Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU
…

Parisperdu pour les nuls (3/5): " Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre".

8 Juillet 2010, 08:56am

| 

Publié par barreteau

Dans le triangle Mouzaïa : le hameau du Danube; sur la butte Bergeyre : la rue Georges Lardennois.

Dans ces secteurs, la tranquillité règne en maître absolu et c'est un Paris quelque peu campagnard que vous allez découvrir. Le contraste avec la ville est encore plus flagrant si vous arrivez de la place des Fêtes où l'amoncellement des tours et des barres vous aura certainement donné le tournis.

Flâner rue de la Mouzaïa, c'est oublier quelques instant qu'on est à Paris... Le programme est simple : il vous suffira de regarder les belles maisons, de profiter du calme, de respirer profondément ... et c'est alors une agréable balade qui s'offre à vous.Bien comprendre la topographie du lieu est indispensable pour s'orienter dans cette véritable toile d'araignée. C'est en effet, un quartier en demi-cercle dont le centre est la station de métro "Rhin et Danube" et de laquelle partent une multitude de rues en rayons.

Et tous ces rayons sont coupés et reliés entre eux par des ruelles, des venelles appelées villas, bordées de maisonnettes à un ou deux étages.

Ces venelles sont toutes plus ou moins en pente et toutes sont inaccessibles aux voitures. Des jardinets complètent et embellissent ces constructions qui étaient l'habitat des ouvriers de l'Est parisien, jusque dans les années 50. Aujourd'hui, ces maisonnettes se négocient aux alentours de 600 000 euros minimum, aussi est-il clair que ce ne sont plus les ouvriers qui habitent là !

Des six venelles qui dévalent vers (ou remontent de) la rue de la Mouzaïa, je vous conseille de descendre la première villa (Eugène Leblanc) puis de remonter par la 2ème (Emile Loubet), redescendre par la 3ème et ainsi de suite (Bellevue, Lilas, Sadi-Carnot) jusqu'à la dernière (Félix-Faure).

En descendant vers le sud, vous vous trouverez bientôt au pied d'une butte plutôt insolite, c'est la butte Bergeyre. Disons-le tout net, se promener sur la butte Bergeyre, c'est découvrir un lieu hors du temps, isolé, quelque peu suranné ... et quasiment improbable ...

Ici, la vision de Paris est toute autre : la lumière est partout, on se sent hors du bruit de la ville, l'air n'est plus le même ... le privilège des hauteurs peut-être. La butte Bergeyre, c'est un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne.

Cinq rues seulement entourent et quadrillent ce petit périmètre.
La rue Georges-Lardennois relie la "vraie ville" au village perché sur le sommet. Elle suit un long tracé jusqu'au point culminant qu'elle atteint après avoir enlacé l'ensemble de la butte qui s'élève tel un pain de sucre.

La rue Barrelet-de-Ricou se termine par des escaliers où Willy Ronis a saisi dans son objectif un instant magique, "sur le fil du hasard", comme il se plait à le dire.

Au cœur de la butte, on trouvera la rue Rémy-de-Gourmont et la rue Philippe-Hecht, toutes deux avec leurs petits immeubles à deux étages bien sagement alignés.

Et puis, comme pour donner un relief encore plus "fantastique" à cette étrange butte, on découvre la rue Edgar-Poë. Avec des jardinets étroits comme des jardinières prises sur le trottoir, nous sommes bien ici dans un lieu extraordinaire, un endroit isolé et tout à la fois urbain, un quartier unique à l'environnement singulier, un espace à l'écart de la ville, tout en étant dans la ville.
Ici, nous sommes dans l'arrière-cour de Paris.

 



>> Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (2/5)

>> Villa du Danube.

Sur la butte Bergeyre,(sélection de Parisperdu):

>> Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie.

>> N'est pas Willy Ronis qui veut ... !

>> Sur la butte Bergeyre.

>> Rêveries du promeneur solitaire.

 

Voir les commentaires

…

Pierre Etaix est de retour.

4 Juillet 2010, 10:45am

| 

Publié par barreteau

Affiche de l'intégrale des films de Pierre Etaix en version restaurée, © CARLOTTA FILMS

 

Après vingt ans d'imbroglio juridique, Pierre Etaix retrouve ses droits et voit l'intégrale de ses films ressortir en salles - en version restaurée -  à partir du 7 juillet 2010.

Aujourd'hui, Pierre Etaix, 81 ans, qui revendique l'héritage de Max Linder, de Charlie Chaplin, de Buster Keaton et de Jacques Tati, est un homme à l'enthousiasme intact. Chaplin était narquois, Keaton imperturbable, Tati candide. Il y a chez Etaix la trace infime d'un éternel sourire intérieur, ce quelque chose d'enjoué et d'ironique sur le visage qui laisse entrevoir qu'il n'en pense pas moins...

Alors n'hésitez pas à entrer dans les salles obscures, de surcroît climatisées - ce qui est appréciable par les températures actuelles - et vous passerez, c'est garanti, de bons moments ... en revoyant (ou en découvrant) les films de ce Pierrot mélancolique ...

 

>> En savoir plus sur Pierre Etaix et sur son œuvre.

 

>>  L'Intégrale Pierre Etaix restaurée. 
 Cinq longs-métrages : Le Soupirant (1963), Yoyo (1965), Tant qu'on a la santé (1966), Le Grand Amour (1969) et Pays de cocagne (1971).
Trois courts-métrages : Rupture, Heureux anniversaire et En pleine forme (inédit).

 

 

 

 

Voir les commentaires

…

Parisperdu pour les nuls (2/5) : " Du haut Belleville au bas Ménilmontant "

30 Juin 2010, 10:05am

| 

Publié par barreteau

A Belleville : Villa Castel ; A Ménilmontant: Places Gambetta et Martin Nadeau
  

Belleville et Ménilmontant sont les quartiers les plus emblématiques du Paris populaire.

De l'esprit des rues arpentées par Willy Ronis, dans les années 50-60, il ne reste plus grand-chose. Toutefois, dans ces quartiers, le promeneur attentif pourra encore retrouver quelques parcelles de ces mythiques "villages".

Dans le haut Belleville, le belvédère de la rue Piat conserve une réelle magie même si, en contrebas, le parc a fait disparaître le lacis de petites rues, de passages et d'escaliers : Vilin, Pali-Kao, Julien Lacroix ... et pourtant, le vrai Belleville était là.
Sur le plateau, parcourez les rues des Envierges, du Transvaal ainsi que le confidentiel passage Plantin et surtout la discrète Villa Castel où rodent encore les fantômes de "Jules et Jim".

Delà, gagnez les rues décrivant les courbes de niveaux de la colline : rue de Savies, des Cascades, de l'Ermitage, du Retrait ... A la belle saison, flâner dans ces rues est un vrai plaisir tant la paix, la sérénité sont ici omniprésentes.


Le passage vers Ménilmontant se fera par la rue de la Mare et ... sa passerelle métallique sur l'ancienne voie ferrée de la petite-ceinture, en sera l'aérien symbole. Ménilmontant a beaucoup souffert de la folie de la spéculation immobilière et les stigmates du changement sont ici beaucoup plus visibles que dans le haut Belleville. C'est pourquoi vos pas devront vous conduire directement vers le sud, vers le bas de Ménilmontant.

Pour moi, le centre stratégique en est la place Martin Nadeau, idéalement coincée entre le Père Lachaise, la place Gambetta et la coulée des rues Sorbier, Annam et de la Bidassoa. 
Au fond de la place, le dos d'âne de la rue Gasnier-Guy devra être escaladé. Avec ses 17%, c'est la rampe la plus raide de Paris. En contrebas, on distingue un square, celui-ci a été bâti sur les ruines du micro-quartier de la rue de la Cloche. Ici s'élevait, il y a encore une dizaine d'années ... un lieu hors du monde, une ville en miniature malheureusement rayée de la carte.


Belleville, Ménilmontant deux villages, mais un même cœur. 
Pour vous, lecteurs du "Parisperdu pour les nuls", sans aucun doute votre première visite est à faire ici. Mais il y a urgence car ces quartiers éminemment populaires connaissent une "gentryfication" galopante ... qui va changer définitivement l'atmosphère de ces lieux.


>> Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (1/5)


Belleville et Ménilmontant (sélection de billets sur Parisperdu) :

>> A la découverte de Belleville et de Ménilmontant ...

>> Rue de la Cloche.

>> La parole à ... Clément Lépidis.

>> Vilin, Couronnes et Pali-Kao ...

>> Le petit miracle de Belleville.

>> Belleville, la belle ville des bobos.

>> Une rage de destruction ...

>> Mélange de couleurs.  

>> En redescendant des hauts de Ménilmontant ...



 

Voir les commentaires

…

La rue Laurence Savart, si chère à Willy.

26 Juin 2010, 09:01am

| 

Publié par barreteau

 

La rue Laurence Savart- Paris 20ème - Juin 2004


Maintes fois Willy Ronis m'a parlé de la rue Laurence Savart, l'une de ses favorites dans le secteur de Belleville-Ménilmontant.

Il m'a raconté comment, un petit matin de 1948, il avait failli "louper" sa célèbre photo de cette rue. En passant dans la rue du Retrait, un bref éclat de lumière attira son attention, c'était le vitrier qui remontait la rue Laurence Savart. Sans  ce "flash" produit par les vitres de l'artisan, "j'aurais vraisemblablement continué tout droit mon chemin" me disait-il.

Quand je lui fais remarquer que la rue, encore aujourd'hui, a peu changé, qu'on y retrouve les mêmes façades, la même lumière qu'a son époque ... il fait la moue et me dit: "Oui mais cet immeuble qui barre la rue dans sa partie basse, quel dommage ...".

Il faut bien reconnaître que la perspective n'est plus la même. Et que cette trouée, qui était comme un appel vers un ailleurs incertain, fait terriblement défaut.

La rue Laurence Savart était si chère à Willy, qu'il a accepté de donner son nom à une association qui luttait pour conserver le caractère original de la rue. Je ne suis pas sûr que Willy adhérait complètement au but poursuivit par cette association, mais il n'a pas su dire non à des gens qui comme lui chérissait ce lieu. Ainsi naquit fin 2006, "L'Association Willy Ronis  - Pour le cadre de vie de la rue Laurence Savart", ... la seule association qui aujourd'hui porte le nom de l'illustre photographe.


>> "La rue Laurence Savart", Photo: ©Willy Ronis 

>>
J'ai retrouvé le Paris perdu ...


>> Association Willy Ronis "Pour le cadre de vie de la rue Laurence Savart ". 

>> Les hauts quartiers de l'Est parisien font de la résistance.
 

 

Voir les commentaires

…

Parisperdu pour les nuls (1/5).

22 Juin 2010, 09:13am

| 

Publié par barreteau


La collection "Pour les nuls" vulgarise tous les sujets… et Paris n'a pas été oublié: il existe un "Paris pour les nuls" par Danielle Chadych et Dominique Leborgne, deux historiennes de Paris.

 Le propos de Parisperdu n'est pas de rédiger un nouvel opus sur cette approche, mais peut-être d'en écrire un chapitre complémentaire, celui des quartiers Est de la capitale, en quelque sorte: un "Parisperdu pour les nuls" !

Toutefois, il ne s'agit pas non plus de proposer un guide exhaustif de l'Est parisien.
Nous nous contenterons de vous indiquer nos itinéraires préférés, les coups de cœurs de nos vagabondages …

Alors, pour celles et ceux qui auraient peur de ne pas être à la hauteur pour affronter ce Paris particulier, voici notre petit guide "Pour les nuls".

Pour les quartiers Est de la capitale, 8 sites nous paraissent mériter d'être mentionnés.
Mais pour les visiter, il faudra vous dépêcher … car tous sont en cours de mutations plus ou moins profondes … et pourraient bien dans un avenir proche s'ajouter à la longue liste du Paris disparu … Bien sûr, géographiquement parlant, ces quartiers ne vont pas être rayés de la carte, mais les transformations qu'ils connaissent ou vont connaître en changeront dramatiquement le visage et, selon nous, leur intérêt.


Voici donc notre sélection:

1.   Le haut Belleville
2.   Le bas Ménilmontant
3.   Le triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans
4.   La butte Bergeyre
5.   Vignoles–Planchat
6.   La place de Rungis
7.   Les Epinettes
8.   Autour du canal de l'Ourcq


Dans les prochains billets, nous vous dévoilerons les charmes, souvent cachés, de ces "hot spots" de notre "Paris pour les nuls".

A suivre donc …


> Voir aussi sur Parisperdu : "Balade hors des sentiers battus".

 

 

Voir les commentaires

…

Bettina Rheims voit Paris en Rose.

18 Juin 2010, 07:41am

| 

Publié par barreteau


"Paris diadème, 2009"-Bettina Rheim ©- Courtesy: Galerie Jérôme de Noirmont.

 

Avec l'exposition "Rose, c’est Paris" , la Bibliothèque Nationale de France (BNF) rend hommage à une grande artiste, la photographe Bettina Rheims, et à son complice, écrivain, Serge Bramly.

"Rose, c'est Paris"  nous invite  à une traversée de notre capitale qui emprunte, tour à tour, à la flânerie baudelairienne et à l'errance surréaliste. Dans un Paris fantasmé du début du XXème siècle, dans un Paris insolite ou méconnu, volontairement atemporel, l'érotisme se mêle au mystère à travers une série de photographies en noir et blanc, peuplées de figures féminines énigmatiques.Le titre du projet s’inspire du pseudonyme que s’était choisi l’artiste. "Rose Sélavy"= "Rose séparée"=  "Rose, c’est Paris".

L’intrigue est la suivante : une jeune femme, B. cherche Rose, sa sœur jumelle, qu’elle prétend disparue. Tel est le point de départ d’une quête initiatique dans un Paris intime. Une centaine d’images et un film retracent le parcours de l’héroïne au cœur de la ville, pour une rêverie moderne inspirée du Paris de l’entre-deux-guerres.

"Rose, c’est Paris" se divise en treize épisodes dont le dernier verra B. faire le deuil de son double, devenant finalement Rose, … si elle ne l’a pas toujours été.


>> Le livre de l'Expo à la BNF Richelieu.

>> Bettina Rheims présente son exposition "Rose c'est la vie".

>> Mieux connaître la photographe Bettina Rheims.

 

 

 

 

Voir les commentaires

…

La Halle Freyssinet devient très tendance.

14 Juin 2010, 09:22am

| 

Publié par barreteau

La Halle Freyssinet en fin d'exploitation par le SENAM, Juin  2005
 

Depuis le transfert du SERNAM, le service national des messageries de la SNCF, à Valenton dans le Val-de-Marne, en 2007, la halle Freyssinet était déserte et livrée aux tagueurs.

La halle, un des plus beaux exemples d'architecture industrielle de Paris, avait réussi malgré tout à échapper à divers projets plus ou moins heureux de reconversion.

Ainsi, le maire du 13ème et président de la SEMAPA, aménageur de la ZAC, était favorable à la découpe de la halle dans le sens de la largeur en rasant l'une des trois nefs, celle côté voies ferrées, au risque de fragiliser l'ensemble de la structure du bâtiment ce qui lui aurait été fatal.
A l'Hôtel-de-ville, on était plutôt partisan de l'amputation dans l'autre sens, celui de la longueur, sans préciser par quel bout on trancherait (côté rue du Chevaleret ou côté boulevard Vincent Auriol) ?

En réalité, ni l'un ni l'autre de ces décideurs n'avait de projet bien précis sur l'aménagement futur de la halle.
Il faut dire que le site est difficile à aménager car la complexité du faisceau ferroviaire entre la passerelle Charcot et le boulevard Vincent Auriol, avec ses deux niveaux de voies (aérien et souterrain), ainsi que la présence d'aiguillages interdit la construction de files d'appuis continus.
C'est d'ailleurs cette impossibilité qui a eu raison d'un autre projet, celui de l'implantation d'un Tribunal de Grande Instance. L'initiative du ministère de la justice verra finalement le jour sur le site des Batignolles ...

Pour la halle, la "solution" retenue a consisté  … à laisser les lieux en l'état.
La SNCF a donc sagement renvoyé, dos à dos, les maires de Paris et du 13ème, en louant la halle Freyssinet pour 5 ans à une entreprise spécialisée dans l'événementiel. Après des travaux de sécurisation et de mise aux normes, la halle accueille depuis quelques temps déjà: shows, défilés de mode, soirées privées, expositions, et autres réunions politiques ou commerciales ... avec un cachet mi-industriel, mi-underground. Très tendance donc !


Mais la halle Freyssinet continuera toutefois à se lézarder, sans avenir réel et aussi sans garantie quant à sa pérennité … Pourtant, la halle de l'ingénieur Freyssinet  mérite d'être préservée. 

Alors, rendez-vous dans cinq ans pour voir si un véritable projet de reconversion pourra enfin être adopté et savoir finalement si l'hypothèque de la démolition est définitivement levée   …



>> La Halle Freyssinet en 1999, 2005 et 2008.

>> La Halle Freyssinet, déjà sur Parisperdu.

>> La Halle Freyssinet, encore sur Parisperdu.


 

 

Voir les commentaires

…

Désertiques dorsales.

10 Juin 2010, 09:50am

| 

Publié par barreteau

Avenue de France - Paris 13ème


Dès le début de l'opération Paris Rive Gauche, les architectes chargés d'aménager la ZAC se sont trouvés face à la configuration bancale du site dont les deux pieds ne sont pas au même niveau. L'un est perché sur de nouvelles avenues et l'autre sur le tapis ancien des voies ferrées.

L'aménagement d'un site ne pouvant se concevoir sans celui de son environnement, il aurait pu sembler nécessaire de couvrir les voies ferrées. Mais cette couverture est particulièrement hasardeuse dans ce secteur de Paris-Rive Gauche, puisqu'il faudrait "charcuter" sous les voies ferrées pour fonder les appuis d'une dalle. Mais là, en-dessous, il y a trois tunnels: deux pour le RER C et un autre qui permet de faire transiter les trains grandes lignes de la gare d'Austerlitz.  Comme les plafonds de ces trois tunnels ne sont pas en mesure de supporter le poids de la "dalle funéraire" de Paris Rive Gauche et de ses plantations rabougries et comme ils ne peuvent pas non plus être traversés par des piliers, vu la multitude des aiguillages à cet endroit: la "solution" a donc consisté … à laisser les lieux en l'état !

Ce qui nous vaut ces sinistres avenues, démesurées, longues comme un jour sans pain, surchargée sur un côté de bureaux aux dimensions brutales et bordées sur l'autre côté par le vide, avec en contrebas un univers où le rail est omniprésent, sale, bruyant, odorant …

Le "clou" de cet urbanisme bancal, ce sont les avenues de France et Mendès-France, deux désertiques dorsales. Avec leurs grilles et leurs lampadaires d'autoroute, elles longent les quatre équerres de la BNF et son esplanade des courants d'air … triste programme !

Au secours, rendez-moi mon vieux 13ème, celui de Tardi et de Léo-Mallet.



>> Une configuration bancale du site dont les deux pieds ne sont pas au même niveau.

>> La mémoire de la Nouveauté.

>>"Brouillard au pont de Tolbiac"  de  Léo Mallet et Jacques Tardi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

…

Impossible retour.

6 Juin 2010, 09:04am

| 

Publié par barreteau


J'ai voulu retourner au 30 de l'avenue du Docteur-Arnold-Netter, dans le 12ème arrondissement. Je voulais retrouver le charme de ce long passage qui borde l'hôpital Trousseau, respirer à nouveau l'air de ce lieu caché, insolite, hors du temps …

Mais cette fois, je me suis heurté au lourd portail métallique, maintenant définitivement fermé alors qu’autrefois, il était constamment grand’ ouvert.
Pourtant ce portail ne masque plus rien car, en 2006, la ville a exercé son droit de préemption sur ce lieu, au motif de la "création d'un équipement d’intérêt général". Un nouvel accès aux extensions de l'hôpital Trousseau, a alors été créé à la place du bucolique passage qui jusqu’alors abritait de petits ateliers et de modestes logements.


Le modernisme ambiant du nouvel espace a totalement défiguré l’endroit et tout espoir de retour vers les sensations que véhiculait l'ancien passage est définitivement impossible.

Ce brutal changement fut pour moi comme un choc, et une totale surprise tant je n’avais pas prévu une telle métamorphose … et pourtant, le nom du café mitoyen aurait pu m'alerter !
Sur son enseigne, il est écrit : "L'imprévu".




>> Voir aussi : 30, Avenue du Docteur-Arnold-Netter.

>> Le passage du 30, Avenue du Docteur-Arnold-Netter, aujourd'hui.


 

 

 

 

Voir les commentaires

…

" La nuit n'est pas le négatif du jour ... "

2 Juin 2010, 09:25am

| 

Publié par barreteau

Place de la Bastille – Paris, mars 2005, "Hommage à Brassaï".

 

Il a fixé à jamais l'image d'un Paris nocturne. Il a utilisé comme personne l'objectif pour capter l'atmosphère fascinante des nuits parisiennes. Il nous a livré de poignants paysages nocturnes, témoignages de ses longs vagabondages dans le Paris excentrique de la nuit, loin des sites connus. La plupart du temps, il sillonnait les rues seuls, mais parfois, il était accompagné d'amis noctambules comme Henry Miller, Raymond Queneau ou Léon-Paul Fargue …

En 1932, il écrit: "C'est pour saisir la beauté des rues, dans la pluie et le brouillard, c'est pour saisir la nuit de Paris, que je suis devenu photographe."

Et quel photographe ! Un homme sans cesse à la recherche d'images toujours plus insolites, plus inquiétantes, traçant des silhouettes interlopes du pavé parisien sous la lumière incertaine d'un réverbère.

Avec Brassaï, puisse que vous aviez compris que c'était de lui qu'il s'agissait, ce Paris arpenté nuitamment, devient la capitale mondiale du rêve et de la poésie. Amoureux de cette ville, on comprend qu'il veuille la protéger lorsqu'il écrit, la même année: " On est en train de tuer l'âme de Paris; sous prétexte de supprimer des îlots insalubres, on abat ce qui faisait le charme de la capitale; sous prétexte de dégager des monuments, on démolit les rues qui leur donnent un sens. A tout prendre, j'aimerais qu'on démolisse les monuments et qu'on respecte les rues. Il n'y a pas de musées pour les rues."

Presque quatre-vingt ans plus tard, ces mots restent d'une brûlante actualité, et c'est pourquoi Parisperdu veut s'associer à cette démarche, à ce regard, à cette pertinente acuité …. Merci Monsieur Brassaï !


>> Gyula Halàsz, dit Brassai : "Paris, Avenue de l'Observatoire" 1934.

>> "Paris la nuit" de Brassaï, 1932 - Préface de Paul Morand: "La nuit n'est pas le négatif du jour".

 

 

 

 

Voir les commentaires

…

La passerelle du Samouraï.

29 Mai 2010, 08:28am

| 

Publié par barreteau

Passerelle de la gare du Boulevard Masséna- Paris 13ème - Juin 1996.

 

Au bout de la passerelle, la gare du Boulevard Masséna, une ancienne gare de la ligne de la Petite Ceinture, a encore fière allure. A l'époque, le RER C la dessert encore et cette passerelle est quotidiennement empruntée. La gare sera fermée en décembre 2000 lors de l'ouverture de la toute proche station "Bibliothèque François Mitterrand". Mais le site n'a pas été définitivement condamné et les quais sont maintenus en l'état, … au cas où une réouverture se justifierait.

Le cinéma a largement exploité le lieu. En 1967, Jean-Pierre Melville, y tourne une scène de son film "Le Samouraï", dont Alain Delon tient le rôle principal de Jef Costello. La scène où Jef vient toucher son argent pour le meurtre qui lui a été commandé, se passe sur cette passerelle métallique, surplombant les voies ferrées.

Mais là aussi, la monstrueuse avenue de France est venue bouleverser ce paysage de marge urbaine qui n'en demandait pas tant.
La gare Masséna, qui a été abondamment squattée, est aujourd'hui en piteux état. La passerelle est maintenant inaccessible … et, dans cet environnement de friches, tout cela sent la fin d'un monde, comme un ultime combat, … un combat perdu d'avance par le Samouraï.



>> La gare Masséna, une friche urbaine.

>> Le Samouraï, un film réalisé par Jean-Pierre Melville, en 1967.


Voir les commentaires

…

Atelier clandestin.

25 Mai 2010, 08:54am

| 

Publié par barreteau

Rue Emile Duployé - Paris 18ème - Juin 1997


Normalement, la porte est toujours fermée, et à l'intérieur, la lumière est toujours allumée.
Rien ici ne signale l'existence d'un atelier de confection de vêtements. Sauf peut-être, collées sur la vitrine, deux photos extraites d'un magazine et montant des mannequins de haute couture.

Rue Emile Duployé, c'était un petit secret que pourtant tout le monde connaissait : un atelier clandestin se tenait-là, en bordure de rue et non pas là où s'installent ordinairement les ateliers clandestins, c'est à dire au fond d'une cour ou d'un passage caché et difficilement accessible. Trouver un atelier de ce genre avec "pignon sur rue", était en effet très étrange.

Dans l'atelier, diverses nationalités de travailleurs confectionnent des vêtements, probablement pour le compte de petites et de grandes marques du quartier du Sentier à Paris. Au début, ce n'étaient que des Chinois. Puis au bout de quelques temps, on a vu y entrer des kurdes, des Pakistanais, des Sri-lankais, ...

Par quel hasard, la porte était-elle restée entre-ouverte aujourd'hui?
L'air de rien, je l'ai poussé un peu plus et ai eu le temps d'apercevoir cinq ou six machines à coudre ainsi que de grandes piles de vêtements. Puis quelqu'un a violemment repoussé la porte en délivrant, dans une langue qui m'était inconnue, ce que j'ai pris pour un juron ...

Peu après, un colosse de type asiatique est sorti sur le pas de la porte, grommelant d'autres mots et jetant un œil noir en ma direction et surtout envers mon appareil photo. Je m'éloignai rapidement.

Le mois suivant, passant à nouveau par la rue Emile Duployé, je constate que le décor à changé. L'atelier est semble-t-il définitivement fermé, la lumière est éteinte, toutes les vitres sont passées au "blanc d'Espagne". Seules restent sur la vitre, les pages du magazine de mode.
L'atelier aura sans doute déménagé un peu plus loin dans le quartier ...


Aujourd'hui, la rue a été complètement bouleversée mais l'immeuble de l'atelier clandestin est encore là. Il semble attendre patiemment son inéluctable destruction ...



>> Atelier clandestin (Document INA)

>> La transformation de la rue Emile Duployé (Vue de nuit. Juin 2005)

 

 

 

 

Voir les commentaires

…

" Mon point central, c'était la place des Fêtes ".

20 Mai 2010, 16:19pm

| 

Publié par barreteau

La place des Fêtes,  novembre 2009 -  Paris 19ème


Ce billet est publié à l'occasion du 150ème anniversaire du 19ème arrondissement. Plus particulièrement, il est destiné à accompagner le concours photo: "D-Clic-19 : Mon quartier Place des fêtes" qui se déroule, jusqu'au 8 juin, dans le cadre de cette manifestation.

Pour cet évènement, nous vous proposons de faire un petit retour en arrière grâce à Paul Adnot, un ancien résident du quartier, qui nous relate l'ambiance populaire, animée et chaleureuse d'un Belleville aujourd'hui disparu.

"Flash-back" donc, avec Paul:

"J'ai été deux fois déraciné.
J'aimais la campagne, j'étais habitué au grand air, aux champs, et on m'a ramené à Paris, dans cette ville incroyable, j'étais perdu, affolé, on m'a mis à l’école avec des instituteurs qui étaient des peaux de vaches.
La deuxième fois que j'ai été déraciné, c'est quand ils ont foutu notre quartier en l'air. Tout le monde se connaissait avant : c'était un village, c'était notre campagne à nous. Ce n'est pas comme maintenant, on passe à côté des gens sans les voir, personne vous voit, vous voyez personne non plus. Mon point central, c'était la Place des Fêtes quand j’étais gosse : il y avait des baraques foraines dans le "square Monseigneur Maillet", il y avait la fête, des parades foraines. Le dimanche, les cafés étaient pleins; ils restaient ouverts jusqu'à près de minuit : bien sûr, il y avait quelques ivrognes… L'été, on sortait du boulot, on avait soif, on allait boire un pot chez Dupont, au coin de la rue Pré-Saint-Gervais et de la rue Compans.

Puis ça a commencé avec les types qui ont commencé à prendre les métrés, les géomètres, puis après, on a vu arriver les engins avec leurs grosses boules d’acier qui abattaient les murs. Les premiers bâtiments construits sont les "paquebots" de la rue de Bellevue. Après, ils ont foutu en l'air l’école de garçons : j'en ai bavé dans cette école, mais ça m’a fait mal au ventre quand ils l'ont démolie, c'était mon passé. Quant à moi, j'habite dans des HBM (habitations bon marché), les HLM d'autrefois qui ont été construits en 1921 et finis en 27. J'avais un oncle, peintre en bâtiment : quand il a vu mon appartement, il n'en revenait pas : vous vous rendez compte, les W-C. chez soi ! Or, on ne savait pas ce qu'ils allaient construire... Quand on a vu la hauteur des constructions alors là, ça nous a déchirés ! C'était affreux... Quand on sortait du métro, tous les gens s'arrêtaient, regardaient, et comptaient les étages en espérant chaque jour qu'ils s’arrêteraient. Par rapport à ce qui était prévu, ils ont changé quatre fois de plans, mais les tours y étaient toujours. Pas mal de gens sont partis en banlieue  (ceux qui ont été expulsés); d’autres ont été relogés près des casernes entre la Porte des Lilas et de Bagnolet : c'est pas beau, je voudrais pas y habiter.

Alors une nouvelle époque est née, et sont apparus les frigidaires, les télévisions, tout le confort, quoi ! J'avais un copain d’enfance, on allait le voir tous les vendredis soir. On arrive : Oh !... Il s'était acheté un frigidaire ! Le lendemain, on achetait un frigidaire. Un soir on arrive, il avait acheté la télé : c'est pas vrai ! Moi, je l'ai acheté un ou deux ans plus tard. Mais çà a été dommage : on était collé dessus ! Vous vous rendez compte : le cinéma à domicile, on se dérange plus !... Maintenant, je suis plus sélectif, je ne regarde pas n’importe quoi ".
 

Paul  Adnot nous livre-là le témoignage authentique d'une époque. Il a connu les taudis de Belleville, les miséreux, la face sombre de la condition ouvrière d'alors, contre laquelle luttait quotidiennement cette belle convivialité, faite de solidarité, d'entraide et dont il faut bien voir, derrière son aspect plaisant, qu'elle constituait une technique collective de survie, difficile à retrouver aujourd'hui malgré notre "crise" actuelle qui n'est pas comparable, même de loin, sinon peut-être au plan psychologique.

Si cette ambiance Bellevilloise, désormais mythifiée, nous apparaît comme un passé irrémédiablement perdu; il est heureusement des gens qui, aujourd'hui encore, continuent à créer du lien entre les habitants de ce 19ème arrondissement, si vivant, si attachant …
Alors merci à eux et, bon anniversaire à la Place des Fêtes !




>> Le 19ème arrondissement fête ses 150 ans : Concours Photo.

>> La place des Fêtes, déjà sur Parisperdu.


>> Voir aussi : "Ce n'est vraiment pas la fête ... !"



 

Voir les commentaires

…

Des filles bien.

17 Mai 2010, 08:30am

| 

Publié par barreteau

Rue Marx Dormoy,  Paris 18ème.

 

Lorsque j'ai croisé Camille et Nacira, rue Marx Dormoy, j'ai parié qu'elles étaient du quartier et donc qu'elles pourraient me renseigner sur mon itinéraire.

La conversation fut tout de suite amicale, mais elles ont refusé que je les prenne en photo, ou alors : "de dos, si vous voulez, car ici on est surveillées" m'ont-elles dit.
Surveillées, mais par qui, et pourquoi ? "Par les garçons pardi", ont-elles répondu en cœur!
Alors ici, même si l'on n'est pas en banlieue, ce serait donc quand même un peu la loi des cités?

 

Oui, mais sauf qu'à Paris, les filles sont en voyage. La structure de la ville est ainsi faite que leur coiffeur est à Marx Dormoy, les boîtes de nuit dans le quartier d’à côté, le lycée à plusieurs kilomètres de chez elles, et le cinéma à Gambetta.

Ainsi dans tous les cas, Camille, Nacira et leurs copines peuvent aisément circuler en métro ou en bus, et elles ont de bonnes motivations de le faire, c’est-à-dire des motivations qui les protègent de toute suspicion de la part des garçons : elles vont quelque part, pour faire quelque chose de dicible et de légitime.

Qui plus est, une fois passées deux ou trois stations de métro, elles s’engouffrent dans la masse anonyme, et deviennent beaucoup moins contrôlables que dans les cités de banlieue.

Camille et Nacira ont une scolarité satisfaisante, leur famille les responsabilise, elles ne touchent pas à la drogue. Leurs loisirs sont "bon enfant", elles ont de petits amis mais "ça leur prend pas trop la tête". Déjà elles se projettent dans la vie professionnelle au travers de stages et d'activités parascolaires.
Camille et Nacira, parisiennes ordinaires d'un quartier populaire, sont des filles bien.




>> Voir aussi sur Parisperdu : "La fille de Bercy".


 

 

 

Voir les commentaires

…

" Photographier, c'est une façon de vivre ".

13 Mai 2010, 09:26am

| 

Publié par barreteau

©Henri Cartier Bresson :Extrait de son carnet de croquis parisiens.

 

 

C'est  Henri Cartier-Bresson, HBC pour les intimes qui parle :

"L'appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l'instrument de l'intuition et de la spontanéité, le maître de l'instant qui, en termes visuels, questionne et décide à la fois.

Pour "signifier" le monde, il faut se sentir impliqué dans ce que l'on découpe à travers le viseur. Cette attitude exige de la concentration, de la sensibilité, un sens de la géométrie. C'est par une économie de moyens et surtout un oubli de soi-même que l'on arrive à la simplicité d'expression.

 

Photographier : c'est retenir son souffle quand toutes nos facultés convergent pour capter la réalité fuyante ; c'est alors que la saisie d'une image est une grande joie physique et intellectuelle.

 

Photographier : c'est dans un même instant et en une fraction de seconde reconnaître un fait et l'organisation rigoureuse de formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait.

 

C'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'œil et le cœur.
C'est une façon de vivre."



>> L'expo Cartier-Bresson au Moma, à  New York. Jusqu'au 28 juin 2010. 

>>
Henri Cartier-Bresson en globe-trotteur insaisissable.

>> Parmi les merveilles peu vues :"Paris 1955".

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Henri Cartier-Bresson, Paris à vue d'œil."

>> Et aussi : "Doisneau chez son complice Cartier-Bresson".

 

 

 

 

 

Voir les commentaires