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PARISPERDU
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Hommage à Janine Niépce.

11 Août 2007, 11:53am

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Publié par barreteau


©Janine NIEPCE : Deux petites filles de la région de Houdan (1949)


La photographe Janine Niépce est décédée à Paris, ce dimanche 5 août 2007. Elle avait 87 ans.
Lointaine parente de l'un des inventeurs de la photographie Nicéphore Niépce, Janine Niépce avait choisi de fixer sur la pellicule, en noir et blanc, des gens ordinaires dans leur vie quotidienne, un travail qui la rapproche de Robert Doisneau et de Willy Ronis.

 

>> 3 facettes du talent de Janine Niépce

>> Janine Niépce déjà dans Parisperdu ...

 

 

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Eiffel : de Paris à la Catalogne

7 Août 2007, 09:26am

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Publié par barreteau


C'est à Thuir, dans les Pyrénées Orientales, que l'on peut découvrir ce magnifique édifice.

Il s'agit de l'ancienne gare de triage des Caves Byrrh. C'est ici que les barriques arrivaient, par rail, de toutes les régions viticoles de France.

L'architecture du lieu - 81 mètres de long et 20 de large - a été dessinée par Gustave Eiffel lui-même. On reconnaît d'ailleurs facilement sa "patte traditionnelle" lorsqu'on lève les yeux au plafond et qu'on aperçoit un enchevêtrement de tôles et de boulons, caractéristique de son savoir-faire et qui évoque bien sûr la Tour Eiffel et le Viaduc de Garabit pour ne citer que les ouvrages les plus célèbres de l'architecte.  

Ici, depuis longtemps, les semi-remorques ont remplacé les trains, et ce sont des 38 tonnes qui aujourd'hui s'affairent dans ces lieux pour transporter vins et spiritueux.

Comme seules traces du passé, il ne reste plus que les rails et ... une ancienne locomotive à vapeur. Ce lieu dégage une atmosphère un peu désuète, tout comme l'apéritif Byrrh qui n'est plus vraiment au goût du jour. D'ailleurs le groupe Pernod-Ricard, propriétaire des lieux et de la marque cherche à céder son site des Pyrénées-Orientales.



>> Découvrez les caves Byrrh à Thuir (66)  

>> La gare de triage des Caves Byrrh en 1912.  

>> Les caves Byrrh menacées ?

 

 

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Parisperdu fait la Une

3 Août 2007, 10:38am

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Publié par barreteau

 


Ce 3 août 2007, Parisperdu a été sélectionné "Paperblogueur à la Une", par Paperblog, le meilleur des blogs....

Tous les jours, Paperblog met en avant les meilleurs articles créés sur les blogs.
Et, aujourd'hui, c'est Parisperdu qui est mis à la "une" par l'équipe de rédaction de Paperblog, une équipe animée par Céline, une amoureuse de Paris.

 

>> En savoir plus sur Paperblog ...

 

 

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Gilbert, rue Azaïs

28 Juillet 2007, 22:01pm

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Publié par barreteau


Presque tous les jours, Gilbert est là, à ce même endroit de la rue Azaïs, à deux pas du Sacré-Cœur, et il y joue de l'harmonica. Son répertoire est tourné vers les airs du Paris populaire, ceux de Francis Lemarque, de Mouloudji, ... mais son morceau préféré reste: "La vie en rose".

Et pourtant la vie de Gilbert n'a pas toujours été rose ... Ancien régisseur d'un grand cabaret parisien dont il ne veut pas révéler le nom, il gagnait alors confortablement sa vie et habitait les beaux quartiers. Au tournant des années 80, une succession de désastres s'abat sur lui : il perd son emploi, sa femme le quitte et son fil unique se tue dans un accident de moto ... Gilbert essaiera de surmonter tout cela avec l'aide ... des alcools forts. Ils le rendront encore plus fragile ...

Aujourd'hui, il survit tant bien que mal d'une maigre pension qu'il essaye d'améliorer ici, dans la rue Azaïs, avec son petit harmonica ...

Les passants qui lui donnent une pièce sont sans doute plus sensibles à son physique dramatiquement, déformé par l'alcool, qu'aux notes un peu mièvres qu'il tire maladroitement de son modeste instrument.

 

 

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" Paris n'est plus Paris ..."

23 Juillet 2007, 22:50pm

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Publié par barreteau


Aujourd'hui à Belleville, devant les HLM, on peut rencontrer de jeunes ados, toujours en groupe, invariablement coiffés de casquettes ou encapuchonnés ... et souvent ... sans avenir. Eux ne parlent pas aux nouveaux arrivants que sont les bobos de Belleville  ... et  ils les traitent de "bourgeois".
 

Il faut dire que vivre ici, dans une mixité aussi large, ne facilite pas la communication ... Car s'il est vrai que l'on communique avec des codes, là - à Belleville - c'est cinq ou six codes minimum qu'il faut connaître pour pouvoir dialoguer tous ensemble : le code du tutoiement avec les arabes, mais pas avec les noirs ... et comment doit-on faire avec les chinois, et pour les sépharades, et les arméniens ? ...
Et pour encore mieux se comprendre, il faudrait aussi pouvoir s'exprimer un peu dans toutes les langues du quartier : le Français et l'Arabe bien sûr mais aussi le Kurde, le Turc, le Laotien ... Des langues, ... on n'en  compte pas moins de dix-sept à Belleville !

Le fossé entre bobos et ados est donc large. Mais ces antagonismes vont encore s'accentuer ... car ces ados sont dérangeants, bruyants, suspectés de trafic et ne rêvent que d'une chose : sortir de ces quartiers populaires ... alors que les bobos rêvent de s'y établir ...

Alors à Belleville, les bobos vont préférer rester entre eux, dans des îlots préservés, à l'écart des rues très fréquentées et - dès la tombée de la nuit - ils se gardent bien de s'aventurer dans les voies étroites du quartier.

Il y a 40 ou 50 ans, Belleville et ses cités tranquilles étaient des havres de paix, calmes et sans bruit, on pouvait alors quitter son domicile tout en laissant la fenêtre ouverte.

Aujourd'hui, sans faire preuve de racisme, mais sans non plus s'encombrer du concept "politiquement correct" de la mixité, tous les anciens habitants du quartier vous le diront : "Paris, n'est plus Paris" ...
 

>> Déjà dans Parisperdu ...

 

 

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L'accordéoniste yougoslave.

18 Juillet 2007, 08:47am

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Publié par barreteau


Accordéoniste, Rue du Cardinal Guibert   75018- Paris  - Juin 1997

Texte de Jacques Réda; Chronique: "Le Citadin" (1998)

 

"Je fuis l'accordéoniste yougoslave ... mais l'accordéoniste yougoslave me poursuit ... Je l'abomine, il m'abolit. Je suis indigné par ce genre de m'imposer des sons, alors que je voudrais m'absorber dans une idée, un projet, un souvenir ... ou rien. Et nous n'avons d'ailleurs parfois en commun que ce rien dont il me prive et qui le talonne, qu'il juge normal de combler avec son propre déficit musical.

L'accordéon n'est pas en cause. J'ai la plus grande estime pour Buster Moten, Ernie Felice ou Gus Viseur. Mais personne ne devrait en user comme on exhibe une tare, pour tâcher d'attendrir un public surpris et désarmé. Il me prend en otage, exerce le chantage comme un droit.

Probablement capable de s'adonner à une activité plus lucrative, pourquoi préfère-t-il la pratique d'un instrument qu'il n'a même pas appris ? Par ressentiment, je suppose. Pour punir à l'avance les gens que sa nullité refroidit. Réglé d'une autre manière, cet automate pourrait vendre agréablement des ananas ou des colifichets ...mais les Yougoslaves cherchent peut-être à contrôler un secteur musique. Plus ou moins folklorique, bien sûr.

Puis après tout  ... je ne sais pas s'il est yougoslave, ou roumain, ou gitan, et ce qu'on identifie tant bien que mal dans ce qu'il exécute n'appartient à aucun répertoire précis. Un vrai Gitan aurait plus de classe, plus d'orgueil.

Il y a l'habillement pour tout indice, un style qu'en dépit de la diversité occasionnée par les siècles et les frontières, on rencontre également chez les nomades nés natifs de Montreuil ... On s'étonne d'être soi-même sensible à des nuances, souvent infimes, dans ces humbles variations sur le thème veston-pantalon de la lyrique vestimentaire occidentale. Il faudrait être exact, mais au prix de combien d'enquêtes, de quel abus de subtilités. En l'occurrence, je me suis laissé guider par un pantalon ... de teintes bitumineuses, et par un pull ... aussi décousu que la musique.

La langue, évidemment, résoudrait à souhait la question.
Mais l'accordéoniste ne parle ni ne chante  ... Dieu merci !"
 

 

 >> Mieux connaître Jacques Réda...

 

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Enfances parisiennes.

13 Juillet 2007, 09:08am

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Publié par barreteau

Parc de Belleville- juin 2004

Billet dédié à François Legendre

Le "gamin de Paris" est un article suivi !

De Gavroche aux chenapans immortalisés par Doisneau, en passant par les poulbots dont la réputation a dévalé les pentes de Montmartre, d'innombrables portraits d'enfants sont devenus les symboles d'un Paris populaire, gouailleur et frondeur...

Bien sûr, aujourd'hui, tout a changé, ... mais pour autant, la découverte et l'expérience de la ville par les générations successives de petits Parisiens empruntent des chemins qui se ressemblent. Les jeux au jardin public sont toujours aussi prisés, tout comme les sorties au zoo, au musée, les marrons ramassés à l'automne, le miracle fugitif de la neige, le sautillement à cloche-pied sur les bordures de trottoir...

Une enfance comme une autre : la nôtre, la vôtre ...

Marguerite Duras, a écrit dans "Des journées dans les arbres" : "Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours ...".

Mais au fait, que reste-t-il ?  Sans doute, le temps suspendu des rêves et des jeux ...

 

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Némo et le bonhomme noir

9 Juillet 2007, 09:55am

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Publié par barreteau

Fresque de Némo rue des Plâtrières, vue de la rue Sorbier - Paris 20ème.

Quand il y a près de 25 ans, NEMO commençait à bomber ses pochoirs dans Paris, il disait alors pour définir son action: "Une ville sans graffitis serait comme une rivière sans poissons".

Ses personnages : un homme en noir, jouant avec une canne à pêche, un ballon ou un parapluie, et le petit NEMO (du "Little Nemo" de Winsor McCay), hantent alors les murs du 20ème. Ils apparaissent soudainement au détour d'une rue, sur un mur lépreux, sur une porte condamnée ou une fenêtre murée, créant une étonnante atmosphère de poésie et de rêve dans cet arrondissement continuellement massacré.

Bourré de talent, NEMO a un œil extraordinaire et détecte immédiatement le profit qu'il peut tirer d'un pan de mur, aussi la silhouette de son Homme Noir se répand rapidement partout sur Belleville et Ménilmontant, signalant toujours des immeubles condamnés. Némo a aussi travaillé avec Mesnager : son Homme Noir a alors rencontré le petit bonhomme blanc, une rencontre qui a provoqué de superbes créations !

Parmi tous les artistes travaillant sur les murs de Paris, il est le plus pur: il ne gagne pas d'argent avec ses œuvres, et il sait qu'elles disparaîtront irrémédiablement quand le dernier vieux mur tombera sous les coups des bulldozers...

Les réactions des passants sont parfois mitigées: un jour, NEMO faisait un pochoir dans une cour intérieure de la rue de Belleville quand une vieille femme l'a apostrophé en lui disant: "Vivement qu'ils rasent tout ça! J'en ai marre... et vous, avec vos dessins, vous allez nous faire durer les choses".

 

>> Némo réalisant la fresque de la rue des Plâtrières.

>> En savoir plus sur Némo ...

>> Némo et Mesnager : l'Homme Noir et le bonhomme blanc. 

 

 

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En bas sur le ballast

4 Juillet 2007, 09:27am

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Publié par barreteau


Ce sont "les gars du ballast", ils réparent, de jour comme de nuit, les voies sur toute l'emprise de la gare de l'Est. Habitent-ils Paris ? "Non, nous, on n'habite pas ici" - disent ces jeunes manœuvres - "on vit dans le 9-3".

Patrick, seul sur le quai qui surplombe les voies, est leur responsable. Il encadre cette équipe de 10 personnes. Patrick habite Le Bourget et viens ici par le RER dans lequel, il fait aussi monter son vélo ultramoderne "pour gagner du temps" dira-t-il. "Le matin, là- haut dans la gare, je croise des touristes ou des hommes d'affaires qui partent vers l'aéroport de Roissy. Sinon, tout le reste de la journée, ici, en bas sur le ballast, je ne vois que des agents d'entretien, des gardiens ou des intérimaires."

France d'en haut, France d'en bas ... à la Gare de l'Est, l'échelle sociale colle à la géographie des lieux...


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Démolition des murs ... démolition des vies (4/4)

30 Juin 2007, 10:45am

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Publié par barreteau


Pourquoi toutes ces démolitions dans les quartiers de l'Est et du Nord de la capitale ?
Quelle en est la véritable signification ?

Pour certains, démolir est sûrement le moyen le plus rapide pour transformer et surtout pour rentabiliser un site. Pour d'autres il n'est pas acceptable de démolir un patrimoine encore utile dans un contexte de crise profonde du logement. Pour d'autres encore, il n'y a pas de possibilité d'évolution sociale positive sans "projet urbain" ambitieux.

Mais quelque soit le point de vue adopté face aux démolitions, leurs conséquences sur la vie des habitants sont souvent traumatisantes et ce, d'autant plus que l'opération sera faite "à la hussarde".

Ainsi, dans ce quartier de Ménilmontant (20ème), la projection à long terme de la cohérence des opérations de démolition n'a pas été suffisamment étudiée ... et surtout, l'on ne s'est pas donné les moyens pour que les partenaires - élus et habitants -  se retrouvent pour s'approprier les transformations urbaines réalisées - trop souvent - sans aucune concertation.

A méditer pour les opérations futures ...



>> Voir aussi dans Parisperdu: Démolition des murs ... démolition des vies ... (3/4)
 

 

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Portrait d'un monde disparu

25 Juin 2007, 08:54am

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Publié par barreteau

 

En haut de la rue Piat, face à l'une des plus belles vue sur la capitale, les petits commerces ont fermé, les artisants ne sont plus là, tout cela n'existe plus ...

Mais il reste ce portrait étonnant d'un monde disparu, d'un bonheur vécu comme en sursis ...

Rien de ce qui est singulier ne devrait disparaître ...


>> Voir aussi : "Je me souviens du 20e arrondissement" par Clément LÉPIDIS.

 

 

 

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Paris devient intouchable.

20 Juin 2007, 14:22pm

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Publié par barreteau

 

 


Belleville a toujours été un quartier multi ethnique et aussi, jusque dans les années 70, un quartier ouvrier ... avec ses usines et ses ateliers.

Aujourd'hui, les bobos envahissent Belleville et changent profondement la nature du quartier : ils privatisent ses ruelles lépreuses et les transforment en courettes, protégées par des portes cochères équipées de digicode, bien à l'écart des rues bruyantes du quartier. Ainsi les bobos auront un cadre de vie qui leur ressemble ... et ils vont vite se retrouver entre eux, car le marché de l'immobilier va rapidement faire le tri ... Ils pourront alors vivre et communiquer exclusivement avec leurs congénères ... pas question d'adresser la parole aux jeunes des HLM voisines ...

Certes, les bobos inscrivent leurs enfants dans la maternelle du coin classée en zone d'éducation prioritaire, mais à partir du collège, ils usent et abusent des dérogations pour échapper à la mixité sociale qu'ils défendent pourtant avec ardeur dans leur discours.

Mais pourquoi donc les bobos cherchent-ils à vivre dans ces quartiers populaires de l'Est parisien ?
Tous vous le diront : "c'est parce que c'est cool, parce qu'on peut y rencontrer les vrais gens, vivre parmi eux, et ainsi se sentir peuple et avoir du plaisir". Car, c'est bien connu, le peuple a la vie comme plaisir ... il n'a même que cela ... puisqu'il n'a pas la richesse ...
Et cette "vraie" vie  dans la ville, les bobos viennent la chercher ici ... puisqu'ils ne la trouvent pas dans les beaux quartiers.

Les bobos aimeraient donc le peuple mais cet amour étouffe le peuple, le tue ... Les gens de Belleville qui étaient propriétaires de leur petit appartement, devant la monté vertigineuse des prix, le vendent en se disant : "Je vais avoir plus grand ailleurs ...",  mais ailleurs, ce n'est souvent plus dans la ville ... mais dans ces banlieues ... dont les bobos ont horreur.

On assiste alors à l'embourgeoisement ou "gentrification" du quartier. La "gentrification", c'est la captation de la ville par ceux qui peuvent se l'offrir ... et c'est vraisemblablement l'avenir des grandes métropoles européennes. Paris va-t-il finir comme Londres : une ville où le prix moyen du M2 est supérieur à 10 000 Euros, avec des caméras partout pour débusquer le moindre délit et ... un péage urbain pour les voitures ... ?

Oui, la ville est bien la valeur suprême ... et Paris devient "intouchable" !
Ainsi se fait et se défait la ville ... elle chasse les plus pauvres et dorlote les riches.


>>  Les bobos vus et chantés par Renaud
 

 

 

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Démolition des murs ... démolition des vies (3/4)

15 Juin 2007, 09:54am

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Publié par barreteau


Démolir, c'est changer l'image de la ville ... Mais dans les quartiers de l'est parisien, c'est aussi en transformer toute la silhouette ... avec la disparition de ces petits immeubles modestes qui dessinaient un paysage urbain si paisible.

Démolir, c'est aussi gérer le temps : quel délai peut paraître acceptable entre décision et réalisation, entre démolition et reconstruction, entre perception du passé et réalité nouvelle ?

Mais démolir, c'est surtout changer l'environnement quotidien des habitants qui restent, et ainsi porter atteinte à la représentation qu'ils se font d'eux-mêmes et de leurs proches, à travers ce qui était leur habitat.

Enfin démolir, c'est effacer les traces de leur enfance, de leurs souvenirs ... Et tout cela n'est pas rien.

A suivre ...



>> Voir aussi dans Parisperdu: Démolition des murs ... démolition des vies ... (2/4)

 

 

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Denise, ouvrière en voie de disparition

12 Juin 2007, 08:49am

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Publié par barreteau


Depuis 15 ans, Denise passe ses journées ici, à l'Atelier de petite maroquinerie Fréjac, dans le 20ème. L'atelier est plein des couleurs et des odeurs des peausseries les plus exotiques : crocodile, lézard, python, autruche, buffle, et même ... éléphant, ou kangourou.

Pour réaliser un portefeuille, Denise va mettre environ une heure. Elle en assurera toutes les étapes : de la coupe au parage des bords, du collage à l'assemblage et la couture finale. A part cette dernière étape pour laquelle elle va s'asseoir devant la robuste PFAFF, Denise est constamment debout devant sa table de travail.
Elle ne se plaint pas, mais elle souhaiterait que ce métier - qu'elle exerce avec tant de talents - ait enfin une place reconnue parmi les métiers d'art, car aujourd'hui son travail est souvent galvaudé et assimilé à l'idée plutôt désuète que l'on se fait de l'artisanat.

Toutefois, pour son patron, Denise est une excellente professionnelle. Dotée d'un fin toucher, elle peut reconnaitre d'un geste rapide les diverses textures et ... sa grande dextérité lui permet d'assembler avec précision les cuirs découpés.

Mais les commandes se raréfient et Denise est inquiète pour son travail et pour son avenir. Elle regrette les nombreuses importations asiatiques bon marché et dont la qualité est à des années-lumière de celle qu'elle réalise.
Et par-dessus tout, elle craint que son patron délocalise l'atelier en Chine, au Vietnam ou ... ailleurs...

L'horizon de la fabrique de petite maroquinerie du 20ème ... est plutôt sombre.



>> L'atelier Fréjac en 1997.

 

 

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Bienvenue à Boboland !

10 Juin 2007, 09:52am

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Publié par barreteau


Aujourd'hui à Belleville, des groupes de touristes visitent le quartier ... comme ils visiteraient un musée ou un parc d'attraction. Pourtant Belleville, n'a ni Sacré-Cœur, ni Moulin Rouge à exhiber, seulement un entrelacs de ruelles, négligées par Haussmann, et où 80 nationalités cohabitent
.
Il faut dire que depuis l'arrivée de nouveaux habitants, Belleville est devenu une sorte de Boboland ! 

Mais qui sont ces nouveaux arrivants qui transforment Belleville aussi profondément ?
Ce sont les "Bobo" ("Bo" comme bourgeois, "bo" comme bohème) : une catégorie socioprofessionnelle urbaine, aisée, et progressiste, qui délaisse les quartiers bourgeois pour s'installer dans les quartiers populaires, et ... comme Belleville est "le quartier populaire-type" de Paris, les bobos l'ont pris d'assaut !

Certains îlots anciennement vétustes, de Belleville et de Ménilmontant, ont déjà été réhabilités par les bobos. Ces transformations produisent un effet de mode et renvoient l'image d'un quartier "branché" ... et surtout entraînent une forte montée des prix du foncier ... empêchant les habitants plus modestes d'y rester. De surcroît, malgré leur désir de "se sentir peuple", les bobos ont plutôt tendance à vivre entre eux, formant une tribu très codifiée qui rejette la population originelle du quartier.

Alors, va-t-on finalement vers à un découpage tripartite de l'espace : une ville réservée aux plus favorisés, des banlieues abandonnées aux "minorités visibles" et des zones pavillonnaires pour classes moyennes ... ?
Et comme ces trois univers se replient naturellement sur eux-mêmes, ces nouvelles fractures urbaines, deviennent le reflet des fractures de notre société.

Alors Bienvenue à Boboland ! ...


>> Belleville se visite le dimanche ... 

 

 

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