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PARISPERDU
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Paris, l'autre "grosse pomme".

15 Avril 2011, 09:26am

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Publié par barreteau

Concorde – Champs-Elysées /Paris 1959 © Willy Ronis

 
Paris est une ville ronde, une bulle qui a grossi, tout comme New-York, la "big apple". Au cours des siècles, Paris a dépassé cinq enceintes successives (celles de Philippe Auguste, de Charles V, de Louis XIII, des fermiers généraux et de Thiers) et Paris … ne compte pas s'arrêter là.

De plus, Paris est structuré par l'opposition "Ouest chic / Est populaire", "rive droite des affaires"/"rive gauche de la culture" (même si c'est en train de changer).

Et puis, il y a " l'axe du pouvoir ". C'est extraordinaire de voir que, du Louvre à l'Arc de Triomphe, tous les beaux quartiers se sont construits de la même manière. Les grandes familles de l'aristocratie et de la bourgeoisie bâtissent des hôtels particuliers, ils créent les "belles adresses" qui attirent commerces de luxe et sièges sociaux des entreprises... et ces derniers finissent par chasser ces familles. On le voit bien avec les Champs-Elysées : les grandes familles sont expulsées des hôtels particuliers qui sont transformés en sièges sociaux et le processus continue toujours plus à l'ouest.

Mais, quand on arrive au pont de Neuilly dans les années 50, là ça ne va plus. On tombe sur des petits ateliers et des immeubles sans grâce, très mal placés, en plein sur l'axe. Alors on fait intervenir l'Etat, on détruit tout, jusqu'au cadastre, ce qui est très rare, et l'on crée un beau quartier d'affaires : La Défense. Ça permet de poursuivre.

 

On verra dans trente ou quarante ans, mais on peut penser que la municipalité communiste de Nanterre va être mise en difficulté, les tours de logements sociaux vont sauter, et l'on pourra prolonger l'axe jusqu'à la Croix de Noailles dans la forêt de Saint-Germain, tel qu'il était prévu dans les plans d'urbanisme du début du XXème siècle.

Bien sûr, c'est de la fiction, mais vu ce qui s'est passé à La Défense, il n'y a aucune raison pour que ça ne se fasse pas ainsi, d'ici à la fin du XXIe siècle.



 

>> Grand Paris ou grand pari ?

 

 

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Intra-muros.

11 Avril 2011, 09:12am

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Publié par barreteau

Boulevard Périphérique, vers la Porte d'Ivry Paris 13ème.


Paris est l’une des rares capitales d’un pays majeur, aussi petite en surface et entièrement close par un périphérique bruyant et visuellement très présent.
Il n'y a pas d'autre exemple au monde.


Construit en 1973, le périphérique a remplacé les fortifications. Là, il y avait " la zone". La zone, c'était l'endroit où l'on était en dehors, en dehors de la ville, de la société, des lois, un endroit marginal et incertain où vivaient "apaches" et truands.
L'habitat y était précaire : c'était un territoire militaire, on voulait conserver la possibilité de tout raser en cas de conflit. D'où la présence de marginaux, de chiffonniers, du marché aux puces …

Lorsque cet espace large de 400 mètres a été récupéré, entre 1919 et 1930, aucun pouvoir politique n'a jamais eu de plan d'aménagement cohérent, si bien que l'on a reconstitué sur l'espace des fortifs un no man's land entre ville et banlieue.
HLM, HBM (ancêtres des HLM), stades, cimetières, chemin de fer de la Petite Ceinture, boulevards des Maréchaux et périphérique s'y sont installés et constituent désormais une barrière difficilement franchissable. C'est comme s'il y avait autour de la ville un fleuve circulaire qu'on ne pourrait traverser que par ces ponts que sont les portes de Paris.

Avant la dernière guerre, Paris avait un visage différent: il y avait des quartiers très ouvriers, comme l'avenue de Choisy dans le 13ème. Dans les années 30, le Parti communiste y sonnait du clairon dans la cour des HBM pour appeler à la manif !
Il y avait aussi des poches d'habitat populaire dans tous les arrondissements, y compris le 7ème et, dans toute la ville, beaucoup de familles modestes qui habitaient aux derniers étages des immeubles, là où, à l'époque il n'y avait pas d'ascenseurs.

On vivait aussi beaucoup dans la rue, il y avait plus de corps à corps qu'aujourd'hui. Jusqu'aux années 50, de nombreux quartiers étaient comme les Grands Boulevards aujourd'hui, avec beaucoup de monde sur les trottoirs, sur la chaussée aussi, qui a depuis été neutralisée par l'automobile. Sur les vieilles cartes postales, on voit les gens discuter au milieu des places et des boulevards. C'est inimaginable aujourd'hui.

Depuis 1954, Paris intra-muros a perdu 25 % de sa population. Le Paris populaire qui était un Paris très dense est devenu moins dense, en même temps qu'il est devenu moins populaire. Les petits appartements et les ateliers récupérés ont été transformés en appartements plus grands, plus confortables, habités autrement.

Au 19ème siècle déjà, des politiques très respectables parlaient de l'invasion des "barbares", à propos des Auvergnats qui troublaient l'ordre public quasiment par leur seule présence. Quant aux pauvres, on a souvent eu la tentation de les envoyer au-delà des limites, la banlieue étant vue comme le lieu du bannissement. Cette banlieue n'a pas été peuplée directement par les gens qui arrivent de province, car ceux-ci s'installent dans Paris, à la Goutte-d'or en particulier. Et c'est seulement après une socialisation urbaine qu'ils partent en banlieue. Depuis longtemps, celle-ci est habitée majoritairement par des gens qui ont été expulsés vers la périphérie. Amorcé avec les travaux d'Haussmann, le processus se poursuit aujourd'hui encore. En même temps, la ville de Paris ne peut se passer de la banlieue : elle y a 10 % de ses HLM, 80 % de ses morts et 100 % de ses ordures.

 

Et c'est comme un appel, comme une évidence pour l'avènement d'un "Grand Paris".



>> Grand Paris, où en est-on ?

>> Le Grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !

>> Le "Grand Paris" ou comment changer ... d'aire ?

 

 

 

 

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Demain : tous bobos ?

7 Avril 2011, 08:53am

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Publié par barreteau

En cyclo-pousse dans le Sud-est… parisien.

 

 

Paris n'est plus Paris.
Où est passée sa gouaille, celle des ouvriers, des artisans, des crieurs sur les marchés, des piliers de bar dans les petits bistrots de quartier ...?  Où sont les bus chargés de populo qui, le dimanche, allaient à la campagne, loin, très loin de Paris ... là-bas ... sur les bords de Marne ?

 

Qu'en reste-il aujourd'hui ?

Une grande partie de l'Est parisien s'est embourgeoisé pour laisser peu à peu place à des rues propres certes, mais sans âme et où il manque souvent la vie.

Il suffit de regarder les devantures, à chaque carrefour: banques, compagnies d'assurance, bureaux d'agences immobilières … ont pris la place des bistrots, des épiceries, des échoppes d'artisans … tout un monde disparu pour toujours.
 

Aujourd'hui, Paris m'exaspère et m'oppresse.

Dans le 20ème, il faut voir les boutiques "standardisées" de Jourdain et de Télégraphe, elles sont devenues identiques à celles du 16ème. Le dimanche,  les bobos et leurs poussettes "high-tech" envahissent, au plus près de chez eux …"leur" campagne et sa pseudo-Guinguette des Buttes Chaumont.

 

Ne serions nous pas tous devenus un peu "bobo sur les bords", lorsque nous nous adonnons aux us et coutumes de ce petit monde qui confond souvent "buzz" et culture ?
Alors demain … tous bobos ?




>> Le blog qui vous raconte tout sur la tribu des bobos.

 

 

 

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La mort annoncée des stations-services parisiennes .

3 Avril 2011, 11:14am

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Publié par barreteau


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22-24 Rue Etienne Marey Paris 20ème (mai 1997)

 

Paris compte aujourd'hui une centaine de stations-service, trois fois moins qu'en 1980.

Une tendance que l'on retrouve au niveau national, mais à Paris cette baisse va encore s'accentuer dans les prochaines années. En effet, la mise aux nouvelles normes, prévue pour 2014, constituera vraisemblablement le coup de grâce des "indépendants", ces stations de trottoirs composées d'une ou de deux pompes installées en bordure de rue, dont une vingtaine perdure dans la capitale.

 

A Paris, le durcissement des conditions de stationnement, la transformation des voies en faveur des transports en commun et la montée des préoccupations écologistes ont fait baisser la circulation de 24% en huit ans. Et s'il reste encore 1,2 millions d'automobiles qui transitent chaque jour par la capitale, cela ne suffit pas pour maintenir à flot de nombreuses stations-services malgré un tarif dépassant souvent les 1,60 € le litre de sans plomb.

Les taxis ne semblent pas s'émouvoir de ces disparitions car la plupart des chauffeurs qui travaillent dans la capitale font leurs pleins en banlieue, là où le carburant est moins cher.

Les pompes parisiennes ne servent plus alors qu'en dépannage, et le client y met rarement plus de 20 € …

Trouver du carburant à Paris pourrait bientôt devenir un calvaire, comme au temps pas si lointain des pénuries dues aux grèves contre la réforme des retraites … !


>> Les cabines téléphoniques aussi …

 

 

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Le Parisien n'est qu'un provincial de passage.

30 Mars 2011, 09:19am

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Publié par barreteau


Sticker trouvé dans le métro: "I love rien, I'm parisien"

 

 

C'est bien connu, le Parisien est un être fat, hautain, vaniteux, agressif, méprisant, antipathique, xénophobe et, pas très accueillant … avec son regard en coin et son sourire en berne. Bref, le parisien joue son rôle et s'y tient.

 

Allons, Parisiens : serrons nous  les coudes et faisons la gueule.

C'est comme ça qu'on nous veut, c'est comme ça qu'on nous aime !

On a un rang à tenir, que diable et il faut être à la hauteur de sa légende, car au final, il semble bien que le Parisien soit définitivement d'utilité publique : unanimement détesté, il incarne ce que l'ensemble des Français n'aiment pas chez eux !
Il est la part d'ombre de notre inconscient national. Car n'oublions pas que le Parisien en tant que tel n'existe pas : il n'est qu'un provincial de passage…



>> Voir aussi "Tout le monde déteste les Parisiens".



 

 

 

 

 

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Partez en voyage.

26 Mars 2011, 09:26am

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Publié par barreteau

Le Flèche d'or café, rue de Bagnolet Paris 20ème.

 

 

Parisperdu propose un double voyage: dans l'espace et dans le temps.
Ses itinéraires dans le Nord et l'Est parisien entraînent le promeneur dans une ville qui souvent n'est plus : rayée de la carte par endroit, altérée par ailleurs du fait des spéculations administratives et financières ou tout simplement estompée par le passage des ans.

Recomposée sur elle-même, Paris laisse toutefois deviner quelques traits de son visage d'hier et veut bien nous livrer quelques indices, des repères à partir desquels le passé semble renaître, fugitif et miraculeux.

Parisperdu promet de nombreuses découvertes aux amateurs de flâneries urbaines ; les âmes poétiques lui trouveront peut être un attrait supplémentaire: une certaine capacité à ouvrir les portes du rêve.
Bon voyage …

 

 

Les itinéraires de Parisperdu :
 

>> Paris, guide à l'usage du touriste averti.  

>>  Balade "hors des sentiers battus" ... (3/3) 

>> Balade "Des Epinettes aux alentours du canal de l’Ourcq".

>> Balade "Du triangle Mouzaïa-David d’Angers-Compans à la butte Bergeyre". 

>> Balade "Du haut Belleville au bas Ménilmontant".


 

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Les femmes de Marc Riboud.

22 Mars 2011, 10:12am

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Publié par barreteau

Photo © Marc Riboud: Paris, 1953

 

 

Il y a longtemps que j'attendais que Marc Riboud, ce grand monsieur de la photo, nous montre son savoir-faire et sa sensibilité dans une grande exposition parisienne.
L'homme sait se faire rare. Mais enfin, la Galerie Polka, nous donne à voir quelque chose de celui qui doit être le dernier des grands photographes, encore vivant, de la génération des Boubat, Cartier-Bresson, Ronis …

L’exposition, intitulée : "Liberté. Egalité. Féminité", nous montre que tout au long de sa carrière, Marc Riboud n’a jamais cessé de photographier la Femme, les femmes, dans toute leur féminité, que ce soit dans sa campagne tourangelle ou à l'autre bout du monde ...

Et, à travers les soixante années de carrière du photographe, les femmes viennent des quatre coins du monde : elles sont africaines, japonaises, chinoises, … parisiennes.

Aussi, dans ce tour du monde des femmes en quinze portraits, icônes ou inconnues, j'ai voulu voir comment Riboud saisissait la "parisienne". Je pensais trouver un hommage à la mode, à la haute couture, bref à l'élégance de la femme de Paris, reconnue comme telle par le monde entier.

Et bien, pas du tout ... !
Dans l’œuvre de Marc Riboud, la parisienne est une nonne, une religieuse dans un cadrage et dans une pose très esthétique …

Encore une fois, Marc Riboud nous surprend.
Souhaitons qu'il continue à nous surprendre encore longtemps  …


>> "La Polka Galerie" 75003, Paris.

>> Marc Riboud face à ses photos (interview vidéo)

>> La religieuse, "cadrage original" ...



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A la limite de l'irréel.

18 Mars 2011, 10:01am

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Publié par barreteau


Nous sommes en plein cœur de Paris, dans le haut du 11ème arrondissement, juste à coté de "Boboland".

La rue est étroite, sale et peu engageante. Et là, après m'être aventuré dans plusieurs arrière-cours, j'atteins la limite de l'irréel.

Donnant directement sur la courette mal pavée, une porte basse est restée entrouverte. Il s'en échappe le son nasillard d'une radio.

Je m'approche et un gamin vient à ma rencontre.

- "Vous voulez parler à maman me dit-il ?"

Un peu interloqué, je bafouille :

- "Non, enfin … oui … si vous voulez …"

Une grande femme africaine apparaît alors dans l'embrassure de la porte, elle se tient voutée tant sa taille est disproportionnée par rapport à cette toute petite ouverture …

- "Je ne voulais pas vous déranger" lui dis-je.

- "Vous ne me dérangez pas", me rétorque-t-elle.
- "Mais je vois que vous êtes photographe, c'est que vous trouvez le quartier si joli que ça … ?", ironise-t-elle …

Là, je suis un peu gêné mais je le serai encore plus lorsqu'elle me dira :

-"Voyez dans quoi j'habite, moi et mes trois enfants …"
Et là, d'un geste, elle ouvre largement la porte de son "appartement".


En fait d'appartement, il s'agit d'une pièce unique où chacun des quatre murs a sa fonction : à droite lavabo et toilettes, en face gazinière et cuisine, à gauche: des matelas empilés font penser qu'il s'agit … de la (ou des) chambre(s) à coucher et enfin, sur le dernier mur un monceau de vêtements accrochés: le dressing !

Ces personnes vivent dans un taudis, une pièce insalubre, un habitat indigne.

Ils connaissent en permanence l'humidité, les fuites et les infiltrations d'eau, le sol déformé, le système électrique et les sanitaires hors normes, l'absence de chauffage, l'unique et minuscule fenêtre qui ne ferme pas, etc...

Tout cela parait incroyable … en plein Paris, au 21ème siècle !

En France, on évoque sans cesse la crise du logement, mais quand la situation devient aussi dramatique, que font nos responsables politiques ?

Les municipalités de droite ne veulent pas d'HLM chez elles, celles de gauche non plus mais elle l'avoue moins (en même temps on le comprend quand on voit ce que sont devenues les cités) et puis de toute façon, les votes des plus déshérités leur sont déjà acquis, donc pourquoi faire des efforts …

Alors, les mal-logés sont le dernier des soucis de nos politiques, sauf s'ils font trop de bruit ou s'ils sont victimes d'un fait divers tragique qui nuirait à l'image de la ville...

Embellir la ville avec des sculptures, mettre des vélos à disposition des administrés, (l'environnement, par contre, c'est vachement tendance), sponsoriser de l'évènementiel … voilà des façons autrement plus sympa de dépenser les deniers publics.

Là aussi, on atteint les limites de l'irréel !



>> Les marchands de sommeil sur Parisperdu.

>> Voir aussi : "Garnis et meublés ..."

>> Voir aussi : "Une chambre en ville"
 

 

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Est-ce encore la rue Watt ?

14 Mars 2011, 09:10am

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Publié par barreteau

 


En 1986, l'érection, dans la cour d’honneur du Palais Royal, des "colonnes de Buren" provoque une levée de boucliers. En sera-t-il de même aujourd'hui pour les nouvelles "colonnes de la rue Watt" ?

Avec leurs "sculptures lumières", les architectes, designers et autres éclairagistes ont, disent-ils: "chercher à restituer l'esprit du lieu". Esprit, es-tu là ?

Hélas, il semble bien que non, car à la vue de ces pseudo-œuvres d'art, on comprend que la rue Watt n'est plus que le fantôme d'elle-même.

L'atmosphère si particulière de la rue Watt serait donc sensée être recréée par ces colonnes en inox, ajourées pour laisser passer la lumière de lampes à la vapeur de mercure et dessiner des entrelacs sur le sol …

Mais enfin, est-ce  bien encore la rue Watt… ?

 

Car il faut rappeler ce qu'était la rue, avant que les tonnes de béton de l'opération "Paris Rive Gauche" se déversent sur elle.

Jadis, la lumière naturelle filtrait au travers des poutrelles à claire-voie et le bruit des rames chantait au dessus de nos têtes … créant une atmosphère unique, hélas maintenant totalement disparue.

Aujourd'hui, dans le silence de son sarcophage de béton, isolée des voies en surplomb,  … la rue Watt de Tardi, de Léo Mallet, de Jean-Pierre Melville et de Boris Vian … est définitivement morte.

Pourtant, comme un infime signe d'espoir, les graffitis commencent à faire leur réapparition dans la nouvelle rue toilettée, aseptisée. Et pour le moment, les services de la Ville de Paris n'ont pas réagi … comme s'ils n'avaient pas encore décidé si la rue Watt devait rester "impeccable" où alors si elle pouvait retrouver un peu de sa noirceur étrange et de sa vie d'antant ?



>> C'était comment avant … ?

>> L'enterrement en couleurs de la rue Watt (mai 1993)

>> La rue Watt sur YouTube.


 

 

 

 

 

 

 

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La violence des démolitions forcées.

10 Mars 2011, 09:22am

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Publié par barreteau

"Maison clou" à Chongqing en 2007.


Parisperdu regrette souvent les démolitions sauvages qu'ont connu et que connaissent encore les quartiers Est de la capitale.
Pourtant ces faits peuvent paraître relativement secondaires si l'on compare la situation parisienne avec celle que vivent des chinois de Pékin et d'un peu partout en Chine.

Dans l'empire du milieu, la violence des démolitions forcées a conduit un internaute chinois à dresser "une carte du sang" de l'immobilier chinois ... !
Cette carte répertorie les incidents violents auxquels ont donné lieu des expulsions en Chine.

L'auteur, qui a pris le pseudonyme de Xuefangditu, ou "carte de sang de l'immobilier" , incite les internautes à "refuser d'acheter les logements où le sang a coulé".
Sur Google Map, son
site , consacré "à toutes les existences qui ont pâti de l'ultra-rapide processus d'urbanisation chinoise" (sic), reçoit chaque jour, depuis sa création en octobre dernier, un nombre croissant de visiteurs ...


En cliquant sur chacun des évènements répertoriés, on peut
lire les détails de l'affaire, et des liens renvoient à d'autres sources.

Ainsi, la date du 8 avril 2010, renvoie à la mort du directeur de la commission de construction, au sein d'un district de la ville Fushun, dans le Liaoning. Le fonctionnaire, chargé de la démolition, a été assassiné à l'arme blanche par Yang Yi, le propriétaire d'une "maison clou", appelée ainsi car il refusait de bouger.
Quatre ans auparavant, les démolisseurs avaient battu à mort le fils du voisin de Yang Yi, âgé de 24 ans.

Le 20 août 2010, à Kunming, dans le Yunnan, He Yuqiong, une femme qui résistait aux démolisseurs, avec mère et enfants, dans leur "maison clou" de Kunming, une résidence de 6 étages que la famille avait construite, a fait exploser une bouteille de gaz. Une dizaine de personnes ont été blessés. He Yuqiong est décédée des suites de ses blessures. La famille avait accroché aux fenêtres une grande banderole, sur laquelle était écrit : "nous vivrons avec notre maison, ou nous mourrons avec elle" !

Bien souvent désormais, la politique et l'économie procèdent d'une même logique où l'humain n'existe plus.
Ici comme ailleurs, les puissants décident avec pour conséquence : du sang et des larmes …




>> Le site de Xuefangditu, ou "carte de sang de l'immobilier".

>> Lire aussi sur Parisperdu : "Démolition des murs ... démolition des vies"

 



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Dans la "jungle" des panneaux publicitaires.

6 Mars 2011, 09:25am

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Publié par barreteau

© Photo : Nicolas Hervé

 

 

Les pouvoirs publics entendent "réformer" l'affichage publicitaire. Il s'agit là d'un engagement phare du Grenelle de l'environnement.

Le texte a été mis en consultation publique jusqu'au 11 mars 2011 sur le site du ministère du développement durable.

Ainsi, dans Paris intra-muros, on devrait avoir une moindre densité de publicité, avec des formats plus restreints et moins d'éclairage. La "jungle" des panneaux publicitaires serait alors moins oppressante …

Mais pour le "Collectif des Déboulonneurs", le texte est bien trop timide et ménage trop les professionnels de l'affichage.

En fonction de ce qui ressortira de cette consultation publique, il y a fort à parier que nous reverrons bientôt les "Déboulonneurs", pour des actions coup de poing dans les rues de Paris.


>> Le site des Déboulonneurs.



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Au cimetière des ambitions.

2 Mars 2011, 10:40am

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Publié par barreteau

 

6 - 10,  Rue Watt, 75013-  Paris (juillet  1996)

 

C'était au temps où la rue Watt avait encore une certaine aura auprès de ceux qui venaient respirer ici un peu de poésie urbaine, mais aussi auprès de ceux qui quotidiennement venaient y travailler.

Dès le début des années 70, un grossiste asiatique de l'alimentaire avait implanté ici un entrepôt où il stockait des produits importés, en groupage, de Chine et du Vietnam.
Il s'agissait de produits de premières nécessités comme des vermicelles ou des galettes de riz, de la sauce de poisson ... autant de denrées destinées à approvisionner la communauté asiatique de Paris.

Avec l'arrivée des premiers réfugiés de l'Asie du Sud-est en 1975, la société se développe vite, et la petite entreprise familiale, qui à l'origine ne disposait que d'un minuscule magasin à la place Maubert, va rapidement s’agrandir et ouvrir plusieurs boutiques de détail dans Paris, puis elle passera aux supérettes et à la vente en gros.


Un tel succès fera forcement des envieux, des jaloux non dénués parfois d'un certain relent de racisme. Pas étonnant alors que, rue Watt, sous l'enseigne de la société, un tag rageur proclamait : "la France aux français" !

Depuis cette époque, tout a bien changé rue Watt où la poésie urbaine est désormais au cimetière des ambitions …



>> Ne cherchez plus la société THANH BINH, rue Watt ….

>> La rue Watt sur Parisperdu.

 

 

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Artisans : générations perdues

26 Février 2011, 10:25am

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Publié par barreteau

Maurice dans son atelier du 19 rue des Orteaux, en Mai 1995.

 

 

Maurice Caner était un personnage attachant. Ses yeux, le jour de notre rencontre, avaient bien du mal à fixer l'objectif, dans la lumière qui cascadait à travers la semi-pénombre de son atelier. Peut-être avaient-ils, au fil des années, trop longuement fixés cet ouvrage qui fatigue le regard ? Ou bien s'étaient-ils usés par l'application qu'exige le métier de tapissier ?

A 70 ans, il faut bien que la vie vous ait marqué quelque part …

 

Fatigué ou pas, son regard brillait de malice, coulait sur ces joues roses où s'éparpillaient des poils de barbe mal rasée. Il avait la mèche un peu folle, le tablier fatigué de se tenir à son cou, le pull qui dégoulinait comme le pourpoint d'un noble de la capitale. Oui ! Maurice était probablement dans sa simplicité joyeuse, l'un des derniers seigneurs du quartier, lui qui était né là, dans ce coin du 20ème, bien loin des beaux quartiers qu'il ne fréquentait guère.

 

A l'époque, difficile de faire plus perdu que cette rue des Orteaux. Pourtant le coin était plein de mouvements, de vrombissements ... Plus d'une trentaine d'artisans se faisaient face de chaque côté de la rue : des tapissiers, des serruriers, des cordonniers, des encadreurs-doreurs …. Toute une agitation, toute une vie de labeurs pour permettre la vie des humains.

 

Que de silence aujourd'hui dans la rue des Orteaux, où l'odeur des travaux sur le bois ou le métal a disparu. Pourtant, avant de continuer notre balade, il est peut-être important d'errer un moment dans cette rue pour croiser, à l'occasion, l'un de ses vieux habitants qui garde encore le souvenir de plusieurs générations d'artisans du quartier. On pourrait échanger quelques mots et emporter ensuite avec soi, un peu de cette existence qui donne à comprendre tout un Paris disparu …

 

 

>> Maurice, dernier tapissier de Charonne

 

 

 

 

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Sans-Papelards

22 Février 2011, 09:43am

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Publié par barreteau

© Campagne d'affichage de RESF (Réseau Education Sans Frontières) - mai 2009.

 

Dans les quartiers Nord, dans l'Est parisien, que ce soit à Barbès ou à Belleville, chaque balade va vous faire croiser une foule d'immigrés ... Beaucoup sont des gens valeureux sans qui notre société ne fonctionnerait pas. Ils travaillent dans le BTP, la restauration, … ou gardent nos enfants. Ils sont partie intégrante de notre société … Seul hic de taille, … ils sont sans papiers !

Ils occupent souvent des tâches que la plupart d'entre nous se refusent d'effectuer. Parfois ils vivent des conditions de travail insupportables, et c'est justement pour cela que des "boîtes" sans scrupules emploient ces immigrés clandestins, prêts à tout pour s'installer ici.

Mais cette misère doit-elle, par une compassion somme toute naturelle, nous pousser, nous entraîner à régulariser aveuglément ces malheureux ?
Comment casser ce trafic d'êtres humains ? Comment appliquer nos lois et préserver les acquis sociaux des salariés "avec papiers" ?

Les "sans-papelards" posent beaucoup de questions à notre société ... et les réponses ne viennent pas vite !


>> En savoir plus: "Campagne jeunes majeurs de RESF"


 

 

 

 

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Fragile témoignage.

18 Février 2011, 09:02am

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Publié par barreteau

 

 

La rue de Belleville est l’une des rues les plus animées de Paris. Et pourtant, dans beaucoup de ses cours intérieures, règne un calme surprenant.

Ainsi, au 140 de la rue, vous pénétrez dans cette ancienne cité ouvrière construite en forme de U. Les murs de cette cité sont les derniers et fragiles témoignages d'une civilisation emportée par le vent du changement, car plus bas, rue de Belleville, les modernes façades, lisses et monotones, partout règnent en maître …

Souvent je me surprends à observer le renouveau de ce quartier comme Monsieur Hulot contemple la Modernité : d'un œil amusé … mais circonspect.


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Habitat populaire à Ménilmontant".

 

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