Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU

Le "boal" : plus fort encore que le "bobo" !

21 Janvier 2011, 09:04am

Publié par barreteau

Le" trendy" Mama Shelter, Paris 20ème,  repaire de bobos ou de boals ?

Le "boal" ou bourgeois alternatif va-t-il supplanter le bobo ? Ce nouvel acronyme, inventé récemment par Le Figaro semble bien prendre et pourrait, à terme, éliminer le Bobo devenu trop mainstream …

Le (ou la) boal est par exemple énarque, mais écoute du punk ; a décroché tous ses tableaux pour leur substituer des photos ; interne ses enfants dans des boîtes privées élitistes, mais leur fait faire de la sophro… Bref, s'il est ultra-bourgeois, il cherche surtout à brouiller les pistes.


Pour se nourrir, le boal ne va pas manger n'importe quoi, finies les tomates excentriques, du genre Noire de Crimée ou Cornue des Andes, ressuscitées par les maraîchers branchés, il en a soupé ! Sa nouvelle tocade, ce sont les fraises anciennes dont la lignée remonte au moins à un siècle comme la Vicomtesse-Héricart-de-Tury, la grosse Madame-Moutot ou la jolie Capron-Royal, tellement goûteuses et non roturières comme ces vulgaires gariguettes que l'on trouve partout …

Pour se vêtir, le boal ne portera pas n'importe quoi, par exemple pour les chaussures, il  adoptera, le Kanken, modèle fétiche des écoliers suédois parfaitement "tradi-moderne" et totalement "hype", comme tout ce qui vient de là-bas ! Dans un registre proche, et pour faire un "total thème", il partira à la quête d’une paire de Rivieras, "revival" par une petite marque française de la chaussure à trou-trou de pépé bouliste. Elle aussi est un incontournable.A rechercher pourquoi pas chez Colette, le concept-store bien connu de la rue St Honoré …

Le (et la) boal n'ont pas les vacances de "Monsieur tout le monde"… Pour un week-end en amoureux, ils fileront à Metz, car depuis l’ouverture de la spectaculaire annexe de Beaubourg en mai dernier, c’est devenu notre Bilbao à nous, et "the place to be" en France ! On n’invente rien, c’est le New York Times qui le proclame et qui classe cette ex-ville de garnison "plan-plan" parmi les 44 destinations de l’année (juste entre Madagascar et la Tasmanie, c’est vous dire…).
Ou encore, le boal adorera découvrir les villes "autrement", à petites foulées, quand tout le monde dort encore. La tendance "jogging visite" a le vent en poupe, y compris à Paris, de préférence vers 5 heures du mat' (
www.parisrunningtour.com).

Mais le top des vacances pour le boal sera de se faire inviter à Pantelleria par des amis qui louent là-bas depuis cinq ans une petite maison néanmoins très chère ! Cette île volcanique située entre la Sicile et la Tunisie, venteuse mais sublime, est en effet le dernier refuge bohème où vivre de câpres et d’olives, loin des foules déchaînées. Évidemment, d’aucuns diront que c’est déjà trop tard… et que si l’on cherche une île perdue, celle de Teshima, dans la mer intérieure de Seto, au Japon, est mille fois plus tendance. Car c’est là que se retrouvent tous les acteurs de l’art contemporain, émoustillés par les multiples projets de musées et de festivals en cours dans l’archipel. C’est un peu loin : à quatre heures de Kyoto, mais tellement conceptuel !

Le week-end, le boal adoptera la "jardinière attitude" urbaine et totalement "ressourçante". Ainsi, il balancera des graines sur les mornes terre-pleins ou les tristes pourtours d’arbres des villes ! Celles-ci sont censées éclore en poétique plate-bande aléatoire. On en trouvera la recette sur guerilla-gardening-france.fr, le site français de ce mouvement "eco-warrior", né à Londres et qui germe maintenant à Paris, et ailleurs…

Ainsi, le "bourgeois­ bohème", né en 2000 dans la famille des nouvelles "upper classes", qui a les problèmes du bourgeois mais joue l'insouciant éhonté pourrait bien laisser la place, dans les années 2010 au "bourgeois alternatif" qui assume son étiquette de "bourge" mais s'applique à casser les codes et à brouiller les pistes … un "concept" bien plus subtil.
Décidément, le "boal", est encore plus fort que le "bobo" … !

 

 

>> Êtes-vous bobo ou boal ?

>> Les bobos, déjà sur Parisperdu…

 

Voir les commentaires

Place de Bitche.

17 Janvier 2011, 11:44am

Publié par barreteau


Face au quai de l'Oise, qui longe le Canal de l'Ourcq, il est une place à l'ambiance très provinciale, c'est la Place de Bitche.

En son centre, trône un kiosque à musique qui, bien qu'en bon état, n'est utilisé que pour de rares manifestations.

Dans un quartier où règne aujourd'hui une architecture moderne et tapageuse dont le summum est atteint avec les "Orgues de Flandre", cette place est un véritable havre de paix.

C'est ce qu'on bien comprit les séniors qui, dès les beaux jours arrivés, viennent y squatter les bancs du square. "Être assis, Place de Bitche, à dix heures du matin, c'est un bonheur dru et dur !" écrit Jules Romain.

Là, face à l'église néo florentine Saint-Jacques et Saint-Christophe,  ils peuvent apercevoir le pont mobile qui leur permettra, tout à l'heure de franchir le canal et de poursuivre leur promenade sur les berges aménagées du bassin de la Villette.

 

 

>> Place de Bitche par Jules Romains, in "Le Voyage des amants", Gallimard, 1920.

 

 

 

 

Voir les commentaires

De l'intérêt du Noir & Blanc.

13 Janvier 2011, 11:10am

Publié par barreteau

34 Rue Montorgueil  - 75001 Paris

 

 

La monochromie donne à l'image une unité, lui confère une qualité quasi tactile, presque "sensuelle" que l'on ne retrouve pas toujours avec la couleur.
Et, dans tous les cas, une image en Noir & Blanc permet une expression plus personnelle.

Avec sa riche et subtile gradation des valeurs de gris, le Noir & Blanc exerce une sorte de fascination qui se prolonge longtemps, alors que la couleur est souvent plus immédiate, plus émotionnelle.

 

Bien sûr, cela ne veut pas dire que la photo Noir & Blanc soit foncièrement plus "artistique" que la couleur. Mais parce qu'elle est une représentation plus fidèle de la réalité, une photo couleur nous incite à nous intéresser davantage au sujet qu'à l'esthétique de l'image... alors que le Noir & Blanc donne un impact plus fort à l'image et le message visuel passe alors plus facilement.

 

Alberto Moravia  nous délivre la conclusion quand il écrit : " La réalité est en couleur mais le noir et blanc est plus réaliste".

 

>> La preuve par l'image …(1)

 

>> La preuve par l'image …(2)

 

Voir les commentaires

Parc Montsouris.

9 Janvier 2011, 09:03am

Publié par barreteau

 

 

"Paris est tout petit,

C'est sa grandeur.
 

Tout le monde s'y rencontre,

Les montagnes aussi.

Même qu'un beau jour, l'une d'elles

Accoucha d'une souris.
 

Alors en son honneur,

Les jardiniers tracèrent le parc Montsouris".

 

 

Jacques Prévert. Le jardin, Paroles. 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Faits d'hiver.

5 Janvier 2011, 09:48am

Publié par barreteau

Paris, décembre 2010. 


Les médias sont formels : il neige à Paris ! Oui, oui à Paris, et en décembre, c'est-à-dire pratiquement en plein hiver !
Et voilà des jours et des jours que ça fait les gros titres et la une des journaux!
Incroyable, hein : il neige en hiver !

Et tous les jours on nous en repasse une couche ! Nous sommes en plein suspens, va t-il neiger demain ?
Notre économie est paralysée, nos moyens de transport sont inefficaces, notre société part complètement en vrille, bref c'est la fin des haricots.


S'agiraient-ils donc de précipitations exceptionnelles ? Il faut relativiser, il ne s'agit que d'une douzaine de centimètres… de quoi faire hurler de rire n'importe quel habitant du centre de l'Europe. Et l'on est loin des records des hauteurs de neige à Paris: 60 cm en décembre 1788, suivi de 40 cm début mars 1946 … Tout le monde oublie que le climat de Paris est en transition entre le "climat atlantique breton" et le "climat à tendance continentale" de Strasbourg. Mais nos décideurs, savent-ils encore aujourd'hui ce qu'est un climat à tendance continentale ?

C'est étrange comme nous ne semblons plus en harmonie, avec une saison réputée froide.

Il faut dire que ces derniers temps nos décideurs semblent être sous l'emprise des adeptes du "Global Warming": à force d'entendre dire que le climat se réchauffe, que l'olivier va pousser à Lille, qu'il neigera de moins en moins, qu'il faudra monter à 3000 mètres pour faire du ski… nos autorités s'endorment, ne réagissent plus… le réchauffement est d'une telle évidence !

Et qui dit réchauffement dit fin des hivers…et hop on écarte l'autre alternative, celle où les hivers deviendraient à nouveau plus froids ! C'est pourtant une éventualité… un sentiment qui commence même à apparaître au sein du GIEC qui estime qu'il pourrait bien y avoir "une pause dans le réchauffement pour les vingt années à venir" (sic). Doux euphémisme pour dire finalement que le climat risque de se refroidir… Mais il faut dire que le GIEC ne sait plus où il habite…

Allez, gardons le moral ! Dans trois mois c'est le printemps.



>> Vidéo de Paris sous la neige. (ina)


>> Paris 1947, un mois de janvier très rigoureux.


>> A Paris, la guerre des boules de neige n'aura pas lieu.

 

 

Voir les commentaires

Belles vues de Belleville

30 Décembre 2010, 09:26am

Publié par barreteau

 

Photo: ©Jean-Louis PENEL

 

Jean-Louis est un garçon discret, pendant toutes ces années où j'ai travaillé avec lui, nos échanges sont restés strictement professionnels. Jamais il ne m'a parlé des reportages extraprofessionnels qu'il avait pu réaliser au cours de sa déjà longue carrière.

Et voilà qu'aujourd'hui, je découvre qu'il vient de monter, avec le soutien de la Banque Populaire une exposition de ses photos sur Belleville. Le Belleville des années 70, celui d'avant la grande restructuration de ce quartier de l'Est parisien qui m'est si chaud au cœur.

Quand je demande à Jean-Louis pourquoi il ne m'a jamais parlé de ses escapades photographiques, il me répond par cette boutade: " Je n'avais pas envie que l'on me prenne pour un artiste !"

Alors artiste ou pas artiste ?
A vous de juger, en parcourant, ici, son parcours photographique dans les rues de Belleville, … en 1971.

Merci à toi, Jean-Louis … et continue à nous montrer ton talent.

 

 

Voir les commentaires

Carré des biffins.

26 Décembre 2010, 10:38am

Publié par barreteau

Crédit photo ©: Association Aurore.

 

Trois jours par semaine, Aziz déballe quelques frusques porte Montmartre, dans le 18e arrondissement. Il dispose d’un emplacement sur le "Carré des biffins", à deux pas des puces de Saint-Ouen. Un marché d’infortune, situé sous un pont du périph, où s’entassent, entre les piles de béton et les voies de circulation, des hommes et des femmes condamnés à la débrouille. Une foule d’anonymes plongés dans la précarité, et qui n’ont d’autre choix que de vendre ce qu’ils ont pu dégoter.
Aziz vend des vêtements, des chemises surtout, "c'est le plus facile à transporter" dit-il.

 

Les biffins – un nom tiré d’un mot de vieux français désignant les étoffes et par la suite, les chiffonniers - ont toujours exercé dans le quartier, comme leurs ancêtres le faisaient il y a cent ans dans la "zone", sur les anciennes fortifications, pour - eux aussi - se sortir de la mouïse. Ces dernières années pourtant, le phénomène a pris une ampleur inédite. Jusqu’à mille vendeurs à la sauvette arpentaient chaque jour les abords de la porte Montmartre.

D’autres venaient y chercher ce qu’ils ne pouvaient se payer ailleurs, vêtements ou nourriture en particulier. Les descentes quotidiennes de la police ou les protestations de riverains excédés n’y ont rien changé. Face à cette réalité devenue ingérable, la mairie de Paris a fini par en autoriser la pratique, à titre expérimental, et uniquement les samedis, dimanches et lundis - jours d’ouverture des Puces de Saint-Ouen.

Une centaine d’emplacements, numérotés et matérialisés au sol à coups de peinture blanche, ont ainsi été créés. Seuls peuvent en bénéficier les habitants des 18e et 19e ainsi que les habitants de Seine-Saint-Denis.

La gestion de ce projet a été confiée à l’association Aurore, spécialisée dans la réinsertion. L’association s’est très vite retrouvée confrontée à une explosion des demandes, certains assimilant même le "carré des biffins" à un vide-grenier. Et aujourd’hui, près de 270 biffins sont inscrits et se relaient en fonction des places disponibles.

 

On est lundi, et Aziz espère avoir à nouveau une place sur le Carré samedi ou dimanche prochain … pour lui c'est quasiment une affaire de survie.

 

 

>> L'association Aurore sur Facebook.

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

" Des fenêtres semblables à des yeux sans pensée ".

22 Décembre 2010, 11:48am

Publié par barreteau

7 rue Robineau - Paris 20ème

 

" Un jour, … c'est la maison entière qui disparaîtra, c'est la rue et le quartier entier qui mourront. Cela prendra du temps. Au début cela aura l'air d'une légende, d'une rumeur à peine plausible : on aura entendu parler d'une extension possible du parc …, où d'un projet de grand hôtel … Puis les bruits se préciseront; on apprendra le nom des promoteurs et la nature exacte de leurs ambitions que de luxueux dépliants en quadrichromie viendront illustrer.


Mais avant que ne surgissent du sol ces cubes de verre, d'acier et de béton, il y aura la longue palabre des ventes et des reprises, des indemnisations, des échanges, des relogements, des expulsions. Un à un les magasins fermeront et ne seront plus remplacés, une à une les fenêtres des appartements devenus vacants seront murées et les planchers défoncés pour décourager les squatters et les clochards. La rue ne sera plus qu'une suite de façades aveugles – fenêtres semblables à des yeux sans pensée – alternant avec des palissades maculées d'affiches en lambeaux et de graffiti nostalgiques.

 

Qui, en face d'un immeuble parisien, n'a jamais pensé qu'il était indestructible ? Une bombe, un incendie, un tremblement de terre peuvent certes l'abattre, mais sinon ? Au regard d'un individu, d'une famille ou même d'une dynastie, une ville, une rue, une maison, semblent inaltérables, inaccessibles au temps, aux accidents de la vie humaine, à tel point que l'on croit pouvoir confronter et opposer la fragilité de notre condition à l'invulnérabilité de la pierre. Mais la même fièvre qui, vers mille huit cent cinquante, aux Batignolles comme à Clichy, à Ménilmontant comme à la Butte-aux-Cailles, à Balard comme au Pré-Saint-Gervais, a fait surgir de terre ces immeubles, s'acharnera désormais à les détruire.

 

Les démolisseurs viendront et leurs masses feront éclater les crépis et les carrelages, défonceront les cloisons, tordront les ferrures, disloqueront les poutres et les chevrons, arracheront les moellons et les pierres : images grotesques d'un immeuble jeté à bas, ramené à ses matières premières dont des ferrailleurs à gros gants viendront se disputer les tas : le plomb des tuyauteries, le marbre des cheminées, le bois des charpentes et des parquets, des portes et des plinthes, le cuivre et le laiton des poignées et des robinets, les grands miroirs et les ors de leurs cadres, les pierres d'évier, les baignoires, le fer forgé des rampes d'escalier …

 

Les bulldozers infatigables des niveleurs viendront charrier le reste : des tonnes de gravats et de poussière."

 

Georges Perec: "La vie mode d'emploi" Chapitre XXVIII "Dans l'escalier, 3"

 

 

 
 

>> Souvenir de la rue Vilin, par Georges Perec.

>> Parisperdu et les démolitions urbaines.


 

Voir les commentaires

Les Chinois de Belleville sont-ils menacés ?

18 Décembre 2010, 11:03am

Publié par barreteau

Photo: © AFP

Les Chinois de Belleville sont descendus dans la rue.
Le 20 juin 2010, plus de 10 000 personnes, majoritairement d'origine asiatique, se sont rassemblées pour protester contre l'insécurité qui gangrène le quartier. Sur les banderoles déployées et les tee-shirts édités spécialement pour l'occasion, de nombreux slogans consensuels: "Sécurité pour tous", "Belleville quartier tranquille", "Halte à la violence" ou encore "J'aime Belleville".


Cela fait des années que les Chinois, selon leurs dires, subissent la loi des bandes ultraviolentes qui écument les quatre arrondissements de Belleville (Xe, XIe, XIXe et XXe). Mais pourquoi s'en prendre plus particulièrement aux Chinois?

C'est que les Chinois constituent une proie idéale pour des bandes de jeunes désœuvrés, de plus en plus mobiles et organisés. Ces derniers comptent tout simplement sur le fait que certains, étant en situation administrative irrégulière, ne peuvent avoir de compte en banque, et perçoivent donc leur salaire en espèces. Sans papiers, ils ne vont pas aller porter plainte auprès de la police... les voilà donc placés au rang de victimes idéales que l'on peut dépouiller presque sans risque.

Mais ces voleurs cherchent d'abord l'argent facile, c'est tout. Ils ne ciblent pas les Chinois parce qu'ils sont Chinois. Il ne faut pas tout confondre. Il n'y a pas de guerre ethnique à Belleville. Cependant, cette situation est bien triste pour le quartier de Belleville où les trois communautés juives, maghrébines et chinoises ont, depuis toujours, vécu dans la paix et la bonne entente.

Aujourd'hui, prise en otage par des bandes de jeunes ultraviolentes, la population de Belleville, le quartier parisien aux 80 nationalités, vaudrait bien retrouver la sérénité.


>> Violences/Belleville: 13 bandes identifiées.

>> "Chinoiseries à Belleville".

>> Belleville, de la déliquescence à la délinquance.

 

 

 

Voir les commentaires

Un arrondissement à part.

14 Décembre 2010, 11:23am

Publié par barreteau

Angle de la place Martin Nadeau et de la rue Robineau - Paris 20ème.


Le 20ème est un arrondissement à part. Terre d'asile, depuis deux siècles, de générations d'ouvriers, souvent immigrés, il est représentatif de l'Est parisien: populaire et cosmopolite. Il offre encore parfois l'illusion de la campagne à Paris et son passé communard lui prête une certaine aura révolutionnaire, qui attire à lui une nouvelle classe moyenne éprise d'anticonformisme.

Pour son arrondissement, son maire formulera une maxime : "La mixité sociale est son génie et son avenir".
Pourtant, les problèmes de l'arrondissement restent ceux des quartiers ouvriers. La cité Saint-Blaise - la plus forte densité démographique d'Europe - en offre un concentré: 15% de ses occupants vivent au-dessous du seuil de pauvreté, 18% sont chômeurs et 25% sont des travailleurs précaires.
Ici, les médecins réfléchissent à deux fois avant de poser leur plaque, ce qui explique la peu glorieuse 20ème place de l'arrondissement pour l'offre de soins à Paris.

Au coeur de l'arrondissement, Ménilmontant, le quartier populaire-type, est malheureusement de plus en plus défiguré par le modernisme ambiant et ces façades sont les derniers et fragiles témoignages d'une civilisation emportée par le vent du changement ... qui pointe le nez là-bas, juste en haut de la rue Gasnier-Guy.

 

 

>> Voir aussi : "A la recherche du Parisperdu, celui des jeunes filles en fleurs"


>> "Le vent du changement pointe son nez, en haut de la rue Gasnier-Guy ..."




 

Voir les commentaires

Paris n'est pas un musée.

10 Décembre 2010, 09:04am

Publié par barreteau

Belvedère de la rue Piat - Paris 20ème

 

Paris n'est pas un musée, un objet de nostalgie dont les quartiers ne vaudraient qu'à être regardés sans jamais être partagés. Au contraire, Paris est une fête, un espace de rencontre, riche, bouillonnant, vivant !

C'est pourquoi Parisperdu vous invite sans cesse à arpenter les rues de la capitale, les plus prestigieuses comme les plus obscures pour partager vos expériences, donner à voir, à penser et à comprendre les espaces, les territoires de la ville.

C'est à vous maintenant, amoureux de Paris, gourmands et curieux de la cité, de vous mettre en chemin et de partir à la rencontre de la ville et de ses habitants. Vous passerez des journées exceptionnelles à sillonner cette capitale unique en prenant plaisir à découvrir l'inconnu ou a revisiter le déjà trop connu ...

 

 

>> Paris est-elle la plus belle ville du monde ?

>> La traversée de Paris.

>> Voir et comprendre Paris.

>> Paris a-t-il perdu son âme ?

 

 

Voir les commentaires

Paris pluie.

6 Décembre 2010, 09:35am

Publié par barreteau



C'est juste un grain, juste un petit grain, celui qui tombe sur une vitre et rend flou le paysage, il trouble l'espace, à le faire dissoudre, s'éparpiller, divaguer.

Le grain de la pluie se répand dans le grain de la photographie, diluant les pixels, étalant les lumières qui dégoulinent, informes, déviées de leurs focales, s'irisant comme des fleurs imbibées.

Quand il pleut sur Paris, parfois je coupe les essuie-glaces de ma voiture et photographie la ville derrière le pare-brise.
Apparaissent alors les distorsions optiques d'un voyage devenu ivre, étincelant, étrangement liquide.


>> Autre image, plus délirante encore!

 

Voir les commentaires

Cinq ans déjà ... !

16 Novembre 2010, 14:03pm

Publié par barreteau

 

Et voilà, aujourd'hui 16 novembre 2010,  cela fait cinq ans que je tiens ce blog ...

Merci à tous les fidèles lecteurs,

Merci à ceux qui ne font que passer,

Merci à ceux qui laissent des commentaires et merci aux silencieux aussi ...
Merci également à ceux qui n'aiment pas ce que je fais, ou comment je le fais, mais qui alimentent mes "stats" malgré tout ...  ;=))

Tous les 4 jours, retrouvez un nouveau post sur Parisperdu ...
L'aventure continue pour vous, avec vous.

 

 

>> Hey ! Qui était là il y a 5 ans ?
Faites-vous connaître ici et recevez un cadeau souvenir !!!!

 

 

Voir les commentaires

La Bellevilleuse veille sur Belleville.

12 Novembre 2010, 09:58am

Publié par barreteau

4-6 rue Dénoyez Paris 20ème (Juin 1996)

 

Situé au carrefour de quatre arrondissements, Belleville est réputé pour être une terre d'accueil de toutes les cultures.

Depuis très longtemps, ce quartier vit au rythme de vagues successives d'immigration.
Au 19ème siècle, il a d'abord connu l'arrivée des provinciaux qui "montaient" à Paris. Au siècle suivant, Belleville a vu affluer dans un premier temps des immigrés européens puis d'autres venus de plus loin, d'Afrique et d'Asie principalement. Encore de nos jours, ce quartier continue d'accueillir de nouveaux immigrés, en provenance en particulier des pays de l'Europe de l'Est.


Les habitants de Belleville prennent cette diversité culturelle de leur quartier plutôt pour une richesse. Et, grâce à un tissu associatif attentif, le quartier se transforme progressivement, sans renier son histoire.

Pourtant, en 1989, une partie de Belleville a failli être profondément transformé.

La Ville de Paris a alors un projet de rénovation du Bas-Belleville relativement simple : raser au moins quatre îlots sur le secteur Ramponneau-Belleville et y construire un quartier tout neuf.

Dès le mois d'avril de la même année, quelques habitants créent une association: La Bellevilleuse, qui va s'opposer à ce projet complètement fou. Après 7 années de luttes acharnées, la Mairie de Paris décide finalement, en octobre 1996, de repenser l'opération et d'associer La Bellevilleuse à la réflexion. Mais il faudra encore dix-huit mois supplémentaires pour qu'en juin 1998, le Conseil de Paris vote à l'unanimité un nouveau projet dans lequel 80% des immeubles seront conservés et réhabilités. Quant aux constructions neuves, uniquement des logements sociaux, elles seront édifiées en harmonie avec le bâti existant.

Cet engagement citoyen pour sauver un quartier populaire de Paris a valeur d'exemple. D'ailleurs,
la Bellevilleuse continue son activité et, aujourd'hui encore, reste vigilante à toutes les évolutions du quartier.

 

 

>> En savoir plus sur La Bellevilleuse.

 

 

 

 

Voir les commentaires

André Kertész ... enfin chez lui !

8 Novembre 2010, 09:41am

Publié par barreteau

André Kertész, Place de la Concorde, Paris, 1928


"Nous devons tous quelque chose à Kertész", disait Henri Cartier-Bresson.
A voir l'impressionnante rétrospective du photographe hongrois organisée au Jeu de Paume, on ne peut qu'être d'accord avec l'hommage d'HCB.

André Kertész (1894-1985) prétendait être un éternel amateur. Il a pratiqué tous les genres, n'a obéi à aucun dogme et ne s'est laissé enfermer dans aucune case.

Devenu citoyen américain, il vivra à New-York près de cinquante ans en éternel exilé car  Kertész, Hongrois d'origine ayant vécu en France et aux États-Unis, ne maîtrisait ni le français, ni l'anglais. Mais André Kertész est resté parisien de cœur, et c'est à la France qu'il lègue ses négatifs et ses archives, en 1984.

L'exposition qui suit un parcours chronologique avec les trois grandes étapes de sa vie et de sa carrière: la Hongrie, Paris et New York, veut donner, pour la première fois, une vision extensive et équilibrée de l'œuvre de Kertész, en apportant des éléments nouveaux et en rassemblant, pour la première fois aussi, un nombre important de tirages d'époque (les deux tiers des 300 photos présentées).

C'est à Paris, qu'il devint, presque à son insu, l'initiateur du reportage photographique à partir de 1928. Il s'y distingue par une attitude photographique plus émotive qu'objective, préférant à l'enquête sociale une prospection visuelle dont la motivation est d'abord affaire de sentiment.

C'est à propos de Kertész que Roland Barthes évoque la possibilité d'une "photographie pensive", une catégorie de photographie qui donne à penser, tout en s'appuyant sur une réalité détectée par le photographe. C'est cette faculté d'évocation de l'inconnu, et de renouvellement de la sensation intérieure produite par une image qui fait, pour une part, l'originalité de Kertész qui précisait : "On a dit que mes photos semblent plutôt sortir d'un rêve que de la réalité. Il y a une association inexplicable entre moi et ce que je vois".
Pour André Kertész, tout est là.

Kertész est aujourd'hui, 25 ans après sa disparition, un photographe reconnu internationalement, dont chacun a en tête quelques images marquantes, mais il n'a pas encore trouvé la place qu'il mérite si l'on considère ses apports personnels au langage photographique du vingtième siècle.
L'exposition présentée jusqu'au 6 février 2011 au Jeu de Paume, vise à réparer cette injustice.

André Kertész est enfin chez lui ... à Paris.



>> André Kertész à l'affiche.

 

Voir les commentaires