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PARISPERDU

L'envers de la ville, la ville à l'envers.

23 Mai 2011, 08:45am

Publié par barreteau

Campement de Roms, Bidonville (2002- 2006) -  Boulevard Mac Donald - Paris 19ème

Photo © Eric Garault /Picturetank.

 

 

Le point de départ ne peut être plus concret : une carte IGN de Paris et de sa région. Sur la carte, des zones restent étrangement blanches, sont-ce des terrains à construire, des terrains  militaires … ?
Lorsque vous allez sur place explorer les lieux, les "vides" de la carte n°2314 OT de l'IGN, vous comprenez alors que les cartes n'entretiennent que des rapports très lointains avec le réel !

Souvent, derrière ces occultations suspectes, vous allez découvrir ce que nos villes modernes refoulent vers l'extérieur : une misère odieuse et anachronique, des bidonvilles cachés aux portes de la capitale, des espaces réservés aux sans domicile fixe et aux gens du voyage.
Et, dans le Paris citadin, boulevard Mac Donald, ou Porte d'Aubervilliers, c'est l'envers de la ville, la ville à l'envers : tout ce que nos responsables politiques nous cachent.

 

Ayant vu ce que dissimulait la carte de la région parisienne, on comprend comment, à Washington ou au Cap, on a pu mettre en vente des plans de la ville où, tout simplement, les quartiers pauvres ne sont pas représentés. Des plans de la ville où ne figure qu'un tiers de la ville…

 

A l'heure où les métropoles voient leurs townships et leurs favelas broyés par l'abandon, à l'heure où Paris devient une ville-musée inaccessible; les campements du boulevard Mac Donald ou de la Porte d'Aubervilliers montrent le paradoxe de nos mégapoles : à l'époque du GPS et des caméras de surveillance, nous ne connaissons rien du monde ...



>> Aller plus loin avec le "Livre blanc" de Philippe Vasset.

>> Bidonvilles/Seine, par Eric Garault




 

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De la zone au périph'.

19 Mai 2011, 09:29am

Publié par barreteau

Le Périph' / Porte Dauphine

Paris est l’une des rares capitales, d’un pays majeur, d'une surface aussi petite et entièrement verrouillée par un périphérique visuellement très présent.

Construit en 1973, le périphérique a remplacé les fortifications, communément appelées "fortifs" . Au-delà, il y avait " la zone".
"La zone", c'était l'endroit où l'on était en dehors, en dehors de la ville, de la société, des lois, un endroit marginal et incertain, où l'habitat était précaire. 

 

Mais, depuis que cet espace large de 400 mètres a été récupéré, dans les années 20 à 30, aucun pouvoir politique n'a jamais eu de plan d'aménagement cohérent, si bien qu'on a reconstitué sur l'espace des "fortifs" un "no man's land" entre ville et banlieue.


Dans cet interstice, on a accumulé, pêle-mêle, constructions et  équipements, et l'on a ainsi constitué une barrière difficilement franchissable.

 

Le "Grand Paris" tant annoncé, tant attendu donnera-t-il à la ville un peu d'air ?  
Pas si sûr, car à l'arrivée, ces grands projets causent parfois de grandes déceptions …



>> La "zone" d'Ivry il y a un siècle - 1913 (© Photo : Agence Rol)


>> La construction du périphérique parisien. (Archives INA)

>> Intra-muros.

>> Ici, Paris n'est plus le même …

>> Espaces urbains à vocations indéfinies

>> La vie sous le périph'
 



 

 

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La ville palimpseste.

15 Mai 2011, 12:14pm

Publié par barreteau

Rue René Descartes - Paris 5ème: L'arbre des rues  (Pierre Alechinsky et Yves Bonnefoy)

 

Palimpseste, ce drôle de vocable signifie en grec ancien, "gratté de nouveau", et le mot désigne un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau.

 

Par extension, on parle parfois de palimpseste pour un objet qui se construit par destruction et reconstruction successive, tout en gardant l'historique des traces anciennes. L'écrivain et essayiste Olivier Mongin étend la notion à la cité et parle de la "ville palimpseste" dans son ouvrage: " La Condition urbaine. La ville à l’heure de la mondialisation".

 

Oui, Paris est une ville palimpseste où les métamorphoses de l’urbain sont quasi-permanentes.

Le territoire de la capitale se construit, se détruit, se reconstruit et des traces palpables de l'ancien demeurent sur la nouvelle trame urbaine.


>> Palimpseste, Wikipédia vous dit tout ...

 

 

 

 

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À la Vierge de la Réunion.

11 Mai 2011, 09:40am

Publié par barreteau

Angle de la rue de la Réunion et de la rue des Vignoles Paris 20ème - Juillet 1996

 

A Ménilmontant, cette maison de village devait être rasée.
Vouée à la destruction, "la Vierge " est  une miraculée de la pelleteuse, sauvée grâce à la résistance des associations du quartier Réunion.
Elle abrite désormais un bistrot à vins… et, à l'angle de la rue des Vignoles, quoi de plus normal car, pour la petite histoire, rappelons-nous que ce nom évoque la culture de la vigne, jadis principale activité de cet endroit, sur le coteau de Charonne.

 

"À la Vierge de la Réunion" voit le jour en 1958, et accueille alors les artisans du quartier qui viennent s’y restaurer autour de sa spécialité : le couscous.

Mais depuis le sauvetage de l’établissement, "la Vierge" a été réhabilitée, modernisée et a "monté en gamme". Aujourd'hui, Mourad en salle et Leila aux fourneaux, vous proposent désormais une cuisine de qualité, simple, faite "comme à la maison", avec un très bon choix de vins.


Ici, l'hospitalité reste "à l'ancienne" et, dans une ambiance décontractée et conviviale, on retrouve l’âme du quartier.
"À la Vierge de la Réunion" est assurément une adresse à connaître …

 


>> Leila Houari, une femme pas ordinaire, aux fourneaux de "La Vierge de la Réunion".

>> "Vous voulez voir la carte ?"

 

 

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Les petits commerces de proximité vont-ils disparaître ?

7 Mai 2011, 09:02am

Publié par barreteau

19 rue des Gardes- Paris 18ème (juillet 1996)

 

Dans ma rue, j'ai vu les commerces fermer les uns après les autres et pour les gens du quartier, il n'y a presque plus rien. Le secteur n'a plus d'attrait, ma pharmacienne affirme que lorsqu'elle est de garde, on ne la trouve jamais.

Dans ce coin du 18ème arrondissement, le coiffeur, le libraire, le marchand de vin et un traiteur ont déjà fermé depuis longtemps, … plus récemment c'est la boucherie, qui vient de tirer le rideau. Restent un café et une boulangerie … guère suffisant pour faire de ce bout de quartier, une vraie petite place de village.

Cette disparition au compte-goutte de nos commerces traditionnels a de quoi inquiéter celles et ceux qui restent attachés à "l'esprit village" de l'arrondissement.


On ne trouverait plus qu'une cinquantaine de poissonneries dans tout Paris, contre plus de 250  "Phone Boutique". Une évolution symptomatique du mal qui gagne nos rues commerçantes : la disparition des commerces de bouche... Car aujourd'hui à Paris, à cause des effets de la spéculation immobilière, l'achat d'un local commercial par un petit commerçant est pratiquement impossible, … seules les grandes enseignes et leurs franchisés peuvent s'y développer.

 

Les chiffres 2008-2009 de l'Atelier Parisien d'Urbanisme, sur le petit commerce à Paris, n'étaient déjà pas très réjouissants et il semble que le phénomène se poursuive, voire même s'aggrave d'année en année.

 

Avec la disparition de nos bouchers, traiteurs, poissonniers ou fromagers, c'est une certaine idée de Paris qui s'en va. Et pourtant, l'activité commerciale n'est-elle pas un élément majeur de l'animation de nos quartiers ?
Mais, mise à part la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, qui tire la sonnette d'alarme... qui se soucie de la mort de nos commerces de proximité ?


>> Déjà sur Parisperdu : "On ferme …"

>> Meme lieu, rue des Gardes, aujourd'hui.



 

 

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Quel avenir pour les kiosques à journaux ?

3 Mai 2011, 09:30am

Publié par barreteau

 

Aujourd'hui, 341 kiosques à journaux sont disséminés sur tout le territoire de la capitale.
Ce maillage particulièrement dense offre la possibilité de trouver son quotidien ou son magazine préféré, avant même les premières lueurs du jour et jusque très tard dans la nuit. Certains kiosquiers ouvrent en effet dès 4h30, alors que d'autres ne ferment, la nuit, qu'à 2h00 passées.

 

A Paris, cette vente sur la voie publique est une activité qui a toujours été synonyme de convivialité urbaine et de création de lien social. Ce réseau de commerçants indépendants fournit en effet, un service de proximité essentiel à la vie de quartier.
 

Le métier est pourtant plutôt dur, car même si on est son propre patron, et même si on peut lire à loisir la presse, … les horaires sont longs, les courants d'air permanents et, sur fond de crise des quotidiens, la  rémunération est de plus en plus faible …
 

Aussi, depuis une quinzaine d'année, le nombre des kiosques a été en constante diminution: de 400 en 1995, il était tombé à seulement 268, en 2005. Date à laquelle, la ville a lancé un plan d’action quinquennal visant à rouvrir 50 kiosques et à en créer 50 autres. Et d'ici 2015, un nouvel objectif a été formulé, avec la création de 40 nouveaux kiosques dans la capitale, dont 10 réouvertures.
 

Le 27 novembre dernier, le "kiosque de presse du futur" a été dévoilé. La forme et les fonctionnalités de ce modèle de kiosque à journaux, réalisé par le designer Ora Ito, ont été repensées avec notamment l'intégration de technologies permettant l'essor de nouveaux services interactifs et de nouveaux espaces publicitaires sur grands écrans numériques.
 

A Paris, les kiosques à journaux ont encore de l'avenir …

 

 

>> Carte des kiosques parisiens.
 

 

Revue du mobilier urbain sur Parisperdu:


>> Les Vespasiennes ou Sanisettes.

 

>> Les cabines téléphoniques.

 

>> Les colonnes Morris.

 

>> Les fontaines Wallace.

 

 

 

 

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La Mouzaïa : encore un village (2/2).

29 Avril 2011, 10:24am

Publié par barreteau

Le hameau du Danube. Paris 19ème


Vous qui empruntez la rue du Général Brunet, dans le 19ème, vous allez sans doute passer devant ce hameau sans même le remarquer. Ce hameau, c'est le hameau du Danube, organisé de façon symétrique autour d’une voie en Y, un rationalisme qui n’exclut pas le pittoresque.

Il est composé de 28 maisons réalisées dans les années 20 : des maisons ouvrières toutes simples mais devenues très chics …

 

Dans la capitale, la maison individuelle est un produit rare. Paris en compte environ 12.000, ce qui est peu pour une population intra-muros de 2,2 millions habitants.

De surcroît, contrairement à Londres ou Amsterdam, les maisons parisiennes sont de style très divers: maisons ouvrières, villas, cités, ... un  habitat essentiellement localisé dans les arrondissements périphériques qui étaient, avant 1860 des communes extérieures à Paris et où une frénésie spéculative donna naissance à une multitude d'opérations de lotissements sur lesquels furent construites un grand nombre de maisons individuelles.

Toujours est-il que ces maisons, plébiscitées à l'époque par les ouvriers qui mettaient un point d'honneur à devenir propriétaires, ne sont plus en 2011, acquises par des ouvriers !

 

Rare et très tendance, la maison parisienne a toujours été onéreuse. Mais, depuis six ans, la valeur s'est surmultipliée et ces fameuses maisons ont facilement doublé de prix dès lors qu'elles présentent un petit lopin de verdure.

Très peu sont encore dans leur "jus", avec la cave à charbon, le vasistas dans la toiture, l'appentis dans la cour arrière abritant une cuisine de fortune. Au gré des reventes, des travaux ont été réalisés et la plupart des maisons sont désormais aux normes du confort moderne.

 

Au hameau du Danube, pas facile d'en dénicher une, les heureux propriétaires se séparant difficilement de leur petite perle. Et, dès qu'une occasion se présente, le bouche à oreille fonctionne … et l'affaire est réglée en 48 heures.


>> La Mouzaïa: encore un village (1/2)

>> Voir aussi sur Parisperdu: la Villa du Danube



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La Mouzaïa: encore un village (1/2).

23 Avril 2011, 08:37am

Publié par barreteau

Villa Amalia, Paris 19ème.

 

Dans le 19e arrondissement de Paris, juste au-dessus du Parc des Buttes-Chaumont, il est une rue au nom exotique: c'est la rue de Mouzaïa. Ce drôle de nom lui vient de la région de Blida en Algérie.

Cette rue particulière dessert de part et d'autre toute une série d'allées en pente, flanquées de maisonnettes toutes d’allure modeste et sagement rangées dans un écrin de verdure. A quelques pas de là, menacent au loin les tours et les barres de l'écrasante Place des Fêtes, qui n'a plus la chance de mériter son nom.

 

Au 32-34 rue de Mouzaïa s'ouvre la villa de Bellevue, c'est l’une des plus homogènes et des plus représentatives du quartier avec ses trente “maisons ouvrières” datant de 1890.

Un peu plus loin, dans des rues parallèles : villa de Fontenay, villa Amalia, … on retrouve les mêmes maisons ouvrières, toutes construite quasiment à l’identique.

 

Ces maisonnettes ont, en effet, une configuration commune : un jardin devant, une cour à l'arrière. Le profil pavillonnaire du lotissement est directement lié à la nature du sous-sol percé de nombreuses galeries et dont l’instabilité interdit la réalisation de grands immeubles … une chance qui en fait aujourd'hui sa singularité, son charme, et son paradoxe car le temps est désormais loin où le secteur était encore destiné aux plus défavorisés !
 

C'est qu'en effet, la Mouzaïa est devenue à la mode et ses maisonnettes rares et très tendance, s'arrachent désormais à pris d'or.

Alors "bobos de toutes" tendances, tous à la Mouzaïa !


A suivre …

 


>> Villa Emile Loubet, sur Parisperdu.

 

>> Aussi sur Parisperdu: Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre.

 

 

 

 

 

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A Paris, les bourgeois sont à l'Ouest, les bobos sont à l'Est.

19 Avril 2011, 08:30am

Publié par barreteau

Paris, vue vers le Nord-Est (depuis le haut de la tour-Montparnasse).



Pour qualifier l’arrivée de catégories intellectuelles plus ou moins fortunées dans les espaces populaires des centres villes, les Américains parlent de "gentryfication".
En français, il est difficile de parler d'embourgeoisement : ces habitants ne sont pas des bourgeois au sens traditionnel. Du coup, ce terme de bobo (pour bourgeois bohème) qui arrive aussi des Etats-Unis, décrit de manière assez juste la spécificité de ces habitants : de jeunes adultes en phase avec le libéralisme économique, mais qui affichent des modes de vie très différents de ceux de la bourgeoisie traditionnelle.

On est dans la famille recomposée, les droits de l'homme, l'écologie, la liberté culturelle et le vote socialiste. Et surtout, c'est essentiel, ils se reconnaissent dans les cours pavées de la Bastille, dans les lofts et les ateliers de la rue Oberkampf et, de Belleville à Ménilmontant, ils investissent les quartiers populaires de l'Est parisien.

Que faut-il comprendre de leurs motivations ?

Les bobos ont à la fois un désir de cohabiter avec ce qui reste des classes populaires, un désir d'identification avec le Paris rebelle de 1936 et de 1968. Et peut-être ont-ils aussi une culpabilité d'occuper les logements dont ont été expulsés les "prolos", les gens avec qui ils disent vouloir cohabiter.

 

Depuis la fin du XIXème siècle, les grands bourgeois vont vers l'ouest, mais ils restent toujours groupés, dans l'entre-soi. Les bobos aussi sont dans l'entre-soi, mais à l'est.

 

Un des traits des bobos, c'est le refus de l'aspect perçu comme "guindé" des quartiers de l'ouest. Le 7ème, le 16ème, Neuilly... ne conviennent pas à leur mode de vie.

Un autre trait, c'est l'affichage d'une volonté de mixité sociale. Mais c'est compliqué. Les bobos créent la mixité sociale en même temps qu'ils la font émerger comme un problème. Il y a chez eux un désir de cohabitation, d'un "résidentiellement correct" tout à fait spécifique... mais qui a ses limites. Ainsi pour s'assurer de la transmission du capital scolaire qui n'est pas garantie dans les écoles des quartiers populaires où ils résident, ils ont recours à l'enseignement privé, aux fausses adresses, ou aux dérogations …


Et même si Bertrand Delanoë, comme d'autres, met en avant la mixité sociale à travers une politique ferme de logement social, on a très envie de conclure que lorsque l'être humain peut choisir, c'est son semblable qu'il choisit.

 

Et cette mixité n'est peut-être pas gérable dans la limite des 87 km2 de la capitale ? Peut-être doit-elle s'appuyer sur un Paris plus grand ?
Vous avez dit "Grand Paris" … ?

 



>> Les bobos, sur Parisperdu.

 

>> Le Grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !


 

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Paris, l'autre "grosse pomme".

15 Avril 2011, 09:26am

Publié par barreteau

Concorde – Champs-Elysées /Paris 1959 © Willy Ronis

 
Paris est une ville ronde, une bulle qui a grossi, tout comme New-York, la "big apple". Au cours des siècles, Paris a dépassé cinq enceintes successives (celles de Philippe Auguste, de Charles V, de Louis XIII, des fermiers généraux et de Thiers) et Paris … ne compte pas s'arrêter là.

De plus, Paris est structuré par l'opposition "Ouest chic / Est populaire", "rive droite des affaires"/"rive gauche de la culture" (même si c'est en train de changer).

Et puis, il y a " l'axe du pouvoir ". C'est extraordinaire de voir que, du Louvre à l'Arc de Triomphe, tous les beaux quartiers se sont construits de la même manière. Les grandes familles de l'aristocratie et de la bourgeoisie bâtissent des hôtels particuliers, ils créent les "belles adresses" qui attirent commerces de luxe et sièges sociaux des entreprises... et ces derniers finissent par chasser ces familles. On le voit bien avec les Champs-Elysées : les grandes familles sont expulsées des hôtels particuliers qui sont transformés en sièges sociaux et le processus continue toujours plus à l'ouest.

Mais, quand on arrive au pont de Neuilly dans les années 50, là ça ne va plus. On tombe sur des petits ateliers et des immeubles sans grâce, très mal placés, en plein sur l'axe. Alors on fait intervenir l'Etat, on détruit tout, jusqu'au cadastre, ce qui est très rare, et l'on crée un beau quartier d'affaires : La Défense. Ça permet de poursuivre.

 

On verra dans trente ou quarante ans, mais on peut penser que la municipalité communiste de Nanterre va être mise en difficulté, les tours de logements sociaux vont sauter, et l'on pourra prolonger l'axe jusqu'à la Croix de Noailles dans la forêt de Saint-Germain, tel qu'il était prévu dans les plans d'urbanisme du début du XXème siècle.

Bien sûr, c'est de la fiction, mais vu ce qui s'est passé à La Défense, il n'y a aucune raison pour que ça ne se fasse pas ainsi, d'ici à la fin du XXIe siècle.



 

>> Grand Paris ou grand pari ?

 

 

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Intra-muros.

11 Avril 2011, 09:12am

Publié par barreteau

Boulevard Périphérique, vers la Porte d'Ivry Paris 13ème.


Paris est l’une des rares capitales d’un pays majeur, aussi petite en surface et entièrement close par un périphérique bruyant et visuellement très présent.
Il n'y a pas d'autre exemple au monde.


Construit en 1973, le périphérique a remplacé les fortifications. Là, il y avait " la zone". La zone, c'était l'endroit où l'on était en dehors, en dehors de la ville, de la société, des lois, un endroit marginal et incertain où vivaient "apaches" et truands.
L'habitat y était précaire : c'était un territoire militaire, on voulait conserver la possibilité de tout raser en cas de conflit. D'où la présence de marginaux, de chiffonniers, du marché aux puces …

Lorsque cet espace large de 400 mètres a été récupéré, entre 1919 et 1930, aucun pouvoir politique n'a jamais eu de plan d'aménagement cohérent, si bien que l'on a reconstitué sur l'espace des fortifs un no man's land entre ville et banlieue.
HLM, HBM (ancêtres des HLM), stades, cimetières, chemin de fer de la Petite Ceinture, boulevards des Maréchaux et périphérique s'y sont installés et constituent désormais une barrière difficilement franchissable. C'est comme s'il y avait autour de la ville un fleuve circulaire qu'on ne pourrait traverser que par ces ponts que sont les portes de Paris.

Avant la dernière guerre, Paris avait un visage différent: il y avait des quartiers très ouvriers, comme l'avenue de Choisy dans le 13ème. Dans les années 30, le Parti communiste y sonnait du clairon dans la cour des HBM pour appeler à la manif !
Il y avait aussi des poches d'habitat populaire dans tous les arrondissements, y compris le 7ème et, dans toute la ville, beaucoup de familles modestes qui habitaient aux derniers étages des immeubles, là où, à l'époque il n'y avait pas d'ascenseurs.

On vivait aussi beaucoup dans la rue, il y avait plus de corps à corps qu'aujourd'hui. Jusqu'aux années 50, de nombreux quartiers étaient comme les Grands Boulevards aujourd'hui, avec beaucoup de monde sur les trottoirs, sur la chaussée aussi, qui a depuis été neutralisée par l'automobile. Sur les vieilles cartes postales, on voit les gens discuter au milieu des places et des boulevards. C'est inimaginable aujourd'hui.

Depuis 1954, Paris intra-muros a perdu 25 % de sa population. Le Paris populaire qui était un Paris très dense est devenu moins dense, en même temps qu'il est devenu moins populaire. Les petits appartements et les ateliers récupérés ont été transformés en appartements plus grands, plus confortables, habités autrement.

Au 19ème siècle déjà, des politiques très respectables parlaient de l'invasion des "barbares", à propos des Auvergnats qui troublaient l'ordre public quasiment par leur seule présence. Quant aux pauvres, on a souvent eu la tentation de les envoyer au-delà des limites, la banlieue étant vue comme le lieu du bannissement. Cette banlieue n'a pas été peuplée directement par les gens qui arrivent de province, car ceux-ci s'installent dans Paris, à la Goutte-d'or en particulier. Et c'est seulement après une socialisation urbaine qu'ils partent en banlieue. Depuis longtemps, celle-ci est habitée majoritairement par des gens qui ont été expulsés vers la périphérie. Amorcé avec les travaux d'Haussmann, le processus se poursuit aujourd'hui encore. En même temps, la ville de Paris ne peut se passer de la banlieue : elle y a 10 % de ses HLM, 80 % de ses morts et 100 % de ses ordures.

 

Et c'est comme un appel, comme une évidence pour l'avènement d'un "Grand Paris".



>> Grand Paris, où en est-on ?

>> Le Grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !

>> Le "Grand Paris" ou comment changer ... d'aire ?

 

 

 

 

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Demain : tous bobos ?

7 Avril 2011, 08:53am

Publié par barreteau

En cyclo-pousse dans le Sud-est… parisien.

 

 

Paris n'est plus Paris.
Où est passée sa gouaille, celle des ouvriers, des artisans, des crieurs sur les marchés, des piliers de bar dans les petits bistrots de quartier ...?  Où sont les bus chargés de populo qui, le dimanche, allaient à la campagne, loin, très loin de Paris ... là-bas ... sur les bords de Marne ?

 

Qu'en reste-il aujourd'hui ?

Une grande partie de l'Est parisien s'est embourgeoisé pour laisser peu à peu place à des rues propres certes, mais sans âme et où il manque souvent la vie.

Il suffit de regarder les devantures, à chaque carrefour: banques, compagnies d'assurance, bureaux d'agences immobilières … ont pris la place des bistrots, des épiceries, des échoppes d'artisans … tout un monde disparu pour toujours.
 

Aujourd'hui, Paris m'exaspère et m'oppresse.

Dans le 20ème, il faut voir les boutiques "standardisées" de Jourdain et de Télégraphe, elles sont devenues identiques à celles du 16ème. Le dimanche,  les bobos et leurs poussettes "high-tech" envahissent, au plus près de chez eux …"leur" campagne et sa pseudo-Guinguette des Buttes Chaumont.

 

Ne serions nous pas tous devenus un peu "bobo sur les bords", lorsque nous nous adonnons aux us et coutumes de ce petit monde qui confond souvent "buzz" et culture ?
Alors demain … tous bobos ?




>> Le blog qui vous raconte tout sur la tribu des bobos.

 

 

 

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La mort annoncée des stations-services parisiennes .

3 Avril 2011, 11:14am

Publié par barreteau


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22-24 Rue Etienne Marey Paris 20ème (mai 1997)

 

Paris compte aujourd'hui une centaine de stations-service, trois fois moins qu'en 1980.

Une tendance que l'on retrouve au niveau national, mais à Paris cette baisse va encore s'accentuer dans les prochaines années. En effet, la mise aux nouvelles normes, prévue pour 2014, constituera vraisemblablement le coup de grâce des "indépendants", ces stations de trottoirs composées d'une ou de deux pompes installées en bordure de rue, dont une vingtaine perdure dans la capitale.

 

A Paris, le durcissement des conditions de stationnement, la transformation des voies en faveur des transports en commun et la montée des préoccupations écologistes ont fait baisser la circulation de 24% en huit ans. Et s'il reste encore 1,2 millions d'automobiles qui transitent chaque jour par la capitale, cela ne suffit pas pour maintenir à flot de nombreuses stations-services malgré un tarif dépassant souvent les 1,60 € le litre de sans plomb.

Les taxis ne semblent pas s'émouvoir de ces disparitions car la plupart des chauffeurs qui travaillent dans la capitale font leurs pleins en banlieue, là où le carburant est moins cher.

Les pompes parisiennes ne servent plus alors qu'en dépannage, et le client y met rarement plus de 20 € …

Trouver du carburant à Paris pourrait bientôt devenir un calvaire, comme au temps pas si lointain des pénuries dues aux grèves contre la réforme des retraites … !


>> Les cabines téléphoniques aussi …

 

 

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Le Parisien n'est qu'un provincial de passage.

30 Mars 2011, 09:19am

Publié par barreteau


Sticker trouvé dans le métro: "I love rien, I'm parisien"

 

 

C'est bien connu, le Parisien est un être fat, hautain, vaniteux, agressif, méprisant, antipathique, xénophobe et, pas très accueillant … avec son regard en coin et son sourire en berne. Bref, le parisien joue son rôle et s'y tient.

 

Allons, Parisiens : serrons nous  les coudes et faisons la gueule.

C'est comme ça qu'on nous veut, c'est comme ça qu'on nous aime !

On a un rang à tenir, que diable et il faut être à la hauteur de sa légende, car au final, il semble bien que le Parisien soit définitivement d'utilité publique : unanimement détesté, il incarne ce que l'ensemble des Français n'aiment pas chez eux !
Il est la part d'ombre de notre inconscient national. Car n'oublions pas que le Parisien en tant que tel n'existe pas : il n'est qu'un provincial de passage…



>> Voir aussi "Tout le monde déteste les Parisiens".



 

 

 

 

 

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Partez en voyage.

26 Mars 2011, 09:26am

Publié par barreteau

Le Flèche d'or café, rue de Bagnolet Paris 20ème.

 

 

Parisperdu propose un double voyage: dans l'espace et dans le temps.
Ses itinéraires dans le Nord et l'Est parisien entraînent le promeneur dans une ville qui souvent n'est plus : rayée de la carte par endroit, altérée par ailleurs du fait des spéculations administratives et financières ou tout simplement estompée par le passage des ans.

Recomposée sur elle-même, Paris laisse toutefois deviner quelques traits de son visage d'hier et veut bien nous livrer quelques indices, des repères à partir desquels le passé semble renaître, fugitif et miraculeux.

Parisperdu promet de nombreuses découvertes aux amateurs de flâneries urbaines ; les âmes poétiques lui trouveront peut être un attrait supplémentaire: une certaine capacité à ouvrir les portes du rêve.
Bon voyage …

 

 

Les itinéraires de Parisperdu :
 

>> Paris, guide à l'usage du touriste averti.  

>>  Balade "hors des sentiers battus" ... (3/3) 

>> Balade "Des Epinettes aux alentours du canal de l’Ourcq".

>> Balade "Du triangle Mouzaïa-David d’Angers-Compans à la butte Bergeyre". 

>> Balade "Du haut Belleville au bas Ménilmontant".


 

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