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PARISPERDU
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" A Paris, des hommes vivent et meurent derrières leurs fenêtres grises. "

9 Mai 2010, 11:48am

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Publié par barreteau

Fenêtre, 10 rue des Muriers – Paris 20ème, juin 1997

 

 

La littérature qui a pris, et qui prend encore aujourd'hui, Paris pour thème est immense.

Elle accompagne l’histoire de la ville, s’y arrête, revient en arrière, rêve et s'évade à partir d’elle …

Mais il est un livre, secret, intemporel, comme suspendu, par le miracle de son style, au-dessus du temps. Un livre qui contourne ou transcende cette nostalgie fatalement attachée au pas de l’arpenteur des rues et des boulevards constatant avec dépit ce que coûte, chaque jour, la modernisation galopante et la spéculation.

Ce livre, c'est le "Paris" de Jean Follain, un ouvrage publié en 1935.

 

"Paris attend l’avenir », écrit mystérieusement Follain dans cette géographie poétique et très incarnée, parfois violente et sensuelle, de Paris.

"Les maisons de Paris attendent aussi … des hommes vivent et meurent derrières leurs fenêtres grises." Et Follain poursuit: "Une divinité se cache en toi, Paris : c’est la mer des ténèbres ; parfois le soir rien ne se résout, tout se perd et meurt, se cache et parlemente avec la nuit miraculeuse."

Au poète qui sait l'écouter, Paris dicte parfois d’intenses messages.
La nuit et les rêves sont décidément les compagnons des "vrais" Parisiens !



>> Jean Follain, déjà sur Parisperdu …



 

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Que reste-t-il de la rue Watt ?

5 Mai 2010, 10:00am

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Publié par barreteau

Chantier de la nouvelle rue Watt (mars 2009)

 

 

Lorsqu'aujourd'hui, je me rends rue Watt, un air de Charles Trenet me vient immédiatement à l'esprit :" Que reste-t-il de tout cela, dites-le-moi ?".

 

Où sont les réverbères qui distillaient cette lumière blafarde qui convenait si bien à l'endroit ?

Où sont passées les puissantes colonnes en fonte ? Qu'est devenu le trottoir surélevé avec son aérienne rambarde en fer forgé ? …

Tout cela a disparu, pour laisser place à une voie sous-terraine d'une triste banalité, un quelconque tunnel comme il en existe des dizaines dans Paris.
Boris Vian doit se retourner dans sa tombe !

 

Pour les photographes qui avaient ici un sujet si sensible, toute la magie du lieu s'est définitivement "envolée".
Maintenant, c'est: "Circulez, y'a rien à voir" ….




>> Voir aussi sur parisperdu : "C'était comment avant ?"


 

 

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Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie.

1 Mai 2010, 09:01am

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Publié par barreteau

7 Rue Rémy  de Gourmont Paris 19ème (juin 1997)

 

A deux pas du prestigieux bâtiment du siège du Parti Communiste, réalisé par un Niemeyer alors au sommet de son art, se niche un havre d'authenticité. Une petite butte où l'air est plus pur, où la vie est plus vraie … C'est la butte Bergeyre, un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne.

En 1918, sur cette butte, on construit le stade Bergeyre, ainsi nommé pour rendre hommage à un joueur de rugby mort pendant la Première Guerre mondiale. Il héberge alors le club de football de l'Olympique de Paris qui sera absorbé par le Red Star en 1926. La même année, le stade est démoli et des logements sont bâtis à sa place. Le lotissement est inauguré en 1927, par Joséphine Baker.

 

Aujourd'hui, lorsque l'on déambule sur la butte Bergeyre et que l'on emprunte la rue Rémy de Gourmont, on remarque cette petite épicerie encore restée "dans son jus".

Elle arbore un vieux panonceau "Epicerie fine", ce qui ne signifie pas qu'elle soit dépositaire des produits Hédiard ou Fauchon. Non, en ce temps-là il y avait des épiceries fines comme il y avait du "vin fin". Cette "finesse" voulait simplement indiquer que les produits proposés étaient d'une qualité un peu au-dessus du "tout-venant".

 

Mais, maintenir une épicerie dans un si petit quartier relève bientôt de l'utopie. Pour ne pas qu'elle meure, l'association des habitants de la butte Bergeyre, va la racheter et la rebaptiser "L'Utopicerie"

 

L'Utopicerie va alors devenir, un lieu de rencontre et d'échanges, un lieu d'expression et de créativité aussi, avec des activités pour les enfants ou les adultes, un Ciné club, des expositions … Mais le local conserve toujours sa fonction commerciale d'origine et vous pouvez encore y acheter des fruits et des légumes, … bien sûr, maintenant, ils sont "bio"… On passe la commande sur place le mercredi soir et le mercredi suivant on vient chercher son panier … et on repasse sa commande pour la semaine suivante !

 

Là se retrouvent les esprits libres et non-conformistes qui fuient l'artificialité des "bobos". La chaleur est immédiate, la proximité non feinte, la fidélité acquise.

Finalement, elle n'est pas si utopique que cela, l'épicerie de la butte Bergeyre … !



>> Voir aussi sur Parisperdu : "Sur la butte Bergeyre".

>> "N'est pas Willy Ronis qui veut ... !"

>> Butte Bergeyre, … et il y avait-là un stade.

 

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Arles 2009, et ce fut la dernière.

27 Avril 2010, 09:37am

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Publié par barreteau

"La belle image, c'est une géométrie modulée par le cœur". (Willy Ronis)

 

En juillet 2009, Willy Ronis s'était rendu aux 40èmes Rencontres Photo d'Arles.
Il en était l'invité d'honneur. Arles lui rendait alors hommage avec une belle rétrospective à l'église Sainte-Anne, une manifestation émouvante comme un Requiem, surtout celui de Fauré qu'il aimait tant.

 

Willy, c'était un peu le grand-père de tous les photographes. Il ne se déplaçait plus alors qu'en fauteuil roulant, affaibli par son grand âge. A Arles, il fit une toute dernière apparition dans la lumière bleutée du théâtre antique. Son petit-fils, le photographe Stéphane Kovalsky, poussait le fauteuil de son cher "Villy" comme on l'a toujours appelé dans la famille, … pas de W pour les proches !

 

Ce soir-là, après un tonnerre d'applaudissements, Willy se contentera d'un geste de la main: un "au revoir" qui sonnait comme un adieu. Ce fut un moment extrêmement touchant, chacun a bien senti qu'il se passait quelque chose de très fort, un peu comme un clap de fin …
 

Actuellement, pour retrouver cet immense photographe, courez voir, à la Monnaie de Paris, l'exposition:"Willy Ronis: Une poétique de l'engagement". Willy avait lui-même préparé cette exposition, elle devait marquer son 100ème anniversaire …

Pour cette rétrospective en 150 images, à côté des incontournables, il y a là quelques belles découvertes …


>> Voir aussi sur Parisperdu: "Au revoir et merci Monsieur Ronis".

>> Actuellement "Willy Ronis : Une poétique de l'engagement" à la Monnaie de Paris, 11, quai de Conti Paris 6ème,  jusqu'au 22 août 2010.

 

 

 

 

 

 

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L'entrepôt Macdonald : vers un avenir meilleur.

23 Avril 2010, 09:19am

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Publié par barreteau

Entrepôt Macdonald, 141-221 boulevard Macdonald, 19ème.

 

 

Disons-le tout de suite, le propos n'est pas de débattre ici des possibles améliorations du stockage des hamburgers. Ce Macdonald-là fait référence au boulevard qui longe l'entrepôt. Un boulevard baptisé ainsi en l'honneur du maréchal de France Étienne Macdonald, duc de Tarente. Rien à voir donc, avec le géant du fast-food américain.

 

L’entrepôt Macdonald réalisé en 1976 par l'architecte Marcel Forest, est, avec ses 617 mètres linéaires,  l’immeuble le plus long de Paris. Le projet initial prévoyait une surélévation de trois niveaux supplémentaires, ce qui explique la sobriété de la façade conçue comme un simple soubassement. "Son esthétique suffit pourtant à ce qu’il demeure un édifice complet en apparence, en l’attente, qui sera peut-être longue, des programmes futurs" écrivait son architecte, avec, reconnaissons-le, un fameux sens de la prémonition !

 

Aujourd’hui, le néerlandais Floris Alkemade, l'architecte coordonnateur du nouveau projet, trouve sa mission facilitée par cette particularité et, il lui est ainsi possible de conserver la majorité de la structure en béton, puis de la  surélever et enfin de la couper en son milieu pour laisser passer, sous une passerelle, la future prolongation du tramway T3.

Le nouveau complexe abritera 1000 logements, 30 000 m2 de bureaux et des équipements publics. Malgré la densité de l'habitat, la construction respectera la charte de développement durable : l'entrepôt fera la part belle à l'exigence environnementale: géothermie, panneaux photovoltaïques, isolation renforcée, récupération de l'eau de pluie...

 

Le projet global d'aménagement de la zone "Paris Nord-Est" est pharaonique, sa réalisation prendra environ une vingtaine d'années. Mais à elle seule, la restructuration  de l'entrepôt Macdonald est aussi un pari colossal car, d'une vaste friche industrielle grise, oubliée le long des boulevards ceinturant la capitale, au cœur des populaires portes d'Aubervilliers et de la Villette, il s'agit de faire naître - dès 2013 - un vrai "morceau de ville".

A cet horizon, il sera vraisemblablement possible de s'entendre rétorquer : "Alors comme ça, t'habites chez McDo … ?"



>> "Projet MacDonald", fiche du promoteur (SEMAVIP)

>> Images virtuelles de l'entrepôt restructuré.


 

 

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A la découverte de Belleville et de Ménilmontant.

19 Avril 2010, 08:50am

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Publié par barreteau

Le café Lou Pascalou, 14 rue des Panoyaux 75020 PARIS

 

Hors des sentiers battus, il existe un Paris méconnu, bien loin de la Tour Eiffel et du Quartier Latin … A Belleville, à Ménilmontant, c'est une vision différente de Paris que je vous propose de découvrir.

 

Belleville et Ménilmontant étaient autrefois des villages, de vrais coins de campagne. La rue des Panoyaux par exemple, tire son nom de son ancienne activité viticole, on y cultivait des raisins sans pépins.
A la fin des années 70, les émigrés chinois s’installent progressivement à Belleville, un  quartier qui possède alors une très mauvaise réputation. On y laisse en effet s’abîmer le bâti  pour pouvoir tout raser et reconstruire. On y trouve alors de nombreux logements vides, une multitude de magasins et d'ateliers fermés.

 

Aujourd'hui, ces quartiers populaires sont parmi les plus cosmopolites de la ville, et une balade urbaine dans ces anciens villages met en valeur toute leur diversité  ethnique, culturelle ... Ainsi à Belleville, on a  récemment recensées plus de 80 ethnies dans une seule et même école ! Au détour d’une rue, on peut découvrir un berbère qui vend de la viande hallal à côté d'une épicerie dédiée aux produits d’Europe de l’Est… car nord-africains et  ex-yougoslaves étant maintenant nombreux, les commerces s’adaptent naturellement aux besoins du quartier.

 

Diverses cultures donc, mais pas forcément de mélanges car les communautés vivent souvent côte à côte dans un respect mutuel réel , mais sans pour autant se fréquenter.

Pourtant, certaines initiatives voient le jour pour apaiser de potentielles tensions intercommunautaires. Ainsi, le café Lou Pascalou qui trône sur une petite place aux allures d’arrière-cour, œuvre pour la cohabitation pacifique des cultures et des religions du quartier. Après le "11 septembre 2001", le patron kabyle, sentant la tension monter, s’est mis à organiser des repas entre les différentes communautés afin de favoriser le dialogue.

 

Mais c’est surtout l’énorme Eglise Notre-Dame de la Croix, entre Ménilmontant et Belleville, qui impressionne. Pendant la période des fêtes, un marché de Noël coloré s’installe sur le parvis. En haut des marches brûle un feu de bois et des musiciens noirs jouent des airs venus d’Afrique, ajoutant une touche de chaleur à l’air frais de cette fin de mois de décembre.

 

Belleville est à elle seule une invitation au voyage. Ici, les noms parlent d’eux-mêmes. On se promène à travers le quartier de la "petite Tunisie", et la rue du Sénégal et son foyer, qui accueille les immigrés africains, se trouve non loin de la synagogue de la rue Bisson.

Aujourd'hui, nous sommes samedi et, sur le boulevard de Belleville, les commerçants juifs sont absents comme tous les jours de shabbat. Mais sur le trottoir d’en face, le côté musulman bouillonne, de même que, un peu plus haut, le quartier chinois, tenu par ceux que l’on appelle les "bananes", les immigrés asiatiques de la deuxième génération, réputés pour être jaunes à l’extérieur et blancs à l’intérieur.

 

Au cours de cette enrichissante balade, c’est donc un Belleville multicolore que vous apprendrez à regarder, à sentir vivre, un quartier où souvent beaucoup n'osent pourtant pas s'aventurer. Alors n'hésitez plus à cheminer dans ce Paris dépaysant, hors des sentiers battus, par les rues et les ruelles de Belleville ou de Ménilmontant …



>> "Belleville embarquement immédiat".

>> "Le Petit miracle de Belleville".

>> "Les hauts quartiers de l'Est parisien font de la résistance.

>> "En redescendant des hauts de Ménilmontant."

 

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Tendance Oberkampf.

14 Avril 2010, 08:34am

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Publié par barreteau

96 rue Oberkampf - 75011 Paris

 

Dans la journée, avec son décor dans le style "authen-toc", "Chez Justine" pourrait vaguement faire penser à une paisible auberge, non loin de la quasi-campagne du Père Lachaise. Mais lorsque commence la soirée, l'établissement prend un tout autre visage : la musique devient alors omniprésente, propulsée par 16 enceintes et pilotée par un DJ, fidèle à son poste ... tous les soirs.


En fait, "Chez Justine" est un bar comme il en existe des dizaines dans ce quartier jeune, branché où vous avez l'embarras du choix entre les endroits surpeuplés, tendance artistes et bobos, les bars branchés techno ou jungle avec décor en matériaux de récup' et tout un panel d'établissements aux ambiances dites "lounge", … et j'en passe.

 

Pour les riverains, dire qu'il y a des nuisances nocturnes à Oberkampf, est un doux euphémisme ! Ces riverains qui prétendent vouloir dormir la nuit, refuseraient donc le pittoresque parisien... ? 

 

Pour vous faire un avis objectif, allez donc faire un tour, la nuit, dans le quartier Oberkampf.
Tout d'abord, vous constatez que cette multitude de cafés sont si petits que la moitié des consommateurs sont sur le trottoir. Pire, à croire qu'il n'y a pas de toilettes dans ces établissements, tant il faut voir nos jeunes, accroupies pour les unes, debout pour les autres en train de se soulager entre les voitures  !!

Et, que penser aussi de ces "binge drinking", ces bitures express parfois au bord du coma éthylique, qui sont couramment pratiquées ici ?
Pas pittoresque non plus les altercations, les beugleries, les cris dans la nuit, … ?

 

A croire que les riverains, qui de plus en plus s'associent pour se défendre, trouvent tout cela plus pathétique que pittoresque !

 

 

 

>> Voir aussi "Paris by-night" ou Paris est-elle la capitale de l'ennui?

 

 

 

 

 

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J'ai retrouvé les auto-tamponneuses d'Izis.

10 Avril 2010, 08:46am

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Publié par barreteau


Lorsque je les ai vues, près du métro Stalingrad, j'ai immédiatement pensé à la célèbre photo d'Izis. Les auto-tamponneuses étaient là, bien rangées dans la lumière d'un soir d'été. Leurs carrosseries en plastique, incrusté de paillettes argentées, brillaient de mille feux.

Mais seul, Jacques Prévert comme il l'a fait pour Izis dans l'ouvrage: "Grand bal du printemps" aurait su retrouver les bruits et les sons évoqués par cette photographie.

Car le "Grand bal du printemps", qui est sans doute l'un des plus beaux livres de photographies de l’après-guerre, montre d’emblée par son titre que l’ouvrage se place dans une thématique musicale et, dès le premier poème du recueil, Prévert compare Izis à un musicien des rues :

"C’est un colporteur d’images
et même sans le savoir
un musicien ambulant
qui joue à sa manière
surtout en hiver
le Sacre du Printemps."

Alors, les scènes deviennent presque sonores malgré le silence des images : c’est le cas par exemple pour cette photographie d'Izis, où un couple d’amoureux s’embrasse dans une auto-tamponneuse. Prévert évoque alors "le doux fracas du manège dans le vacarme de cette fête".

Dans le vrombissement du trafic de la place de Stalingrad, oui aujourd'hui, j'ai retrouvé les auto-tamponneuses d'Izis …


>> Les auto-tamponneuses d'Izis … ©Izis (1951)

>> Vous pouvez louer un Manège d'Auto tamponneuses !

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Izis, Paris des rêves". 

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Métro Haxo: station virtuelle.

6 Avril 2010, 08:36am

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Publié par barreteau

Station de métro Haxo, avec à droite l'emplacement de l'escalier qui ne sera jamais percé.

Photo : copyright  EXTRAORDINAIRE-URBAIN – Martin Loyer.

Il y a quelques années, les plans du métro parisien mentionnaient encore des stations avec ce renvoi en bas de page : "Stations fermées".
Cela m'a toujours intrigué.
L'explication est due au fait qu'en septembre 1939, au début de la seconde guerre mondiale, le gouvernement met en application un service réduit sur le réseau métropolitain. Seules 85 des quelques 300 stations parisiennes demeurent ouvertes à l'exploitation. Toutes rouvrent dans les années qui suivent la fin du conflit, sauf quelques-unes considérées comme peu fréquentées, peu rentables et qui resteront fermées. Il s'agit de celles que mon vieux plan de métro mentionnait en bas de page: Arsenal, Champ-de-Mars, Saint-Martin et Croix-Rouge.

Un voile de mystère et de fantastique entoure ces stations de métro abandonnées et que l'on peut encore aujourd'hui apercevoir depuis une rame. Mais il y a encore plus mystérieux … et c'est le cas de la station de métro "Haxo".

Les stations Porte des Lilas (ligne 3) et Pré Saint-Gervais (ligne 7bis) auraient dû être reliées entre elles dans les années vingt. La ville de Paris soutenait cette idée, mais la CMP, l'ancêtre de la RATP, n'y voyait que des inconvénients et des résultats peu profitables.
Les tunnels furent néanmoins construits et les voies posées. Une voie unique (surnommée "la voie des Fêtes") relie alors la Place des Fêtes à la Porte des Lilas et une station intermédiaire est construite, c'est la station "Haxo".
Pour le trafic dans le sens inverse, une autre voie est aussi construite reliant directement Porte des Lilas à Pré Saint-Gervais, sans station intermédiaire, c'est la voie navette.

Finalement, la liaison commerciale ne sera jamais mise en service, ... mais la station Haxo existe bel et bien, sauf qu'elle n'a jamais accueilli le moindre voyageur, et pour cause … elle est dépourvue d'accès vers l'extérieur !

Toutefois, cette situation n'est peut-être pas définitive … car la fusion des lignes 3 bis et 7 bis est de nouveau à l'étude pour une mise en service au plus tôt en 2013.
Ce raccordement réutiliserait probablement la voie des Fêtes et la voie navette, permettant enfin l'ouverture au public de la "station virtuelle" Haxo.



>> Extrait du plan officiel du réseau de la RATP.

>> En savoir plus sur les stations fantôme du métro parisien.

 

 

 

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Bandes: pas de quartiers !

2 Avril 2010, 08:43am

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Publié par barreteau

Carrefour des rues de l'Escaut, Curial et Labois-Rouillon – Paris 19ème.

 

De tout temps, il y a eu des bandes à Paris, plus ou moins organisées, plus ou moins violentes, souvenons-nous de la bande à Bono, des Apaches, des Blousons noirs, des Hell Angels, des bandes de la CGT … la liste serait longue.

Aujourd'hui, le sujet fait un retour en force au premier plan de l'actualité, avec le recensement que vient de publier la Ministre de l'Intérieur. Sur le territoire métropolitain, dans les quartiers, les bandes sont au nombre de 222, dont près de 80 % en région parisienne, regroupant quelque 5000 membres permanents ou occasionnels dont 47 % sont des mineurs.

A Paris, ce sont surtout les arrondissements orientaux qui sont concernés, en particulier le 19ème avec les Bandes Reverdy-Moselle, Curial-Cambrai, Pinot-Solidarité et la Bande Chaufourniers. Dans les arrondissements du sud, c'est le 13ème qui occupe le haut du pavé, avec les Bandes de la Place Souham, du Colonel-Dominé / Paul-Bourget,  de la Brillat et la Bande de la Dalle des Olympiades.

Ces bandes sont constituées en grande majorité de gens désocialisés et cette désocialisation se marque par des attaques contre tout ce qui représente l'autorité, l'Etat et notamment la police. La bande occupe des territoires et "certains" voudraient qu'ils échappent aux policiers, notamment les territoires où il y a des trafics de drogue. En dehors, ou en complément de ces trafics, on constate dans ces quartiers, une pratique quotidienne de vols à main armée et un climat de violence entretenu par un certain nombre de jeunes ou de moins jeunes.
 

Les affrontements entre bandes sont la manifestation la plus visible de leur existence. Ils donnent lieu alors, à des explosions de violence au cours desquelles l'usage des armes blanches ou à feu est de plus en plus fréquent. Dans le 19ème, la rivalité entre les gangs  Reverdy-Moselle et Curial-Cambrai, deux cités ennemies, entraine de nombreux règlements de compte qui peuvent parfois prendre des tournures tragiques.
 

Sur la toile, on peut parfaitement suivre leurs activités et leurs faits d'armes. Car souvent, les bandes disposent de blogs où elles se racontent, menacent leurs ennemis ou diffusent photos et vidéos provocatrices.

Le sentiment d'avoir constitué des territoires interdits aux personnes extérieures est un dénominateur commun de ces blogs, qui relèvent presque tous de la galaxie des Skyblogs.

Là, avec un haut niveau de violence verbale, des jeunes de cités difficiles rivalisent pour déterminer quel est le quartier de France le plus craint, "le plus chaud" ou "le plus ghetto".

Comme des dizaines d'autres blogs, le skyblog des "Reverdy-Moselle" se vante ainsi d'une descente effectuée dans la cité concurrente, celle de la "Curial-Cambrai" en l'occurrence, photo à l'appui. L'écriture, difficile à déchiffrer, est un mélange de verlan, d'argot, avec utilisation du langage SMS et une accumulation de fautes d'orthographe, jugez plutôt:

"On é alé la bas, on é passer, ya pas eu de probleme, on c pozé la bas, maintnant il peuve pas nié, g penser a prendre les foto", assure le blogueur. Une attitude raillée par ceux de la "6T Curial-Cambrai " dans leurs commentaires : pour eux, la descente était fictive, trop rapide pour donner lieu à un affrontement.
Au travers de ces blogs s'expriment une grande fierté et un puissant sentiment d'appartenance à chacune de leur "tess" (cité)  … mais sans jamais faire aucune concession à la "tess" rivale  …. Il n'y a pas de quartier pour les bandes !

 

 

>> Belleville : de la déliquescence à la délinquance ...

 

>> "C'est déjà ça …"

 

 

 

 

 

 

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Voie AA/12.

29 Mars 2010, 09:52am

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Publié par barreteau

Voie AA/12 – Paris 12éme.


A Paris, la voie AA/12 est l'une des rares rues sans éponyme, c'est-à-dire une rue n'ayant jamais été nommée. Dans pareil cas, l'identification de ces rues repose sur un système permettant une désignation systématique des voies parisiennes. Elle est formée d'un code d'une ou de deux lettres, séparé du numéro de l'arrondissement par une barre oblique.

Le fait est courant pour les bretelles d'accès au boulevard périphérique, mais moins fréquent pour une rue située à l'intérieur de Paris.
Ainsi, la voie AA/12 désigne une voie du 12e arrondissement, dans le quartier de Bercy. Il s'agit d'une rue principalement piétonne qui relie l'avenue Daumesnil à la rue de Charenton.
Il existe aussi une voie AA/13 dans le 13e arrondissement.

La nécessité de donner à ces voies un nom plus conventionnel ne semble pas s'être présentée aussi, possèdent-elles des plaques officielles affichant cette dénomination.
Curieux non … ?

 

 


>> Plaque de la voie AA/12, à l'intersection avec l'avenue Daumesnil.

>> Déjà dans Parisperdu: la voie U/20, devenue rue Fernand Raynaud.


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Doisneau chez son complice Cartier-Bresson.

25 Mars 2010, 09:03am

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Publié par barreteau

Robert Doisneau par Henri Cartier-Bresson, Paris, 1986 © Magnum Photos

 

A travers une sélection d'une centaine d'épreuves originales, l'exposition de la Fondation Cartier-Bresson nous montre comment Robert Doisneau a su inscrire "Paris et sa banlieue" sur la pellicule, un monde dont il voulait nous prouver l'existence.

 

Dès 1931, Doisneau arpente les rues de Paris et de la banlieue, faisant de ces lieux son studio. Tout au long de sa vie, Doisneau restera fasciné par la banlieue. Il y ressent le besoin de fixer ce qui est en train de disparaître, nous laissant ainsi le souvenir d'un petit monde qu'il aimait tant.

 

Pendant plus de 60 ans, inlassablement, il va arpenter les rues de ces villes limitrophes de Paris, captant le charme - maintenant nostalgique - d'un café de coin de rue, d'une terrasse encombrée de landaus, d'une minuscule épicerie-buvette … toute une banlieue où l'on a encore de l'espace, où l'on peut encore rêver sur des bords de Seine campagnards…

 

Doisneau avait le chic pour dénicher les perles de ces banlieues, à une époque où les prostituées remplaçaient les tagueurs et les bidonvilles les HLM. Il n’idéalise pas pour autant ce qu’on appelle alors la Zone. Le plus souvent, il prend de la hauteur et saisit un paysage fait d'un mélange de no man’s land, de taudis misérables et d’urbanisation monotone, le tout emprunt d'une gravité, d'une tonalité plutôt sombre. Mais, Doisneau, ce flâneur pétri de poésie urbaine, fait de cette gravité une œuvre rayonnante.

 

Une grande complicité le liait à Henri Cartier-Bresson (HCB) ; aussi enfantins l'un que l'autre dans leurs rires, ils ne manquaient cependant pas de se consulter sérieusement dès que le métier l'exigeait. "Notre amitié se perd dans la nuit des temps et … sa bonté profonde, son amour des êtres et d'une vie modeste, sont pour toujours dans son œuvre", écrivait HCB en 1995, au lendemain de la disparition de son ami.

 

Ils n'avaient pas la même conception de la photographie, l'imparfait de l'objectif  de Doisneau se conjuguant mal avec l'imaginaire d'après nature d'un Cartier-Bresson, plutôt adepte de la rigueur, influencé par la peinture et le dessin et totalement hostile au recadrage.

 

Lorsqu'il "tire le portrait" de son copain, en 1986, HCB crée un cadre où figurent une foule de d'éléments symboliques de ce qui fait de Doisneau, un grand de la photographie. Tous deux ont grimpé sur un immeuble pour avoir Paris en toile de fond ; à perte de vue les toits de zinc d'un quartier populaire cher à Doisneau et en ligne d'horizon quelques monuments significatifs de la capitale. La tête de Robert est cadrée par un portique de fer, accentuant la rigueur graphique du portrait mais, pour ne pas donner un côté trop solennel à la pose, un chapeau de cheminée flirte avec la tête de Robert ! Ce dernier semble, d'un signe de la main, dire au cadreur : "C'est parfait !", avec au coin des lèvres ce petit sourire taquin qu'on lui connaissait bien …, un instant de belle complicité entre ces deux monuments de la photographie.


>> Extrait de l'Expo: "Le nez au carreau, 1953"  © Atelier Robert Doisneau.

>> Déjà sur Parisperdu: "Sur les pas de Robert Doisneau...", Les enfants de la place Hébert.



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Tout le monde déteste les parisiens.

21 Mars 2010, 09:31am

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Publié par barreteau

Quartier de Belleville. Paris 20ème

 

Aujourd'hui il y a autant de catégories de parisiens que d'arrondissements: bohèmes ou populaires, plus ou moins chics, plus ou moins colorés …

Pour ma part, je suis très attaché à Belleville dont j'apprécie les bars, les petits restos sympas et les salles de concert sans chichis.

 

Mais l'âme de Paris est morte depuis que la couche populaire a été mise à la porte. Et je me demande parfois si Paris n'est pas devenu une boutique de luxe fréquentée par des bobos snobinards, ou d’ex-provinciaux oisifs ou surbookés mais qui trouvent tout de même le temps et l'argent pour courir les cantines de luxe et les spas "de rêve"….
Quand, je vois tout ça, je finis par croire que nous ne parlons pas de la même ville.

 

Fini le titi parisien, finies les concierges parigotes, finis les voisins qui spontanément vous donnent un coup de main, finis les coiffeurs de quartier et les "bistrotiers" qui s'intéressent à vous et peuvent vous "tenir le crachoir" pendant des heures …

Pas étonnant qu'ensuite, tout le monde déteste les parisiens...


"Parigots, têtes de veaux; parisiens têtes de chiens" … peut-être … mais, pour les néo-bobos de Paris une chose est sûre: la ringardise est l'avenir inéluctable de leur "branchitude".

 

 

 

 

>> "Bobo attitude", les bobos sur Parisperdu.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Tout cela est-il bien raisonnable ?

17 Mars 2010, 11:30am

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Publié par barreteau

 

 

Normalement, lorsque vous serez arrivé à la fin de ce billet, à la fin de ces quelques lignes, il se sera écoulé 10 secondes. Et, dans notre monde numérisé, on aura enregistré:

 

 

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(C) Game One-Spot publicitaire- novembre 2009

 

 

Ne sommes-nous pas au royaume des futilités, et tout ça ne vous fait-il pas tourner la tête ... ?
Si, un peu quand même … !

Alors débranchez tout et partez parcourir la ville ou la campagne, les petites rues de Paris ou d'ailleurs, …
Là aussi, en quelques poignées de secondes, loin du virtuel, un flot de sensations intenses peut vous envahir, … bienvenue dans la vraie vie !

 

Billet dédié à Joran, il se reconnaitra …et, bon Anniversaire !
 

 

>> Et pendant ce temps, sur Parisperdu: "De l'art de flâner".

 

>> … et "Du bon usage de la lenteur"

 

 

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Le chalet du 103, rue de Meaux sera-t-il réduit en petit bois ?

13 Mars 2010, 10:24am

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Publié par barreteau

Angle de la rue de Meaux et du passage de la Moselle – Paris 19ème.

 

 

Ce Chalet n'a rien de très joli. Mais son charme, son intérêt, c'est l'incongruité de son emplacement. Car cette curieuse habitation, banale dans un paysage alpin est réellement insolite ici, en plein cœur de Paris.

 

Le chalet est menacé de destruction car, suite au décès du propriétaire, il va être mis en vente. Un promoteur est prêt à racheter la bâtisse pour élever à sa place un immeuble de 18 mètres de haut. Une fois de plus, la spéculation immobilière va détruire une maison qui marque de son originalité la rue de Meaux. Les locataires devront aller voir ailleurs … mais ils résistent, font signer des pétitions "pour la sauvegarde du chalet", alertent la mairie de l'arrondissement, le maire de Paris, …

Finalement, in extremis, le 29 septembre dernier, le Conseil de Paris vote une modification du PLU qui devrait sauver le chalet de la démolition.

 

Le chalet du 103, rue de Meaux ne sera donc sans doute pas réduit en petit bois, et c'est tant mieux car il est partie intégrante du 19e que nous aimons, celui de la diversité et d'un habitat humain.

 

 

>> La pétition "Sauvez le chalet".

 

>> "Le chalet du 103", est sur YouTube.

 

 

 

 

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