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PARISPERDU
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Un arrondissement à part.

14 Décembre 2010, 11:23am

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Publié par barreteau

Angle de la place Martin Nadeau et de la rue Robineau - Paris 20ème.


Le 20ème est un arrondissement à part. Terre d'asile, depuis deux siècles, de générations d'ouvriers, souvent immigrés, il est représentatif de l'Est parisien: populaire et cosmopolite. Il offre encore parfois l'illusion de la campagne à Paris et son passé communard lui prête une certaine aura révolutionnaire, qui attire à lui une nouvelle classe moyenne éprise d'anticonformisme.

Pour son arrondissement, son maire formulera une maxime : "La mixité sociale est son génie et son avenir".
Pourtant, les problèmes de l'arrondissement restent ceux des quartiers ouvriers. La cité Saint-Blaise - la plus forte densité démographique d'Europe - en offre un concentré: 15% de ses occupants vivent au-dessous du seuil de pauvreté, 18% sont chômeurs et 25% sont des travailleurs précaires.
Ici, les médecins réfléchissent à deux fois avant de poser leur plaque, ce qui explique la peu glorieuse 20ème place de l'arrondissement pour l'offre de soins à Paris.

Au coeur de l'arrondissement, Ménilmontant, le quartier populaire-type, est malheureusement de plus en plus défiguré par le modernisme ambiant et ces façades sont les derniers et fragiles témoignages d'une civilisation emportée par le vent du changement ... qui pointe le nez là-bas, juste en haut de la rue Gasnier-Guy.

 

 

>> Voir aussi : "A la recherche du Parisperdu, celui des jeunes filles en fleurs"


>> "Le vent du changement pointe son nez, en haut de la rue Gasnier-Guy ..."




 

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Paris n'est pas un musée.

10 Décembre 2010, 09:04am

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Publié par barreteau

Belvedère de la rue Piat - Paris 20ème

 

Paris n'est pas un musée, un objet de nostalgie dont les quartiers ne vaudraient qu'à être regardés sans jamais être partagés. Au contraire, Paris est une fête, un espace de rencontre, riche, bouillonnant, vivant !

C'est pourquoi Parisperdu vous invite sans cesse à arpenter les rues de la capitale, les plus prestigieuses comme les plus obscures pour partager vos expériences, donner à voir, à penser et à comprendre les espaces, les territoires de la ville.

C'est à vous maintenant, amoureux de Paris, gourmands et curieux de la cité, de vous mettre en chemin et de partir à la rencontre de la ville et de ses habitants. Vous passerez des journées exceptionnelles à sillonner cette capitale unique en prenant plaisir à découvrir l'inconnu ou a revisiter le déjà trop connu ...

 

 

>> Paris est-elle la plus belle ville du monde ?

>> La traversée de Paris.

>> Voir et comprendre Paris.

>> Paris a-t-il perdu son âme ?

 

 

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Paris pluie.

6 Décembre 2010, 09:35am

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Publié par barreteau



C'est juste un grain, juste un petit grain, celui qui tombe sur une vitre et rend flou le paysage, il trouble l'espace, à le faire dissoudre, s'éparpiller, divaguer.

Le grain de la pluie se répand dans le grain de la photographie, diluant les pixels, étalant les lumières qui dégoulinent, informes, déviées de leurs focales, s'irisant comme des fleurs imbibées.

Quand il pleut sur Paris, parfois je coupe les essuie-glaces de ma voiture et photographie la ville derrière le pare-brise.
Apparaissent alors les distorsions optiques d'un voyage devenu ivre, étincelant, étrangement liquide.


>> Autre image, plus délirante encore!

 

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Cinq ans déjà ... !

16 Novembre 2010, 14:03pm

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Publié par barreteau

 

Et voilà, aujourd'hui 16 novembre 2010,  cela fait cinq ans que je tiens ce blog ...

Merci à tous les fidèles lecteurs,

Merci à ceux qui ne font que passer,

Merci à ceux qui laissent des commentaires et merci aux silencieux aussi ...
Merci également à ceux qui n'aiment pas ce que je fais, ou comment je le fais, mais qui alimentent mes "stats" malgré tout ...  ;=))

Tous les 4 jours, retrouvez un nouveau post sur Parisperdu ...
L'aventure continue pour vous, avec vous.

 

 

>> Hey ! Qui était là il y a 5 ans ?
Faites-vous connaître ici et recevez un cadeau souvenir !!!!

 

 

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La Bellevilleuse veille sur Belleville.

12 Novembre 2010, 09:58am

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Publié par barreteau

4-6 rue Dénoyez Paris 20ème (Juin 1996)

 

Situé au carrefour de quatre arrondissements, Belleville est réputé pour être une terre d'accueil de toutes les cultures.

Depuis très longtemps, ce quartier vit au rythme de vagues successives d'immigration.
Au 19ème siècle, il a d'abord connu l'arrivée des provinciaux qui "montaient" à Paris. Au siècle suivant, Belleville a vu affluer dans un premier temps des immigrés européens puis d'autres venus de plus loin, d'Afrique et d'Asie principalement. Encore de nos jours, ce quartier continue d'accueillir de nouveaux immigrés, en provenance en particulier des pays de l'Europe de l'Est.


Les habitants de Belleville prennent cette diversité culturelle de leur quartier plutôt pour une richesse. Et, grâce à un tissu associatif attentif, le quartier se transforme progressivement, sans renier son histoire.

Pourtant, en 1989, une partie de Belleville a failli être profondément transformé.

La Ville de Paris a alors un projet de rénovation du Bas-Belleville relativement simple : raser au moins quatre îlots sur le secteur Ramponneau-Belleville et y construire un quartier tout neuf.

Dès le mois d'avril de la même année, quelques habitants créent une association: La Bellevilleuse, qui va s'opposer à ce projet complètement fou. Après 7 années de luttes acharnées, la Mairie de Paris décide finalement, en octobre 1996, de repenser l'opération et d'associer La Bellevilleuse à la réflexion. Mais il faudra encore dix-huit mois supplémentaires pour qu'en juin 1998, le Conseil de Paris vote à l'unanimité un nouveau projet dans lequel 80% des immeubles seront conservés et réhabilités. Quant aux constructions neuves, uniquement des logements sociaux, elles seront édifiées en harmonie avec le bâti existant.

Cet engagement citoyen pour sauver un quartier populaire de Paris a valeur d'exemple. D'ailleurs,
la Bellevilleuse continue son activité et, aujourd'hui encore, reste vigilante à toutes les évolutions du quartier.

 

 

>> En savoir plus sur La Bellevilleuse.

 

 

 

 

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André Kertész ... enfin chez lui !

8 Novembre 2010, 09:41am

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Publié par barreteau

André Kertész, Place de la Concorde, Paris, 1928


"Nous devons tous quelque chose à Kertész", disait Henri Cartier-Bresson.
A voir l'impressionnante rétrospective du photographe hongrois organisée au Jeu de Paume, on ne peut qu'être d'accord avec l'hommage d'HCB.

André Kertész (1894-1985) prétendait être un éternel amateur. Il a pratiqué tous les genres, n'a obéi à aucun dogme et ne s'est laissé enfermer dans aucune case.

Devenu citoyen américain, il vivra à New-York près de cinquante ans en éternel exilé car  Kertész, Hongrois d'origine ayant vécu en France et aux États-Unis, ne maîtrisait ni le français, ni l'anglais. Mais André Kertész est resté parisien de cœur, et c'est à la France qu'il lègue ses négatifs et ses archives, en 1984.

L'exposition qui suit un parcours chronologique avec les trois grandes étapes de sa vie et de sa carrière: la Hongrie, Paris et New York, veut donner, pour la première fois, une vision extensive et équilibrée de l'œuvre de Kertész, en apportant des éléments nouveaux et en rassemblant, pour la première fois aussi, un nombre important de tirages d'époque (les deux tiers des 300 photos présentées).

C'est à Paris, qu'il devint, presque à son insu, l'initiateur du reportage photographique à partir de 1928. Il s'y distingue par une attitude photographique plus émotive qu'objective, préférant à l'enquête sociale une prospection visuelle dont la motivation est d'abord affaire de sentiment.

C'est à propos de Kertész que Roland Barthes évoque la possibilité d'une "photographie pensive", une catégorie de photographie qui donne à penser, tout en s'appuyant sur une réalité détectée par le photographe. C'est cette faculté d'évocation de l'inconnu, et de renouvellement de la sensation intérieure produite par une image qui fait, pour une part, l'originalité de Kertész qui précisait : "On a dit que mes photos semblent plutôt sortir d'un rêve que de la réalité. Il y a une association inexplicable entre moi et ce que je vois".
Pour André Kertész, tout est là.

Kertész est aujourd'hui, 25 ans après sa disparition, un photographe reconnu internationalement, dont chacun a en tête quelques images marquantes, mais il n'a pas encore trouvé la place qu'il mérite si l'on considère ses apports personnels au langage photographique du vingtième siècle.
L'exposition présentée jusqu'au 6 février 2011 au Jeu de Paume, vise à réparer cette injustice.

André Kertész est enfin chez lui ... à Paris.



>> André Kertész à l'affiche.

 

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Blake & Mortimer à Ménilmontant ...

4 Novembre 2010, 08:59am

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Publié par barreteau

119 rue de Ménilmontant - Paris 20ème (juillet 1996)

Une nouvelle aventure de Blake & Mortimer se déroulerait-elle dans les quartiers Est de la capitale ?
En haut de la rue de Ménilmontant, j'ai croisé cette affiche où les deux héros créés par le dessinateur belge Edgar Jacobs semblent méfiants.

Leur grand ennemi, le colonel Olrik, serait-il donc dans les parages ?


Voyons leur conversation :

- "Damned Philip, je leur avais pourtant bien dit de rester discrets sur notre séjour ..."

- "Parlez-moins fort Blake, je crois qu'on nous observe ..."

Etrange et d'autant plus étrange, qu'à cet endroit exact, sur le sol on pouvait remarquer comme une "Marque jaune".

Le Piège diabolique
serait-il entrain de se refermer sur nos héros, là, exactement au 119 rue de Ménilmontant ... ?



>> Blake & Mortimer, le site officiel.

>> En savoir plus sur Blake & Mortimer.

 

 

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50 ans d'habitat à Paris.

30 Octobre 2010, 09:10am

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Publié par barreteau

Ancien atelier en cours de transformation en loft,  Paris 20ème. Octobre 2000.

 

A Ménilmontant dans les années 60, on dénombrait un seul WC pour 196 habitants, et il était courant de vivre à 6 ou 7 dans 9 m2. Il y a alors un afflux massif de population : les campagnes se vident, ... toutes les 4 minutes, un provincial arrive à Paris et les rapatriés d'Algérie débarquent dans les banlieues.

L'Etat décide donc la construction de "grands ensembles", inspirés des théories urbanistiques du Corbusier. Ils rencontrent au départ un grand succès. Mais on est loin de l'original, car on rogne sur les prix et donc sur la qualité. On construit en préfabriqué, à la va-vite: un logement de 3 pièces est livré toute les heures ! Et rapidement, ce type d'habitat soulève des problèmes: les barres trop vite construites vieillissent mal, la répétition des mêmes modules crée la monotonie, ces grands ensembles virent à l'univers concentrationnaire, leurs habitants s'y ennuient, tombent dans une sorte de dépression à laquelle on donnera même un nom : c'est la sarcellite !

Dès 1969, on voit l'apparition des premières "bandes de jeunes", en réponse au manque de loisirs, viendra ensuite le rap et ses codes: vestimentaire avec la casquette et la capuche et aussi le code des mots, de la façon de parler. Dans les cités, en 40 ans, le chômage sera multiplié par 10, la drogue devient très présente et certains quartiers virent aux zones de non-droit, où la police n'ose plus entrer ...

Habiter au centre des villes devient aussi de plus en plus difficile. En 1960, vivre à Paris n'était pas un luxe car beaucoup de quartiers étaient plus ou moins insalubres.
Mais désormais, l'espace étant compté, le moindre mètre carré prend de la valeur, le dernier étage autrefois réservé aux domestiques devient très recherché, tout comme les lofts, une mode venue des USA, avec de grands volumes, une absence de cloisons, un espace atypique ...

Parallèlement, Paris va connaître beaucoup, beaucoup trop de destructions ... alors qu'on aurait pu transformer en douceur des quartiers entiers.
Un immeuble que l'on détruit, c'est 40 ans de vie qui partent en poussière en quelques heures ... tous les souvenirs de jeunesse qui s'évaporent brutalement ...

A Paris, surtout dans les quartiers Est, l'on a détruit l'histoire des gens.



>> Démolition des murs, démolition des vies.

>> Démolition, reconstruction, la ville en chantier.

>> Une rage de destruction.

 

 

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La halte de la rue Claude-Decaen.

26 Octobre 2010, 09:31am

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Publié par barreteau

Quai de la station Claude-Decaen, ligne de la Petite-Ceinture.  (Paris 12ème) -Juin 1997.

 

A l'approche du XXème siècle, le Syndicat d'exploitation de la Petite Ceinture est constamment sollicité pour la création de nouvelles stations.
Le Syndicat fait en sorte de ne pas y répondre, se réfugiant toujours derrière l'alibi financier. Mais pour l'exposition universelle de 1900, il donne suite au souhait du Commissaire général de l'Exposition de voir desservir le pavillon " Automobiles et cycles" projeté à proximité du lac Daumesnil à Vincennes. Cette opportunité lui offre la possibilité de régler, enfin, la question de la gare définitive de la Rapée-Bercy en suspens depuis 1877 et dont la ville de Paris ne cesse d'épiloguer sur l'emplacement définitif, rue de Charenton.
En 1899, la décision est prise: la station de la Rapée-Bercy demeurera à sa place et un point d'arrêt facultatif - une halte - "accessible aux seuls voyageurs sans bagages" sera édifiée rue Claude-Decaen pour les besoins de l'Exposition.

Ouverte le 5 mai 1900, la halte deviendra une station en 1907, la dernière à être crée sur la ligne de la Petite Ceinture.

Depuis lors, l'histoire contemporaine de la Petite Ceinture ferroviaire est celle d'une lente dégradation, où chaque année passée voit son état empirer, alors que cette ligne pourrait rendre des services significatifs aux habitants de la Région Île-de-France pour leurs déplacements.

L'absence de volonté politique de réactiver un service ferroviaire sur cette ligne, alors que la plupart des autres capitales européennes (Londres, Berlin et Bruxelles en autres) exploitent sous diverses formes (tramway, métro ou RER) une ligne de rocade d'un périmètre équivalent à celui de la Petite Ceinture, apparaît de plus en plus comme un gâchis et un archaïsme.

En attendant, à la station Claude-Decaen, l'herbe envahi les quais et la Ville vient de racheter, à Réseau Ferré de France, une parcelle de terrain - au 11 rue Claude Decaen -  pour y établir un jardin partagé ... la Petite Ceinture s'ouvre enfin au public !

 

>> Le bâtiment des voyageurs de la station Claude-Decaen vers 1930 - ©"La vie du rail"


>> Retrouvez la Petite Ceinture sur Parisperdu.

 



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Cette maison a de la mémoire !

22 Octobre 2010, 09:30am

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Publié par barreteau

84 de la rue des Vignoles Paris 20ème  - juin 1996

 

Nous sommes dans le quartier de la Réunion, à une époque où le grand chambardement commence à peine, la ZAC n'a pas encore son contour définitif et les vielles maisons de la rue des Vignoles, mais aussi de tous ses passages et impasses attenants, font de la résistance.

Et ces maisons ont de la mémoire, pas seulement celle de leurs pierres, mais aussi celle de tous ceux qui ont vécu ici et qui ont laissé des traces visibles seulement par ceux qui savent voir ...

Ainsi, au 84, plusieurs générations d'occupants ont laissé des messages, plus ou moins lisibles ... On déchiffre les inscriptions : "Approvisionnement direct des vignobles - Vins fins", puis sans savoir si elle est antérieure ou postérieur, la mention : "Armoires Kerstricht".
Et finalement, une fresque d'animaux évoquant les peintures de la grotte de Lascaux, tracée par un artiste du "street-art", avec cette phrase: "Défense d'habiter". Là, il est clair qu'il s'agit d'une réponse au "ZACage" de la Réunion, d'un cri contre les murages, les démolitions, les expulsions ...


Pourtant, tout près de là, au fond de la paisible impasse Rançon, le lavoir est toujours là, même si déjà depuis longtemps sa lourde porte reste close.

On l'aura compris, le filon de la nostalgie ne semble pas prêt de s'épuiser à Paris ...




>> Visite insolite au fond de l'impasse Rançon - Juin 1996.

 

 

 

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Visite insolite.

18 Octobre 2010, 14:49pm

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Publié par barreteau

Fond de l'impasse Rançon - Paris 20ème,   Juin 1996


Au 84 de la rue des Vignoles, s'ouvre l'impasse Rançon.
Lorsque j'y pénètre, je ne sais pas que je vais faire là une visite pour le moins insolite.

Il faut croire que je suis tout de suite repéré car une femme au regard interrogatif, s'avance vers moi.
Par les fenêtres ouvertes, au premier étage, des têtes apparaissent et quelqu'un m'interpelle de là-haut : "Qu'est-ce qu'il veut le Monsieur ?".
Je réponds que : " je ne veux rien de spécial, je suis un simple promeneur qui déambule dans le quartier".
Mais on ne semble pas me croire. "Vous êtes de la Mairie ?" me lance-t-on alors.

Après une discussion à plusieurs, en particulier avec mon harangueur du premier étage, le climat s'apaise. On m'explique que "des gens" de la Mairie de Paris viennent ici faire des repérages pour l'aménagement du quartier Réunion, et qu'ils ne sont pas les bienvenus.
Mais une autre personne, remarquant le point rouge de la célèbre marque de mon appareil photo, me questionne de nouveau : "Mais vous être un photographe professionnel !". Je dois à nouveau justifier qu'il n'en n'est rien, ... je ne suis qu'un simple amateur qui prend des images au gré de ses balades ...

"Alors dans cas, me dit-on, on va vous montrer le fond de l'impasse, ça devrait vous intéresser"

Sur le mur qui ferme l'impasse, il y a une porte avec une inscription: "Entrée du lavoir" ...

Le fait est peu connu, mais jusqu'au siècle dernier, dans ce quartier il y avait de nombreux lavoirs assez pittoresques d'ailleurs et ici, il en reste la toute dernière trace.

Mais le lieu est menacé, pensez donc, on envisage dans une impasse piétonne la construction d'un parking, et ce parking déboucherait aussi rue des Haies ... autant dire la fin de l'impasse, la fin de la quiétude pour ces habitants qui ont su créer un petit monde dont la tranquillité tient à l'isolement du lieu.


Finalement un nouvel immeuble sera construit au fond de l'impasse, sur l'emplacement de l'ancien lavoir, mais son accès se fera uniquement par la rue des Haie.
L'impasse Rançon restera donc "dans son jus" ... pour quelque temps encore.



>> L'impasse Rançon en Août 2009.

 

 

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Un squat, rue des Haies.

14 Octobre 2010, 09:31am

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Publié par barreteau

18, Impasse des Souhaits - Paris 20ème (juin 1997)

 

Nous sommes tout près de la rue des Haies dans le XXème arrondissement. Dans ces maisons en déliquescence, s'entasse une dizaine de familles. C'est un squat comme un autre, parmi la quinzaine de squats que compte l'arrondissement. Le XXème partage, en effet, avec les deux autres arrondissements périphériques de l'Est parisien, le XIXème et le XVIIIème, "une structure urbaine propice aux squats", comme le dit joliment l'Hôtel de Ville.

Dans le squat de la rue des Haies, les familles vivent dans un grand dénuement. Le confort est plus que sommaire, et pourtant aucune d'entre elles ne s'est déclarée auprès de la mairie pour un éventuel relogement. Le pâté de maisons tient à peine debout, les façades lépreuses sont à la limite de la ruine. Le réseau électrique comme les circuits d'eau sont quasiment inutilisables, et seuls quelques rares points d'eau sont encore en état alors que beaucoup d'autres sont neutralisés pour cause de tout-à-l'égout défaillant...

Les peintures sont chargées de plomb, et les risques de saturnisme importants. Malheureusement, les cafards ne sont pas rebutés par les peintures au plomb: il y en a partout.

Quand on arrive à un tel état de délabrement du bâti, la démolition est la seule solution.
Ici, c'est tout un quartier qui sera reconstruit ...

 

>> Squat utopique. 

>> Freddy, squatter "pro".

 

 

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Ici règne l'austérité.

10 Octobre 2010, 09:42am

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Publié par barreteau

6 rue des Muriers - Paris 20ème.

 

Dans cette petite rue d'un quartier populaire de l'Est parisien, l'austérité règne ...

Nous sommes en 1995 et c'est déjà un monde ancien qui ressurgit en un visuel "noir et blanc", ... aussi superbe que glaçant.

Derrière cet univers urbain, s'annoncent les prémices d'un monde qui conduira à la crise de 2008-2009.
Quatre-vingt ans après celle de 1929 ...

Sommes-nous à l'apogée d'un temps qui ne cesse de nous montrer les conséquences dramatiques d'une société névrotique ?



 

>> " A Paris, des hommes vivent et meurent derrières leurs fenêtres grises. "

 

 

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Y-a-t-il plusieurs Ménilmontant ?

6 Octobre 2010, 08:23am

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Publié par barreteau

 

Ce graff découvert dans le métro, nous pousse à nous interroger.
Existerait-il plusieurs Ménilmontant(s) ?

Il y a encore peu de temps, grimper sur la colline - ainsi nommée en référence à sa situation pentue - permettait de découvrir un village unique, à l'ambiance populaire: "Ménilmuche". Mais ce Ménilmontant est en voie de raréfaction alors qu'un autre Ménilmontant connaît une extension galopante: le Ménilmontant "bourgeois-bohème".
Oui décidément, Ménilmontant(s) est pluriel!

Sur les hauts de Ménilmontant des bastions bobos se développent, comme à la cité de l’Ermitage où le fric est partout, la boboïsation omniprésente et dans la rue, les profils que l'on croise … tous uniformes.
Au cœur du XXème arrondissement, les bourgeois-bohème qui côtoient une population allogène, font semblant de trouver ça génial, mais les sourires sont crispés. Et quand le bobo est en contact forcé avec la diversité, alors comme par hasard, ses convictions humanistes s’évaporent.

J’ai un couple d’amis "super ouverts" qui vit là. En primaire leurs enfants s'ennuyaient ferme dans des classes de "sous-doués" et, … il y avait aussi quelques problèmes de violence. En 6ème, les gamins ont été placés directement dans une "école catho", et la mère, sans fioritures, de mettre en cause "les petits blacks".

Mais Ménilmontant n’est pas que bobo et, dans son ensemble, le quartier reste encore très mélangé, avec certes de plus en plus de riches mais aussi … beaucoup de pauvres ! Pour trouver les secteurs populaires, il faut aller rue de Ménilmontant, près du métro St Fargeau. Là, on voit plus de boubous que de bobos …

 Et ça …, c'est "Ménilmuche" !
 

 

>> Voir aussi dans Parisperdu : "En descendant des hauts de Ménilmontant ..."

 

 

 

 

 

 

 

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On modernise la petite ceinture.

2 Octobre 2010, 09:18am

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Publié par barreteau


Exit la rue de Flandre, place à l'avenue de Flandre.

Et dégagez-moi tout ce qui gène sur son passage. En particulier ce vieux pont de la petite ceinture et ses étroites arcades d'un autre âge. Préférons-lui une large trouée, en béton armé et poutrelles métalliques ....

C'est ainsi qu'en août 2006, le pont de la petite ceinture sur l'avenue de Flandre dans le 19ème est tombé sous les bulldozers.

Pour ceux que la nostalgie tenaille ou qui tout simplement seraient curieux de voir à quoi l'ancien pont ressemblait, il leur faudra aller, non loin de là ... place de l'Argonne, car son frère jumeau est lui toujours-là.
Celui-là a eu plus de chance, la rue n'est pas très passante, point besoin d'élargissement.
Ici, les bulldozers n'ont pas été appelés, bien au contraire, le lieu a été joliment aménagé en profitant des arcades de ces vieux ponts d'une Petite Ceinture laissée à l'abandon ...

Ici aussi, on modernise la petite ceinture !


>> Démolition du pont (photo © Daniel Bertrand).

>> Le pont ferroviaire de l'avenue de Flandre, aujourd'hui.


>> La petite ceinture sur Parisperdu ...

 

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