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PARISPERDU
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Ne l'appelle-t-on pas Beaugrenelle ?

9 Mars 2010, 10:08am

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Publié par barreteau

Dalle Beaugrenelle –Paris 15ème  –Juin 2005

 

De la rue de Javel, par un petit escalier dérobé, sombre et sale, il vous faudra gravir 39 marches pour arriver à la dalle. Plutôt qu’une dalle, plutôt qu'un grand plateau ouvert, c’est un entrelacs de passerelles réticulées d’où émergent des tours et d'énigmatiques totems. Des jardinières de béton gigantesques sont comme la réminiscence lointaine d’un rêve babylonien.

 

L’espace est délabré, déserté, si ce n’est quelques enfants auxquels s’adresse peut-être le mou revêtement synthétique qui tapisse le sol près d'absconses faïences, fissurées et aux couleurs désuètes. Les façades des tours, assisses sur un socle de béton sec et raide, ont des rictus de masques aux traits saillants. Au pied des trente étages, les réverbères se devinent à peine. Le sous-sol est un enfer où règne l'éclairage à la vapeur de mercure, dont la lueur terne s'échappe des trous creusés dans la dalle.

 

La toux sèche d’un enfant résonne, et des courants d'airs font d'incessants va et vient entre les tours et vos oreilles. Du fleuve on n’entend que la voie express qui le borde, on ne voit que les arbres qui le cachent, on ne sent que le vent qui porte les bruits et les odeurs des voitures.

 

A proximité de la dalle, depuis quelques années déjà, le projet du Nouveau Beaugrenelle, un centre commercial deux fois plus grand que l’ancien, est à moitié réalisé, à moitié en chantier. Quant à la rénovation de la dalle, un projet nettement moins rentable que l'hyper centre commercial, il attendra : la fin des travaux est prévue à l'horizon 2014.

D'ici-là, la dalle gardera l'indicible beauté des ruines, et ses tours la force absurde de la violence. Pourtant son nom est d'une réelle douceur et d'une rare poésie, ne l'appelle-t-on pas Beaugrenelle ?



>> Le Nouveau Beaugrenelle.

>> Autre dalle à découvrir sur Parisperdu : "Dalle ou dédale des Olympiades".

 

 

 

 

 

 

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A la recherche du Paris perdu, celui des jeunes filles en fleurs.

5 Mars 2010, 11:26am

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Publié par barreteau

18 bis, rue de la Mare Paris 20ème (Juillet 1997).

 

Une balade au cœur du 20ème arrondissement a toujours été pour moi l'occasion d'une immersion au cœur d'un quartier convivial, revivifiant, avec la promesse de rencontres et de découvertes humainement enrichissantes.

 

A tout moment il se peut que je croise, au seuil d'un bistro des plus ordinaires, un tenancier tout sourire qui discute avec ses clients, et qui salue des connaissances passant par là. Un peu plus loin, il est possible que je puisse observer, avec gourmandise, l'agitation de petits commerçants: des épiciers, des bouchers, … qui servent leurs clients tout en dissertant avec eux.

 

Puis soudain, je tombe sur cette femme, à la fenêtre de son premier étage. Elle récolte de la menthe parmi une profusion de jardinières fleuries. En imaginant le parfum de la menthe, je lui souris malgré moi, et elle me rend mon sourire. Elle va même jusqu'à appeler une autre jeune fille pour lui raconter nos échanges de regards. Tout cela dure bien une minute, on se sourit, on se salue mutuellement … On se croirait dans le midi avec les gens qui se parlent de fenêtre à fenêtre …

Mais nous sommes à Paris, et tout cela parait incroyable. La scène s'est en effet déroulé tout près du pont de la rue de la Mare, à l'angle d'un petit carrefour, dans ce 20ème qui a connu tant de destructions. Aussi à cet instant, j'ai pensé: "Ce devait être comme ça Paris, avant !".

 

Pourtant quelques minutes plus tôt, je ne sais plus dans quelle rue, je ne sais plus dans quel carrefour, j'ai vu la horde des résidences "néo-classiques" du nouveau 20ème arrondissement, sûrement ces "horreurs" ont remplacé d'anciens bâtiments à un seul étage. Ces nouvelles résidences, que l'on retrouve maintenant presque partout dans la capitale, me font penser à une ville en carton pâte, à des décors de Disneyland... à une ville irréelle, inhumaine.

Ces bâtiments tout lisses avec de lourdes portes fermées, verrouillées par les digicodes, ont un côté "aseptisé", froid, je dirai même mort. Et là, il ne se dégage plus du tout le même entrain, plus la même gaité que sur le lieu de la scénette de la rue de la Mare ...

On fait de nos villes des lieux qui vont à l’encontre des souhaits, des désirs de leurs habitants … Or pourtant une ville est faite pour ses habitants et par ses habitants, ... mais on détruit des quartiers entiers, on en bouscule les personnes sans que celles-ci aient accès à la décision ou le moindre droit à la parole.

 

On nous a "volé" notre Paris populaire avec ses gens qui se parlent, qui se sourient …

Il ne reste plus que quelques miettes de ce Paris-là, à vous de les découvrir, en partant vous aussi, à la recherche du Paris perdu, celui des jeunes filles en fleurs …

 

Nadège est plus que l'inspiratrice de ce billet, elle s’y reconnaîtra !


>> Déjà sur Parisperdu : " Le petit miracle de Belleville".

>> Voir aussi : " Vilin, Couronnes et Pali-Kao ... ". 

 

 

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Au bar de la Marine .

1 Mars 2010, 09:45am

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Publié par barreteau

A l'angle de la  rue Fulton et du quai d'Austerlitz - Paris 13ème– octobre 1995.

 

 

Jusqu'en juin 2000, se tenait-là, le bar de la Marine, un bistrot fréquenté autrefois par les "Mariniers". Son comptoir, en véritable zinc, était décoré d'une guirlande de raisins et la même frise courait sur l'immense glace du fond de la salle. Dans un aquarium encastré au mur, nageaient de petits poissons de Seine, un don de mariniers et d'agents de la fluviale.

 

Ce bistrot de Paris, rebaptisé un temps "Bar de la NEVY" (sic), a survécu jusqu'à l'arrivée de l'opération "Paris Rive Gauche", car nous sommes-ici dans le secteur Austerlitz-Nord de la célèbre ZAC. Là a surgi, il y a une dizaine d'années, un nouveau front de Seine composé essentiellement d'immeubles de bureaux, des bâtiments à l'architecture soignée mais sans beaucoup d'âme.

 

La nouvelle avenue Pierre-Mendès-France, une triste rocade qui prolonge la colossale avenue de France, surplombe d'une dizaine de mètres le quai d'Austerlitz et tourne le dos à la Seine pourtant toute proche. Aussi, pour les piétons qui auraient l'idée saugrenue de vouloir s'aventurer jusqu'au fleuve, il a bien fallu réserver quelques ouvertures à travers la muraille d'immeubles. On les a équipées d'escalators, d'ascenseurs et de deux escaliers baptisés Edmond Flamand et Fulton. Bonjour la poésie des bords de Seine …

Le Bar de la Marine, qui avait encore des allures de guinguette, une clientèle populaire, gouailleuse et "qui faisait époque",  n'avait donc plus rien à faire ici.
Il fut rasé sans autre forme de procès !


 

>> Voir aussi dans Parisperdu, un autre bistrot de Mariniers, le Bar "Le Pont tournant".


>> Panorama d’aujourd’hui, à l'angle de la  rue Fulton et du quai d'Austerlitz.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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N 'est pas Willy Ronis qui veut ... !

25 Février 2010, 09:03am

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Publié par barreteau

" Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin". © Willy Ronis -1950.

 

Je suis retourné sur la butte Bergeyre et, au bout de la rue Georges Lardennois, j’ai retrouvé l’escalier que je cherchais. L’escalier immortalisé par Willy Ronis dans son célèbre cliché : "Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin".

Pour rallier cet endroit, je préfère toujours arriver par la butte Bergeyre plutôt que par l’avenue Bolivar, bruyante, brouillonne et trop animée, alors que le calme règne dans les petites rues, sur les hauteurs de la butte.

 

Willy nous décrit les instants qui ont précédé son déclic, en quelque sorte, l’histoire de cette photo :

« Cette photo, je l’ai faite en 1950. J’étais là, dans cet escalier, j’attendais quelque chose, parce que je voulais qu’il y ait un peu de monde qui passe. À un moment donné, j’entends une voix de femme derrière moi, qui parlait à son enfant, qu’elle tenait dans ses bras. J’ai attendu qu’elle me dépasse, et miracle, miracle qui arrive quelquefois dans la photographie : quand elle est arrivée en bas, est passé cet attelage étonnant - car même en 1950 il n’y avait plus tellement d’attelages avec des chevaux. Et ce qui est amusant, c’est qu’il y a en même temps cet ouvrier municipal, qui est en train de réparer ses feux tricolores, et des femmes qui promènent leurs enfants dans des poussettes derrière. Et puis le petit cordonnier qui parle avec le client. Et le petit chat noir, en bas de l’escalier. C’est une photo pleine d’histoires ! »

 

Mais nous ne sommes plus en 1950 et n’est pas Willy Ronis qui veut … car aujourd’hui, si l’escalier est toujours là, son environnement a bien changé.

Inutile, bien sûr, d'attendre l’attelage avec les chevaux, ni même de rechercher en l’arrière-plan les maisons de la rue Lauzin, voire de petits commerçants qui discuteraient sur leurs pas de porte … tout cela n’est plus de ce monde !

 

Car sur l’avenue Bolivar, règne maintenant l'automobile : une incessante circulation, une cohorte de voitures en stationnement, et partout des panneaux de signalisation ou de publicité, … tout cela crée une grande anarchie visuelle, un parasitage peu propice à l’harmonie du cadrage photo …

 

Alors le photographe d’aujourd’hui est tout naturellement tenté de remonter plus haut dans l’escalier pour trouver un peu plus de quiétude. Mais là, il aura inévitablement dans le champ de son objectif l'immeuble qui surplombe le passage et en barre la vue … Vouloir se positionner plus haut que Willy Ronis est définitivement impossible !


Qu’à cela ne tienne, on a quand même dans le viseur l’échappée de l’escalier vers l’avenue et l’on peut – tout comme Willy  – "attendre quelque chose" … Mais aujourd'hui, dans le champ, il ne se passera pas grand chose : quelques piétons bien trop ordinaires et surtout beaucoup, beaucoup trop de voitures …

Décidément, n’est pas Willy Ronis qui veut … !

 

 

 

>> Avenue Simon Bolivar et escalier de la rue Georges Lardennois (Essai 1 - 1999)

 

>> Avenue Simon Bolivar et escalier de la rue Georges Lardennois (Essai 2- 2009)


 

 

 

 

 

 

 

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Who are you Mister Wallace ?

21 Février 2010, 10:26am

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Publié par barreteau


Sir Richard Wallace, citoyen britannique, collectionneur d'art et philanthrope notoire, passa une grande partie de sa vie à Paris, la ville qu'il aimait par-dessus tout. Il est d'ailleurs enterré au cimetière du Père-Lachaise.

En 1872, Sir Richard Wallace, éprouvé par les années de guerre franco-allemande, le siège de Paris et la Commune, décide d'aider les parisiens marqués par la misère et le manque d'eau au cours de ces terribles années. Il offre à la Ville de Paris "50 fontaines à boire, à établir sur les points les plus utiles, pour permettre aux passants de se désaltérer ".
La pose commence dès 1875, et la première fontaine est installée Boulevard de la Villette.
Les parisiens sont vite conquis par cette innovation et la Ville s'empresse d'installer 30 fontaines supplémentaires.


Les fontaines Wallace se présentent sous la forme de petits édicules en fonte d'une grande réussite esthétique, elles sont reconnues dans le monde entier comme l'un des symboles de Paris, bien qu'elles soient aussi présentes dans plusieurs autres villes dans le monde.

Aujourd'hui, à Paris, on dénombre 151 fontaines Wallace, alimentées à partir du réseau d'eau potable, et qui fonctionnent comme au premier jour. En service du 15 mars au 15 novembre (les risques de gel durant les mois d'hiver mettraient en péril la plomberie interne), elles sont régulièrement entretenues et repeintes tous les deux ans. Encore aujourd'hui, où l'eau et l'hygiène ne sont pas un problème pour la grande majorité des Parisiens, ces fontaines sont souvent les seuls points d'eau gratuits pour les SDF et les citadins déshérités. Riches ou pauvres, tous les passants peuvent s'y désaltérer.

Elles font maintenant définitivement partie du paysage parisien et pourtant, tout comme les non moins célèbres colonnes Morris, elles ne sont toujours pas classées monuments historiques.

Au cinéma, un plan sur une fontaine Wallace permet d'indiquer clairement que l'action se déroule à Paris. Et ce n'est pas un hasard si Jean-Pierre Jeunet, dans "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain", a baptisé l’un des personnages Madeleine Wallace, car "Elle pleure comme une madeleine", ou comme une fontaine… Wallace ! 



>> Les 151 fontaines Wallace de Paris.

>> A lire aussi sur Parisperdu : "Qui êtes-vous Monsieur Morris" ?


 

 

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Petit moment d'éternité.

17 Février 2010, 09:28am

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Publié par barreteau


Sous le pont métallique de la rue Caulaincourt –Paris 75018

 

Le cimetière de Montmartre est sans nul doute l’un des plus pittoresques de Paris. Situé au pied de la butte Montmartre, à deux pas de Pigalle, c’est un cimetière au paysage très vallonné.

Il est surplombé par l'énorme pont métallique de la rue Caulaincourt, lequel enjambe sans vergogne les sépultures. Quand vous voulez pénétrer dans le cimetière de Montmartre, il vous faut donc passer sous ce pont avant de découvrir le site.

Mais doit-on regretter ce lourd amas de poutrelles qui coiffe les sépultures? Pas les photographes, en tout cas, qui vont trouver là de merveilleux jeux d’ombres et de lumières. De belles perspectives s'offrent également à vous, car les caveaux aux architectures parfois si surprenantes, sont si bien alignés que vous avez vraiment l’impression de pénétrer dans une petite ville.

 

Le cimetière de Montmartre est un endroit agréable où règnent la paix et la mélancolie.

D'aucuns le considère comme le plus beau cimetière de Paris. Beaucoup moins touristique que le "Père Lachaise", c'est un lieu propice à la méditation, surtout pendant l'hiver où l'on est quasiment seul. Mais s'il y souvent peu de visiteurs, on ne peut toutefois pas dire "qu'il n'y a pas un chat" dans ce cimetière car en réalité, ils sont une armada à déambuler dans les allées …

 

En ressortant du Cimetière de Montmartre, vous serez très certainement quelque peu décontenancé, assommé par la fébrilité de la ville, par la place de Clichy grouillante de monde, par les néons agressifs de Pigalle, …
Difficile alors de reprendre sa place dans l'agitation frénétique de la capitale quand on a connu ce petit moment d’éternité, ce bol d’air et de paix, dans ce lieu intemporel niché dans son écrin de murailles grises …

 

 

>> Pour préparer votre visite.

 

>> Aussi sur Parisperdu : "Au pays du matin calme …"

 

 

 

 

 

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Paris by-night.

13 Février 2010, 10:41am

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Publié par barreteau


Les fêtards de la nuit se plaignent. La vie nocturne serait en train de mourir à Paris. Technopol, une association de "clubbers" cherche à mobiliser le monde de la nuit autour d'une pétition en forme de cri d'alerte. Son slogan: "La nuit meurt en silence", agrémenté d'une affichette tendant à montrer que la vie nocturne européenne est maintenant à rechercher à Londres, à Barcelone, à Prague ou à Berlin …. mais en aucun cas à Paris.

Le fait n'est pas nouveau. Déjà dans les années 90, Manu Chao et la Mano Negra, dans une chanson intitulée "Ronde de nuit", nous ne nous disaient-ils pas : "Au cœur de la ville endormie reposent des millions de gens soumis, sans personne pour hurler la nuit …"?

Ah, il est loin le bon temps des boites à Pigalle (le Bus Palladium, en tête), avec tout le monde mélangé : noirs, arabes, juifs, gays, et tous les autres … Maintenant, chaque communauté a ses endroits ghettos et … t'as pas intérêt à te tromper d'adresse !
Au lieu du vivre ensemble, nous choisissons l'entre soi.

Mais aujourd'hui, la situation s'est compliquée et les exploitants des "boites de nuit" disent ne plus pouvoir supporter les pressions qu'ils subissent dans la gestion des problèmes de nuisances sonores. Car comment concilier, en ville, la tranquillité des uns avec l'activité des autres ?

Plus récemment encore, la situation s'est à nouveau dégradée avec la mise en œuvre de la loi anti-tabac qui a poussé une partie du public à passer beaucoup de temps à l'extérieur des établissements, cette occupation des trottoirs troublant encore plus le voisinage.

Des fermetures administratives, provisoires ou définitives, en ont résulté et les pertes de licence ou d'autorisation de nuit (au-delà de 2h) sont nombreuses, sans parler des amendes parfois très lourdes.

Ce n'est donc pas la première fois qu'on annonce la mort imminente de la nuit parisienne.
Mais la fête n'est pas la seule façon de se divertir, et il y a une vie nocturne parisienne hors des clubs et autres boîtes.  "Paris capitale de l'ennui", ne serait-il pas le sentiment de professionnels en mal de recettes, et de "clubers" blasés qui ne vivent que dans le monde illusoire et superficiel des fêtes où avant tout, il faut être vu ?

Il y a tant d'autres choses à faire à Paris, d'autres lieux à fréquenter, de jour comme de nuit : des restos, des troquets, des concerts, des théâtres et des cinémas ou plus simplement des balades urbaines où l'on peut savourer la blancheur de la nuit parisienne.

Celui qui n'est jamais rentré au petit matin, lorsque les premières lueurs du jour commencent à se  mélanger à celle des réverbères, assis à l'arrière d'un taxi fonçant dans des avenues désertes, avec en fond sonore Jacques Dutronc et les notes aigrelettes de la flûte traversière jouant "Il est 5 heures Paris s'éveille", celui-là ne peut pas comprendre la magie de l'instant, … la magie d'une nuit à Paris.



>> Manu Chao et la Mano Negra : "Ronde de nuit".

>> Paris Nightlife , le nouveau portail Internet la Mairie de Paris.

>> Jacques Dutronc : "Il est 5 heures Paris s'éveille".



 

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King Kong est de nouveau dans la ville !

9 Février 2010, 09:04am

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Publié par barreteau

©Photo:  Raul Manrupe

 

Au détour d'une célèbre avenue, c'est le choc …

Le choc d'une photo aussi monstrueuse par ses dimensions… que par son esthétisme.

 

Pourquoi cette actrice se donne-t-elle des allures de King Kong dans notre paysage urbain ? …
Pour les besoins de la sacro-sainte "Pub", … bien sûr. Mais ici, cette ambassadrice d'une marque de cosmétiques semble véritablement hanter la ville … tel le célèbre gorille.

 

Laissons finalement, la belle et la bête au rayon des horreurs … urbaines !

 

 

 

>> Voir l'animal monstrueux, dans le même registre …



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Rue du Javelot.

5 Février 2010, 10:45am

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Publié par barreteau


Pour les photographes parisiens, la rue du Javelot serait-elle devenue "la nouvelle rue Watt" ?

Peut-être bien, car on y retrouve l'atmosphère particulière des rues sous-terraines, à la fois glauques mais envoûtantes, effrayantes mais terriblement esthétiques.

La rue du Javelot est une vraie rue de la ville de Paris. Souterraine, ses entrées ressemblent plutôt à des entrées de parkings, l'éclairage y est médiocre... et partout fleurissent des panneaux de stationnement interdit, avec l'immanquable pictogramme signalant l'enlèvement du véhicule en cas d'infraction.

 

Dans cette rue, beaucoup de petites choses qui seraient, ailleurs, sans importance deviennent ici complètement hallucinantes. Ainsi, vous y rencontrez des gens qui préfèrent faire leur jogging dans ce lieu clos et sinistre plutôt que dans le parc de Choisy à seulement quelques minutes de là, ou des amoureux qui passent leurs après-midi dans ce souterrain, à coté des poubelles …

 

Les enseignes des boutiques ressemblent peu à celles d'une rue commerçante, et pourtant, contrairement aux apparences, la rue du Javelot est une rue commerçante, et même très commerçante. Seulement ici, les commerces n'ont pas conquis le droit à des vitrines, à des néons, à de pimpantes couleurs … Rien n'est fait pour inciter le client à pousser la porte …

Ainsi, au 44, c'est le "Sieu-Thi Viet Nam", l'entrée d'un supermarché vietnamien, sa porte en tôle ondulée n'encourage pas à venir y faire ses courses.

Puis, au 58, c'est "Pasta et Basta", un restaurant italien sans doute caché derrière une porte au fond d'un sas faïencé; mais là non plus, on n'a pas très envie de s'attarder.

Plus loin, deux portes: l'une pour l'escalier, l'autre pour l'ascenseur, à moitié dissimulées derrière des containers-poubelle : c'est l'entrée du "47, rue du Javelot, 75013 Paris". Tout près, une boîte à lettre pour cette adresse improbable, située au milieu de nulle part …

Enfin, au 42, l'atmosphère ne semble pas très saine non plus, c'est pourtant l'adresse de la crèche collective. Mais elle est en travaux de déconstruction et de désamiantage !

 

Certaines démarches d'urbanistes érigent parfois la modernité en absurdité la plus totale …
Si vous n'en n'êtes pas convaincus, allez donc faire un tour rue du Javelot.

 

 

 

>> Voir aussi : "Dalle ou dédale des Olympiades ?"

 

 

 

 

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La vaine lutte du luthier.

1 Février 2010, 09:56am

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Publié par barreteau

Photos:

1. Bernard quitte définitivement son atelier.
2.
Rue des Partants, béance des terrains vagues et commerces fermés.
3.
L'Atelier de Bernard, luthier, 26 rue des Partants Paris 20ème(1996).

 

Aujourd'hui, Bernard quitte son atelier, le cœur lourd.

Ce soir est le dernier soir … c'est le "clap" de fin.

Demain il reviendra, mais ce sera uniquement pour terminer le déménagement de son atelier. Et il n'y aura plus de luthier, rue des Partants.

 

Bernard était "théoriquement" expulsé depuis déjà deux ans. Il savait bien que ce jour finirait par arriver … Il savait bien que le quartier était condamné, que son atelier allait être rasé, comme tout le côté pair de la rue Gasnier-Guy et de la rue des Partants.
Aujourd'hui, ce jour est arrivé, et cela fait encore plus mal qu'il aurait pu le croire.

 

Pourtant longtemps, avec ses voisins, il a lutté pour repousser l'échéance. Il a adhéré à plusieurs associations de défense : celle du quartier des Amandiers dans les années 70, celle de la rue des Mûriers dans les années 80, puis enfin celle de la rue des Partants dans les années 90 … Mais, au bout du compte tout cela a été vain, le résultat a toujours été le même : inéluctablement les bulldozers ont toujours eu raison des immeubles et … des associations de défense du quartier.

 

Alors aujourd'hui, Bernard quitte sa rue des Partants, une rue au nom prédestiné …

Et, il n'est  pas étonnant qu'il parte ainsi, le dos voûté, l'esprit songeur, morose, désabusé…
 

Demain ou après-demain, tout sera détruit … son atelier, son travail, ses souvenirs, une grande partie de sa vie, … tout va disparaître en un instant.

 

 

 

>> Autre lieu, autre luthier …

 

 

 

 

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Friches et bâtis condamnés de l'Est parisien.

28 Janvier 2010, 09:48am

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Publié par barreteau

Quartier du Plateau –Paris 19ème – Juin 1995

 

Dans certains quartiers de l'Est parisien, le paysage est parfois majoritairement composé de friches et de bâtis condamnés. Ces deux formes de scarification de la cité  - qui sont les causes autant que les symptômes d’un certain malaise - déstabilisent l’œil du citadin.

 

Les friches, parfois immenses, creusent alors de larges béances et mettent à mal la définition de Georges Perec, " l’alignement parallèle de deux séries d’immeubles détermine ce que l’on appelle une rue ". Les rues de Belleville, de Ménilmontant ou d'ailleurs … doivent se débrouiller autrement.

 

Ces friches résultent souvent d’immeubles d’habitation tombés les uns après les autres au cours d'un long processus s'étalant parfois sur une dizaine années, et semblent constamment menacer les immeubles plus ou moins dégradés qu’elles encadrent.

Les fenêtres aveugles, les portes condamnées, et les grilles abaissées de commerces abandonnés, sont l’exact pendant des friches. Car l’obstruction verticale de ce bâti clos répond à la béance et à l’horizontalité des terrains vagues.

 

Il est difficile de connaître ce qui, dans l’histoire de chacun de ces immeubles, a conduit à sa fermeture partielle, totale, puis à sa démolition. La question “ À qui le tour ? ” semble rebondir entre les pans des constructions demeurées debout. Ces murs mis à nu, dévoilant leurs flancs de tapisseries intimes, sont, au-delà de leur fragilité, d’une indécence criarde.

Néanmoins le paradoxe est que ces friches constituent souvent les rares zones de respiration et parfois les seuls espaces verts de la ville …

 

Dans les secteurs où il reste encore des  immeubles debout, des ménages très modestes s’y entassent. Tous sont dans des logements souvent exigus, dégradés, partiellement murés et parfois dénués du confort sanitaire le plus élémentaire. Cela n’empêche pas les loyers d’être exorbitants puisque ces appartements sont loués à des tranches de population qui n’ont concrètement aucune possibilité de se loger ailleurs …

Jusqu'au jour où ce bâti, condamné, sera finalement détruit et où il faudra bien y aller … ailleurs, … et souvent cet ailleurs est loin, très loin de la ville.

 

 

>> Parisperdu et les démolitions urbaines.

 

>> "Démolition, reconstruction, la ville en chantier ..."

 

>> "Démolition des murs ... démolition des vies."

 

>> "De l'autre côté de l'amer."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Izis, Paris des rêves .

24 Janvier 2010, 12:09pm

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Publié par barreteau

 

Sur les quais de la Seine, Petit Pont. Crédits photo : © IZIS Bidermanas


Avec cette exposition-rétrospective de l'œuvre de IZIS, un accrochage de quelques 270 photographies, la Mairie de Paris entend rendre hommage à un photographe encore trop méconnu. Pourquoi ce titre "Paris des rêves" ?  Pour moi, indiscutablement c'est parce que Izis rime avec onirisme …

 
L'exposition présente toute la palette de celui qui fut à la fois artiste et reporter, grand portraitiste et flâneur aux aguets. De son œuvre protéiforme, on retiendra surtout le volet parisien - qui fait l'éloge du rêve et de la lenteur au cœur de sa ville d'adoption, une œuvre qui révèle la diversité, l'originalité et la modernité de son travail.

Izis nous donne une image poétique du Paris populaire : les rues et les quais de la Seine, les enfants et les amoureux, les fêtes foraines et les gens du cirque, les ouvriers et les vendeurs de muguet, etc ...
On l'aura compris c'est un photographe humaniste qui nous est dévoilé à l'Hôtel de Ville, un photographe à l'égal des plus grands photographes-amoureux de Paris: Willy Ronis et Robert Doisneau.

Mais trente ans après sa disparition, en 1980, Izis demeure moins célèbre que ses compagnons d’alors.
Willy Ronis, lui-même se scandalisait de "cette mise au purgatoire" des photographies d’Izis dont il vantait la démarche esthétique.
A
voir absolument.



>> "Izis, Paris des rêves". A l'Hôtel de Ville - Paris 4ème, jusqu'au 29 Mai 2010. 

>> Déjà sur Parisperdu: "Izis, de Paris et d'ailleurs" …


>> … et aussi, "Sur les pas d'Izis".

 




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Travailleuses du trottoir .

20 Janvier 2010, 09:35am

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Publié par barreteau

Quelque part, sur les Boulevards des Maréchaux, le 23 Juin 2004 à 00 heure 43.

 

Dans le 18ème, où l'on a dénombré jusqu'à 350 prostituées sur les boulevards des maréchaux, la récente loi qui réprime le racolage, a bien modifié le paysage.

 

Mais la loi n'a pas supprimé la prostitution, bien au contraire … Dans un premier temps, elle l'a simplement reléguée loin des regards, dans les confins des bois, sur les  terrains vagues … puis finalement, la prostitution s'est repliée dans les appartements, les hôtels de tout standing, les fausses agences matrimoniales, les bars à hôtesses et les squats.

 

Depuis la mise en vigueur des lois sur la sécurité intérieure, la préfecture de police a procédé à plus de 3 000 gardes à vue de prostituées, plus de 1 000 présentations à la justice, à quelques 550 rétentions administratives, et 250 reconduites à la frontière !

 

Aujourd'hui, c'est une répression policière impitoyable qui s'est abattue sur la cohorte des travailleuses du trottoir … mais pour les réseaux et les proxénètes, les affaires continuent …

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Extérieur nuit".

 

 

 

 

 

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Stalingrad.

16 Janvier 2010, 10:54am

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Publié par barreteau


Le nom sonne un peu comme celui émis par le bourdon de Notre-Dame … lourd, grave, un peu sinistre. Il évoque quelque lointaine contrée russe où l'on s'est beaucoup battu. C'est aussi la ville d'un grand dictateur, un personnage si sanguinaire que là-bas, on a fini par rayer son nom de la carte et on a rebaptisé la ville d'un nom plus léger, plus doux, à la sonorité aérienne : Volgograd !


A Paris, la dénomination de Stalingrad est communément associée à une station de métro et à son environnement immédiat, mais en fait, il s'agit d'un quartier assez vaste, aux confins des 10e, 18e et 19e arrondissements.
Le boulevard de la Villette, surplombé par l’imposante structure métallique du métro aérien, constitue la limite visible de ce quartier.

 

A Paris aussi, Stalingrad a une lourde réputation à porter. Le quartier est, en effet, l'un des hauts lieux de la vente et de la consommation de drogues.

A Stalingrad, la came empoisonne la vie : celle des résidents comme celle des consommateurs. Elle est présente dans tous les lieux publics, en particulier dans les interstices laissés vacants dans la ville ; elle accapare l’espace, suscite de multiples scènes de violence entre les différents protagonistes – dealers, usagers, policiers – et produit une délinquance au quotidien.

 

Pourtant, dans un secteur qui constitue l’un des derniers îlots du nord-est parisien laissés à l’abandon et où l'ambiance est particulièrement pesante, une fenêtre de légèreté, une porte d'espoir s'est ouverte en mai 2007 avec la création des Jardins d’Éole.

Derrière cette étiquette bucolique se cache une opération qui va sans doute à terme transfigurer Stalingrad. Car les jardins d’Eole, qui s’étalent tout de même sur 4 hectares, viennent combler l’absence quasi totale d’espace vert digne de ce nom dans le 18e arrondissement.

 

Certes, le lieu n’est pas forcément gâté, coincé entre les voies ferrées menant à la gare du Nord et la rue d’Aubervilliers, rue appelée à être redynamisée et remise en valeur, mais encore très fréquentée la nuit par les dealers.
Pour ce qui est du jardin paysagé, il est certain que la proximité des voies ferrées peine à se faire oublier, malgré la présence d’une butte qui les occulte quelque peu. Une partie des jardins restant ouverte 24 heures sur 24, l’objectif non caché est de permettre aux riverains, par leur présence le soir et la nuit, d'inciter les dealers de la rue d’Aubervilliers à renoncer à leur trafic.

 

Soyons patient. La nature doit encore grandir et donnera, espérons-le, à ces Jardins d’Eole, un petit air de parc de la Villette...

Alors Stalingrad sera devenu un quartier plus respirable.


 

>> Vue des jardins d'Eole.

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Etrange banalité ..."




 

 

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Ce monde n'a pas totalement disparu.

12 Janvier 2010, 15:45pm

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Publié par barreteau



Au détour d'un précédent billet, parcourant la Villa des Lyanes, dans le 20ème, je faisais ce constat : "Ce monde a disparu …!"

En effet, dans les années 80, la Villa abritait encore un nombre considérable de petits ateliers d'artisans : des serruriers, des ferronniers, … s'affairaient ici. Des métiers dont aujourd'hui notre économie mondialisée n'a plus que faire.

Et maintenant, tout cela a disparu, la Villa a été nettoyée, récurée … par les promoteurs immobiliers qui ne raisonnent qu'en volumes … proportionnels à leur rentabilité.

Pourtant, si vous pénétrez aujourd'hui dans la Villa des Lyanes, un détail subsiste …  insolite, anachronique, décalé. Un petit édifice au toit de tuiles rouges avec sa potence électrique d'un autre âge … est resté en place, inchangé, intact.

Pourquoi, par quel miracle ce "confetti immobilier", hors du temps, hors de propos dans cet espace de banale modernité, a-t-il survécu ?
Un propriétaire, réfractaire aux promotions immobilières, aurait donc réussi à conserver son bien et à garder cette infime trace du passé … ?

Finalement, non, ce monde n'a donc pas totalement disparu …



>> Voir sur Parisperdu : "Ce monde a disparu".

 

 

 

 

 

 

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