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PARISPERDU

Paris by-night.

13 Février 2010, 10:41am

Publié par barreteau


Les fêtards de la nuit se plaignent. La vie nocturne serait en train de mourir à Paris. Technopol, une association de "clubbers" cherche à mobiliser le monde de la nuit autour d'une pétition en forme de cri d'alerte. Son slogan: "La nuit meurt en silence", agrémenté d'une affichette tendant à montrer que la vie nocturne européenne est maintenant à rechercher à Londres, à Barcelone, à Prague ou à Berlin …. mais en aucun cas à Paris.

Le fait n'est pas nouveau. Déjà dans les années 90, Manu Chao et la Mano Negra, dans une chanson intitulée "Ronde de nuit", nous ne nous disaient-ils pas : "Au cœur de la ville endormie reposent des millions de gens soumis, sans personne pour hurler la nuit …"?

Ah, il est loin le bon temps des boites à Pigalle (le Bus Palladium, en tête), avec tout le monde mélangé : noirs, arabes, juifs, gays, et tous les autres … Maintenant, chaque communauté a ses endroits ghettos et … t'as pas intérêt à te tromper d'adresse !
Au lieu du vivre ensemble, nous choisissons l'entre soi.

Mais aujourd'hui, la situation s'est compliquée et les exploitants des "boites de nuit" disent ne plus pouvoir supporter les pressions qu'ils subissent dans la gestion des problèmes de nuisances sonores. Car comment concilier, en ville, la tranquillité des uns avec l'activité des autres ?

Plus récemment encore, la situation s'est à nouveau dégradée avec la mise en œuvre de la loi anti-tabac qui a poussé une partie du public à passer beaucoup de temps à l'extérieur des établissements, cette occupation des trottoirs troublant encore plus le voisinage.

Des fermetures administratives, provisoires ou définitives, en ont résulté et les pertes de licence ou d'autorisation de nuit (au-delà de 2h) sont nombreuses, sans parler des amendes parfois très lourdes.

Ce n'est donc pas la première fois qu'on annonce la mort imminente de la nuit parisienne.
Mais la fête n'est pas la seule façon de se divertir, et il y a une vie nocturne parisienne hors des clubs et autres boîtes.  "Paris capitale de l'ennui", ne serait-il pas le sentiment de professionnels en mal de recettes, et de "clubers" blasés qui ne vivent que dans le monde illusoire et superficiel des fêtes où avant tout, il faut être vu ?

Il y a tant d'autres choses à faire à Paris, d'autres lieux à fréquenter, de jour comme de nuit : des restos, des troquets, des concerts, des théâtres et des cinémas ou plus simplement des balades urbaines où l'on peut savourer la blancheur de la nuit parisienne.

Celui qui n'est jamais rentré au petit matin, lorsque les premières lueurs du jour commencent à se  mélanger à celle des réverbères, assis à l'arrière d'un taxi fonçant dans des avenues désertes, avec en fond sonore Jacques Dutronc et les notes aigrelettes de la flûte traversière jouant "Il est 5 heures Paris s'éveille", celui-là ne peut pas comprendre la magie de l'instant, … la magie d'une nuit à Paris.



>> Manu Chao et la Mano Negra : "Ronde de nuit".

>> Paris Nightlife , le nouveau portail Internet la Mairie de Paris.

>> Jacques Dutronc : "Il est 5 heures Paris s'éveille".



 

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King Kong est de nouveau dans la ville !

9 Février 2010, 09:04am

Publié par barreteau

©Photo:  Raul Manrupe

 

Au détour d'une célèbre avenue, c'est le choc …

Le choc d'une photo aussi monstrueuse par ses dimensions… que par son esthétisme.

 

Pourquoi cette actrice se donne-t-elle des allures de King Kong dans notre paysage urbain ? …
Pour les besoins de la sacro-sainte "Pub", … bien sûr. Mais ici, cette ambassadrice d'une marque de cosmétiques semble véritablement hanter la ville … tel le célèbre gorille.

 

Laissons finalement, la belle et la bête au rayon des horreurs … urbaines !

 

 

 

>> Voir l'animal monstrueux, dans le même registre …



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Rue du Javelot.

5 Février 2010, 10:45am

Publié par barreteau


Pour les photographes parisiens, la rue du Javelot serait-elle devenue "la nouvelle rue Watt" ?

Peut-être bien, car on y retrouve l'atmosphère particulière des rues sous-terraines, à la fois glauques mais envoûtantes, effrayantes mais terriblement esthétiques.

La rue du Javelot est une vraie rue de la ville de Paris. Souterraine, ses entrées ressemblent plutôt à des entrées de parkings, l'éclairage y est médiocre... et partout fleurissent des panneaux de stationnement interdit, avec l'immanquable pictogramme signalant l'enlèvement du véhicule en cas d'infraction.

 

Dans cette rue, beaucoup de petites choses qui seraient, ailleurs, sans importance deviennent ici complètement hallucinantes. Ainsi, vous y rencontrez des gens qui préfèrent faire leur jogging dans ce lieu clos et sinistre plutôt que dans le parc de Choisy à seulement quelques minutes de là, ou des amoureux qui passent leurs après-midi dans ce souterrain, à coté des poubelles …

 

Les enseignes des boutiques ressemblent peu à celles d'une rue commerçante, et pourtant, contrairement aux apparences, la rue du Javelot est une rue commerçante, et même très commerçante. Seulement ici, les commerces n'ont pas conquis le droit à des vitrines, à des néons, à de pimpantes couleurs … Rien n'est fait pour inciter le client à pousser la porte …

Ainsi, au 44, c'est le "Sieu-Thi Viet Nam", l'entrée d'un supermarché vietnamien, sa porte en tôle ondulée n'encourage pas à venir y faire ses courses.

Puis, au 58, c'est "Pasta et Basta", un restaurant italien sans doute caché derrière une porte au fond d'un sas faïencé; mais là non plus, on n'a pas très envie de s'attarder.

Plus loin, deux portes: l'une pour l'escalier, l'autre pour l'ascenseur, à moitié dissimulées derrière des containers-poubelle : c'est l'entrée du "47, rue du Javelot, 75013 Paris". Tout près, une boîte à lettre pour cette adresse improbable, située au milieu de nulle part …

Enfin, au 42, l'atmosphère ne semble pas très saine non plus, c'est pourtant l'adresse de la crèche collective. Mais elle est en travaux de déconstruction et de désamiantage !

 

Certaines démarches d'urbanistes érigent parfois la modernité en absurdité la plus totale …
Si vous n'en n'êtes pas convaincus, allez donc faire un tour rue du Javelot.

 

 

 

>> Voir aussi : "Dalle ou dédale des Olympiades ?"

 

 

 

 

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La vaine lutte du luthier.

1 Février 2010, 09:56am

Publié par barreteau

Photos:

1. Bernard quitte définitivement son atelier.
2.
Rue des Partants, béance des terrains vagues et commerces fermés.
3.
L'Atelier de Bernard, luthier, 26 rue des Partants Paris 20ème(1996).

 

Aujourd'hui, Bernard quitte son atelier, le cœur lourd.

Ce soir est le dernier soir … c'est le "clap" de fin.

Demain il reviendra, mais ce sera uniquement pour terminer le déménagement de son atelier. Et il n'y aura plus de luthier, rue des Partants.

 

Bernard était "théoriquement" expulsé depuis déjà deux ans. Il savait bien que ce jour finirait par arriver … Il savait bien que le quartier était condamné, que son atelier allait être rasé, comme tout le côté pair de la rue Gasnier-Guy et de la rue des Partants.
Aujourd'hui, ce jour est arrivé, et cela fait encore plus mal qu'il aurait pu le croire.

 

Pourtant longtemps, avec ses voisins, il a lutté pour repousser l'échéance. Il a adhéré à plusieurs associations de défense : celle du quartier des Amandiers dans les années 70, celle de la rue des Mûriers dans les années 80, puis enfin celle de la rue des Partants dans les années 90 … Mais, au bout du compte tout cela a été vain, le résultat a toujours été le même : inéluctablement les bulldozers ont toujours eu raison des immeubles et … des associations de défense du quartier.

 

Alors aujourd'hui, Bernard quitte sa rue des Partants, une rue au nom prédestiné …

Et, il n'est  pas étonnant qu'il parte ainsi, le dos voûté, l'esprit songeur, morose, désabusé…
 

Demain ou après-demain, tout sera détruit … son atelier, son travail, ses souvenirs, une grande partie de sa vie, … tout va disparaître en un instant.

 

 

 

>> Autre lieu, autre luthier …

 

 

 

 

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Friches et bâtis condamnés de l'Est parisien.

28 Janvier 2010, 09:48am

Publié par barreteau

Quartier du Plateau –Paris 19ème – Juin 1995

 

Dans certains quartiers de l'Est parisien, le paysage est parfois majoritairement composé de friches et de bâtis condamnés. Ces deux formes de scarification de la cité  - qui sont les causes autant que les symptômes d’un certain malaise - déstabilisent l’œil du citadin.

 

Les friches, parfois immenses, creusent alors de larges béances et mettent à mal la définition de Georges Perec, " l’alignement parallèle de deux séries d’immeubles détermine ce que l’on appelle une rue ". Les rues de Belleville, de Ménilmontant ou d'ailleurs … doivent se débrouiller autrement.

 

Ces friches résultent souvent d’immeubles d’habitation tombés les uns après les autres au cours d'un long processus s'étalant parfois sur une dizaine années, et semblent constamment menacer les immeubles plus ou moins dégradés qu’elles encadrent.

Les fenêtres aveugles, les portes condamnées, et les grilles abaissées de commerces abandonnés, sont l’exact pendant des friches. Car l’obstruction verticale de ce bâti clos répond à la béance et à l’horizontalité des terrains vagues.

 

Il est difficile de connaître ce qui, dans l’histoire de chacun de ces immeubles, a conduit à sa fermeture partielle, totale, puis à sa démolition. La question “ À qui le tour ? ” semble rebondir entre les pans des constructions demeurées debout. Ces murs mis à nu, dévoilant leurs flancs de tapisseries intimes, sont, au-delà de leur fragilité, d’une indécence criarde.

Néanmoins le paradoxe est que ces friches constituent souvent les rares zones de respiration et parfois les seuls espaces verts de la ville …

 

Dans les secteurs où il reste encore des  immeubles debout, des ménages très modestes s’y entassent. Tous sont dans des logements souvent exigus, dégradés, partiellement murés et parfois dénués du confort sanitaire le plus élémentaire. Cela n’empêche pas les loyers d’être exorbitants puisque ces appartements sont loués à des tranches de population qui n’ont concrètement aucune possibilité de se loger ailleurs …

Jusqu'au jour où ce bâti, condamné, sera finalement détruit et où il faudra bien y aller … ailleurs, … et souvent cet ailleurs est loin, très loin de la ville.

 

 

>> Parisperdu et les démolitions urbaines.

 

>> "Démolition, reconstruction, la ville en chantier ..."

 

>> "Démolition des murs ... démolition des vies."

 

>> "De l'autre côté de l'amer."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Izis, Paris des rêves .

24 Janvier 2010, 12:09pm

Publié par barreteau

 

Sur les quais de la Seine, Petit Pont. Crédits photo : © IZIS Bidermanas


Avec cette exposition-rétrospective de l'œuvre de IZIS, un accrochage de quelques 270 photographies, la Mairie de Paris entend rendre hommage à un photographe encore trop méconnu. Pourquoi ce titre "Paris des rêves" ?  Pour moi, indiscutablement c'est parce que Izis rime avec onirisme …

 
L'exposition présente toute la palette de celui qui fut à la fois artiste et reporter, grand portraitiste et flâneur aux aguets. De son œuvre protéiforme, on retiendra surtout le volet parisien - qui fait l'éloge du rêve et de la lenteur au cœur de sa ville d'adoption, une œuvre qui révèle la diversité, l'originalité et la modernité de son travail.

Izis nous donne une image poétique du Paris populaire : les rues et les quais de la Seine, les enfants et les amoureux, les fêtes foraines et les gens du cirque, les ouvriers et les vendeurs de muguet, etc ...
On l'aura compris c'est un photographe humaniste qui nous est dévoilé à l'Hôtel de Ville, un photographe à l'égal des plus grands photographes-amoureux de Paris: Willy Ronis et Robert Doisneau.

Mais trente ans après sa disparition, en 1980, Izis demeure moins célèbre que ses compagnons d’alors.
Willy Ronis, lui-même se scandalisait de "cette mise au purgatoire" des photographies d’Izis dont il vantait la démarche esthétique.
A
voir absolument.



>> "Izis, Paris des rêves". A l'Hôtel de Ville - Paris 4ème, jusqu'au 29 Mai 2010. 

>> Déjà sur Parisperdu: "Izis, de Paris et d'ailleurs" …


>> … et aussi, "Sur les pas d'Izis".

 




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Travailleuses du trottoir .

20 Janvier 2010, 09:35am

Publié par barreteau

Quelque part, sur les Boulevards des Maréchaux, le 23 Juin 2004 à 00 heure 43.

 

Dans le 18ème, où l'on a dénombré jusqu'à 350 prostituées sur les boulevards des maréchaux, la récente loi qui réprime le racolage, a bien modifié le paysage.

 

Mais la loi n'a pas supprimé la prostitution, bien au contraire … Dans un premier temps, elle l'a simplement reléguée loin des regards, dans les confins des bois, sur les  terrains vagues … puis finalement, la prostitution s'est repliée dans les appartements, les hôtels de tout standing, les fausses agences matrimoniales, les bars à hôtesses et les squats.

 

Depuis la mise en vigueur des lois sur la sécurité intérieure, la préfecture de police a procédé à plus de 3 000 gardes à vue de prostituées, plus de 1 000 présentations à la justice, à quelques 550 rétentions administratives, et 250 reconduites à la frontière !

 

Aujourd'hui, c'est une répression policière impitoyable qui s'est abattue sur la cohorte des travailleuses du trottoir … mais pour les réseaux et les proxénètes, les affaires continuent …

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Extérieur nuit".

 

 

 

 

 

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Stalingrad.

16 Janvier 2010, 10:54am

Publié par barreteau


Le nom sonne un peu comme celui émis par le bourdon de Notre-Dame … lourd, grave, un peu sinistre. Il évoque quelque lointaine contrée russe où l'on s'est beaucoup battu. C'est aussi la ville d'un grand dictateur, un personnage si sanguinaire que là-bas, on a fini par rayer son nom de la carte et on a rebaptisé la ville d'un nom plus léger, plus doux, à la sonorité aérienne : Volgograd !


A Paris, la dénomination de Stalingrad est communément associée à une station de métro et à son environnement immédiat, mais en fait, il s'agit d'un quartier assez vaste, aux confins des 10e, 18e et 19e arrondissements.
Le boulevard de la Villette, surplombé par l’imposante structure métallique du métro aérien, constitue la limite visible de ce quartier.

 

A Paris aussi, Stalingrad a une lourde réputation à porter. Le quartier est, en effet, l'un des hauts lieux de la vente et de la consommation de drogues.

A Stalingrad, la came empoisonne la vie : celle des résidents comme celle des consommateurs. Elle est présente dans tous les lieux publics, en particulier dans les interstices laissés vacants dans la ville ; elle accapare l’espace, suscite de multiples scènes de violence entre les différents protagonistes – dealers, usagers, policiers – et produit une délinquance au quotidien.

 

Pourtant, dans un secteur qui constitue l’un des derniers îlots du nord-est parisien laissés à l’abandon et où l'ambiance est particulièrement pesante, une fenêtre de légèreté, une porte d'espoir s'est ouverte en mai 2007 avec la création des Jardins d’Éole.

Derrière cette étiquette bucolique se cache une opération qui va sans doute à terme transfigurer Stalingrad. Car les jardins d’Eole, qui s’étalent tout de même sur 4 hectares, viennent combler l’absence quasi totale d’espace vert digne de ce nom dans le 18e arrondissement.

 

Certes, le lieu n’est pas forcément gâté, coincé entre les voies ferrées menant à la gare du Nord et la rue d’Aubervilliers, rue appelée à être redynamisée et remise en valeur, mais encore très fréquentée la nuit par les dealers.
Pour ce qui est du jardin paysagé, il est certain que la proximité des voies ferrées peine à se faire oublier, malgré la présence d’une butte qui les occulte quelque peu. Une partie des jardins restant ouverte 24 heures sur 24, l’objectif non caché est de permettre aux riverains, par leur présence le soir et la nuit, d'inciter les dealers de la rue d’Aubervilliers à renoncer à leur trafic.

 

Soyons patient. La nature doit encore grandir et donnera, espérons-le, à ces Jardins d’Eole, un petit air de parc de la Villette...

Alors Stalingrad sera devenu un quartier plus respirable.


 

>> Vue des jardins d'Eole.

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Etrange banalité ..."




 

 

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Ce monde n'a pas totalement disparu.

12 Janvier 2010, 15:45pm

Publié par barreteau



Au détour d'un précédent billet, parcourant la Villa des Lyanes, dans le 20ème, je faisais ce constat : "Ce monde a disparu …!"

En effet, dans les années 80, la Villa abritait encore un nombre considérable de petits ateliers d'artisans : des serruriers, des ferronniers, … s'affairaient ici. Des métiers dont aujourd'hui notre économie mondialisée n'a plus que faire.

Et maintenant, tout cela a disparu, la Villa a été nettoyée, récurée … par les promoteurs immobiliers qui ne raisonnent qu'en volumes … proportionnels à leur rentabilité.

Pourtant, si vous pénétrez aujourd'hui dans la Villa des Lyanes, un détail subsiste …  insolite, anachronique, décalé. Un petit édifice au toit de tuiles rouges avec sa potence électrique d'un autre âge … est resté en place, inchangé, intact.

Pourquoi, par quel miracle ce "confetti immobilier", hors du temps, hors de propos dans cet espace de banale modernité, a-t-il survécu ?
Un propriétaire, réfractaire aux promotions immobilières, aurait donc réussi à conserver son bien et à garder cette infime trace du passé … ?

Finalement, non, ce monde n'a donc pas totalement disparu …



>> Voir sur Parisperdu : "Ce monde a disparu".

 

 

 

 

 

 

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Piéton de Paris.

8 Janvier 2010, 10:42am

Publié par barreteau

Fabio Reti   "Le piéton des Halles" (1975): Mur peint dans le quartier des Halles à Paris. ...

 

"Jamais je n'ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi que dans mes voyages que j'ai fait seul et à pied", raconte Jean-Jacques Rousseau dans ses Confessions.

 

Mais aujourd'hui, à Paris, pourquoi marcherait-on encore ?

 

Pour s'aérer l'esprit, pour découvrir de nouveaux lieux, pour renouer avec l'histoire et le patrimoine, pour réaliser de nouvelles rencontres avec des amoureux de leur cité … ?

Il y a mille et une raisons de partir parcourir les quartiers calmes de la capitale, lorsque le bruit, la vitesse et la foule qui s'agite autour de vous, finissent par vous prendre la tête.

Alors lâchez tout et partez prendre l'air sur les hauteurs des quartiers Est de la capitale. Partez arpenter les rues isolées et les impasses désertes, car comme disait Jacques Lanzmann - grand marcheur devant l'éternel : "On ne voit bien qu'avec ses pieds".

 

 A Belleville, à Ménilmontant, mais aussi à Charonne ou aux Batignolles, vous allez pouvoir aller au bout de vous-même, vous émerveillez de toutes ces petites choses qui surgissent au hasard des rues, tout en vous laissant gagner par une merveilleuse sensation de liberté.


Le temps ne passe plus. Il vous attend.
Alors laissez-vous emporter par ce Paris, … l'authentique, le vrai Paris !

 

Billet dédié à Nadège, elle se reconnaitra …

 

>> Déjà dans Parisperdu, Jean-Jacques Rousseau : "Rêveries du promeneur solitaire".

 

>> Le Piéton de  Fabio Reti  "in situ" …

 

 

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La cabine téléphonique, une espèce en voie de disparition.

4 Janvier 2010, 10:57am

Publié par barreteau

 


Cage en verre et profilés en aluminium, les fameuses cabines téléphoniques dites "modèle de Paris", ont un look inchangé depuis les années 1980. Elles font partie du paysage urbain et nous ne les remarquons presque plus, tellement nous y sommes habitués.

Mais aujourd'hui, elles sont réellement menacées … et beaucoup ont déjà disparu des rues de la capitale. Souvent vandalisée, désormais peu utilisée, la cabine sera déposée, c'est-à-dire  supprimée, si son temps d'utilisation n'atteint pas cinq minutes par jour sur une période d'un an.

Bien sûr, la vraie raison du désamour de ses utilisateurs est l'explosion, au cours les dix dernières années, du nombre de possesseurs de téléphones portables. Et aujourd'hui, l'usage d'un publiphone est devenu très marginal: là où le portable ne passe pas, s'il est déchargé, ou si … tout bêtement on l'a oublié chez soi !

Il y a une cabine tout près de chez moi, et c'est vrai qu'il n'y a jamais personne à l'intérieur. Sauf ce matin, où j'y ai vu quelqu'un … Oui, un homme dans la cabine, et de surcroît … qui téléphonait. Mais, en y regardant de plus près, … il appelait avec son portable !
Ce matin, il pleuvait si fort que cet abri était sans doute, pour lui, plus que bienvenu …



>> En reste-t-il une près de chez vous ?

>>
Les cabines téléphoniques, vedettes de la Nuit Blanche 2005.

 

 

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Meilleurs voeux ... !

31 Décembre 2009, 18:53pm

Publié par barreteau

 
Une année s’est écoulée, une autre frappe à la porte avec ses lendemains à découvrir ensemble sur Parisperdu.
Que 2010 soit, pour tous ceux qui aiment Paris, une bonne et belle, une excellente et agréable, une heureuse et joyeuse, une douce et exquise année …

 

 

 

 

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La photo humaniste a-t-elle un avenir ? (3/3)

27 Décembre 2009, 18:12pm

Publié par barreteau

 

Les amoureux de la rue Etienne Marcel – 75001 Paris – Juin 2005  

 

On peut effectivement se poser la question : la photo humaniste ne serait-elle pas déjà morte ? D'ailleurs, aucun nom de photographe humaniste de moins de 50 ans ne me vient spontanément à l'esprit ...  Aujourd'hui, la photographie ne serait-elle pas déjà passée à un stade plus conceptuel ?

 

Sans doute, … mais si les Doisneau, Ronis, Izis, Boubat … sont morts, la photo humaniste elle, se doit de vivre car elle est, selon moi, l'un des vecteurs principal d'émotions en photographie ! Mais peut-être faut-il pour cela que les deux "camps" précités (le photographe et le photographié) arrêtent de se voir en ennemis et de s'incriminer...

 

Respect et confiance, voilà ce qui est nécessaire.

Il faut que le photographe respecte le sujet (il ne serait rien sans lui après tout), respecte le contexte de l'image, sans essayer de la détourner et conserve une certaine éthique.

Il faut en même temps que le sujet fasse confiance au photographe quant à l'utilisation de son image et à sa diffusion.

 

Dans un "monde idéal", les deux "camps" doivent arriver à s'abstraire de la notion d'argent. Le photographe doit agir dans une démarche purement artistique et le sujet ne doit pas redouter qu'on fasse de l'argent sur son dos pendant que lui n'en retire rien.

Alors, ... dans ce "monde idéal", la photographie humanisme vivrait !


Oui... sauf que dans le "monde réel": respect, confiance et désintérêt pécuniaire sont en perte de vitesse, ce qui peut nous rendre assez pessimiste sur l'avenir de la photo humaniste...



>> Voir aussi sur Paris perdu : "La photographie humaniste a-t-elle encore un avenir ... ?"


>> Voir aussi : "La photo humaniste a-t-elle un avenir ? (2/3)"

 

 

 

 

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La photo humaniste a-t-elle un avenir ? (2/3)

23 Décembre 2009, 09:35am

Publié par barreteau

Animation, rue Mouffetard Paris 5ème -  Mai 2004

 

Dans notre société actuelle où protection et sécurité occupent tant les esprits, le droit à l'image est devenu un exemple typique de toutes les dérives possibles, bien que cette loi soit parfaitement compréhensible en soi. Alors peut-on encore aujourd'hui photographier impunément un "sujet humain" dans la rue ?

 

Le droit de l'image est très précis sur ce qu'il est possible ou non de faire, et pour les photographes amateurs comme pour les professionnels, il est devenu obligatoire de se "protéger" en demandant l'accord écrit de la personne photographiée (idem dans un cas d'une photo de "groupe"). Bien sûr cela est très contraignant, mais heureusement, il y a aussi ce que l'on appelle l'accord "tacite" : la présomption d'autorisation se justifie par la "satisfaction d'un besoin légitime du public à être informé par l'image".

 

Je conçois parfaitement que certaines personnes ne souhaitent pas apparaître sur une photo, une vidéo ou une œuvre picturale … et ce, pour quelque raison que ce soit. Si le photographe a parfaitement le droit de faire son travail artistique, les personnes photographiées ont aussi parfaitement le droit de refuser d'y participer. Il y a droit, devoir et permission pour chacune des parties. Pourtant il est vrai que tant que la personne n'est pas tournée en dérision, ni mise dans une position inconfortable et qu'elle a toute son intégrité, j'ai du mal à comprendre les attaques contre les photographes…

 

Il y a une cinquantaine d'année les gens se souciaient moins de leur droit à l'image, ou tout du moins il n'y avait pas cette parano autour du contrôle de son image qui selon moi s'est développée, non pas à cause de la législation, mais bien plutôt en raison de l'évolution de notre société : les images sont aujourd'hui beaucoup plus facilement diffusées à grande échelle, retouchées, détournées... Et c'est cela qui fait peur aux gens, ils ne veulent pas que leur image leur échappe, une image qu'ils considèrent comme une part de leur personnalité (une version moderne de la croyance ancienne selon laquelle lorsque le photographe prend la photo d'un modèle, il lui vole son âme). Il est vrai que de nos jours, le culte de l'image, son utilisation, voire sa manipulation,  atteint de tels sommets qu'il ne faut pas s'étonner de voir quelques réticences quant à la diffusion de certains clichés.

 

L'importance que l'on accorde aujourd'hui à l'image, et le relais potentiel que peut jouer une simple photographie entre un sujet anonyme et son accès à la notoriété dans des conditions qu'il ne gère absolument pas; font que le contrôle de l'image , le contrôle de sa diffusion sont devenues une nécessité pour éviter certains excès ...

 

L'image étant devenu un tel marché, il est compréhensible qu'un "sujet humain" pris dans la rue veuille contrôler la diffusion de son image, au risque de tomber dans un excès de protectionnisme et ce, … au grand dam des photographes humanistes.

 

A suivre …

 

>> Voir aussi : La photo humaniste a-t-elle un avenir ? (1/3)

 

 

 

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La photo humaniste a-t-elle un avenir ? (1/3)

19 Décembre 2009, 10:08am

Publié par barreteau

Rue de l'Université  - Paris 7ème -  octobre 2008

 

Avant de partir, Willy RONIS nous a donné sa définition de l'école humaniste : "C'est le regard du photographe qui aime l'être humain"…
Il ajoutait aussi : "Je suis un photographe de la vie quotidienne, de ce que l'on voit en circulant dans la ville. Je regarde les gens, j'ai envie de les photographier et de creuser un peu ce qu'a été leur vie".

Circuler dans la ville, regarder les gens et les photographier … oui, bien sûr … mais est-ce encore possible aujourd'hui ?

 

Disons-le tout de suite, pour le photographe d'aujourd'hui, il est devenu difficile d'opérer librement dans la rue. Le niveau des risques encourus est en effet devenu très élevé : regards obliques, quolibets, menaces de représailles, voire violence physique pouvant aller, comme dans les films d'action … jusqu'à la tentative d'extraction de la carte numérique !
Oui, aujourd'hui, la méfiance, la violence, voire la paranoïa  font partie de la vie citadine, et si l'on veut réaliser un reportage objectif, il est nécessaire d'intégrer ces paramètres …

 

Willy Ronis disait "Une photo, ça se mérite..", et  Robert Capa ajoutait : "Si votre photo est ratée, c'est que vous étiez trop loin…". Oui bien sûr, mais ces "grands" photographes qui opéraient dans la rue avaient la chance, à leur époque, de pouvoir le faire avec une réelle liberté et une certaine insouciance. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne se préoccupaient pas d'éviter les situations "glauques", ou les images qui auraient mis leurs sujets en situation défavorable …

Mais leur avantage, leur vraie chance était de ne point avoir, en permanence, au-dessus de leur tête, l'épée de Damoclès du "droit à l'image" qui aujourd'hui oblige à beaucoup de retenue …

 

Alors la photo humaniste va-t-elle mourir ? Devrons-nous à l'avenir nous contenter de travailler en studio, en vase clos, avec des modèles stéréotypés, sans l'improvisation à assumer, sans le hasard à gérer et, finalement sans cette petite mort qui rôde tout près de vous … ?


Je voudrais que le photographe recouvre, aux yeux de la loi, à côté de son "droit à l'information", un peu de son "droit à la création" …

 

A suivre …


>> Le droit à l'image : l'art et l'information avant les "états d'âme".

>> La photo humaniste va-t-elle mourir ? 

>> Déjà sur Parisperdu : "La photographie humaniste a-t-elle encore un avenir ... ?"


>> Déjà sur Parisperdu : "Les Humanistes".


 

 

 

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