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PARISPERDU

Tendance Oberkampf.

14 Avril 2010, 08:34am

Publié par barreteau

96 rue Oberkampf - 75011 Paris

 

Dans la journée, avec son décor dans le style "authen-toc", "Chez Justine" pourrait vaguement faire penser à une paisible auberge, non loin de la quasi-campagne du Père Lachaise. Mais lorsque commence la soirée, l'établissement prend un tout autre visage : la musique devient alors omniprésente, propulsée par 16 enceintes et pilotée par un DJ, fidèle à son poste ... tous les soirs.


En fait, "Chez Justine" est un bar comme il en existe des dizaines dans ce quartier jeune, branché où vous avez l'embarras du choix entre les endroits surpeuplés, tendance artistes et bobos, les bars branchés techno ou jungle avec décor en matériaux de récup' et tout un panel d'établissements aux ambiances dites "lounge", … et j'en passe.

 

Pour les riverains, dire qu'il y a des nuisances nocturnes à Oberkampf, est un doux euphémisme ! Ces riverains qui prétendent vouloir dormir la nuit, refuseraient donc le pittoresque parisien... ? 

 

Pour vous faire un avis objectif, allez donc faire un tour, la nuit, dans le quartier Oberkampf.
Tout d'abord, vous constatez que cette multitude de cafés sont si petits que la moitié des consommateurs sont sur le trottoir. Pire, à croire qu'il n'y a pas de toilettes dans ces établissements, tant il faut voir nos jeunes, accroupies pour les unes, debout pour les autres en train de se soulager entre les voitures  !!

Et, que penser aussi de ces "binge drinking", ces bitures express parfois au bord du coma éthylique, qui sont couramment pratiquées ici ?
Pas pittoresque non plus les altercations, les beugleries, les cris dans la nuit, … ?

 

A croire que les riverains, qui de plus en plus s'associent pour se défendre, trouvent tout cela plus pathétique que pittoresque !

 

 

 

>> Voir aussi "Paris by-night" ou Paris est-elle la capitale de l'ennui?

 

 

 

 

 

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J'ai retrouvé les auto-tamponneuses d'Izis.

10 Avril 2010, 08:46am

Publié par barreteau


Lorsque je les ai vues, près du métro Stalingrad, j'ai immédiatement pensé à la célèbre photo d'Izis. Les auto-tamponneuses étaient là, bien rangées dans la lumière d'un soir d'été. Leurs carrosseries en plastique, incrusté de paillettes argentées, brillaient de mille feux.

Mais seul, Jacques Prévert comme il l'a fait pour Izis dans l'ouvrage: "Grand bal du printemps" aurait su retrouver les bruits et les sons évoqués par cette photographie.

Car le "Grand bal du printemps", qui est sans doute l'un des plus beaux livres de photographies de l’après-guerre, montre d’emblée par son titre que l’ouvrage se place dans une thématique musicale et, dès le premier poème du recueil, Prévert compare Izis à un musicien des rues :

"C’est un colporteur d’images
et même sans le savoir
un musicien ambulant
qui joue à sa manière
surtout en hiver
le Sacre du Printemps."

Alors, les scènes deviennent presque sonores malgré le silence des images : c’est le cas par exemple pour cette photographie d'Izis, où un couple d’amoureux s’embrasse dans une auto-tamponneuse. Prévert évoque alors "le doux fracas du manège dans le vacarme de cette fête".

Dans le vrombissement du trafic de la place de Stalingrad, oui aujourd'hui, j'ai retrouvé les auto-tamponneuses d'Izis …


>> Les auto-tamponneuses d'Izis … ©Izis (1951)

>> Vous pouvez louer un Manège d'Auto tamponneuses !

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Izis, Paris des rêves". 

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Métro Haxo: station virtuelle.

6 Avril 2010, 08:36am

Publié par barreteau

Station de métro Haxo, avec à droite l'emplacement de l'escalier qui ne sera jamais percé.

Photo : copyright  EXTRAORDINAIRE-URBAIN – Martin Loyer.

Il y a quelques années, les plans du métro parisien mentionnaient encore des stations avec ce renvoi en bas de page : "Stations fermées".
Cela m'a toujours intrigué.
L'explication est due au fait qu'en septembre 1939, au début de la seconde guerre mondiale, le gouvernement met en application un service réduit sur le réseau métropolitain. Seules 85 des quelques 300 stations parisiennes demeurent ouvertes à l'exploitation. Toutes rouvrent dans les années qui suivent la fin du conflit, sauf quelques-unes considérées comme peu fréquentées, peu rentables et qui resteront fermées. Il s'agit de celles que mon vieux plan de métro mentionnait en bas de page: Arsenal, Champ-de-Mars, Saint-Martin et Croix-Rouge.

Un voile de mystère et de fantastique entoure ces stations de métro abandonnées et que l'on peut encore aujourd'hui apercevoir depuis une rame. Mais il y a encore plus mystérieux … et c'est le cas de la station de métro "Haxo".

Les stations Porte des Lilas (ligne 3) et Pré Saint-Gervais (ligne 7bis) auraient dû être reliées entre elles dans les années vingt. La ville de Paris soutenait cette idée, mais la CMP, l'ancêtre de la RATP, n'y voyait que des inconvénients et des résultats peu profitables.
Les tunnels furent néanmoins construits et les voies posées. Une voie unique (surnommée "la voie des Fêtes") relie alors la Place des Fêtes à la Porte des Lilas et une station intermédiaire est construite, c'est la station "Haxo".
Pour le trafic dans le sens inverse, une autre voie est aussi construite reliant directement Porte des Lilas à Pré Saint-Gervais, sans station intermédiaire, c'est la voie navette.

Finalement, la liaison commerciale ne sera jamais mise en service, ... mais la station Haxo existe bel et bien, sauf qu'elle n'a jamais accueilli le moindre voyageur, et pour cause … elle est dépourvue d'accès vers l'extérieur !

Toutefois, cette situation n'est peut-être pas définitive … car la fusion des lignes 3 bis et 7 bis est de nouveau à l'étude pour une mise en service au plus tôt en 2013.
Ce raccordement réutiliserait probablement la voie des Fêtes et la voie navette, permettant enfin l'ouverture au public de la "station virtuelle" Haxo.



>> Extrait du plan officiel du réseau de la RATP.

>> En savoir plus sur les stations fantôme du métro parisien.

 

 

 

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Bandes: pas de quartiers !

2 Avril 2010, 08:43am

Publié par barreteau

Carrefour des rues de l'Escaut, Curial et Labois-Rouillon – Paris 19ème.

 

De tout temps, il y a eu des bandes à Paris, plus ou moins organisées, plus ou moins violentes, souvenons-nous de la bande à Bono, des Apaches, des Blousons noirs, des Hell Angels, des bandes de la CGT … la liste serait longue.

Aujourd'hui, le sujet fait un retour en force au premier plan de l'actualité, avec le recensement que vient de publier la Ministre de l'Intérieur. Sur le territoire métropolitain, dans les quartiers, les bandes sont au nombre de 222, dont près de 80 % en région parisienne, regroupant quelque 5000 membres permanents ou occasionnels dont 47 % sont des mineurs.

A Paris, ce sont surtout les arrondissements orientaux qui sont concernés, en particulier le 19ème avec les Bandes Reverdy-Moselle, Curial-Cambrai, Pinot-Solidarité et la Bande Chaufourniers. Dans les arrondissements du sud, c'est le 13ème qui occupe le haut du pavé, avec les Bandes de la Place Souham, du Colonel-Dominé / Paul-Bourget,  de la Brillat et la Bande de la Dalle des Olympiades.

Ces bandes sont constituées en grande majorité de gens désocialisés et cette désocialisation se marque par des attaques contre tout ce qui représente l'autorité, l'Etat et notamment la police. La bande occupe des territoires et "certains" voudraient qu'ils échappent aux policiers, notamment les territoires où il y a des trafics de drogue. En dehors, ou en complément de ces trafics, on constate dans ces quartiers, une pratique quotidienne de vols à main armée et un climat de violence entretenu par un certain nombre de jeunes ou de moins jeunes.
 

Les affrontements entre bandes sont la manifestation la plus visible de leur existence. Ils donnent lieu alors, à des explosions de violence au cours desquelles l'usage des armes blanches ou à feu est de plus en plus fréquent. Dans le 19ème, la rivalité entre les gangs  Reverdy-Moselle et Curial-Cambrai, deux cités ennemies, entraine de nombreux règlements de compte qui peuvent parfois prendre des tournures tragiques.
 

Sur la toile, on peut parfaitement suivre leurs activités et leurs faits d'armes. Car souvent, les bandes disposent de blogs où elles se racontent, menacent leurs ennemis ou diffusent photos et vidéos provocatrices.

Le sentiment d'avoir constitué des territoires interdits aux personnes extérieures est un dénominateur commun de ces blogs, qui relèvent presque tous de la galaxie des Skyblogs.

Là, avec un haut niveau de violence verbale, des jeunes de cités difficiles rivalisent pour déterminer quel est le quartier de France le plus craint, "le plus chaud" ou "le plus ghetto".

Comme des dizaines d'autres blogs, le skyblog des "Reverdy-Moselle" se vante ainsi d'une descente effectuée dans la cité concurrente, celle de la "Curial-Cambrai" en l'occurrence, photo à l'appui. L'écriture, difficile à déchiffrer, est un mélange de verlan, d'argot, avec utilisation du langage SMS et une accumulation de fautes d'orthographe, jugez plutôt:

"On é alé la bas, on é passer, ya pas eu de probleme, on c pozé la bas, maintnant il peuve pas nié, g penser a prendre les foto", assure le blogueur. Une attitude raillée par ceux de la "6T Curial-Cambrai " dans leurs commentaires : pour eux, la descente était fictive, trop rapide pour donner lieu à un affrontement.
Au travers de ces blogs s'expriment une grande fierté et un puissant sentiment d'appartenance à chacune de leur "tess" (cité)  … mais sans jamais faire aucune concession à la "tess" rivale  …. Il n'y a pas de quartier pour les bandes !

 

 

>> Belleville : de la déliquescence à la délinquance ...

 

>> "C'est déjà ça …"

 

 

 

 

 

 

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Voie AA/12.

29 Mars 2010, 09:52am

Publié par barreteau

Voie AA/12 – Paris 12éme.


A Paris, la voie AA/12 est l'une des rares rues sans éponyme, c'est-à-dire une rue n'ayant jamais été nommée. Dans pareil cas, l'identification de ces rues repose sur un système permettant une désignation systématique des voies parisiennes. Elle est formée d'un code d'une ou de deux lettres, séparé du numéro de l'arrondissement par une barre oblique.

Le fait est courant pour les bretelles d'accès au boulevard périphérique, mais moins fréquent pour une rue située à l'intérieur de Paris.
Ainsi, la voie AA/12 désigne une voie du 12e arrondissement, dans le quartier de Bercy. Il s'agit d'une rue principalement piétonne qui relie l'avenue Daumesnil à la rue de Charenton.
Il existe aussi une voie AA/13 dans le 13e arrondissement.

La nécessité de donner à ces voies un nom plus conventionnel ne semble pas s'être présentée aussi, possèdent-elles des plaques officielles affichant cette dénomination.
Curieux non … ?

 

 


>> Plaque de la voie AA/12, à l'intersection avec l'avenue Daumesnil.

>> Déjà dans Parisperdu: la voie U/20, devenue rue Fernand Raynaud.


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Doisneau chez son complice Cartier-Bresson.

25 Mars 2010, 09:03am

Publié par barreteau

Robert Doisneau par Henri Cartier-Bresson, Paris, 1986 © Magnum Photos

 

A travers une sélection d'une centaine d'épreuves originales, l'exposition de la Fondation Cartier-Bresson nous montre comment Robert Doisneau a su inscrire "Paris et sa banlieue" sur la pellicule, un monde dont il voulait nous prouver l'existence.

 

Dès 1931, Doisneau arpente les rues de Paris et de la banlieue, faisant de ces lieux son studio. Tout au long de sa vie, Doisneau restera fasciné par la banlieue. Il y ressent le besoin de fixer ce qui est en train de disparaître, nous laissant ainsi le souvenir d'un petit monde qu'il aimait tant.

 

Pendant plus de 60 ans, inlassablement, il va arpenter les rues de ces villes limitrophes de Paris, captant le charme - maintenant nostalgique - d'un café de coin de rue, d'une terrasse encombrée de landaus, d'une minuscule épicerie-buvette … toute une banlieue où l'on a encore de l'espace, où l'on peut encore rêver sur des bords de Seine campagnards…

 

Doisneau avait le chic pour dénicher les perles de ces banlieues, à une époque où les prostituées remplaçaient les tagueurs et les bidonvilles les HLM. Il n’idéalise pas pour autant ce qu’on appelle alors la Zone. Le plus souvent, il prend de la hauteur et saisit un paysage fait d'un mélange de no man’s land, de taudis misérables et d’urbanisation monotone, le tout emprunt d'une gravité, d'une tonalité plutôt sombre. Mais, Doisneau, ce flâneur pétri de poésie urbaine, fait de cette gravité une œuvre rayonnante.

 

Une grande complicité le liait à Henri Cartier-Bresson (HCB) ; aussi enfantins l'un que l'autre dans leurs rires, ils ne manquaient cependant pas de se consulter sérieusement dès que le métier l'exigeait. "Notre amitié se perd dans la nuit des temps et … sa bonté profonde, son amour des êtres et d'une vie modeste, sont pour toujours dans son œuvre", écrivait HCB en 1995, au lendemain de la disparition de son ami.

 

Ils n'avaient pas la même conception de la photographie, l'imparfait de l'objectif  de Doisneau se conjuguant mal avec l'imaginaire d'après nature d'un Cartier-Bresson, plutôt adepte de la rigueur, influencé par la peinture et le dessin et totalement hostile au recadrage.

 

Lorsqu'il "tire le portrait" de son copain, en 1986, HCB crée un cadre où figurent une foule de d'éléments symboliques de ce qui fait de Doisneau, un grand de la photographie. Tous deux ont grimpé sur un immeuble pour avoir Paris en toile de fond ; à perte de vue les toits de zinc d'un quartier populaire cher à Doisneau et en ligne d'horizon quelques monuments significatifs de la capitale. La tête de Robert est cadrée par un portique de fer, accentuant la rigueur graphique du portrait mais, pour ne pas donner un côté trop solennel à la pose, un chapeau de cheminée flirte avec la tête de Robert ! Ce dernier semble, d'un signe de la main, dire au cadreur : "C'est parfait !", avec au coin des lèvres ce petit sourire taquin qu'on lui connaissait bien …, un instant de belle complicité entre ces deux monuments de la photographie.


>> Extrait de l'Expo: "Le nez au carreau, 1953"  © Atelier Robert Doisneau.

>> Déjà sur Parisperdu: "Sur les pas de Robert Doisneau...", Les enfants de la place Hébert.



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Tout le monde déteste les parisiens.

21 Mars 2010, 09:31am

Publié par barreteau

Quartier de Belleville. Paris 20ème

 

Aujourd'hui il y a autant de catégories de parisiens que d'arrondissements: bohèmes ou populaires, plus ou moins chics, plus ou moins colorés …

Pour ma part, je suis très attaché à Belleville dont j'apprécie les bars, les petits restos sympas et les salles de concert sans chichis.

 

Mais l'âme de Paris est morte depuis que la couche populaire a été mise à la porte. Et je me demande parfois si Paris n'est pas devenu une boutique de luxe fréquentée par des bobos snobinards, ou d’ex-provinciaux oisifs ou surbookés mais qui trouvent tout de même le temps et l'argent pour courir les cantines de luxe et les spas "de rêve"….
Quand, je vois tout ça, je finis par croire que nous ne parlons pas de la même ville.

 

Fini le titi parisien, finies les concierges parigotes, finis les voisins qui spontanément vous donnent un coup de main, finis les coiffeurs de quartier et les "bistrotiers" qui s'intéressent à vous et peuvent vous "tenir le crachoir" pendant des heures …

Pas étonnant qu'ensuite, tout le monde déteste les parisiens...


"Parigots, têtes de veaux; parisiens têtes de chiens" … peut-être … mais, pour les néo-bobos de Paris une chose est sûre: la ringardise est l'avenir inéluctable de leur "branchitude".

 

 

 

 

>> "Bobo attitude", les bobos sur Parisperdu.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tout cela est-il bien raisonnable ?

17 Mars 2010, 11:30am

Publié par barreteau

 

 

Normalement, lorsque vous serez arrivé à la fin de ce billet, à la fin de ces quelques lignes, il se sera écoulé 10 secondes. Et, dans notre monde numérisé, on aura enregistré:

 

 

Game One - Spot publicitaire 

(C) Game One-Spot publicitaire- novembre 2009

 

 

Ne sommes-nous pas au royaume des futilités, et tout ça ne vous fait-il pas tourner la tête ... ?
Si, un peu quand même … !

Alors débranchez tout et partez parcourir la ville ou la campagne, les petites rues de Paris ou d'ailleurs, …
Là aussi, en quelques poignées de secondes, loin du virtuel, un flot de sensations intenses peut vous envahir, … bienvenue dans la vraie vie !

 

Billet dédié à Joran, il se reconnaitra …et, bon Anniversaire !
 

 

>> Et pendant ce temps, sur Parisperdu: "De l'art de flâner".

 

>> … et "Du bon usage de la lenteur"

 

 

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Le chalet du 103, rue de Meaux sera-t-il réduit en petit bois ?

13 Mars 2010, 10:24am

Publié par barreteau

Angle de la rue de Meaux et du passage de la Moselle – Paris 19ème.

 

 

Ce Chalet n'a rien de très joli. Mais son charme, son intérêt, c'est l'incongruité de son emplacement. Car cette curieuse habitation, banale dans un paysage alpin est réellement insolite ici, en plein cœur de Paris.

 

Le chalet est menacé de destruction car, suite au décès du propriétaire, il va être mis en vente. Un promoteur est prêt à racheter la bâtisse pour élever à sa place un immeuble de 18 mètres de haut. Une fois de plus, la spéculation immobilière va détruire une maison qui marque de son originalité la rue de Meaux. Les locataires devront aller voir ailleurs … mais ils résistent, font signer des pétitions "pour la sauvegarde du chalet", alertent la mairie de l'arrondissement, le maire de Paris, …

Finalement, in extremis, le 29 septembre dernier, le Conseil de Paris vote une modification du PLU qui devrait sauver le chalet de la démolition.

 

Le chalet du 103, rue de Meaux ne sera donc sans doute pas réduit en petit bois, et c'est tant mieux car il est partie intégrante du 19e que nous aimons, celui de la diversité et d'un habitat humain.

 

 

>> La pétition "Sauvez le chalet".

 

>> "Le chalet du 103", est sur YouTube.

 

 

 

 

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Ne l'appelle-t-on pas Beaugrenelle ?

9 Mars 2010, 10:08am

Publié par barreteau

Dalle Beaugrenelle –Paris 15ème  –Juin 2005

 

De la rue de Javel, par un petit escalier dérobé, sombre et sale, il vous faudra gravir 39 marches pour arriver à la dalle. Plutôt qu’une dalle, plutôt qu'un grand plateau ouvert, c’est un entrelacs de passerelles réticulées d’où émergent des tours et d'énigmatiques totems. Des jardinières de béton gigantesques sont comme la réminiscence lointaine d’un rêve babylonien.

 

L’espace est délabré, déserté, si ce n’est quelques enfants auxquels s’adresse peut-être le mou revêtement synthétique qui tapisse le sol près d'absconses faïences, fissurées et aux couleurs désuètes. Les façades des tours, assisses sur un socle de béton sec et raide, ont des rictus de masques aux traits saillants. Au pied des trente étages, les réverbères se devinent à peine. Le sous-sol est un enfer où règne l'éclairage à la vapeur de mercure, dont la lueur terne s'échappe des trous creusés dans la dalle.

 

La toux sèche d’un enfant résonne, et des courants d'airs font d'incessants va et vient entre les tours et vos oreilles. Du fleuve on n’entend que la voie express qui le borde, on ne voit que les arbres qui le cachent, on ne sent que le vent qui porte les bruits et les odeurs des voitures.

 

A proximité de la dalle, depuis quelques années déjà, le projet du Nouveau Beaugrenelle, un centre commercial deux fois plus grand que l’ancien, est à moitié réalisé, à moitié en chantier. Quant à la rénovation de la dalle, un projet nettement moins rentable que l'hyper centre commercial, il attendra : la fin des travaux est prévue à l'horizon 2014.

D'ici-là, la dalle gardera l'indicible beauté des ruines, et ses tours la force absurde de la violence. Pourtant son nom est d'une réelle douceur et d'une rare poésie, ne l'appelle-t-on pas Beaugrenelle ?



>> Le Nouveau Beaugrenelle.

>> Autre dalle à découvrir sur Parisperdu : "Dalle ou dédale des Olympiades".

 

 

 

 

 

 

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A la recherche du Paris perdu, celui des jeunes filles en fleurs.

5 Mars 2010, 11:26am

Publié par barreteau

18 bis, rue de la Mare Paris 20ème (Juillet 1997).

 

Une balade au cœur du 20ème arrondissement a toujours été pour moi l'occasion d'une immersion au cœur d'un quartier convivial, revivifiant, avec la promesse de rencontres et de découvertes humainement enrichissantes.

 

A tout moment il se peut que je croise, au seuil d'un bistro des plus ordinaires, un tenancier tout sourire qui discute avec ses clients, et qui salue des connaissances passant par là. Un peu plus loin, il est possible que je puisse observer, avec gourmandise, l'agitation de petits commerçants: des épiciers, des bouchers, … qui servent leurs clients tout en dissertant avec eux.

 

Puis soudain, je tombe sur cette femme, à la fenêtre de son premier étage. Elle récolte de la menthe parmi une profusion de jardinières fleuries. En imaginant le parfum de la menthe, je lui souris malgré moi, et elle me rend mon sourire. Elle va même jusqu'à appeler une autre jeune fille pour lui raconter nos échanges de regards. Tout cela dure bien une minute, on se sourit, on se salue mutuellement … On se croirait dans le midi avec les gens qui se parlent de fenêtre à fenêtre …

Mais nous sommes à Paris, et tout cela parait incroyable. La scène s'est en effet déroulé tout près du pont de la rue de la Mare, à l'angle d'un petit carrefour, dans ce 20ème qui a connu tant de destructions. Aussi à cet instant, j'ai pensé: "Ce devait être comme ça Paris, avant !".

 

Pourtant quelques minutes plus tôt, je ne sais plus dans quelle rue, je ne sais plus dans quel carrefour, j'ai vu la horde des résidences "néo-classiques" du nouveau 20ème arrondissement, sûrement ces "horreurs" ont remplacé d'anciens bâtiments à un seul étage. Ces nouvelles résidences, que l'on retrouve maintenant presque partout dans la capitale, me font penser à une ville en carton pâte, à des décors de Disneyland... à une ville irréelle, inhumaine.

Ces bâtiments tout lisses avec de lourdes portes fermées, verrouillées par les digicodes, ont un côté "aseptisé", froid, je dirai même mort. Et là, il ne se dégage plus du tout le même entrain, plus la même gaité que sur le lieu de la scénette de la rue de la Mare ...

On fait de nos villes des lieux qui vont à l’encontre des souhaits, des désirs de leurs habitants … Or pourtant une ville est faite pour ses habitants et par ses habitants, ... mais on détruit des quartiers entiers, on en bouscule les personnes sans que celles-ci aient accès à la décision ou le moindre droit à la parole.

 

On nous a "volé" notre Paris populaire avec ses gens qui se parlent, qui se sourient …

Il ne reste plus que quelques miettes de ce Paris-là, à vous de les découvrir, en partant vous aussi, à la recherche du Paris perdu, celui des jeunes filles en fleurs …

 

Nadège est plus que l'inspiratrice de ce billet, elle s’y reconnaîtra !


>> Déjà sur Parisperdu : " Le petit miracle de Belleville".

>> Voir aussi : " Vilin, Couronnes et Pali-Kao ... ". 

 

 

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Au bar de la Marine .

1 Mars 2010, 09:45am

Publié par barreteau

A l'angle de la  rue Fulton et du quai d'Austerlitz - Paris 13ème– octobre 1995.

 

 

Jusqu'en juin 2000, se tenait-là, le bar de la Marine, un bistrot fréquenté autrefois par les "Mariniers". Son comptoir, en véritable zinc, était décoré d'une guirlande de raisins et la même frise courait sur l'immense glace du fond de la salle. Dans un aquarium encastré au mur, nageaient de petits poissons de Seine, un don de mariniers et d'agents de la fluviale.

 

Ce bistrot de Paris, rebaptisé un temps "Bar de la NEVY" (sic), a survécu jusqu'à l'arrivée de l'opération "Paris Rive Gauche", car nous sommes-ici dans le secteur Austerlitz-Nord de la célèbre ZAC. Là a surgi, il y a une dizaine d'années, un nouveau front de Seine composé essentiellement d'immeubles de bureaux, des bâtiments à l'architecture soignée mais sans beaucoup d'âme.

 

La nouvelle avenue Pierre-Mendès-France, une triste rocade qui prolonge la colossale avenue de France, surplombe d'une dizaine de mètres le quai d'Austerlitz et tourne le dos à la Seine pourtant toute proche. Aussi, pour les piétons qui auraient l'idée saugrenue de vouloir s'aventurer jusqu'au fleuve, il a bien fallu réserver quelques ouvertures à travers la muraille d'immeubles. On les a équipées d'escalators, d'ascenseurs et de deux escaliers baptisés Edmond Flamand et Fulton. Bonjour la poésie des bords de Seine …

Le Bar de la Marine, qui avait encore des allures de guinguette, une clientèle populaire, gouailleuse et "qui faisait époque",  n'avait donc plus rien à faire ici.
Il fut rasé sans autre forme de procès !


 

>> Voir aussi dans Parisperdu, un autre bistrot de Mariniers, le Bar "Le Pont tournant".


>> Panorama d’aujourd’hui, à l'angle de la  rue Fulton et du quai d'Austerlitz.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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N 'est pas Willy Ronis qui veut ... !

25 Février 2010, 09:03am

Publié par barreteau

" Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin". © Willy Ronis -1950.

 

Je suis retourné sur la butte Bergeyre et, au bout de la rue Georges Lardennois, j’ai retrouvé l’escalier que je cherchais. L’escalier immortalisé par Willy Ronis dans son célèbre cliché : "Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin".

Pour rallier cet endroit, je préfère toujours arriver par la butte Bergeyre plutôt que par l’avenue Bolivar, bruyante, brouillonne et trop animée, alors que le calme règne dans les petites rues, sur les hauteurs de la butte.

 

Willy nous décrit les instants qui ont précédé son déclic, en quelque sorte, l’histoire de cette photo :

« Cette photo, je l’ai faite en 1950. J’étais là, dans cet escalier, j’attendais quelque chose, parce que je voulais qu’il y ait un peu de monde qui passe. À un moment donné, j’entends une voix de femme derrière moi, qui parlait à son enfant, qu’elle tenait dans ses bras. J’ai attendu qu’elle me dépasse, et miracle, miracle qui arrive quelquefois dans la photographie : quand elle est arrivée en bas, est passé cet attelage étonnant - car même en 1950 il n’y avait plus tellement d’attelages avec des chevaux. Et ce qui est amusant, c’est qu’il y a en même temps cet ouvrier municipal, qui est en train de réparer ses feux tricolores, et des femmes qui promènent leurs enfants dans des poussettes derrière. Et puis le petit cordonnier qui parle avec le client. Et le petit chat noir, en bas de l’escalier. C’est une photo pleine d’histoires ! »

 

Mais nous ne sommes plus en 1950 et n’est pas Willy Ronis qui veut … car aujourd’hui, si l’escalier est toujours là, son environnement a bien changé.

Inutile, bien sûr, d'attendre l’attelage avec les chevaux, ni même de rechercher en l’arrière-plan les maisons de la rue Lauzin, voire de petits commerçants qui discuteraient sur leurs pas de porte … tout cela n’est plus de ce monde !

 

Car sur l’avenue Bolivar, règne maintenant l'automobile : une incessante circulation, une cohorte de voitures en stationnement, et partout des panneaux de signalisation ou de publicité, … tout cela crée une grande anarchie visuelle, un parasitage peu propice à l’harmonie du cadrage photo …

 

Alors le photographe d’aujourd’hui est tout naturellement tenté de remonter plus haut dans l’escalier pour trouver un peu plus de quiétude. Mais là, il aura inévitablement dans le champ de son objectif l'immeuble qui surplombe le passage et en barre la vue … Vouloir se positionner plus haut que Willy Ronis est définitivement impossible !


Qu’à cela ne tienne, on a quand même dans le viseur l’échappée de l’escalier vers l’avenue et l’on peut – tout comme Willy  "attendre quelque chose" … Mais aujourd'hui, dans le champ, il ne se passera pas grand chose : quelques piétons bien trop ordinaires et surtout beaucoup, beaucoup trop de voitures …

Décidément, n’est pas Willy Ronis qui veut … !

 

 

 

>> Avenue Simon Bolivar et escalier de la rue Georges Lardennois (Essai 1 - 1999)

 

>> Avenue Simon Bolivar et escalier de la rue Georges Lardennois (Essai 2- 2009)


 

 

 

 

 

 

 

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Who are you Mister Wallace ?

21 Février 2010, 10:26am

Publié par barreteau


Sir Richard Wallace, citoyen britannique, collectionneur d'art et philanthrope notoire, passa une grande partie de sa vie à Paris, la ville qu'il aimait par-dessus tout. Il est d'ailleurs enterré au cimetière du Père-Lachaise.

En 1872, Sir Richard Wallace, éprouvé par les années de guerre franco-allemande, le siège de Paris et la Commune, décide d'aider les parisiens marqués par la misère et le manque d'eau au cours de ces terribles années. Il offre à la Ville de Paris "50 fontaines à boire, à établir sur les points les plus utiles, pour permettre aux passants de se désaltérer ".
La pose commence dès 1875, et la première fontaine est installée Boulevard de la Villette.
Les parisiens sont vite conquis par cette innovation et la Ville s'empresse d'installer 30 fontaines supplémentaires.


Les fontaines Wallace se présentent sous la forme de petits édicules en fonte d'une grande réussite esthétique, elles sont reconnues dans le monde entier comme l'un des symboles de Paris, bien qu'elles soient aussi présentes dans plusieurs autres villes dans le monde.

Aujourd'hui, à Paris, on dénombre 151 fontaines Wallace, alimentées à partir du réseau d'eau potable, et qui fonctionnent comme au premier jour. En service du 15 mars au 15 novembre (les risques de gel durant les mois d'hiver mettraient en péril la plomberie interne), elles sont régulièrement entretenues et repeintes tous les deux ans. Encore aujourd'hui, où l'eau et l'hygiène ne sont pas un problème pour la grande majorité des Parisiens, ces fontaines sont souvent les seuls points d'eau gratuits pour les SDF et les citadins déshérités. Riches ou pauvres, tous les passants peuvent s'y désaltérer.

Elles font maintenant définitivement partie du paysage parisien et pourtant, tout comme les non moins célèbres colonnes Morris, elles ne sont toujours pas classées monuments historiques.

Au cinéma, un plan sur une fontaine Wallace permet d'indiquer clairement que l'action se déroule à Paris. Et ce n'est pas un hasard si Jean-Pierre Jeunet, dans "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain", a baptisé l’un des personnages Madeleine Wallace, car "Elle pleure comme une madeleine", ou comme une fontaine… Wallace ! 



>> Les 151 fontaines Wallace de Paris.

>> A lire aussi sur Parisperdu : "Qui êtes-vous Monsieur Morris" ?


 

 

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Petit moment d'éternité.

17 Février 2010, 09:28am

Publié par barreteau


Sous le pont métallique de la rue Caulaincourt –Paris 75018

 

Le cimetière de Montmartre est sans nul doute l’un des plus pittoresques de Paris. Situé au pied de la butte Montmartre, à deux pas de Pigalle, c’est un cimetière au paysage très vallonné.

Il est surplombé par l'énorme pont métallique de la rue Caulaincourt, lequel enjambe sans vergogne les sépultures. Quand vous voulez pénétrer dans le cimetière de Montmartre, il vous faut donc passer sous ce pont avant de découvrir le site.

Mais doit-on regretter ce lourd amas de poutrelles qui coiffe les sépultures? Pas les photographes, en tout cas, qui vont trouver là de merveilleux jeux d’ombres et de lumières. De belles perspectives s'offrent également à vous, car les caveaux aux architectures parfois si surprenantes, sont si bien alignés que vous avez vraiment l’impression de pénétrer dans une petite ville.

 

Le cimetière de Montmartre est un endroit agréable où règnent la paix et la mélancolie.

D'aucuns le considère comme le plus beau cimetière de Paris. Beaucoup moins touristique que le "Père Lachaise", c'est un lieu propice à la méditation, surtout pendant l'hiver où l'on est quasiment seul. Mais s'il y souvent peu de visiteurs, on ne peut toutefois pas dire "qu'il n'y a pas un chat" dans ce cimetière car en réalité, ils sont une armada à déambuler dans les allées …

 

En ressortant du Cimetière de Montmartre, vous serez très certainement quelque peu décontenancé, assommé par la fébrilité de la ville, par la place de Clichy grouillante de monde, par les néons agressifs de Pigalle, …
Difficile alors de reprendre sa place dans l'agitation frénétique de la capitale quand on a connu ce petit moment d’éternité, ce bol d’air et de paix, dans ce lieu intemporel niché dans son écrin de murailles grises …

 

 

>> Pour préparer votre visite.

 

>> Aussi sur Parisperdu : "Au pays du matin calme …"

 

 

 

 

 

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