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PARISPERDU

Blake & Mortimer à Ménilmontant ...

4 Novembre 2010, 08:59am

Publié par barreteau

119 rue de Ménilmontant - Paris 20ème (juillet 1996)

Une nouvelle aventure de Blake & Mortimer se déroulerait-elle dans les quartiers Est de la capitale ?
En haut de la rue de Ménilmontant, j'ai croisé cette affiche où les deux héros créés par le dessinateur belge Edgar Jacobs semblent méfiants.

Leur grand ennemi, le colonel Olrik, serait-il donc dans les parages ?


Voyons leur conversation :

- "Damned Philip, je leur avais pourtant bien dit de rester discrets sur notre séjour ..."

- "Parlez-moins fort Blake, je crois qu'on nous observe ..."

Etrange et d'autant plus étrange, qu'à cet endroit exact, sur le sol on pouvait remarquer comme une "Marque jaune".

Le Piège diabolique
serait-il entrain de se refermer sur nos héros, là, exactement au 119 rue de Ménilmontant ... ?



>> Blake & Mortimer, le site officiel.

>> En savoir plus sur Blake & Mortimer.

 

 

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50 ans d'habitat à Paris.

30 Octobre 2010, 09:10am

Publié par barreteau

Ancien atelier en cours de transformation en loft,  Paris 20ème. Octobre 2000.

 

A Ménilmontant dans les années 60, on dénombrait un seul WC pour 196 habitants, et il était courant de vivre à 6 ou 7 dans 9 m2. Il y a alors un afflux massif de population : les campagnes se vident, ... toutes les 4 minutes, un provincial arrive à Paris et les rapatriés d'Algérie débarquent dans les banlieues.

L'Etat décide donc la construction de "grands ensembles", inspirés des théories urbanistiques du Corbusier. Ils rencontrent au départ un grand succès. Mais on est loin de l'original, car on rogne sur les prix et donc sur la qualité. On construit en préfabriqué, à la va-vite: un logement de 3 pièces est livré toute les heures ! Et rapidement, ce type d'habitat soulève des problèmes: les barres trop vite construites vieillissent mal, la répétition des mêmes modules crée la monotonie, ces grands ensembles virent à l'univers concentrationnaire, leurs habitants s'y ennuient, tombent dans une sorte de dépression à laquelle on donnera même un nom : c'est la sarcellite !

Dès 1969, on voit l'apparition des premières "bandes de jeunes", en réponse au manque de loisirs, viendra ensuite le rap et ses codes: vestimentaire avec la casquette et la capuche et aussi le code des mots, de la façon de parler. Dans les cités, en 40 ans, le chômage sera multiplié par 10, la drogue devient très présente et certains quartiers virent aux zones de non-droit, où la police n'ose plus entrer ...

Habiter au centre des villes devient aussi de plus en plus difficile. En 1960, vivre à Paris n'était pas un luxe car beaucoup de quartiers étaient plus ou moins insalubres.
Mais désormais, l'espace étant compté, le moindre mètre carré prend de la valeur, le dernier étage autrefois réservé aux domestiques devient très recherché, tout comme les lofts, une mode venue des USA, avec de grands volumes, une absence de cloisons, un espace atypique ...

Parallèlement, Paris va connaître beaucoup, beaucoup trop de destructions ... alors qu'on aurait pu transformer en douceur des quartiers entiers.
Un immeuble que l'on détruit, c'est 40 ans de vie qui partent en poussière en quelques heures ... tous les souvenirs de jeunesse qui s'évaporent brutalement ...

A Paris, surtout dans les quartiers Est, l'on a détruit l'histoire des gens.



>> Démolition des murs, démolition des vies.

>> Démolition, reconstruction, la ville en chantier.

>> Une rage de destruction.

 

 

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La halte de la rue Claude-Decaen.

26 Octobre 2010, 09:31am

Publié par barreteau

Quai de la station Claude-Decaen, ligne de la Petite-Ceinture.  (Paris 12ème) -Juin 1997.

 

A l'approche du XXème siècle, le Syndicat d'exploitation de la Petite Ceinture est constamment sollicité pour la création de nouvelles stations.
Le Syndicat fait en sorte de ne pas y répondre, se réfugiant toujours derrière l'alibi financier. Mais pour l'exposition universelle de 1900, il donne suite au souhait du Commissaire général de l'Exposition de voir desservir le pavillon " Automobiles et cycles" projeté à proximité du lac Daumesnil à Vincennes. Cette opportunité lui offre la possibilité de régler, enfin, la question de la gare définitive de la Rapée-Bercy en suspens depuis 1877 et dont la ville de Paris ne cesse d'épiloguer sur l'emplacement définitif, rue de Charenton.
En 1899, la décision est prise: la station de la Rapée-Bercy demeurera à sa place et un point d'arrêt facultatif - une halte - "accessible aux seuls voyageurs sans bagages" sera édifiée rue Claude-Decaen pour les besoins de l'Exposition.

Ouverte le 5 mai 1900, la halte deviendra une station en 1907, la dernière à être crée sur la ligne de la Petite Ceinture.

Depuis lors, l'histoire contemporaine de la Petite Ceinture ferroviaire est celle d'une lente dégradation, où chaque année passée voit son état empirer, alors que cette ligne pourrait rendre des services significatifs aux habitants de la Région Île-de-France pour leurs déplacements.

L'absence de volonté politique de réactiver un service ferroviaire sur cette ligne, alors que la plupart des autres capitales européennes (Londres, Berlin et Bruxelles en autres) exploitent sous diverses formes (tramway, métro ou RER) une ligne de rocade d'un périmètre équivalent à celui de la Petite Ceinture, apparaît de plus en plus comme un gâchis et un archaïsme.

En attendant, à la station Claude-Decaen, l'herbe envahi les quais et la Ville vient de racheter, à Réseau Ferré de France, une parcelle de terrain - au 11 rue Claude Decaen -  pour y établir un jardin partagé ... la Petite Ceinture s'ouvre enfin au public !

 

>> Le bâtiment des voyageurs de la station Claude-Decaen vers 1930 - ©"La vie du rail"


>> Retrouvez la Petite Ceinture sur Parisperdu.

 



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Cette maison a de la mémoire !

22 Octobre 2010, 09:30am

Publié par barreteau

84 de la rue des Vignoles Paris 20ème  - juin 1996

 

Nous sommes dans le quartier de la Réunion, à une époque où le grand chambardement commence à peine, la ZAC n'a pas encore son contour définitif et les vielles maisons de la rue des Vignoles, mais aussi de tous ses passages et impasses attenants, font de la résistance.

Et ces maisons ont de la mémoire, pas seulement celle de leurs pierres, mais aussi celle de tous ceux qui ont vécu ici et qui ont laissé des traces visibles seulement par ceux qui savent voir ...

Ainsi, au 84, plusieurs générations d'occupants ont laissé des messages, plus ou moins lisibles ... On déchiffre les inscriptions : "Approvisionnement direct des vignobles - Vins fins", puis sans savoir si elle est antérieure ou postérieur, la mention : "Armoires Kerstricht".
Et finalement, une fresque d'animaux évoquant les peintures de la grotte de Lascaux, tracée par un artiste du "street-art", avec cette phrase: "Défense d'habiter". Là, il est clair qu'il s'agit d'une réponse au "ZACage" de la Réunion, d'un cri contre les murages, les démolitions, les expulsions ...


Pourtant, tout près de là, au fond de la paisible impasse Rançon, le lavoir est toujours là, même si déjà depuis longtemps sa lourde porte reste close.

On l'aura compris, le filon de la nostalgie ne semble pas prêt de s'épuiser à Paris ...




>> Visite insolite au fond de l'impasse Rançon - Juin 1996.

 

 

 

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Visite insolite.

18 Octobre 2010, 14:49pm

Publié par barreteau

Fond de l'impasse Rançon - Paris 20ème,   Juin 1996


Au 84 de la rue des Vignoles, s'ouvre l'impasse Rançon.
Lorsque j'y pénètre, je ne sais pas que je vais faire là une visite pour le moins insolite.

Il faut croire que je suis tout de suite repéré car une femme au regard interrogatif, s'avance vers moi.
Par les fenêtres ouvertes, au premier étage, des têtes apparaissent et quelqu'un m'interpelle de là-haut : "Qu'est-ce qu'il veut le Monsieur ?".
Je réponds que : " je ne veux rien de spécial, je suis un simple promeneur qui déambule dans le quartier".
Mais on ne semble pas me croire. "Vous êtes de la Mairie ?" me lance-t-on alors.

Après une discussion à plusieurs, en particulier avec mon harangueur du premier étage, le climat s'apaise. On m'explique que "des gens" de la Mairie de Paris viennent ici faire des repérages pour l'aménagement du quartier Réunion, et qu'ils ne sont pas les bienvenus.
Mais une autre personne, remarquant le point rouge de la célèbre marque de mon appareil photo, me questionne de nouveau : "Mais vous être un photographe professionnel !". Je dois à nouveau justifier qu'il n'en n'est rien, ... je ne suis qu'un simple amateur qui prend des images au gré de ses balades ...

"Alors dans cas, me dit-on, on va vous montrer le fond de l'impasse, ça devrait vous intéresser"

Sur le mur qui ferme l'impasse, il y a une porte avec une inscription: "Entrée du lavoir" ...

Le fait est peu connu, mais jusqu'au siècle dernier, dans ce quartier il y avait de nombreux lavoirs assez pittoresques d'ailleurs et ici, il en reste la toute dernière trace.

Mais le lieu est menacé, pensez donc, on envisage dans une impasse piétonne la construction d'un parking, et ce parking déboucherait aussi rue des Haies ... autant dire la fin de l'impasse, la fin de la quiétude pour ces habitants qui ont su créer un petit monde dont la tranquillité tient à l'isolement du lieu.


Finalement un nouvel immeuble sera construit au fond de l'impasse, sur l'emplacement de l'ancien lavoir, mais son accès se fera uniquement par la rue des Haie.
L'impasse Rançon restera donc "dans son jus" ... pour quelque temps encore.



>> L'impasse Rançon en Août 2009.

 

 

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Un squat, rue des Haies.

14 Octobre 2010, 09:31am

Publié par barreteau

18, Impasse des Souhaits - Paris 20ème (juin 1997)

 

Nous sommes tout près de la rue des Haies dans le XXème arrondissement. Dans ces maisons en déliquescence, s'entasse une dizaine de familles. C'est un squat comme un autre, parmi la quinzaine de squats que compte l'arrondissement. Le XXème partage, en effet, avec les deux autres arrondissements périphériques de l'Est parisien, le XIXème et le XVIIIème, "une structure urbaine propice aux squats", comme le dit joliment l'Hôtel de Ville.

Dans le squat de la rue des Haies, les familles vivent dans un grand dénuement. Le confort est plus que sommaire, et pourtant aucune d'entre elles ne s'est déclarée auprès de la mairie pour un éventuel relogement. Le pâté de maisons tient à peine debout, les façades lépreuses sont à la limite de la ruine. Le réseau électrique comme les circuits d'eau sont quasiment inutilisables, et seuls quelques rares points d'eau sont encore en état alors que beaucoup d'autres sont neutralisés pour cause de tout-à-l'égout défaillant...

Les peintures sont chargées de plomb, et les risques de saturnisme importants. Malheureusement, les cafards ne sont pas rebutés par les peintures au plomb: il y en a partout.

Quand on arrive à un tel état de délabrement du bâti, la démolition est la seule solution.
Ici, c'est tout un quartier qui sera reconstruit ...

 

>> Squat utopique. 

>> Freddy, squatter "pro".

 

 

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Ici règne l'austérité.

10 Octobre 2010, 09:42am

Publié par barreteau

6 rue des Muriers - Paris 20ème.

 

Dans cette petite rue d'un quartier populaire de l'Est parisien, l'austérité règne ...

Nous sommes en 1995 et c'est déjà un monde ancien qui ressurgit en un visuel "noir et blanc", ... aussi superbe que glaçant.

Derrière cet univers urbain, s'annoncent les prémices d'un monde qui conduira à la crise de 2008-2009.
Quatre-vingt ans après celle de 1929 ...

Sommes-nous à l'apogée d'un temps qui ne cesse de nous montrer les conséquences dramatiques d'une société névrotique ?



 

>> " A Paris, des hommes vivent et meurent derrières leurs fenêtres grises. "

 

 

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Y-a-t-il plusieurs Ménilmontant ?

6 Octobre 2010, 08:23am

Publié par barreteau

 

Ce graff découvert dans le métro, nous pousse à nous interroger.
Existerait-il plusieurs Ménilmontant(s) ?

Il y a encore peu de temps, grimper sur la colline - ainsi nommée en référence à sa situation pentue - permettait de découvrir un village unique, à l'ambiance populaire: "Ménilmuche". Mais ce Ménilmontant est en voie de raréfaction alors qu'un autre Ménilmontant connaît une extension galopante: le Ménilmontant "bourgeois-bohème".
Oui décidément, Ménilmontant(s) est pluriel!

Sur les hauts de Ménilmontant des bastions bobos se développent, comme à la cité de l’Ermitage où le fric est partout, la boboïsation omniprésente et dans la rue, les profils que l'on croise … tous uniformes.
Au cœur du XXème arrondissement, les bourgeois-bohème qui côtoient une population allogène, font semblant de trouver ça génial, mais les sourires sont crispés. Et quand le bobo est en contact forcé avec la diversité, alors comme par hasard, ses convictions humanistes s’évaporent.

J’ai un couple d’amis "super ouverts" qui vit là. En primaire leurs enfants s'ennuyaient ferme dans des classes de "sous-doués" et, … il y avait aussi quelques problèmes de violence. En 6ème, les gamins ont été placés directement dans une "école catho", et la mère, sans fioritures, de mettre en cause "les petits blacks".

Mais Ménilmontant n’est pas que bobo et, dans son ensemble, le quartier reste encore très mélangé, avec certes de plus en plus de riches mais aussi … beaucoup de pauvres ! Pour trouver les secteurs populaires, il faut aller rue de Ménilmontant, près du métro St Fargeau. Là, on voit plus de boubous que de bobos …

 Et ça …, c'est "Ménilmuche" !
 

 

>> Voir aussi dans Parisperdu : "En descendant des hauts de Ménilmontant ..."

 

 

 

 

 

 

 

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On modernise la petite ceinture.

2 Octobre 2010, 09:18am

Publié par barreteau


Exit la rue de Flandre, place à l'avenue de Flandre.

Et dégagez-moi tout ce qui gène sur son passage. En particulier ce vieux pont de la petite ceinture et ses étroites arcades d'un autre âge. Préférons-lui une large trouée, en béton armé et poutrelles métalliques ....

C'est ainsi qu'en août 2006, le pont de la petite ceinture sur l'avenue de Flandre dans le 19ème est tombé sous les bulldozers.

Pour ceux que la nostalgie tenaille ou qui tout simplement seraient curieux de voir à quoi l'ancien pont ressemblait, il leur faudra aller, non loin de là ... place de l'Argonne, car son frère jumeau est lui toujours-là.
Celui-là a eu plus de chance, la rue n'est pas très passante, point besoin d'élargissement.
Ici, les bulldozers n'ont pas été appelés, bien au contraire, le lieu a été joliment aménagé en profitant des arcades de ces vieux ponts d'une Petite Ceinture laissée à l'abandon ...

Ici aussi, on modernise la petite ceinture !


>> Démolition du pont (photo © Daniel Bertrand).

>> Le pont ferroviaire de l'avenue de Flandre, aujourd'hui.


>> La petite ceinture sur Parisperdu ...

 

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L'homme le plus courageux du 20ème est une femme !

28 Septembre 2010, 09:16am

Publié par barreteau

113 rue de Ménilmontant - Paris 20ème (1996)

Myriam est une battante. Rien qu'à voir le pas décidé avec lequel elle marche dans la rue, on comprend à qui l'on a à faire ...
Quand elle a appris que ses voisins Monsieur et Madame Edeline, tous deux retraités, ancien ouvrier et ancienne secrétaire, étaient confrontés à des difficultés pour payer leur loyer et qu'ils allaient être expulsés, son sang ne fit qu'un tour.

Myriam se propulse alors à l'antenne de l'association du Droit au Logement, dans cette ruelle qui conduit à la cité de l'Ermitage, en haut de la rue de Ménilmontant.
Là, elle va y exposer longuement le cas des époux Edeline qui, suite à une procédure du propriétaire, ont vu leur bail résilié. Monsieur et Madame Edeline sont restés dans les lieux, mais n'ont pu apurer totalement leur dette locative.

Monsieur Edeline est par la suite tombé malade et a développé un cancer. Il a été reconnu invalide à 100 %, mais cela n'a pas empêché le propriétaire de demander l'expulsion de ces retraités de 65 et 68 ans, ce que le tribunal a accordé.

La trêve d'hiver a permis à Monsieur et Madame Edeline d'obtenir un sursis. Mais à la fin de la trêve, l'huissier de justice a demandé le concours de la force publique.

Tout à côté de l'antenne du DAL, sur un mur, il est écrit "Viva Zapata", mais le 20ème arrondissement, n'est pas le Mexique et le Droit au Logement finira par avouer à Myriam, que dans ce cas précis, il ne peut rien faire.

Face au caractère inhumain de cette expulsion, Myriam a décidé de loger elle-même les époux Edeline qui n'avaient aucune solution de relogement. Une chambre mansardée, que Myriam avait aménagée dans le but de la louer plus tard à des étudiants, est maintenant occupée par Monsieur et Madame Edeline ... en attendant mieux ...

Quiconque ayant rencontré Myriam vous le dira : "l'homme le plus courageux du 20ème est une femme" !

 

 

>> L'antenne de l'association "Droit au logement" de l'impasse du 113 de la rue de Ménilmontant (1996)

 

 

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Le Louxor, renaissance à Barbès.

24 Septembre 2010, 10:41am

Publié par barreteau

 

Depuis des années sa façade borgne surplombe le carrefour des boulevards Magenta et de La Chapelle; mais d'ici trois ans, le Louxor, joyau architectural des années 20, renouera avec ses premières amours : le cinéma.  Car ce bâtiment de style néo-égyptien fut, de son inauguration dans les années 20 et jusqu'à l'après-guerre, l'une des salles de cinéma les plus prestigieuses et les plus prisées de la capitale.

Depuis sa fermeture en 1987, le Louxor est devenu quasi invisible. L'affichage sauvage a eu raison de ses murs défraîchis et ses mosaïques s'effritent, disparaissent sous les couches successives de papiers.

En 2013, trois salles de cinéma d'art et d'essai ouvriront dans cet ancien Palais du 7ème art. Philippe Pumain, l'architecte, en charge du projet, veut avant tout réaliser la synthèse entre l'évolution d'un quartier en pleine mutation et l'héritage historique du lieu.

Le parti architectural adopté par Philippe Pumain est de réhabiliter la bâtisse "au plus près du bâtiment d'origine", et ainsi de respecter la volonté de l'architecte concepteur du Louxor, André Zipcy.

De grands mâts, tels qu'il en existait devant les temples égyptiens et qui ont figuré sur la façade originelle du Louxor, seront réinstallés. Des vitraux vont aussi être restitués, le décor d'origine va être dégagé, restauré et réinstallé. Car il s'agit avant tout de retrouver la cohérence esthétique entre les façades néo-égyptiennes et les parois intérieures de la salle.

La renaissance du Louxor enchantera tous les cinéphiles et tous les amoureux de Paris, qui apprécient à juste titre l'originalité et le style de cette salle mythique. Car le Louxor représente en effet, avec le Rex, la Cigale, la Pagode, un fragment de l'histoire culturelle de Paris, le souvenir vivant des années 1920, mais aussi une beauté rare, une forme d'exotisme dans le meilleur sens du terme. 

Vivement 2013 !

 

 

>>  Pour tout savoir sur l'histoire du Louxor.

>> Le Louxor sur le site officiel de l'architecte Philippe Pumain.

>>  Les Amis du Louxor.. 


>> ... Mais le Luxor, n'a pas que des amis !  



 

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On ferme.

20 Septembre 2010, 07:07am

Publié par barreteau

 23 rue Henri Chevreau - Paris 20ème.

 
Une ville évolue au gré de l'activité économique qui s'y développe.  A Paris, comme partout ailleurs, l'activité économique connaît des fluctuations. Mais pour les commerces de quartier, si la baisse d'activité est une plaie, la non-activité est un mal encore plus profond.


Quand je vois à quoi ressemble aujourd'hui le haut de Belleville - entre Couronnes et Pyrénées - ce ne sont que commerces moribonds ou définitivement morts. Que reste-t-il ? Quelques bars plutôt sales, une ou deux boucheries qui ne marchent pas bien, des boulangeries ou plus souvent de simples dépôts de pain, une librairie-papeterie qui se meurt, quelques petits épiciers, un affreux Leader Price et des "micro-restaus" turcs qui doivent "faire" 4  ou 5 clients par jour...


Tous les quartiers de Paris ne peuvent pourtant pas ressembler au Marais, avec leurs "bobos bios" et leurs "gays branchés". On ne peut pas faire de Paris exclusivement un Musée pour bobos écolos à "poussettes 3 roues" ou "gay-ultra tendance"- sillonnant la place des Vosges et ses alentours pour consommer du "media-art-contemp".


Il faut aussi autre chose, de moins sexy peut-être, mais qui a le mérite d'exister, de créer de l'activité économique, du service, des emplois ! Il nous faut garder un tissu de petits commerçants de quartier quitte à sacrifier un peu de notre joli décor sur l'autel de l'activité économique !


Il doit y avoir une place pour tout dans une ville vivante. Sinon, c'est le formol.




>> Voir aussi sur Parisperdu: "Où sont passés les vrais gens ..."

 

 

 

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Doisneau à Ménilmontant !

16 Septembre 2010, 09:27am

Publié par barreteau

 

Lorsque j'ai appris qu'il y avait un collège "Robert Doisneau" dans le 20ème arrondissement, je suis monté voir à quoi il ressemblait.

La rue des Panoyaux n'est pas très large à cet endroit, et la façade du collège est défraîchie malgré ses 20 ans. Mais, vu la référence au photographe du célèbre "Baiser de l'Hôtel de Ville", je m'attendais à un bâtiment beaucoup plus vieillot ...

A cheval sur plusieurs arrondissements, les élèves du "Robert Doisneau" arrivent surtout des quartiers " Ménilmontant Amandiers" et "Est 20ème" qui comptent parmi les derniers secteurs populaires de Paris. Là, les habitants sont majoritairement au bas de l'échelle socioprofessionnelle ; le taux de chômage est fort, les revenus faibles et, une grande partie des habitants sont étrangers ou issus de l'immigration "postcoloniale" ... Une avalanche d'handicaps va-t-elle s'abattre sur "Robert Doisneau" ?

Pas si sûr, car Ménilmontant et de la rue des Amandiers sont des lieux de grande circulation, très fréquentés, très animés. Aussi "Robert Doisneau" est un collège bouillant de vie, d'activités, où entre les cours, les jeunes s'adonnent à des répétitions pour les concerts de rap ou d'autres musiques, qu'ils donnent ici les week-ends.  

Oui, la vie est là, telle que l'espiègle Robert aurait aimé la surprendre à travers l'objectif de son appareil photo ...

 

>> Le site du collège "Robert Doisneau".

 

 

 

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La ruée vers l'Est.

12 Septembre 2010, 10:35am

Publié par barreteau

Villa de L'Ermitage  - Cité Leroy Paris 20ème (1997)
 

A force d'accueillir les jeunes couples chassés des quartiers du centre de Paris, les trois arrondissements de l'Est, les plus populaires de la capitale (18, 19 et 20ème) ont vu les prix de l'immobilier atteindre des sommets inimaginables voilà à peine cinq ans. Aujourd'hui, le rattrapage est terminé, et, désormais, si le rythme de la hausse s'est nettement ralenti, c'est que la crise est aussi passée par les quartiers Est de la capitale.


Depuis que les bobos s'y sont installés, le 18ème est devenu très tendance. Notamment autour du boulevard Barbès, où les prix peuvent facilement atteindre 6 000 à 7000 € le mètre carré, voire 10 000 € le mètre carré et au-delà aux Abbesses où sur la butte Montmartre. D'autres secteurs comme celui autour de la rue Caulaincourt se sont embourgeoisés et les prix ont suivi.


Tout en demeurant l'arrondissement le moins cher de Paris, le 19ème a lui aussi bien flambé ... surtout autour  des Buttes-Chaumont. Dans le Belleville du 19ème, on peut encore s'offrir des logements autour de 5 000 € le mètre carré, mais pour combien  de temps encore ? Des prix que l'on retrouve à la Villette, un quartier qui commence juste à décoller. Pour trouver moins cher, il faut aller porte de Pantin, où un 30 m2 sera cédé pour 140 000 €.

Le 20ème est de loin l'arrondissement le plus bobo de Paris, surtout du côté de Ménilmontant où les prix se sont envolés. Saint-Fargeau et Pelleport restent, quant à eux, accessibles à ceux qui ne peuvent plus s'offrir Gambetta ou Jourdain.

Désormais à Paris, les sommets de l'immobilier s'abordent aussi par la face Est ...

 

>> Voir aussi sur Parisperdu:

>> La cité Leroy est maintenant ... dans un jardin.

 

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La démarche d'Atget.

8 Septembre 2010, 10:01am

Publié par barreteau

Belleville,  ancien regard (dit du Marais) - 41 rue des Solitaires, Paris 19ème.
© Eugène Atget - 1901- Musée Carnavalet / Roger-Viollet

 

Chez Atget, d'emblée se confrontent les logiques de la déambulation, de l'errance chère aux surréalistes ou celles de la documentation du lieu, du quartier.
Atget porte, dans son œuvre, une attention fine au(x) sens et aux dates, plus encore à l'intransigeance de l'identification précise du lieu photographié.

A la charnière du XIXème et du XXème siècle, c'est un Paris ancien qui se déroule alors sous nos yeux, dans sa quasi-entièreté, comme dans un catalogue raisonné, où la photographie en donne soudain une lecture sensible.

Bien avant Google Maps et la géolocalisation GPS, plus de quatre mille lieux de Paris sont précisément répertoriés par autant de photographies. Sans avoir accès à Flickr ou à Picasa, Atget organise et structure son œuvre par regroupements en séries. A l'intérieur des séries, Atget construit des albums, souvent dans une perspective éditoriale ou commerciale.

Qui peut le mieux nous parler d'Atget que celle qui a découvert son œuvre : Bérénice Abbott, l'assistante de Man Ray. Elle écrira au sujet d'Atget :" On se souviendra de lui comme d'un historien de l'urbanisme, d'un véritable romantique, d'un amoureux de Paris, d'un Balzac de la caméra"
L'œuvre photographique d'Atget a également particulièrement intéressé le philosophe et critique Walter Benjamin. Dans son opuscule Ecrits français, il nous dit: " Le fait d'avoir photographié les rues de Paris désertes, constitue toute l'importance des clichés d'Atget. Avec raison, on a dit qu'il les photographiait comme le lieu d'un crime. (...) Dans le procès de l'histoire, les photographies d'Atget prennent la valeur de pièces à conviction".

Décidemment, l'œuvre colossale d'Eugène Atget n'a pas fini de faire parler d'elle ...



>> " Sur les pas d'Eugène Atget ".

 

 

 

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