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PARISPERDU
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Belleville : " East side story" (4/4)

16 Juin 2011, 08:44am

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Publié par barreteau

© Photo: Centre Social et Culturel J2P 

 

Dans la sphère bellevilloise, les associations de quartier ont de, tout temps,  joué un rôle important.
Dès la fin du XIXe siècle, la vie associative a été très riche à Belleville, avec les communautés ouvrières, puis cela a perduré avec les strates successives d’immigration: juifs ashkénazes, grecs et arméniens fuyant le génocide de 1915 ; espagnols antifascistes en 1939 ; et, après-guerre, celle des pieds-noirs et des juifs séfarades entraînant des musulmans qui leur étaient liés ; enfin l’immigration économique des portugais, yougoslaves, chinois et vietnamiens, maghrébins et africains.
Belleville est une véritable mosaïque de nationalités, et beaucoup de ces communautés avaient et ont encore des associations d’entraide.

Autre période aiguë, celle de la rénovation urbaine qui suscita l’apparition de mouvements de défense des habitants anciens, puis d’intégration des habitants nouveaux.

Dans le Bas-Belleville, La Bellevilleuse a été d’une grande efficacité militante dans le domaine du logement et de l’exclusion.

Un peu plus haut, l’association de la Place des Fêtes a fini par regrouper une vingtaine d’associations de quartier aux activités très diverses.
Cette association fut l'un des protagonistes des luttes féroces - entre les riverains et les commerçants d’une part et la Ville, d’autre part - à propos de la "rénovation" de l’ancienne Place des Fêtes.

La mairie d’arrondissement ayant demandé un seul interlocuteur pour traiter la question des équipements de quartier, le Groupement des Associations de la Place des Fêtes fut alors créé. Cela n’a pas empêché les commerçants de jouer au maximum leur rôle de "groupe de pression", ni la mairie du 19e de favoriser des expressions complémentaires, voire opposées.
Mais la Ville de Paris refusa que les associations fassent partie du jury d’architecture, ceci constituant à ses yeux "un précédent dangereux". Aussi les associations publièrent dans le journal local "Quartiers Libres" leur propre classement des six projets retenus par le jury : le projet lauréat de la Ville, venait, pour elles, au troisième rang … !


Suite à ce conflit, les élus de l’arrondissement et les directions de la Ville n’ont cessé de réduire, en face du projet, l’influence du Groupement, qui a pris à partir de 1991 une direction différente et qui l’a amené à œuvrer dans d'autres domaines : l'emploi, l'animation ...

A Belleville, la vie associative fait définitivement  partie du décor …



>> "Mon point central c'était la Place des Fêtes"

>> La Bellevilleuse.

>> Belleville: "East side story " (3/4)

 

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Belleville : " East side story" (3/4)

12 Juin 2011, 09:06am

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Publié par barreteau


A Belleville, la prégnance de sa légende a viré au mythe. Pour un habitant de Belleville, il est clair qu'il peut se sentir "d'ici" même si en fait il vient de tout à fait ailleurs, et que ce sentiment a tout à voir avec l’adhésion à l’histoire, vraie ou mythifiée, de ce quartier, dès lors que l’identité de ce lieu est reconnue comme une valeur.

Pierre Sansot définit l’habitant comme celui qui adhère au mythe de sa ville. Cette problématique intègre le rejet éventuel de l’identité trouvée à la naissance, et la "réaffiliation" à une identité consciemment choisie contre ces origines.

Mais, parce qu'il est souvent cité comme le "modèle français d’intégration pluriethnique", Belleville semble être beaucoup moins un mythe qu'une réalité,  tant il a bel et bien réussit là où les ghettos échouent.
Ce succès est dû au respect général de la maxime selon laquelle "la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres", et aussi à un  mécanisme plus secret qui rend possible à cet endroit ce qui s’avère impossible ailleurs : la re-identification - à travers des bribes d’histoire mythifiée - à une légende fondatrice qui fait de Belleville un "quartier d’opposition".

Souvent simplement d’opposition à la tendance politique dominante du moment, mais plus subtilement de méfiance et d’opposition instinctive aux idées et aux façons d’être dominantes de l’époque, quelle qu’elle soit. Et c’est justement cela qui attire "les exclus".

Le "modèle bellevillois" d’intégration sociale des immigrés successifs — dont l’histoire est déjà longue — reposerait donc sur la facilité de transition offerte par l’identité rebelle bellevilloise aux immigrants. Ceux-ci, pour s’intégrer, se trouvent classiquement mis en demeure de réaliser la prouesse d’accepter la renonciation à leur identité d’origine tout en la conservant pour se sentir exister, le temps de parvenir à éprouver leur nouvelle identité comme "authentique".

La même attitude s’observe, bien que plus superficiellement, parmi les nouveaux arrivants d'aujourd'hui - les fameux bobos ou faubourgeois - qui font partie de la classe moyenne parisienne mais fuient l’ennui et le conformisme des beaux-quartiers.

Alain Schifres les a récemment croqués avec une joyeuse méchanceté :
"Une variété intéressante du Nouveau Parisien est le jeune faubourgeois à poil raide.
Le faubourgeois est un de ces pionniers qui, au nord et à l’est, disputent l’espace aux faubouriens. C’est qu’il ne veut pas vivre chez les bourges (le voudrait-il, il n’en a pas les moyens). Les bourges sont chiants, leurs femmes ont de petits sacs avec une chaîne dorée. Leurs rues, le soir sont des cimetières. Le rêve du faubourgeois est d’habiter un vrai quartier populaire. [...] À mesure qu’avance le faubourgeois, hélas, le faubourien recule. C’est que l’animal fait monter les prix comme il respire. Il est à la recherche du fameux tissu urbain, mais la ville se démaille à son approche.

[...] Il y a des signes qui ne trompent pas ; ils marquent la progression du faubourgeois. Ainsi nos alpages sont-ils devenus des hauts. On n’habite plus à Belleville mais les "hauts de Belleville".

A suivre …

 

>> Bienvenue à Boboland.

>> Belleville: "East side story" (2/4)

 

 

 

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Belleville : "East side story" (2/4)"

8 Juin 2011, 09:00am

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Publié par barreteau

La rue Jean-Moinon, Paris 10ème, en 1969.

Le sentiment d’appartenance des habitants à Belleville joue un rôle tout à fait important dans l’accueil qu’ils font aux projets et travaux de rénovation de leur quartier, aussi l’histoire de Belleville est-elle riche en mésaventures immobilières et urbanistiques.

Sur les hauteurs de Belleville, l'opération de rénovation urbaine des années 70, se solda par le départ de 6 500 habitants, pour beaucoup vers la banlieue, et dont 200 seulement trouvèrent le moyen de revenir.

Cette déportation vide Belleville de sa population active, Belleville devient alors un quartier à part, abandonné, démoli, et se forge alors l’identité d’un isolat maudit, replié sur lui-même, fier de son originalité : accueillir les exclus de la Ville.

Ce quartier, dont la légende est historiquement structurée par les combats de la Commune et le massacre final des Fédérés connaît un second épisode traumatisant avec cette rénovation urbaine effrénée qui marque fortement l’imaginaire des habitants de Belleville. Tant et si bien que des habitants aux origines bigarrées trouvent à utiliser la légende dans une dynamique exemplaire d’intégration pluriethnique.

Malgré la profondeur du traumatisme subi par Belleville lors de la rénovation urbaine des années 70, on peut cependant observer aujourd’hui, que quarante ans après la condamnation du quartier à la démolition, vingt ans après l’achèvement des nouveaux édifices, le mythe de Belleville est toujours bien présent.

 A suivre …

 

 

>> La rue Jean-Moinon est l'une des rares rues survivantes de la rénovation urbaine de Belleville, quarante ans plus tard, elle présente le même visage

>> Belleville: "East side story" (1/4)

 

 

 

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Belleville : "East side story " (1/4)

4 Juin 2011, 09:26am

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Publié par barreteau

 

Il y eut une époque où le quartier de Belleville avait pour le parisien à peu près la même réputation que celle que peut avoir aujourd’hui le Bronx pour les new-yorkais.
Bien que fortement atténuée par une considérable mutation urbaine et sociale, cette image perdure encore quelque peu de nos jours.

Il n’est pas indifférent dans le destin de ce quartier qu’il se situe sur une colline.
Paris compte en effet une demi-douzaine de collines: la Butte-aux-Cailles, Montparnasse, Montmartre, Belleville et Ménilmontant, … collines dont l’abandon aux classes pauvres, laisse à penser qu'à l’époque d'Haussmann, les sites en hauteur n’étaient pas dignes du nouvel urbanisme.

Sur ces collines, restées à l’état de villages, avec leurs vignes, leurs asperges, leur bétail et leurs volailles, … le mode de vie rurale continua de résister longtemps. Leurs habitants se retrouvaient "à la campagne à Paris", nom que porte encore d’ailleurs deux ou trois quartiers pavillonnaires, désormais minuscules.

Cette résistance rurale évolua ensuite par les renforts qu’apportèrent à ces collines des laissés-pour-compte et des mécontents de tout acabit, ceux-ci atterrirent ici non seulement pour des raisons foncières (le prix modéré des loyers), mais aussi pour des motifs politiques, ou tout au moins par une attitude de désapprobation de la société mercantile qui se construisait en bas. La classe dangereuse ruminait ses mauvais coups sur ses hauteurs, "prête à fondre sur les beaux quartiers ".

Les points géographiques élevés possèdent pourtant des atouts pratiques certains (grand air, luminosité, vastes panoramas, territoire facile à défendre), ainsi qu’une psychosociologie spécifique car leur exiguïté et la difficulté d’accès leur donnent un caractère quasi-insulaire où l'on cultive sa différence.

Concernant Belleville, l’agrément du paysage, vu du belvédère, pourrait avoir été si déterminant dans le caractère du lieu qu’il serait à l’origine même de son nom, dérivé de Beauregard (le nom de la butte de la Place des Fêtes à l’origine), en passant par Bellevue (encore de nos jours le nom d’une rue près de cette Place).

Cette histoire urbaine mouvementée pose quelques problèmes quant aux représentations des habitants de Belleville par rapport au centre de Paris. Il y a certainement une identité bellevilloise, mais Belleville appartient clairement dans les esprits à Paris intra muros. L’ex-village et ancien faubourg regarde d'ailleurs d’assez haut la nouvelle banlieue.

"Belleville", ce terme qui englobe de plus en plus Ménilmontant comme un sous-quartier, possède à la fois la réalité urbaine d’un noyau dur évident (de la Place des Fêtes vers le sud, le long de la rue de Belleville, jusqu’aux alentours du boulevard du même nom, axe réunissant le Haut-Belleville et le Bas-Belleville), et des limites subjectives floues.

Si les habitants de la Place des Fêtes prétendent couramment habiter Belleville, il en va encore de même des riverains de l’Est de la Place Stalingrad, de l’autre côté des Buttes-Chaumont, où des personnes estiment habiter Belleville "à sa limite avec Paris", expression étonnante qui montre que certains de ses habitants limitrophes tiennent à bien distinguer Belleville de Paris !

A suivre …

 

 

>> Voir aussi : "Dans la jungle de Belleville".

 

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Trop tard !

31 Mai 2011, 09:22am

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Publié par barreteau

Rue de la Cloche -Paris 20ème (1994)
 

1948, Willy Ronis, en chasse photographique, parcourt ce secteur de Ménilmontant, rue de la Cloche. Il y surprend une jeune femme, en peignoir, qui entre dans son immeuble.

1994, sur les pas du Maître, je déambule dans ces mêmes petites rues. Les pavés disjoints, et les immeubles lépreux, bien malades sont toujours là  … point de femme en peignoir mais une africaine en boubou regagne, elle aussi, son domicile.

2010, de retour sur les lieux, je ne reconnais plus rien … tout est bouleversé …
La butte dénudée qui est là, était pourtant autrefois occupée par des rues, des immeubles …
A leurs places, seuls se dressent quelques arbres chétifs et des allées dessinent l'ébauche d'un jardin récemment créé …

Une plaque indique: "Square du Docteur Grancher". La rue de La Cloche n'existe plus …

Je suis arrivé trop tard au chevet du malade.


>> "Rue de la Cloche, Ménilmontant, Paris, 1948" - Photo : ©Willy Ronis.
 

>> La rue de la Cloche en 1994.

>> Le Square du Docteur Joseph Grancher en 2010  -  (nouveau secteur Cloche-Bidassoa).

>> La rue de la Cloche, déjà sur Parisperdu.

 

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Combien pour ce chien dans la vitrine ?

27 Mai 2011, 09:21am

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Publié par barreteau



A 82 ans, Line Renaud vient de donner trois soirées de concerts à l'Olympia, une salle où elle chantait pour la première fois de sa carrière.

Hier, c'était la dernière représentation, un triomphe !

Et c'est également hier, au détour d'une petite rue, dans un quartier perdu, que je suis tombé nez à nez avec "ce chien dans la vitrine" …

 

Bien sûr, "ce joli p'tit chien" n'est pas "jaune et blanc" comme le dit la chanson … mais comment, à cet instant, ne pas penser à cette grande dame du music-hall qui, en 1953, publiait son nouveau 78 tours avec "Le Chien Dans La Vitrine", une chanson écrite et composée par son mari Loulou Gasté.


Une époque qui certes peut sembler bien lointaine … mais qui reste d'actualité, grâce à la vitalité et la jeunesse d'une octogénaire.
Alors :

" Combien pour ce chien dans la vitrine ? "
…

" Eh bien c'est d'accord je le prends…"

 

 

 >> A 82 ans, Line Renaud découvre l'Olympia

 

  

 

 

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L'envers de la ville, la ville à l'envers.

23 Mai 2011, 08:45am

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Publié par barreteau

Campement de Roms, Bidonville (2002- 2006) -  Boulevard Mac Donald - Paris 19ème

Photo © Eric Garault /Picturetank.

 

 

Le point de départ ne peut être plus concret : une carte IGN de Paris et de sa région. Sur la carte, des zones restent étrangement blanches, sont-ce des terrains à construire, des terrains  militaires … ?
Lorsque vous allez sur place explorer les lieux, les "vides" de la carte n°2314 OT de l'IGN, vous comprenez alors que les cartes n'entretiennent que des rapports très lointains avec le réel !

Souvent, derrière ces occultations suspectes, vous allez découvrir ce que nos villes modernes refoulent vers l'extérieur : une misère odieuse et anachronique, des bidonvilles cachés aux portes de la capitale, des espaces réservés aux sans domicile fixe et aux gens du voyage.
Et, dans le Paris citadin, boulevard Mac Donald, ou Porte d'Aubervilliers, c'est l'envers de la ville, la ville à l'envers : tout ce que nos responsables politiques nous cachent.

 

Ayant vu ce que dissimulait la carte de la région parisienne, on comprend comment, à Washington ou au Cap, on a pu mettre en vente des plans de la ville où, tout simplement, les quartiers pauvres ne sont pas représentés. Des plans de la ville où ne figure qu'un tiers de la ville…

 

A l'heure où les métropoles voient leurs townships et leurs favelas broyés par l'abandon, à l'heure où Paris devient une ville-musée inaccessible; les campements du boulevard Mac Donald ou de la Porte d'Aubervilliers montrent le paradoxe de nos mégapoles : à l'époque du GPS et des caméras de surveillance, nous ne connaissons rien du monde ...



>> Aller plus loin avec le "Livre blanc" de Philippe Vasset.

>> Bidonvilles/Seine, par Eric Garault




 

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De la zone au périph'.

19 Mai 2011, 09:29am

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Publié par barreteau

Le Périph' / Porte Dauphine

Paris est l’une des rares capitales, d’un pays majeur, d'une surface aussi petite et entièrement verrouillée par un périphérique visuellement très présent.

Construit en 1973, le périphérique a remplacé les fortifications, communément appelées "fortifs" . Au-delà, il y avait " la zone".
"La zone", c'était l'endroit où l'on était en dehors, en dehors de la ville, de la société, des lois, un endroit marginal et incertain, où l'habitat était précaire. 

 

Mais, depuis que cet espace large de 400 mètres a été récupéré, dans les années 20 à 30, aucun pouvoir politique n'a jamais eu de plan d'aménagement cohérent, si bien qu'on a reconstitué sur l'espace des "fortifs" un "no man's land" entre ville et banlieue.


Dans cet interstice, on a accumulé, pêle-mêle, constructions et  équipements, et l'on a ainsi constitué une barrière difficilement franchissable.

 

Le "Grand Paris" tant annoncé, tant attendu donnera-t-il à la ville un peu d'air ?  
Pas si sûr, car à l'arrivée, ces grands projets causent parfois de grandes déceptions …



>> La "zone" d'Ivry il y a un siècle - 1913 (© Photo : Agence Rol)


>> La construction du périphérique parisien. (Archives INA)

>> Intra-muros.

>> Ici, Paris n'est plus le même …

>> Espaces urbains à vocations indéfinies

>> La vie sous le périph'
 



 

 

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La ville palimpseste.

15 Mai 2011, 12:14pm

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Publié par barreteau

Rue René Descartes - Paris 5ème: L'arbre des rues  (Pierre Alechinsky et Yves Bonnefoy)

 

Palimpseste, ce drôle de vocable signifie en grec ancien, "gratté de nouveau", et le mot désigne un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau.

 

Par extension, on parle parfois de palimpseste pour un objet qui se construit par destruction et reconstruction successive, tout en gardant l'historique des traces anciennes. L'écrivain et essayiste Olivier Mongin étend la notion à la cité et parle de la "ville palimpseste" dans son ouvrage: " La Condition urbaine. La ville à l’heure de la mondialisation".

 

Oui, Paris est une ville palimpseste où les métamorphoses de l’urbain sont quasi-permanentes.

Le territoire de la capitale se construit, se détruit, se reconstruit et des traces palpables de l'ancien demeurent sur la nouvelle trame urbaine.


>> Palimpseste, Wikipédia vous dit tout ...

 

 

 

 

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À la Vierge de la Réunion.

11 Mai 2011, 09:40am

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Publié par barreteau

Angle de la rue de la Réunion et de la rue des Vignoles Paris 20ème - Juillet 1996

 

A Ménilmontant, cette maison de village devait être rasée.
Vouée à la destruction, "la Vierge " est  une miraculée de la pelleteuse, sauvée grâce à la résistance des associations du quartier Réunion.
Elle abrite désormais un bistrot à vins… et, à l'angle de la rue des Vignoles, quoi de plus normal car, pour la petite histoire, rappelons-nous que ce nom évoque la culture de la vigne, jadis principale activité de cet endroit, sur le coteau de Charonne.

 

"À la Vierge de la Réunion" voit le jour en 1958, et accueille alors les artisans du quartier qui viennent s’y restaurer autour de sa spécialité : le couscous.

Mais depuis le sauvetage de l’établissement, "la Vierge" a été réhabilitée, modernisée et a "monté en gamme". Aujourd'hui, Mourad en salle et Leila aux fourneaux, vous proposent désormais une cuisine de qualité, simple, faite "comme à la maison", avec un très bon choix de vins.


Ici, l'hospitalité reste "à l'ancienne" et, dans une ambiance décontractée et conviviale, on retrouve l’âme du quartier.
"À la Vierge de la Réunion" est assurément une adresse à connaître …

 


>> Leila Houari, une femme pas ordinaire, aux fourneaux de "La Vierge de la Réunion".

>> "Vous voulez voir la carte ?"

 

 

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Les petits commerces de proximité vont-ils disparaître ?

7 Mai 2011, 09:02am

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Publié par barreteau

19 rue des Gardes- Paris 18ème (juillet 1996)

 

Dans ma rue, j'ai vu les commerces fermer les uns après les autres et pour les gens du quartier, il n'y a presque plus rien. Le secteur n'a plus d'attrait, ma pharmacienne affirme que lorsqu'elle est de garde, on ne la trouve jamais.

Dans ce coin du 18ème arrondissement, le coiffeur, le libraire, le marchand de vin et un traiteur ont déjà fermé depuis longtemps, … plus récemment c'est la boucherie, qui vient de tirer le rideau. Restent un café et une boulangerie … guère suffisant pour faire de ce bout de quartier, une vraie petite place de village.

Cette disparition au compte-goutte de nos commerces traditionnels a de quoi inquiéter celles et ceux qui restent attachés à "l'esprit village" de l'arrondissement.


On ne trouverait plus qu'une cinquantaine de poissonneries dans tout Paris, contre plus de 250  "Phone Boutique". Une évolution symptomatique du mal qui gagne nos rues commerçantes : la disparition des commerces de bouche... Car aujourd'hui à Paris, à cause des effets de la spéculation immobilière, l'achat d'un local commercial par un petit commerçant est pratiquement impossible, … seules les grandes enseignes et leurs franchisés peuvent s'y développer.

 

Les chiffres 2008-2009 de l'Atelier Parisien d'Urbanisme, sur le petit commerce à Paris, n'étaient déjà pas très réjouissants et il semble que le phénomène se poursuive, voire même s'aggrave d'année en année.

 

Avec la disparition de nos bouchers, traiteurs, poissonniers ou fromagers, c'est une certaine idée de Paris qui s'en va. Et pourtant, l'activité commerciale n'est-elle pas un élément majeur de l'animation de nos quartiers ?
Mais, mise à part la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, qui tire la sonnette d'alarme... qui se soucie de la mort de nos commerces de proximité ?


>> Déjà sur Parisperdu : "On ferme …"

>> Meme lieu, rue des Gardes, aujourd'hui.



 

 

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Quel avenir pour les kiosques à journaux ?

3 Mai 2011, 09:30am

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Publié par barreteau

 

Aujourd'hui, 341 kiosques à journaux sont disséminés sur tout le territoire de la capitale.
Ce maillage particulièrement dense offre la possibilité de trouver son quotidien ou son magazine préféré, avant même les premières lueurs du jour et jusque très tard dans la nuit. Certains kiosquiers ouvrent en effet dès 4h30, alors que d'autres ne ferment, la nuit, qu'à 2h00 passées.

 

A Paris, cette vente sur la voie publique est une activité qui a toujours été synonyme de convivialité urbaine et de création de lien social. Ce réseau de commerçants indépendants fournit en effet, un service de proximité essentiel à la vie de quartier.
 

Le métier est pourtant plutôt dur, car même si on est son propre patron, et même si on peut lire à loisir la presse, … les horaires sont longs, les courants d'air permanents et, sur fond de crise des quotidiens, la  rémunération est de plus en plus faible …
 

Aussi, depuis une quinzaine d'année, le nombre des kiosques a été en constante diminution: de 400 en 1995, il était tombé à seulement 268, en 2005. Date à laquelle, la ville a lancé un plan d’action quinquennal visant à rouvrir 50 kiosques et à en créer 50 autres. Et d'ici 2015, un nouvel objectif a été formulé, avec la création de 40 nouveaux kiosques dans la capitale, dont 10 réouvertures.
 

Le 27 novembre dernier, le "kiosque de presse du futur" a été dévoilé. La forme et les fonctionnalités de ce modèle de kiosque à journaux, réalisé par le designer Ora Ito, ont été repensées avec notamment l'intégration de technologies permettant l'essor de nouveaux services interactifs et de nouveaux espaces publicitaires sur grands écrans numériques.
 

A Paris, les kiosques à journaux ont encore de l'avenir …

 

 

>> Carte des kiosques parisiens.
 

 

Revue du mobilier urbain sur Parisperdu:


>> Les Vespasiennes ou Sanisettes.

 

>> Les cabines téléphoniques.

 

>> Les colonnes Morris.

 

>> Les fontaines Wallace.

 

 

 

 

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La Mouzaïa : encore un village (2/2).

29 Avril 2011, 10:24am

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Publié par barreteau

Le hameau du Danube. Paris 19ème


Vous qui empruntez la rue du Général Brunet, dans le 19ème, vous allez sans doute passer devant ce hameau sans même le remarquer. Ce hameau, c'est le hameau du Danube, organisé de façon symétrique autour d’une voie en Y, un rationalisme qui n’exclut pas le pittoresque.

Il est composé de 28 maisons réalisées dans les années 20 : des maisons ouvrières toutes simples mais devenues très chics …

 

Dans la capitale, la maison individuelle est un produit rare. Paris en compte environ 12.000, ce qui est peu pour une population intra-muros de 2,2 millions habitants.

De surcroît, contrairement à Londres ou Amsterdam, les maisons parisiennes sont de style très divers: maisons ouvrières, villas, cités, ... un  habitat essentiellement localisé dans les arrondissements périphériques qui étaient, avant 1860 des communes extérieures à Paris et où une frénésie spéculative donna naissance à une multitude d'opérations de lotissements sur lesquels furent construites un grand nombre de maisons individuelles.

Toujours est-il que ces maisons, plébiscitées à l'époque par les ouvriers qui mettaient un point d'honneur à devenir propriétaires, ne sont plus en 2011, acquises par des ouvriers !

 

Rare et très tendance, la maison parisienne a toujours été onéreuse. Mais, depuis six ans, la valeur s'est surmultipliée et ces fameuses maisons ont facilement doublé de prix dès lors qu'elles présentent un petit lopin de verdure.

Très peu sont encore dans leur "jus", avec la cave à charbon, le vasistas dans la toiture, l'appentis dans la cour arrière abritant une cuisine de fortune. Au gré des reventes, des travaux ont été réalisés et la plupart des maisons sont désormais aux normes du confort moderne.

 

Au hameau du Danube, pas facile d'en dénicher une, les heureux propriétaires se séparant difficilement de leur petite perle. Et, dès qu'une occasion se présente, le bouche à oreille fonctionne … et l'affaire est réglée en 48 heures.


>> La Mouzaïa: encore un village (1/2)

>> Voir aussi sur Parisperdu: la Villa du Danube



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La Mouzaïa: encore un village (1/2).

23 Avril 2011, 08:37am

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Publié par barreteau

Villa Amalia, Paris 19ème.

 

Dans le 19e arrondissement de Paris, juste au-dessus du Parc des Buttes-Chaumont, il est une rue au nom exotique: c'est la rue de Mouzaïa. Ce drôle de nom lui vient de la région de Blida en Algérie.

Cette rue particulière dessert de part et d'autre toute une série d'allées en pente, flanquées de maisonnettes toutes d’allure modeste et sagement rangées dans un écrin de verdure. A quelques pas de là, menacent au loin les tours et les barres de l'écrasante Place des Fêtes, qui n'a plus la chance de mériter son nom.

 

Au 32-34 rue de Mouzaïa s'ouvre la villa de Bellevue, c'est l’une des plus homogènes et des plus représentatives du quartier avec ses trente “maisons ouvrières” datant de 1890.

Un peu plus loin, dans des rues parallèles : villa de Fontenay, villa Amalia, … on retrouve les mêmes maisons ouvrières, toutes construite quasiment à l’identique.

 

Ces maisonnettes ont, en effet, une configuration commune : un jardin devant, une cour à l'arrière. Le profil pavillonnaire du lotissement est directement lié à la nature du sous-sol percé de nombreuses galeries et dont l’instabilité interdit la réalisation de grands immeubles … une chance qui en fait aujourd'hui sa singularité, son charme, et son paradoxe car le temps est désormais loin où le secteur était encore destiné aux plus défavorisés !
 

C'est qu'en effet, la Mouzaïa est devenue à la mode et ses maisonnettes rares et très tendance, s'arrachent désormais à pris d'or.

Alors "bobos de toutes" tendances, tous à la Mouzaïa !


A suivre …

 


>> Villa Emile Loubet, sur Parisperdu.

 

>> Aussi sur Parisperdu: Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre.

 

 

 

 

 

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A Paris, les bourgeois sont à l'Ouest, les bobos sont à l'Est.

19 Avril 2011, 08:30am

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Publié par barreteau

Paris, vue vers le Nord-Est (depuis le haut de la tour-Montparnasse).



Pour qualifier l’arrivée de catégories intellectuelles plus ou moins fortunées dans les espaces populaires des centres villes, les Américains parlent de "gentryfication".
En français, il est difficile de parler d'embourgeoisement : ces habitants ne sont pas des bourgeois au sens traditionnel. Du coup, ce terme de bobo (pour bourgeois bohème) qui arrive aussi des Etats-Unis, décrit de manière assez juste la spécificité de ces habitants : de jeunes adultes en phase avec le libéralisme économique, mais qui affichent des modes de vie très différents de ceux de la bourgeoisie traditionnelle.

On est dans la famille recomposée, les droits de l'homme, l'écologie, la liberté culturelle et le vote socialiste. Et surtout, c'est essentiel, ils se reconnaissent dans les cours pavées de la Bastille, dans les lofts et les ateliers de la rue Oberkampf et, de Belleville à Ménilmontant, ils investissent les quartiers populaires de l'Est parisien.

Que faut-il comprendre de leurs motivations ?

Les bobos ont à la fois un désir de cohabiter avec ce qui reste des classes populaires, un désir d'identification avec le Paris rebelle de 1936 et de 1968. Et peut-être ont-ils aussi une culpabilité d'occuper les logements dont ont été expulsés les "prolos", les gens avec qui ils disent vouloir cohabiter.

 

Depuis la fin du XIXème siècle, les grands bourgeois vont vers l'ouest, mais ils restent toujours groupés, dans l'entre-soi. Les bobos aussi sont dans l'entre-soi, mais à l'est.

 

Un des traits des bobos, c'est le refus de l'aspect perçu comme "guindé" des quartiers de l'ouest. Le 7ème, le 16ème, Neuilly... ne conviennent pas à leur mode de vie.

Un autre trait, c'est l'affichage d'une volonté de mixité sociale. Mais c'est compliqué. Les bobos créent la mixité sociale en même temps qu'ils la font émerger comme un problème. Il y a chez eux un désir de cohabitation, d'un "résidentiellement correct" tout à fait spécifique... mais qui a ses limites. Ainsi pour s'assurer de la transmission du capital scolaire qui n'est pas garantie dans les écoles des quartiers populaires où ils résident, ils ont recours à l'enseignement privé, aux fausses adresses, ou aux dérogations …


Et même si Bertrand Delanoë, comme d'autres, met en avant la mixité sociale à travers une politique ferme de logement social, on a très envie de conclure que lorsque l'être humain peut choisir, c'est son semblable qu'il choisit.

 

Et cette mixité n'est peut-être pas gérable dans la limite des 87 km2 de la capitale ? Peut-être doit-elle s'appuyer sur un Paris plus grand ?
Vous avez dit "Grand Paris" … ?

 



>> Les bobos, sur Parisperdu.

 

>> Le Grand Paris, ... pincez-moi, je rêve !


 

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