Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU

Le zoo de Ménilmontant n'a pas fermé ses portes.

4 Septembre 2010, 10:24am

Publié par barreteau

Rue du Retrait - 75020 Paris (1996)



En 1996, Gérard Laux et Michel Allemand, alias "Mosko et associés" rencontrent Némo et Jérôme Mesnager, à eux quatre, ces artistes de "l'art urbain" vont transformer un terrain vague de la rue du Retrait en "Parc zoologique de Ménilmontant."


Si les fleurs ne poussent pas trop dans le quartier, les créatures se multiplient sur les immeubles murés de Ménilmontant, et c'est  une véritable savane urbaine, tout un bestiaire multicolore débarqué directement d'Afrique qui se déploie alors ici.
Avec humour, les fenêtres s'ouvrent sur un monde enchanté, peuplé de tigres, de panthères, de zèbres, de gazelles, d'éléphants, d'autruches, de flamands roses et de girafes...


Depuis plus de vingt ans, les "Street Artists" mettent de la gaieté et de la couleur là où règnent grisaille et tristesse, c'est leur philosophie.
Mais, en posant ces pochoirs d'animaux africains sur les murs, ces artistes entendent aussi entrer en résistance contre la destruction de ces quartiers. Le dodo dessiné en bas de la fresque résonne comme un symbole : si l'animal de l'ile Maurice a définitivement disparu de la surface du globe, l'habitat populaire ne doit pas disparaître des quartiers Est de la capitale.


Et, bien que les œuvres de nos artistes muralistes soient par essence éphémères, deux zèbres sont encore là sur un mur de la rue du Retrait ... Plus de quinze ans après son ouverture, le zoo de Ménilmontant n'a pas encore fermé ses portes !



>> Le "zoo" de Ménilmontant (quelques images).


>> Circuit découverte de l'art urbain dans le 20ème arrondissement.



 


Voir les commentaires

Dans la jungle de Belleville.

31 Août 2010, 10:06am

Publié par barreteau

Rue  Piat, Paris 20ème.


Chaque jour, Belleville devient un peu plus "bobo", les commerces de proximité ferment et laissent place à des cafés ou à des restaurants branchés qui, loin d'avoir une histoire, se donnent une image.

Les rues du bas-Belleville ont perdu leurs charmes, les cafés et les bars que j'aimais fréquenter sont envahis par de jeunes bourgeois qui essaient de se donner un semblant de fibre populaire mais manifestent leur étonnement à la moindre bizarrerie, pourtant tout a fait banal pour un habitant originel.


Les galeries d'art aussi envahissent le quartier, il paraît que Belleville est maintenant "à la pointe" de l'art contemporain. Les néo-galeristes viennent chercher ici "un décor" et, par pur snobisme intellectuel, pensent que s'entourer de pauvres,  de "vrais gens" comme ils disent, ça fait chic...
Bourgeois et galeristes, cherchent à faire croire qu'ils viennent ici non pas parce que les loyers sont moins chers que dans le centre de Paris et parce que le quartier devient branché, mais parce que de "vraies gens" y vivent.
Mais quels vrais gens ? Les gens du foyer Sonacotra de la rue de la Fontaine au Roi par exemple ont certainement les moyens de s'acheter de l'art contemporain... Quelle absurdité!
Moi, je déteste cette expression "les vrais gens", ou alors les bobos sont de "faux gens"?


Tous les quartiers populaires de Paris ont peu à peu disparu de la même manière, aidé par la politique de la ville qui envoie les pauvres en banlieue... où leur déportation crée les problèmes que l'on connait...
Non Belleville n'est pas un décor, c'est un quartier qui a une histoire magnifique et qui vous apprend beaucoup  de choses pour peu que vous vous montriez un peu humble....
Belleville est une ville qui a un charme incroyable pour celui qui connaît son Histoire faite de migrations, de résistance, de fierté ... autant de valeurs  qu'il ne faudrait pas perdre.

Belleville est une jungle que bobos, galeristes et consorts veulent transformer en zoo.

S'ils réussissent dans leur entreprise, il en sera fini de Belleville ... en tout cas, du Belleville que j'aime.

 

>> Déjà sur Parisperdu : "Belleville, la belle ville des bobos"

 

 

 

 

Voir les commentaires

Comes, village perdu.

27 Août 2010, 10:10am

Publié par barreteau

 

Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies", Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.

Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie. 

Dans le sud de la France, après Perillos , un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; Parisperdu a visité Comes, un village abandonné qui gît au milieu d'un champ de ruines ... dans un paysage magnifique, face au Canigou ... 

Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.

 

Sans même un panneau pour signaler son existence, Comes est au bout de la piste, immobile, déchiré. C'est un village perdu qui dresse ses oripeaux au-dessus des prés usés. C'est un champ de pierres, une nudité balayée par les vents ...prosterné face au Canigou.

Il aura fallu être attentif pour trouver le point de départ de la piste, au ras d'une borne sur laquelle a été griffonnée l'inscription "Comes Aplec", par ceux qui chaque année se réunissent ici pour un pèlerinage.

De loin l'on distingue, en dessous de l'église, quelques voitures qui pourraient faire penser que le village a encore quelques habitants ou pour le moins quelques visiteurs ...
Mais c'est un leurre, les "4L" ont été abandonnées-là depuis bien longtemps par des bergers repartis à pied avec leur troupeau, et laissant au village ces véhicules sans roues, aux capots bloqués par de grosses pierres. Encombrées de bidons et de matériels divers ... les "4L" servent de remises aux bergers qui reviendront plus tard ... Sur le chemin, gît aussi un antique camion chargé de sacs de laine, la dernière tonte qui n'en finit pas de pourrir ...

Aujourd'hui, Comes repose définitivement sur sa butte, au milieu des prairies. Elles n'ont pas perdu le souvenir de la main de l'homme. L'herbe repousse à chaque printemps pour le plaisir des moutons. Un berger y réside, de temps à autre, dans la seule maison encore debout. Toutes les autres semblent porter les déchirements de ces années terribles, entre 1921 et 1926, quand la sécheresse eût raison, saison après saison, de chaque récolte.
Il ne restait plus que l'abandon pour survivre encore ... Ailleurs.

 

Voir les commentaires

Belleville ... sud.

23 Août 2010, 10:07am

Publié par barreteau


A 700 kilomètres de Paris, j'ai retrouvé Belleville.

Plus exactement le "Belleville café", un établissement au cœur de cette petite ville, un peu au milieu de nulle part ... comme dans le film "Bagdad café" ...

Mais où sommes-nous exactement ... ?

Cette photo donne la réponse !

 

Voir les commentaires

A Port-Vendres, la "belle endormie", la vie tourne au ralenti.

29 Juillet 2010, 23:09pm

Publié par barreteau

Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), le hameau et la plage du Fourat.

 

Les touristes viennent ici pour la "tranquillité", le "calme", l'arrière-pays vallonné et les plages. Sur la Côte Vermeille, cette petite bande de terre, qui doit son nom à la couleur de sa roche au soleil, vous pouvez passer de 1000 mètres d'altitude en montagne à 1000 mètres de profondeur sous la mer … et ici, on sait calculer exactement ce genre de dénivellations car c'est à Port-Vendres, grâce au savant local François Arago, que se situe le "point zéro" de la France, le point de référence pour le calcul de toutes les altitudes.


A l'extérieur de la ville se trouve la baie de Paulilles, sur le site d'une ancienne usine de dynamite Nobel. Les baraquements et l'ancienne cheminée témoignent de son activité passée. Les lieux ont été transformés en musée et le site aménagé par le Conservatoire du Littoral est un véritable Eden. 
Pourtant les Port-Vendrais aiment aller ailleurs. Les initiés vont jusqu'à la plage du Fourat. "Un lieu qui ne devrait pas exister",  dixit Jean Barrere, alias Ninou, "maire" autoproclamé du hameau qui s'y est construit. "La commune libre du Fourat", avec sa dizaine de maisons face à la méditerranée a un charme fou.


Mais les habitants de Port-Vendres n'ont, en réalité, même pas à sortir de leur ville. En poussant leur chemin derrière la gare maritime, sur la route de la jetée, en face du port, ils connaissent l'emplacement de quelques plages secrètes, après l'anse des Tamarins, au pied de la redoute Béar qui surplombe la baie.
À cause de l'activité maritime, il est interdit de s'y baigner. Mais ceux qui font le chemin, discrètement, bravent l'interdit, en toute tranquillité.


En effet, ici l'on reste discret et l'on conserve l'esprit d'un village à l'abri du tourisme de masse, préservé du béton avec ses maisons couleur ocre.

Ici, la vie tourne au ralenti …et comme le dit un proverbe catalan :
"Si Axio es guerre, que may vuigui pau."
"Si c'est ça, c'est la guerre, que jamais ne vienne la paix" …



>>Port-Vendres, déjà sur Parisperdu (1) 

>>Port-Vendres, déjà sur Parisperdu (2) 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Parisperdu pour les nuls (5/5): " Des Epinettes aux alentours du canal de l'Ourcq "

24 Juillet 2010, 10:30am

Publié par barreteau

Le pont de Crimée sur le Canal de l'Ourcq; L'angle de la rue Lentiez et de l'impasse des Epinettes.

 

Le quartier des Epinettes cache sa vraie nature. Pour l'explorer, il faut avoir l'esprit curieux. Ici, les apparences ne sont pas trompeuses. Elles sont multiples et quelquefois déroutantes.
 

Connaître les Epinettes, c'est découvrir autant d'enclaves, de passages, de cités, de cours et d'îlots reliés entre eux, comme un archipel, par des souvenirs d'anciens. Les sourires échangés tissent des itinéraires dans un quartier où il faut écouter son cœur, lever la tête et regarder.

Des anciennes usines qui ont fait la gloire de ce faubourg au XIX e siècle, il ne reste plus rien. Et aujourd'hui, c'est à formidable parcours architectural que nous convient les Epinettes.
 

Tout d'abord, entre l'avenue de Clichy et la rue de la Jonquière, c'est la Cité des Fleurs. Mais le plus inattendu est sans doute le square des Epinettes, avec la façade austère du collège Félix-Pécaut sur un côté et, sur les trois autres côtés du square, un florilège d'immeubles de "rapport", comme l'on disait autrefois.

Au coin des rues Collette et Deraismes c'est d'abord une invitation à un voyage art-déco. En face, rue Collette, triomphent les bow-windows, raffinement britannique. Là, des vitraux de couleurs ornent les fenêtres en surplomb; plus loin, un déploiement de fer forgé, de métal ouvragé, fait ressembler ces six étages paisibles à un palais sévillan.

Plus bas, rue de la Jonquière, on retrouve, entre la villa Sainte-Croix et la rue Lantiez, ces alignements de petites maisons de trois étages, bordées d'une cour, qui aboutissent à des ateliers d'autrefois.
Les Epinettes présentent toute la diversité des conceptions de l'habitat entre le XIX e et la première moitié du XX e siècle.
C'est donc une promenade insolite dans un quartier attachant, véritable conservatoire des architectures parisiennes, que vous aurez effectuée en plein cœur du 17 e arrondissement.

 
 

Au départ du parc de la Villette, le long de l'Ourcq vous attend une autre agréable promenade, moins urbaine que la précédente, plus bucolique sans doute avec la présence continuelle de l'eau. Alors, laissez-vous guider au fil du courant, le long de la berge.
 

Longer le canal de l'Ourcq,  c'est succomber au charme des canaux à Paris et, même si celui-là est moins célèbre que le canal St Martin, il est surtout plus calme, car déjà un peu hors de la ville …

Face à face, le quai de l'Oise et le quai de la Marne reliés par le pont de Crimée, un pont mobile unique à "soulèvement parallèle", une idée de génie de l'ingénieur hydraulicien Humbolt. Ce dispositif, permet aux piétons de franchir le canal même pendant les manœuvres. Il a été utilisé comme décor dans bon nombre de films, Prévert aimait venir s'y promener et s'asseoir, en face dans le square de la place de la Bitche.
 

En poursuivant, quai de l'Oise, le long du canal, bien à l'abri de la circulation, vous pourrez constater que le quai est encore parcouru par une rambade en fer et des anneaux d'amarrage qui rappellent l'activité portuaire du lieu. Vous pourrez finir la balade non loin d'ici, rue de Nantes, une rue immortalisée par Robert Doisneau, avec une célèbre photographie d'un bal du 14 juillet. Ce jour-là, son animation était légendaire.
 

Si vous n'êtes pas tout à fait conquis, il vous faudra revenir vous balader le long du canal, le soir ... avec les lumières qui se reflètent dans l'eau.... tout simplement superbe !




>>Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (4/5)

>> La pétanque chez les "parisi-ingues".

>> Jacques Prévert au Pont de Crimée.  Photo ©Robert Doisneau.

>> Rue de Nantes, bal du 14 juillet. Photo ©Robert Doisneau.

 

 

Voir les commentaires

Freddy, squatter "pro".

20 Juillet 2010, 21:57pm

Publié par barreteau

On pourrait qualifier Freddy, de squatter professionnel, car depuis maintenant presque dix ans, il a  - selon ses propres propos : "résolu le problème des loyers chers". 
Pour Freddy, les meilleures affaires dans l'immobilier, c'est quand c'est gratuit !

Lorsque je l'ai rencontré, dans un coin du 20
ème arrondissement, il venait d'aménager dans un nouveau squat, plutôt confortable, ce qui le changeait des multiples taudis qu'il a occupé au cours des dix dernières années.
Mais comment fait-il pour arriver à trouver un logement et pour toujours se soustraire à un loyer ? Freddy a ses petites recettes et, il a bien voulu nous en livrer quelques unes.

Selon lui, il faut jeter son dévolu sur un logement abandonné depuis au moins six mois.
Pour cela, il mène sa petite enquête, place un petit bout de papier dans l'embrasure de la porte et, au bout de quelques temps, il vérifie que ... le papier n'a pas bougé.
Ensuite, surtout ne pas laisser trace de l'effraction: Freddy répare fenêtres, portes et autres issues détériorées, cela lui évitera le risque du flagrant délit, le "flag" qu'il doit absolument éviter.  

Après avoir vérifié les arrivées d'eau et d'électricité, l'installation proprement dite peut alors commencer. Puis, il multiplie les preuves de présence: envois de lettres, factures EDF, etc.
Mais Freddy me confie qu'il n'est jamais tranquille car l'occupation illicite est un délit permanent et, chaque jour un "flag" peut mettre fin à l'aventure. Toutefois, le squat ne dépend pas d'une juridiction pénale, il n'y a donc pas de risque de prison. En revanche, le propriétaire peut se saisir de la juridiction civile et obtenir l'expulsion, soit à la suite de la plus expéditive des procédures - une ordonnance sur requête -, soit après la plus courante d'entre elles - le jugement en référé. Dans ce dernier cas, c'est au préfet de décider l'expulsion.

Freddy connaît tout cela sur le bout des doigts, il sait que l'expulsion le guette à tout moment, il en a connu une quinzaine, en dix ans ! Et cela par tous les temps car la trêve d'hiver des expulsions ne concerne pas les squats ... même pour les squatters professionnels!

 

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Squat Utopique".

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Parisperdu pour les nuls (4/5): " De Planchat-Vignoles à la Place de Rungis".

16 Juillet 2010, 09:06am

Publié par barreteau

Dans le quartier Planchat-Vignoles: l'impasse de Bergame ; Place de Rungis les pavés de l'ancienne Gare de marchandises Glacière-Gentilly .


Jusqu'à l'aube de l'an 2000, le secteur Planchat-Vignoles était un  îlot de logements bien souvent insalubres et pour certains totalement laissés à l’abandon. Aujourd'hui, le quartier a été entièrement réhabilité. Et c'est un endroit plutôt charmant, aux habitations à l’architecture contemporaine, qui se dresse là, discrètement en plein cœur du 20ème arrondissement. Cette centaine de logements et ces douze ateliers d’artistes forment un nouveau petit village dans la capitale.

Les architectes en charge de la réhabilitation, ont eu l'intelligence de conserver le parcellaire ancien: des lanières d'anciennes vignes, de plus en plus étroites au fil des héritages. Le programme fait ainsi la part belle aux petites cours privatives ainsi qu'aux "dents creuses", ces petites impasses au charme unique et chargées d’histoire.

De fait, l’endroit tel qu’il se présente aujourd’hui parvient à être original tout en conservant un esprit de village. Au final, l’ensemble s’articule autour d’un immeuble central qui s’étend de la rue des Vignoles à la rue de Terre-Neuve. Erigé sur trois étages, le bâtiment est bordé par deux allées passantes pavées et fait face, de part et d’autre, à une série de maisons de villes aux multiples hauteurs. Des petites entités de moins de six mètres de large dont les façades alternent la brique, le zinc, le cuivre ou le béton donnent à l'ensemble un petit côté de campagne à Paris.


Voilà un lieu bien différent du précédent car, autant dans le secteur Planchat-Vignoles l'espace est confiné, enserré dans un parcellaire étroit, autant le nouveau lieu que nous abordons est aéré, béant, ouvert à tous vents : c'est la place de Rungis, dans le 13ème arrondissement.

Cette place a été créée suite au comblement d'un étang jadis raccordé à la Bièvre toute proche. Ce nouvel espace permet alors l'implantation de la gare de marchandises Glacière-Gentilly. Il y a encore peu de temps, on pouvait déambuler-là, parmi les entrepôts et les hangars desservis par des voies reliées à la Petite-Ceinture, qui passe au fond de l'enclos. L'ensemble très vaste et très vétuste, a toujours été encombré d'objets abandonnés, d'ordures … encore récemment, des cabanes construites de bric et de broc abritaient quelques SDF asiatiques.
Le soir, de l'immense hangar central à demi-ruiné, on entendait hurler les chiens de garde que l'on y enfermait : ce qui en faisait un lieu à la fois  étrange et sinistre …

Nous sommes ici, dans un endroit délaissé, à l'urbanisme non fini, qui traduit une sorte de sentiment de "bout du monde". Mais les potentialités d'aménagement n'ont pas échappé aux promoteurs qui sont entrain de construire à la place de l'ancienne gare de la place de Rungis pas moins de 40 000 m2 de logements et de bureaux !
Fin 2011, il en sera fini de ce lieu atypique de Paris.

 

>> Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (3/5) 

>> Planchat-Vignoles, ou l'architecture "faubourienne" réinventée.

>> Ancienne Gare de Rungis, un nouveau quartier pour demain.



 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rue de la Procession.

12 Juillet 2010, 09:36am

Publié par barreteau

 


Ce lieu était, il y a bien longtemps, le
 
passage ordinaire des processions de la paroisse de Vaugirard.
 De nos jours,  si les processionnaires revenaient, ils devraient s'engouffrer à plusieurs reprises sous le faisceau des voies ferrées de la gare Montparnasse, toute proche. Une fois, deux fois, trois fois … autant de passages sous-terrains qui donnent à cette rue un petit air de rue Watt.

Pas étonnant alors que, de tout temps,  le secteur ait intéressé les photographes et en premier chef, Marcel Bovis qui régulièrement, arpentait le quartier en rayonnant à partir de  la place Falguière.
 
Tout comme Brassaï, Bovis excellait dans les clichés de nuit. Il en fit beaucoup dans ce coin du 15ème arrondissement, et dans des conditions sans doute plus tranquilles que celles d'aujourd'hui. 
En effet, actuellement, je déconseillerais à quiconque les prises de vues nocturnes dans les parties sous-terraines de la rue de la Procession, où défile alors tout un petit monde qui ne souhaite pas être dérangé dans son "business". 

Décidemment, les processions ont retrouvé une certaine actualité …

 

 

>> Marcel Bovis, "Rue de la Procession" 1931.

>>
Voir aussi sur Parisperdu: "Paris dans l'œil des maîtres. (3/3)".

 

 



 

Voir les commentaires

Parisperdu pour les nuls (3/5): " Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre".

8 Juillet 2010, 08:56am

Publié par barreteau

Dans le triangle Mouzaïa : le hameau du Danube; sur la butte Bergeyre : la rue Georges Lardennois.

Dans ces secteurs, la tranquillité règne en maître absolu et c'est un Paris quelque peu campagnard que vous allez découvrir. Le contraste avec la ville est encore plus flagrant si vous arrivez de la place des Fêtes où l'amoncellement des tours et des barres vous aura certainement donné le tournis.

Flâner rue de la Mouzaïa, c'est oublier quelques instant qu'on est à Paris... Le programme est simple : il vous suffira de regarder les belles maisons, de profiter du calme, de respirer profondément ... et c'est alors une agréable balade qui s'offre à vous.Bien comprendre la topographie du lieu est indispensable pour s'orienter dans cette véritable toile d'araignée. C'est en effet, un quartier en demi-cercle dont le centre est la station de métro "Rhin et Danube" et de laquelle partent une multitude de rues en rayons.

Et tous ces rayons sont coupés et reliés entre eux par des ruelles, des venelles appelées villas, bordées de maisonnettes à un ou deux étages.

Ces venelles sont toutes plus ou moins en pente et toutes sont inaccessibles aux voitures. Des jardinets complètent et embellissent ces constructions qui étaient l'habitat des ouvriers de l'Est parisien, jusque dans les années 50. Aujourd'hui, ces maisonnettes se négocient aux alentours de 600 000 euros minimum, aussi est-il clair que ce ne sont plus les ouvriers qui habitent là !

Des six venelles qui dévalent vers (ou remontent de) la rue de la Mouzaïa, je vous conseille de descendre la première villa (Eugène Leblanc) puis de remonter par la 2ème (Emile Loubet), redescendre par la 3ème et ainsi de suite (Bellevue, Lilas, Sadi-Carnot) jusqu'à la dernière (Félix-Faure).

En descendant vers le sud, vous vous trouverez bientôt au pied d'une butte plutôt insolite, c'est la butte Bergeyre. Disons-le tout net, se promener sur la butte Bergeyre, c'est découvrir un lieu hors du temps, isolé, quelque peu suranné ... et quasiment improbable ...

Ici, la vision de Paris est toute autre : la lumière est partout, on se sent hors du bruit de la ville, l'air n'est plus le même ... le privilège des hauteurs peut-être. La butte Bergeyre, c'est un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne.

Cinq rues seulement entourent et quadrillent ce petit périmètre.
La rue Georges-Lardennois relie la "vraie ville" au village perché sur le sommet. Elle suit un long tracé jusqu'au point culminant qu'elle atteint après avoir enlacé l'ensemble de la butte qui s'élève tel un pain de sucre.

La rue Barrelet-de-Ricou se termine par des escaliers où Willy Ronis a saisi dans son objectif un instant magique, "sur le fil du hasard", comme il se plait à le dire.

Au cœur de la butte, on trouvera la rue Rémy-de-Gourmont et la rue Philippe-Hecht, toutes deux avec leurs petits immeubles à deux étages bien sagement alignés.

Et puis, comme pour donner un relief encore plus "fantastique" à cette étrange butte, on découvre la rue Edgar-Poë. Avec des jardinets étroits comme des jardinières prises sur le trottoir, nous sommes bien ici dans un lieu extraordinaire, un endroit isolé et tout à la fois urbain, un quartier unique à l'environnement singulier, un espace à l'écart de la ville, tout en étant dans la ville.
Ici, nous sommes dans l'arrière-cour de Paris.

 



>> Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (2/5)

>> Villa du Danube.

Sur la butte Bergeyre,(sélection de Parisperdu):

>> Rue Rémy de Gourmont, au pays de l'utopie.

>> N'est pas Willy Ronis qui veut ... !

>> Sur la butte Bergeyre.

>> Rêveries du promeneur solitaire.

 

Voir les commentaires

Pierre Etaix est de retour.

4 Juillet 2010, 10:45am

Publié par barreteau

Affiche de l'intégrale des films de Pierre Etaix en version restaurée, © CARLOTTA FILMS

 

Après vingt ans d'imbroglio juridique, Pierre Etaix retrouve ses droits et voit l'intégrale de ses films ressortir en salles - en version restaurée -  à partir du 7 juillet 2010.

Aujourd'hui, Pierre Etaix, 81 ans, qui revendique l'héritage de Max Linder, de Charlie Chaplin, de Buster Keaton et de Jacques Tati, est un homme à l'enthousiasme intact. Chaplin était narquois, Keaton imperturbable, Tati candide. Il y a chez Etaix la trace infime d'un éternel sourire intérieur, ce quelque chose d'enjoué et d'ironique sur le visage qui laisse entrevoir qu'il n'en pense pas moins...

Alors n'hésitez pas à entrer dans les salles obscures, de surcroît climatisées - ce qui est appréciable par les températures actuelles - et vous passerez, c'est garanti, de bons moments ... en revoyant (ou en découvrant) les films de ce Pierrot mélancolique ...

 

>> En savoir plus sur Pierre Etaix et sur son œuvre.

 

>>  L'Intégrale Pierre Etaix restaurée. 
 Cinq longs-métrages : Le Soupirant (1963), Yoyo (1965), Tant qu'on a la santé (1966), Le Grand Amour (1969) et Pays de cocagne (1971).
Trois courts-métrages : Rupture, Heureux anniversaire et En pleine forme (inédit).

 

 

 

 

Voir les commentaires

Parisperdu pour les nuls (2/5) : " Du haut Belleville au bas Ménilmontant "

30 Juin 2010, 10:05am

Publié par barreteau

A Belleville : Villa Castel ; A Ménilmontant: Places Gambetta et Martin Nadeau
  

Belleville et Ménilmontant sont les quartiers les plus emblématiques du Paris populaire.

De l'esprit des rues arpentées par Willy Ronis, dans les années 50-60, il ne reste plus grand-chose. Toutefois, dans ces quartiers, le promeneur attentif pourra encore retrouver quelques parcelles de ces mythiques "villages".

Dans le haut Belleville, le belvédère de la rue Piat conserve une réelle magie même si, en contrebas, le parc a fait disparaître le lacis de petites rues, de passages et d'escaliers : Vilin, Pali-Kao, Julien Lacroix ... et pourtant, le vrai Belleville était là.
Sur le plateau, parcourez les rues des Envierges, du Transvaal ainsi que le confidentiel passage Plantin et surtout la discrète Villa Castel où rodent encore les fantômes de "Jules et Jim".

Delà, gagnez les rues décrivant les courbes de niveaux de la colline : rue de Savies, des Cascades, de l'Ermitage, du Retrait ... A la belle saison, flâner dans ces rues est un vrai plaisir tant la paix, la sérénité sont ici omniprésentes.


Le passage vers Ménilmontant se fera par la rue de la Mare et ... sa passerelle métallique sur l'ancienne voie ferrée de la petite-ceinture, en sera l'aérien symbole. Ménilmontant a beaucoup souffert de la folie de la spéculation immobilière et les stigmates du changement sont ici beaucoup plus visibles que dans le haut Belleville. C'est pourquoi vos pas devront vous conduire directement vers le sud, vers le bas de Ménilmontant.

Pour moi, le centre stratégique en est la place Martin Nadeau, idéalement coincée entre le Père Lachaise, la place Gambetta et la coulée des rues Sorbier, Annam et de la Bidassoa. 
Au fond de la place, le dos d'âne de la rue Gasnier-Guy devra être escaladé. Avec ses 17%, c'est la rampe la plus raide de Paris. En contrebas, on distingue un square, celui-ci a été bâti sur les ruines du micro-quartier de la rue de la Cloche. Ici s'élevait, il y a encore une dizaine d'années ... un lieu hors du monde, une ville en miniature malheureusement rayée de la carte.


Belleville, Ménilmontant deux villages, mais un même cœur. 
Pour vous, lecteurs du "Parisperdu pour les nuls", sans aucun doute votre première visite est à faire ici. Mais il y a urgence car ces quartiers éminemment populaires connaissent une "gentryfication" galopante ... qui va changer définitivement l'atmosphère de ces lieux.


>> Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (1/5)


Belleville et Ménilmontant (sélection de billets sur Parisperdu) :

>> A la découverte de Belleville et de Ménilmontant ...

>> Rue de la Cloche.

>> La parole à ... Clément Lépidis.

>> Vilin, Couronnes et Pali-Kao ...

>> Le petit miracle de Belleville.

>> Belleville, la belle ville des bobos.

>> Une rage de destruction ...

>> Mélange de couleurs.  

>> En redescendant des hauts de Ménilmontant ...



 

Voir les commentaires

La rue Laurence Savart, si chère à Willy.

26 Juin 2010, 09:01am

Publié par barreteau

 

La rue Laurence Savart- Paris 20ème - Juin 2004


Maintes fois Willy Ronis m'a parlé de la rue Laurence Savart, l'une de ses favorites dans le secteur de Belleville-Ménilmontant.

Il m'a raconté comment, un petit matin de 1948, il avait failli "louper" sa célèbre photo de cette rue. En passant dans la rue du Retrait, un bref éclat de lumière attira son attention, c'était le vitrier qui remontait la rue Laurence Savart. Sans  ce "flash" produit par les vitres de l'artisan, "j'aurais vraisemblablement continué tout droit mon chemin" me disait-il.

Quand je lui fais remarquer que la rue, encore aujourd'hui, a peu changé, qu'on y retrouve les mêmes façades, la même lumière qu'a son époque ... il fait la moue et me dit: "Oui mais cet immeuble qui barre la rue dans sa partie basse, quel dommage ...".

Il faut bien reconnaître que la perspective n'est plus la même. Et que cette trouée, qui était comme un appel vers un ailleurs incertain, fait terriblement défaut.

La rue Laurence Savart était si chère à Willy, qu'il a accepté de donner son nom à une association qui luttait pour conserver le caractère original de la rue. Je ne suis pas sûr que Willy adhérait complètement au but poursuivit par cette association, mais il n'a pas su dire non à des gens qui comme lui chérissait ce lieu. Ainsi naquit fin 2006, "L'Association Willy Ronis  - Pour le cadre de vie de la rue Laurence Savart", ... la seule association qui aujourd'hui porte le nom de l'illustre photographe.


>> "La rue Laurence Savart", Photo: ©Willy Ronis 

>>
J'ai retrouvé le Paris perdu ...


>> Association Willy Ronis "Pour le cadre de vie de la rue Laurence Savart ". 

>> Les hauts quartiers de l'Est parisien font de la résistance.
 

 

Voir les commentaires

Parisperdu pour les nuls (1/5).

22 Juin 2010, 09:13am

Publié par barreteau


La collection "Pour les nuls" vulgarise tous les sujets… et Paris n'a pas été oublié: il existe un "Paris pour les nuls" par Danielle Chadych et Dominique Leborgne, deux historiennes de Paris.

 Le propos de Parisperdu n'est pas de rédiger un nouvel opus sur cette approche, mais peut-être d'en écrire un chapitre complémentaire, celui des quartiers Est de la capitale, en quelque sorte: un "Parisperdu pour les nuls" !

Toutefois, il ne s'agit pas non plus de proposer un guide exhaustif de l'Est parisien.
Nous nous contenterons de vous indiquer nos itinéraires préférés, les coups de cœurs de nos vagabondages …

Alors, pour celles et ceux qui auraient peur de ne pas être à la hauteur pour affronter ce Paris particulier, voici notre petit guide "Pour les nuls".

Pour les quartiers Est de la capitale, 8 sites nous paraissent mériter d'être mentionnés.
Mais pour les visiter, il faudra vous dépêcher … car tous sont en cours de mutations plus ou moins profondes … et pourraient bien dans un avenir proche s'ajouter à la longue liste du Paris disparu … Bien sûr, géographiquement parlant, ces quartiers ne vont pas être rayés de la carte, mais les transformations qu'ils connaissent ou vont connaître en changeront dramatiquement le visage et, selon nous, leur intérêt.


Voici donc notre sélection:

1.   Le haut Belleville
2.   Le bas Ménilmontant
3.   Le triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans
4.   La butte Bergeyre
5.   Vignoles–Planchat
6.   La place de Rungis
7.   Les Epinettes
8.   Autour du canal de l'Ourcq


Dans les prochains billets, nous vous dévoilerons les charmes, souvent cachés, de ces "hot spots" de notre "Paris pour les nuls".

A suivre donc …


> Voir aussi sur Parisperdu : "Balade hors des sentiers battus".

 

 

Voir les commentaires

Bettina Rheims voit Paris en Rose.

18 Juin 2010, 07:41am

Publié par barreteau


"Paris diadème, 2009"-Bettina Rheim ©- Courtesy: Galerie Jérôme de Noirmont.

 

Avec l'exposition "Rose, c’est Paris" , la Bibliothèque Nationale de France (BNF) rend hommage à une grande artiste, la photographe Bettina Rheims, et à son complice, écrivain, Serge Bramly.

"Rose, c'est Paris"  nous invite  à une traversée de notre capitale qui emprunte, tour à tour, à la flânerie baudelairienne et à l'errance surréaliste. Dans un Paris fantasmé du début du XXème siècle, dans un Paris insolite ou méconnu, volontairement atemporel, l'érotisme se mêle au mystère à travers une série de photographies en noir et blanc, peuplées de figures féminines énigmatiques.Le titre du projet s’inspire du pseudonyme que s’était choisi l’artiste. "Rose Sélavy"= "Rose séparée"=  "Rose, c’est Paris".

L’intrigue est la suivante : une jeune femme, B. cherche Rose, sa sœur jumelle, qu’elle prétend disparue. Tel est le point de départ d’une quête initiatique dans un Paris intime. Une centaine d’images et un film retracent le parcours de l’héroïne au cœur de la ville, pour une rêverie moderne inspirée du Paris de l’entre-deux-guerres.

"Rose, c’est Paris" se divise en treize épisodes dont le dernier verra B. faire le deuil de son double, devenant finalement Rose, … si elle ne l’a pas toujours été.


>> Le livre de l'Expo à la BNF Richelieu.

>> Bettina Rheims présente son exposition "Rose c'est la vie".

>> Mieux connaître la photographe Bettina Rheims.

 

 

 

 

Voir les commentaires