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PARISPERDU

Les femmes de Marc Riboud.

22 Mars 2011, 10:12am

Publié par barreteau

Photo © Marc Riboud: Paris, 1953

 

 

Il y a longtemps que j'attendais que Marc Riboud, ce grand monsieur de la photo, nous montre son savoir-faire et sa sensibilité dans une grande exposition parisienne.
L'homme sait se faire rare. Mais enfin, la Galerie Polka, nous donne à voir quelque chose de celui qui doit être le dernier des grands photographes, encore vivant, de la génération des Boubat, Cartier-Bresson, Ronis …

L’exposition, intitulée : "Liberté. Egalité. Féminité", nous montre que tout au long de sa carrière, Marc Riboud n’a jamais cessé de photographier la Femme, les femmes, dans toute leur féminité, que ce soit dans sa campagne tourangelle ou à l'autre bout du monde ...

Et, à travers les soixante années de carrière du photographe, les femmes viennent des quatre coins du monde : elles sont africaines, japonaises, chinoises, … parisiennes.

Aussi, dans ce tour du monde des femmes en quinze portraits, icônes ou inconnues, j'ai voulu voir comment Riboud saisissait la "parisienne". Je pensais trouver un hommage à la mode, à la haute couture, bref à l'élégance de la femme de Paris, reconnue comme telle par le monde entier.

Et bien, pas du tout ... !
Dans l’œuvre de Marc Riboud, la parisienne est une nonne, une religieuse dans un cadrage et dans une pose très esthétique …

Encore une fois, Marc Riboud nous surprend.
Souhaitons qu'il continue à nous surprendre encore longtemps 


>> "La Polka Galerie" 75003, Paris.

>> Marc Riboud face à ses photos (interview vidéo)

>> La religieuse, "cadrage original" ...



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A la limite de l'irréel.

18 Mars 2011, 10:01am

Publié par barreteau


Nous sommes en plein cœur de Paris, dans le haut du 11ème arrondissement, juste à coté de "Boboland".

La rue est étroite, sale et peu engageante. Et là, après m'être aventuré dans plusieurs arrière-cours, j'atteins la limite de l'irréel.

Donnant directement sur la courette mal pavée, une porte basse est restée entrouverte. Il s'en échappe le son nasillard d'une radio.

Je m'approche et un gamin vient à ma rencontre.

- "Vous voulez parler à maman me dit-il ?"

Un peu interloqué, je bafouille :

- "Non, enfin … oui … si vous voulez …"

Une grande femme africaine apparaît alors dans l'embrassure de la porte, elle se tient voutée tant sa taille est disproportionnée par rapport à cette toute petite ouverture …

- "Je ne voulais pas vous déranger" lui dis-je.

- "Vous ne me dérangez pas", me rétorque-t-elle.
- "Mais je vois que vous êtes photographe, c'est que vous trouvez le quartier si joli que ça … ?", ironise-t-elle …

Là, je suis un peu gêné mais je le serai encore plus lorsqu'elle me dira :

-"Voyez dans quoi j'habite, moi et mes trois enfants …"
Et là, d'un geste, elle ouvre largement la porte de son "appartement".


En fait d'appartement, il s'agit d'une pièce unique où chacun des quatre murs a sa fonction : à droite lavabo et toilettes, en face gazinière et cuisine, à gauche: des matelas empilés font penser qu'il s'agit … de la (ou des) chambre(s) à coucher et enfin, sur le dernier mur un monceau de vêtements accrochés: le dressing !

Ces personnes vivent dans un taudis, une pièce insalubre, un habitat indigne.

Ils connaissent en permanence l'humidité, les fuites et les infiltrations d'eau, le sol déformé, le système électrique et les sanitaires hors normes, l'absence de chauffage, l'unique et minuscule fenêtre qui ne ferme pas, etc...

Tout cela parait incroyable … en plein Paris, au 21ème siècle !

En France, on évoque sans cesse la crise du logement, mais quand la situation devient aussi dramatique, que font nos responsables politiques ?

Les municipalités de droite ne veulent pas d'HLM chez elles, celles de gauche non plus mais elle l'avoue moins (en même temps on le comprend quand on voit ce que sont devenues les cités) et puis de toute façon, les votes des plus déshérités leur sont déjà acquis, donc pourquoi faire des efforts …

Alors, les mal-logés sont le dernier des soucis de nos politiques, sauf s'ils font trop de bruit ou s'ils sont victimes d'un fait divers tragique qui nuirait à l'image de la ville...

Embellir la ville avec des sculptures, mettre des vélos à disposition des administrés, (l'environnement, par contre, c'est vachement tendance), sponsoriser de l'évènementiel … voilà des façons autrement plus sympa de dépenser les deniers publics.

Là aussi, on atteint les limites de l'irréel !



>> Les marchands de sommeil sur Parisperdu.

>> Voir aussi : "Garnis et meublés ..."

>> Voir aussi : "Une chambre en ville"
 

 

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Est-ce encore la rue Watt ?

14 Mars 2011, 09:10am

Publié par barreteau

 


En 1986, l'érection, dans la cour d’honneur du Palais Royal, des "colonnes de Buren" provoque une levée de boucliers. En sera-t-il de même aujourd'hui pour les nouvelles "colonnes de la rue Watt" ?

Avec leurs "sculptures lumières", les architectes, designers et autres éclairagistes ont, disent-ils: "chercher à restituer l'esprit du lieu". Esprit, es-tu là ?

Hélas, il semble bien que non, car à la vue de ces pseudo-œuvres d'art, on comprend que la rue Watt n'est plus que le fantôme d'elle-même.

L'atmosphère si particulière de la rue Watt serait donc sensée être recréée par ces colonnes en inox, ajourées pour laisser passer la lumière de lampes à la vapeur de mercure et dessiner des entrelacs sur le sol …

Mais enfin, est-ce  bien encore la rue Watt… ?

 

Car il faut rappeler ce qu'était la rue, avant que les tonnes de béton de l'opération "Paris Rive Gauche" se déversent sur elle.

Jadis, la lumière naturelle filtrait au travers des poutrelles à claire-voie et le bruit des rames chantait au dessus de nos têtes … créant une atmosphère unique, hélas maintenant totalement disparue.

Aujourd'hui, dans le silence de son sarcophage de béton, isolée des voies en surplomb,  … la rue Watt de Tardi, de Léo Mallet, de Jean-Pierre Melville et de Boris Vian … est définitivement morte.

Pourtant, comme un infime signe d'espoir, les graffitis commencent à faire leur réapparition dans la nouvelle rue toilettée, aseptisée. Et pour le moment, les services de la Ville de Paris n'ont pas réagi … comme s'ils n'avaient pas encore décidé si la rue Watt devait rester "impeccable" où alors si elle pouvait retrouver un peu de sa noirceur étrange et de sa vie d'antant ?



>> C'était comment avant … ?

>> L'enterrement en couleurs de la rue Watt (mai 1993)

>> La rue Watt sur YouTube.


 

 

 

 

 

 

 

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La violence des démolitions forcées.

10 Mars 2011, 09:22am

Publié par barreteau

"Maison clou" à Chongqing en 2007.


Parisperdu regrette souvent les démolitions sauvages qu'ont connu et que connaissent encore les quartiers Est de la capitale.
Pourtant ces faits peuvent paraître relativement secondaires si l'on compare la situation parisienne avec celle que vivent des chinois de Pékin et d'un peu partout en Chine.

Dans l'empire du milieu, la violence des démolitions forcées a conduit un internaute chinois à dresser "une carte du sang" de l'immobilier chinois ... !
Cette carte répertorie les incidents violents auxquels ont donné lieu des expulsions en Chine.

L'auteur, qui a pris le pseudonyme de Xuefangditu, ou "carte de sang de l'immobilier" , incite les internautes à "refuser d'acheter les logements où le sang a coulé".
Sur Google Map, son
site , consacré "à toutes les existences qui ont pâti de l'ultra-rapide processus d'urbanisation chinoise" (sic), reçoit chaque jour, depuis sa création en octobre dernier, un nombre croissant de visiteurs ...


En cliquant sur chacun des évènements répertoriés, on peut
lire les détails de l'affaire, et des liens renvoient à d'autres sources.

Ainsi, la date du 8 avril 2010, renvoie à la mort du directeur de la commission de construction, au sein d'un district de la ville Fushun, dans le Liaoning. Le fonctionnaire, chargé de la démolition, a été assassiné à l'arme blanche par Yang Yi, le propriétaire d'une "maison clou", appelée ainsi car il refusait de bouger.
Quatre ans auparavant, les démolisseurs avaient battu à mort le fils du voisin de Yang Yi, âgé de 24 ans.

Le 20 août 2010, à Kunming, dans le Yunnan, He Yuqiong, une femme qui résistait aux démolisseurs, avec mère et enfants, dans leur "maison clou" de Kunming, une résidence de 6 étages que la famille avait construite, a fait exploser une bouteille de gaz. Une dizaine de personnes ont été blessés. He Yuqiong est décédée des suites de ses blessures. La famille avait accroché aux fenêtres une grande banderole, sur laquelle était écrit : "nous vivrons avec notre maison, ou nous mourrons avec elle" !

Bien souvent désormais, la politique et l'économie procèdent d'une même logique où l'humain n'existe plus.
Ici comme ailleurs, les puissants décident avec pour conséquence : du sang et des larmes …




>> Le site de Xuefangditu, ou "carte de sang de l'immobilier".

>> Lire aussi sur Parisperdu : "Démolition des murs ... démolition des vies"

 



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Dans la "jungle" des panneaux publicitaires.

6 Mars 2011, 09:25am

Publié par barreteau

© Photo : Nicolas Hervé

 

 

Les pouvoirs publics entendent "réformer" l'affichage publicitaire. Il s'agit là d'un engagement phare du Grenelle de l'environnement.

Le texte a été mis en consultation publique jusqu'au 11 mars 2011 sur le site du ministère du développement durable.

Ainsi, dans Paris intra-muros, on devrait avoir une moindre densité de publicité, avec des formats plus restreints et moins d'éclairage. La "jungle" des panneaux publicitaires serait alors moins oppressante …

Mais pour le "Collectif des Déboulonneurs", le texte est bien trop timide et ménage trop les professionnels de l'affichage.

En fonction de ce qui ressortira de cette consultation publique, il y a fort à parier que nous reverrons bientôt les "Déboulonneurs", pour des actions coup de poing dans les rues de Paris.


>> Le site des Déboulonneurs.



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Au cimetière des ambitions.

2 Mars 2011, 10:40am

Publié par barreteau

 

6 - 10,  Rue Watt, 75013-  Paris (juillet  1996)

 

C'était au temps où la rue Watt avait encore une certaine aura auprès de ceux qui venaient respirer ici un peu de poésie urbaine, mais aussi auprès de ceux qui quotidiennement venaient y travailler.

Dès le début des années 70, un grossiste asiatique de l'alimentaire avait implanté ici un entrepôt où il stockait des produits importés, en groupage, de Chine et du Vietnam.
Il s'agissait de produits de premières nécessités comme des vermicelles ou des galettes de riz, de la sauce de poisson ... autant de denrées destinées à approvisionner la communauté asiatique de Paris.

Avec l'arrivée des premiers réfugiés de l'Asie du Sud-est en 1975, la société se développe vite, et la petite entreprise familiale, qui à l'origine ne disposait que d'un minuscule magasin à la place Maubert, va rapidement s’agrandir et ouvrir plusieurs boutiques de détail dans Paris, puis elle passera aux supérettes et à la vente en gros.


Un tel succès fera forcement des envieux, des jaloux non dénués parfois d'un certain relent de racisme. Pas étonnant alors que, rue Watt, sous l'enseigne de la société, un tag rageur proclamait : "la France aux français" !

Depuis cette époque, tout a bien changé rue Watt où la poésie urbaine est désormais au cimetière des ambitions …



>> Ne cherchez plus la société THANH BINH, rue Watt ….

>> La rue Watt sur Parisperdu.

 

 

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Artisans : générations perdues

26 Février 2011, 10:25am

Publié par barreteau

Maurice dans son atelier du 19 rue des Orteaux, en Mai 1995.

 

 

Maurice Caner était un personnage attachant. Ses yeux, le jour de notre rencontre, avaient bien du mal à fixer l'objectif, dans la lumière qui cascadait à travers la semi-pénombre de son atelier. Peut-être avaient-ils, au fil des années, trop longuement fixés cet ouvrage qui fatigue le regard ? Ou bien s'étaient-ils usés par l'application qu'exige le métier de tapissier ?

A 70 ans, il faut bien que la vie vous ait marqué quelque part …

 

Fatigué ou pas, son regard brillait de malice, coulait sur ces joues roses où s'éparpillaient des poils de barbe mal rasée. Il avait la mèche un peu folle, le tablier fatigué de se tenir à son cou, le pull qui dégoulinait comme le pourpoint d'un noble de la capitale. Oui ! Maurice était probablement dans sa simplicité joyeuse, l'un des derniers seigneurs du quartier, lui qui était né là, dans ce coin du 20ème, bien loin des beaux quartiers qu'il ne fréquentait guère.

 

A l'époque, difficile de faire plus perdu que cette rue des Orteaux. Pourtant le coin était plein de mouvements, de vrombissements ... Plus d'une trentaine d'artisans se faisaient face de chaque côté de la rue : des tapissiers, des serruriers, des cordonniers, des encadreurs-doreurs …. Toute une agitation, toute une vie de labeurs pour permettre la vie des humains.

 

Que de silence aujourd'hui dans la rue des Orteaux, où l'odeur des travaux sur le bois ou le métal a disparu. Pourtant, avant de continuer notre balade, il est peut-être important d'errer un moment dans cette rue pour croiser, à l'occasion, l'un de ses vieux habitants qui garde encore le souvenir de plusieurs générations d'artisans du quartier. On pourrait échanger quelques mots et emporter ensuite avec soi, un peu de cette existence qui donne à comprendre tout un Paris disparu …

 

 

>> Maurice, dernier tapissier de Charonne

 

 

 

 

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Sans-Papelards

22 Février 2011, 09:43am

Publié par barreteau

© Campagne d'affichage de RESF (Réseau Education Sans Frontières) - mai 2009.

 

Dans les quartiers Nord, dans l'Est parisien, que ce soit à Barbès ou à Belleville, chaque balade va vous faire croiser une foule d'immigrés ... Beaucoup sont des gens valeureux sans qui notre société ne fonctionnerait pas. Ils travaillent dans le BTP, la restauration, … ou gardent nos enfants. Ils sont partie intégrante de notre société … Seul hic de taille, … ils sont sans papiers !

Ils occupent souvent des tâches que la plupart d'entre nous se refusent d'effectuer. Parfois ils vivent des conditions de travail insupportables, et c'est justement pour cela que des "boîtes" sans scrupules emploient ces immigrés clandestins, prêts à tout pour s'installer ici.

Mais cette misère doit-elle, par une compassion somme toute naturelle, nous pousser, nous entraîner à régulariser aveuglément ces malheureux ?
Comment casser ce trafic d'êtres humains ? Comment appliquer nos lois et préserver les acquis sociaux des salariés "avec papiers" ?

Les "sans-papelards" posent beaucoup de questions à notre société ... et les réponses ne viennent pas vite !


>> En savoir plus: "Campagne jeunes majeurs de RESF"


 

 

 

 

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Fragile témoignage.

18 Février 2011, 09:02am

Publié par barreteau

 

 

La rue de Belleville est l’une des rues les plus animées de Paris. Et pourtant, dans beaucoup de ses cours intérieures, règne un calme surprenant.

Ainsi, au 140 de la rue, vous pénétrez dans cette ancienne cité ouvrière construite en forme de U. Les murs de cette cité sont les derniers et fragiles témoignages d'une civilisation emportée par le vent du changement, car plus bas, rue de Belleville, les modernes façades, lisses et monotones, partout règnent en maître …

Souvent je me surprends à observer le renouveau de ce quartier comme Monsieur Hulot contemple la Modernité : d'un œil amusé … mais circonspect.


>> Voir aussi sur Parisperdu : "Habitat populaire à Ménilmontant".

 

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Habitat populaire à Ménilmontant.

14 Février 2011, 09:23am

Publié par barreteau

Rue Westermann  Paris 20ème – (1996)

Que reste-t-il de l'habitat populaire de Ménilmontant ?
Dépassé, archaïque, moribond, l'habitat populaire de Ménilmontant vit depuis des décennies, la chronique d’une mort annoncée.
Le jeu de go continu, c'est la tactique de l'encerclement qui prévaut ici …

L'Est parisien a déjà bien changé mais va encore beaucoup évoluer.
Pour autant, va-t-on y vivre mieux ? Tout dépend pour qui !

Paris devient une ville plus petite-bourgeoise, moins populaire. L’arrivée de nouvelles populations dans le Nord et l’Est a modifié la physionomie urbaine. Ces nouveaux résidents, qui travaillent dans la pub, la mode, les médias ou le design, ont assez d’impact sur leur environnement pour l’ajuster à leur mode de vie. Aussi, inéluctablement, on va vers une homogénéisation des habitats et des habitants.

L’amélioration du cadre de vie rend Paris plus attrayant et c'est tant mieux. Mais cela entraîne une augmentation forte de la demande de logements (due aussi aux difficultés de transports "centre-banlieue") avec son corollaire automatique : des prix de l’immobilier en très fortes hausses dans les quartiers autrefois les moins prisés.

Oui, la qualité de vie à Paris est bonne… à condition d’y travailler, et d’avoir les moyens de s'y loger...

 

>> Voir aussi "Parc zoologique de Ménilmontant". Pour que l'habitat populaire de Ménilmontant ne devienne pas le dodo de l’île Maurice.


>> Pour aller plus loin, lire : "Sociologie de Paris", de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, éditions La Découverte.

 

 

 

 

 

 

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Les Petits Pierrots.

10 Février 2011, 08:57am

Publié par barreteau

Terrain d'aventures des Petits Pierrots, au 15 rue des Vignoles Paris 20ème (juin 1997)

 

Dans les interstices de la ville, sur les terrains laissés vacants à la suite de démolitions, les petits Pierrots s'ébattent joyeusement.

L'association "Les Petits Pierrots" -  installée dans le 20e arrondissement - a pour objectif de proposer aux adolescents et aux enfants du quartier de la Réunion des activités pour qu’ils sortent de leur hall d’immeuble. Dans ce secteur de l'Est parisien, les Petits Pierrots s'occupent de jeunes dont personne ne veut s'occuper.

Au départ, en 1988, l'association a créé des "terrains d'aventures" où les jeunes peuvent se réunir librement. Un terrain d'aventures, c'est un terrain vague converti en aire de jeu et de découverte, aménagée par et pour les enfants.

Mais le terrain d’aventures ne résiste pas à la pression immobilière, il déménage au gré des constructions nouvelles qui s'édifient sur les sites occupés provisoirement par les Petits Pierrots : rue des Amandiers, rue des Vignoles, rue de Fontarabie … puis plus rien depuis 2008 : plus de terrain … plus d'aventures !

Reste aujourd'hui un espace d’accueil et de loisirs, dans un local d’une cinquantaine de mètres carrés en sous-sol, au 33 rue de la Réunion, où les jeunes peuvent se retrouver autour de jeux de société et de jeux vidéos, peindre, ou préparer des spectacles pour les parents …

Mais depuis plus d’un an, l’association ne peut plus payer son loyer et les Petits Pierrots, après 22 ans d’activité, sont menacés d’expulsion. Sans local, l’association n’aura plus qu’à fermer ses portes.

Toutefois l’association devrait pouvoir conserver son local de la rue de la Réunion après avoir trouvé in extremis un accord avec la mairie du 20e qui a ainsi voulu signifier l’importance qu’elle accorde aux Petits Pierrots dans le quartier de la Réunion.

La mairie du 20ème pourrait même envisager de verser une aide à l’association pour solutionner définitivement ses problèmes de financement.

Les Petits Pierrots ne sont pas encore sauvés, mais même au clair de la lune … leur horizon s'éclaircit bigrement …


>> Le blog des Petits Pierrots.



 

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Paris métisse.

6 Février 2011, 09:43am

Publié par barreteau

 

Amoureux de Paris, Parisperdu multiplie les itinéraires à travers la capitale, à la fois moderne et nostalgique, il cueille les roses de la cité, sans jamais oublier les mauvaises herbes.

 

Déjà midi, mais la ville semble à peine sortir d'une léthargie hivernale: Belleville, la colline oubliée de Paris est juchée sur sa solitude. De-là, il est possible de mieux comprendre ma ville, mon Paris, en effectuant un parcours dans l'imaginaire de cette cité en perpétuel mouvement, une mémoire des pas qui emporte là où l'enfance à laissé des traces indélébiles. Là où les façades tombent en poussière, où renait un Paris toujours conquérant, mais pour moi rarement séduisant … et auquel je préfère un Paris secret, intime, loin de tout maquillage.

Belleville avec son aspect unique, sa mixité de nationalités, c'est le Paris du pauvre, le Paris de la marge. Mais la vie y est joyeuse, bruyante, pleine de liberté … et  j'y retourne souvent pour y retrouver mes réflexes conditionnés.
La mémoire des pas, puis s'asseoir sur un banc, près de petits commerçants hyperactifs, au milieu des piaillements d'enfants, de la circulation incessante, des musiques qui s'entremêlent, des effluves de menthe, de coriandre … et alors vous voilà en prise directe avec cette ambiance chaotique, colorée, excessive … la vie, quoi !

Et là, parmi les regards brûlants pris dans les mailles d'une lumière hésitante, le long des façades crasseuses, dans les ruelles cachées, les bars mal famés, la légende de Belleville se traine encore.

Le changement de la population de Belleville et de Ménilmontant n'est pas toujours perceptible mais il est actif. La politique de la Ville a changé la donne: le modèle de ville qui est proposé est celui d'une ville "bien propre sur elle", d'une ville sélective … ce qui entraine fatalement un changement dans l'imaginaire de Belleville.

Nouvelle conception de l'espace, nouvelle conception de la cité, comment ne pas être sensible à la crise d'identité de ces quartiers de l'Est parisien ? Car à Paris, il y a encore quelques décennies, chaque quartier avait sa personnalité, jusqu'à l'arrivée de cette uniformisation. Chaque jour, j'observe la victoire de cette architecture de rénovation, poussée par la spéculation immobilière, qui conduit à la pasteurisation d'une certaine façon de vivre …

Belleville n'est pas, comme le reste de Paris, rempli de monuments imposants, mais c'est un quartier qui a plein de petites choses intéressantes … Histoire, architecture, urbanisme, révoltes, réformes, Belleville n'en finit pas de renouveler sa garde-robe.

Au marché du boulevard de Belleville, il faut venir le matin humer l'air pétillant de
la ville.
Là, fruits, légumes, couleurs, odeurs, lumières, rien n'a changé. Au marché, se croisent touristes, adolescents aux percings, parisiens blasés, immigrés chinois, africains … Un brassage de population exceptionnel tant par les nationalités que par les classes sociales. Mannequins light, ménagères en goguette, écrivains inspirés, designers réputés, voleurs à la tire, Belleville demeure un lieu unique dans la capitale.


Après le marché, sur le boulevard, des enfants de toutes nationalités jouent ensemble au football. Les épiceries turques, sénégalaises, chinoises … émergent de toutes parts. Ici, c'est une vie sauvage qui bourgeonne.

Flâner, encore flâner, marcher au hasard des rues, puis aller boire une bière à "La Veilleuse" et c'est un moment de plaisir. En dehors de ce lieu, je ne retrouve plus aucun café où passer un moment agréable. Les opérations spéculatives des années 70 ont abouti à la destruction de la quasi-totalité des bistrots. Maintenant, tels des acteurs: dealers, touristes, parisiens se côtoient, apparemment indifférents les uns aux autres. Assis derrière ma bière, je ne me lasse pas du théâtre de ce carrefour.

Et, lorsque le soir pointe, les ombres s'allongent, il devient alors le rendez-vous d'une faune qui fait fuir beaucoup de personnes …

Fidèle à son Histoire, Belleville la métisse fait de la résistance …



>> A la découverte de Belleville et de Ménilmontant ...

>> Belleville, embarquement immédiat ...

 

 

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Hôtellerie familiale.

2 Février 2011, 09:22am

Publié par barreteau



Au 21 de la rue Victor Chevreuil s'ouvre une porte discrète avec cette inscription sur l’imposte : "Family Hôtel ". C'est un "meublé" qui accueille, comme son nom semble l'indiquer, des familles. Vu la vétusté des lieux, on a compris qu'il s'agit de familles déshéritées, souvent des immigrés en situation plus ou moins régulière et qui n'ont d'autres choix pour se loger.


Elles doivent s'acquitter d'un loyer prohibitif au regard du confort qui leur est proposé, près de 1000 euros par mois ! Aussi ces familles, pour la plupart arrivées du Sierra Leone ou de Mauritanie, s'entassent-elles à 5, 6, 7 voire plus dans les petites chambres du  "Family Hôtel ".

Déclaré immeuble insalubre en 1999, l'hôtel fermera l'année suivante.
Le bâtiment n'a pas été rasé. Il fût restauré et aménagé en appartements.


La rue a toutefois conservé sa vocation d'accueil et d'hébergement de parisiens à faibles revenus, car en face du feu "Family Hôtel,  au 16 de la rue, se tient la Résidence Etudiante Victor Chevreuil.



>> Le 21 rue Victor Chevreuil, aujourd'hui.

>> Déjà dans Parisperdu : "Garnis et meublés, une chambre en ville"


 

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" Même pas peur ... !"

29 Janvier 2011, 09:44am

Publié par barreteau

Rue Ernest Roche, Paris 17ème


La rue n'est pas très gaie. La voie ferrée de la petite Ceinture la borde sur un côté, et, sur l'autre, des HBM aux soubassements en meulière, se dressent ça et là, laissant, de temps à autre, la place à de petits espaces verts. C'est un environnement qui n'incite guère à la promenade mais il  fait très beau ce jour-là et je descends tranquillement cette rue lorsque mon attention est attirée par des cris d'enfants.

Au pied des HBM, deux gamins courent dans le jardinet. Ils cherchent à s'attraper mutuellement et leurs jeux finissent le plus souvent en bagarre ... La scène est pleine de vie aussi je reste un certain temps, derrière les grilles du petit jardin, à l'observer.

Soudain une dame sort de l'immeuble et sur un ton sec leur ordonne de cesser ce jeu et de rester calme. A son allure et à la façon dont elle parle aux garçons, je comprends que ce doit être la gardienne de l'immeuble.

Les deux gamins s'arrêtent et vont même jusqu'à s'asseoir un instant sur le tabouret que la dame leur a apporté ... puis le plus jeune lance, dans un éclat de rire cette boutade : " Même pas peur " ...

Et les voilà qui reprennent leurs jeux endiablés ...



>> Autres gamins de Paris, sur Parisperdu.


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Avis de décès.

25 Janvier 2011, 08:57am

Publié par barreteau

 "Au Bon coin", à l'angle de la rue de la Duée et de la rue Pixérécourt, Paris 20ème


A Paris, des petits bistrots et des restaus à l'enseigne du "Bon coin", il y a en presqu'un par arrondissement.

A la jonction de la rue de la Duée et de la rue Pixérécourt, celui-ci avait beaucoup de charme car il occupait l'une de ces maisons d'angle, si caractéristiques de l'ancien village de Ménilmontant.

Jusque dans les années 90, ce "Bon coin" était un havre de paix et de convivialité. La cuisine servie ici, était familiale et copieuse, et pour quelque 7 ou 8 euros vous pouviez vraiment vous régaler. En été, prendre un verre là, sur sa mini-terrasse en légère pente, était une expérience unique. Certes l'établissement n'était pas luxueux, loin de là, mais les deux vases en fonte qui surplombaient la façade lui donnaient une petite touche "versaillaise", un supplément de grandeur ...

Puis les clients se sont fait rares dans ce coin reculé du 20ème arrondissement et un jour, le bistrot ferma définitivement ... Une pizzeria vint s'installer là quelque temps, le gérant repeignit la façade d'un rouge criard qui n'avait pas sa place ici. On se doutait bien que la Pizzeria Virginia ne ferait pas long feu ... et effectivement, elle baissa le rideau assez rapidement.

Aujourd'hui, le "Bon coin" est mort, l'avis de décès a été publié et, depuis longtemps déjà, il a abandonné ses fonctions commerciale et sociale.

Des bobos à l'affût de ce type de local ... "si authentique, si tendance", ont transformé le bistrot en une habitation atypique, le genre de logement qu'ils aiment entre tout.
Et aujourd'hui, quand je repasse dans le "coin", je ne retrouve plus rien de "bon" ...

 

>> L'éphémère Pizzeria Virginia

 

 

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