Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
PARISPERDU
…

L'homme le plus courageux du 20ème est une femme !

28 Septembre 2010, 09:16am

| 

Publié par barreteau

113 rue de Ménilmontant - Paris 20ème (1996)

Myriam est une battante. Rien qu'à voir le pas décidé avec lequel elle marche dans la rue, on comprend à qui l'on a à faire ...
Quand elle a appris que ses voisins Monsieur et Madame Edeline, tous deux retraités, ancien ouvrier et ancienne secrétaire, étaient confrontés à des difficultés pour payer leur loyer et qu'ils allaient être expulsés, son sang ne fit qu'un tour.

Myriam se propulse alors à l'antenne de l'association du Droit au Logement, dans cette ruelle qui conduit à la cité de l'Ermitage, en haut de la rue de Ménilmontant.
Là, elle va y exposer longuement le cas des époux Edeline qui, suite à une procédure du propriétaire, ont vu leur bail résilié. Monsieur et Madame Edeline sont restés dans les lieux, mais n'ont pu apurer totalement leur dette locative.

Monsieur Edeline est par la suite tombé malade et a développé un cancer. Il a été reconnu invalide à 100 %, mais cela n'a pas empêché le propriétaire de demander l'expulsion de ces retraités de 65 et 68 ans, ce que le tribunal a accordé.

La trêve d'hiver a permis à Monsieur et Madame Edeline d'obtenir un sursis. Mais à la fin de la trêve, l'huissier de justice a demandé le concours de la force publique.

Tout à côté de l'antenne du DAL, sur un mur, il est écrit "Viva Zapata", mais le 20ème arrondissement, n'est pas le Mexique et le Droit au Logement finira par avouer à Myriam, que dans ce cas précis, il ne peut rien faire.

Face au caractère inhumain de cette expulsion, Myriam a décidé de loger elle-même les époux Edeline qui n'avaient aucune solution de relogement. Une chambre mansardée, que Myriam avait aménagée dans le but de la louer plus tard à des étudiants, est maintenant occupée par Monsieur et Madame Edeline ... en attendant mieux ...

Quiconque ayant rencontré Myriam vous le dira : "l'homme le plus courageux du 20ème est une femme" !

 

 

>> L'antenne de l'association "Droit au logement" de l'impasse du 113 de la rue de Ménilmontant (1996)

 

 

Voir les commentaires

…

Le Louxor, renaissance à Barbès.

24 Septembre 2010, 10:41am

| 

Publié par barreteau

 

Depuis des années sa façade borgne surplombe le carrefour des boulevards Magenta et de La Chapelle; mais d'ici trois ans, le Louxor, joyau architectural des années 20, renouera avec ses premières amours : le cinéma.  Car ce bâtiment de style néo-égyptien fut, de son inauguration dans les années 20 et jusqu'à l'après-guerre, l'une des salles de cinéma les plus prestigieuses et les plus prisées de la capitale.

Depuis sa fermeture en 1987, le Louxor est devenu quasi invisible. L'affichage sauvage a eu raison de ses murs défraîchis et ses mosaïques s'effritent, disparaissent sous les couches successives de papiers.

En 2013, trois salles de cinéma d'art et d'essai ouvriront dans cet ancien Palais du 7ème art. Philippe Pumain, l'architecte, en charge du projet, veut avant tout réaliser la synthèse entre l'évolution d'un quartier en pleine mutation et l'héritage historique du lieu.

Le parti architectural adopté par Philippe Pumain est de réhabiliter la bâtisse "au plus près du bâtiment d'origine", et ainsi de respecter la volonté de l'architecte concepteur du Louxor, André Zipcy.

De grands mâts, tels qu'il en existait devant les temples égyptiens et qui ont figuré sur la façade originelle du Louxor, seront réinstallés. Des vitraux vont aussi être restitués, le décor d'origine va être dégagé, restauré et réinstallé. Car il s'agit avant tout de retrouver la cohérence esthétique entre les façades néo-égyptiennes et les parois intérieures de la salle.

La renaissance du Louxor enchantera tous les cinéphiles et tous les amoureux de Paris, qui apprécient à juste titre l'originalité et le style de cette salle mythique. Car le Louxor représente en effet, avec le Rex, la Cigale, la Pagode, un fragment de l'histoire culturelle de Paris, le souvenir vivant des années 1920, mais aussi une beauté rare, une forme d'exotisme dans le meilleur sens du terme. 

Vivement 2013 !

 

 

>>  Pour tout savoir sur l'histoire du Louxor.

>> Le Louxor sur le site officiel de l'architecte Philippe Pumain.

>>  Les Amis du Louxor.. 


>> ... Mais le Luxor, n'a pas que des amis !  



 

Voir les commentaires

…

On ferme.

20 Septembre 2010, 07:07am

| 

Publié par barreteau

 23 rue Henri Chevreau - Paris 20ème.

 
Une ville évolue au gré de l'activité économique qui s'y développe.  A Paris, comme partout ailleurs, l'activité économique connaît des fluctuations. Mais pour les commerces de quartier, si la baisse d'activité est une plaie, la non-activité est un mal encore plus profond.


Quand je vois à quoi ressemble aujourd'hui le haut de Belleville - entre Couronnes et Pyrénées - ce ne sont que commerces moribonds ou définitivement morts. Que reste-t-il ? Quelques bars plutôt sales, une ou deux boucheries qui ne marchent pas bien, des boulangeries ou plus souvent de simples dépôts de pain, une librairie-papeterie qui se meurt, quelques petits épiciers, un affreux Leader Price et des "micro-restaus" turcs qui doivent "faire" 4  ou 5 clients par jour...


Tous les quartiers de Paris ne peuvent pourtant pas ressembler au Marais, avec leurs "bobos bios" et leurs "gays branchés". On ne peut pas faire de Paris exclusivement un Musée pour bobos écolos à "poussettes 3 roues" ou "gay-ultra tendance"- sillonnant la place des Vosges et ses alentours pour consommer du "media-art-contemp".


Il faut aussi autre chose, de moins sexy peut-être, mais qui a le mérite d'exister, de créer de l'activité économique, du service, des emplois ! Il nous faut garder un tissu de petits commerçants de quartier quitte à sacrifier un peu de notre joli décor sur l'autel de l'activité économique !


Il doit y avoir une place pour tout dans une ville vivante. Sinon, c'est le formol.




>> Voir aussi sur Parisperdu: "Où sont passés les vrais gens ..."

 

 

 

Voir les commentaires

…

Doisneau à Ménilmontant !

16 Septembre 2010, 09:27am

| 

Publié par barreteau

 

Lorsque j'ai appris qu'il y avait un collège "Robert Doisneau" dans le 20ème arrondissement, je suis monté voir à quoi il ressemblait.

La rue des Panoyaux n'est pas très large à cet endroit, et la façade du collège est défraîchie malgré ses 20 ans. Mais, vu la référence au photographe du célèbre "Baiser de l'Hôtel de Ville", je m'attendais à un bâtiment beaucoup plus vieillot ...

A cheval sur plusieurs arrondissements, les élèves du "Robert Doisneau" arrivent surtout des quartiers " Ménilmontant Amandiers" et "Est 20ème" qui comptent parmi les derniers secteurs populaires de Paris. Là, les habitants sont majoritairement au bas de l'échelle socioprofessionnelle ; le taux de chômage est fort, les revenus faibles et, une grande partie des habitants sont étrangers ou issus de l'immigration "postcoloniale" ... Une avalanche d'handicaps va-t-elle s'abattre sur "Robert Doisneau" ?

Pas si sûr, car Ménilmontant et de la rue des Amandiers sont des lieux de grande circulation, très fréquentés, très animés. Aussi "Robert Doisneau" est un collège bouillant de vie, d'activités, où entre les cours, les jeunes s'adonnent à des répétitions pour les concerts de rap ou d'autres musiques, qu'ils donnent ici les week-ends.  

Oui, la vie est là, telle que l'espiègle Robert aurait aimé la surprendre à travers l'objectif de son appareil photo ...

 

>> Le site du collège "Robert Doisneau".

 

 

 

Voir les commentaires

…

La ruée vers l'Est.

12 Septembre 2010, 10:35am

| 

Publié par barreteau

Villa de L'Ermitage  - Cité Leroy Paris 20ème (1997)
 

A force d'accueillir les jeunes couples chassés des quartiers du centre de Paris, les trois arrondissements de l'Est, les plus populaires de la capitale (18, 19 et 20ème) ont vu les prix de l'immobilier atteindre des sommets inimaginables voilà à peine cinq ans. Aujourd'hui, le rattrapage est terminé, et, désormais, si le rythme de la hausse s'est nettement ralenti, c'est que la crise est aussi passée par les quartiers Est de la capitale.


Depuis que les bobos s'y sont installés, le 18ème est devenu très tendance. Notamment autour du boulevard Barbès, où les prix peuvent facilement atteindre 6 000 à 7000 € le mètre carré, voire 10 000 € le mètre carré et au-delà aux Abbesses où sur la butte Montmartre. D'autres secteurs comme celui autour de la rue Caulaincourt se sont embourgeoisés et les prix ont suivi.


Tout en demeurant l'arrondissement le moins cher de Paris, le 19ème a lui aussi bien flambé ... surtout autour  des Buttes-Chaumont. Dans le Belleville du 19ème, on peut encore s'offrir des logements autour de 5 000 € le mètre carré, mais pour combien  de temps encore ? Des prix que l'on retrouve à la Villette, un quartier qui commence juste à décoller. Pour trouver moins cher, il faut aller porte de Pantin, où un 30 m2 sera cédé pour 140 000 €.

Le 20ème est de loin l'arrondissement le plus bobo de Paris, surtout du côté de Ménilmontant où les prix se sont envolés. Saint-Fargeau et Pelleport restent, quant à eux, accessibles à ceux qui ne peuvent plus s'offrir Gambetta ou Jourdain.

Désormais à Paris, les sommets de l'immobilier s'abordent aussi par la face Est ...

 

>> Voir aussi sur Parisperdu:

>> La cité Leroy est maintenant ... dans un jardin.

 

Voir les commentaires

…

La démarche d'Atget.

8 Septembre 2010, 10:01am

| 

Publié par barreteau

Belleville,  ancien regard (dit du Marais) - 41 rue des Solitaires, Paris 19ème.
© Eugène Atget - 1901- Musée Carnavalet / Roger-Viollet

 

Chez Atget, d'emblée se confrontent les logiques de la déambulation, de l'errance chère aux surréalistes ou celles de la documentation du lieu, du quartier.
Atget porte, dans son œuvre, une attention fine au(x) sens et aux dates, plus encore à l'intransigeance de l'identification précise du lieu photographié.

A la charnière du XIXème et du XXème siècle, c'est un Paris ancien qui se déroule alors sous nos yeux, dans sa quasi-entièreté, comme dans un catalogue raisonné, où la photographie en donne soudain une lecture sensible.

Bien avant Google Maps et la géolocalisation GPS, plus de quatre mille lieux de Paris sont précisément répertoriés par autant de photographies. Sans avoir accès à Flickr ou à Picasa, Atget organise et structure son œuvre par regroupements en séries. A l'intérieur des séries, Atget construit des albums, souvent dans une perspective éditoriale ou commerciale.

Qui peut le mieux nous parler d'Atget que celle qui a découvert son œuvre : Bérénice Abbott, l'assistante de Man Ray. Elle écrira au sujet d'Atget :" On se souviendra de lui comme d'un historien de l'urbanisme, d'un véritable romantique, d'un amoureux de Paris, d'un Balzac de la caméra"
L'œuvre photographique d'Atget a également particulièrement intéressé le philosophe et critique Walter Benjamin. Dans son opuscule Ecrits français, il nous dit: " Le fait d'avoir photographié les rues de Paris désertes, constitue toute l'importance des clichés d'Atget. Avec raison, on a dit qu'il les photographiait comme le lieu d'un crime. (...) Dans le procès de l'histoire, les photographies d'Atget prennent la valeur de pièces à conviction".

Décidemment, l'œuvre colossale d'Eugène Atget n'a pas fini de faire parler d'elle ...



>> " Sur les pas d'Eugène Atget ".

 

 

 

Voir les commentaires

…

Le zoo de Ménilmontant n'a pas fermé ses portes.

4 Septembre 2010, 10:24am

| 

Publié par barreteau

Rue du Retrait - 75020 Paris (1996)



En 1996, Gérard Laux et Michel Allemand, alias "Mosko et associés" rencontrent Némo et Jérôme Mesnager, à eux quatre, ces artistes de "l'art urbain" vont transformer un terrain vague de la rue du Retrait en "Parc zoologique de Ménilmontant."


Si les fleurs ne poussent pas trop dans le quartier, les créatures se multiplient sur les immeubles murés de Ménilmontant, et c'est  une véritable savane urbaine, tout un bestiaire multicolore débarqué directement d'Afrique qui se déploie alors ici.
Avec humour, les fenêtres s'ouvrent sur un monde enchanté, peuplé de tigres, de panthères, de zèbres, de gazelles, d'éléphants, d'autruches, de flamands roses et de girafes...


Depuis plus de vingt ans, les "Street Artists" mettent de la gaieté et de la couleur là où règnent grisaille et tristesse, c'est leur philosophie.
Mais, en posant ces pochoirs d'animaux africains sur les murs, ces artistes entendent aussi entrer en résistance contre la destruction de ces quartiers. Le dodo dessiné en bas de la fresque résonne comme un symbole : si l'animal de l'ile Maurice a définitivement disparu de la surface du globe, l'habitat populaire ne doit pas disparaître des quartiers Est de la capitale.


Et, bien que les œuvres de nos artistes muralistes soient par essence éphémères, deux zèbres sont encore là sur un mur de la rue du Retrait ... Plus de quinze ans après son ouverture, le zoo de Ménilmontant n'a pas encore fermé ses portes !



>> Le "zoo" de Ménilmontant (quelques images).


>> Circuit découverte de l'art urbain dans le 20ème arrondissement.



 


Voir les commentaires

…

Dans la jungle de Belleville.

31 Août 2010, 10:06am

| 

Publié par barreteau

Rue  Piat, Paris 20ème.


Chaque jour, Belleville devient un peu plus "bobo", les commerces de proximité ferment et laissent place à des cafés ou à des restaurants branchés qui, loin d'avoir une histoire, se donnent une image.

Les rues du bas-Belleville ont perdu leurs charmes, les cafés et les bars que j'aimais fréquenter sont envahis par de jeunes bourgeois qui essaient de se donner un semblant de fibre populaire mais manifestent leur étonnement à la moindre bizarrerie, pourtant tout a fait banal pour un habitant originel.


Les galeries d'art aussi envahissent le quartier, il paraît que Belleville est maintenant "à la pointe" de l'art contemporain. Les néo-galeristes viennent chercher ici "un décor" et, par pur snobisme intellectuel, pensent que s'entourer de pauvres,  de "vrais gens" comme ils disent, ça fait chic...
Bourgeois et galeristes, cherchent à faire croire qu'ils viennent ici non pas parce que les loyers sont moins chers que dans le centre de Paris et parce que le quartier devient branché, mais parce que de "vraies gens" y vivent.
Mais quels vrais gens ? Les gens du foyer Sonacotra de la rue de la Fontaine au Roi par exemple ont certainement les moyens de s'acheter de l'art contemporain... Quelle absurdité!
Moi, je déteste cette expression "les vrais gens", ou alors les bobos sont de "faux gens"?


Tous les quartiers populaires de Paris ont peu à peu disparu de la même manière, aidé par la politique de la ville qui envoie les pauvres en banlieue... où leur déportation crée les problèmes que l'on connait...
Non Belleville n'est pas un décor, c'est un quartier qui a une histoire magnifique et qui vous apprend beaucoup  de choses pour peu que vous vous montriez un peu humble....
Belleville est une ville qui a un charme incroyable pour celui qui connaît son Histoire faite de migrations, de résistance, de fierté ... autant de valeurs  qu'il ne faudrait pas perdre.

Belleville est une jungle que bobos, galeristes et consorts veulent transformer en zoo.

S'ils réussissent dans leur entreprise, il en sera fini de Belleville ... en tout cas, du Belleville que j'aime.

 

>> Déjà sur Parisperdu : "Belleville, la belle ville des bobos"

 

 

 

 

Voir les commentaires

…

Comes, village perdu.

27 Août 2010, 10:10am

| 

Publié par barreteau

 

Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies", Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.

Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie. 

Dans le sud de la France, après Perillos , un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; Parisperdu a visité Comes, un village abandonné qui gît au milieu d'un champ de ruines ... dans un paysage magnifique, face au Canigou ... 

Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.

 

Sans même un panneau pour signaler son existence, Comes est au bout de la piste, immobile, déchiré. C'est un village perdu qui dresse ses oripeaux au-dessus des prés usés. C'est un champ de pierres, une nudité balayée par les vents ...prosterné face au Canigou.

Il aura fallu être attentif pour trouver le point de départ de la piste, au ras d'une borne sur laquelle a été griffonnée l'inscription "Comes Aplec", par ceux qui chaque année se réunissent ici pour un pèlerinage.

De loin l'on distingue, en dessous de l'église, quelques voitures qui pourraient faire penser que le village a encore quelques habitants ou pour le moins quelques visiteurs ...
Mais c'est un leurre, les "4L" ont été abandonnées-là depuis bien longtemps par des bergers repartis à pied avec leur troupeau, et laissant au village ces véhicules sans roues, aux capots bloqués par de grosses pierres. Encombrées de bidons et de matériels divers ... les "4L" servent de remises aux bergers qui reviendront plus tard ... Sur le chemin, gît aussi un antique camion chargé de sacs de laine, la dernière tonte qui n'en finit pas de pourrir ...

Aujourd'hui, Comes repose définitivement sur sa butte, au milieu des prairies. Elles n'ont pas perdu le souvenir de la main de l'homme. L'herbe repousse à chaque printemps pour le plaisir des moutons. Un berger y réside, de temps à autre, dans la seule maison encore debout. Toutes les autres semblent porter les déchirements de ces années terribles, entre 1921 et 1926, quand la sécheresse eût raison, saison après saison, de chaque récolte.
Il ne restait plus que l'abandon pour survivre encore ... Ailleurs.

 

Voir les commentaires

…

Belleville ... sud.

23 Août 2010, 10:07am

| 

Publié par barreteau


A 700 kilomètres de Paris, j'ai retrouvé Belleville.

Plus exactement le "Belleville café", un établissement au cœur de cette petite ville, un peu au milieu de nulle part ... comme dans le film "Bagdad café" ...

Mais où sommes-nous exactement ... ?

Cette photo donne la réponse !

 

Voir les commentaires

…

A Port-Vendres, la "belle endormie", la vie tourne au ralenti.

29 Juillet 2010, 23:09pm

| 

Publié par barreteau

Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), le hameau et la plage du Fourat.

 

Les touristes viennent ici pour la "tranquillité", le "calme", l'arrière-pays vallonné et les plages. Sur la Côte Vermeille, cette petite bande de terre, qui doit son nom à la couleur de sa roche au soleil, vous pouvez passer de 1000 mètres d'altitude en montagne à 1000 mètres de profondeur sous la mer … et ici, on sait calculer exactement ce genre de dénivellations car c'est à Port-Vendres, grâce au savant local François Arago, que se situe le "point zéro" de la France, le point de référence pour le calcul de toutes les altitudes.


A l'extérieur de la ville se trouve la baie de Paulilles, sur le site d'une ancienne usine de dynamite Nobel. Les baraquements et l'ancienne cheminée témoignent de son activité passée. Les lieux ont été transformés en musée et le site aménagé par le Conservatoire du Littoral est un véritable Eden. 
Pourtant les Port-Vendrais aiment aller ailleurs. Les initiés vont jusqu'à la plage du Fourat. "Un lieu qui ne devrait pas exister",  dixit Jean Barrere, alias Ninou, "maire" autoproclamé du hameau qui s'y est construit. "La commune libre du Fourat", avec sa dizaine de maisons face à la méditerranée a un charme fou.


Mais les habitants de Port-Vendres n'ont, en réalité, même pas à sortir de leur ville. En poussant leur chemin derrière la gare maritime, sur la route de la jetée, en face du port, ils connaissent l'emplacement de quelques plages secrètes, après l'anse des Tamarins, au pied de la redoute Béar qui surplombe la baie.
À cause de l'activité maritime, il est interdit de s'y baigner. Mais ceux qui font le chemin, discrètement, bravent l'interdit, en toute tranquillité.


En effet, ici l'on reste discret et l'on conserve l'esprit d'un village à l'abri du tourisme de masse, préservé du béton avec ses maisons couleur ocre.

Ici, la vie tourne au ralenti …et comme le dit un proverbe catalan :
"Si Axio es guerre, que may vuigui pau."
"Si c'est ça, c'est la guerre, que jamais ne vienne la paix" …



>>Port-Vendres, déjà sur Parisperdu (1) 

>>Port-Vendres, déjà sur Parisperdu (2) 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

…

Parisperdu pour les nuls (5/5): " Des Epinettes aux alentours du canal de l'Ourcq "

24 Juillet 2010, 10:30am

| 

Publié par barreteau

Le pont de Crimée sur le Canal de l'Ourcq; L'angle de la rue Lentiez et de l'impasse des Epinettes.

 

Le quartier des Epinettes cache sa vraie nature. Pour l'explorer, il faut avoir l'esprit curieux. Ici, les apparences ne sont pas trompeuses. Elles sont multiples et quelquefois déroutantes.
 

Connaître les Epinettes, c'est découvrir autant d'enclaves, de passages, de cités, de cours et d'îlots reliés entre eux, comme un archipel, par des souvenirs d'anciens. Les sourires échangés tissent des itinéraires dans un quartier où il faut écouter son cœur, lever la tête et regarder.

Des anciennes usines qui ont fait la gloire de ce faubourg au XIX e siècle, il ne reste plus rien. Et aujourd'hui, c'est à formidable parcours architectural que nous convient les Epinettes.
 

Tout d'abord, entre l'avenue de Clichy et la rue de la Jonquière, c'est la Cité des Fleurs. Mais le plus inattendu est sans doute le square des Epinettes, avec la façade austère du collège Félix-Pécaut sur un côté et, sur les trois autres côtés du square, un florilège d'immeubles de "rapport", comme l'on disait autrefois.

Au coin des rues Collette et Deraismes c'est d'abord une invitation à un voyage art-déco. En face, rue Collette, triomphent les bow-windows, raffinement britannique. Là, des vitraux de couleurs ornent les fenêtres en surplomb; plus loin, un déploiement de fer forgé, de métal ouvragé, fait ressembler ces six étages paisibles à un palais sévillan.

Plus bas, rue de la Jonquière, on retrouve, entre la villa Sainte-Croix et la rue Lantiez, ces alignements de petites maisons de trois étages, bordées d'une cour, qui aboutissent à des ateliers d'autrefois.
Les Epinettes présentent toute la diversité des conceptions de l'habitat entre le XIX e et la première moitié du XX e siècle.
C'est donc une promenade insolite dans un quartier attachant, véritable conservatoire des architectures parisiennes, que vous aurez effectuée en plein cœur du 17 e arrondissement.

 
 

Au départ du parc de la Villette, le long de l'Ourcq vous attend une autre agréable promenade, moins urbaine que la précédente, plus bucolique sans doute avec la présence continuelle de l'eau. Alors, laissez-vous guider au fil du courant, le long de la berge.
 

Longer le canal de l'Ourcq,  c'est succomber au charme des canaux à Paris et, même si celui-là est moins célèbre que le canal St Martin, il est surtout plus calme, car déjà un peu hors de la ville …

Face à face, le quai de l'Oise et le quai de la Marne reliés par le pont de Crimée, un pont mobile unique à "soulèvement parallèle", une idée de génie de l'ingénieur hydraulicien Humbolt. Ce dispositif, permet aux piétons de franchir le canal même pendant les manœuvres. Il a été utilisé comme décor dans bon nombre de films, Prévert aimait venir s'y promener et s'asseoir, en face dans le square de la place de la Bitche.
 

En poursuivant, quai de l'Oise, le long du canal, bien à l'abri de la circulation, vous pourrez constater que le quai est encore parcouru par une rambade en fer et des anneaux d'amarrage qui rappellent l'activité portuaire du lieu. Vous pourrez finir la balade non loin d'ici, rue de Nantes, une rue immortalisée par Robert Doisneau, avec une célèbre photographie d'un bal du 14 juillet. Ce jour-là, son animation était légendaire.
 

Si vous n'êtes pas tout à fait conquis, il vous faudra revenir vous balader le long du canal, le soir ... avec les lumières qui se reflètent dans l'eau.... tout simplement superbe !




>>Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (4/5)

>> La pétanque chez les "parisi-ingues".

>> Jacques Prévert au Pont de Crimée.  Photo ©Robert Doisneau.

>> Rue de Nantes, bal du 14 juillet. Photo ©Robert Doisneau.

 

 

Voir les commentaires

…

Freddy, squatter "pro".

20 Juillet 2010, 21:57pm

| 

Publié par barreteau

On pourrait qualifier Freddy, de squatter professionnel, car depuis maintenant presque dix ans, il a  - selon ses propres propos : "résolu le problème des loyers chers". 
Pour Freddy, les meilleures affaires dans l'immobilier, c'est quand c'est gratuit !

Lorsque je l'ai rencontré, dans un coin du 20
ème arrondissement, il venait d'aménager dans un nouveau squat, plutôt confortable, ce qui le changeait des multiples taudis qu'il a occupé au cours des dix dernières années.
Mais comment fait-il pour arriver à trouver un logement et pour toujours se soustraire à un loyer ? Freddy a ses petites recettes et, il a bien voulu nous en livrer quelques unes.

Selon lui, il faut jeter son dévolu sur un logement abandonné depuis au moins six mois.
Pour cela, il mène sa petite enquête, place un petit bout de papier dans l'embrasure de la porte et, au bout de quelques temps, il vérifie que ... le papier n'a pas bougé.
Ensuite, surtout ne pas laisser trace de l'effraction: Freddy répare fenêtres, portes et autres issues détériorées, cela lui évitera le risque du flagrant délit, le "flag" qu'il doit absolument éviter.  

Après avoir vérifié les arrivées d'eau et d'électricité, l'installation proprement dite peut alors commencer. Puis, il multiplie les preuves de présence: envois de lettres, factures EDF, etc.
Mais Freddy me confie qu'il n'est jamais tranquille car l'occupation illicite est un délit permanent et, chaque jour un "flag" peut mettre fin à l'aventure. Toutefois, le squat ne dépend pas d'une juridiction pénale, il n'y a donc pas de risque de prison. En revanche, le propriétaire peut se saisir de la juridiction civile et obtenir l'expulsion, soit à la suite de la plus expéditive des procédures - une ordonnance sur requête -, soit après la plus courante d'entre elles - le jugement en référé. Dans ce dernier cas, c'est au préfet de décider l'expulsion.

Freddy connaît tout cela sur le bout des doigts, il sait que l'expulsion le guette à tout moment, il en a connu une quinzaine, en dix ans ! Et cela par tous les temps car la trêve d'hiver des expulsions ne concerne pas les squats ... même pour les squatters professionnels!

 

>> Voir aussi sur Parisperdu: "Squat Utopique".

 

 

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

…

Parisperdu pour les nuls (4/5): " De Planchat-Vignoles à la Place de Rungis".

16 Juillet 2010, 09:06am

| 

Publié par barreteau

Dans le quartier Planchat-Vignoles: l'impasse de Bergame ; Place de Rungis les pavés de l'ancienne Gare de marchandises Glacière-Gentilly .


Jusqu'à l'aube de l'an 2000, le secteur Planchat-Vignoles était un  îlot de logements bien souvent insalubres et pour certains totalement laissés à l’abandon. Aujourd'hui, le quartier a été entièrement réhabilité. Et c'est un endroit plutôt charmant, aux habitations à l’architecture contemporaine, qui se dresse là, discrètement en plein cœur du 20ème arrondissement. Cette centaine de logements et ces douze ateliers d’artistes forment un nouveau petit village dans la capitale.

Les architectes en charge de la réhabilitation, ont eu l'intelligence de conserver le parcellaire ancien: des lanières d'anciennes vignes, de plus en plus étroites au fil des héritages. Le programme fait ainsi la part belle aux petites cours privatives ainsi qu'aux "dents creuses", ces petites impasses au charme unique et chargées d’histoire.

De fait, l’endroit tel qu’il se présente aujourd’hui parvient à être original tout en conservant un esprit de village. Au final, l’ensemble s’articule autour d’un immeuble central qui s’étend de la rue des Vignoles à la rue de Terre-Neuve. Erigé sur trois étages, le bâtiment est bordé par deux allées passantes pavées et fait face, de part et d’autre, à une série de maisons de villes aux multiples hauteurs. Des petites entités de moins de six mètres de large dont les façades alternent la brique, le zinc, le cuivre ou le béton donnent à l'ensemble un petit côté de campagne à Paris.


Voilà un lieu bien différent du précédent car, autant dans le secteur Planchat-Vignoles l'espace est confiné, enserré dans un parcellaire étroit, autant le nouveau lieu que nous abordons est aéré, béant, ouvert à tous vents : c'est la place de Rungis, dans le 13ème arrondissement.

Cette place a été créée suite au comblement d'un étang jadis raccordé à la Bièvre toute proche. Ce nouvel espace permet alors l'implantation de la gare de marchandises Glacière-Gentilly. Il y a encore peu de temps, on pouvait déambuler-là, parmi les entrepôts et les hangars desservis par des voies reliées à la Petite-Ceinture, qui passe au fond de l'enclos. L'ensemble très vaste et très vétuste, a toujours été encombré d'objets abandonnés, d'ordures … encore récemment, des cabanes construites de bric et de broc abritaient quelques SDF asiatiques.
Le soir, de l'immense hangar central à demi-ruiné, on entendait hurler les chiens de garde que l'on y enfermait : ce qui en faisait un lieu à la fois  étrange et sinistre …

Nous sommes ici, dans un endroit délaissé, à l'urbanisme non fini, qui traduit une sorte de sentiment de "bout du monde". Mais les potentialités d'aménagement n'ont pas échappé aux promoteurs qui sont entrain de construire à la place de l'ancienne gare de la place de Rungis pas moins de 40 000 m2 de logements et de bureaux !
Fin 2011, il en sera fini de ce lieu atypique de Paris.

 

>> Voir aussi "Parisperdu pour les nuls" (3/5) 

>> Planchat-Vignoles, ou l'architecture "faubourienne" réinventée.

>> Ancienne Gare de Rungis, un nouveau quartier pour demain.



 

 

 

 

 

Voir les commentaires

…

Rue de la Procession.

12 Juillet 2010, 09:36am

| 

Publié par barreteau

 


Ce lieu était, il y a bien longtemps, le
 
passage ordinaire des processions de la paroisse de Vaugirard.
 De nos jours,  si les processionnaires revenaient, ils devraient s'engouffrer à plusieurs reprises sous le faisceau des voies ferrées de la gare Montparnasse, toute proche. Une fois, deux fois, trois fois … autant de passages sous-terrains qui donnent à cette rue un petit air de rue Watt.

Pas étonnant alors que, de tout temps,  le secteur ait intéressé les photographes et en premier chef, Marcel Bovis qui régulièrement, arpentait le quartier en rayonnant à partir de  la place Falguière.
 
Tout comme Brassaï, Bovis excellait dans les clichés de nuit. Il en fit beaucoup dans ce coin du 15ème arrondissement, et dans des conditions sans doute plus tranquilles que celles d'aujourd'hui. 
En effet, actuellement, je déconseillerais à quiconque les prises de vues nocturnes dans les parties sous-terraines de la rue de la Procession, où défile alors tout un petit monde qui ne souhaite pas être dérangé dans son "business". 

Décidemment, les processions ont retrouvé une certaine actualité …

 

 

>> Marcel Bovis, "Rue de la Procession" 1931.

>>
Voir aussi sur Parisperdu: "Paris dans l'œil des maîtres. (3/3)".

 

 



 

Voir les commentaires