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PARISPERDU
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Rue de Bellièvre et Rue Edmond Flamand

21 Mars 2006, 19:37pm

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Publié par barreteau

 


A l'angle des rues de Bellièvre et Edmond Flamand une large esplanade pavée s'ouvrait.
Sur le pan coupé de l'angle des deux rues, se situait le "Bar de la Poste". Ce bistrot était surtout fréquenté par les "manipulants" du centre de tri manuel d'Austerlitz, situé juste en face.

En 1998, lors de la longue grève du centre de tri Paris Gare Austerlitz, la cinquantaine d'agents, les "Auster", qui refusaient la fermeture avaient fait du "Bar de la Poste" leur quartier général.

Maintenant, tout est terminé. Le centre de tri manuel a été automatisé. Le bar de la poste a perdu sa raison d'être. Et ce lieu, à la fois paisible et vivant, a été pris dans le maelström de l'opération Paris Rive Gauche.
Forte de ses 2,5 km : l'Avenue de France et son prolongement : l'avenue Pierre Mendès-France sont venues engloutir la petite esplanade.

Seule concession au passé ouvrier du site : on construira des logements sociaux à l'angle de la rue Edmond Flamand et de la rue de Bellièvre.

  

>> En savoir plus sur l'opération Paris Rive Gauche.

>> Le nouveau bâti de la rue de Bellièvre

 

 

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Cour Saint-Emilion.

15 Mars 2006, 17:09pm

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Publié par barreteau



C'est sans doute Georges Simenon (Maigret s'amuse, 1957) qui a le mieux décrit l'atmosphère de ce lieu :
"C'était Quai de Bercy ... le banc tournait le dos à la Seine et les Maigret avaient devant eux une étrange ville soigneusement gardée et entourée de grilles, où les maisons n'étaient pas des maisons mais des entrepôts de vin et où les noms sur les panneaux, étaient les noms familiers qu'on voit sur les bouteilles. Il y avait des rues comme dans une vraie ville, des carrefours, des places, des avenues, et, au lieu d'autos, c'étaient des barriques de tout calibre qui les encombraient ... "


Bercy était autrefois le premier port fluvial de vin en France. Les tonneaux arrivaient de Bordeaux, de la Loire ou de Bourgogne par des péniches à fonds plats qui pouvaient utiliser indifféremment les canaux ou les rivières. Transitant par le port de Bercy, le vin était emmagasiné-là dans des chais, des entrepôts.

Depuis une dizaine d'années, des travaux importants ont rasé, transformé et réaffecté les anciens entrepôts à vin de Bercy. Seuls quelques uns ont subsisté.
Les anciens chais de la cour Saint-Émilion ont été rénovés en 1995 et abritent désormais boutiques et restaurants.

Les architectes ont su toutefois conserver l'esprit du site, et le « très branché » Bercy-Village conserve un charme certain avec sa cour piétonne pavée et éloignée des bruits de la ville.



>> 
Le très tendance Bercy Village.com

 

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Sentier de la Station.

7 Mars 2006, 10:30am

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Publié par barreteau

 


"Méfiez-vous de vos rêves de jeunesse, disait Goethe, ils finissent toujours par se réaliser."

Aujourd'hui, Roger rentre chez lui, car depuis 1974, il réside là : Sentier de la Station.
Là où déjà il rêvait d'habiter, lorsque encore tout gamin, son père l'amenait sur ce lieu. Il lui racontait qu'il devait courir sur ce sentier pour attraper chaque matin le premier train de la Petite Ceinture à la Gare "Pont de Flandre" qui se dresse encore fièrement là-haut, tel un phare.


Car Roger, cet ancien cheminot qui réside dans une gare, devant laquelle plus aucun train ne passe, est un peu comme le gardien d'un phare.
Lui aussi se sent isolé au milieu de cet océan urbain, et lui aussi doit entretenir la lumière ; celle de l'espoir (un peu fou) de revoir un jour s'animer sa chère station du Pont de Flandre.

 

>> Parfois un train s'y égare ...

 

>> En savoir plus sur la petite ceinture.

 

 

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Rue Gasnier-Guy.

1 Mars 2006, 11:40am

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Publié par barreteau



Cette rue du 20ème est unique à Paris : plus de 17% de pente, et un formidable dos d'âne pour finir !

Mais tout ce quartier de Ménilmontant a été durement éprouvé et comme beaucoup de ses voisines, la rue Gasnier-Guy est maintenant méconnaissable.


Pourquoi certains quartiers populaires de Paris ont-ils pu être sauvés -- pourquoi Montmartre a-t-il été préservé -- quand Ménilmontant ou d'autres ont été massacrés ? Les références sociales et historiques sont différentes: à Montmartre la population est presque entièrement française -- et l'existence, d'ateliers où ont vécu des artistes célèbres (Dufy, Modigliani, Picasso, ...), ajoute une certaine valeur à ce quartier.

Faudra-t-il attendre que certains quartiers de Paris soient entièrement rasés pour qu'on donne enfin ses lettres de noblesse à une architecture "populaire" du 19ème siècle qui avait conçu un habitat urbain à l'échelle de l'individu, adapté aux collines et à son environnement ?


>> Mobilisation pour sauver la rue, en 1999. 

>> Voir la rue Gasnier-Guy aujourd'hui.


 

 

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Maurice, dernier tapissier de Charonne

24 Février 2006, 10:30am

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Publié par barreteau


Maurice Caner se définissait lui-même comme le "dernier tapissier" de Charonne. Il faut dire que sa spécialité : la réfection de matelas et de sommiers n'était plus très en vogue même si son "avantage marketing" - pourtant bien en vue sur sa carte de visite -  était : "PRIS LE MATIN, RENDU LE SOIR".

La donne du marché de la literie ayant changé, Maurice se tourna alors vers la réfection des sièges "de style ou moderne" précisait-il. Dans ce domaine, le savoir-faire rare de cet artisan devint vite très recherché et Maurice travailla pour les plus prestigieuses des adresses : château de Versailles,  palaces-hôtels de luxe des grandes métropoles ... et même les palais des émirs du Moyen-Orient.

Il fallait le voir à l'œuvre, dans le bric-à-brac de son atelier du 19 de la rue des Orteaux, dans le 20ème, pour comprendre que son geste rapide, précis et sûr devait avoir peu d'équivalent de par le monde. Et le tout sans un mot ... évidemment puisque Maurice avait la plus part du temps la bouche pleine de clous ... qu'il distribuait un à un entre ses dents avec la régularité d'un métronome !


>> La carte de visite de Maurice ...

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Rue Désirée.

19 Février 2006, 15:01pm

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Publié par barreteau


Le quartier des Amandiers, entièrement rasé dans les années 60-70 et planté de barres de béton, conservait encore au milieu des années 90 quelques rues "à l'ancienne".
C'est dans l'une d'elles: la rue Désirée, à l'angle de la rue des Partants, que Seiji, un peintre japonais de Nara s'est assis à même le sol en cette fin d'après-midi encore très ensoleillée. Seiji s'est longuement appliqué à tracer les jeux d'ombre et de lumière produits par les briques disjointes de la dernière maison de la rue Désirée.

Si Seiji revenait aujourd'hui au même endroit, aucun doute, il ne sortirait plus ses pinceaux ... Toute poésie a définitivement quitté la rue Désirée ...

 

 >> Pour voir ce qu'est devenue la rue Désirée, à l'angle de la rue des Partants : cliquer ici.

 

>> Autre lieu ... autre peintre (sur Parisperdu)

 

 

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Place des Fêtes.

15 Février 2006, 18:49pm

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Publié par barreteau


En juin, face à la construction en briques de la bouche du métro de la Place des Fêtes - qui en ce jour de la fête de la musique porte idéalement son nom- il est tentant d'installer, à la sauvette, un petit commerce. Sur un étal rudimentaire, les cerises, les bananes, les nectarines et les abricots vont vite trouver preneurs ...


>> Le bla-bla d'une habitante de la place des Fêtes (Voir son blog)

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Le Quartier de la Moskowa

5 Février 2006, 15:56pm

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Publié par barreteau

Le 16bis de la rue Bonnet  - ancien passage des Vignes (1996)


Enserré entre les fortifications et le chemin de fer de la petite ceinture, ce territoire fut morcelé en petites parcelles exploitées jusqu'en 1900 par des maraîchers et des vignerons.

Dans ce coin de Paris, peu accessible, caché, se développa une urbanisation "spontanée": des rues étroites et pittoresques bordées de maisonnettes, de petits immeubles, d'ateliers et de jardinets familiaux. Cependant, les appartements, très exigus, disposaient rarement du confort minimal et une grande partie de l'habitat se trouva vite délabrée : la Moskowa fut déclarée insalubre dès 1938.

Divers projets de réhabilitations verront alors le jour, tous se heurteront à l'attachement des habitants à ce quartier si paisible. Mais au tournant de l'an 2000, le sort de la Moskowa était joué et le quartier fut totalement "modernisé".

Une partie de la rue Bonnet  - ancien passage des Vignes - (dont on voit ici le 16bis) devait conserver son caractère ancien, pour voir ce qu'elle est devenue : cliquez ici .

 

>> Voir l'opération ZAC Moskowa par la SEMAVIP.

 

 

 

 

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Alexandre Romanès et son cirque tzigane.

30 Janvier 2006, 15:17pm

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Publié par barreteau



Ni fauves, ni clowns, le cirque Romanès n'est pas un cirque traditionnel, ni un nouveau cirque, c'est un cirque ouvert, où les gens du voyage nous regardent en même temps que nous regardons.
Si le cirque Romanès n'est pas "traditionnel", il est un lieu où se poursuit la tradition du spectacle, une vraie culture, celle des familles du voyage, avec la simplicité d'un geste universel.
La musique sans cesse, accompagne, exalte et relance les acrobates, elle ponctue moins qu'elle n'invite et enveloppe, ces artisans du spectacle.
Ainsi, en plein Paris, niché au fond d'un terrain vague, Alexandre, Délia et leur smala, signalés par quelques caravanes, une joyeuse marmaille et un modeste mais fier chapiteau, perpétuent la grande tradition du cirque.
Si le spectateur, avisé ou égaré, a la sensation d'être accueilli au sein d'une authentique et chaleureuse famille tsigane, c'est qu'ils sont tous cousins. Cousins à la "mode Romanès", c'est-à-dire unis : gadjés et gitans, enfants de la balle, musiciens, acrobates et jongleurs, tous autour d'une certaine idée de la corde raide ...
 

Mais aujourd'hui, planter un chapiteau dans Paris n'est pas facile, aussi, le cirque Romanès qui longtemps s'est produit dans des lieux insolites, au fil de terrains laissés en friches : passage Lathuile dans le 18ème, rue Paul-Bert dans le 11ème, ...  se retrouve désormais dans des espaces plus dédiés à son activité mais beaucoup moins pittoresques, comme la pelouse de Reuilly, Porte Dorée.


 

>> En savoir plus sur le cirque tsigane Romanès

>> Ecouter Délia Romanès : "Am Sà-mi pierd capul / J'aimerai perdre la tête" (YouTube). Dans cet extrait, la voix de Délia fascine par sa vision romantique, son sens de la danse, de la fête, mais aussi son insondable mélancolie.

>> "Ils ont dit ...." ... à la sortie du spectacle (mp3 Player)

 

 

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La boutique aux couteaux de M. Meghira

27 Janvier 2006, 20:01pm

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Publié par barreteau


Au 78 rue de Belleville, un magasin improbable se tenait-là. Monsieur Meghira a ouvert cette boutique en 1951. Sur la porte d'entrée, une pancarte indique : " Ici vous trouverez : articles de coutellerie, affûtage de ciseaux, couteaux, canifs, ...".


Mais en vérité, pour celui qui s'aventurait ici, on y trouvait bien plus : l'amabilité et la sincérité d'un homme d'un autre siècle ... très loin des règles tyranniques de la mondialisation. La boutique aux couteaux de M. Meghira n'avait aucune chance de perdurer ...

 

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Minelle au Vieux Belleville.

23 Janvier 2006, 11:37am

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Publié par barreteau


Tout là-haut sur la Butte de Belleville, Minelle prend chaque soir son accordéon. Elle n'a pas son pareil pour faire chanter et danser les clients de cet authentique bistrot parisien qu'est le Vieux Belleville.

>> En savoir plus sur le "Vieux Belleville"

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30, Avenue du Docteur-Arnold-Netter

17 Janvier 2006, 18:33pm

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Publié par barreteau

L'endroit est très retiré : un passage s'ouvre au 30 de l'Avenue et débouche sur la rue des Marguettes, que l'on aperçoit au fond.
Ce lieu est encore occupé par de petits ateliers d'artisans en proximité immédiate de l'hôpital Trousseau.

Tout près d'ici habitait, en 1933, Violette Nozière qui défraya la chronique judiciaire dans les années trente ...


>> Violette Nozière (1916-1966)

>> Violette Nozière, le film de Claude Chabrol (1978)



 

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Passerelle de la rue des Meuniers

15 Janvier 2006, 16:41pm

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Publié par barreteau

 


La passerelle n'enjambe plus que des voies désaffectées : celles du chemin de fer de la Petite Ceinture.

Les immeubles attenants (Squares du Massif Central, de la Vendée, du Sancerrois) sont situés sur l'emprise des anciennes fortifications de Paris, à l'endroit exact où celles-ci atteignaient leur largeur maximale (près de 140 mètres).

La route des Fortifications, toute proche, est encore-là pour en témoigner.



>> Entrer et se balader sur la Petite Ceinture.

 

 

 

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Eva yé t'eme

10 Janvier 2006, 19:02pm

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Publié par barreteau


Nous sommes dans le quartier de la Goutte d'Or, exactement dans la rue Emile Duployé, là où elle forme un curieux angle droit. Le quartier a été restructuré depuis quelques années et nombre d'immeubles anciens ont été abattus.

Sur la palissade, le graffiti est comme un cri en écho à l'Assommoir de Zola, dont l'action se déroule tout près d'ici : "Gervaise yé t'eme".

 

>> Résumé du roman de Zola ("L'Assommoir")

>> La Goutte d'Or en fête

 

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Rue Watt : atmosphère unique .

6 Janvier 2006, 14:47pm

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Publié par barreteau

 


Inhabitée et rarement fréquentée, la rue Watt a de tout temps suscité l'imagination des photographes, des poètes et des écrivains - parmi lesquels : Henry Miller, Léo Mallet , Boris Vian qui lui a consacré une chanson et Jacques Tardi qui l'a représentée dans ses bandes dessinées.

Aujourd'hui, depuis les réaménagements du quartier et des voies ferrées qu'elle traverse de part en part, la rue a perdu son aspect pittoresque. La pérennité de la "mythique" rue Watt n'est pas assurée: elle ressemblera de plus en plus à un banal passage souterrain.

Son atmosphère unique (avec ses raies de lumière zénithale associées à de ponctuels éclairages blafards) a déjà hélas totalement disparue.


>> En savoir plus sur Léo Mallet, le père du célèbre détective Nestor Burma

>> Ecouter la chanson de  Boris Vian

>> La rue Watt illustrée par Jacques Tardi

 

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