"Parisperdu" porte un "autre regard" sur Paris. En arpentant la ville depuis 30 ans, il nous montre que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit... et comme tout être vivant elle fait parfois des erreurs. Ainsi va la ville, ainsi va la vie...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant." Pier Paolo Pasolini
Nous sommes dans le quartier de la Goutte d'Or, exactement dans la rue Emile Duployé, là où elle forme un curieux angle droit. Le quartier a été restructuré depuis quelques années et nombre d'immeubles anciens ont été abattus.
Sur la palissade, le graffiti est comme un cri en écho à l'Assommoir de Zola, dont l'action se déroule tout près d'ici : "Gervaise yé t'eme".
Inhabitée et rarement fréquentée, la rue Watt a de tout temps suscité l'imagination des photographes, des poètes et des écrivains - parmi lesquels : Henry Miller, Léo Mallet , Boris Vian qui lui a consacré une chanson et Jacques Tardi qui l'a représentée dans ses bandes dessinées.
Aujourd'hui, depuis les réaménagements du quartier et des voies ferrées qu'elle traverse de part en part, la rue a perdu son aspect pittoresque. La pérennité de la "mythique" rue Watt n'est pas assurée: elle ressemblera de plus en plus à un banal passage souterrain.
Son atmosphère unique (avec ses raies de lumière zénithale associées à de ponctuels éclairages blafards) a déjà hélas totalement disparue.
Izraëlis Bidermanas dit Izis, est parmi les photographes humanistes celui pour lequel l'émotion a toujours primée sur le sujet. Dans son livre :"Paris des poètes" (1978), il reprend ses thèmes favoris de son premier ouvrage de photos :"Paris des rêves" (1950) et confie : "J'appuie sur le déclic quand je suis à l'unisson avec ce que je vois."
Retrouver l'atmosphère et approcher l'univers poétique d'Izis n'est pas chose facile, mais tout comme lui, je pourrais dire : "Il m'a fallu de nombreuses années pour oser m'approcher des gens avec un appareil. Mais avec le temps, j'ai réussi à photographier sans être vu. Les gens que je photographie ne me voient pas car ils sont la plupart du temps dans leur monde intérieur, dans leur rêve."
Entretien avec IZIS publié dans Zoom N° 51 - Mars 1978
Ce sont les grandes vacances et il fait chaud. Jessie et Laura se hâtent vers le centre aéré. Elles apportent juste leur goûter, inutile de s'encombrer plus : l'aire de jeux dispose de tout ce qu'il faut pour que ces deux copines passent un bon après-midi.
Pourquoi monte t'elle l'escalier si vite ? Vers où et vers qui court-elle? Pourquoi a-t-elle rempli à la hâte son sac de son maillot et de sa serviette encore humides ? Parce qu'elle n'a pas vu le temps passer à la piscine. Et sera-t-elle à l'heure au rendez-vous du petit bistrot de l'avenue Gambetta ?
Sous les frondaisons du square des Récollets, par une chaude après-midi d'été, Keiko -une artiste japonaise - est inspirée par la douce lumière et le calme des abords du canal Saint-Martin.
Il y a 50 ans, au 32 rue de la Mare - dans le 20ème - Willy Ronis immortalisait M. Fleur dans ces escaliers. Aujourd'hui, les escaliers et la merveilleuse lumière du lieu sont encore là, même si M. Fleur nous a quittés depuis longtemps.
Dans le 18ème, à l'angle de la rue de l'Evangile et de la place Hébert, on retrouve des enfants, comme au temps de Robert Doisneau. Mais vers où vont ces garçonnets ? ... vers la rue des Fillettes ... évidemment !
Christian Lacroix inaugure ce nouveau thème intitulé "Hommes & Métiers" en écho à la prestigieuse école des "Arts & Métiers"; car toutes celles et ceux qui peupleront ce thème élèvent leur métier au rang de l'Art.
Cet interview de Christian Lacroix se déroule rue Piat, à deux pas de sa rue homonyme (Julien Lacroix). Le couturier confie à Parisperdu combien ce quartier de Belleville, par son métissage, lui apporte idées et inspiration dans sa démarche de créateur.
Le nom de la rue (Pali-Kao) peut aussi faire référence à un village de l'Algérie (voir le site Pieds-Noirs de Palikao). Mais le kiosque sur les hauteurs du parc est plutôt asiatique, et "Elle" et son enfant viennent d'Afrique noire ... normal, la rue de Pali-Kao ne débouche-t-elle pas sur la rue du Sénégal... ?
Belleville, encore une fois, nous livre ses cultures mêlées !
L'oeuvre originale en pierre d'Aristide Maillol : "in situ" à Port-Vendres (66660).
A Port-Vendres, la statue originale a le visage profondément dégradé, son bras droit qui tenait des branches d'olivier a été sectionné et a disparu: une restauration de cette œuvre originale s'impose au plus vite !
Pour vous en rendre compte, vous pouvez la comparer avec l'épreuve en plomb du jardin des Tuileries à Paris.
Dans le 19ème, la rue de la Fraternité est une courte mais rude montée, et comme dit la chanson: elle "est dure aux miséreux". Mais elle débouchera sur la Liberté (rue de droite) et sur l'Egalité (rue de gauche).
Né en 1910 dans le 9e arrondissement de Paris, Willy Ronis, est l'un de nos plus grands photographes vivants.
En 1947, il commence à arpenter Belleville, ce qui donnera naissance à un livre culte Belleville-Ménilmontant.
La majeure partie de ses images sont des photographies de hasard, parce que son appareil ne le quittait jamais et parce que la rue offre à l'esprit curieux un spectacle permanent.
Nous sommes dans le 20ème - au 32, rue de la Mare. Monsieur Fleur va sortir de chez lui au moment même où Willy Ronis pénètre sous le porche. Le maître saisit l'instant, toujours "sur le fil du hasard".
L'album des Lieux retrouvésmontre des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc.
Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire.
En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs). C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.