'affiches en lambeaux et de graffiti nostalgiques.

 

Qui, en face d'un immeuble parisien, n'a jamais pensé qu'il était indestructible ? Une bombe, un incendie, un tremblement de terre peuvent certes l'abattre, mais sinon ? Au regard d'un individu, d'une famille ou même d'une dynastie, une ville, une rue, une maison, semblent inaltérables, inaccessibles au temps, aux accidents de la vie humaine, à tel point que l'on croit pouvoir confronter et opposer la fragilité de notre condition à l'invulnérabilité de la pierre. Mais la même fièvre qui, vers mille huit cent cinquante, aux Batignolles comme à Clichy, à Ménilmontant comme à la Butte-aux-Cailles, à Balard comme au Pré-Saint-Gervais, a fait surgir de terre ces immeubles, s'acharnera désormais à les détruire.

 

Les démolisseurs viendront et leurs masses feront éclater les crépis et les carrelages, défonceront les cloisons, tordront les ferrures, disloqueront les poutres et les chevrons, arracheront les moellons et les pierres : images grotesques d'un immeuble jeté à bas, ramené à ses matières premières dont des ferrailleurs à gros gants viendront se disputer les tas : le plomb des tuyauteries, le marbre des cheminées, le bois des charpentes et des parquets, des portes et des plinthes, le cuivre et le laiton des poignées et des robinets, les grands miroirs et les ors de leurs cadres, les pierres d'évier, les baignoires, le fer forgé des rampes d'escalier …

 

Les bulldozers infatigables des niveleurs viendront charrier le reste : des tonnes de gravats et de poussière."

 

Georges Perec: "La vie mode d'emploi" Chapitre XXVIII "Dans l'escalier, 3"

 

 

 
 

>> Souvenir de la rue Vilin, par Georges Perec.

>> Parisperdu et les démolitions urbaines.


 

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Les Chinois de Belleville sont-ils menacés ?

18 Décembre 2010, 11:03am

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Publié par barreteau

Photo: © AFP

Les Chinois de Belleville sont descendus dans la rue.
Le 20 juin 2010, plus de 10 000 personnes, majoritairement d'origine asiatique, se sont rassemblées pour protester contre l'insécurité qui gangrène le quartier. Sur les banderoles déployées et les tee-shirts édités spécialement pour l'occasion, de nombreux slogans consensuels: "Sécurité pour tous", "Belleville quartier tranquille", "Halte à la violence" ou encore "J'aime Belleville".


Cela fait des années que les Chinois, selon leurs dires, subissent la loi des bandes ultraviolentes qui écument les quatre arrondissements de Belleville (Xe, XIe, XIXe et XXe). Mais pourquoi s'en prendre plus particulièrement aux Chinois?

C'est que les Chinois constituent une proie idéale pour des bandes de jeunes désœuvrés, de plus en plus mobiles et organisés. Ces derniers comptent tout simplement sur le fait que certains, étant en situation administrative irrégulière, ne peuvent avoir de compte en banque, et perçoivent donc leur salaire en espèces. Sans papiers, ils ne vont pas aller porter plainte auprès de la police... les voilà donc placés au rang de victimes idéales que l'on peut dépouiller presque sans risque.

Mais ces voleurs cherchent d'abord l'argent facile, c'est tout. Ils ne ciblent pas les Chinois parce qu'ils sont Chinois. Il ne faut pas tout confondre. Il n'y a pas de guerre ethnique à Belleville. Cependant, cette situation est bien triste pour le quartier de Belleville où les trois communautés juives, maghrébines et chinoises ont, depuis toujours, vécu dans la paix et la bonne entente.

Aujourd'hui, prise en otage par des bandes de jeunes ultraviolentes, la population de Belleville, le quartier parisien aux 80 nationalités, vaudrait bien retrouver la sérénité.


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