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PARISPERDU

Ségrégation urbaine

24 Novembre 2007, 10:21am

Publié par barreteau


Haut de la rue Gasnier-Guy, 1995

 

La "reconquête" immobilière des quartiers populaires de l'est parisien masque en fait un rapport de forces sociétales, déguisant ses desseins financiers sous les oripeaux du "cool" et du "sympa". Car les futurs habitants, détenteurs de capital intellectuel - et pas seulement de capital tout court - sauront habilement tirer un bénéfice concret de ces "rénovations".

 

Mais pour "bien vendre la ville" à la néo-bourgeoisie, il faut à la fois la délivrer de ses "défauts", la désencombrer, l'embellir, y réduire le bruit, la circulation, les mauvaises odeurs, les mauvaises rencontres, ... et aussi y ajouter certains "signes de prestige", synonymes de loisirs et de consommation chics.

 

Ici, on va bientôt accueillir des acteurs du "tertiaire", des professions libérales, ... Des sociétés et des prestataires de services veulent aussi s'implanter dans ces quartiers néo-branchés... On va donc, leur bâtir des résidences confortables ... ce sont des gens qui ont besoin de calme et aussi d'être bien logés. Comme si les autres n'avaient besoin ni de calme ni de logements confortables... C'est la citoyenneté à géométrie variable !

 

La ville et ceux qui la décident, ceux qui la dessinent, n'échappent décidément pas à l'idéologie de la ségrégation urbaine.

 

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "Vers une nouvelle géographie urbaine"

 

>> Rue Gasnier Guy, la rue-symbole de Parisperdu

 

 

 

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Jean Ro. et les 100 vierges !

19 Novembre 2007, 10:48am

Publié par barreteau

Carrefour des rues des Envierges, des Couronnes, de la Mare et des Cascades (1997) 

Dans les années 50, pendant une dizaine d'années, j'ai habité au 31 de la rue des Envierges. A l'époque les gens disaient que cet immeuble - tout en longueur - était un ancien couvent ! En effet, n'était-il pas adossé aux locaux d'une communauté qui avait compté jusqu'à une centaine de nones et dont l'entrée se trouvait rue de la Mare ? De surcroît, le portail du passage situé entre le 29 et 31, n'appartenait-il pas à ces religieuses?

 Il se disait même que ce couvent était là, bien avant la création du quartier et qu'il aurait par la suite donné son nom à la rue, qui a l'époq ue se serait appelée LA RUE DES CENT VIERGES !....

C'était plausible ... mais pas prouvé. Etait-ce une pure invention ou une légende reposant sur un fond de vérité historique ... ? Mystère, mais en tout cas, moi je croyais assez à cette histoire...

Il faut dire que l'expression "Cent vierges" a bien souvent été porteuse d'inspirations plus ou moins délirantes.

Ainsi, à Carrion de los Conde, dans la province espagnole de Leon, on évoque la légende des Cent vierges qui devaient être livrées aux Maures en vertu d'un traité avec le Calife de Cordoue. Elles furent sauvées, après intervention de la Vierge Marie, par quatre taureaux furieux qui firent s'enfuir les Arabes.

Aujourd'hui encore, une certaine lecture du Coran, peut porter à penser que Dieu dédommagerait le martyr qui sacrifie sa vie pour sa foi, en lui accordant 70 (ou 72 ?) vierges, pour épouses, et pour son bonheur éternel !

Et enfin, pour terminer sur une note plus légère et plus réaliste, signalons que Charles Lecocq, un contemporain d'Offenbach, est le compositeur inspiré d'une opérette intitulée  ... "Les Cent Vierges".

Vous voyez que je ne suis pas le seul à être intéressé par ce thème fantasmatique de cette multitude de vierges !


>>  "Les Cent Vierges" de Charles Lecocq ...

>>  Y a-t-il 70 vierges qui attendent les terroristes-martyrs au "paradis d'Allah"?

 

  

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Paris vu par Parisperdu ...

14 Novembre 2007, 08:23am

Publié par barreteau


C'est a
ujourd'hui le deuxième anniversaire de Parisperdu.

A l'instar de Julien Green, qui rêvait d'écrire "un livre sur Paris qui fût comme une grande promenade sans but, où l'on ne trouve rien de ce qu'on cherche, mais bien des choses qu'on ne cherchait pas"; ce blog est le résultat de mes déambulations dans Paris.

Un Paris bien connu peut parfois ici être visité, mais le plus souvent, il s'agit d'incursions dans une "ville plus secrète", plus intime, souvent méconnue voire ignorée et qui aujourd'hui - par endroits - éclate, agonise, et même parfois a déjà disparu ou bien ... résiste encore.

C'est ce Paris, que de grands écrivains : Henri Calet, Eugène Dabit, René Fallet, Léon-Paul Fargue, Jacques Audiberti, Jean Follain, Jacques Réda ... et bien d'autres... ont décrit bien mieux que moi ...

A ceux qui évoqueront une vision nostalgique, une tonalité trop passéiste, et qui mettront en avant le fait que la modernité a aussi ses bons côtés, à ceux-là, je me contenterai de leur citer Pier Paolo Pasolini qui écrivait : "Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."

Parisperdu  cherchera donc toujours à restituer une image fidèle de la capitale, à la fois classique et insolite, ancienne et moderne, poétique et réaliste, ... à traquer une mémoire au bord de la disparition sans vouloir instituer un culte du souvenir ...

Mais, ce photoblog est avant tout une invitation à la flânerie, un apprentissage à porter un certain regard sur la ville.
Et, regarder la ville, n'est-ce pas aussi, d'abord, apprendre à regarder ses habitants,... au hasard des rencontres et dans les coins les plus reculés de la capitale.

Aussi, à l'occasion de son deuxième anniversaire, Parisperdu vous souhaite de bonnes promenades et surtout d'agréables rencontres dans ce Paris dont on est forcement amoureux ... pour peu qu'on apprenne à le regarder ... vraiment.

Bonnes ballades !


>> Voir aussi : Parisperdu, un an déjà !



>> Voir le premier billet publié par Parisperdu, il y a tout juste deux ans. 

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Le petit miracle de Belleville.

10 Novembre 2007, 10:26am

Publié par barreteau

38 rue de Belleville, enfilade de cours.

Chanté et photographié à l'envie, les quartiers de Belleville mais aussi ceux de Ménilmontant, du Père-Lachaise, de Charonne, et de Bagnolet occupent une place à part dans l'imaginaire parisien.

Mille réminiscences du passé et autant de figures - de Casque d'Or à la môme Piaf et à Maurice Chevalier - nourrissent une légende que les amateurs de poésie urbaine peuvent cultiver ici, sans se forcer. Ce sont ces figures qui vous accompagneront dans vos ballades sur les pentes de la colline inspirée!

Reste que le promeneur, empruntant les rues escarpées ou s'aventurant dans des villas secrètes à jamais endormies, n'a jamais le sentiment de pénétrer dans un sanctuaire.

Et c'est bien cela, la séduction du petit miracle bellevillois que de nous inviter à découvrir un territoire intime, tout à la fois ... hérissé de souvenirs, mais aussi ... encore bien vivant.


>> Voir aussi dans Parisperdu : Position dominante.

>> Voir aussi : Portrait d'un monde disparu

>> Voir aussi : Mélange de couleurs

>> Voir aussi : Jours tranquilles à Belleville

>> Voir aussi : Visages d'une planète

>> Voir aussi : Rue des Cascades

 

 

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Celles, le village sauvé des eaux.

6 Novembre 2007, 14:24pm

Publié par barreteau

Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies", Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.

Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie, comme à Perillos , un village des Corbières que vous avez pu découvrir récemment sur Parisperdu.
Dans d'autres cas, comme à Celles, un village au cœur d'un paysage remarquable associant la terre rougeâtre et les eaux bleues d'un lac ... le village a été ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée ... 


Dans les années 50, le village de Celles (Hérault) compte 80 habitants, pour la plupart viticulteurs. Ici, en 1959, la crise viticole amène les pouvoirs publics à envisager la reconversion du vignoble en verger, ce qui nécessite la création d'une réserve d'eau pour l'irrigation. Les études s'orientent vers l'édification d'un barrage sur le ruisseau du Salagou dont les crues sont souvent spectaculaires.
Pendant dix ans, jusqu'en 1968, se succèdent alors rachats et expropriations des propriétés concernées par la mise en eau de la vallée, prévue en deux temps : tout d'abord à la cote (altitude) 139 puis à la cote 150. Le village de Celles (altitude 143 mètres) est donc condamné à être englouti lors de la seconde étape de la réalisation de la retenue.
Mais, bien qu'indemnisés, les habitants restent pour la plupart attachés à leurs terres et à leur village.
 
Le département de l'Hérault devient donc, suite aux expropriations, propriétaire de la quasi-totalité du village, hors les bâtiments communaux (mairie, ancienne école, église, logement du curé et de l'institutrice) qui sont  juridiquement non-expropriables.
La mise en eau du barrage a lieu en Octobre 1969. Les anciens propriétaires quittent alors le village devant la montée des eaux, mais le statut de commune perdure.
Dès 1970, on assiste au pillage des maisons par ceux qu'on dénommera "les bricoleurs du dimanche". Puis c'est une communauté hippie qui s'installe à Celles; elle y restera 3 ans.
En 1980, Joseph Envenido, surnommé "Bichette", occupe les locaux municipaux d'où - sans eau, ni électricité, ni téléphone - il assure le gardiennage du village. Les vols deviennent moins intensifs mais les maisons déjà dépouillées de leurs tuiles, fenêtres, carrelages ... se délabrent rapidement.
Entre 1985 et 1989, on assiste à la réhabilitation du secrétariat de mairie, de l'église puis à l'aménagement de deux appartements dans des bâtiments communaux. On procède également à leurs raccordements électrique et téléphonique.
En 1990, suite la  décision du Conseil d'Etat en faveur du maintient du statut de commune, le conseil municipal de Celles, espérant faire "bouger" le département pour revitaliser le village, met en demeure le conseil général, propriétaire des ruines, de les sécuriser au titre de la sécurité publique. Le résultat escompté- la remise en état des maisons - débouche en fait sur une action de cristallisation du village avec le bétonnage des crêtes, des murs et la pose de grillages autour des maisons, rendant l'ensemble encore plus sinistre qu'auparavant ...
Aussi, lorsque vous parcourez le village vous pensez invariablement ...  à Oradour-sur-Glane, ... à un village martyr, victime de la folie humaine !
 
En février 1996, c'est le coup de théâtre, le conseil Général de l'Hérault fixe la "cote maximale définitive" des eaux du lac à 139 mètres, libérant ainsi officiellement le village de Celles de la menace de submersion entretenue depuis 30 ans.
Depuis lors, la municipalité de Celles ne cesse de batailler pour briser les barrières et les rigidités administratives, pour résoudre les nombreuses difficultés techniques, juridiques et financières et pour finalement faire aboutir la réhabilitation du village.  
 Le dur parcours de cette petite commune en ruines se poursuit donc ... sans savoir encore si un jour le village, qui finalement fut "sauvé des eaux", pourra revivre normalement ?


>> Celles, un village au cœur d'un paysage remarquable.

>> Mesnager, un grand de l'art urbain : de Paris à Celles, le même combat.



  
 

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Apartheid résidentiel.

2 Novembre 2007, 10:01am

Publié par barreteau


Rue Charles Friedel -Paris 20ème. 

Avec ses hôtels et ses meublés minables, ses bouis-bouis vietnamiens, ses couscous à toute heure ... Belleville aura longtemps constitué un quartier populaire et dans certains logements, plus que vétustes, "on aurait dit du Zola" ... tant la "condition urbaine" était dure !

Aujourd'hui, beaucoup de ces immeubles sont réhabilités par une clientèle "bobo", des gens travaillant dans les médias, des graphistes, des designers ...
Et, maintenant ici,  les intérieurs sont "ouverts", "lumineux", avec peu de cloisons et du "volume". Des parquets en chêne ou en merbau, une baignoire en fonte "comme autrefois", ... tout cela justifie sûrement les 7 000 à 8 000 euros le mètre carré. Soit des duplex souvent proches du million d'euros.

Voilà comment on écrème la clientèle et comment l'on crée une sorte d'apartheid résidentiel ....
Car une fois nettoyée, ripolinée, enrichie, sécurisée, valorisée par de nouveaux lieux culturels, la grande ville redevient désirable mais ne peut plus être peuplée par des habitants en manque d'argent et de culture.
Alors, elle s'en débarrasse...


 
>> Voir aussi sur Parisperdu : "Une ville fantôme aux mains des dévitaliseurs"
 

        

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Position dominante.

29 Octobre 2007, 10:14am

Publié par barreteau


Le parc de Belleville est peut-être le parc le moins fréquenté de la capitale, et pourtant, ce vaste espace de verdure a beaucoup de charme et, il est idéal - aux beaux jours - pour flâner, bouquiner sur un banc ou faire la sieste sur une pelouse.
 

La terrasse, au sommet du parc, offre une époustouflante vue panoramique sur Paris. C'est un lieu propice à la rêverie et à la contemplation de la ville. Evitez, toutefois de trop porter votre regard à gauche, là où les tours de Belleville font une véritable cicatrice au paysage ... Puis, retournez-vous vers la rue des Envierges : elle a conservé le calme et la poésie des hauts de Belleville.

On peut aussi venir ici à la tombée de la nuit pour découvrir une Tour Eiffel toute scintillante, comme un bijou posé sur Paris...
Etre perché là-haut, en position dominante sur la ville brillant de mille feux, est alors un véritable enchantement...

 

>> Parc de Belleville, un peu d'histoire ...

>> Le Parc de Belleville, déjà dans Parisperdu

 

 

 

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Les Frigos vont-ils être démolis ?

24 Octobre 2007, 19:24pm

Publié par barreteau

Les Frigos en octobre 1995, vus du viaduc de Tolbiac

Tout autour, c'est le Paris impersonnel, celui des voies express, des immeubles nés de la spéculation immobilière et de l'écrasante Très Grande Bibliothèque avec son esplanade immense, coupée de la ville et de la Seine ... pourtant si proches... un lieu abstrait, hostile... Et au milieu de tout cela, un ilot de vie, de résistance, au "look" détonnant : Les Frigos.

Depuis les années 80, des artistes ce sont légalement installés ici - ce n'est pas un squat - créant une incroyable cité, un antre bouillonnant de créativité.

Dès l'entrée, dans un couloir sombre, couvert de graffitis... une pancarte appelle malicieusement à ne pas couvrir les murs de tags... Les nombreuses tuyauteries, rongées par la rouille, qui courent le long des couloirs, témoignent qu'à l'origine, l'on se trouvait ici, au cœur d'un réfrigérateur géant.

A la fin des années soixante, la disparition des Halles de Paris et l'ouverture du marché de Rungis entraînent l'arrêt de l'activité de ces entrepôts frigorifiques qui, dès lors, sont laissés à l'abandon. Ne bénéficiant d'aucun classement architectural, considérés comme une friche industrielle, ils ont vocation à être détruits car ils sont situés au cœur du périmètre de la ZAC Paris Rive Gauche. Au fur et à mesure de l'édification de nouveaux immeubles sans âme, les Frigos vont perdre à la fois leur vue sur la Seine et la lumière qui baignait les ateliers des artistes. Et maintenant qu'ils sont encerclés par ces bâtiments aux façades vitrées, lisses, ... glaciales et aseptisées; on voit bien que les Frigos sont totalement atypiques et donc pour certains ... plus que dérangeants.
Alors, les Frigos vont-ils être démolis ?

Pas si sûr, car grâce à la forte mobilisation au sein des Associations de défense, et en coordination avec les habitants du quartier, les aménageurs qui bétonnent tout autour, ont récemment déclaré aux artistes-locataires : "Vous êtes le germe de vie du futur quartier ".

Les Frigos, officiellement devenus le pôle artistique du schéma d'aménagement de Paris Rive Gauche, vont-ils pouvoir enfin respirer librement dans un quartier si peu poétique... ?
En tous cas, pour le "germe de vie", ... cela risque d'être dur, très dur ... !


>> Les Frigos : histoire complète, visite virtuelle, calendrier des expositions ...

>> Deux mondes s'opposent, séparés par une ligne de démarcation ... ©Photo :Photigule 

>> Dans les entrailles des Frigos (1)

 >> Dans les entrailles des Frigos (2)

>> Dans les entrailles des Frigos (3)

 >> Dans les entrailles des Frigos (4)

 

 

 

 

 

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Vers une nouvelle géographie urbaine.

20 Octobre 2007, 10:23am

Publié par barreteau

1997, la rue Olivier Métra - Paris 20ème, en cours de gentrification

Dans le 20ème arrondissement de Paris, à la fin des opérations immobilières menées par des promoteurs intéressés surtout par un profit rapide, le quartier ouvrier accouche d'un quartier embourgeoisé avec, comme le note le sociologue Jacques Donzelot, "un style de vie où émergent cafés et restaurants du monde entier, salles de concert, galeries et des boutiques d'art ethnique ... autant de signes de prestige que ces promoteurs ont appris à manier pour conférer à certains lieux cette marque du global qui attirera les candidats à cette communauté mondiale".

De quoi construire une "image fun de la ville", renchérit l'historien Alessi dell'Umbria : avec la "disparition du travail au profit du service et des travailleurs au profit des serviteurs, l'espace se trouve peu à peu occupé par la culture et le tourisme, la ville devient une zone commerciale d'un genre particulier, consacrée au divertissement des classes moyennes, pour qui restaurants, bars branchés et expositions balisent un parcours sans aspérité".

Bien sûr, la géographie urbaine a toujours réfléchit les rapports entre le travail et l'habitat. Il fallait des corons, aux patrons du XIXe siècle, pour fixer près de leurs usines une main-d'œuvre trop vagabonde. Il fallait des HLM, durant les « trente glorieuses » (1945-1975), pour achever l'exode rural, pour amener petites mains et gros bras à portée de cyclomoteur des zones industrielles. Mais aujourd'hui, avec un marché du travail ouvert jusqu'à Bucarest, avec des fabriques qui se délocalisent à Hanoï ou à Pékin, les prolétaires n'apparaissent plus comme essentiels au fonctionnement économique de la ville. Inutile donc d'attirer en centre-ville les couches populaires, de leur promettre une "qualité de vie" conforme à leurs attentes. S'ils travaillent, c'est déjà beau ...

Pour la ville, reste donc à conquérir une élite, désignée comme celle des "producteurs de richesses"...
La ville est en route vers une "gentrification", un embourgeoisement à grande échelle qui dessinera une toute nouvelle géographie urbaine.


>> La géographie urbaine et le concept de ville.
 

 

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La pétanque chez les "parisi-ingues"

15 Octobre 2007, 09:28am

Publié par barreteau

"Les Pétanqueurs des Epinettes" Paris 17ème

A Paris, malgré une météo souvent tout sauf méridionale, les amateurs de jeu de boules sont de plus en plus nombreux.

Ce plébiscite n'est pas vraiment surprenant. Depuis quelque temps déjà, la pétanque semble avoir séduit de nouvelles catégories de Parisiens, surtout dans les quartiers de l'est de la capitale (à Belleville notamment, mais aussi, le long du canal Saint-Martin) réputés abriter les "bobos", les "bourgeois-bohèmes", population aisée, sensible aux phénomènes de mode et aux activités génératrices de lien social.

Ce jeux de boules a été créée à La Ciotat - il y a tout juste cent ans -  par Jules Hughes dit Jules "le Noir", un champion de "longue" (jeu provençal qui imposait de jeter la boule après plusieurs pas d'élan). Gêné par ses rhumatismes, Jules préféra alors jouer en gardant les pieds immobiles. La pétanque (pieds tanqués, en provençal) était née ...

A Paris, la pétanque, centenaire, se redécouvre donc une seconde jeunesse que peu de gens lui aurait promise, il y a seulement encore quelques années.

 

>> Histoire de la pétanque. 

>> Pour les "pros" ... le site officiel.  

 

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Les Batignolles ... hier ... aujourd'hui ... demain ...

11 Octobre 2007, 10:34am

Publié par barreteau

La gare des marchandises de Paris-Batignolles en 1995.

C'était au temps où tout ce secteur des Batignolles vivait au rythme lent de la friche ferroviaire qui régnait ici.

Les quelques rares employés qui maintenaient en survie la zone des bureaux et des entrepôts n'étaient pas surchargés par les tâches quotidiennes ... Ici, aux beaux jours, l'apéro était quasi quotidien, ... et l'air embaumait la grillade ... En fin d'après-midi on pouvait voir de petits groupes pratiquer la pétanque dans les rares espaces libres de toutes voies ferrées. D'autres jouaient avec des chiens ou lavaient leur véhicule ...

Puis vient le temps des perspectives grandioses, celui du grand chambardement pour la renaissance du secteur.
Le projet avait un nom : Paris 2012.

Mais, le 6 juillet 2005, la 117ème Session du CIO élisait Londres pour accueillir les Jeux de la 30e Olympiade, au détriment de la ville de Paris. Si cette défaite n'a pu permettre l'aménagement de la zone des Batignolles via la construction du village olympique qui y était prévu, elle aura au moins eu le mérite de donner naissance au plus grand espace vert de tout le nord-ouest parisien.

Aujourd'hui, la première phase du plan d'aménagement vient d'être achevée et un espace paysager de 3 hectares, a d'ores et déjà été ouvert au public.
En entrant dans ce nouveau parc, on découvre "Le jardin du rail". Très agréablement "végétalisé", il est dédié aux activités sportives ou de détente. C'est franchement réussi, vivant et les familles se sont déjà approprié ce vaste espace.

Mais le plus intéressant reste à venir.
Ainsi, au nord du parc, une pièce d'eau verra le jour, alimentée par des canaux ... puis au bord du boulevard Berthier,  des érables  - symbolisant l'automne - et des conifères - symbolisant l'hiver - seront plantés.

Finalement, pour respecter la mémoire du lieu, certains éléments ont été conservés dans le parc : les pavés, une ancienne forge et la structure métallique de l'ancienne gare du Havre.

Vivement donc l'ouverture complète du parc !
Mais il faudra toutefois attendre que la végétation se développe, car ici, c'est encore beaucoup trop minéral ... pour offrir un dépaysement total.


>> Le site des Batignolles en 2000.
 

>> Voir aussi dans Parisperdu: Paris Batignolles
 




 

 

 

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Hommage à Lucien Hervé.

6 Octobre 2007, 19:41pm

Publié par barreteau

Photo © Lucien Hervé

Le photographe français Lucien Hervé nous a quittés, le 26 juin dernier, à l'âge de 96 ans. D'origine hongroise, son vrai nom était Laslo Elkan. Il avait rejoint la France en 1929 et c'est peu après la guerre qu'il adoptera définitivement son nom de résistant : Lucien Hervé.

Il est considéré comme l'un des maîtres de la photographie d'architecture moderne. Son premier travail de photographe, un reportage sur la Cité radieuse de Marseille, est remarqué par Le Corbusier qui en fera son photographe attitré de 1949 à 1962. Il couvre alors tous les chantiers de Le Corbusier et travaille également pour d'autres grands architectes du moment : Breuer, Niemeyer, Aalto, Prouvé ...

Mais, au-delà de la photographie d'architecture, Lucien Hervé porte aussi un regard sur l'homme. D'ailleurs, ses archives sont constituées uniquement de deux catégories de photos qu'il nomme "ARCHI" et "HUMAN".

Dans la veine du réalisme poétique incarné par Doisneau, Ronis et Boubat, il s'intéresse- nous dit-il - à "tous ceux qui luttent pour la vie". Lucien Hervé, toujours là où on ne l'attend pas, se revendique ainsi d'une certaine tradition humaniste.

C'est dans cet esprit qu'ont été réalisés deux de ses clichés les plus émouvants. Le premier, pris à Delhi en 1955, montre un enfant esclave où une grande partie du cliché est dans l'ombre de façon à dissimuler le visage de l'enfant et à insister sur ses pieds nus. La seconde photo, prise en 1949 à la Cité radieuse de Marseille, souligne la condition de l'ouvrier, en ne montrant que l'ombre portée d'un manœuvre qui monte un escalier en tenant à bout de bras un seau de ciment.

Son regard saisit, comme nul autre, la lumière crue et les ombres fortes, aussi bien pour décrire l'architecture que les humains sur lesquels il s'attarde avec respect.

Pour tout cela, Lucien Hervé était un artiste rare.

 

>> L'enfant esclave, Delhi 1955 Photo © Lucien Hervé

>> L'ouvrier de la Cité Radieuse, Marseille 1949 Photo © Lucien Hervé

>> Lucien Hervé : Bibliographie ...

>> Lucien Hervé, devant ses archives, peu de temps avant sa disparition  ...

 

 

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A Périllos, tout est en ruines, même le paysage ... jonché de pierres.

2 Octobre 2007, 09:48am

Publié par barreteau

Dans plusieurs de ses billets intitulés: "Démolition des murs ... démolition des vies", Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.
Mais parfois cette 
"rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un destin tragique qui s'acharne sur certains lieux de vie.
A 900 kms de la capitale, Parisperdu a visité Périllos, un village abandonné qui gît au milieu des champs de pierres ... dans une sorte de bout du monde.



Situé en plein cœur des Corbières, le village désert de Périllos se dresse, seul, dans un paysage lunaire. Eloigné de la mer ainsi que des grandes villes et à la frontière historique de deux royaumes en guerres perpétuelles, Périllos ne s'est jamais développé normalement.


A partir de la fin du 19ème siècle, une série de malheurs ne cessera de s'abattre sur le petit village qui ne comptait guère alors qu'une quinzaine de maisons. D'abord le phylloxéra détruisit les vignes, l'une des rares ressources. Ensuite, une épidémie enleva cinq adolescents. Puis comme si la mort du petit village était programmée, le taux de mortalité infantile s'éleva gravement, conséquence probable des nombreux mariages consanguins.

En 1912, il y eu quatre naissances mais les quatre enfants moururent. Les malheurs continuèrent avec l'arrivée de la Grande Guerre : la mobilisation arracha les hommes valides à leur terre, puis ... leurs veuves quittèrent le village. La population s'était si considérablement réduite que le recensement de 1921 ne trouva plus que trente-trois habitants.

Après un petit sursaut dans les années 30, mais hélas sans naissance, la guerre revint et, provoquant de nouveaux départs, elle finira d'achever le village.
1970 sonna définitivement le glas d'un village où pendant des siècles des hommes et des femmes s'étaient acharnés à tirer leur subsistance de ce pays de pierres. Ne comptant plus qu'un seul habitant, la commune de Périllos fut rattachée à celle d'Opoul. Peu de temps après, le dernier habitant, un berger nommé Aimé Pujol, âgé de plus de quatre-vingts ans et bien fatigué, quitta Périllos pour s'installer chez son frère à Opoul.

Telle aura été la tragique destinée de Périllos ... le village du bout du monde.


>> Quelques vues du village, aujourd'hui ...


>> Le village va-t-il renaître ?

 

 

 

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Des étudiants dans la farine.

27 Septembre 2007, 10:33am

Publié par barreteau

Les Grands Moulins de Paris en 1996.

Paris Rive Gauche aura été le plus grand chantier parisien depuis les travaux d'Hausmann... Aujourd'hui, l'aménagement de la ZAC Rive Gauche, en cours depuis une décennie, est  en voie d'achèvement.

Sur la ZAC, les nouveaux locaux de l'université Paris VII-Denis Diderot, à deux pas de la Bibliothèque Nationale, ont été inaugurés début 2005.

Les Grands Moulins de Paris, dont on a conservé la structure du bâtiment, accueillent maintenant quatre unités de formation et de recherche (UFR) en Lettres et Sciences humaines, mais aussi une bibliothèque, un restaurant universitaire et les services aux étudiants.

Quant à la Halle aux Farines, elle regroupera, à terme, la majeure partie des amphithéâtres et des salles de cours. Cette nouvelle université devrait donc pouvoir accueillir, d'ici quelques années, près de 20.000 étudiants.

Pendant plus de dix ans, ce quartier fut le royaume des taggers et autres graffiteurs ... Il est maintenant complètement transformé en une ville qui ressemble bigrement à celle de Jacques Tati, dans son film Playtime.

Les Frigos, un autre bâtiment de la zone, symbole de la création "border-line" sont maintenant cernés de toutes parts ... et leur avenir reste incertain.


>> Les Grands Moulins ... aujourd'hui.

>> Les Frigos ... maintenant cernés de toutes parts.


 

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Sur le chantier de la ligne Météor

22 Septembre 2007, 09:54am

Publié par barreteau


Ce matin de mars 1996, quai Panhard et Levassor dans le 13ème, on vient de décharger une grande quantité de planches et de poutres d'étayement sur le chantier de la ligne du métro Météor (METEOR pour "Métro Est-Ouest Rapide").

 

Il s'agit en fait, de sécuriser les structures du tunnel en cours de percement pour ne pas connaître, ici, le sort du chantier du métro EOLE (EOLE pour "Est-Ouest Liaison Express") dont l'achèvement sera retardé d'environ six mois suite à un effondrement de terrain survenu sous la rue Papillon, le 22 décembre 1995.

 

Mais cette précaution s'avérera insuffisante, car dans la nuit du 14 au 15 février 2003, la voûte du tunnel en construction, pour le prolongement de la ligne "Météor" vers la station "Olympiades", s'affaissera, entraînant l'effondrement de la cour de l'école maternelle "Auguste Perret".

 

Le panneau publicitaire que l'on voit ici sur le site disait ironiquement : "Oubliez tout ce que vous ne savez pas" ... et pourtant depuis l'accident de la rue Papillon, ... on savait mais on a quand même tout oublié ...

 

La ligne Météor, qui deviendra la ligne 14 du métro parisien, sera ouverte avec plus de huit mois de retard ...


>> La naissance difficile d'un nouveau métro ...


>> Olympiades : la station est désormais en service ...
 

 

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